Jason Dupuis

m Tout à son honneur, elle peut doucement nous effleurer, nous faire valser ou nous émouvoir profondément. n

Quelques frissons suffisent, parfois la chair de poule nous prend et on s’abandonne à notre imagination… On peut même réaliser que la musique sauve des vies! Je devais avoir 16 ans quand mon oncle m’a offert ma première guitare. Elle était belle et son odeur me plaisait. Je l’ai prise dans mes bras et, d’un seul coup de doigt, sa vibration et ses sonorités soutenues m’ont transporté. Ce soir-là, la musique m’a sauvé la vie et ne m’a jamais quitté depuis. Elle est à la fois ma passion, ma tristesse, ma faiblesse et ma folie. Ma quête ici visera donc à faire sans cesse revivre cette étincelle qui, un jour, est venue illuminer mes yeux. Je cherche partout où je le peux, qu’importe sur quelle scène, quel genre et quel style. Je les aime tous!
Crédit photo : Sandra Raymond

La St-Valentin avec Yann Perreau « À genoux dans le désir » ?

Voici longtemps que j’entends parler de Yann Perreau, que je m’intéresse à sa musique et que j’aime l’artiste. J’étais curieux de le découvrir davantage. Je lui ai donc proposé une rencontre en face à face pour discuter du spectacle qu’il présentera jeudi le 14 février à la Tulipe. C’est attablés dans un café que nous évoquerons également son récent album paru en octobre dernier, « À genoux dans le désir ».

Jason : Est-ce que c’était voulu de présenter ce spectacle pour la St-Valentin ?

Yann : C’est arrivé comme ça. J’avais vu Malajube qui faisait toujours leur lancement à la St-Valentin et je trouvais ça cool. Ce n’est pas une fête à mon avis très importante pour les gens de ma génération. Le soir d’un show, tu veux inviter ta blonde ou tu veux inviter ton chum à un show cool avec de l’ambiance, j’trouve ça cool. J’suis reconnu pour faire des chansons qui traitent des relations et l’album « À genoux dans le désir » en parle beaucoup. Je trouvais que c’était une bonne date … !

Jason : As-tu des atomes crochus avec la salle de spectacle La Tulipe ?

Yann : Oui, j’aime cette salle. J’ai d’ailleurs fait le lancement de mon album « Le serpent sous les fleurs » dans cette salle. Elle est bien disposée pour le genre de show que j’offre. Je suis un grand fan de l’époque des cabarets et de son style vieillot qui offre une belle ambiance. C’est un vieux théâtre, anciennement le Théâtre des Variétés. Il y a de l’histoire! Je la trouve aussi assez centrale (Papineau/Mont-Royal).

Jason : Ton nouvel album tourne autour du poète Claude Péloquin. Pourquoi ?

Yann : Claude m’avait approché à l’automne 2009 en me donnant une pile de texte et il m’a dit : « on fait un show ensemble ». Au fil du temps je me suis mis à composer des tounes … je me suis dit que, tant qu’à monter des tounes, j’allais faire un disque. Pis tant qu’à faire un disque, ben on va faire des shows. Claude m’a laissé beaucoup de liberté. J’ai pu jouer dans les textes et les travailler pour en faire des chansons qui me ressemblent tout en respectant son œuvre. Finalement, ça a donné un album éclectique et j’ai invité plein de filles à chanter avec moi et plein de musiciens. Un genre de gros party.

Jason : Pour toi, le fait que l’album en entier soit composé de duos avec des filles, est-ce que c’est arrivé naturellement ou tu l’avais prévu ?

Yann : C’est arrivé au fil du temps. Après avoir présenté une maquette de cinq tounes sur laquelle je faisais moi même mes « back vocals » à Bonsound, ils m’ont dit : « Pour Merci la vie (une chanson plutôt électro/trans), as-tu pensé à faire chanter Ariane Moffat là dessus ? Me semble que ça lui ressemble. » Après, j’ai demandé à Catherine Major pour Vertigo et c’est là que l’idée a déboulé. Ensuite, j’ai demandé à Salomé Leclerc, Marie-Pier Arthur, Lisa Leblanc.

Nouveau vidéoclip « Les temps sont au galop » (avec Marie-Pierre Arthur)

Jason : Et ton prochain disque, tu y penses déjà ?

Yann : Pour ce projet-là, j’suis allé large pas mal. Je voulais voir ce que ça ferait d’aller vers le funk et ça a donné la chanson La goutte. J’suis parti des textes d’un poète et ça me permettait d’essayer des affaires. J’avais une certaine distance et en plus c’est à l’image du côté éclaté du poète. Après avoir fait le disque, j’ai beaucoup lu sur Péloquin pour savoir qui il est. J’suis content de ne pas avoir fait ça avant de faire le disque parce que je pense que ça m’aurait trop influencé. J’ai l’impression que ce sera un pont vers mon prochain album.

Jason : Parle moi un peu d’Alex Nevsky

Yann : Lui et moi on est devenu amis bien avant qu’il me demande de devenir le réalisateur de son premier album. C’est d’ailleurs le premier album que je réalisais. Je lui ai donné un coup de main pour écrire des tounes, pour monter un premier disque et lui m’a fait faire mes classes en tant que réalisateur. Depuis, j’ai fait ça au studio Chenapan  et maintenant j’en suis devenu co-propriétaire.

Jason : Donc je comprends que la réalisation d’album c’est quelque chose que tu as aimé faire. Tu vas récidiver ?

Yann : Ah oui j’tripe !

