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Théâtre Corona

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Jain : bombe d’énergie

Pour son deuxième passage à Montréal, l’auteure-compositrice-interprète Jain a enflammé la scène du théâtre Corona mardi dernier.

Depuis l’été dernier, dès que le soleil brille, ou que j’ai envie de le faire apparaître, je mets du Jain à tue-tête. Son premier album Zanaka, qui lui a valu le prix de révélation de l’année aux Victoires de la musique en France, possède ce je-ne-sais-quoi qui me donne irrésistiblement envie de danser. En me dandinant devant mon ordinateur ou en tambourinant sur le volant de ma voiture, la pop groovy de la jeune femme assure un sourire dans mon visage… et sur celui des gens qui me voient danser dans mon auto.

Originaire de Toulouse en France, Jain (prononcé à l’anglaise comme Jane) a aussi grandi en Afrique à cause des voyages de son père pour le travail. L’influence est indéniable. On retrouve dans sa musique ce son africain mêlé à de la soul, du reggae et à une bonne dose de rythme conçu pour faire danser les foules.

Et c’est ce qui s’est passé au Corona cette semaine. Dans une salle à guichet fermé, Jain a su faire bouger les spectateurs dès la première chanson, jusqu’à la toute dernière. En nous faisant taper des mains, agiter les doigts dans les airs, danser, sauter et chanter, elle a su transmettre son énergie à un public charmé. Et de l’énergie, elle en dégage. S’adressant à la salle entre chaque chanson, elle s’exclamait de « Êtes-vous chauds Montréal? » ou de « Êtes-vous prêts à danser? ». Son look de petite fille sage arborant une robe noire à col Claudine, contraste complètement avec sa présence éclatée sur scène.

La jeune artiste de 25 ans a aussi gardé de beaux moments d’émotion, entre autres, lors de la chanson All my days ou lorsqu’elle a interprété une chanson, jamais sortie sur son album, écrite pour Paris à la suite des attentats du Bataclan en levant les doigts en signe de victoire devant les éclairages représentant le drapeau français.

Comme partout où elle passe, Jain a encore conquis le public qui l’attendra pour son prochain passage, en espérant un nouvel album pour un spectacle encore plus long.

Le prochain spectacle de Jain à Montréal sera le 4 août pendant le festival Osheaga.

Musique
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Fondre pour Father John Misty

Pour la troisième fois en un peu plus d’un an le chanteur d’indie rock Father John Misty a arrêté son bus de tournée à Montréal. Après le Corona en février 2015 et le festival Osheaga l’été dernier, le magnétique artiste a séduit le public du Métropolis jeudi dernier.

J’avais déjà vu Father John Misty au Corona l’année dernière. J’avais beaucoup écouté son premier album solo Fear fun et son deuxième album I love you, Honeybear était sorti quelques jours plus tôt. J’aimais beaucoup son style alliant musique indie, rock, folk et même parfois un peu country, mais je connaissais très peu l’artiste. Révélation. Je ne m’attendais pas à une telle bête de scène et certainement pas à ce qu’il soit aussi… sexy.

Je ne parle pas ici d’un bellâtre musclé qui fait les beaux yeux à son public, mais d’un artiste tout à fait conscient du charme qu’il exerce et qui s’en amuse. La magie a encore opéré au Métropolis. Veston et chemise déboutonnée, cheveux longs et barbe fournie, Father John Misty danse, se déhanche et se jette sur scène pendant ses chansons pour ajouter de l’intensité à ses performances, mais avec une sorte de désinvolture le rendant un peu énigmatique. Bref, le public était conquis, surtout la jeune femme qui est montée spontanément sur scène pour l’embrasser…

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La quasi-entièreté des deux albums a été jouée pendant le spectacle. La première partie de la représentation, comprenant davantage de chansons d’I love you, Honeybear était très énergique, avec quelques délires musicaux pour laisser place en milieu de spectacle à des interprétations plus sobres des pièces Funtimes in Babylon et Nancy from now on pour finir puissamment au rappel avec le morceau The ideal husband qui a littéralement soulevé l’audience.

