Tous les articles

danse

saloon_733

Saloon, la comédie acrobatico-musicale western qui vous fera mal aux zygomatiques!

Maxime Depasse, directeur des opérations à La Vitrine, prend d’assaut notre blogue afin de nous donner ses impressions sur le spectacle SALOON présenté au Monument National.

Le mariage entre le metteur en scène belge Emmanuel Guillaume et la famille Éloize est une vraie réussite! Un savoureux spectacle épique, viril et énergique qui vous emmène en musique dans un tourbillon de tableaux colorés. La mise en scène et les costumes sont éblouissants. On est plus proche de l’univers de Lucky Luke et de Jolly Jumper que de Clint Eastwood et on reconnait bien l’humour surréaliste belge du metteur en scène. Danse, mime, cirque, chants, jonglerie, humour sont au rendez-vous!

Si vous êtes prêts à mourir…de  rire, dans un duel de cowboys, Saloon vous ouvre les portes du Monument National jusqu’au 30 septembre!

Cirque
gravel_733

Les bastards, c’est nous.

Je ne suis pas une professionnelle de l’analyse d’un spectacle de danse. Je pense qu’il faut avoir une certaine base pour prétendre pouvoir analyser de fond en comble une prestation de cette discipline. Mais, je suis capable de ressentir, de percevoir une émotion qui se dégage d’une performance. Je suis capable de reconnaître la beauté quand je la vois, je suis capable d’être touchée par un corps en mouvement. Et ce fut le cas pendant la prestation incroyable des danseurs de Some Hope for the Bastards.

Le spectacle avait lieu au Monument National et était présenté en première internationale le 1er juin dernier dans le cadre du Festival Trans-Amériques. Le spectacle faisait salle comble; gens du milieu et festivaliers s’amassaient dans le hall. J’étais fébrile. Je n’avais pas assisté à un spectacle de danse depuis un moment et j’avais peur d’être rouillée et de ne rien comprendre! Une peur bien irrationnelle, il faut le dire. Beaucoup pense que la danse contemporaine a un côté élitiste, mais je pense qu’il faut simplement avoir une certaine sensibilité pour capter son pouvoir.

Et quel pouvoir avait le spectacle chorégraphié par Fred Gravel ce soir-là! D’une durée d’une heure trente, le spectateur assistait aux prouesses physiques des danseurs, haletant presque en même temps qu’eux. Alternant silence et musique tantôt rock, tantôt électro, tantôt acoustique, parfois avec paroles, mais surtout sans, le résultat final était totalement captivant. J’étais totalement absorbée par ce que les corps essayaient de communiquer. Pourtant, mon attention s’est vu faillir à quelques moments où la séquence dansée s’étirait un peu trop dans le temps. Comme quoi, tout ne peut pas être parfait.

Fred Gravel parle habituellement beaucoup dans ses spectacles, il le dira lui-même. Ce soir-là, il a peu parlé, laissant sa création le faire à sa place. Le public a toutefois eu droit au Manifeste de Fred Gravel, nous expliquant le contexte de création du spectacle et surtout, l’origine du titre. Il a également parlé de l’attente ; autant celle que les spectateurs ont envers lui que celle qu’il a envers eux. Il disait espérer faire face à un public intelligent, curieux, sensible. À voir l’ovation finale, il semble que c’était bel et bien le cas.

La prestation était divisée en plusieurs tableaux, chacun portant son propre rythme, son propre souffle. Voulant travailler la pulsion, Frédérick Gravel passe également par la répétition et l’évolution progressive de celle-ci à travers le corps des danseurs. Le public pouvait ainsi plonger dans l’œuvre et dans l’univers du danseur même. Cela allait plus loin que regarder un tableau dans un musée, nous faisions partie intégrante de cette fresque humaine.

Le mouvement était partout. Je suis certaine que je n’ai pas vécu le même spectacle que la personne assise à mes côtés. Je pouvais décider de suivre la progression d’un couple, au détriment d’un autre, ou même d’un seul danseur, puis décider de changer en plein milieu. L’histoire que j’ai captée n’est qu’une version de la représentation, c’est le regard que j’ai décidé de lui donner. Certains duos étaient plus sensuels, d’autres plus viscéraux, parfois chaotiques. Le corps était à l’honneur, le poussant au maximum de ses capacités sans tomber dans le trop spectaculaire. Entre les grands numéros de groupe, des moments plus silencieux, désirés par le spectateur, comme une oasis de répit dans le chaos.

