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Une belle passation

La Martha Graham Dance Company était au Théâtre Maisonneuve au mois de février et a bien su nous émerveiller! Figure emblématique de la danse moderne, Martha Graham est décédée en 1991 en léguant un savoir-faire et une œuvre extrêmement riche. Après cette disparition la compagnie a eu, certes, quelques moments difficiles. Cependant, avec l’arrivée de Janet Eilber au poste de directrice artistique, un vent de fraîcheur a traversé la mission de la compagnie qui a été repensée. Aujourd’hui, La Martha Graham Dance Company propose un magnifique travail autour des créations de l’artiste, entremêlant à la fois transmission, mais aussi recherche et variation autour des œuvres. Ainsi, des quatre pièces présentées au Théâtre Maisonneuve, deux étaient de nouvelles créations, réalisées dans le même esprit radical et libre de l’artiste. La sélection de pièces offrait un parfait mélange entre passé et présent, les créations de Martha n’ayant pas pris une ride, il était impossible de ne pas être complètement séduit, voir envoûté par ses pièces.

C’est avec l’œuvre Chronicles que la soirée s’est ouverte. Ce ballet, uniquement interprété par des femmes, aborde en trois tableaux les répercussions sur l’humain, avant, pendant et après la guerre. Créée en 1936 il ne fait aucun doute que cette pièce demeure toujours aussi actuelle, tant par sa forme que par son propos. Les corps athlétiques des interprètes sont particulièrement impressionnants de par leurs mise en tension par la chorégraphie. Les mouvements très simples, tels qu’une course entrecoupée de sauts, deviennent extrêmement impressionnants étant donné la précision et le contrôle avec lequel ils sont exécutés. D’autres créations, mettent l’accent sur la désarticulation, la déformation du corps, soit par les costumes qui deviennent comme le prolongement de l’interprète ou encore, par l’alternance de mouvement. Dans Ekstasis, un solo qui étudie la mobilité entre la hanche, le bassin et l’épaule, le corps de l’interprète ondule dans une robe moulante permettant aux spectateurs de scruter chacun des mouvements. La danseuse semble être prisonnière du faisceau de lumière qui l’éclaire et flotte à travers celui-ci.

Les nombreuses chorégraphies de Martha Graham sont reprises par la troupe, mais deviennent aussi source d’inspirations pour de jeunes créateurs comme c’est le cas notamment pour Lamentation Variations. Cette nouvelle œuvre, d’abord présentée à New York lors d’une soirée à la mémoire des attentats du World Trade Center, est constituée de trois pièces de Doug Varone, Aszure Barton et Larry Keigwin qui s’inspirent directement de Lamantation, un des solos très connu de Martha.

La compagnie travaille a conserver l’esprit avant-gardiste et politisé qui caractérise les créations de Martha Graham. Artiste d’exception, son œuvre est toujours aussi contemporaine et éclipse nombreux de ces prédécesseurs. Heureusement son répertoire demeure vivant grâce à la transmission qui en est faite, mais aussi à l’esprit des artistes qui participent à son partage!

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Casse-Noisette: un classique féerique

Jeunes et moins jeunes étaient réunis samedi dernier pour la première de Casse-Noisette. Le temps d’un après-midi, les spectateurs ont été submergés par la magie de Noël.

Le spectacle présenté depuis plusieurs années par les Grands Ballets Canadiens de Montréal, ouvre avec la scène familiale, la veille de Noël, durant laquelle les convives s’échangent de jolis cadeaux. La petite Clara reçoit le fameux casse-noisette de la part de son oncle. Après la fête, les enfants et les parents épuisés vont dormir. Dans la chambre de Clara, durant son profond sommeil, nous sommes témoins d’une féroce bataille entre souris et soldats. Afin de sauver Clara, le casse-noisette se transforme en prince. Ce charmant jeune homme mènera Clara dans un monde féerique où la magie opère.

Les spectateurs ont été épatés par les nombreuses chorégraphies. Les applaudissements retentissaient à la fin de chaque numéro. La maîtrise des danseurs, la complexité et la diversité des numéros ne cessaient d’éblouir le public.

Les décors du spectacle qui avait lieu à la salle Wilfrid-Pelletier étaient tout simplement majestueux. Les faits marquants de cette composition sont l’immense sapin qui semblait sans fin ainsi que le pays des neiges. L’orchestre des Grands Ballets Canadiens de Montréal a contribué à créer une atmosphère enchanteresse tout au long des différents actes.

Ce classique du temps des Fêtes est présenté ‪jusqu’au 30 décembre 2016 à la Place des Arts.

