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Les soeurs Boulay

Chaque mois, dans sa rubrique « Artistes à la trace », le Lèche-Vitrine suit un artiste dans la planification ou la réalisation de son œuvre, qui vient partager des moments privilégiés et en toute intimité avec les lecteurs. L’instant de quelques billets, l’artiste ou le collectif artistique partage des confidences, des réflexions, des photos et des vidéos personnelles, invitant les lecteurs à découvrir leur univers de création.

Ce mois-ci : l’ascension des sœurs Boulay

Mélanie Boulay a 22 ans.
Stéphanie Boulay en a 25.
Elles forment ensemble, Les sœurs Boulay

Depuis quelques temps, les deux artistes font le tour des médias, enchaînant entrevue après entrevue, le nom de leur tandem apparaissant dans quelques titres de grands quotidiens. Unissant leur voix harmonieusement sur les sons d’une guitare et d’un ukulélé, les deux jeunes gaspésiennes vivent maintenant dans la grande métropole pour réaliser leur rêve : propager leur musique, un nouveau souffle pour le country-folk francophone!

Leurs premiers pas

Si nous omettons le fait qu’elles chantent depuis leur tendre jeunesse, le grand tournant s’effectua le 1er mai 2012. Effectivement, l’épatant duo d’auteures-compositrices-interprètes remporta la grande finale des Francouvertes. Depuis, elles ont offert un concert aux FrancoFolies, au Folk sur le Canal, au Festival dela Chanson de Tadoussac. Aussi, nous avons pu les apercevoir « débouler » dans le magazine Châtelaine, et en date d’hier, nous apprenions qu’elles participeraient à la prochaine édition du Festival de musique émergente en Abitibi-Témiscamingue.

Les sœurs Boulay sont dans le vent! Durant les prochaines semaines, nous aurons la chance de suivre à la trace l’excitante aventure de ce duo musical dans la préparation de leurs prochains concerts et du ZOOFEST!

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Billets sur le Lèche-Vitrine

Musique

Cappuccino, latté et manteau de cuir

Ce n’est pas le talent musical qui manque au Québec. Chloé Lacasse a lancé son premier album éponyme l’automne dernier. Elle fait partie de la nouvelle vague d’auteures-compositrices-interprètes qui balaient tout sur leur passage. À mon tour d’être balayé.

Petit clin d’œil à Rafaële Germain dans mon titre. Par contre, si Rafaële fait dans la chicklit, Chloé Lacasse ne fait pas dans la chickmuse. J’ai eu la chance de la rencontrer à la Petite marche, rue Saint-Denis. Derrière une légère timidité se vautre une artiste allumée et déterminée. Après tout, elle appartient à un groupe sélect comprenant, entre autres, Karkwa,La Patère Rose, Alfa Rococo, Loco Locass et Bernard Adamus. Leur point commun? Lauréats des Francouvertes.

Au-delà de l’objectif de dénicher une maison de disques, le stress du concours était palpable. « J’étais en première position alors je sentais les attentes augmenter. Ça ajoute une couche de pression! ».

J’ai voulu avoir son avis sur cette manne de jeunes artistes talentueux qui déferle sur la province depuis quelques années. Chloé assure que tout demeure amical. « Je ne suis pas en compétition avec elles. Au contraire, plus il y en a, plus on en parle. Ça peut nous ouvrir des portes. Mais c’est fou le nombre d’artistes féminines! Auparavant dans un festival, ça pouvait être un ratio de 10-2 pour les interprètes masculins. Le vent a tourné drastiquement! ».

La Longueuilloise d’origine aime bien écrire des chansons d’amour. Toutefois, ça ne se résume pas à Je t’aime, tu m’aimes, etc. Du moins pas encore. « Je préfère parler des contradictions, des relations humaines. Si tu prends une chanson comme « On va s’aimer encore », c’est un classique instantané. C’est une super belle chanson qui est même susceptible d’aller chercher ceux qui ne sont pas friands de chansons d’amour. Cette chanson est très riche. Un jour j’en écrirai peut-être une dans ce style-là. Mais je ne suis pas encore rendue là! » (rires).