Mention spéciale à la conception musicale de Philippe Brault qui était exceptionnelle et en parfaite harmonie avec le visuel chorégraphique. Clin d’œil à l’éclairage digne d’un show rock. Fred Gravel disait vouloir organiser la désorganisation afin qu’il se passe quelque chose, autant dans le corps du danseur que chez le spectateur. Et c’est réussi, Fred, bravo, pari tenu!

Danse
Some hope for the bastards

Énergiquement Frédérick Gravel

C’est à 9h00 un mardi matin que j’entre en contact avec Frédérick Gravel. Malgré son agenda digne d’un premier ministre, il a gentiment accepté de prendre quelques minutes pour parler du spectacle qu’il présente le 1er et 2 juin prochain au festival TransAmériques (FTA) : Some Hope for the Bastards.

  1. Ce n’est pas ta première expérience au FTA. Est-ce qu’on aborde la chose de la même manière?

Je dois me rappeler comment j’ai abordé l’expérience la première fois! Je pense que la principale différence est que Gravel works n’était pas une création, alors que c’est ce que j’ai principalement fait par la suite. Nous avions déjà fait le spectacle auparavant, dans une autre version soit, mais il avait déjà été rodé. C’est devenu ma petite condition maintenant, de pouvoir roder mon spectacle au moins une fois devant public avant de le présenter officiellement à Montréal dans un festival d’envergure. Je préfère qu’on se donne une chance de voir où on s’en va. La pression n’est pas la même, pas nécessairement celle des autres, mais celle que je me donne à moi-même.

  1. Comment décrirais-tu Some Hope for the Bastards?

C’est une production avec beaucoup de monde. J’essaie de travailler en collaboration avec les danseurs et plus ils sont nombreux, plus ça fait des conversations intéressantes. C’est un spectacle très musical, autant par la musique elle-même que dans l’écriture chorégraphique. Le tout a une assez grosse charge énergétique et n’a pas la prétention d’en mettre plein la vue. Je préfère aller dans l’énergie, la tension qui ronge de l’intérieur, plutôt que le spectaculaire.

  1. Tu dis que tu travailles beaucoup avec tes danseurs, comment abordes-tu cette collectivité dans la création?

Il n’y a rien qui existe sans les danseurs. Avec eux, la création est faite sur le coup, en répétition. Mais ils sont nombreux, alors cela me met plus de pression de directions sur les épaules que d’habitude. Il faut que mes directives soient claires afin que le public puisse bien recevoir et interpréter ce qui lui est présenté.

  1. Qu’en est-il de la création musicale?

Il y a quand même une bonne différence entre les deux. Philippe (Brault) peut travailler seul chez lui, avancer de son côté et ensuite arriver avec des propositions. Il fait des pistes de recherche, qu’il travaille ensuite avec José Major, le batteur. Nous sommes justement rendus à rassembler le tout, avec la technique et l’éclairage. Cela nous donnera l’occasion de jouer ensemble, ce que nous n’avons jamais fait. Le travail musical deviendra donc plus collectif, mais la direction principale reste celle de Philippe (Brault).

  1. La distribution est incroyable! Comment s’est faite la sélection?

Il y a des gens qui font partis de la bande depuis longtemps, je les considère comme ma famille artistique. Il y a aussi des nouveaux. C’est important pour moi qu’il y ait un échange artistique intéressant, autant de mon côté que du leur, pour que tout le monde retire quelque chose du travail. La majorité des danseurs sont également chorégraphes, ce qui donne des conversations complexes. Je choisis des gens avec qui cette conversation ne sera jamais terminée, avec qui le produit fini n’existe pas et où il y a un échange possible. Ils sont plus qu’exécutants, même s’il y a quand même des qualités inhérentes au travail. Ça prend des gens athlétiques, généreux, avec une belle polyvalence.

  1. Tes spectacles évoquent une théâtralité différente de ce qu’on voit habituellement en danse. Comment expliques-tu cela?

J’ai une compréhension particulièrement complexe de la théâtralité. Par chance, il y a Francis Ducharme, qui est avec moi depuis longtemps, qui m’aide à comprendre. Il est comédien d’abord et il a des réflexes bien entrainés d’acteur. J’essaie d’aller dans la simplicité de la théâtralité ; ne pas en ajouter, mais plutôt reconnaître sa présence pour mieux la maîtriser. Je ne cherche pas à expliquer théâtralement, mais bien comprendre le potentiel du jeu. En fait, je veux faire de l’anti-jeu ; être théâtral, mais sans jouer.