Jason : À quoi va ressembler ton show du 14 février ?

Yann : Ce sera un show en trio mis en scène par Michel Faubert. Je serai accompagné de Sarah Bourdon (guitare, basse, clavier, voix) et Jean-Alexandre Beaudoin (guitare, banjo). Moi je joue du drum, du piano, de l’accordéon. C’est vraiment un show dynamique, ça bouge. Il y a des bouts très rock, d’autres tout en douceur. Dans la mise en scène, il y a du théâtre d’ombres et de la projection. C’est ludique et sans prétention. Pour une soirée de St-Valentin, je trouve que ça « fit ».

J’étais au lancement en octobre passé au Club Soda et j’ai eu un coup de cœur pour cet artiste intègre. Je suis déterminé à suivre son chemin sans compromis. Je suis définitivement curieux de voir comment les chansons ont évolué depuis. Je vous invite donc à vous faire un cadeau de St-Valentin sous le signe de l’amour, de l’art et des mots. Offrez-vous une soirée  avec Yann Perreau et sa musique.

Crédit photo : Sandra Raymond

Musique
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Deux sacs de plastique dans les pieds, un gros manteau, des mitaines et une tuque

C’est samedi dernier, le 19 janvier, que se sont révélés à moi les attraits d’une soirée à l’Igloofest. La région d’Ottawa-Gatineau peut bien se vanter d’avoir son Bal de neige avec la plus grande patinoire du monde et ses queues de castor, Québec son traditionnel Carnaval duquel la ville peut être plus que fière, mais Montréal n’est certainement pas en reste avec l’Igloofest. Depuis 7 ans, ce festival urbain transforme les quais du Vieux-Port en gigantesque piste de danse malgré le froid qui doit se déclarer vaincu par autant d’enthousiasme ! 

Rendez-vous à 19 h (apéro et préparation) :

En ce samedi plutôt enneigé, je me rendais chez mon amie Anne (chroniqueuse, Électrons libres) pour y prendre l’apéro et se préparer à vivre une soirée hors du commun. Pour nous mettre dans l’ambiance : vin, fromage et musique. Elle choisit de mettre un disque qu’elle vient de recevoir  « Music of imaginary » du duo canadien-suisse Berry Weight. Parfaite pour commencer la soirée, cette musique aux rythmes électro légers et très langoureux. La soirée avançant, elle choisit  de me faire entendre un autre duo français-québécois, Numéro #, dont les rythmes sont nettement plus accélérés. En l’écoutant, on se demande ce qu’ils peuvent bien devenir et évoquons le souhait d’entendre du nouveau matériel de ces deux comparses. On culmine avec Portishead, tout en nous préparant à affronter le froid : sacs de plastique aux pieds, mitaines, tuque et hop !!

Igloofest. Photo : Elise Apap

Arrivée à Igloofest :

Ça fait 9 ans que j’habite Montréal, j’ai souvent visité le Vieux-Port, mais jamais encore je n’avais vu un tel décor et senti cette énergie. Attiré dès la sortie du taxi, je souhaitais aboutir le plus vite possible sur le site! Des panneaux lumineux ornent l’entrée du site pour indiquer clairement la direction à prendre et des agents d’accueil munis de porte-voix nous souhaitaient la bienvenue et nous fournissaient toutes l’information pertinente à propos du festival. Super!

De plus, la météo était favorable : petite neige et température clémente pour vivre une soirée extérieure comme celle-là!

Igloofest. Photo : Vivien Gaumand

Un tour de piste :

L’impressionnante scène principale, « Scène Saporo », où sont accueillis les DJs internationaux et locaux plutôt grand public, n’a rien à envier aux autres festivals de ce genre. Des VJs proposent leurs créations sur d’immenses murs qui encerclent la scène et proposent un décor moderne digne de la qualité de l’ensemble de la programmation. Partout où je me suis baladé sur le site, je suis resté dans l’ambiance. Il faut se le dire : à l’Igloofest, oui, il y a un igloo (en matière plastique format abri tempo) baptisé pour l’occasion « Igloo Virgin Mobile ». C’est d’ailleurs sur la scène de cet igloo que l’équipe de la programmation propose une sélection de DJs plutôt marginaux et spécialisés. Le style ne convient pas nécessairement à un vaste public, mais plutôt à des fanatiques amateurs de musique électronique en soif de découverte.

Igloofest. Photo : Miguel Legault

Pour connaître la programmation complète c’est ici.

Sinon sur le site du festival, vous pourrez également écouter des extraits des DJs et y retrouver de l’information à leur propos.

Il reste trois fins de semaine d’Igloofest et je vous suggère fortement d’y faire une virée!

Musique
peterpeter

Rencontre avec Peter Peter

Il y a exactement deux semaines, c’était un lendemain d’élection difficile. Je devais me rendre au Cabaret du Mile-End rencontrer Peter Peter qui lançait son deuxième album Une version améliorée de la tristesse. Signé depuis son premier album par la réputée maison de disque Audiogram, on m’avait donné rendez-vous avec lui dans la loge quelques minutes avant son spectacle/lancement. Voici donc notre entretien qui s’est déroulé à l’arrière-scène du mythique Cabaret du Mile-End.

Jason : Est-ce que tu as gagné tes élections ?

Peter Peter : OUI, ben non ! Les libéraux ont perdu quelques sièges, je savais que le PQ gagnerait, mais je me demandais à quel point il allait entrer fort et à quel point la CAQ gagnerait des sièges. Deux sièges pour Québec Solidaire, j’suis un peu déçu ! Ce sont des élections que j’ai trouvés difficiles parce que je trouve que nous sommes dans un remaniement incroyable.

