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Quartier des spectacles

Crédit : Billy Elliot : The Musical

Billy Elliot, un enfant pas comme les autres

J’ai décidé de commencer mon année de blogueuse pour La Vitrine avec un gros bonbon : un musical. Faut dire qu’après Mary Poppins en novembre, Broadway ne m’avait pas déçue… Hier, donc, à Wilfrid-Pelletier, entre la rangée de Marie Laberge et Guylaine Tremblay et celle de Catherine Pogonat et sa gang, j’ai traîné ma sœur à la Place des Arts pour la première montréalaise de Billy Elliot : The Musical.

Il planait une excitation palpable, dans notre Quartier des spectacles, une de celles qu’on saisit au vol, comme des flocons d’anticipation, des restants de magie de Nowel qui tomberaient doucement sur les beaux tapis des foyers de Wilfrid-Pelletier.

Au lever du rideau, le premier numéro nous présente rapidement à peu près l’entièreté de la distribution sur fond de déclenchement de grève : celle, historique, qui paralysa l’industrie du charbon en Grande-Bretagne pendant un an en 1984. À Easington, dans le nord de l’Angleterre, c’est toute la ville qui se retrouve au carreau, et c’est dans cette lourde atmosphère que Billy, orphelin de mère, ira à l’encontre de la volonté de sa famille et s’entraînera en cachette pour poursuivre son rêve : devenir danseur de ballet.

Et c’est à travers 16 numéros musicaux parsemés de british slang, de pointes d’humour, de scabs, d’émotion, de danse, évidemment, que le jeune Billy y parviendra. Le Billy d’hier, Noah Parets, 13 ans, un des quatre qui danseront sur la grande scène de la Place des Arts au cours des huit représentations prévues, est sorti du lot : ils étaient 2500 à avoir auditionné pour le rôle-titre de la tournée nord-américaine. On n’a pas de mal à y croire ; il explose la scène comme j’ai vu peu d’enfants le faire, et de tous ses atouts : la voix, superbe ; la danse, maîtrisée ; le jeu, honnête et convaincant… et le plaisir, flagrant ! La scène que j’ai préférée ? Celle où son pote Michael (très drôle Jake Kitchin) et lui s’habillent en femmes, où la complicité est reine et la candeur au rendez-vous.

Pour vrai, y’est bon en crime, le petit maudit. On lui a même offert une standing ovation après la scène de son audition à la Royal Ballet School de Londres. Et son pas de deux, avec un danseur classique qu’on soupçonne être le futur Billy devenu étoile de la danse, est à couper le souffle. On y découvre tout le talent de ce jeune adolescent au grand potentiel. Pour tout dire, j’étais émue, dans ce numéro-là. Pas ma faute : ayant moi-même dansé une dizaine d’années, j’avais des frissons à les voir en symbiose sur Le Lac des cygnes.

Crédit : Billy Elliot : The Musical

Trève d’émotions : ce spectacle, c’est évidemment un show à grand déploiement, rodé, long (près de 3 h, incluant l’entracte!)… mais je ne veux pas répéter ce que j’ai déjà dit à propos de Mary Poppins, tout de même. Y’en a qui aiment, d’autres qui détestent. Mais je vois mal comment on peut ne pas s’enthousiasmer devant cette distribution presque exclusivement composée d’hommes dont les chœurs sont transportants ; les décors à tiroirs, qu’on dirait maison de poupée, plus qu’efficaces, en plus d’être simples et polyvalents et de se déplacer, se transformer et se manipuler aisément ; les jeux d’ombres, inspirés ; les conflits grévistes-policiers-briseurs de grève, bien illustrés ou la classe des petites ballerines, cocasse et désordonnée…

Crédit : Billy Elliot : The Musical

La musique, parce qu’on est bien censés parler de musique ici, hein, signée Elton John (livret : Lee Hall), soutient la trame narrative du scénario original en lui donnant une saveur bien particulière : celle d’une fanfare anglaise de cuivres telle qu’on en trouvait – et qu’il en existe encore – dans les entreprises industrielles. Beaucoup de chœurs (Solidarity), des pièces dansantes, d’autres dramatiques ou même satyriques (Merry Christmas, Maggie Thatcher), le tout interprété parfois de manière cacophonique, ce qui n’est pas sans charme, mais toujours dans cet esprit d’être soi-même, d’être vrai, qui enveloppe toute la production. Fait intéressant : triés sur le volet, cinq musiciens de la région métropolitaine ont l’honneur de participer aux représentations montréalaises au côté des autres musiciens de l’orchestre du musical, sous la direction de Bill Congdon.