Une auteure-compositrice-interprète doit toujours être à l’affût de ce qui se passe. On ne sait jamais.

Fred : Qu’est-ce qui t’influence?

Chloé : Les êtres humains. Les comportements. Tout ce qui m’entoure peut m’influencer. Ah oui et le cinéma également!

Fred : Aimerais-tu faire une bande originale de film un jour?

Chloé : Absolument! C’est l’un de mes projets.

Fred : Quel est ton point de vue sur l’industrie musicale?

Chloé : C’est une vieille industrie alors c’est normal que ça prenne du temps pour faire des changements. Elle tente de s’ajuster. J’espère que nous pourrons continuer à en vivre. J’ai surtout peur pour la radio en fait. Beaucoup de stations jouent la même musique et s’ils veulent jouer du franco, ils choisissent parmi certains artistes qui cadrent davantage avec leur style. Ça réduit les possibilités. En plus, il y a des coupures. Ça nuit aux artistes et c’est triste.

Fred : LE show que tu aurais aimé voir…ou un artiste en particulier?

Chloé : (Pense) Ah, Peter Gabriel! Sa tournée Up avec Robert Lepage. J’aurais VRAIMENT voulu voir ça. Et il y aurait Sigur Ros aussi. Ils seront à Osheaga cet été alors j’espère être dans les environs pour aller les voir.

Fred : J’irais voir leur spectacle àla Place des Arts…mais dans un festival extérieur…

Chloé : Ouais, c’est sûr. Avoir le choix j’opterais pour ça, mais c’est mieux que rien!

Fred : As-tu une routine spéciale la journée d’un spectacle?

Chloé : J’en ai pas fait assez encore pour qu’une routine se soit installée. (Pause) Il y a une chose que mon band et moi faisons chaque fois par contre, juste avant de monter sur scène, on cale un shooter de Jägermeister!*

Fred :

Chloé : (Rires)

Tant qu’à être dans la thématique « face incrédule »…

Fred : Aimerais-tu faire un album de Noël un jour?

Chloé : Ah mon dieu non! Je ne suis vraiment pas « chanson de Noël ». Ça me tape sur les nerfs d’entendre ça à la radio! Je serais peut-être tentée si c’était comme ceux de Maryse Letarte et Tricot Machine (compositions originales). Pour moi chanson de Noël rime avec Charlie Brown! (rires)

Fred : Dans un tout autre ordre d’idées, tu vas participer au Festival de Spa en Belgique cet été. As-tu des ambitions européennes?

Chloé : Oui c’est certain. Qu’on le veuille ou non, le marché québécois, bien qu’important, est un peu limité. J’ai le goût d’explorer l’Europe mais tranquillement pas vite. Je ne veux pas que ça explose d’un coup.

Fred : La qualité #1 pour une auteure-compositrice-interprète?

Chloé : Bien s’entourer! Ça aide énormément de travailler avec meilleur que soi. Ça pousse à nous dépasser. Ça prend aussi des gens qui embarquent à fond dans l’aventure.

Fred : Parlant d’aventure, tu es co-fondatrice de la troupe de théâtre In Extremis. Ça consiste en quoi grosso modo?

Chloé : Nous sommes cinq créateurs qui aiment amalgamer théâtre et musique. Parfois c’est du théâtre traditionnel, mais ça peut également être un peu plus éclaté. Nous faisons des soirées cabaret où toutes les formes d’art peuvent être mises à profit. Je trouve ça vraiment inspirant! Ça m’arrive de jouer sur scène, mais pour le moment je contribue surtout musicalement à nos œuvres.

