Rony Civil

m Un voyage au cœur de la vie dans toute sa diversité et sa complexité. n

Si on commençait par le début. Je me nomme Rony Civil. Je suis né un 25 janvier à six heures du soir à Montréal. C’est là que tout a commencé. Pour faire une histoire courte, entre le jour de ma naissance et aujourd’hui, il y a eu la vie. Je vous laisse imaginer le reste. Je partage maintenant mon temps entre l’écriture et la rédaction. C’est avec grand plaisir que je couvre pour le LÈCHE-VITRINE deux disciplines qui me tiennent tout particulièrement à coeur, soit le théâtre et le cirque. Le premier pour moi est mon lieu de prédilection. Au théâtre, il n’y a pas de limite. L’invisible confronte le visible, le réel côtoie l’imagination et les non-dits se dévoilent au grand jour. Le théâtre a ce pouvoir de me transporter à l’essence même de la vie tant que dans sa simplicité que dans sa complexité. Le cirque est une discipline qui me fascine à chaque fois que j’y assiste. Chaque mouvement, chaque acrobatie, chaque exécution vient chercher en moi une émotion, un sentiment. Le corps devient un instrument qui a cette faculté d’utiliser ses limites pour nous montrer qu’il est toujours possible d’aller plus loin. Ici, oubliez les mots. Ils sont superflus. Vous n’avez qu’à ouvrir les yeux et vous laissez emporter. En bloguant, j’espère vous faire plonger dans chaque univers que j’aurai la chance d’explorer et ainsi, vous partagez ma passion pour les arts de la scène.

Québécois versus Britanniques

Depuis le 5 juillet, la troisième édition du festival Montréal Complètement Cirque bat son plein dans la métropole. Le meilleur des arts du cirque est au rendez-vous de ce festival rassembleur et audacieux. Voici donc deux incontournables que je vous conseille pour vous encirquer comme il se doit!

Séquence 8

Les lumières se tamisent, les projecteurs éclairent un jeune homme. L’aventure de Séquence 8 débute! On aperçoit un animateur radio qui accompagnera le public tout au long du spectacle. On peut dire qu’en fait, cet animateur est plutôt un clown des temps modernes, qui nous amuse par ses questionnements sur la vie et ses interactions avec les autres artistes.

C’est sur la thématique de l’Autre que s’inspire Séquence 8. L’amitié, la passion et l’émotion sont véhiculées par les interactions des 8 jeunes artistes sur scène. À travers l’autre, ils se définissent et redéfinissent pour créer leur identité.

Séquence 8 est imprévisible. On ne peut prévoir où les artisans nous mènent. À chaque tableau, le public se voit  agréablement surpris par l’imagination, l’originalité et l’humanité de chaque numéro.

Les moments forts du spectacle sont, sans aucun doute,  les numéros de la barre russe avec Alexandra Royer (captivante), la planche coréenne avec Maxime Laurin et Ugo Dario qui sauront vous impressionner par leurs envolées et Eric Bates, jongleur de boîtes à cigares nous faisant  redécouvrir un classique du cirque avec une maîtrise hors du commun.

Séquence 8 émeut avec son humanité, nous fait sourire par son humour et nous captive par le talent de ses artisans. Encore une fois, Les 7 doigts de la main ont relevé le défi de créer un spectacle débordant d’imagination qui allie simplicité et originalité!

La Soirée

Pour la première de La Soirée, l’Olympia s’est littéralement transformé en cabaret d’antan pour s’accorder au ton festif de la soirée.

C’est sur une petite scène circulaire positionnée au centre du public que se produisent les artistes. Les prestations des artistes sont avantagées par ce type de scène qui donne l’impression au public d’être au coeur du spectacle.

C’est l’extravagante drag queen « Gâteau au Chocolat » qui ouvre le bal. Sa voix de baryton vous laissera bouche bée et croyez-moi, vous en redemanderez!

Au menu de La Soirée?  Du burlesque avec un morceau de toile rouge, un numéro de main à main combinant force et équilibre, du hula hoop comme vous en avez jamais vu, une prestation dans un bain par un ex-gymnaste et encore bien plus!

Impossible de vous ennuyer avec La Soirée. Ladiversité des numéros, le dynamisme des artisans et sans oublier la qualité de l’exécution de chaque tableau vous feront basculer avec plaisir dans l’univers unique de La Soirée.

Avec ce cabaret haut en couleur, attendez-vous à entrer dans un monde déjanté, débordant de sensualité.