Jason : La soirée électorale s’est bizarrement terminée avec la fusillade au Métropolis, tu en penses quoi ?

Peter Peter : C’est horrible, être violent ! C’est fou ! Comment quelqu’un de mal éclairé peut, par sentiment d’impuissance, penser renverser le pouvoir de cette façon. Ça m’a affecté, on ne réalise pas que la vie est fragile. C’est juste du temps qu’on passe ici et les gens nourrissent un tas d’idées jusqu’à en oublier, que ça n’a pas poids dans l’univers.

Jason : Je fais un parallèle avec ton album, j’aimerais que tu me parles de son titre Une version améliorée de la tristesse

Peter Peter : Ça parle de moments où je croyais toucher le bonheur. Chaque fois que je pensais être heureux, ça retombait. Je me rendais finalement compte que c’était juste une version dérivée ou améliorée de la tristesse. Lorsqu’un sentiment prend quelques secondes à s’en aller, c’est une illusion. Il y a plusieurs formes d’apaisement : la souffrance avec les amis, la camaraderie avec l’ivresse et faire la fête, faire de la musique, être amoureux.

Jason : À mon avis c’est une belle suite à ton premier album…

Peter Peter : Oui, oui ! Les deux parlent de « spleen » ! Mais celui-là tente de tenir quelque chose, de saisir l’instant : le buzz d’être entre amis, de déconnecter et de sentir ses souffrances s’apaiser. Saisir le moment présent, le bonheur.

Jason : Et le bonheur pour toi, c’est de lancer ton deuxième album ?

Peter Peter : Oh oui ! J’ai hâte de monter sur scène !

Jason : Pour terminer, je me souviens que la première fois que je t’ai vu c’était au Canal Vox, tu faisais « Ma première Place des Arts » suite à la sortie de ton premier album. Ce soir, on peut s’attendre à quoi ?

Peter Peter : 6 musiciens, c’est le plus « loud » que j’ai jamais fait. En même temps c’est plus près de moi, mais d’autres parties sont plus en douceur. J’pense que c’est juste meilleur.

Jason : Est-ce que ça se rapproche un peu du « band » métal que tu as déjà eu ?

Peter Peter : Non (rire)… mais oui (rire)… mais non ! Espérons un peu dans l’intensité !

Peter Peter est un artiste intègre, sensible avec une énergie contagieuse. Oscillant entre le rock et la pop, il nous offre un spectacle divertissant qui nous fait réfléchir sur le sens de la vie. Après M pour Montréal, On the Road à New York City, Coup de Cœur Francophone, et une visite au Festival Le Printemps de Bourges en France, il nous offre un tout nouveau spectacle. Surveillez son site Web, écoutez ses pièces, mais surtout découvrez-le en spectacle!

Peter Peter : Nouvelle chanson, nouvel album from Audiogram on Vimeo.

Musique
Danny

Admirons le tendre Démon vert!

Dany Placard dévoilera son nouvel album, Démon vert, lors d’un 5 à 7 qui aura lieu le 28 août prochain au Lion d’Or auquel vous êtes tous conviés! À 36 ans, 15 ans de carrière à son actif, il avait envie de proposer un opus empreint de tendresse et de poésie, des chansons qui viennent du cœur et affranchies des restrictions du marché. C’est aussi une suite logique à son dernier album de facture plus rock paru en 2010. Placard revient avec un son folk/rock qui lui est propre.

Originaire de Laferrière, à quelques pas de l’inspirant Fjord-du-Saguenay, Dany Placard a fait paraître son premier album en 1998 (autoproduction) et a créé par la suite le groupe Plywood ¾ avec Éric Villeneuve. Ils ont ensemble produit deux albums. Suite à cette expérience, il a repris sa carrière solo et a proposé Rang de l’église (2005) et Raccourci (2008). Il a entre-temps collaboré avec quelques artistes dont Carl-Éric Hudon (Hudon-Placard, 2007) et Francis Toots Macbeth (Placard-Mecbeth, 2009). Quelques artistes lui ont enfin confié la réalisation de leur album : Chantal Archambault, Domlebo, Francis Faubert et Louis-Philippe Gingras.

Démon Vert propose 13 chansons enregistrées au studio Planète en compagnie de son « band » et de Pierre Girard à la prise de son. Un album introspectif qui raconte la vie d’un homme de son âge et des préoccupations qui s’y rattachent. Coucher a’c la lune est particulièrement représentative : elle nous parle de confiance en soi et à autrui, de l’amour qu’il éprouve pour sa femme avec laquelle il partage sa vie depuis 10 ans. Les chansons Robin et Luky Luke sont, quant à elles, des messages d’amour d’un père à ses deux fils. Avec l’album Démon vert, Dany Placard a décidément voulu se confier.

À mon avis, c’est un de ces artistes vrais et intègres. Au risque de déplaire aux exigences de notre industrie musicale, il reste près de ses convictions artistiques, personnelles et nous offre le fond de son âme. Après plusieurs écoutes de son album, j’ai compris la profondeur du personnage et son message :  être heureux avec ce que l’on a sans se stresser avec la vie!

Je verrai pour la première fois en spectacle Dany Placard mardi prochain et ce ne sera probablement pas la dernière. On se donne rendez-vous avec le Démon Vert,  le 28 août?

Visitez son site Internet pour en apprendre plus!

