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École nationale de l’humour

Absurdement loufoque et indubitablement farfelu

Julien Corriveau et Jean-François Provençal se connaissent depuis des années, du temps où ils travaillaient ensemble au Zellers de St-Jean-sur-le-Richelieu, du temps où Julien portait les vêtements faits par sa mère et que Jean-François avait probablement plus de cheveux (no offense). Il présentait le 22 février dernier dans le cadre du festival Montréal en Lumière, leur spectacle Chansons drôles et drôleries chancelantes, un une heure trente de plaisanteries et bouffonneries, se divisant entre stand-up et chansons.

Brian Piton servait de première partie à ce dynamique duo. Finissant de l’École nationale de l’humour, vous avez pu le voir performer l’année dernière dans le gala de l’absurde au Zoofest. Il a su rendre loufoque une situation du quotidien grâce à son personnage minimaliste et ses réactions blasées.

La chimie de Corriveau et Provençal est indéniable. Ils semblent se connaître sur le bout des doigts et se complètent très bien. Cependant, leur numéro seul était, selon moi, la meilleure partie de la soirée. Ils ont chacun un humour différent, mais complémentaire. Que ce soit en faisant des imitations de pénis de célébrités québécoises ou déguisé en Monsieur Mousteille qui donne des conseils pour devenir humoriste, les deux artistes se démarquent à leur manière. Leurs parties stand-up étaient rodées et punchées avec les tournures absurdes que le public aime tant.

Après l’entracte, les spectateurs ont eu droit à un merveilleux greatest hits des chansons bien connues des Appendices, passant de Chandail de loup, à Courts sul’top pour terminer avec C’est juste la fin et faire Pour devenir un héros en rappel. Il est difficile de se retenir de rire lorsqu’on nous interprète une chanson censurée à l’harmonica! Nous avons également eu droit à Chanson pas finie, Pire journée de ma vie, J’aime les pinottes et Richard.

Je ne crois pas qu’il faut absolument être fan finie des Appendices pour apprécier ce spectacle. Certes, les références sont agréables à comprendre et les liens à faire, mais ce n’est pas impératif pour rire un bon coup. C’est un spectacle assez absurde, juste un peu grivois, qui fait rire de bon cœur! Désopilant, sans être extravagant. En bref, vous allez passer une bonne soirée!

Je vous invite à aller voir ce spectacle avec vos amis, votre famille (sans vos jeunes enfants) ou votre être cher, s’il revient un jour au Cabaret du Lion d’Or. En attendant, retapez-vous les séries des Appendices en vous rappelant les belles années.

Humour

Simon Delisle, en 60 minutes

Pour son premier spectacle solo, qui s’inscrit d’abord à la programmation du festival Zoofest 2013, puis à celle des productions de la série 60 minutes avecprésentée au Monument-National, Simon Delisle a délibérément choisi d’aborder un sujet qu’il maîtrise parfaitement, et qu’il souhaite faire davantage connaître au public, c’est-à-dire, lui !

Question d’identité

Car sous ces apparences tranquilles (et cette bouille franchement sympathique) se cache un cerveau hyperactif, stimulé par un environnement et une société en constant changement, qui le poussent à se questionner et à réagir. Et nul besoin de préciser que l’humoriste a beaucoup à dire et à raconter!

Pour l’artiste de 28 ans qui n’en est guère à ses premiers balbutiements dans le domaine (lui qui multiplie les performances scéniques depuis sa sortie de l’École nationale de l’humour, en 2010 et qui consacre la plupart de son temps à l’écriture humoristique), ce spectacle se veut à la fois une occasion unique de conquérir un auditoire encore timide et de séduire bon nombre d’adeptes déjà ravis. « 60 minutes avec Simon Delisle, c’est un peu comme ma carte de visite… », me dit-il en entrevue. « C’est un aperçu général de mon travail, de mon humour, et de qui je suis », poursuit-il. Ce dernier partagera ainsi ses réflexions et ses impressions sur une multitude de thèmes qui le tiennent en alerte, l’inspirent, l’amusent, et façonnent sa personnalité.

Et puisqu’il n’a que très peu de temps devant lui (après tout, il ne dispose que d’une heure), il procède rapidement aux présentations avant d’interagir directement avec son public.