L’entretien est extrêmement sympa. Chloé se livre sans filtre et avec un sourire permanent. J’ai la nette impression qu’on entendra parler d’elle pour un méchant bout. Toute bonne chose ayant une fin, Chloé enfile son manteau de cuir et quitte illico. « J’ai une activité pas mal moins palpitante. Je dois aller au garage pour changer mes pneus! »

Ainsi soit-il.

*Digestif allemand avec 35% d’alcool. De là ma face médusée.

Musique

Où seront-elles dans 35 ans?

Mardi le 1er mai, j’ai assisté à la finale du concours les Francouvertes. Après avoir assisté aux étapes de pré-sélection et à la demi-finale, c’est sur la scène du Club Soda que se concluait l’édition 2012. Francis Faubert, les sœurs Boulay et le groupe Gazoline ont offert leur meilleure performance devant une salle pleine à craquer d’amateurs de musique et d’intervenants de l’industrie de la musique. Au total, 11 soirées (10 au Lion d’or) et 21 participants et des milliers de spectateurs ont participé à cette célébration de le musique.

Quelques jours avant de me rendre à cette finale, je tombai sur un documentaire diffusé par Télé Québec : «J ’m’en va r’viendre ». Réalisé par Sarah Fortin en 2012, on y retrouve Stephen Faulkner qui songe à raccrocher sa guitare et à tout laisser tomber, mais sa rencontre avec le jeune Carl Prévost l’incite à persévérer et à y croire encore. Des répétitions s’enchaînent et un projet de disque et de tournée fait même surface.

Ce documentaire a provoqué chez moi une réflexion par rapport au métier de promotion d’artistes que je pratique. Il faut être courageux, réussir à faire des compromis, être humble et travaillant, parfois jusqu’à l’essoufflement, pour être auteur-compositeur-interprète. Jour après jour, celui-ci rencontre son public et livre une partie de son âme et de son intimité. Plusieurs intervenants du milieu m’ont d’ailleurs souvent dit « être un artiste c’est souvent 10 % de talent et 90 % de travail ». Je lève donc mon chapeau à tous ces artistes qui nous donnent souvent sans compter.

C’est dans cet esprit que, une semaine après la finale, je me suis rendu à la rencontre des gagnantes de l’édition 2012, les sœurs Boulay, à la Casa Del Popolo rue St-Laurent. Entrevue.

Jason : Bonjour à vous, une semaine plus tard vous êtes probablement au bout de votre course aux entrevues post-Francouvertes?

Stéphanie : Non, pas encore, il nous en reste encore quelques unes…

Mélanie : J’aime ça faire des entrevues. C’est loin d’être comme aller travailler (rires), c’est toujours des bonnes discussions vec des gens. C’est agréable.

Jason : Vous venez d’où précisément, en Gaspésie?

Mélanie : de New Richmond dans la Baie des chaleurs.

Jason : Ça fait autour de 4 ans que vous êtes à Montréal?

Stéphanie : Oui à peu près. En fait ça fera 5 ans en juillet. Ça a passé tellement vite. On a habité 4 ans ensemble Mélanie et moi, et maintenant nous vivons chacune de notre côté.

Jason : Êtes-vous déménagées à Montréal pour faire de la musique?

Mélanie : De mon côté, c’était pour étudier en musique au Cégep Marie-Victorin.

Stéphanie : J’ai habité 3 ans à Drummondville pour étudier la musique aussi, au Cégep.

Mélanie : Quand je suis finalement arrivée à Montréal ça a été un gros dépaysement. Après trois mois, j’avais envie de revenir chez moi.

Jason : Votre père était-il présent à la finale des Francouvertes?

Mélanie : Oui, et il était vraiment cute! Il était en larmes et tellement content de nous voir là!

Stéphanie : C’est un exploit parce qu’il n’aime pas venir à Montréal.

Mélanie : Il est quand même très engagé dans notre carrière. J’ai fait le festival de chanson de Granby à l’automne et il est venu me voir de la Gaspésie.