Cirque
Théâtre Duceppe

Les Peintres du charbon : l’art des profondeurs

Pour clôturer sa saison, le Théâtre Duceppe offre au public Les Peintres du charbon, une pièce de l’auteur britannique Lee Hall, s’inspirant de faits réels s’étant produit à Ashington au milieu des années 30.


Angleterre, 1934. La Grande Dépression fait ravage et le travail se fait rare. Une fois par semaine, des mineurs de la ville d’Ashington décident de prendre un cours d’histoire de l’art payé par le syndicat, question de se changer les idées. Remarquant que ses nouveaux élèves sont peu intéressés par la théorie, le professeur Lyndon décide de remédier à cette situation en les mettant au défi de peindre de leurs propres mains.

Par la grande surprise de ce dernier, les mineurs d’Ashington démontreront un vrai talent pour la peinture. Olivier Kilbourne, interprété par l’excellent Emmanuel Bilodeau, se trouve à être le plus talentueux du groupe et du fait même, celui qui pourrait s’imposer en tant qu’artiste s’il le décide.

Le décor de la pièce nous rappelle l’univers des mineurs. Le plafond de la scène est recouvert de morceaux de toile couverts de suie et charbon faisant penser à un cimetière de mineurs décédés dans les dures conditions de travail de l’époque. Les oeuvres des mineurs sont projetées sur un écran permettant au spectateur d’apprécier en détail le travail des mineurs.

Avec Les Peintres du charbon, on réapprend à voir l’art dans son plus simple appareil et surtout dans son essence. Plus  le groupe d’Ashington en apprend sur l’art, plus il crée sa propre voix en se défaisant peu à peu de l’influence de leur mentor. C’est dans cette réappropriation de l’art par le peuple que le sujet de la pièce prend sa force. L’art appartient à tous et ce, peu importe le métier ou la classe sociale. Les mineurs d’Ashington prouvent au public que leur histoire est détentrice d’une force créatrice pouvant être exprimée à travers leurs toiles, qui dévoilent souvent la dureté de leur quotidien.

Mais comme la vie, la peine côtoie la joie. On rit de bon coeur des péripéties des mineurs qui abordent la vie avec humour et sincérité. La traduction de Monique Duceppe permet de dépasser les frontières géographiques de cette histoire en la ramenant, par la force des mots, dans un contexte québécois. On a l’impression que ces mineurs d’Ashington auraient pu être des travailleurs québécois de l’époque.

L’auteur britannique Lee Hall est reconnu principalement pour l’écriture de sa touchante histoire de Billy Elliot. Avec Les Peintres du charbon, il nous rappelle l’importance de l’art dans nos vies qu’elle soit en terme d’activité ou de métier. L’art a cette capacité de nous libérer de toutes conventions et  nous faire découvrir les richesses infinies de l’esprit de chaque individu. Malgré la  noirceur, malgré la suie, Les Peintres du charbon nous démontre qu’à travers l’art, il est toujours possible d’accéder à la lumière.

Théatre
Girard

Amaluna

C’est à compter du 19 avril prochain que le public pourra assister à Amaluna, nouvelle création du Cirque du Soleil qui sera présentée sous le Grand Chapiteau du Vieux-Port. Retour sur la conférence de presse de cette 32e création du Cirque du Soleil, qui promet encore une fois d’en mettre plein la vue aux spectateurs.

Amaluna transportera le spectateur sur une île mystérieuse gouvernée par des déesses et régie par les cycles de la lune. Sur cette île, une jeune fille et un homme arrivé par une tempête, s’enticheront ardemment. Le jeune couple devra surmonter divers obstacles avant de trouver la voie de la sérénité.

Pour cette nouvelle création, Guy Laliberté et Gilles St-Croix ont confié la mise en scène à nul autre que Diane Paulus, metteure en scène grandement réputée aux États-Unis. Considérée par le Boston magazine comme l’une des 50 femmes les plus influentes de Boston, Diane Paulus a notamment signé la mise en scène de la populaire comédie musicale Hair sans oublier celle de The Donkey Show, adaptation disco d’un Songe d’une nuit d’été de Shakespeare, qui connut un vif succès à travers le monde.

La distribution d’Amaluna est constituée à 70% de femmes et le groupe musical est entièrement féminin. Cela allait de soit pour Diane Paulus, qui voulait rendre hommage à la femme avec Amaluna, mais par dessus tout de célébrer l’art dans notre société à travers cette nouvelle création.