 Lancement, le 28 août 2012

Musique

Top 3 – Divers/Cité

En 1993, la communauté LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres) du Québec connaissait une toute autre réalité. Beaucoup de travail de dénonciation, de prévention et de sensibilisation devait être fait. C’est avec l’intention d’améliorer cette situation que le duo Suzanne Girard et Puelo Dier crée le premier festival LGBT d’envergure au Québec, Divers/Cité. Les mentalités ayant heureusement évoluées depuis les 20 dernières années, le festival s’est rapidement ouvert à tous pour devenir une grande fête à laquelle toute la population est maintenant conviée.

Les organisateurs n’ont pas pour autant oublié qu’à la base, l’objectif était de renforcer l’esprit communautaire. Conscients de l’existence de nombreux combats, ils lancèrent en 2007 avec la collaboration du milieu les Célébrations LGBTA Montréal, organisme visant précisément à concentrer tous les aspects de la vie LGBT : organisation communautaire, défense des droits, prévention et revendication. Depuis, Divers/Cité se concentre de son côté sur la programmation artistique et culturelle qui fait vibrer la communauté, l’ensemble de la population et les nombreux touristes qui viennent découvrir cet événement d’envergure internationale!

Pour souligner son 20e anniversaire, le Festival Divers/Cité s’installe au Vieux-Port de Montréal du 2 au 5 août. Pour l’occasion, je vous propose mon top 3!

1.  Mascara, la nuit des drags

Il y a 15 ans, Luc Provost alias Mado Lamotte imagine et conçoit un cabaret excentrique. Un divertissement populaire à grand déploiement qui met en valeur le talent d’une centaine de drag queens : « Je peux maintenant l’affirmer, c’est le plus grand spectacle de drags au monde! Depuis 1980, c’était l’évènement Wigstock de New York, mais maintenant ça n’existe plus. Mascara, la nuit des drags!c’est 20 000 spectateurs, 40 pieds de scène, 50 drag queens avec environ 200 danseurs, maquilleurs, coiffeurs et chorégraphes qui se réunissent pour présenter des numéros flamboyants. », raconte Luc Provost, l’artiste derrière la célèbre Mado Lamotte.

4 août, 20 h

2.  Lesbomonde

L’évènement lesbien par excellence sera présenté cette année au Cabaret du Mile-End dans le  quartier du même nom.  On nous promet une soirée tout au féminin! À la demande générale pour la deuxième année consécutive, ce rendez-vous permettra aux Montréalaises d’apprécier le duo torontois au son tribal-house : Kish/Delish. Pour découvrir le tandem, le Festival Divers/Cité vous propose une pièce exclusive.

4 août, 21 h 30

3.  La Grande danse 

Le 10e anniversaire de La Grande danse se tiendra sur le Quai Jacques-Cartier. Selon les organisateurs, c’est la plus grande danse en plein air. La journée débutera à 14 h avec le Dj Montréalais Alain Jackinsy pour faire place aux pionniers Iberican Sound movement et Chus + Ceballos qui ont notamment travaillé avec Madonna, Paris Hilton et Deep Dish. Finalement, la soirée se clôturera sur les notes de la star Dj David Morales des États-Unis, producteur et remixeur actif dans le milieu depuis 1987.

5 août, dès 14 h

Pour consulter l’ensemble de la programmation du Festival Divers/Cité.

Bon festival!

Variétés

Au nom du père et du fils!

Suite à une brillante prestation au Club Soda pendant Montréal En Lumière en janvier dernier, le fils du légendaire Léonard Cohen, Adam, se présentait à nouveau devant le public montréalais au Métropolis dans le cadre du Festival International de Jazz de Montréal. Il en a profité pour présenter, entre autres, quelques chansons de son nouvel album Like a man.

Une foule considérable était présente pour accueillir l’artiste. Pas un siège libre à l’horizon. Un sentiment de communion se dégageait de la salle, nous allions vivre un moment unique. Voici ce que vous avez manqué!

20 h 30. Tel que prévu, la chanteuse Dawn Tyler Watson et Paul Deslauriers entrent en scène pour briser la glace et réchauffer les spectateurs qui attendent religieusement Adam Cohen.Ce n’est pas une mince tâche que d’ouvrir le spectacle de ce dernier. La musique de ce duo, voguant entre folk et blues, conquit la foule captive. Un guitariste virtuose me rappelle que la musique, c’est certes de la technique et de la mathématique, mais c’est d’abord et avant tout de l’émotion sur une gamme de nuances. Ça met bien la table… un silence rarement entendu règne dans la salle.

21 h 45. Le moment tant attendu arrive. Sous les lumières tamisées de la scène Adam Cohen apparaît sur fond de musique planante : « Bonsoir vous allez bien? » la foule répond en applaudissant. « Tant mieux nous aussi! C’est bizarre, il y a des soirées où ils ne servent pas d’alcool. J’aimerais remercier une certaine Dominique. Merci Dominique pour cette soirée mémorable ». C’est ainsi que décolle ce spectacle sur la tendre mélodie de la chanson Sweet Dominique tirée de son album Like a man.

L’ambiance est merveilleusement bonne. Les gens sont heureux d’être là, de partager ce moment. Les plus grandes caractéristiques de cette soirée sont l’écoute et le silence. Adam Cohen, à plusieurs moments, prend le temps de s’installer, de parler à ses musiciens, d’accorder sa guitare, de se placer les cheveux, bref d’être là et surtout d’être lui-même. Ces moments n’ont donc pas semblé des longueurs, mais plutôt des respirations et des bouffées de bonheur.