En guise d’introduction, un bref et sympathique montage photographique, regroupant de précieux souvenirs de jeunesse (et ceux d’une époque pas si lointaine), est projeté sur un écran géant, à l’arrivée des spectateurs. S’ensuit une courte vidéo mettant en vedette l’humoriste à 60 jours de son 60 minutes, que l’on prend soin de diffuser quelques secondes avant que les projecteurs ne s’allument. Ces initiatives, des plus efficaces et des plus ingénieuses, suscitent instantanément l’intérêt des quelque cent personnes réunies pour l’occasion, et donnent le ton à la soirée.

Accueilli en véritable héros lors de son entrée sur scène (on comprendra rapidement pourquoi !), Simon Delisle paraîtra visiblement heureux de retrouver un public si enthousiaste et chaleureux.

Crédit photo : Julie Caron

Crédit photo : Julie Caron

À son image

Grâce à un discours ponctué d’anecdotes divertissantes et d’histoires cocasses dont lui seul est le protagoniste, Simon Delisle enchaîne les blagues et provoque à coup sûr de nombreux rires sincères. Ses observations des mille et une petites choses du quotidien qui le tourmentent et le tracassent, le fâchent, l’insultent ou l’irritent (dont la météo, les publicités trompeuses, le gaspacho, ce potage que l’on mange froid et qui ressemble étrangement au populaire jus de tomate, et certains commentaires anodins qu’on peut lui adresser) agissent à titre de fils conducteurs et lui permettent d’explorer tout autant de pistes intéressantes.

Il en viendra ainsi à parler de sa maladie, et plus particulièrement du diabète, et de ses visites régulières chez le médecin, de la télévision et des émissions qui contribuent à sa paresse, de ses nombreuses connaissances sur une panoplie de sujets qu’il juge complètement inutiles et irrationnels (à quoi ça sert de tout savoir sur le céleri?), de la corrélation entre la musique et le déroulement de sa journée, de son plus récent voyage à Cuba et enfin, des projets qu’il souhaite réaliser avant de mourir.

Avec ce premier spectacle, l’artiste, qui se produira au Monument-National jusqu’au 21 juillet prochain, livre une performance irréprochable grâce à des textes brillants, des idées parfaitement ficelées, une vivacité d’esprit et un réel plaisir d’être sur scène, qui nous prouve avec conviction que sa place y est. Et si le nom de Simon Delisle se faisait un peu plus discret jusqu’à aujourd’hui, il y a fort à parier qu’il sera bientôt sur toutes les lèvres.

60 minutes avec Simon Delisle, au Monument-National, les 19 et 20 juillet, 22 h, ainsi que le 21 juillet, à 20 h 30.

Simon Delisle participera également à Ça suffit la comédie ! ainsi qu’au Geek Show, deux spectacles présentés dans le cadre du festival Zoofest 2013.

Humour

L’authenticité d’Alexandre Barrette, lui et personne d’autre

Diplômé de l’École nationale de l’humour en 2002, il n’aura fallu que très peu de temps à Alexandre Barrette pour conquérir le cœur du public québécois : son charisme, son enthousiasme débordant ainsi que ses interventions quotidiennes à la radio, comme au petit écran, toujours justes et pertinentes, y sont assurément pour quelque chose.

Bien qu’il soit un animateur hors pair (à l’heure du lunch, au retour du boulot ou en soirée), il est avant tout un humoriste franchement doué. Et il nous le prouve avec conviction grâce à Alexandre Barrette… et personne d’autre!, son premier one man show, qu’il décrit comme étant « un spectacle qui lui ressemble ».

À son image

C’est sans personnage, ni artifice ou décor flamboyant qu’Alexandre Barrette se présente à ses spectateurs. Seuls 9 écrans multimédia, intégrés à la mise en scène efficace de Guy Lévesque, viennent soutenir et bonifier ses propos tout au long de sa performance. Mais il ne lui en faut pas plus pour briller sous les projecteurs pendant près d’une heure trente et réussir à faire rire simultanément des centaines de personnes.

Il faut dire qu’il a vu juste en choisissant son titre, Alexandre Barrette… et personne d’autre! : une première réalisation en solo pour l’artiste, des textes uniques, dont il en est le seul auteur, et un one man show qui lui colle parfaitement. « C’est un spectacle à mon image », me dit-il lors de notre entretien téléphonique. « Je me reconnais là-dedans, tant dans les textes [que j’ai écrits] que dans l’interprétation. On [mon entourage] m’a souvent dit que je suis le même gars dans la vie que celui que l’on voit à la télé. Et c’est vrai : je suis le même lorsque j’embarque sur scène, ou quand je suis avec mes amis (…) Ce que tu vois, c’est moi! », poursuit-il.