  1. En quoi Some Hope for the Bastards se démarque-t-il de ce que tu as fait dans le passé?

Ça évolue constamment et chaque pièce se trouve à être la réponse de l’autre. J’essaie de faire une suite de segments qui réussiront à se nourrir les uns les autres, de jouer avec une nouvelle manière d’écrire. J’avais envie que la musique soit ultra reliée au travail. Il s’agit de mon spectacle le plus assumé dans une rythmique musical. C’est vraiment une étude sur la pulsation. Puis, c’est le retour de la batterie sur la scène. Il n’y en avait pas eu depuis Gravel works et j’avoue que ça me manquait!

  1. Est-ce qu’il y aura d’autres instruments sur scène?

C’est encore en création, mais oui, de la guitare, c’est certain. Ça sera à saveur très électro, avec un peu de chanson. J’ai beaucoup écouté la musique de Suuns, un groupe montréalais, et de Moderat. Ça m’a aidé à démarrer. Je voulais une musique avec une pulsation et une mélodie un peu abstraite ; de la veine de l’énergie, de la texture, des nuances. Je travaille en couche, en superposition musicale, avec l’omniprésence de la trame énergétique au lieu de la trame narrative d’une chanson. Par contre, je ne veux pas seulement rester sur un « frame », partir le beatbox et faire un spectacle d’une heure et demi. Le but est de trouver les contrastes rythmiques dont on a besoin pour faire du sens.

  1. Comment vois-tu la réception du public?

C’est présenté dans une grande salle. Le Monument National doit avoir une jauge de 700 ou 800 personnes, avec le balcon. J’essaie, je ne sais pas si je vais y arriver, de lancer une invitation ; que le public voit ce qu’être un danseur représente. Le but étant de laisser le spectacle se plonger dans l’œuvre au lieu de vouloir tout contrôler en présentant un produit fini, réglé au quart de tour et qui « garoche ». Je voulais organiser la désorganisation, pour qu’il se passe quelque chose. J’essaie d’inviter le spectateur à entrer dans l’univers du danseur pour que ça se rapproche plus d’une expérience que d’un spectacle-cinéma.

  1. Qui est donc le Bastard du titre?

Ah! C’est tout le monde. C’est moi. Nous. En fait, je préfère nous à moi. C’est ma vision du nous. Je vais essayer d’expliquer ça clairement et rapidement : Je cherchais un titre sur cette pièce-là que je suis en train de sortir. Ce que je fais n’est pas sombre, mais la manière dont je vois les choses l’est. Et dans l’état présent du monde, ce n’était pas cette pièce-là qui allait vraiment changer les choses. J’avais de la difficulté à situer mon art. Je suis assez engagée dans la réflexion sociale. J’ai trouvé que ce qui m’intéressait dans l’art n’était pas nécessairement d’aller adresser des préoccupations sociales ou des messages très clairs. Je commençais à me demander à quoi servait ce que je faisais. J’ai réalisé que ça servait seulement à donner un tout petit peu d’espoir à des gens qui peuvent encore changer des choses. Ces trous de cul, nous, qui peuvent encore faire quelque chose. C’était un constat très pessimiste. J’ai baptisé ces personnes-là : des bastards. Ces gens qui auraient le pouvoir de créer des changements, mais qui ne savent pas du tout comment. En fait, ils ont perdu le moyen par plein de système d’obéissance en place, de système où l’on se sent impuissant, de système démocratique qui n’en est pas vraiment un. Les leviers dont nous avons besoin pour faire bouger les choses sont absents ou difficiles à comprendre, à connaître. On sent que c’est de notre faute, que l’on devrait être les personnes qui savent quoi faire (parce qu’on est éduqué, qu’on a du temps), mais on ne le sait pas du tout. On devrait être la personne avec les solutions, mais on fait face à un sentiment d’impuissance. Les bastards, c’est tout ça. Le titre existe pour ça, mais ça peut aussi vouloir dire beaucoup d’autres choses. Ça ouvre des questions et c’est aussi à ça que ça sert, un titre.

  1. Et qu’est-ce que l’avenir réserve à Frédérick Gravel? Quels sont tes projets futurs?

C’est plus concret déjà! (rire) Il y a pas mal d’affaires! Je suis occupé! Je fais un spectacle avec Pierre Lapointe dans le cadre des Francofolies, juste après le FTA. C’est du 14 au 17 juin à la Maison Symphonique de Montréal. C’est un spectacle d’envergure avec Étienne Lepage, Sophie Cadieux, Alexandre Péloquin, l’organisme Jean-Willy Kunz et la designer industrielle Matali Crasset. (billets encore disponibles ici ) Ça va m’occuper!

