Madelyne Johnston

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Mile Ex End, bientôt près de chez vous!

Au cas où vous ne l’auriez pas encore remarqué, un nouveau festival de musique fait son entrée à Montréal les 2 et 3 septembre prochain, mesdames et messieurs, veuillez accueillir le Mile Ex End. Cette première édition promet de frapper fort, déjà par son emplacement, loin de la centralisation du quartier des spectacles, au coeur même de la ville. Localisation de choix, située à mi-chemin entre le chic Mile End, le Mile-Ex, la Petite-Italie et Rosemont-La-Petite-Patrie, le Mile Ex End se déroulera dans un lieu inusité qui offre un mélange urbain et sauvage bien Montréalais, j’ai nommé: le Viaduc Van Horne. C’est donc sous le pont que seront positionnées les deux scènes qui feront résonner ces quartiers montréalais la fin de semaine prochaine pour quarante-huit heures. Outre sa position intéressante, les têtes d’affiche le sont tout autant et offrent un beau mélange québécois et international. On compte parmi la vingtaine d’artistes : Patrick Watson, Andy Shauf, Kid Koala, Cat Power, City and Colour, Godspeed You! Black Emperor, Suzanne Vega, Charlotte Cardin et j’en passe! Un beau mélange d’artistes reconnus et de la relève musicale! D’ailleurs Suzanne Vega, qui célèbre le trentième anniversaire de son album Solitude Standing (Tom’s Diner et Luka) interprètera son intégral pour l’occasion!

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De nombreux camions de rue, bar et table à pique-nique sont prévus pour assurer une ambiance festive et aussi familiale au site. Il ne reste plus qu’à espérer du beau temps pour la fête du Travail si vous avez déjà vos billets, sinon dépêchez-vous de vous en procurer! Vous ne voudrez certainement pas manquer la première édition prometteuse du nouveau festival de la rentrée!

 

 

 

 

Musique
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Le retour de Lucrèce

Voilà maintenant neuf ans que la Comédie-Française avait mis les pieds à Montréal. La dernière fois, c’était pour présenter Le Malade imaginaire de Molière (mise en scène de Claude Stratz). Cet été la troupe est de retour pour présenter Lucrèce Borgia de Victor Hugo, drame historique mis en scène par Denis Podalydès. Acteur connu et reconnu par ses pairs, il entre à la Comédie-Française en 1997. Son travail de metteur en scène lui a notamment valu de remporter le Molière de la mise en scène pour Cyrano de Bergerac monté aussi à la Comédie-Française en 2006.

Cette pièce, qui figure depuis sa création dans le répertoire de la Comédie-Française, est un drame historique à l’intérieur duquel se confrontent le politique et l’individu. Lucrèce Borgia raconte l’histoire de Gennaro, jeune homme orphelin, fruit d’un amour incestueux entre Lucrèce Borgia et son frère, ignorant depuis toujours l’identité de ses parents. La pièce débute lors d’un carnaval à Venise où il rencontre une mystérieuse inconnue (Borgia) qu’il croit éprise de lui. S’en suit alors un énorme malentendu entre la reine Lucrèce et son mari, Don Alphonse d’Este, qui prend Gennaro pour l’amant de sa femme et désir sa mort.

Dans sa mise en scène originale, Denis Podalydès travestissait Guillaume Gallienne dans le rôle de la mère et Suliane Brahim dans celui du fils. Or, dans la version présentée dans le cadre du 375e anniversaire de Montréal au Théâtre du Nouveau Monde, c’est Elsa Lepoivre (Les Damnés) qui prête ses traits au mythique personnage de Lucrèce Borgia. Son interprétation très subtile alterne entre la victime et le bourreau. Personnage mythique fort et souvent diabolisé, la reine que nous présente Elsa Lepoivre est totalement humaine. D’abord mère, femme, puis reine, elle est complète et transmet davantage qu’une simple représentation d’un règne de la terreur et de la débauche. Elle nous montre la femme imparfaite, fragile, sensible et hantée par son passé. Cette représentation du personnage offre donc aux spectateurs à la fois, une dirigeante de son temps, mais accentue par le fait même son individualité.