Stéphanie : En Gaspésie c’est lui qui vend notre EP - extended play  (rires). Il se promène dans les dépanneurs, les pharmacies, etc. On est chanceuses qu’il s’en occupe.

Soeurs Boulay | Photo : Michel Pinault

Jason : Avez-vous déjà reçu des propositions de maisons de disque?

Stéphanie : Pour l’instant on est tellement dans notre bulle!

Mélanie : Oui, on a déjà eu plusieurs offres, mais nous ne sommes pas pressées, parce que notre été est quand même chargé et qu’on veut prendre notre temps pour bien faire les choses. On souhaite profiter de la période estivale pour écrire des chansons. Tout ça pour vraiment avoir le bon choix du contenu de notre premier album et nous concentrer sur les spectacles qui s’en viennent.

Stéphanie : Ce qui est surprenant pour nous, c’est qu’on pensait qu’il aurait fallu approcher les maisons de disques et que ce serait difficile. Mais là, c’est le contraire qui se passe. On est vraiment heureuse de ça.

Jason : Quelles sont vos influences musicales?

Stéphanie : Pour moi, tout a commencé avec les Beatles, ça c’est certain. Chez nous quand nous étions plus jeune, il y a trois artistes qui jouaient : Elvis, les Beatles et Joe Dassin.

Mélanie : Il y avait les BB aussi qui jouaient (rires)!

Stéphanie : Au secondaire, j’ai découvert Joni Mitchell. J’en parle et j’ai des frissons. C’est LA chanteuse Folk canadienne en plus et ça m’a suivi tout le Cégep aussi.

Mélanie : C’est qu’en plus d’être une chanteuse folk, elle a le respect de ses paires et elle a touché à tout. Elle a fait du jazz, elle a joué avec les plus grands musiciens, elle a eu aussi une phase plus rock. De mon côté, il y a l’album Boum Bom de Richard Desjardins… aussi Neil Young. Beaucoup de Québécois : Philippe B., entre autres. Plus jeune, j’ai eu une phase plus rock avec les Nirvana, RadioHead, etc.

Jason : C’est tout ce mélange de genres qui vous a amené à faire du country-folk?

Mélanie : Le country a toujours été là depuis notre enfance. Dans le pick-up de mon père, c’était toujours la station de radio country qui jouait.

Stéphanie : Parce que nous, plus jeunes, on allait à la chasse et à la pêche. Moi, j’étais la plus petite, donc j’étais toujours celle qui était assise au milieu. Quand il fallait changer de vitesse c’est moi qui l’faisait et je me souviens qu’il y avait ce poste de country qui jouait.

Mélanie : Moi je faisais des prières pour qu’on trouve des perdrix et des ours (rires).

Stéphanie : On chantait sur le « CB » au monsieur qui était dans leur pick up. Des fois ils nous répondaient « c’est beau », des fois « J’avais hâte que ça finisse » (rires).

Jason : Merci beaucoup pour votre générosité. Ma dernière question : comment vous projetez-vous dans 35 ans?

Mélanie : Je ne pense pas à ça! Je pense que ça me ralentirait plus qu’autre chose. Je vis ça au jour le jour. Même dans ma vie je suis comme ça, épicurienne, moment présent.

Stéphanie : Je pense qu’à la base et bien avant ce projet-là, on est musicienne. Le but est un jour d’arriver à gagner notre vie avec la musique peu importe comment.

Ce fût une rencontre humaine, sans prétention et joyeuse. Elles seront entre autres en première partie d’Alex Nevsky, le 11 mai au Cabaret du Mile-End. Pour connaître un peu plus les Sœurs Boulay et les dates de leur tournée cliquez ici pour visiter leur site.

