Danse à quatre temps en septembre
Après avoir soigneusement épluché les programmations en danse pour la saison d’automne, il m’a été très dur de faire une petite sélection toute personnelle. Tout semblait si alléchant, si tentant. Le mois de septembre à lui seul, ploie sous le poids des nouvelles créations. Malgré tout, des titres ont saisi mon attention au vol. En quatre temps, voici les pièces accrochées à mon tableau de la rentrée!
Les chorégraphes Hélène Blackburn et Pierre Lecours s’allient de nouveau pour nous présenter cet automne Duels sur les planches de l’Agora de la danse. Des tandems où l’affrontement doucement cruel est au centre des chorégraphies. Portés par une panoplie d’artistes de disciplines diverses, ces duels sont à l’image des scènes de vie, découpées et offertes à vif et sans retenue. J’aime bien la manière que madame Blackburn décrit ce spectacle que je suis impatiente d’aller voir : « C’est une ambiance de fin de party bien arrosé. Au moment où les cravates commencent à se dénouer. Où on se dit les vraies choses. Il n’y aura pas de nudité, mais à mesure que le spectacle progresse, il y a un certain relâchement. Ce sont des moments de vérité, avec des scènes de tough love. » Pour ma part, les créations que j’affectionne le plus sont celles qui n’ont aucune volonté de se parjurer. Celles qui dévoilent l’autre côté de l’intimité.
Ne meurs pas tout de suite, on nous regarde
Un titre mystérieux aux accents provocateurs, j’ai tout de suite accroché. En lisant un peu sur ce chorégraphe polyvalent qu’est Manuel Roque, son monde est aussi diversifié que fleuri : danse, cirque, théâtre, musique, photographie. Il a travaillé aux côtés de grands noms de la danse comme Marie Chouinard et Sylvain Émard. Aujourd’hui, il est chorégraphe en résidence à Tangente. Il sera l’un des deux interprètes de cette pièce loufoque et délicieuce, aux côtés de Lucie Vigneault. Je dois avouer que l’extrait vidéo m’a laissée dans une certaine perplexité. Mais la curiosité a été la plus forte. Si vous ne l’aviez pas compris, j’ai horreur de l’ordinaire et du banal. J’aspire qu’à des choses surprenantes et je suis certaine que ce show en fera partie. Vous avez peut-être déjà été confronté à son monde étrange dans Raw-me, l’année dernière au OFFTA. S’il est un étranger pour vous, il ne vous reste qu’à découvrir.
J’ai découvert Brigitte Haentjens lors de ma première année à l’université. Elle mettait en scène la pièce La nuit juste avant les forêts qui était à l’étude pour un cours. Ma première pensée quand je l’ai vue la première fois à la librairie Port de tête fut qu’elle était une grande dame. Lorsque j’ai lu son nom à la direction artistique de cette nouvelle création présentée au Théâtre La Chapelle, je me suis dis qu’il fallait absolument que je sois dans cette salle. La vidéo en aperçu n’a fait qu’attiser encore plus cette impression. Ta douleur, c’est la somme de toutes les douleurs. De deux êtres. De deux corps. Des douleurs passagères ou celles qui restent accrochées à l’âme. Va savoir pourquoi, je suis déjà touchée.
Laissons de côté un instant, les duos multiples et les duos simples. Daniel Léveillé, quant à lui, nous renoue avec le genre du solo. Cinq interprètes dans la nudité de leur solitude, la maîtrise du geste en équilibre. Assister à un spectacle solo équivaut pour moi à un face à face parfois rude, entre le danseur et moi. Il n’y a aucune distraction. Plus rien d’autre sur lequel poser les yeux que ce corps sèchement livré. Rien que de l’honnêteté et de la transparence. Habitués aux masques, on ne sait plus comment recevoir l’authenticité. D’ailleurs, une table ronde se tiendra le 19 septembre, sur cette forme d’art qui se retrouve beaucoup exploitée cette saison.
Petit calendrier à garder sous la main
- Duels – Agora de la danse
Du 19 au 22 septembre
- Ne meurs pas tout de suite, on nous regarde - Monument National (Image à la une)
Du 20 au 23 septembre
- Ta douleur – Théâtre La Chapelle
Du 18 au 22 septembre/ 25 au 29 septembre
- Solitudes solo – Agora de la danse
Du 26 au 29 septembre