Inspiré de la comédie dramatique de Stephen Daldry parue en 2000 (il assure aussi la mise en scène de la production), Billy Elliot : The Musical a remporté pas moins de 10 Tony Awards (2009).

Billy Elliot : The Musical

Salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts

du 8 au 13 janvier 2013

Variétés

Parlons de littérature en 7 points – Le FIL de Montréal

Le FIL de Montréal a toujours été une période particulièrement intéressante : non seulement performons-nous la littérature au cœur d’un des plus grands rassemblements de littérateurs au Québec, mais, plus encore, nous en parlons. Et dans le contexte culturel actuel, parler de littérature est foncièrement bienvenue.

Les thèmes sous-entendus de l’édition 2012 du festival sont un peu la marche et l’investissement des lieux publics. Quoi de plus efficace pour faire entrer la littérature dans la vie des gens, en effet, que de voir des livres en allant travailler. Poésie nomade, balade littéraire, les pauses lectures et les chambres littéraires du Quartier des spectacles font sortir les littératures des salons, investissent les rues de Montréal et rendent un peu de mobilité au geste de lire.

Sept événements à ne pas manquer selon moi :

POÉSIE, SANDWICHS ET AUTRES SOIRS QUI PENCHENT

Peu de choses nouvelles peuvent être dites à propos de ce banquet poétique créé par Loui Mauffette : on relève sa justesse et sa beauté chaque année depuis sa création en 2006. C’est même un peu grâce à succès unilatéral que le spectacle revient cette année. Je me contenterai donc de vous inviter à y aller. Vous y retrouverez sur scène, entre autres, Benoit Landry, Julie Le Breton,
Fanny Mallette, Loui Mauffette, Yves Morin, Iannicko N’Doua, Patricia Nolin et Yann Perreau.

POÈTES URBAINS, POÉSIE NOMADE / LA TRAVERSÉE SAINT-DENIS

Parcours littéraire qui suit la rue Saint-Denis entre Roy et Gilford, l’événement promet des rencontres poétiques et une dizaine de microsites « momentanément habités par des écrivains et artistes acolytes ». L’espace public est investi par la littérature. Ce sont « Baudelaire revisité, des improvisations folles, un piano et trois chênes, poète masseur ou déambulateur, rituels sacrés, poèmes gravés, le souffle intime et les envolées ». Idée originale de Joël Pourbaix et coordonné par Catherine Cormier-Larose des productions Arreuh, vous y rencontrerez près de trente poètes et artistes.

PROJET ©

Réel laboratoire de création en direct, le PROJET © est une collaboration de ARTV et insanë qui veut questionner « notre rapport aux mots dans leur plus simple expression ». En deux jours, un auteur (Guillaume Corbeil), un blogueur (Laurent K. Blais de 10 Kilos) et un philosophe (Normand Baillargeon) feront l’expérience de leur propre processus d’écriture. La littérature en cage. Idée originale de Vincent de Repentigny.

BALADE LITTÉRAIRE

Faisant écho au climat de crise qu’a vécu le Québec et ses rues durant les huit derniers mois, l’événement propose de revisiter l’œuvre de certains auteurs européens qui, eux aussi, se sont retrouvés dans un tel contexte.  Passant de la Librairie Las Americas à la Maison des écrivains, les auteurs Pep Coll (Catalogne), Carolin Emcke (Allemagne), Antonio Lozano (Espagne) et Marco Malvaldi (Italie) dirigeront la marche.

L’ÉCRITURE ENGAGÉE

Toujours dans l’esprit des manifestations et des prises de positions opposées qui ont animé la ville, l’événement pose l’éternelle question du rôle social de l’écrivain. Doit-il être actif? Prendre position d’office? Rester dans l’ombre de la pure création? La littérature a-t-elle une essence sociale? Stanley Péan animera les tables rondes alors que Pep Coll (Catalogne), Carolin Emcke (Allemagne), Antonio Lozano (Espagne) et Marco Malvaldi (Italie) donneront des pistes de réflexion.