Il y a également mon duo This duet that we’ve already done (so many times) avec Brianna Lombardo qui tourne encore. Nous le présentons en Allemagne juste avant le FTA, puis nous le reprenons cet automne. Tout se pète la gueule, chérie, le spectacle que j’ai créé au FTA en 2010, est aussi joué hors Québec pendant l’automne. Les spectacles d’Étienne (Lepage) tournent encore aussi! Nous allons jouer au Fringe d’Édimbourg, qui est un peu comme le festival Avignon du théâtre anglophone. Il y a une catégorie pour les spectacles canadiens et nous présentons Ainsi parlait pendant tout le mois d’août. La logique du pire est présenté à Paris en octobre. Beaucoup de reprises de spectacles à l’international.

J’ai aussi envie de faire une mise en scène « best off » avec un groupe de musique existant. Créer à partir du matériel musical d’un ou d’une auteur(e) compositeur(trice) interprète et en faire un spectacle, au lieu de leur demander de faire de la musique sur une de mes créations. Ça serait un événement concert. Ça me tente de me plonger là-dedans dans les prochaines années!

C’est clair que je veux faire un autre projet avec Étienne (Lepage). Nous sommes déjà en train d’essayer de partir quelque chose. Nous ne savons pas trop encore ce qu’il va se passer!

Si tu veux savoir ce que j’ai envie de créer après tout ça, c’est simple, j’ai envie de créer un solo. Je ne sais pas encore si ce sera un monologue ou un solo dansé exclusivement, ou si ce sera les deux, ou même si ce sera deux spectacles séparés. Tout est ouvert. J’ai envie d’écrire un peu, mais chaque fois que je dis que je vais écrire, je ne le fais pas.  C’est beaucoup de travail. Puis après, j’arrive en studio, je me mets à bouger, c’est naturel. Plus intégré si on veut. Je pars et j’y vais et je sais comment faire. Quand je me mets à écrire, je m’enfarge partout! Mais je vais le faire quand même! Il faut! Mais je veux aussi faire un solo dansé. En ce moment, ça va, j’ai 38 ans, je suis encore capable de danser dans mes spectacles. Sauf Some Hope for the Bastards, je trouve que je dirige assez de personnes comme ça! Je sens que je suis quelque part physiquement, sans dire que je vieillis et que je veux marquer le coup. Depuis le temps que je danse dans mes créations, je commence enfin à savoir danser. Ça a pris du temps, alors on va en profiter! Je devrais y arriver!

C’est ainsi que s’est terminé notre entretien. Frédérick devait justement se rendre à une répétition de son spectacle! Il reste encore quelques billets pour les 2 représentations de Some Hope for the Bastards présenté le 1er et 2 juin prochain au FTA.

Danse
alexneoral_as-cancoes_c_photo_manuela-abdala

Créateurs en liberté !

Du 6 au 17 septembre 2016, des artisans de réflexions, de rires, d’émotions et d’émerveillement investissent Montréal. Provocation, sensibilité et humour se côtoient pour la 14e édition du Festival Quartiers Danses (FQD) !  Un danseur changé à jamais à la suite d’un accident, un quatuor qui s’enduit de vase des pieds à la tête, un baiser langoureux qui s’étire de minute en minute et des interprètes qui se jouent des stéréotypes masculins et féminins : voilà qui promet d’offrir une large gamme d’émotions ! Cette fougueuse édition du FQD compte entre autres dans sa programmation :

Des artistes internationaux

Alex Neoral | Rio de Janeiro, Brésil

Crédit photo : Cintia Pimentel

Crédit photo : Cintia Pimentel

En performance aux États-Unis, en France, en Italie, en Allemagne et maintenant au Québec, ce jeune chorégraphe, danseur et entrepreneur remporte un franc succès auprès de divers publics par la pluralité de ses œuvres. Son spectacle culte As Cancoes que voce Dançou Pra Mim, qui clôture le FQD, a tourné et joué plus de 245 fois au Brésil, en France, en Italie, au Portugal et aux États-Unis.

