La St-Valentin avec Yann Perreau « À genoux dans le désir » ?
Voici longtemps que j’entends parler de Yann Perreau, que je m’intéresse à sa musique et que j’aime l’artiste. J’étais curieux de le découvrir davantage. Je lui ai donc proposé une rencontre en face à face pour discuter du spectacle qu’il présentera jeudi le 14 février à la Tulipe. C’est attablés dans un café que nous évoquerons également son récent album paru en octobre dernier, « À genoux dans le désir ».
Jason : Est-ce que c’était voulu de présenter ce spectacle pour la St-Valentin ?
Yann : C’est arrivé comme ça. J’avais vu Malajube qui faisait toujours leur lancement à la St-Valentin et je trouvais ça cool. Ce n’est pas une fête à mon avis très importante pour les gens de ma génération. Le soir d’un show, tu veux inviter ta blonde ou tu veux inviter ton chum à un show cool avec de l’ambiance, j’trouve ça cool. J’suis reconnu pour faire des chansons qui traitent des relations et l’album « À genoux dans le désir » en parle beaucoup. Je trouvais que c’était une bonne date … !
Jason : As-tu des atomes crochus avec la salle de spectacle La Tulipe ?
Yann : Oui, j’aime cette salle. J’ai d’ailleurs fait le lancement de mon album « Le serpent sous les fleurs » dans cette salle. Elle est bien disposée pour le genre de show que j’offre. Je suis un grand fan de l’époque des cabarets et de son style vieillot qui offre une belle ambiance. C’est un vieux théâtre, anciennement le Théâtre des Variétés. Il y a de l’histoire! Je la trouve aussi assez centrale (Papineau/Mont-Royal).
Jason : Ton nouvel album tourne autour du poète Claude Péloquin. Pourquoi ?
Yann : Claude m’avait approché à l’automne 2009 en me donnant une pile de texte et il m’a dit : « on fait un show ensemble ». Au fil du temps je me suis mis à composer des tounes … je me suis dit que, tant qu’à monter des tounes, j’allais faire un disque. Pis tant qu’à faire un disque, ben on va faire des shows. Claude m’a laissé beaucoup de liberté. J’ai pu jouer dans les textes et les travailler pour en faire des chansons qui me ressemblent tout en respectant son œuvre. Finalement, ça a donné un album éclectique et j’ai invité plein de filles à chanter avec moi et plein de musiciens. Un genre de gros party.
Jason : Pour toi, le fait que l’album en entier soit composé de duos avec des filles, est-ce que c’est arrivé naturellement ou tu l’avais prévu ?
Yann : C’est arrivé au fil du temps. Après avoir présenté une maquette de cinq tounes sur laquelle je faisais moi même mes « back vocals » à Bonsound, ils m’ont dit : « Pour Merci la vie (une chanson plutôt électro/trans), as-tu pensé à faire chanter Ariane Moffat là dessus ? Me semble que ça lui ressemble. » Après, j’ai demandé à Catherine Major pour Vertigo et c’est là que l’idée a déboulé. Ensuite, j’ai demandé à Salomé Leclerc, Marie-Pier Arthur, Lisa Leblanc.
Nouveau vidéoclip « Les temps sont au galop » (avec Marie-Pierre Arthur)
Jason : Et ton prochain disque, tu y penses déjà ?
Yann : Pour ce projet-là, j’suis allé large pas mal. Je voulais voir ce que ça ferait d’aller vers le funk et ça a donné la chanson La goutte. J’suis parti des textes d’un poète et ça me permettait d’essayer des affaires. J’avais une certaine distance et en plus c’est à l’image du côté éclaté du poète. Après avoir fait le disque, j’ai beaucoup lu sur Péloquin pour savoir qui il est. J’suis content de ne pas avoir fait ça avant de faire le disque parce que je pense que ça m’aurait trop influencé. J’ai l’impression que ce sera un pont vers mon prochain album.
Jason : Parle moi un peu d’Alex Nevsky
Yann : Lui et moi on est devenu amis bien avant qu’il me demande de devenir le réalisateur de son premier album. C’est d’ailleurs le premier album que je réalisais. Je lui ai donné un coup de main pour écrire des tounes, pour monter un premier disque et lui m’a fait faire mes classes en tant que réalisateur. Depuis, j’ai fait ça au studio Chenapan et maintenant j’en suis devenu co-propriétaire.
Jason : Donc je comprends que la réalisation d’album c’est quelque chose que tu as aimé faire. Tu vas récidiver ?
Yann : Ah oui j’tripe !
Jason : À quoi va ressembler ton show du 14 février ?
Yann : Ce sera un show en trio mis en scène par Michel Faubert. Je serai accompagné de Sarah Bourdon (guitare, basse, clavier, voix) et Jean-Alexandre Beaudoin (guitare, banjo). Moi je joue du drum, du piano, de l’accordéon. C’est vraiment un show dynamique, ça bouge. Il y a des bouts très rock, d’autres tout en douceur. Dans la mise en scène, il y a du théâtre d’ombres et de la projection. C’est ludique et sans prétention. Pour une soirée de St-Valentin, je trouve que ça « fit ».
J’étais au lancement en octobre passé au Club Soda et j’ai eu un coup de cœur pour cet artiste intègre. Je suis déterminé à suivre son chemin sans compromis. Je suis définitivement curieux de voir comment les chansons ont évolué depuis. Je vous invite donc à vous faire un cadeau de St-Valentin sous le signe de l’amour, de l’art et des mots. Offrez-vous une soirée avec Yann Perreau et sa musique.