CHAMBRES LITTÉRAIRES DU FIL

La Quartier des spectacles, berceau d’événements montréalais, sera transformé en village littéraire à l’angle Clark et Maisonneuve. « Il était une fois un village au cœur du Quartier des spectacles. Dans ce village, les maisons sont des allégories et derrière chaque porte se dessinent des histoires, à ouvrir et à fermer, comme des livres. Chacune des cinq maisons est en fait une chambre littéraire, lieu à la fois intime et public, qui présente une thématique de la littérature ou de notre rapport à elle. » Il ne vous restera qu’à habiter les lieux du village.

PAUSE LECTURE

L’Espace culturel Georges-Émilie-Lapalme de la Place des Arts est l’hôte d’une installation éphémère qui se veut un « terrain de jeu pour lecteur en herbe ou averti ». L’événement se donne pour mission de réfléchir au rapport physique à la lecture en proposant un espace propice à celle-ci; pour prendre le temps de lire. Vous pourrez donc faire une pause lecture spontanée et vous « retrouver dans un monde momentanément connu que de l’auteur et de soi ».

Bon festival!

P.S. Attendez-vous aussi à ce qu’on vous invite à passer devant la maison d’Émile Nelligan et à imaginer le givre sur sa vitre. C’est un classique.

Charles Dionne - @dionnecharles

Littérature

La Fête de Montréal, d’un bout à l’autre du Quartier des spectacles

Par Michel-Olivier Gasse, contrebassiste de Sunny Duval
Pour le Quartier des spectacles 

Au départ, je savais très peu de choses. Sunny m’avait dit : « On jouerait en duo dans’ rue pour une affaire d’la ville, le 17 mai. Ça te tente-tu? Ça dure toute la journée, après ça on pourrait aller prendre quelques pintessss au Chfal. » Ça me semblait un bon plan et j’ai dit oui.

C’était de bonne heure pas mal. Moi ça allait, mais ça restait un beau matin de pluie pour rester au lit. Sunny ayant un attachement particulier à ses draps et oreillers, c’est moi qui suis arrivé en premier au point de ralliement. D’entrée de jeu, je me suis ému devant le café et les viennoiseries. Je peux être sensible, en état matinal.

Le sourire qu’on m’a servi avec ça m’a mis en confiance. Parce qu’il y a une chose que je constatais, c’est qu’il n’y aurait pas que moi et Sunny d’impliqués dans cette journée-là. Fête de Montréal. 250 artistes. 40 lieux. Prestation de 15 minutes. 750 perfos dans la journée.

- Ok, on niaise pas, là.

- Nenon, va y avoir de la musique dans le quartier aujourd’hui, mon gars. Sunny est-tu arrivé?

Ma réponse à cette question tourne plus souvent qu’autrement vers le non. Mais s’il y a une chose avec Sunny, c’est qu’il finit toujours par arriver. De toute façon, y’avait pas de presse. À cause de la pluie, tout le monde s’agitait malgré l’heure jeune, déjà prêt à mettre en branle le plan B. Ça brassait de l’air de tous les bords et je mâchais une brioche en me faisant petit au possible avec ma contrebasse.

Sunny est entré, son vélo rouge à ses côtés, tout mouillé avec sa guitare en bandoulière. On s’est fait la bise habituelle et j’ai fait tomber du doigt un flocon de brioche accroché à sa barbe. On nous a rapidement communiqué le Plan B. On commencerait ça dans le métro, en espérant que les nuages se tassent pour midi. On nous a donné notre pastille rouge, à mettre à nos pieds avant chaque performance, ainsi que notre itinéraire modifié. À go, on était lâchés lousses.