Maya Orchin | New York, États-Unis

Crédit photo : Marie Letkowski

Crédit photo : Marie Letkowski

Un brin acrobate, Maya Orchin combine la danse et le théâtre dans un alliage puissant de prouesses physiques qui garderont votre regard bien ancré sur scène. Maya Orchin nous révèle Transport Fade, une œuvre hautement physique avec une combinaison de mouvements à couper le souffle!

Julie Dossavi | Poitiers, France

crédit photo : Gregory Brandel

crédit photo : Gregory Brandel

Super héroïne africaine, papillon curieux ou un corps sous l’emprise d’une cithare, Julie Dossavi parcours le monde physique et psychique à grandes enjambées !  Elle nous offre trois brillantes représentations. Deux en extérieur, gratuites : Adjalin et À chaque vent le papillon se déplace sur le saule. En salle, La JuJu, spectacle familial (dès 5 ans) déjanté dans lequel une super-héroïne voyage à travers l’espace-temps.

Des artistes locaux et nationaux

Jane Mappin | Montréal, Canada

crédit photo : Michael Slobodian

crédit photo : Michael Slobodian

Dans une trilogie poétique, Je marche à côté de moi, la chorégraphe montréalaise nous rappelle la dignité des personnes vivant avec une maladie mentale lors d’une soirée-bénéfice en collaboration avec  la Fondation de l’Institut universitaire en santé mentale Douglas. Les fonds recueillis seront divisés entre les deux organismes et permettront entre autres de bonifier les activités de médiation culturelle du FQD.

Jeffrey Hall | Montréal, Canada

crédit photo : Michael Slobodian

crédit photo : Michael Slobodian

Chorégraphe pour le Cirque du Soleil, Jeff Hall a su cultiver le talent d’acteurs, d’acrobates, de danseurs ou encore d’athlètes. Ses œuvres sont teintées de son parcours prolifique! Il propose en soirée d’ouverture cette année, Falling, qui rend honneur au défi et à l’histoire du chorégraphe, changé à jamais suite à un accident.

Fleuve | Espace Danse | Saint-Jean-Port-Joli

Crédit photo : Jean-Sébastien Veilleux

Crédit photo : Jean-Sébastien Veilleux

Chantal Caron sait exprimer sa sensibilité à son environnement en donnant vie à ce qui nous est familièrement immobile, à ce qui, avec lenteur, se métamorphose au fil des neiges, des eaux, des marées, des séismes, des vents…  En collaboration avec 20 figurants, Chantal Caron met en scène un quatuor d’Hommes de vase, inspiré d’éléments qui façonnent la nature tels que la neige, les marées, le soleil et les tremblements de terre.

Et plus encore !

Le FQD offre des spectacles en salle et en extérieurs gratuits, pour tous et pour tous les goûts, ainsi que des activités gratuites : projections de courts-métrages, tables-rondes, exposition photo.

Venez encourager des artistes établis, de la relève d’ici et d’ailleurs dans une atmosphère de partage et d’échange.

Suivez la programmation complète en visitant quartiersdanses.com et profitez d’un tarif réduit pour les étudiants, les aînés, les membres du RQD et les 30 ans et moins.

Vivez Montréal au rythme de la danse!

Texte rédigé par l’équipe du Festival Quartiers Danses

Danse
IMG_2421733

Galerie photo : Rêve

Hier avait lieu la première représentation du tout nouveau spectacle des Grands Ballets Canadiens, Rêve de Stephan Thoss. Un ballet démontrant une vie s’articulant autour des nuits et non des jours. Un couple qui vit une vie tourmentée avec elle hantée par des rêves et lui qui n’est pas affecté par ses troubles. À voir à la Place des Arts jusqu’au 4 juin!

 

 

Danse
IMG_5782733

Galerie Photo : Préludes

Jusqu »au 19 mars, les Grands Ballets canadiens présentent Préludes au Théâtre Maisonneuve. Le programme double comprend La lueur de l’aube, un hommage au génie de Sergei Rachmaninoff par Ken Ossola, et RE (II) une invitation au voyage de Shen Wei.

Crédit photo : Renaud Vinet-Houle

Danse
tangente_ne_meurs_pas_La-Vitrine

Danse à quatre temps en septembre

Après avoir soigneusement épluché les programmations en danse pour la saison d’automne, il m’a été très dur de faire une petite sélection toute personnelle. Tout semblait si alléchant, si tentant. Le mois de septembre à lui seul, ploie sous le poids des nouvelles créations. Malgré tout, des titres ont saisi mon attention au vol. En quatre temps, voici les pièces accrochées à mon tableau de la rentrée!