« Alors, je vais vous raconter une petite histoire. Does it bother anyone that I speak in French? » Rire du public et applaudissements d’approbation. « Tant mieux, vous savez, quand on regarde un match de foot et on voit une certaine folle qui descend nue et qui traverse le jeu. Je regardais la télévision et j’ai vu quelqu’un le faire et j’ai remarqué que la personne était exceptionnellement belle. Elle s’est fait arrêtée et je l’ai vu aux nouvelles. J’ai pris en note son nom et j’ai téléphoné mon agent tout de suite pour lui dire; Jack il faut que tu me trouves cette fille, je voudrais collaborer avec elle. J’aimerais vous la présenter, il se trouve qu’elle est Montréalaise. Elle n’est pas seulement belle et jeune, mais aussi talentueuse. Je vous présente Marilou ». Il l’invita à chanter en duo une chanson de son père. Marilou a démontré une forte présence, une assurance et une voix remarquable. Bien sûr, toute l’histoire racontée pour la présenter était une blague.

C’est sur ce ton que l’ensemble du spectacle s’est déroulé. Entremêlant chansons poignantes et touchantes à un humour parfois décapant et surprenant, il a été généreux tout au long de la soirée. Dire que son nouvel album a failli ne pas voir le jour. En effet, c’est après l’avoir donné à son père pour qu’il l’écoute que tout a changé.  Il est maintenant disponible pour le plus grand plaisir de nos oreilles!

Info : Adam Cohen

Musique

Lendemain de veille heureux

Avec à son actif près de 80 représentations de son spectacle, 3 vidéoclips, une tournée en Chine et en Thaïlande, un concert aux Francofolies de Spa, un stage aux Rencontres d’Astaffort et 2 nominations au Gala de l’Adisq,  Alex Nevsky foulait les planches du Cabaret du Mile-End pour le dernier concert de sa tournée De lune à l’aube, qui s’est étendue sur presque 2 ans. C’est aux charismatiques Sœurs Boulay qu’il avait confié d’ouvrir le spectacle.  

Photo Sandra Raymond

Repenser à cette soirée me rappelle le privilège que j’ai de pouvoir évoluer dans le domaine musical. Après ma journée au bureau, comme à tous les vendredis, je me rends à CIBL pour y animer la communauté Web de l’émission le 4 à 7 et y faire ma chronique nouvelles technologies. C’est toujours un bonheur pour moi de commencer la fin de semaine avec cette équipe qui me permet de faire des rencontres marquantes.

20 h arrivée au Cabaret du Mile End. Les lumières de la salle sont encore allumées et peu de gens sont présents. Je comprends assez vite que Sandra et moi sommes une heure à l’avance! Au fond, c’est tant mieux, je pourrai vivre la montée d’énergie de toute la soirée. Je regarde la scène et le décor me paraît étrange. D’immenses rectangles d’aluminium fripé couvrent le mur du fond. Petit doute… Mais, réalisant que Mat est à l’éclairage, je me rassure puisque son talent d’éclairagiste m’est bien connu.

Le public arrive enfin vers 20 h 30! Je suis alors accoudé au bar juste à côté d’Audrey Lajeunesse, la gérante d’Alex, et ça me permet donc de croiser beaucoup de monde. J’aime ça. Je vois arriver Dom Hamel et Sabrina du duo Orange Orange, Stéphanie Lavigne Charette des Francouvertes, Éli Bissonette de Dare to Care, l’équipe d’Audiogram et tiens: voici les Soeurs Boulay! Elles viennent à la rencontre de leur public juste avant de monter sur scène. Très sympa.

21 h 15, on éteint les lumières et les Soeurs Boulay se présentent. Pas évident de faire une première partie. Ce n’est pas leur public et les gens sont là pour voir Alex Nevsky. Il règne tout de même un respect et elles sont écoutées. Mais les Sœurs Boulay savent gagner un public, que ce soit par leur simple prestation, un regard ou une blague. Voici un exemple de l’humour des sœurs Boulay : « Steph et moi on a grandi en Gaspésie. Ce qui est drôle c’est que, quand on dit aux gens de Montréal qu’on vient de la Gaspésie, ils trouvent ça exotique ! Ils s’imaginent quand on était jeune on « chillait » avec des chevreuils sur le bord d’un feu avec Kevin Parent qui nous jouait des tites tounes. Ce n’est pas vrai! ».

Photo : Sandra Raymond

Entracte

L’ambiance change. L’éclairage de scène se transforme et installe le décor dans lequel Alex Nevsky va évoluer. L’excitation monte dans le public. Je constate qu’Alex sait attirer un public qui lui est fidèle, qui a soif de ses paroles et de sa musique. À mon avis, peu d’artistes y arrivent. L’alcool est bien présent dans cette soirée et la bonne humeur aussi. Ça fait du bien!

Photo Sandra Raymond

Alex Nevsky et tout son band sont maintenant sur scène et nous surprennent avec la puissance de leur première pièce. Les fans se lèvent et la soirée prend toute une autre dimension. La fête est définitivement commencée ! Ils connaissent toutes les paroles ! « On a entendu dire que vous étiez le balcon y compris plus de 700 ici donc on aurait besoin des 1 400 mains en ce moment qui applaudissent sur le rythme » Effectivement il n’y a pas de balcon au cabaret du Mile End et il n’y avait pas 700 personnes à ce spectacle. Mais c’était tout comme. Ça a été pour moi un des meilleurs spectacles que j’ai vus depuis longtemps!