Galerie photos par Renaud Vinet-Houle

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Le classique des classiques

Avec ses deux millions de spectateurs depuis 1964, ses 300 costumes, ses 1500 paires de pointes et ses 165 personnages, Casse-Noisette est une production monumentale. Le célèbre ballet revient encore cette année à la Place des Arts pour une vingtaine de représentations. Place à la féerie, à la magie et aux tutus !

La première fois que j’ai assisté à une représentation de Casse-Noisette, j’avais cinq ans et une brillante carrière de ballerine devant moi. Je rêvais de porter de jolis chaussons et de danser gracieusement comme ces déesses de l’arabesque. J’ai pris une retraite précoce à six ans et, vingt ans plus tard, je suis de retour à mes amours pour le ballet.

À la veille de Noël, l’échevin von Stahlbaum donne une grande fête dans sa demeure. Les invités dansent et les enfants sont ensevelis de cadeaux. La jeune Clara reçoit un casse-noisette de son parrain, que l’on dit doté de pouvoirs magiques. Lorsqu’elle s’endort, Clara plonge dans un rêve mystérieux et magnifique où les casse-noisettes se transforment en soldats combattant une armée de rats et elle est menée au pays des friandises où des danseurs des quatre coins du monde s’exécutent devant elle.

Le spectateur qui va voir Casse-Noisette doit se mettre dans un état d’esprit nostalgique. Il part à la recherche des Noëls d’antan et des souvenirs d’enfance. Ici, on se trouve devant un ballet classique que ni le temps ni les époques n’ont fait bouger. On danse encore la chorégraphie de Fernand Nault, élaborée en 1964, sur cette musique qui nous est si familière.

La pièce teintée d’humour est un voyage enchanteur dans le rêve. Les costumes colorés et  froufroutants côtoient les collants moulants des danseurs pour nous replonger dans notre imaginaire d’enfant. D’ailleurs, paraît-il que le prix moyen d’un costume se détaille à environ 2000 $ et que le costume du Roi des Bonbons avoisinerait les 10 000 $ !

Un impressionnant nombre de danseurs se partage la scène, du plus grand au plus petit. Les jeunes danseurs font fondre le cœur de l’assistance pendant que les danseurs professionnels l’éblouissent grâce à leurs mouvements précis et grandioses.

Casse-Noisette est présenté à la Place des Arts jusqu’au 30 décembre 2015.

Crédit photo : Renaud Vinet-Houle

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Un drôle de voyage

Un conte faussement enfantin. Une chorégraphe avec un grand cœur. Voilà tout ce que ça prend pour que l’un des plus grands bijoux de la littérature trouve son écho sur scène. Les Grands Ballets Canadiens présente Le Petit Prince. Une œuvre intemporelle pour une création contemporaine.

Didy Veldman, chorégraphe néerlandaise s’est penchée sur cette œuvre si célèbre qu’est Le Petit Prince d’Antoine de Saint-Exupéry, comme tant d’autres avant elle. Mais elle est la première à en créer un spectacle complet. Rien de moins qu’un ballet. Son désir « de retranscrire en mouvement la poésie et la pureté de ce récit unique » a pris son envol à Montréal sur les planches du Théâtre Maisonneuve, jeudi dernier. Le public était impatient et légèrement angoissé à l’idée d’assister à cette redécouverte d’un grand classique.

Il est important de laisser à la porte toute attente préconçue pour le premier soliste André Silva que vous verrez, certains soirs, sous les traits du Serpent. Il faut se laisser surprendre, se laisser offrir ce spectacle ce que je rajoute pour ma part, en toute humilité. J’ai donc apprécié l’imaginaire littéraire de ce conte philosophique, mais également et plus sûrement, l’imaginaire scénique élaboré. La chorégraphe avoue elle-même s’être accordée une certaine latitude face à l’œuvre originale. L’essentiel, c’est d’assister au mariage, de plus en plus fréquent, de la littérature et de la danse.

Le Petit Prince est l’une de ces histoires qui trouvent leur pertinence à toute époque, alors la touche moderne et créative dont se pare le spectacle n’est nullement superflue. Une histoire sur l’enfance, sur cette part de soi qui prend le large sans raison, sur les affronts d’un monde qui ne prend pas de gants. Une histoire universelle, dont les grands thèmes, toujours d’actualité, trouvent parfaitement leur place dans l’expression chorégraphique.

Votre soirée peut devenir magique si vous vous laissez tenter par le nouveau visage de ce conte mythique. Une trentaine de danseurs seront là pour vous « dessiner un mouton » dans un décor aérien conçue par Kimie Nakano, sur des airs savamment arrangés par Philip Feeney. Un de mes moments préférés fut celui où les notes de Do you love me  de The Contours, arrivèrent à mes oreilles.

Il n’est pas trop tard pour vous procurer des billets, les représentations continuent jusqu’au 12 mai. Retrouvez l’enfant en vous, il ne fait qu’attendre…

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