 

Musique

Un dimanche dans Parc-Ex

Dimanche, j’ai passé un après-midi jovial et sympathique avec trois des quatre membres de Gustafson, demi-finalistes de la 16e édition des Francouvertes. Dans la cour parc-extensionnienne de Guillaume Corbeil, le batteur, je les écoute parler, s’obstiner, se taquiner avec un enthousiasme timide que je peine à dissimuler.
Gustafson | Crédit photo : Sébastien Lavallée

Ils sont beaux à voir, ces trois larrons. Tandis que l’un a mis d’emblée cartes sur table en jouant les leaders faussement despotes, l’autre s’insurge gentiment d’une couple d’affaires, l’autre encore cause de l’Impact, ils en profitent pour se décevoir du stade pas prêt, avouent se questionner sur leur place dans la machine à concours, tout ça en buvant un café en plein air à une table de pique-nique entre trois murs de briques.

Portrait succinct de la bête : ils sont quatre (clavier/guitare/basse/batterie), trois Québécois et un Français, ils s’affichent comme un croisement entre Gainsbourg et les Strokes, ils sont tous fraîchement émoulus de l’École nationale de théâtre du Canada (trois acteurs, un auteur) et, parallèlement à Gustafson, leur vie recèle de projets de toutes sortes. Bon, voilà, c’est fait. Maintenant, passons aux choses moins sérieuses!

Au cours de cet après-midi qui s’est déroulé sous le signe de la bonne humeur et de la franche camaraderie, j’ai été brièvement admise au cercle (triangle?) de ces musiciens passionnés, allumés, dégourdis, quelque peu indisciplinés… Du matériel pour mon article, ils m’en ont fourni tout plein. De là à savoir ce qui serait pertinent ou non au moment de la rédaction, ça, c’était une autre paire de manches! J’avais préparé tout un tas de questions, j’avais fait mes devoirs en allant lire ce qui avait déjà paru sur eux, histoire de raconter les choses différemment, de présenter le groupe sous un autre jour que le banal « ils viennent de tel endroit, font tel type de musique, ont été influencés par tel et tel groupe »… J’avais surtout envie de les découvrir eux, individuellement, mais aussi d’être témoin de leur dynamique de groupe, de voir comment ils fonctionnent, de quoi ça a l’air un jeune band un dimanche après-midi printanier. Bref, tout ça pour dire qu’on s’est un peu écarté du sujet plus souvent qu’autrement, et que ça n’était pas plus mal : ces gars-là, s’épivardaient allégrement dans tous les sens et prenaient un malin plaisir à se contredire gaiement. Complices n’est pas le mot.

Gustafson | Crédit photo : Sébastien Lavallée

Ils sont sexy, ils sont généreux, ils ont débattu des tattoos qu’ils ont peut-être ou pas, de Parc-Extension, des blondes de leurs anciens bassistes, de virilité, d’autochtones, de vidéos sur le Web, mais surtout, du syndrome de l’imposteur, de bands des années 90, de musique engagée et d’art.