Y’a quand même fallu s’adapter. Gérer nos doigts gelés, les cordes mal accordées, la trappe d’air du métro et, oui, quelques vrais musiciens de métro. Mais on souriait, on gérait l’écho et on disait « No-non, pas de sous, c’est pour la fête de Montréal! »

Les organisateurs faisaient leur travail à merveille, ils ont réussi vers midi à tasser le soleil. On s’est empiffré quelques sandwichs et on est sorti de notre pause, prêts à prendre la rue. Chaque nouvelle intersection nous faisait apparaître des copains qui poussaient la chanson devant un petit public intrigué ou des passants qui, devant l’évidence que personne n’en voulait à leurs fonds de poche, n’avaient d’autre choix que de continuer leur chemin avec le sourire.

Au coin St-Denis/Ontario, un monsieur nous a tendu dix dollars. « Mais non Monsieur, c’est pour la fête de Mont…
– Je m’en fous. Prenez-le, vous m’avez rendu heureux. »

Un fou d’une poche.

On s’est mis à laisser traîner l’étui de guitare ouvert à nos pieds, sans trop d’ambition. On s’est promené aux quatre coins du Quartier des spectacles. On a mangé du sable dans une bourrasque à côté de l’Astral, on a été surpris de l’acoustique devant le Pharmaprix Ste-Catherine, on a fait chanter et danser un attroupement d’Inuits saoûls qui nous ont vivement réclamé Stand by Me, coin Jeanne-Mance/Président-Kennedy, on a chanté pour personne devant La Calèche du sexe, on s’est donné des défis, on a chanté des chansons qu’on ne connaissait même pas, on a peaufiné nos harmonies et je me suis fait un sale bleu sur la hanche à force de traîner ma contrebasse. Avec toute la passion que je porte à mon instrument, j’aurais bien joué de la mandoline ce jour-là.

Puis la fin de la journée est arrivée. On a rencontré tous les copains au point de ralliement, on s’est raconté nos histoires, on a fait des high-five aux organisateurs épuisés mais satisfaits, puis on s’est dirigés, finalement, avec tout le monde, vers le Pub du Quartier Latin pour notre récompense. « Hey mon Gasse, on a assez de sous pour trois pintes chaque!
- La belle vie! »

Cette journée nous avait donné de la joie autant que nous en avions distribuée. On s’est dit qu’avec l’été qui s’annonçait, il fallait remettre ça. Jouer tout l’après-midi dans le parc, se payer quelques pintes.

Ce qu’on a fait. Le parc et les pintes, je veux dire. Pour la musique, on était trop occupés à écouter ceux qui en jouaient déjà. 

Sunny Duval et Michel-Olivier Gasse

Concert de Sunny Duval accompagné de Michel-Olivier Gasse lors de la Fête nationale 2011 dans Villeray à Montréal

Variétés
21

21 Balançoires : elles sont de retour!

À pareille date l’an dernier, 21 BALANÇOIRES étaient en phase d’installation sur la Promenade des artistes. Aujourd’hui bien connu, cet espace urbain situé le long de l’axe Maisonneuve et Président-Kennedy achevait à peine d’être construit après plusieurs années de chantier. Les Montréalais étaient plus que prêts à se le réapproprier, et les #21B étaient l’occasion parfaite. En effet, quoi de mieux pour inaugurer une place publique vouée à la culture et au divertissement, qu’un instrument de musique grand format, collaboratif, ludique, accessible, gratuit et destiné à toutes les générations?

Le succès de #21B fut instantané et unanime : tous ceux qui l’ont essayé n’en sont pas encore revenus. Et de l’avis de plusieurs – je ne compte pas le nombre de fois où je l’ai lu ou entendu – le seul défaut de l’installation, c’était de ne pas être permanente! Je suis bien obligée d’ajouter ma voix à cette doléance : oui, un mois, c’était beaucoup trop court…

Et bien, qu’à cela ne tienne : elles sont de retour!

À vivre… et à revivre

En tant que blogueuse pour le Quartier des spectacles, j’ai été l’une des premières à faire l’essai de #21B. Le récit de mon expérience témoigne de l’envoûtement dont j’avais alors été l’objet! Il va sans dire que j’y suis retournée à plusieurs occasion. J’y ai amené des amis qui, charmés, ont eux aussi fait découvrir les balançoires à d’autres de leurs amis par la suite. Je me rappelle avoir régulièrement vu passer des status Facebook vantant les charmantes vertus de la musique issue de la collaboration sur l’instrument géant.

