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Loin de la langue de Shakespeare et Molière

C’était au Rideau Vert que le spectacle Molière, Shakespeare et moi est présenté dans le cadre du festival de théâtre À nous la scène, organisé par le 375e de Montréal. Il y a quelques mois de cela, Gilbert Rozon ne donnait qu’une seule consigne à Denise Filiatrault : monter une pièce avec Shakespeare et Molière. C’est donc à Emmanuelle Reichenbach, l’auteur d’Edgar et ses fantômes, qu’est incombé la tâche de relever le défi de Gilbert Rozon. Cela donne une comédie parodique vaudevillesque, à tendance grivoise, on ne peut plus anachronisme.

Nous suivons l’histoire de Thomas Beaubien, un jeune écrivain torturé interprété par Simon Beaulé-Bulman et de ses deux pas toujours fidèles complices, une directrice de bordel dépeinte par Anne-Élisabeth Bossé et un coureur des bois joué par Mathieu Quesnel. Ils ont la requête de Monseigneur Montarville (Carl Béchard) de créer une pièce de théâtre choc sur le Gouverneur (un Roger La Rue trivial à souhait). La pièce est un succès et éveille l’esprit révolutionnaire des habitants de la Nouvelle-France. Thomas fuit, ses amis le trahissent, Monseigneur renverse le Gouverneur et vole la femme de ce dernier. Qu’est-ce que Thomas Beaubien peut bien faire face au clergé et au pouvoir? Et s’il pouvait avoir un petit coup de pouce des fameux William Shakespeare et Jean-Baptiste Molière?

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Caricatural à souhait, plongeant à pieds joints dans le kitsch et le surjoué, le public a droit à un vaudeville moderne à saveur de Nouvelle-France. La salle s’en donnait à cœur joie et semblait apprécier chaque seconde. Plusieurs fous rires s’échappaient des spectateurs devant les situations grotesques qui truffaient la pièce. Une pièce populisme, qui vient chercher les goûts dramaturgiques des masses.

Malgré le rire ambient, la pièce manque de fond. Les blagues manquent de subtilité et la finalité est prévisible et risible. Mentionnant maladroitement quelques enjeux de notre société, ils sont tellement effleurés qu’on en perd le sens. L’effort de vouloir politiser le tout tombe à plat, se noyant dans les galipettes et grivoiseries. Et que dire de la présence de Molière et de Shakespeare qui sont dépeints comme des vieux mononcles qui pètent et rotent? Les efforts des acteurs ne pouvaient rattraper cela. Mention spéciale à l’éclairage de Julie Basse.

La pièce se termine ce samedi 22 juillet. Il vous reste encore du temps pour aller vous faire votre propre opinion!

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Mes mots favoris sont calembour, grivois, charismatique, cucurbitacée et baliverne. Je veux tout connaître par cœur. Je peux d’ailleurs vous réciter Speak Wh...