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musique francophone

L’image des femmes dans le Magazine Muses

Féminine et radieuse, Salomé Corbo est magnifique dans une création d’Alexe Perron, une finissante du collège LaSalle ayant travaillé sous la tutelle d’UNTTLD, sur la couverture du Magazine Muses. La comédienne connue pour son personnage de Caroline Laplante dans Unité 9, se confie sur les rôles qui occupent son quotidien. Ainsi, on apprend ce qui la distingue de son personnage de la populaire série télévisée, ce qu’elle retire de son métier et comment elle vit la maternité. Comme Salomé Corbo est l’égérie de Frëtt Design, une marque d’une maman gaspésienne, on la voit aussi dans des vêtements prêt-à-porter qui lui ressemblent. Ainsi, dans un amalgame de glamour et quotidienneté, on arrive un peu plus à saisir la personnalité de la femme derrière la chef de sécurité qu’on aime tant haïr à l’écran.

Littérature «de poulettes»

Les auteures de chick lit (littérature pour filles ou «de poulettes»), India Desjardins et Nathalie Roy, démystifient le genre dans lequel elles évoluent alors que la question de superficialité se pose. Stéphane Dompierre, quant à lui, y va de ses commentaires, alors qu’il est plutôt associé au penchant masculin du genre, soit à la lad lit. Une fois l’étiquette assumée ou refusée, que doit-on retenir du phénomène de la littérature classée en fonction des genres?

Créer après bébé

La chanteuse Ariane Moffatt parle de son retour avec l’album 22h22 après la maternité. Entre l’équilibre personnel à préserver et l’inquiétude d’être oubliée ou l’incapacité de créer, la juge de l’émission La Voix en profite pour parler de sa réalité de mère lesbienne et des bouleversements récents de la société québécoise.

Le Magazine Muses  est en kiosque dès le 27 août.

Littérature

Francophonie et numérique : quels enjeux?

Cette édition 2013 du Coup de cœur francophone vit bien avec son temps : des formations émergentes, d’autres dont la réputation n’est plus à prouver, mais surtout un fort ancrage dans l’ère du numérique. Une trajectoire indispensable et qui permet cette année encore cette programmation si singulière. Dès lors, comment Internet peut-t-il favoriser la diffusion et la promotion des artistes francophones dans un contexte de concurrence particulièrement accrue?

#CCF13. Élu mot de l’année aux États-Unis par l’American Dialect Society, le mot-dièse (ou hashtag dans l’hexagone et autres contrées anglicisées) s’immisce désormais partout sur nos écrans, y compris dans les communiqués du Coup de cœur. L’occasion de faire un point sur les défis d’un festival de musique francophone face à cet outil merveilleux mais controversé qu’est Internet, avec lequel tout devient presque trop possible.

C’est un fait : la radio, malgré son impact non négligeable, a perdu de sa superbe en matière de promotion et de diffusion des créations francophones. La fidélisation du public passe de plus en plus par les réseaux sociaux et autres plateformes communautaires spécialisées. Qui n’a jamais reçu ou partagé de toune sur YouTube dans la perspective de se rendre au show? La toile a ouvert une nouvelle ère pour l’industrie musicale : celle du partage facile et du participatif.

La musique francophone traverse une passe délicate, non moins riche en talents. La crise de l’industrie du disque et la recomposition des modes d’écoute n’épargnent aucun secteur; mais l’uniformisation progressive des cultures, des langues et des pratiques culturelles influence la création en langue anglaise.

Jérôme Minière intensément Banjo, au photobooth de la conférence de presse du Coup de cœur. Crédits : Jean-F. Leblanc/agencestockphoto.com

Jérôme Minière intensément Banjo, au photobooth de la conférence de presse du Coup de cœur. Crédits : Jean-F. Leblanc/agencestockphoto.com

Alors que certains assument ouvertement de chanter dans la langue de Shakespeare, la majorité des artistes francophones revendiquent la nécessité de créer en français; car, bien au-delà d’une posture idéologique, c’est toute la question de la survie d’une culture, d’une poésie, d’une âme : celle de la francophonie, unique en son genre au travers de ses multiples facettes.

A l’heure du numérique, la promotion des œuvres francophones est une affaire d’équipe. Artistes et organisateurs travaillent étroitement à la promotion des œuvres musicales. Le travail de repérage est d’autant plus facilité qu’il est relayé par ces plateformes spécialisées. Et là aussi, le Québec a pris une longueur d’avance sur la France, encore frileuse sur la question des quotas de diffusion de musique francophone.

Au Québec, l’article 3 de la Loi sur la radiodiffusion précise que « les stations de radio francophones doivent consacrer 65 % de l’ensemble de la musique populaire (catégorie 2) diffusée chaque semaine à des sélections francophones. Les stations commerciales doivent également s’assurer que les sélections francophones comptent pour au moins 55 % de la musique populaire qu’elles diffusent entre 6 h et 18 h, du lundi au vendredi ».

En France, 40% de la musique diffusée à des heures de grandes écoutes doit concerner des titres francophones. C’est un fait, dans l’hexagone, les chanteurs français chantent de plus en plus en anglais : de par la facilité d’exportation dans l’Union européenne, l’accès au marché mondial et les opportunités de rémunération au sein de la structure de l’industrie de la musique anglophone. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : entre 2003 et 2011, le nombre d’albums francophones parus a chuté de plus de 75%!

La situation au Québec est également préoccupante : un rapport publié en 2011 par l’Observatoire de la culture et des communications révélait que les ventes d’albums francophones étaient à leur niveau le plus bas, de 30 à 40% depuis 2006. Les diffuseurs ont ainsi tendance à pondérer la diffusion d’un petit nombre d’artistes réputés et à faible rotation afin de satisfaire les exigences des quotas, de l’auditoire et des annonceurs.

Le numérique peut-il donc être profitable à la création francophone? Nul doute qu’on en percevra les premiers apports à long terme. On peut d’ores et déjà affirmer qu’il demeure un formidable outil pour la circulation de la musique et de la culture francophones au sens large, et qu’il en facilite grandement la démocratisation, pour le plus grand bonheur de nos paires d’oreilles.

C’est signé Jean-Baptiste Viallet
Adjoint aux communications à Coup de cœur francophone 2013

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