Pour ma part, mon meilleur souvenir des #21B, c’est lorsque j’y ai amené mes deux filles, un soir particulièrement doux. Pendant près d’une heure, tandis que l’obscurité nous enveloppait peu à peu, nous nous en donnions à coeur joie l’une à côté de l’autre, virevoltant de concert avec les faisceaux colorés dans la nuit, émerveillées pour vrai, toutes les trois, même moi qui connaissait pourtant déjà la chanson…

La réflexion derrière le concept

21 Balançoires est un exercice de coopération musicale, à mi-chemin entre le mobilier urbain et le jeu. Cet instrument collectif a été créé par les artistes-designers Mouna Andraos et Melissa Mongiat, les récipiendaires de la Bourse Phyllis-Lambert 2010, bien connues dans le domaine des nouveaux médias. Luc-Alain Giraldeau, professeur de comportement animal à la Faculté des Sciences de l’UQAM, a également participé à la conception.

Résumé de mon entretien avec les conceptrices, à pareille date l’an dernier.

Comment s’est élaboré le concept?

Mouna Andraos : Il y a la Place des Arts d’un côté, et le Pavillon des Sciences de l’UQAM de l’autre. C’était la situation idéale pour faire un pont entre les arts et les sciences.

Qu’est-ce qui vous a inspiré l’idée des balançoires?

Mélissa Mongiat : Il y a, de par le monde, tout un mouvement autour des balançoires. C’est une manière pacifique de s’approprier l’espace public. Ça se voit un peu partout dans les grandes villes, maintenant. Quand on a vu les vitrines, on a eu envie.

Pourquoi dit-on des 21 BALANÇOIRES qu’elles sont collaboratives?

M.A.: Parce que pour faire de la musique, il faut être plus qu’un. Et pour faire évoluer cette musique, il faut communiquer avec son voisin d’une manière ou d’une autre!

Le professeur Luc-Alain Giraldeau, qui étudie le phénomène de la coopération chez les animaux, s’est porté volontaire pour travailler avec vous. En quoi ses connaissances de biologiste se sont-elles concrétisées dans le projet 21 BALANÇOIRES?

M.M.: Mouna et moi travaillons en environnement interactif: dans un espace public, on installe des instruments étranges que les gens ne connaissent pas, et on essaie de voir comment ils vont apprendre à s’en servir intuitivement, grâce aux indices qu’on leur donne. Il y a des chevauchements entre notre démarche artistique et la pratique de Luc-Alain. On partage la même vision de la coopération, du jeu, de l’apprentissage.

M.A.: Lorsqu’un biologiste souhaite apprendre quelque chose à un animal, il lui donne des indices au fur et à mesure qu’il se rapproche de la compréhension. On a trouvé des liens très drôles entre les méthodologies que lui développe avec les animaux, et le travail que nous on fait avec le public humain!

M.M.: À la base, ce sont des patterns de comportements. Et nous, on joue avec les comportements des gens : on pique leur curiosité, et on leur donne des indices pour comprendre comment utiliser ce qu’on leur propose.

M.A.: Luc-Alain a vu, dans notre désir de créer des projets de groupe, des parallèles avec ses travaux sur la coopération chez les animaux qui forment des sociétés. Ceux-ci coopèrent, car ils sont plus forts en groupe. On a voulu démontrer comment un groupe d’individus peut travailler ensemble pour créer quelque chose de plus grand que s’ils travaillaient individuellement. Ici, la musique sera le fruit de cette coopération.

Quels effets les 21 BALANÇOIRES procurent-elles aux gens?

M.A.: Elles suscitent une réflexion : si on peut travailler ensemble dans ce contexte-là pour créer quelque chose de beau, ce serait peut-être le cas dans beaucoup d’autres contextes, où on aurait intérêt à se regrouper pour mieux construire…

M.M.: Je pense aussi que 21 BALANÇOIRES contribue à améliorer le tissu social au centre-ville. La coopération, c’est un besoin, dans tous les domaines! Il y a des tas de conférences à travers le monde, où il est démontré que les gens ont intérêt à travailler ensemble pour arriver à différentes fins. Nous, on trouvait intéressant d’appliquer le concept de coopération concrètement, mais d’une manière complètement poétique.

Par Marie-Pierre Bouchard

Variétés