Mention spéciale aux éclairages et à la scénographie qui, en plus d’avoir sur créer de la texture sur scène à l’aide de projections sur un rideau de velours rouge, ont porté certaines chansons par des effets kaléidoscopiques ou si changeants qu’ils modifiaient l’allure de la scène en quelques secondes, comme si on avait changé de décor.

Il ne faudrait pas passer sous silence la première partie à laquelle nous avons eu droit. Oui, oui; la première partie, celle avant le spectacle principale, celle que tout le monde aurait envie de sauter. Cette fois-ci, elle fut une superbe découverte. Tess and Dave est un duo originaire de Californie qui offre une musique indie, à saveur électro-pop, accrocheuse, mais leur mise en scène surprend d’autant plus que leur matériel musical. Maquillés, vêtus de vêtements originaux, ils incluent des chorégraphies complètement absurdes qu’ils interprètent avec le plus grand sérieux pendant leurs chansons. Une première partie qui en valait la peine.

Father John Misty, c’est de la bonne musique, un bon show et tout un sex appeal. Finalement, peut-être que j’aurai dû monter sur scène moi aussi…

Musique

À bas les préjugés!

Le trio anglais Band of Skulls était de passage à Montréal afin de jouer les chansons de son plus récent album Sweet Sour. Mes préjugés en ont pris pour leur rhume. Récit.

J’ai plusieurs défauts et je le reconnais. L’un de ceux-là est que les zones grises ne font pas souvent partie de ma vie. J’aime passionnément ou je déteste. Mon leitmotiv est que la vie est trop courte pour chercher du positif à quelque chose qui, de prime abord, m’intéresse peu ou pas.

À la première écoute de Sweet Sour, j’ai grincé des dents. Ça ne ressemblait à rien que j’ai écouté dans les 20 dernières années. Du rock sans fla-fla. Guitare, basse, batterie. Des ballades sirupeuses, des riffs virils et des ambiances planantes, voire psychédéliques.

Puis, j’ai regardé une photo du groupe. Il y a Emma Richardson (bassiste/chanteuse), Russell Marsden (guitare et voix) et Matt Hayward (batterie). Ces derniers arborent une chevelure ma foi plutôt abondante ainsi qu’une barbe de pas mal de jours. Et ils sont originaires de Southampton en Angleterre?!

Je sentais les préjugés me gagner un à un. Ma garde faiblissait. Ils ont l’air tout droit sortis d’un état du Sud des États-Unis et ils font du rock qui s’inscrit pas mal dans la même lignée.

Direction Théâtre Corona pour le concert. Il me restait quelques préjugés dans mon sac. Je m’imaginais entouré de gars à l’air menaçant et aux cheveux longs. J’ai même passé la journée avec les pieds dans l’eau pour que mes cheveux poussent plus vite afin de fitter.

Quelle ne fut pas ma surprise! Hipsters fin vingtaine début trentaine, tattoos, Converse et tout le bataclan. Et des fans finis! Band of Skulls a beau n’avoir que deux albums studio, ça chantait allègrement.

Si je n’étais pas convaincu à l’écoute de Sweet Sour, en spectacle ce fut une autre paire de manches. Ce rock vous rentre dedans. Il s’invite sans permission. Ma chanson préférée, Wanderluster, fut à la hauteur. L’intensité du refrain est déjà quelque chose sur disque, sur scène c’est décuplé.*

Bref, un bon vieux concert vintage. Stroboscopes, guitares, tignasses et briquets pour les ballades.

À mon retour à la maison, j’ai écouté à nouveau Sweet Sour. Mes doutes étaient dissipés. Mes préjugés? Au bord du chemin. Vais-je prendre plaisir à entendre des extraits lorsque mon iPod en sélectionnera? Of course.

Ainsi soit-il.

*Comme le disait si bien Jean Perron, ils n’y sont pas allés avec le dos de la main morte!

Musique