Crédit photo : Jimmy Hamelin

Crédit photo : Jimmy Hamelin

Quotidien dépouillé

Il est de ceux qui ont cette formidable aisance à se retrouver en public et pour qui la formule traditionnelle du stand up convient bien. Il occupe habilement l’espace qui lui est confié, et prend plaisir à parler à un auditoire attentif, interagissant même avec lui à quelques reprises.

Son choix de sujets se veut original, rafraîchissant et inspiré de son vécu (et d’un brin d’imagination); comme bon nombre de personnes de sa génération, le jeune homme de 31 ans fait le constat de plusieurs faits.

D’abord, qu’il est immature et espiègle. Que ses bonheurs peuvent, à l’occasion, être ridicules. Qu’il est parfois compétitif (bien souvent, avec lui-même), et qu’il cherche constamment à se dépasser. Que le temps file, qu’il souhaite un jour être père, et qu’il a cette peur de vieillir.

Ses observations des toutes petites choses de la vie, même des plus absurdes, l’ont ainsi mené à des anecdotes croustillantes, drôles et surtout, bien livrées.

Il ne tarde donc pas à nous dresser un portrait des membres de sa famille : ses parents, qui, à l’aube de la soixantaine, continuent de guider et d’encourager leurs enfants, et ce, dans toutes les sphères de leur vie. Puis, son jeune neveu (et filleul), qui ne cesse d’étonner par ses nombreuses répliques loufoques, et, pour terminer, son attachante grand-maman, qui veille sur ceux qui lui sont chers.

Bien que le sympathique humoriste a su s’inspirer de son entourage pour écrire et créer, il n’en demeure pas moins que ses propres aventures, telles qu’un voyage en Australie et une nuit dans une auberge de jeunesse, une partie de pêche, ou encore, une escapade entre amis au Village Vacances Valcartier, lui auront donné l’occasion de rédiger d’excellents numéros et de se présenter, tel qu’il est, à travers eux.

« C’est un spectacle au cours duquel on apprend à me connaître! », me confie-t-il à la fin de notre entrevue.

Et croyez-moi, on est ravi d’aller à sa rencontre.

***

L’humoriste, qui en sera bientôt à sa 100e représentation, poursuit actuellement sa tournée un peu partout au Québec. Il sera de retour à Montréal les 3 et 4 avril 2013

Humour

Billy Tellier : dans les petits pots les drôles d’onguents

Oubliez la loi C-38, celle de Los Angeles ou du prix le plus bas. Pour rire un bon coup, vous devriez plutôt opter pour La loi du plus fort, le premier spectacle solo de l’humoriste Billy Tellier.

Que faire quand on naît à six mois avec un poids de deux livres et deux onces (l’équivalent de ce que fument des techniciens de scène en une fin de semaine), et qu’un physique ingrat diminue nos chances de survie dans ce monde régi par la loi du plus fort? Développer son sens de l’humour plutôt que ses muscles, évidemment! Ce qui n’est pas prématuré, c’est l’accouchement du premier spectacle solo de Billy Tellier, puisque le diplômé de l’École nationale de l’humour œuvre dans le milieu depuis déjà plus d’une décennie. Après avoir collaboré à de nombreuses émissions de radio et de télévision et prêté sa plume à divers humoristes (dont Laurent Paquin et Cathie Gauthier), il se décide enfin à monter sur les planches, pour notre plus grand plaisir.

Si Billy Tellier ne craint pas d’écorcher affectueusement les autres dans La loi du plus fort, il est aussi capable d’une autodérision qui sert presque de fil conducteur au spectacle. L’humoriste réussit à faire crouler la salle en évoquant simplement sa petite taille ou son premier changement d’huile, mais il est à son meilleur lorsqu’il aborde des thèmes plus universels, se moquant avec intelligence de ce que veut dire être un homme aujourd’hui, de la tendance naturelle des Québécois au chialage, ou apportant des solutions légèrement absurdes aux problèmes de société qui nous affligent. Dans le style, son monologue contre la culture du bonheur obligatoire constitue l’un des moments forts de ce one-man show.

