Intérieur brut.
Les jours viennent avec leur lot de belles surprises. La mienne consiste en la découverte du chorégraphe Benoît Lachambre et de sa dernière création, Snakeskins, présenté à l’Usine C.
En résidence pour les trois prochaines saisons, Benoît Lachambre revient à Montréal avec ce solo particulier qui semble en avoir convaincu plusieurs, moi y compris. Loin d’être une professionnelle de la danse, je peux toutefois dire que ce à quoi j’ai assisté, a été empreint d’une force brute qu’on ne peut tout à fait saisir. Qu’on ne veut pas saisir non plus. En tant que spectateur, on est interpellé de toute part. Tout est dans le ressenti. Snakeskins, c’est une histoire fragmentée. Une transformation. Une renaissance. C’est être à l’écoute du corps. Se dérouler, s’enrouler. Recréer aussi. Revivre autrement. C’est à en faire un poème, je vous le dis.
Accompagné sur scène du compositeur Hahn Rowe, et de manière fugace et ponctuelle, du performeur Daniele Albanese, Benoît Lachambre offre une vision du mouvement, à la limite du supportable. Notre regard est brillant, notre corps frémit et le son envahit notre imaginaire. On se sent privilégié d’assister à cette recherche qui aboutit à cette pleine conscience du corps. La scène, ce laboratoire, dit-il. Et nous, observateurs consentants, nous recevons tellement.
Lachambre s’est approprié ce monde fascinant qu’est la danse depuis les années 70 et cela se voit. Se sent. Peut-être dans la liberté de son geste. Dans son rapport sans peur avec l’espace qu’il moule à sa guise. Il donne tout, incroyablement généreux. Assise là, troisième rangée, j’ai senti grandir cette envie de savoir « jouer » de mon corps de cette manière. De le connaître si profondément.
L’expérience multimédia est assez surprenante et réussie. La finale, magnifique. Il ne faut pas avoir peur des mots. C’était le cas, un point c’est tout.
Il ne reste qu’une représentation, ce soir. Celle de la dernière chance, blague à part. Il ne faut pas manquer l’occasion de vivre cet instant. N’hésitez pas à venir plus tôt, un petit interlude surprise vous y attendra.
Par ailleurs, un concours est organisé. Appelez ou présentez-vous à la billetterie de l’USINE C entre 17 h et 20 h, dites « la mue » et profitez d’un 2 pour 1 pour la représentation de Snakeskins ce soir.
Chose intéressante à noter également : Benoît Lachambre animera un atelier axé sur les perceptions sensorielles du 15 au 19 octobre.
Quant à moi, je vais sans doute continuer à découvrir cet artiste, créateur de la compagnie B.L.eux et dont la liste de créations est si riche. Et je lui dis aussi merci pour cette pièce incroyable.
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