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théâtre musical

Slammer son épopée

‘’Je vais bientôt te parler de guerre, de guerre et encore de guerre. Si je tiens à en parler, c’est pour mieux te parler de paix.’’

– Marc Beaupré, metteur en scène

L’histoire de L’Iliade, on la connait. Que ce soit dans le film avec Brad Pitt ou dans le dessin animé qui jouait à Télé-Québec quand on était jeune. Homère a étalé son écriture aux quatre coins du monde, nous faisant connaître le triste destin des Troyens.

Pourtant, je suis certaine que le récit d’Achille, Hector et compagnie n’a jamais été raconté de cette manière.

Le texte ne change pas. Ce sont bien les mots de la traduction d’Alessandro Baricco, que les spectateurs entendront résonner dans les murs du Théâtre Denise Pelletier.  Mais le reste n’a rien à voir avec toutes les versions antérieures de l’œuvre.

Ce qui est présenté, c’est un grand mélange de musique, de danse orientale, d’instruments live, de voix off, de chœur, de rap battle et de langage des signes. Tant de comportements hautement codifiés qui viennent peupler le spectacle. Sur scène, l’attention du public est constamment sollicitée, tant les procédés artistiques fusent de toutes parts. Cela vient saturer la représentation. Parfois, trop c’est comme pas assez.

Dans une mise en scène de Marc Beaupré, sur laquelle il travaille depuis près de 7 ans, on est tenté de classer son travail dans le spectre du théâtre-musical. Pourtant, je ne peux m’y résoudre. Il s’agit plutôt d’un pot-pourri de plusieurs styles. L’Iliade emprunte les codes scéniques d’une panoplie de cultures et de disciplines. Par exemple, la console de son est placée dans les premières rangées, bien à la vue des spectateurs, comme à l’Opéra. Les acteurs chantent et parlent en chœur, selon la convention traditionnelle du théâtre grec, mais pour commencer une bataille de rappeur à la 8 Mile, sans avertissement, avec les micros qui descendent du plafond. Le rap, c’est quelque chose qu’il faut bien savoir faire pour que ça soit bon. Certains acteurs ne semblaient pas vraiment à l’aise pendant leur numéro musical, ce qui rendait la représentation inégale. Parfois, ça marchait, mais d’autres fois, ça ne marchait pas du tout, frôlant la limite du ridicule. Il en est de même pour la danse ; certains avaient plus le sens du rythme que d’autres. Cependant, tous avaient une gestuelle précise et qui catégorisait leur personnage.

Malgré cela, il s’agit d’un spectacle visuel et sonore très intéressant. Emmanuel Schwartz et Jean-Francois Nadeau sont touchants en Achille et Hector. La symétrie de la mise en scène et l’équilibre de plateau montrent bien le souci du détail avec lequel Marc Beaupré et son équipe ont travaillé. Et que dire du gros triangle en miroir qui descend et remonte selon les différentes séquences et qui souligne l’intensité d’un moment ou l’harmonie du tableau orchestré par les acteurs! L’arrangement musical mérite également d’être souligné, un gros bravo à Stéfan Boucher pour son travail incroyable!

L’Iliade, c’est le genre de spectacle que l’on pourrait revoir des dizaines de fois et découvrir de nouveaux éléments après chaque représentation. La perception de l’action et de l’œuvre est teintée par le regard du spectateur et est sujet à changement. Il reste toutefois quelques questionnements sans réponses. À moins d’avoir la version finale du cahier de mise en scène en main, il est difficile de saisir la motivation derrière chaque choix de mise en scène. Peut-être cela vous donnera-t-il le goût d’y retourner?

L’Iliade est présenté au Théâtre Denise Pelletier jusqu’au 6 décembre.

Théatre

Improvisation à la manière des Belles-Soeurs

À l’occasion du quarantième anniversaire de la création de la pièce culte de Michel Tremblay, le metteur en scène René Richard Cyr avec la complicité du compositeur Daniel Bélanger transforme ce classique de la dramaturgie québécoise en théâtre musical et Belles-Sœurs devient un irrésistible party. Quinze femmes fortes et délurées interprètent quinze chansons drôles et tendres et émouvantes et folles et vraies.

Après un succès phénoménal au Théâtre du Rond-Point en France, le théâtre musical BELLES-SOEURS revient à Montréal!

Vous voudriez assister à cette fête? Nous avons 1 paire de billets à offrir pour la grande première au Monument-National, ce jeudi 20 septembre à 20 h!

Pour participer, il suffit d’inventer une petite histoire à la manière des « Belles-Soeurs » ayant pour thème « Bingo ». Improvisez plus bas!


Le concours se termine le 19 septembre 2012 à 17 h! Bonne chance à tous!

Variétés

Un peu d’histoire…

Mardi 20 mars 2012

Je ne sais si vous êtes allés voir la section historique du Théâtre du Rond-Point, mais il est important de rappeler que Madeleine Renault et Jean-Louis Barrault ont été à l’origine de la vocation théâtrale du Rond-Point. Ils ont fondé leur compagnie en 1948 et marqué le paysage théâtral et cinématographique de la France. Après plusieurs déménagements la Compagnie Renaud-Barrault se voit attribuer ce lieu pour en faire un théâtre et y lancent en 1981 leur première saison. On peut voir sur la photo une inscription qui rappelle qu’ils sont à l’origine du changement de vocation du lieu (d’abord salle d’exposition, puis patinoire municipale).   Madeleine Renaud et Jean-Louis Barrault ont été les premiers à inviter la production des Belles-Sœurs de Michel Tremblay mise en scène parAndré Brassard à Paris.  Cette invitation n’avait pu avoir de suite; les subventions de l’État ayant été refusées.  Ce n’est que quelques années plus tard, en 1973, que le spectacle a pu être présenté à l’Espace Pierre Cardin.

Le Rond-Point, en plus d’abriter trois salles, comprend aussi une librairie et un restaurant.

Les rayons de la librairie sont garnis de textes dramatiques, bandes sonores, ouvrages de références, documents pédagogiques. Elle est ouverte et accessible à tous jusqu’à la fin des spectacles. Il est très agréable d’y flâner un brin avant d’aller s’installer dans la loge.

Le restaurant quant à lui est très fréquenté et  nous nous y retrouvons parfois pour boire ou partager un repas avec mes Belles-Sœurs.  Souvent, nous nous retrouvons autour d’une grande tablée, qui rassemblent les familles et les amis qui ont fait le voyage pour venir assister à notre aventure parisienne.

Lundi 19 mars 2012

Le montage au quotidien…

Le montage du décor se fait tous les jours avant le spectacle de Belles-Soeurs!

Voici une série de photos qui montre la progression du changement de décor. On voit, dans la première photo, le décor du spectacle dans lequel joue M. Pierre Arditi aux côtés de Catherine Hiegel Moi je crois pas!. Dès que le spectacle se termine, l’équipe technique du Rond-Point, Francis Laporte, notre directeur technique, et Stéphanie Arsenault, notre régisseure de plateau, s’activent à installer le plancher et les accessoires nécessaires à Belles-Sœurs. Tout cela sous le regard vigilant de Lou Arteau, la directrice de tournée.

Et hop! Voici le résultat final :

Le théâtre musical Belles-Sœurs sera au Monument-National en septembre 2012. Pour plus d’information, cliquez ICI.

Théatre