Il faudra maintenant attendre le 7 juin dans le cadre des FrancoFolies de Montréal et la sortie de son prochain album pour le revoir sur scène! Comme j’ai hâte! Vous?

Musique

Où seront-elles dans 35 ans?

Mardi le 1er mai, j’ai assisté à la finale du concours les Francouvertes. Après avoir assisté aux étapes de pré-sélection et à la demi-finale, c’est sur la scène du Club Soda que se concluait l’édition 2012. Francis Faubert, les sœurs Boulay et le groupe Gazoline ont offert leur meilleure performance devant une salle pleine à craquer d’amateurs de musique et d’intervenants de l’industrie de la musique. Au total, 11 soirées (10 au Lion d’or) et 21 participants et des milliers de spectateurs ont participé à cette célébration de le musique.

Quelques jours avant de me rendre à cette finale, je tombai sur un documentaire diffusé par Télé Québec : «J ’m’en va r’viendre ». Réalisé par Sarah Fortin en 2012, on y retrouve Stephen Faulkner qui songe à raccrocher sa guitare et à tout laisser tomber, mais sa rencontre avec le jeune Carl Prévost l’incite à persévérer et à y croire encore. Des répétitions s’enchaînent et un projet de disque et de tournée fait même surface.

Ce documentaire a provoqué chez moi une réflexion par rapport au métier de promotion d’artistes que je pratique. Il faut être courageux, réussir à faire des compromis, être humble et travaillant, parfois jusqu’à l’essoufflement, pour être auteur-compositeur-interprète. Jour après jour, celui-ci rencontre son public et livre une partie de son âme et de son intimité. Plusieurs intervenants du milieu m’ont d’ailleurs souvent dit « être un artiste c’est souvent 10 % de talent et 90 % de travail ». Je lève donc mon chapeau à tous ces artistes qui nous donnent souvent sans compter.

C’est dans cet esprit que, une semaine après la finale, je me suis rendu à la rencontre des gagnantes de l’édition 2012, les sœurs Boulay, à la Casa Del Popolo rue St-Laurent. Entrevue.

Jason : Bonjour à vous, une semaine plus tard vous êtes probablement au bout de votre course aux entrevues post-Francouvertes?

Stéphanie : Non, pas encore, il nous en reste encore quelques unes…

Mélanie : J’aime ça faire des entrevues. C’est loin d’être comme aller travailler (rires), c’est toujours des bonnes discussions vec des gens. C’est agréable.

Jason : Vous venez d’où précisément, en Gaspésie?

Mélanie : de New Richmond dans la Baie des chaleurs.

Jason : Ça fait autour de 4 ans que vous êtes à Montréal?

Stéphanie : Oui à peu près. En fait ça fera 5 ans en juillet. Ça a passé tellement vite. On a habité 4 ans ensemble Mélanie et moi, et maintenant nous vivons chacune de notre côté.

Jason : Êtes-vous déménagées à Montréal pour faire de la musique?

Mélanie : De mon côté, c’était pour étudier en musique au Cégep Marie-Victorin.

Stéphanie : J’ai habité 3 ans à Drummondville pour étudier la musique aussi, au Cégep.

Mélanie : Quand je suis finalement arrivée à Montréal ça a été un gros dépaysement. Après trois mois, j’avais envie de revenir chez moi.

Jason : Votre père était-il présent à la finale des Francouvertes?

Mélanie : Oui, et il était vraiment cute! Il était en larmes et tellement content de nous voir là!

Stéphanie : C’est un exploit parce qu’il n’aime pas venir à Montréal.

Mélanie : Il est quand même très engagé dans notre carrière. J’ai fait le festival de chanson de Granby à l’automne et il est venu me voir de la Gaspésie.

Stéphanie : En Gaspésie c’est lui qui vend notre EP - extended play  (rires). Il se promène dans les dépanneurs, les pharmacies, etc. On est chanceuses qu’il s’en occupe.

Soeurs Boulay | Photo : Michel Pinault

Jason : Avez-vous déjà reçu des propositions de maisons de disque?

Stéphanie : Pour l’instant on est tellement dans notre bulle!

Mélanie : Oui, on a déjà eu plusieurs offres, mais nous ne sommes pas pressées, parce que notre été est quand même chargé et qu’on veut prendre notre temps pour bien faire les choses. On souhaite profiter de la période estivale pour écrire des chansons. Tout ça pour vraiment avoir le bon choix du contenu de notre premier album et nous concentrer sur les spectacles qui s’en viennent.

Stéphanie : Ce qui est surprenant pour nous, c’est qu’on pensait qu’il aurait fallu approcher les maisons de disques et que ce serait difficile. Mais là, c’est le contraire qui se passe. On est vraiment heureuse de ça.

Jason : Quelles sont vos influences musicales?

Stéphanie : Pour moi, tout a commencé avec les Beatles, ça c’est certain. Chez nous quand nous étions plus jeune, il y a trois artistes qui jouaient : Elvis, les Beatles et Joe Dassin.

Mélanie : Il y avait les BB aussi qui jouaient (rires)!

Stéphanie : Au secondaire, j’ai découvert Joni Mitchell. J’en parle et j’ai des frissons. C’est LA chanteuse Folk canadienne en plus et ça m’a suivi tout le Cégep aussi.