On retrouve avec surprise deux clowns dans cette distribution constituée principalement de déesses, d’amazones et d’autres personnages de mondes lointains. Ces deux clowns seront les serviteurs des deux personnages principaux. Tout comme leurs maîtres, ces derniers s’amouracheront l’un de l’autre. Ils représentent la faiblesse de cet univers imagé tout en étant porteurs d’humanité.

Cumulant plus de 15 années d’expérience en musique pour la télévision et le grand écran, le duo Bob et Bill signe la conception musicale d’Amaluna, accompagné de Jacques Boucher à la conception sonore. Ayant déjà travaillé ensemble sur Totem, le trio avait comme mandat de plonger les spectateurs dans une ambiance tout à fait différente pour Amaluna. Sur cette nouvelle création, les compositions musicales, plus modernes et contemporaines, délaissent le genre musical World de Totem. « Nouveauté et différence » étaient les mots d’ordre pour la conception musicale. Pour arriver à construire cette ambiance moderne, l’équipe a opté pour des mélanges d’instruments peu communs dans le monde circassien, tel que la fusion du saxophone et de la guitare électrique. Fait intéressant, les paroles des chansons sont une nette invention du duo Bob et Bill!

Meredith Caron, conceptrice des costumes pour Amaluna, a confectionné pour chaque groupe du spectacle des costumes de couleurs vives reflétant la personnalité et l’histoire des personnages. Son inspiration? La vie tout simplement. La curiosité, son désir de retravailler avec Guy Laliberté et plus que tout, son désir de toucher l’œil du spectateur à travers ses confections. Souhaitant plus que tout rendre hommage à l’univers féminin, elle a épousé avec minutie les formes du corps des femmes de la distribution. En collaboration avec la metteure en scène, cette passionnée s’est même défiée personnellement en ajoutant des éléments de taille aux costumes, tel que des cages dorées recouvrant des unicycles pour un numéro destiné à cette discipline.

Les prestations de la conférence de presse laissent entrevoir un univers bien encré, empreint de magie et d’humanité. Le Cirque du Soleil nous laisse sur notre envie de découvrir davantage cette île mystérieuse du nom d’Amaluna.

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Cirque

Dissidents : le cri de la révolte

Des bruits, des murmures, des chiens qui aboient. Dès les premières secondes de Dissidents, l’ambiance sonore de la pièce place le spectateur dans un état d’alerte, de tension. Que se passe-t-il? Que va-t-il arriver? On se questionne. On se demande. Puis, un projecteur éclaire un homme. Il a commis un crime horrible, mais lequel? Par les mots de Philippe Ducros et la mise en scène de Patrice Dubois, Dissidents plonge le spectateur dans une profonde réflexion sur l’indignation d’un homme face à notre société actuelle.

Au début, aucun décor. Il n’y a que les projecteurs qui éclairent les personnages. Seule  la noirceur du plancher et du fond de la scène ressort. On ressent l’isolement du dissident. On dirait qu’il est dans un gouffre, un endroit d’où il est impossible de s’échapper. Trois visiteurs viendront tout à tour rendre visite à l’homme. Une femme, une jeune fille et un prétendu spécialiste du comportement. Ils feront tout ce qui est en leur pouvoir pour le faire parler. Ils veulent des raisons, des justifications.

Mais, le dissident mentira. Il mentira plusieurs fois pour ne pas détourner les regards de son geste, de son cri d’indignation. C’est dans cette indignation qu’on devrait déceler le message et non dans son passé ou son histoire. En s’attardant à son passé, on trouverait seulement une excuse à son geste et ce dernier serait seulement défini par sa radicalité. Cette poursuite obsessionnelle d’une justification par les trois visiteurs incite donc à se demander si ces derniers ne cherchent pas seulement une raison, qui permettrait de ne pas penser plus loin, de rejeter toute signification de ce geste, en l’enfermant dans une case tout simplement.

Dissidents place le spectateur dans cette même situation de questionnement. On voudrait savoir le passé de cet homme pour expliquer son geste. On voudrait trouver des raisons qui pourraient nous permettre de comprendre ce comportement radical. Pourtant, si l’auteur avait donné les clés du passé de cet homme, chaque spectateur aurait construit son propre raisonnement personnel pour expliquer son geste.

Dissidents - Théâtre PÀP

Le geste ne serait plus défini par son indignation, mais plutôt par la justification du parcours du dissident. À cet instant-là, ce geste deviendrait dénué de sens. C’est ce qu’on voudrait quelque part en nous. Croire que seul un fou serait capable de faire un tel crime, mais on sait qu’on pourrait être à sa place. La ligne entre l’indignation du dissident et notre propre indignation est mince. Très mince.