L’interprétation de la troupe est solide, certains rôles, légèrement plus caricaturaux que d’autres, transmettent bien le côté grotesque présent dans l’écriture de Hugo. L’exagération est présente dans toute l’interprétation, mais volontaire étant donné l’excès dans l’oeuvre elle-même. Les effets y sont parfois surprenants, mais rien de choquant, peut-être en aurions-nous pris davantage.

À l’inverse, la scénographie de Eric Ruf est sombre, intelligente et souligne les différents lieux sans prendre toute la place. Il nous fait passer d’une gondole à Venise, à un château italien en l’espace d’un instant, le tout très sobrement. Il en va de même pour les magnifiques costumes signés Christian Lacroix qui habille habilement les personnages et nous transporte dans le temps.

La représentation d’une durée de deux heures (sans entracte) défile à toute allure. Le rythme des scènes transmet l’urgence et il vaut mieux suivre. Vous ne verrez pas passer ces heures je vous l’assure et bien que les grandes lignes de l’histoire nous soient plutôt évidentes aujourd’hui, vous ne manquerez pas d’y trouver quelques échos contemporains! La Comédie-Française est en ville, alors si vous voulez un classique intelligemment interprété dépêchez-vous, ils repartent bientôt!

Théatre
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«You do not have to sit there quiet»

Le Harlem Gospel Choir, l’une des plus, sinon la plus légendaire chorale gospel des États-Unis, donnait le 30 juin dernier, au Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts, un concert dans le cadre du Festival international de Jazz de Montréal. La chorale, qui existe depuis maintenant trente et un ans, a livré une représentation, tout en force et en simplicité, pendant quatre-vingt-dix minutes qu’on ne voit franchement pas passer!

Dès l’ouverture du spectacle nous sommes avertis, « you do not have to sit there quiet », notre présence n’est pas une invitation à la contemplation. De toute façon, impossible de rester impassible devant cette chorale de neuf talentueux et dynamiques chanteurs. Leur énergie est inépuisable, aussi forte et imposante que leurs voix, que vous soyez venu seul ou accompagné, vous n’hésiterez pas à chanter et voir même à danser avec votre voisin. Ce spectacle est une ode à la joie de vivre, au partage et il se dégage un puissant sentiment de communion avec toute la salle.

Leur répertoire s’étend du classique Happy Day jusqu’à Happy de Pharell William, en passant par Celebration de Kool and The Gang. Les chansons y sont majoritairement très rythmées à l’exception de leur version de Amazing Grace. La représentation comprend tout de même de nombreux intermèdes, ces petites pauses sont utilisées notamment pour parler de leur travail de collecte de fonds pour la fondation Operation smile, mais aussi afin de faire participer le public. Vous avez été averti, le Harlem Gospel Choir aime et raffole d’un public participatif et communicatif. Ainsi, l’ensemble interagit à différents moments avec le public et permet même à certains spectateurs de pousser un peu la note lors d’une sorte de karaoké improvisé. Plutôt risqué, mais à l’instar de refroidir la salle ou du moins les spectateurs sélectionnés, ce moment donne à entendre et à voir des gens généreux et plutôt talentueux!

Si vous n’avez pas vu le Harlem Gospel Choir, je vous recommande de ne pas les manquer lors de leur prochain passage à Montréal. Heureusement pour vous quelque chose me dit que nous les reverrons très vite.

Musique
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Le Festival du Film sur l’art, à la rencontre de figures incontournables.

Le Festival du Film sur l’art entamait le 23 mars dernier sa 35e édition! Le festival a présenté une très belle sélection de projections classées en diverses catégories : Grand panorama, compétition, expérimental et nouvelles écritures. Mon choix s’est arrêté sur la projection double : Buster Keaton, un génie brisé par Hollywood et Pedro Almodóvar, tout sur ses femmes à la salle Jean-Claude Lauzon de l’UQÀM. Le contraste offert par le mélange de ces deux artistes de générations totalement différentes m’intéressait.

La vie brisée de Buster Keaton

D’abord, le film documentaire de Jean-Baptiste Péretié, retrace plusieurs moments phares de la vie de Keaton en utilisant intelligemment (et presque uniquement) les images d’archives de ses nombreux films. La narration de Péretié se mêle ainsi à une fiction cinématographique, qui donne l’impression que Keaton nous raconte lui-même son histoire à travers ses œuvres.