Duels

Les chorégraphes Hélène Blackburn et Pierre Lecours s’allient de nouveau pour nous présenter cet automne Duels sur les planches de l’Agora de la danse. Des tandems où l’affrontement doucement cruel est au centre des chorégraphies. Portés par une panoplie d’artistes de disciplines diverses, ces duels sont à l’image des scènes de vie, découpées et offertes à vif et sans retenue. J’aime bien la manière que madame Blackburn décrit ce spectacle que je suis impatiente d’aller voir : « C’est une ambiance de fin de party bien arrosé. Au moment où les cravates commencent à se dénouer. Où on se dit les vraies choses. Il n’y aura pas de nudité, mais à mesure que le spectacle progresse, il y a un certain relâchement. Ce sont des moments de vérité, avec des scènes de tough love. » Pour ma part, les créations que j’affectionne le plus sont celles qui n’ont aucune volonté de se parjurer. Celles qui dévoilent l’autre côté de l’intimité.

Ne meurs pas tout de suite, on nous regarde

Un titre mystérieux aux accents provocateurs, j’ai tout de suite accroché. En lisant un peu sur ce chorégraphe polyvalent qu’est Manuel Roque, son monde est aussi diversifié que fleuri : danse, cirque, théâtre, musique, photographie. Il a travaillé aux côtés de grands noms de la danse comme Marie Chouinard et Sylvain Émard. Aujourd’hui, il est chorégraphe en résidence à Tangente. Il sera l’un des deux interprètes de cette pièce loufoque et délicieuce, aux côtés de Lucie Vigneault. Je dois avouer que l’extrait vidéo m’a laissée dans une certaine perplexité. Mais la curiosité a été la plus forte. Si vous ne l’aviez pas compris, j’ai horreur de l’ordinaire et du banal. J’aspire qu’à des choses surprenantes et je suis certaine que ce show en fera partie. Vous avez peut-être déjà été confronté à son monde étrange dans Raw-me, l’année dernière au OFFTA. S’il est un étranger pour vous, il ne vous reste qu’à découvrir.

Ta douleur

J’ai découvert Brigitte Haentjens lors de ma première année à l’université. Elle mettait en scène la pièce La nuit juste avant les forêts qui était à l’étude pour un cours. Ma première pensée quand je l’ai vue la première fois à la librairie Port de tête fut qu’elle était une grande dame. Lorsque j’ai lu son nom à la direction artistique de cette nouvelle création présentée au Théâtre La Chapelle, je me suis dis qu’il fallait absolument que je sois dans cette salle. La vidéo en aperçu n’a fait qu’attiser encore plus cette impression. Ta douleur, c’est la somme de toutes les douleurs. De deux êtres. De deux corps. Des douleurs passagères ou celles qui restent accrochées à l’âme. Va savoir pourquoi, je suis déjà touchée.

Solitudes solo

Laissons de côté un instant, les duos multiples et les duos simples. Daniel Léveillé, quant à lui, nous renoue avec le genre du solo. Cinq interprètes dans la nudité de leur solitude, la maîtrise du geste en équilibre. Assister à un spectacle solo équivaut pour moi à un face à face parfois rude, entre le danseur et moi. Il n’y a aucune distraction. Plus rien d’autre sur lequel poser les yeux que ce corps sèchement livré. Rien que de l’honnêteté et de la transparence. Habitués aux masques, on ne sait plus comment recevoir l’authenticité. D’ailleurs, une table ronde se tiendra le 19 septembre, sur cette forme d’art qui se retrouve beaucoup exploitée cette saison.

Petit calendrier à garder sous la main

  • Ta douleur – Théâtre La Chapelle
    Du 18 au 22 septembre/ 25 au 29 septembre
Danse
Simon Vermeulen

Des grands humains

Prenant naissance entre l’expression d’une gestuelle particulière du danseur Simon Vermeulen et la narrativité historique du réalisateur tunisien, Kays Mejri, le projet de vidéo-danse Der Untermensch est l’un de ces projets qui touchent et chamboulent.  Il me fait extrêmement plaisir de partager, ce qui on l’espère, sera une nouvelle vague dans le monde de la danse contemporaine.