À travers Dissidents, Philippe Ducros et Patrice Dubois lient chaque spectateur à leur voisin par une réflexion portée sur la révolte, notre société de surconsommation et notre obsession pour le progrès. Malgré eux, le public reste dans cette réflexion tout au long de la pièce car il n’a pas la possibilité de porter un jugement précis sur l’acte commis. Le public a donc pour seul choix que de se pencher sur le geste de l’homme et la critique sociale qui en découle. Cette réflexion fait son chemin à l’intérieur de chacun par le cri de la révolte. Définitivement, une pièce à voir pour ses propos d’actualité qui nous touchent tous d’une manière ou d’une autre.

Théatre

Midsummer : l’amour folk

Midsummer, c’est l’histoire improbable d’Helena et Bob. Elle, est une avocate toujours à la poursuite de relations vouées à l’échec. Lui, est un poète raté faisant des magouilles avec des truands d’Édimbourg. Ils ont tous les deux 35 ans et tout les sépare dans la vie. Ils partageront leur intimité le temps d’une soirée. C’est ce qu’ils avaient convenu. Pourtant, le destin aura d’autres plans pour ces deux êtres aux antipodes qui vivront, durant le solstice d’été, une journée inattendue leur offrant la  possibilité de vivre autrement.

On avait déjà vu Isabelle Blais et Pierre-Luc Brillant jouer ensemble. C’était dans le film Borderline. Elle, incarnait le personnage de Kiki, une jeune femme écorchée  par la vie tandis que lui, jouait le rôle d’un pâtissier timide épris de cette dernière. La chimie des deux acteurs était indéniable à l’écran. Pour notre plus grand bonheur, on peut retrouver cette même chimie entre Blais et Brillant sur scène. Leur complicité transparaît autant dans leurs répliques que dans leur gestuelle. Dans cette comédie, Isabelle Blais fait preuve d’une énergie à toute épreuve tout comme son partenaire. Le duo joue avec conviction les folles péripéties d’Helena et Bob qui font vivre aux spectateurs des situations plus cocasses les unes que les autres. On peut même parfois s’y reconnaître ou du moins, on aimerait bien s’y reconnaître le temps d’une soirée. Ici, mention spéciale à la scène du bondage japonais qui ne peut que vous faire éclater de rire.

Le décor de cette comédie folk est intimiste et épuré, un peu à l’image du style musical exploité. On peut apercevoir sur la scène deux guitares, deux chaises, une table, une bouteille d’alcool, quelques vêtements et un paravent qui laisse entrevoir quelques éléments, qui serviront tout au long de la pièce. Un rideau rouge bourgogne couvre le fond. Dès la minute qu’on observe les éléments du décor, la pièce est entamée. On rentre dans l’univers de Midsummer. Le décor de la pièce nous rappelle l’intimité d’une chambre à coucher. Cette chambre où l’on se dénude sans gêne, où l’on se retrouve souvent face à soi-même. C’est dans ce décor propice aux révélations que l’on découvrira l’histoire d’Helena et Bob.

Composée par Gordon McIntyre, la musique folk fait partie intégrante de Midsummer. Ici, on ne parle pas de comédie musicale. N’étant pas l’essence du spectacle, les chansons sont plutôt des parties chantées du scénario. Elles ont cette capacité de révéler davantage au public la nature des réflexions intérieures d’Helena et Bob dans leur univers parfois mélancolique et souvent très comique. Les spectateurs auront le plaisir d’entendre les voix d’Isabelle Blais et de Pierre-Luc Brillant, qui se prêtent parfaitement au style folk. Il faut dire que pour ces derniers, la musique est une passion tout aussi forte que le jeu. Les deux acteurs font partie de groupes de musique depuis plusieurs années. Au courant de l’année, tous les deux sortiront un nouvel album avec leur groupe respectif.

Avec Midsummer, Philippe Lambert signe une mise en scène touchante qui s’accorde avec justesse aux mots vivants et dynamiques d’Olivier Choinière. Cette réflexion sur la portée de nos choix nous rappelle qu’il est toujours possible de recommencer. Il suffit parfois de dire oui et d’ouvrir par ce mot d’apparence si simple les portes inespérées de la liberté.

Théatre
David-Alexandre-Després

David-Alexandre Després : quand création rime avec passion!

Nous aurions pu ne jamais connaître David-Alexandre Després en tant qu’acteur. En effet, dans sa jeunesse, l’acteur aspirait à devenir pilote de Formule 1. Heureusement pour nous, ce dernier trouvait qu’il avait pris trop de retard pour exceller dans le domaine. Entretien avec un artiste n’ayant pas peur d’aller au bout de ses passions.