Sur scène, il emprunte la formule du stand-up comique, sans recours aux personnages, aux costumes, ou aux décors. Il livre ses textes à la bonne franquette, et module sa voix pour recréer efficacement des situations, comme son sketch chuchoté qui nous transporte à l’église durant un baptême, là où « les gens sont habillés chic pour voir un enfant se faire pitcher de l’eau dans la face ». En plus d’une prestance naturelle et d’une écriture bien ficelée, la plus grande force de Billy Tellier est de savoir surprendre le public. Il arrive qu’on devine d’avance le punch dans les numéros d’humour, mais ce dernier prend souvent des chemins détournés pour qu’on ne voie pas venir ses gags, ce qui est rafraîchissant.

Ce premier spectacle de Billy Tellier révèle une maturité étonnante, autant au niveau de l’écriture que de la livraison des textes. Avec une moyenne au bâton d’un rire à chaque quatre phrases, La loi du plus fort ne décevra certainement pas les amateurs d’humour.

Humour

Double en soi : Silvi et Carole

Il m’arrive souvent de me faire dévisager par des gens qui semblent se dire : « Hum…. a me dit quelque chose elle… Laurence Jalbert? France d’amour? La Poune? » Puis leur regard insistant me pousse à me questionner : « Ben voyons, qu’est-ce qu’y’ont à me regarder de même? J’ai de quoi dans la face? J’ai un truc dans les dents? HO! J’ai une boule qui sort? »

Seulement 1 fois sur 4, quelqu’un ose venir me demander: « S’cuse moi, est-ce que c’est toi Carole aide son prochain? » Haaaaaaaaaa ok!!! C’était ça! Moi qui pensait qu’on me trouvait cute et qu’on voulait mon numéro de téléphone!

Mais en même temps, je vous comprend d’hésiter à venir me parler quand vous n’êtes pas sûrs. Ce serait chien d’aller voir une madame puis d’y dire : « Excusez-moi, votre air de marde me dit quelque chose… C’pas vous Carole? »

Aujourd’hui je vous jase de mon alter-ego, la très charmante, sexy et sensuelle CASSSAAAANDRA! Non, ok… pas vraiment!

Je vais plutôt vous raconter l’histoire de Carole et ma relation particulière avec cette dernière. Pour ceux qui ne sont pas au courant, Carole est née dans un cours de l’École nationale de l’humour (ÉNH). Non, Louise Richer n’est pas sage femme et aucun forceps n’ont été nécessaires! En fait, on devait écrire un nouveau numéro par semaine et je manquais d’inspiration. Donc, je me suis dit : «Ha tiens, j’vais essayer d’être drôle en faisant tout le contraire de ce que je fais d’habitude! »

J’ai opté pour une position statique, un ton monocorde, un air bête et condescendant puis un col roulé (ouin, à l’époque, j’étais forte sur les décolletés… ça explique la boule de tantôt) Et c’est comme ça que Carole est née, tout simplement!

Puis dans le cadre d’un autre cour à l’ÉNH, on devait mettre sur pied un projet Web. Comme j’aimais beaucoup le personnage de Carole, j’ai décidé de l’inclure dans mon concept. Encore fallait-il trouver le fameux concept. En humour, un contre-emploi est souvent payant. Je me suis donc demandée ce que Carole pouvait faire, qui ne lui collerait pas du tout à la peau… Aider son prochain bien sûr! Quoi de plus agréable que de se faire conseiller par un air bête en col roulé!

J’ai présenté mon projet à certains producteurs dans le cadre du cours en question, mais mon concept n’a pas trouvé preneur. Toutefois, vu la réponse positive que Carole obtenait sur scène, je me doutais qu’un projet Web était envisageable et viable. J’ai donc mis le projet sur pied à l’aide d’une petite équipe et nous avons lancé la saison 1 de Carole aide son prochain. Bien que je croyais au potentiel de la série, j’étais loin de me douter qu’elle connaîtrait ce genre de succès. Succès qui est en grande partie dû aux fans de Carole qui lui sont très fidèles!

Cet engouement soudain m’a d’ailleurs effrayée au départ. J’avais l’impression d’avoir créé un monstre. Carole était plus connue que moi et me regardait de haut avec son air bête. C’est un phénomène qui est difficile à expliquer. Il y a une étrange impression d’être marionnettiste de son propre corps. Les gens veulent voir le personnage et non l’être qui se cache derrière.