Mélanie : C’est qu’en plus d’être une chanteuse folk, elle a le respect de ses paires et elle a touché à tout. Elle a fait du jazz, elle a joué avec les plus grands musiciens, elle a eu aussi une phase plus rock. De mon côté, il y a l’album Boum Bom de Richard Desjardins… aussi Neil Young. Beaucoup de Québécois : Philippe B., entre autres. Plus jeune, j’ai eu une phase plus rock avec les Nirvana, RadioHead, etc.

Jason : C’est tout ce mélange de genres qui vous a amené à faire du country-folk?

Mélanie : Le country a toujours été là depuis notre enfance. Dans le pick-up de mon père, c’était toujours la station de radio country qui jouait.

Stéphanie : Parce que nous, plus jeunes, on allait à la chasse et à la pêche. Moi, j’étais la plus petite, donc j’étais toujours celle qui était assise au milieu. Quand il fallait changer de vitesse c’est moi qui l’faisait et je me souviens qu’il y avait ce poste de country qui jouait.

Mélanie : Moi je faisais des prières pour qu’on trouve des perdrix et des ours (rires).

Stéphanie : On chantait sur le « CB » au monsieur qui était dans leur pick up. Des fois ils nous répondaient « c’est beau », des fois « J’avais hâte que ça finisse » (rires).

Jason : Merci beaucoup pour votre générosité. Ma dernière question : comment vous projetez-vous dans 35 ans?

Mélanie : Je ne pense pas à ça! Je pense que ça me ralentirait plus qu’autre chose. Je vis ça au jour le jour. Même dans ma vie je suis comme ça, épicurienne, moment présent.

Stéphanie : Je pense qu’à la base et bien avant ce projet-là, on est musicienne. Le but est un jour d’arriver à gagner notre vie avec la musique peu importe comment.

Ce fût une rencontre humaine, sans prétention et joyeuse. Elles seront entre autres en première partie d’Alex Nevsky, le 11 mai au Cabaret du Mile-End. Pour connaître un peu plus les Sœurs Boulay et les dates de leur tournée cliquez ici pour visiter leur site.

 

Musique

Danse en ligne avec Canailles

Le jeudi 18 avril 2012 avait lieu le spectacle/lancement du disque Manger du bois du groupe Canailles. Signé par la désormais très réputée maison de disque Grosse Boîte et réalisé par l’unique Socalled, le groupe nous avait donné rendez-vous à 20 h à la Sala Rossa boulevard St-Laurent. Avant de m’y rendre, je décidai de faire un saut au Quai des brumes, là où tout à probablement commencé…

Photo par Sandra Raymond

Il est 18 h, j’arrive donc au Quai des brumes. Je m’imagine toujours ce bar à l’époque où nous pouvions fumer à l’intérieur et je comprends d’où vient son nom. Comme toujours à cette heure, les habitués, dont je fais partie, sont accoudés au bar et discutent. Parmi eux, Richard Desjardins qui est en pleine conversation avec Anne-Claude Crépin la responsable de la programmation des spectacles. Dans ce bar mythique, qui représente un passage obligé pour énormément d’artistes, règne une ambiance de franche camaraderie, où se côtoient poètes, peintres et philosophes. Je commande ma traditionnelle pinte de Tremblay et décide d’aller m’entretenir avec Anne-Claude.

JD : Salut Anne-Claude! Seras-tu au spectacle de Canailles tantôt?

ACC : Oui, je ne manquerai pas ça! Tu sais qu’ils font partie de la famille du Quai!

JD : Te souviens-tu quand tu as programmé Canailles pour la premières fois?

ACC : Il y a deux ans à peu près, mais au début le nom était Drunken Sailors. Ils faisaient des reprises de chansons anglophones. Ça marchait fort, ils remplissaient le bar très facilement.

JD : Avec le temps, tu dois avoir programmé plusieurs groupes comme eux qui finissent par émerger et être signés par une maison de disque?

ACC : Oui, j’en ai vus plein. Un exemple qui me vient en tête c’est Lisa Leblanc. J’ai capoté quand j’ai vu qu’elle faisait l’après-party de son lancement de disque ici. Nous l’avons reçue en spectacle au moins 4 ou 5 fois. Naturellement, il y a eu Bernard Adamus, Lake of Stew, les Colocs, ça c’est très connu. Il y en a beaucoup.

Le temps file, on doit arrêter de discuter, j’ai rendez-vous avec Sandra Raymond, ma nouvelle collaboratrice photographe. On se voit en personne pour la première fois, mais on se connaît déjà depuis quelques années via les médias sociaux. J’apprécie son travail de photographe.

Nous franchissons la file d’attente pour nous rendre directement dans la salle. Tout a bien été pensé. On entre véritablement dans l’univers du groupe. Un présentoir nous propose un tas de produits dérivés. Je me dirige vers la minuscule loge située côté cour, où se préparent Daphné Brissette (voix) et Érik Evans (mandoline, voix).

JD : Merci de me recevoir quelques minutes avant de monter sur scène. Dites-moi comment a commencé votre groupe?

EE : On peut dire que notre première communion a certainement eu lieu au Quai des brumes. Cela dit, on a d’abord commencé au Parc Lafontaine alors que j’étais avec Daphné. Annie, Alice et Dan sont passés avec leurs instruments et on s’est spontanément mis à jouer.

DB : C’était comme un gros trip d’amis, de brosse. On a eu quelques tickets. C’était vraiment pour le fun, sans aucun but. Les gens dans le parc embarquaient avec nous. On trouvait que ça faisait plaisir au monde et que ça mettait de l’ambiance.