Mélangeant le réel du documentaire au côté artistique et esthétique, Der Untermensch, qui signifie « sous-homme » en allemand, aborde par le biais de la danse, la persécution des homosexuels durant la Seconde Guerre mondiale. Un sujet prenant. Autant physiquement, qu’émotionnellement. Ce jeune danseur, diplômé de l’École de Danse Contemporaine de Montréal en 2011 (anciennement LADMMI) et possédant déjà un beau parcours,  a un souci extraordinaire des détails. Ce qui justifie entre autres, le choix du mode de diffusion. Une vidéo-danse et non un spectacle sur scène. Le rapport à la proximité n’est plus du tout le même. Le destinataire sera amené à être proche du sujet humain, ce personnage arien homosexuel qui veut assumer cette part de son être. À être conscient du moindre mouvement. Une intensité condensée en moins d’une dizaine de minutes. Sans être totalement une histoire racontée et linéaire, cette vidéo se veut un miroir des gestuelles du corps parlant. Chaque partie de ce corps exprime un message, une plainte, un espoir, un engagement. Car en effet, le propos est profondément engagé. Un pan dédaigné de l’histoire est dévoilé à travers cette construction visuelle. D’un désir de libération à l’épanouissement totale de l’être. Le reste est à découvrir.

Comment parler d’un projet qui n’est pas encore né? Comment vous convaincre que le dessein espéré en vaut la peine? Tout simplement, parce que j’y crois. J’y croyais déjà en  visionnant l’ébauche du travail et j’y ai cru plus fort en  partageant cette discussion  d’un enthousiasme communicatif avec Simon. J’ai été convaincue. Emballée. Enrôlée. La danse contemporaine qui grandit de toutes ces idées innovatrices de jeunes danseurs, cela me rend fébrile.

Pour le moment, ce projet indépendant dont le lancement est prévu aux alentours de septembre 2012, est dans sa campagne de financement. Je vous invite tout d’abord, à jeter un coup d’œil, en guise d’avant-goût, à la vidéo promotionnelle, se trouvant ci-bas. Puis, de partager et d’en parler. Et bien sûr, de contribuer à l’aboutissement de ce travail formidable en cliquant ici. Ce ne sera pas mon unique billet le concernant. Il reste quelques mois de production et de réalisation. Mais je serai aux premières loges pour le grand jour et je me chargerai de vous le rappeler.

Danse
Imprudanses

De la danse démocratique

Ils font partie d’une ligue. Libérée et sauvage. Ils créent et dansent, bouillonnant d’une énergie délurée. Ils s’adaptent au monde. Caméléons à visage découvert. Le temps de dire Dansons!

La ligue

Les Imprudanses, créée en 2003 par Marie-Ève Albert et Normand Marcy est une ligue d’impro-mouvement téméraire qui entraîne la danse contemporaine sur une pente singulière où création et improvisation se tiennent la main.  En s’attardant sur l’historique de cette ligue, il est évident qu’il y a eu du chemin parcouru, des défis relevés, toujours dans une logique novatrice et ludique. Il est surprenant que ça m’ait pris si longtemps avant d’être au courant de leur existence alors que leur mission rassemble tous les éléments qui, d’ordinaire, attirent mon attention. Une panoplie de danseurs avides –  car ils sont une trentaine composant cinq équipes – qui se sont donnés le but d’offrir corps et âme, leur passion. Des lieux de diffusion non conventionnels – oubliez les salles de représentation habituelles! – et ce, dans le but de « développer un public ». Et le public, parlons-en. Spectateur et en même temps, participant. La passive observation  n’est plus de mise. Le public donne autant qu’il reçoit. Le contact avec les danseurs est direct et vif. Petite mise en scène pour les non initiés; leurs performances se jouent sous forme de match opposant deux équipes. Leurs chorégraphies sont régies par des paramètres en lien à l’espace et au corps, et des contraintes de temps, par exemple, tout en laissant la place à de courtes improvisations. Mélange d’une structure et d’instantané.

Un pas dans l’intimité

J’ai eu l’immense privilège de passer un après-midi avec une équipe de la ligue, celle des Rouges. Assise dans un coin, je les ai regardés entrer tranquillement dans leur sphère.

Je me suis rendue compte qu’on n’écrivait pas des histoires qu’avec des mots. Je me suis fait l’effet d’une voyeuse, mais qui avait de la chance d’assister à la naissance brute d’un mouvement, d’abord pensé, ressenti, puis posé. Audrey Bergeron, la capitaine de l’équipe est une âme généreuse. Enveloppante. Marie-Ève Albert, un feu intérieur. Émily Honegger, une sauvage liberté. Simon Ampleman, le temps suspendu. Geneviève Gagné, une royale incandescence. Le lien entre ces danseurs, fort et perceptible, m’est apparu dans leurs gestes, leurs paroles, leurs rires, leurs souffles. Il a été très agréable d’observer le travail, la préparation et la franchise derrière ce qu’il nous donne si généreusement. Ce sont des danseurs et ils dansent. Avec amour. De styles différents, ils forment ce tout unique qui fait sourire. Ce sont aussi des comédiens qui se nourrissent de tout ce qui les entoure : objets, mots, couleurs, l’autre. Disons-le, ils étaient magnifiques. J’ai la certitude que les Verts, les Bleus, les Jaunes et les Oranges le sont également.

