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Bien plus qu’un tube digestif – Le retour de Wim Delvoye

De retour à Montréal après 9 ans d’absence, Wim Delvoye revient nous gâter avec une exposition rétrospective à DHC/ART Fondation pour l’art contemporain. Délaissant cette fois-ci son célèbre Cloaca no. 5, c’est en exposant plus d’une cinquantaine d’œuvres qu’il nous démontre encore une fois son génie.

Ayant fait l’objet de fresques médiatiques depuis une bonne décennie, notamment pour sa machine “digestive” et pour le tatouage de peaux de cochons chinois, c’est en « faisant bien les choses » que Wim choisi de se réinventer et faire un pied de nez à ce que plusieurs s’emploient à défendre comme véritable « objet d’art »

Cette rétrospective nous permet de replonger dans quelques-unes des œuvres phares de l’artiste et de replacer en contexte les questions derrière sa démarche. On nous fait se questionner sur la nature de l’objet d’art, de quoi est-il constituer, quelle est sa valeur, tant bien marchande que culturelle que spirituelle.

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L’exposition s’étend sur plusieurs étages, le tout commençant au rez-de-chaussée avec l’imposante automobile d’aluminium embossé et un trio de sculptures tout aussi impressionnantes et minutieusement travaillées qui ne vont pas sans rappeler les cathédrales gothiques.

On aura la chance de revoir cette technique à l’embossage un peu plus haut dans les étages avec la série des valises sur roulettes. Situées sur le même plancher que les sculptures de pneus torsadés, ce fût pour moi un véritable coup de cœur de voir ses objets anodins du quotidien à qui on insuffle, par de multiples interventions manuelles, un air de prestige et de luxe.

Sculpture de pneus torsadés

La torsion, Wim Delvoye s’y adonnera également dans la série des crucifix. N’étant pas pratiquant ni même croyant, il choisira plutôt de travailler cet objet pour son caractère sacré et son universalité.  En le faisant tourner sur lui-même, on y décerne une pointe de sarcasme et on confronte le spectateur à remettre en question ses acquis.

Difficile de ne pas mentionner aussi dans cette rétrospective, l’exposition des peaux de cochons tatouées et des dessins préparatoires qui l’accompagnent.  On le sait, l’artiste a fait couler beaucoup d’encre à ce sujet, mais tatoueur de cochons depuis les années 1980, c’est un choisissant la peau de celui-ci qu’il réussit un coup de maître, à savoir rendre prestigieux et convoité un animal que l’on considère comme grossier. En s’assurant de leur offrir un habitat confortable et un traitement soigné, fait que le spectateur pourra constater dans un vidéo explicative au sous-sol de DHC/ART, Wim repousse les limites du marché de l’art et arrive encore une fois à redéfinir les règles du jeu.

 

Wim Delvoye en exposition à DHC/ART jusqu’au 19 mars 2017.

 

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