Loin de moi l’idée de me plaindre, mais disons que c’est un chemin particulier pour un humoriste. (D’ailleurs je devrais peut-être aller prendre une bière avec Michel Barette, Jean-Michel Anctil et Daniel Lemire) C’est comme si je devais mener deux carrières de front : celle de Silvi et celle de Carole. J’adore Carole, c’est un personnage merveilleux, mais je ne veux pas qu’elle face ombrage à la carrière de Silvi. Non, non, déposez votre combiné, pas besoin d’appeler à l’institut Pinel. Je ne suis pas schizophrène… Tout ce que je dis, c’est que tout comme les humoristes nommés ci haut, j’aimerais un jour être en mesure d’accorder autant de temps de scène à mon personnage qu’à moi-même. C’est pas que j’aime pas ça avoir un air de marde, mais à un moment donné j’aime ça aussi utiliser mes autres expressions faciales!

Je suis rentrée à l’ÉNH dans le but de faire une carrière en tant que Silvi Tourigny-joie-de-vivre-power. C’est donc étrange pour moi de me faire reconnaître en tant que Carole-air-bête-amorphe. Et c’est un cercle vicieux, car plus Carole gagne en popularité et plus elle est en demande. Ce qui me ravit et qui est tout à fait normal, mais il arrive que certains fans soient déçus lors d’un spectacle de voir Silvi monter sur scène alors qu’ils s’attendaient à voir Carole. Au début, je trouvais ce genre de réactions blessantes, mais maintenant j’ai compris que c’est à moi de prouver aux fans de Carole que même si je ne suis pas aussi connue que mon personnage, je suis toute aussi drôle! Dans tes dents Carole!

Mais ce que Carole ne sait pas (ça fait que dites-y pas) c’est que je l’utilise comme cheval de Troie! Pas dans le sens que je veux envahir une ville en me cachant dans son estomac… Parce que là je vous dirais d’appeler à Pinel. Disons plutôt que Carole me sert de carte de visite dans le milieu artistique. Elle fait des apparitions ici et là : Gala Juste pour rire 2011, Bar Ouvert, Gala les Olivier 2012…

Puis pendant que sur scène les gens découvrent Carole, à l’arrière scène, les gens découvrent Silvi. Et c’est pas pour me vanter, mais un sourire enjoué ça bat toujours un col roulé renfrogné! Ça fait que petit à petit, Silvi sort de l’ombre de Carole et lui vole le show en faisant des affaires comme un Gala Juste pour rire à l’été 2012!!! Eh qu’elle l’a pas pris! Elle dit que je devrais lui dire merci parce que c’est à cause d’elle si je suis rendue là aujourd’hui… Elle a probablement pas tort, mais Carole c’est aussi Silvi… Ça fait que merci bibi! 

Humour

Allô! Moi c’est Silvi, toi?

QUOI?! J’ai carte blanche? Pendant 1 mois? Wow! C’est donc ben l’fun ça! Par quoi commencer maintenant…  Eeee…. Je sais pas trop là…. Vite de même…. Eeee… Attends peu là… Hum… Eeeee… Ben voyons on dirait que ma carte blanche est en train de se transformer en page blanche…

Ok ok… commençons par se présenter d’un coup que ça clique pas, pis qu’on se chicane pendant 1 mois!!! On va quand même passer 4 semaines ensemble! C’est beaucoup!! J’ai des relations qui ont fini plus vite que ça!

Donc en gros mon nom est Silvi Tourigny, je viens de Victoriaville et j’ai 30 ans. Facque si tu as trouvé mon article en cherchant sur Google : « Silvi + Victo + 30 ans », t’es à bonne place! Par contre, si tu l’as trouvé en cherchant : « Femme + Bikini + Duct Tape + Chainsaw »… J’te dirais continue de chercher… mais discrètement!

Malgré mes cheveux roux, j’ai eu une enfance heureuse sans trop de coups de soleil!! En fait, j’ai eu la chance d’avoir un grand frère qui n’acceptait pas qu’on écoeure sa petite soeur. Y’a le gros Jici qui s’est essayé une fois avec un classique « Aye la carotte », mais mon frère lui a gentiment fait comprendre (à grand coup de claques) que c’était pas poli. Il a eu une retenue et mon respect.

J’ai pas eu une adolescence difficile non plus! J’étais plutôt du genre bollée, sportive, drôle, gênée. Bref, vous voyez le genre! Non? Ok j’avoue que j’étais dure à sizer… J’ai même essayé d’être wild et de sortir dans les bars avant 18 ans. Mais comme j’avais l’air plus jeune qu’un fœtus, je finissais toujours par retourner chez nous en bicycle. Parce que OUI j’allais veiller en vélo!!! Avec du recul j’me dis que c’était peut-être pas une bonne idée de barrer mon bike devant le bouncer

Après mon secondaire, j’ai fait ma technique en santé animale, au Collège Laflèche à Trois-Rivières. OH HEIN!?! Dans tes dents Harvard! Je suis une des plus grandes AMIES DES ANIMAUX QUI EXISTE!!! Y’en a même qui m’appellent quand y filent pas!

