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Haïti, bonjour voisine!

Dans le cadre des apéros littéraires de l’ARTVstudio, c’est dans une ambiance familiale et chaleureuse que Marie Hélène Poitras recevait hier Bertrand Gervais, India Desjardins et Rodney Saint-Éloi. Pour souligner les 10 ans de la maison d’édition Mémoire d’encrier, une quarantaine d’écrivains ont eu la chance de se rendre en Haïti à l’occasion d’un événement placé sous le signe de l’échange et de la solidarité : les Rencontres Québecoises en Haïti, qui se sont tenues entre le 1er et le 8 mai 2013. Le bienveillant éditeur Rodney Saint-Éloi nous présente le recueil né de cette fabuleuse expérience et qui sortira cet automne : Haïti, bonjour voisine !

Rodney Saint-Éloi, Marie Hélène Poitras, Bertrand Gervais et India Desjardins. Photo par Pierre Crépô

Rodney Saint-Éloi, Marie Hélène Poitras, Bertrand Gervais et India Desjardins. Photo par Pierre Crépô

Lors de la rencontre, les écrivains invités nous racontent avec émotion les anecdotes et réflexions qui sont apparues lors de leur voyage. Bien au-delà de la simple rencontre organisée en vue de faire connaître la littérature québécoise en Haïti, c’est bien un profond sentiment d’appartenance qu’ils ont vécu lors cet événement inhabituel.

Nous visionnons le film ‘La poésie Québecoise en spectacle’ dans laquelle 4 jeunes comédiens haïtiens interprètent avec grand talent et une émotion à peine contenue les textes de quelques grands poètes québécois. L’assemblée, immédiatement sous le charme, est très touchée par la performance de ces artistes qui s’approprient avec justesse et intelligence les extraits poignants. Mention spéciale pour la jeune chanteuse qui, comme le soulignera Rodney, ‘dévore’ les paroles de Gilles Vigneault lors de son exceptionnelle interprétation de sa chanson Le Grand cerf-volant.

La discussion qui suit nous ramène à une réalité qu’il est bon de rappeler : l’étrange société de consommation dans laquelle nous vivons, submergée par le divertissement et l’individualisme, est parfois emprunte d’une désillusion aveugle qui lui fait oublier la valeur et la portée de choses aussi simple qu’un petit livre.

Comment pouvons-nous perdre de vue que l’art, la littérature et la poésie ont ce pouvoir immense d’offrir un coin de rêve, d’évasion et de courage, particulièrement lorsque la vie est difficile ? En sommes-nous vraiment arrivés à négliger le fait que la grande majorité de la planète n’a pas accès au dixième de ce que nous avons ?

Je nous regarde avec nos verres de vin.
Gigotant sur ma chaise, je me sens un peu honteuse.

Cette rencontre Québec-Haïti semble avoir été une bouffée de bonheur pour tout le monde. Les textes et la voix de Joséphine Bacon ont touché profondément la communauté haïtienne qui s’est beaucoup reconnue en elle, et India Desjardins nous raconte l’incroyable voyage du journal d’Aurélie Laflamme qui se retrouve désormais à faire partie du programme obligatoire dans plus 50 écoles haïtiennes.

Pouvoir rendre heureux et aider les autres, se souvenir qu’une chanson, un poème, une nouvelle ont le pouvoir guérir les blessures, si ce n’est de changercarrément le monde… quoi de plus merveilleux ?

Haïti, bonjour voisine!

sous la direction de Marie-Hélàne Poitras
Aux éditions Mémoire d’encrier

Et pour aller plus loin, nous vous recommandons la lecture de l’œuvre de

Kamau Brathwaite, DreamHaïti,
paru aux éditions Mémoires d’encrier (2013).

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