Ils se questionnent, les garçons. Ils cherchent à dissocier ce qu’ils sont musicalement de ce qu’ils font dans leur carrière parallèle respective. Ils ne veulent pas être vus comme « les théâtreux qui font de la musique », quoiqu’ils attribuent volontiers leur aisance sur scène à leur expérience théâtrale. À « Quelle serait la pire question à vous poser? », la discussion s’anime. Après un moyen silence, de pas pires questionnements et quelques niaiseries, Adrien commence par me répondre que ce serait fort probablement de leur demander de prendre position politiquement. Il précise : «  On ne fait pas de musique engagée. On s’engage, mais on ne fait pas de musique engagée. Je n’aime pas écrire de la musique à message politique. Je ne trouve pas que la musique soit la meilleure plateforme pour passer un message. » De l’avis de Guillaume, « la musique [engagée], c’est tellement concis et direct, que ça n’a pas le choix d’être du slogan, pis [il] aime pas ça. Ça finit vraiment par être super pamphlétaire… L’engagement devrait poser des questions, pas dire quoi penser. » Ça y est, ils sont lancés; Adrien poursuit : « C’est comme en théâtre : c’est un espace où tu peux faire de l’art, de l’art, sans encadrement, sans lien avec ton temps. Tu peux faire tout ce que tu veux. D’accrocher ça à ce qui se passe au quotidien, autour, je trouve que c’est de pas prendre la chance d’explorer partout où tu peux aller. Faire du théâtre, t’as un cube noir, t’as un espace dans lequel tu peux faire de l’art avec un grand A, où tu peux aller où tu veux. De s’engager [c’est] restreignant. » Jean-Philippe s’y met aussi : « De prendre position peut parfois teinter le jugement des gens par rapport à ce que tu fais. » Finalement, Adrien conclut : « On veut se faire identifier à la musique qu’on fait, aux créateurs de musique qu’on est, » mais pas sans le dernier mot de Guillaume : « L’Art est de moins en moins la raison pour laquelle on fait les affaires. […] Il y a comme une explosion de l’engagement. […] C’est bien, ça reconnecte l’art sur le social, mais y’a pu personne qui parle de l’Art. »

Ils ont confiance en ce qu’ils font. Ils sont fiers. Et ils sont lucides.

Après avoir bossé fort pour préparer les Francouvertes et Vue sur la Relève, et maintenant qu’ils auront tous quatre terminé l’École, ils sont impatients d’aller de l’avant. L’été s’annonce donc occupé pour eux : répéts. dans leur local, lancement du EP, un show au Centre des sciences de Montréal, un autre avec Francis Faubert au Théâtre de Verdure dans le cadre d’une soirée dédiée à deux demi-finalistes des Francouvertes et, grâce à une bourse qu’ils ont reçue du Conseil des arts et des lettres du Québec, ils vont s’enfermer une semaine dans un chalet pour travailler dur en vue de la suite…

Ce qu’ils écoutent en cachette :

Patrick Bruel, Jean-Jacques Goldman, Wilfred LeBouthillier, de la pop française des années 60, le vidéo de Ginette et Céline sur les Plaines au 400e de Québec… Révélations à la suite desquelles on a dû passer un bon 10 minutes à discutailler d’Our Lady Peace, d’Oasis, de NOFX et de Weezer et à énumérer les classiques Unbelievable, November Rain, Step by Step, Wind of Change, Bed of Roses.

En dignes gars de théâtre : c’est quoi la dernière pièce qu’ils ont vue ?

En chœur : « Nous voir nous, de Guillaume Corbeil (!) ». La pièce était présentée au début du mois d’avril à la Caserne Letourneux.

Et si on faisait un film sur Gustafson, quels acteurs joueraient leurs rôles ?

David Boutin, Paul Ahmarani, Tom Hanks et Bill Murray (ils n’ont pas expliqué pourquoi ni qui jouerait qui…).

De quel artiste/band ils aimeraient faire la première partie ?

Jean-Philippe, tout sourire : « Malajuuuuube! Ce serait malade! ». Mais ils se réjouiraient autant de précéder sur scène les Karkwa ou Plants and Animals de ce monde.

Et, finalement, la pire question qu’on puisse leur poser, ce serait apparemment :

Avez-vous des tattoos? Ils ne veulent surtout pas en parler, et encore moins les montrer…

Les membres :

Adrien Bletton, composition, piano et voix
Jean-Philippe Perras, guitare et clavier
Etienne Blanchette, basse
Guillaume Corbeil, batterie

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Les dates à retenir :

Quelque part en juin : lancement du EP ; date, heure et endroit à confirmer. Seulement 200 copies – « des  œuvres d’art numérotées! » –  seront disponibles.

22 juin : au Centre des sciences de Montréal dans le cadre d’une soirée organisée par Les Réservistes, un collectif qui présente des événements dans des lieux inusités

3 août : avec Francis Faubert au Théâtre de Verdure du Parc La Fontaine

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