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En tête-à-tête avec La Tresse

Il suffit d’entrelacer trois mèches pour faire une tresse.

En tête-à-tête avec Geneviève Boulet, Erin O’Loughlin et Laura Toma, j’ai eu la chance de découvrir le nœud que forme La Tresse, un collectif de danse contemporaine basé à Montréal, qui présentera au Festival Quartiers Danses sa toute dernière création Beauté Brute : Volume II.

Donnant le ton à la rencontre, c’est sur l’air de la chanson I’m every women de Whitney Houston que les trois danseuses m’ont d’abord présenté l’un des tableaux de leur chorégraphie. Quelques minutes ont suffi à me faire vivre la qualité expressive de leur travail, car c’est à travers des mouvements vifs que La Tresse explore le corps jusqu’au plus infimes détails. Mains, doigts, pieds, visages, tout y passe, révélant une approche plus esthétique que ce qui se fait actuellement à Montréal.

Geneviève Boulet. crédit photo : Valérie Boulet

Geneviève Boulet. crédit photo : Valérie Boulet

Ce n’est pas étonnant, car c’est à Tel-Aviv en 2012 que le groupe s’est d’abord rencontré. Inspirées par la danse israélienne, plutôt gracieuse et axée sur les détails, Geneviève Boulet et Erin O’Loughlin participent à un stage de danse Gaga avec la compagnie Batsheva. Laura Toma y gradue la même année comme professeure. Le Gaga est un style unique qui favorise le langage corporel par l’exploration de schémas inhabituels de mouvements. Il en résulte des gestes délicats, détaillés, affranchis des conventions et en relation avec l’espace.

Erin O’Loughlin. crédit photo : Valérie Boulet

Erin O’Loughlin. crédit photo : Valérie Boulet

L’année d’après, La Tresse se noue définitivement à Montréal. L’urgence de réfléchir et d’explorer des thèmes qu’elles affectionnent les amène à travailler ensemble. « C’est comme trouver son partenaire de vie, c’est ça qu’on vit. On s’est trouvé et c’était clair qu’il fallait qu’il se passe quelque chose », me confie Geneviève Boulet. Cette affinité commune basée sur une recherche esthétique du corps, entraîne les danseuses à créer des chorégraphies léchées aux gestes libres et émancipés.

Laura Toma. crédit photo : Valérie Boulet

Laura Toma. crédit photo : Valérie Boulet

La féminité à travers sa complexité, le fantasme, le pouvoir et la fragilité, les rituels, les archétypes féminins traditionnels et actuels, sont au cœur de leur travail. De Shiva à Whitney Houston, la féminité est explorée dans sa fluidité. La Tresse dépasse les cadres rigides en allant au-delà des frontières, qu’elles soient disciplinaires, culturelles ou même genrées.

De belles brutes
Le spectacle Beauté Brute : Volume II, qu’elles présenteront le 15 septembre prochain lors de la soirée Relève d’ici II, est une nouvelle proposition inspirée de leur dernière résidence à L’Arsenal. C’est au sein des grands espaces de la fondation privée d’art contemporain qu’a germé cette dernière création. Alors que le volume I s’encrait davantage dans la terre et dans les sombres abîmes du désir, Beauté Brute : Volume II s’ouvre à la spatialité, révélant une atmosphère plus légère et dénudée d’artifices.

Explorant le corps dans sa globalité, elles oscillent aux frontières des catégories : entre l’ordre et le chaos, l’humanité et l’animalité, la vie et la mort, la beauté et la laideur, le cru et le délicat. Sans relâche, elles engagent l’entièreté de leurs corps dans une gestuelle très détaillée. Ce sont trois mèches qui s’entrelacent, tressant un tout indéfinissable.

La 14e édition du Festival Quartiers Danses se poursuit jusqu’au 17 septembre. Plusieurs évènements qui confirment la richesse de la scène contemporaine de Montréal sont à découvrir !

Les billets de la soirée Relève d’ici II sont en vente, juste ici.

D’ici là, faites donc plaisir à vos yeux en visionnant le vidéo de La Tresse et de leur création Beauté Brute : Volume II !

Volume II from LA TRESSE on Vimeo.

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