La ligue sera en tournée cet été, mais n’attendez pas jusque là. Le match des étoiles se tiendra le 5 mai au Café Campus et il faut que vous y soyez. Si vous tombez sous leurs charmes, des formations sont offertes aux amateurs de danse et d’improvisation. Quel excellent moyen d’entrer dans leur univers.

Danse

Les traces de l’ours

Ça vient de Calgary. Ça se présente à l’Usine C, et ça s’appelle Lucy Lost Her Heart. Déjà, on parvient à m’intriguer. Je vous rapporte ici un petit coin de l’œuvre, en forme de personnage.

La compagnie des artistes en résidence du Theatre Junction GRAND, dirigée par Mark Lawes, se nourrit aux confluents de multiples influences : de la France à l’Alberta, du français à l’anglais, d’un métissage des formes d’arts. Voilà ce qui m’attire d’abord : ce mélange éclectique des genres, cette proposition toujours fascinante d’effacer les lignes, d’abattre ces fameuses cloisons. Il paraît d’ailleurs que du processus de création des pièces de la compagnie ont dérivé toutes sortes de projets éclectiques : des maxis ou extended play (EP), des courts-métrages, des partys. Il y a là une ébullition prometteuse!

Mark Lawes fait remarquer que la représentation théâtrale : « n’est pas un objet de consommation tangible. Il n’est pas possible de la ramener chez soi et de la poser dans son salon. Elle a une clause de collectivité et d’unicité. Éphémère et volatile, elle ne laisse derrière elle que quelques traces, ne hante que quelques pans de la mémoire pour devenir une partie intégrante de notre inconscient collectif. »* Ainsi, dans l’impalpable Lucyland qu’il a créé, les personnages résonnent avant tout de la culture de l’Ouest canadien : Pocahontas, les fourrures, les bottes et le chapeau de cow-boy, le soldat perdu, la blancheur laiteuse de la peau d’une icône religieuse…

Parmi eux, le personnage de Pierre, victime d’un accident, est resté dans un état brusque et entier de naïveté enfantine. C’est celui qui garde en espoir – en vie, peut-être – les autres personnages, prisonniers des corridors d’une mine désaffectée suite à une mystérieuse catastrophe. Interprété par l’imposant, « grizzliesque », Steve Turner, Pierre fascine, comme intemporel : c’est un homme grand et gros, à la grisonnante barbiche touffue qui, la plupart de la pièce, est assis près d’un tas de charbon, les jambes étendues, raides devant lui, à la manière d’un petit garçon. De temps en temps, il porte un chapeau de fourrure à oreilles d’ours : selon la légende, c’est lui qui serait tombé sur ce « someone hairy », cette « bête poilue » congelée dans la terre, qui permettra à ses congénères de survivre pour se conter encore d’autres histoires. De l’amas de charbon, Pierre s’affaire à en choisir des roches qu’il peint de rouge et offre en cadeau à ceux qu’il aime.

Une fois, cependant, Pierre s’insurge : il paraît qu’à la guerre, les soldats ont dû se sustenter des chats affolés qui lapaient le sang des morts. Ceci n’est pas acceptable du tout. Pour Pierre, il est indéniable que les félins demeureraient pour toujours, avec leur angoisse, dans le ventre de l’omnivore cruel. C’en est trop : Pierre doit se dissocier du soldat perdu qui se prend bizarrement pour son père. « I am not your boy », clame-t-il, poussant celui qu’il accuse à exploser en une chanson agressive et désespérée.

Intrigués, vous aussi? Il ne vous reste que deux jours pour rencontrer Pierre et les autres personnages de Lucy Lost Her Heart, présentée jusqu’au 30 mars à l’Usine C. Saurez-vous dire si l’inconscient du public montréalais sera marqué des mêmes traces que celui de Calgary?

En passant, la pièce, bilingue, est entièrement sous-titrée : on apprécie.

* Source

Théatre