JD : La question piège : à quelques minutes de votre lancement de disque, avez-vous encore du fun?

EE : Ben j’espère sinon je ne sais pas pourquoi on l’fait!

JD : Est-ce que ça vous stresse?

DB : Oui un peu. Il y a beaucoup d’amis, c’est comme officiel!

EE : Ce soir, c’est cool parce qu’il va y avoir beaucoup de monde qui ne nous ont pas vus depuis longtemps en ville, en plus de tous ceux qui ont collaboré à l’album. Ce sera la fête ce soir.

JD : Il y aura aussi sûrement beaucoup de monde que vous ne connaissez pas encore! Je vous laisse vous préparer… bon spectacle!

Photo par Sandra Raymond

Retour dans la salle qui s’est entre-temps remplie à pleine capacité. On sent la frénésie, l’excitation des fans. Nous avons tous hâte de les voir et de les entendre. Ils arrivent sur scène les uns après les autres (ils sont quand même huit) et gagnent chacun leur place sur la petite scène de la Sala Rossa. Daphné Brissette (voix), Dan Tremblay (banjo, guitare, voix), Alice Tougas St-Jak (accordéon, voix), Benjamin Proulx-Mathers (banjo, guitare), Annie Carpentier (planche à laver, voix), Tony le Tigre (contrebasse), Érik Evans (mandoline, voix), J.P. Tremblay (percussions), Bernard Adamus (harmonica).

Sur la photo principale le moment fort à mon avis de la soirée. Quelques membres de Canailles sont descendus de scène pour diriger la plus grande danse en ligne que j’ai vue de toute ma vie. On voyait tout le public en grappes bouger de gauche à droite, d’en arrière à en avant. Je m’en souviendrai… toute ma vie.

Vidéo de prestation live à CIBL


Musique

Stefie Shock et Gaële : histoire d’un soir!

Je vous annonçais dans un récent billet la tenue prochaine d’une série de spectacles intitulée Les Monumentales. Le premier a eu lieu mardi dernier alors que Stefie Shock et Gaële se partageaient la scène. Petit rappel du concept : un artiste émergent invite un artiste établi à se joindre à lui pour la présentation d’un spectacle complet. 

Étrangement, je n’avais jamais vu Stefie Shock en spectacle. Il en était autrement pour Gaële dont j’avais vu un spectacle dans le cadre des soirées des Cabarets « Entre le rouge et le noir » au Petit Medley. J’avais alors eu un véritable coup de cœur. Elle a participé par la suite à l’un de mes projets dans le cadre de mes études à l’École du Show Business. La retrouver sur scène accompagnée d’un artiste connu 5 ans plus tard a donc éveillé chez moi de beaux souvenirs. La soirée promettait déjà.

On m’invite à m’assoir au milieu de la salle pour que je puisse apprécier toutes les nuances. Les lumières s’éteignent, ça commence. Les artistes arrivent sur scène, Stefie Shock prend sa guitare, place son micro et nous salue. Musique, le spectacle commence en force!

On peut déjà sentir par les regards et les sourires, la complicité que Stefie et Gaële ont développée durant le peu de temps de préparation du spectacle. Leurs genres, leurs textures musicales respectives fusionnent bien : l’un plus « rough » et rock et l’autre plus tendre et feutré. Éric Lucas, depuis ses machines au fond de la scène, enrichit l’univers sonore.

Gaële prend le micro : « Quand j’ai demandé à Stefie qu’est ce qu’on fera de ce spectacle-là ? Il m’a répondu : « Mais toi, tu joues au tennis, non? » alors finalement, pour mieux parler du spectacle et pour mieux s’imprégner de nos chansons, nous sommes allés jouer au tennis. Ça a créé tout un événement parce que je me suis fait battre à plat de couture. Mais c’est pas grave parce que je me suis dit que je j’allais le laisser gagner parce que j’aimerais beaucoup qu’il joue de la batterie dans mes chansons. Je me suis demandée ce qui pourrait bien faire plaisir à un homme si ce n’est que de gagner au tennis pour pouvoir jouer de la batterie. » Pendant que Gaële nous parle, Stefie va s’installer derrière la batterie… et 1-2-3-4, musique!

On la sentait bien, la complicité dont je vous parlais. Voir Stefie à la batterie amenait une autre perception de lui, en accompagnateur plutôt qu’à l’avant-scène. Il semblait vraiment s’amuser. Entre les chansons, les deux prenaient le temps de parler au public et échangeaient entre eux, comme si, finalement, il n’y avait pas de public mais une grande scène avec tout l’monde dessus. A quelques reprises, Gaële invitait le public à chanter avec elle et lançait même des œufs (percussions) aux spectateurs pour qu’ils puissent participer.

Tous deux porte-paroles d’une cause, la Fondation Dédé Fortin pour Gaële et l’organisme REVIVRE pour Stefie, ils ont en plus proposé un encan silencieux qui proposait deux toiles de Yves Labonté. Ce dernier, déjà bassiste, s’est donc activé à l’achèvement des toiles tout en alternant avec ses présences sur scène. L’exercice a rapporté 420 $.

Ce que je retiendrai de cette soirée? Ce fût un spectacle de partage et de plaisir entre deux artistes qui s’aiment et se respectent. À aucun moment je n’ai senti que l’un était plus connu que l’autre ou cherchait à briller aux dépens de l’autre. C’est l’essence de la réussite d’une série de spectacles tels que « Les Monumentales ». Pari réussi.

Pour le prochain spectacle : cliquez ici.

Musique