Quand je prends une marche avec mon chien, je suis incapable de parler au cellulaire ou d’écouter de la musique sur mon iPod, j’ai comme peur qui me trouve impolie pis qu’y’en parle aux autres!

Donc j’ai fait ma technique et après j’ai décidé de partir 2 mois au Guatemala. À ne pas confondre avec Guacamole parce que sinon vous allez être mêlés! Je suis partie en pleine jungle faire du bénévolat dans un centre de réhabilitation pour animaux! Céline a peut-être porté le cœur de la mer à son cou, mais moi j’ai porté 2 bébés singes! Un peu plus pesant, mais tout aussi précieux. Je les ai même soignés pendant 1 mois. J’aurais pu jouer dans « Trauma-nimal » écrit par Fermière Larouche! Ouin je sais le jeu de mots est louche, mais à l’époque j’étais pas encore humoriste.

À mon retour, j’étais pas mal mêlée côté professionnel!!! Où vais-je? Qui suis-je? Qu’est-ce que je  sais que-je …. ? Bref, j’étais même plus capable de faire des phrases! Donc j’ai fait un DEC en sciences santé au Cégep de Maisonneuve à Montréal. Pourquoi? Parce que Princetown, je trouvais ça trop loin…

Puis j’ai enchaîné le tout avec une majeure en kinésiologie. Si vous n’avez aucune idée de ce qu’est la kinésiologie, paniquez pas, même moi j’étais pas sûre avant de commencer!!! La kinésiologie, c’est l’étude du mouvement. Donc j’étais entourée de sportifs qui s’entrainaient tous les jours en buvant des shakes, pis qui faisaient des concours de push-up durant nos partys!! Je vous le confirme aujourd’hui: Non, je n’avais pas de plaisir! Mais oui j’avais des gros « pipes »!

Puis j’ai finalement décidé de foncer et de réaliser un rêve que je caressais secrètement depuis l’âge de 12 ans. (Faut croire que je le trouvais doux pour le caresser aussi longtemps. Un peu comme Gollum avec l’anneau dans Lord of the Ring, mais en moins dégueulasse.) Ce rêve vous l’avez sans doute deviné, c’était de m’acheter une Ferrari F430. Parce que moi les chars, j’adore ça!!!  C’est tellement plein de roues, pis de banquettes, pis de pare-brises, pis de bumper, pis de miroirs… pis ça fait pas mal le tour des pièces d’autos que j’connais!

Bon, ok c’était pas de m’acheter une Ferrari, mais plutôt de devenir humoriste. Et on s’entend, ça prend beaucoup de couilles pour décider du jour au lendemain: « Ok, j’vais conter des jokes, pis on va me payer pour ça!! » Et Dieu sait que physiquement des couilles… j’en ai fuck all! Mais quand je mets mon côté rationnel de côté, des couilles, j’en ai en sacrifice! (désolé pour le visuel, je sais que c’est pas super cool m’imaginer avec plein de couilles… )

Donc j’ai décidé de sauter! Je n’avais pas le goût de me réveiller à 40 ans en me disant : « Voyons! Fait ben chaud icitte! C’tu ça la ménopause!?! » Mais surtout en me disant : « Ouin…. j’aurais peut-être du essayer d’être drôle!! » Donc j’ai fait les auditions à l’École nationale de l’humour, puis roulement de tambour : Drrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrr! PSSHHHHH!  J’ai été acceptée! J’ai terminé l’école en 2009 et depuis je suis drôle à temps plein…Quoique je suis pas si drôle que ça quand j’emballe un restant kiwi dans du Saran wrap…

Je suis consciente qu’il me reste encore beaucoup de travail… pour emballer le kiwi et pour être une humoriste accomplie. Mais pour l’instant, je fais des spectacles, je fais rire les gens, je travaille sans avoir l’impression de travailler et j’ai des cartes blanches pour parler de ce que je veux sur des sites Internet!

Pis ça clique-tu? On se revoit-tu pour une deuxième date? Come on! La semaine prochaine on va être moins gêné!

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