Le film présente donc les grandes périodes de créations de la figure comique la plus mythique du cinéma muet, qui a soudainement disparu, selon certains, avec l’arrivée du cinéma parlant. Pourtant, la réalité est tout autre; connu principalement pour son sens comique et ses impressionnantes cascades (qu’il réalise toujours lui-même) le documentaire de Péretié permet de découvrir aussi, le talent créatif de Keaton. Fasciné par le cinéma et perfectionniste, Keaton réalise et produit entièrement tous ses films pendant une grande partie de son succès hollywoodien. Avec sa propre maison de production, il jouit d’une liberté créatrice et financière hors du commun. Malheureusement, c’est au sommet de la gloire que le « génie brisé par Hollywood » perd sa liberté de création lorsqu’il réalise « la pire erreur de sa vie » en signant un contrat avec les studios de la Métro Goldwyn-Mayer (MGM). Malheureusement, sa signature avec le studio marque lentement sa fin artistique; la structure, trop grande et trop forte a fini par le forcer à entrer dans un moule qui tua à petit feu, l’homme et l’artiste.

Ainsi, durant cinquante-trois minutes le documentaire de Jean-Baptiste Péretié retrace et présente le génie de cet artiste hors du commun, mais souligne sa douloureuse défaite face au géant de l’industrie. Outre ce destin malheureux peu connu du public, il est impossible d’être insensible devant les innombrables images de Keaton. Encore aujourd’hui les films de Buster Keaton, nous donnent les frissons, les rires qui devaient remplir les salles de cinéma autrefois.

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L’envers féminin de Pedro Almodóvar

Ce film de Sergio Mondelo présente la place importante qu’occupent les femmes dans le cinéma de Pedro Almodóvar. Mondelo y montre l’évolution de la figure féminine tant dans les oeuvres que dans la vie du réalisateur, retraçant ainsi les courts métrages de sa jeunesse jusqu’à son approche plus « réservée » de la psychologie féminine qui révèlera finalement ce qu’il appelle son « cinéma de femme ».

Almodóvar est décrit par ses actrices comme un homme passionné doté d’une grande sensibilité. Fait intéressant, le réalisateur a grandi entouré de femmes. Le jeune garçon grandit dans un petit village Catalan où les hommes sont souvent absents et où, selon Almodóvar, les femmes contrôlent tout. Francisca, sa mère, est définitivement son influence féminine la plus forte. Femme de caractère, éduquée et généreuse, « la reine du village » partage son savoir avec les voisines. Très proche de sa mère, Pedro grandit en observant les interactions qu’elle entretient avec les autres femmes du village. Cette récurrence de la figure féminine dans son enfance n’est pas anodine, pour lui, les femmes ont un ressort dramatique plus intéressant que les hommes et c’est de cette sensibilité féminine qu’il est le plus proche. À cette figure de mère, de voisine ou de confidente, s’ajoute, selon Mondelo, une fascination pour les icônes hollywoodiennes telles que, Sara Montiel, Eva Garner et Elizabeth Taylor.  Encore enfant, il possède une photographie d’Eva Garner et souhaite lui ressembler plus tard.

Dans ses films, on retrouve un mélange de parure et de drame, Pedro Almodóvar met en scène des psychologies féminines, des femmes blessées, malheureuses, vulnérables. Famille constituée par des femmes au physique atypique, des « gueules », une particularité qui les distingue toujours. Les « chicas Almodóvar » s’approprient leurs propres féminités, sont transsexuelles, imparfaites, intenses, passionnées et sexuelles. Elles participent à détruire cette image de la femme calme et lisse, au profit d’une beauté imparfaite, mais réelle.

Dans son documentaire, Mondelo nous permet de mieux comprendre l’importance qu’occupent les femmes dans la vie du réalisateur en plus de nous présenter divers témoignages de ces nombreuses collaboratrices avec qui il entretient des liens très forts et quelques anecdotes cocasses.  Que vous soyez déjà un fervent admirateur ou non, le film de Sergio Mondelo permet de plonger et de redécouvrir le cinéma tout en féminitude de Pedro Almodóvar.

Cinéma