Depuis sa sortie du Conservatoire d’art dramatique de Montréal en 2002, l’acteur David-Alexandre Després s’est démarqué autant à la télévision qu’au théâtre. Celui qu’on a pu voir dans les pièces Panda Panda, Ubu Roi, Amours et protubérances ou encore Vroom! n’a pas peur de prendre des risques lorsqu’il est question de jouer. « J’ai appris en tant qu’acteur qu’il faut exercer ce métier avec beaucoup de sérieux, sans toutefois se prendre au sérieux. Je crois que j’ai ce côté de l’enfant qui est capable de se donner sans retenue, quitte à se casser la gueule », me confie-t-il avec sincérité.

Premiers pas vers l’écriture

Pour l’acteur, l’envie de créer sera toujours plus forte que la peur. En 2008, à la Petite Licorne, l’acteur fait ses premiers pas en tant qu’auteur en écrivant la pièce Vroom!. Par cette pièce, l’auteur nous ouvre les portes de sa débordante imagination en mettant en avant-plan sa passion pour la Formule 1 et les symphonies de Beethoven. Il a fallu quelques années à David-Alexandre avant d’assumer son rôle d’auteur. « En écriture, on ne peut pas se cacher. On doit se mettre à nu complètement. Pendant environ 5 ans, le texte de Vroom! me travaillait. J’ai donc attendu le bon moment et je me suis lancé », me révèle l’acteur.

Kubrick selon David-Alexandre Després

En entamant le sujet de sa prochaine pièce, je capte l’excitation dans la voix de David-Alexandre. Il faut dire que pour ce dernier, Stanley Kubrick est l’un des meilleurs réalisateurs de tous les temps. Avec l’héritage cinématographique que ce réalisateur visionnaire nous a légué, je ne peux qu’approuver. L’idée de la deuxième pièce de David-Alexandre a donc émergé de son envie de rendre hommage à Kubrick. S’inspirant de l’œuvre du réalisateur, La Mort de Kubrick prendra l’affiche du 15 au 31 mars 2012 à La Chapelle. Mise en scène par Olivier Morin et produite par la compagnie Champ gauche, cette pièce sera interprétée par Christine Beaulieu, Alexia Bürger, Caroline Lavigne, ainsi que l’auteur.

Trio : Olivier Morin, Christine Beaulieu, David-Alexandre Després

Des projets plein la tête La Mort de Kubrick raconte l’histoire d’Alex Conway, un homme solitaire complètement obsédé par Stanley Kubrick. Conway, sexuellement refoulé et arborant un visage couvert de psoriasis, vit à travers l’œuvre et la vie du réalisateur. Lorsque Kubrick meurt subitement, la vie de Conway s’en voit bouleversée. Étrangement, l’œuvre de Kubrick semble avoir pris possession de l’appartement de Conway. « Puis, viendront des rencontres et des apparitions étranges qui mèneront le personnage principal à dévoiler peu à peu sa vraie identité. À travers ces bouleversements, on apprendra à connaître qui est vraiment Alex Conway », me dit l’auteur.

L’année 2012 s’annonce chargée pour l’auteur qui travaille, en ce moment, simultanément sur deux projets. Peu de temps après La Mort de Kubrick, l’auteur nous présentera, en collaboration avec Jean-Francois Nadeau, une version trash du conte du Petit Chaperon rouge. La pièce Le Chaperon est-il si rouge que ça? sera présentée du 5 au 14 avril 2012 à 22 h 30 au studio Espace Libre. « Pour cette pièce, nous avons travaillé avec le psychiatre Jean-Pierre Bienvenu pour nous aider à décortiquer la psychologie des personnages. En fait, avec cette création, nous avons voulu explorer l’identité de chacun des personnages pour connaître leurs rôles véridiques dans l’histoire du Petit Chaperon rouge », m’explique David-Alexandre.

Le Chaperon est-il si rouge que ça? porte à réfléchir sur les notions du bien et du mal. À quel point le coupable est-il coupable? Est-ce que la victime ne peut que porter le masque de la victime? Voici des questions qu’aborde cette pièce intrigante de David-Alexandre Després et Jean-François Nadeau. Quoi qu’il en soit, avec les deux pièces à venir, l’auteur nous invite à se laisser emporter au gré de ses passions qui promettent de nous surprendre les unes tout aussi bien que les autres.


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