Tous les articles

Denis Villeneuve

Ne manquez par les Rendez-Vous Québec Cinéma!

Du 21 février au 3 mars prochain, le coeur de la cinémathèque québécoise se transformera en quartier général d’un festival avec toute une programmation : leçons de cinéma, courts métrages, longs métrages, documentaires, fictions, premières et… événements gratuits! Voici un aperçu des films et événements à ne pas manquer pour la 36e édition des Rendez-vous Québec Cinéma (RVQC).

*Changement de nom* Autrefois nommé Rendez-vous du cinéma québécois (RVCQ), le festival change son nom pour les Rendez-vous Québec Cinéma (RVQC) afin de souligner son appartenance à l’organisation qui en assure le déroulement année après année : Québec Cinéma.

Ce silence qui tue de Kim O’basawin | Documentaire, 76 minutes

Film documentaire à ne pas manquer, Ce silence qui tue expose la situation des femmes autochtones dans notre société actuelle. Elles étaient 1 181 disparues ou assassinées selon la GRC en 2014. Au Canada, elles ont huit fois plus de risques d’être assassinées que tout autre citoyen. La réalisatrice Kim O’Basawin donne la parole à ces femmes et à leurs histoires sous la confidence.

Les faux tatouages de Pascal Plante | Fiction, 87 minutes

C’est une histoire d’amour, celle de Mag et Théo. Tout commence un soir de concert de musique punk, un peu plus loin dans un casse-croûte. Mag aborde Théo et ça clique. Ils ne se lâchent plus, c’est la passion comme elle se vit à 16 ans.

C’est le coeur qui meurt en dernier d’Alexis Durand-Brault | Fiction, 105 minutes

Julien (Gabriel Sabourin) s’apprête à recevoir un prix du Gouverneur général pour son roman C’est le coeur qui meurt en dernier. L’événement le pousse à tenter de renouer avec sa mère  souffrant d’Alzheimer qu’il n’a pas revu depuis la mort de son père, il y a 8 ans de cela. Adapté du roman de Robert Lalonde, le réalisateur Alexis Durand-Brault y dirige sa copine Sophie Lorrain et sa belle-mère, Denise Filiatrault. Elles incarnent toutes les deux la mère de Julien à différents moments de sa vie.

Labrecque, une caméra pour la mémoire de Michel La Veaux | Documentaire, 94 minutes

Le réalisateur Michel La Veaux signe un portrait au présent du réalisateur de La nuit de la poésie 27 mars 1970 et de À hauteur d’homme, également directeur photo du film Le chat dans le sac. Il suffit de jeter un coup d’oeil à la bande-annonce pour sentir toute la poésie qui sort de cette rencontre entre deux grands passionnées de cinéma.

AVA de Sadaf Foroughi | Fiction, 102 minutes

Présenté au dernier Toronto International Film Festival (TIFF), le film Ava porte le nom de son personnage principal, interprétée brillamment par Mahour Jabbadi, une jeune adolescente vivant à Téhéran. Entre l’école et les cours de violon, Ava vit une vie assez rangée jusqu’à ce que sa mère commence à se méfier et à douter de sa fille l’amenant jusqu’à un examen gynécologique!

Née à Téhéran et vivant à Montréal, la réalisatrice Sadaf Foroughi présente un scénario tout à fait touchant. Ava, c’est un regard sur l’adolescence dans un pays où, à 16 ans comme à 30 ans, tout n’est pas permis pour une jeune femme. À découvrir!

Leçons de cinéma

Nul autre que Denis Villeneuve, metteur en scène d’exception, présentera une leçon de cinéma le dimanche 25 février. L’événement a gagné en popularité si rapidement que le festival a remis à la vente d’autres billets pour l’occasion… faites vite!

Robin Aubert, ça vous dit quelque chose? Son film Tuktuq a été applaudi par la critique et son film Les Affamés (un film de zombies québécois!) a également séduit le public au courant de la dernière année. Conversation intime avec le réalisateur qui a plusieurs cordes à son arc le 23 février à  20h!

Pour toute la programmation, c’est ici!

Cinéma

Entrevue avec John Rea

La Société de musique contemporaine du Québec lance cette semaine la 5e édition de sa Série hommage et c’est un public de tous âges qui pourra bénéficier des œuvres du compositeur québécois de renom, John Rea, un personnage coloré tout en étant doucement rêveur. « Le rêve est préalable à la création! », affirme celui qui a été encouragé par son père à un très jeune âge à faire de la musique sur un piano fait de papier. Bien que John Rea soit aujourd’hui une figure mondiale de la musique contemporaine, il a commencé plutôt tard à composer, développant la maîtrise de ses bases et sa grande discipline. Est-ce peut-être son souci premier du contrôle de la technique qui lui confère ses qualités d’excellent professeur? On en vient à penser que son statut de pédagogue prévaut sur celui de compositeur tant il affectionne ses quarante dernières années à partager son savoir à l’Université McGill et simplement à sa voix, on remarque l’homme généreux qui veux piquer la curiosité de ses élèves. C’est avec son cœur d’enfant qu’il créera les nombreux ateliers de cette Série hommage, accompagnés également de 40 concerts à travers le pays.

De quoi se composera votre Série hommage?

Il y a des vidéos placées sur le site web, une petite bande dessinée vouée aux enfants en français et en version anglaise. Il y a un numéro musicologique dédié à mon travail et cette exposition appelée John Rea-Musique Vu qui va avoir lieu au Centre Pierre-Péladeau et à la Maison de la Culture Côte-des-neiges. Il y a une série d’activités liées à la pédagogie au primaire et à la pédagogie au secondaire parce que j’ai composé des œuvres pour des jeunes personnes, au primaire, et aussi pour une harmonie où la symphonie va être reprise par plusieurs écoles.

Est-ce que vous les avez composées spécialement pour la Série hommage?

Exactement, dans le cas des écoles primaires, il y a une petite composition appelée Pincer, penser, chanter et c’est une œuvre avec un petit texte que j’ai confectionné avec les instruments que jouent les enfants à cet âge, par exemple la flûte à bec ou les percussions évidemment. Ils chantent et jouent aussi certains instruments de percussion appelés du nom commercial Orff, ce sont des instruments comme le petit xylophone ou le petit glockenspiel. À l’école secondaire, j’ai fait une oeuvre pour l’harmonie ou fanfare si vous voulez, qui s’appelle Danser avec la gravité et c’est aussi une oeuvre d’à peu près quatre minutes. Dès maintenant les élèves commencent à s’engager avec le contenu de ces oeuvres et au fur et à mesure, probablement à la fin de cette année académique, au printemps, ces oeuvres seront jouées par les ensembles. Il y a plusieurs ensembles à travers la ville, ailleurs, à Toronto, dans la ville de Québec, etc, où il se passe des concerts. Dans un cas particulier, il y a une petite tournée avec l’animatrice de radio Catherine Perrin, où elle va incarner un personnage extraordinaire de la musique appelé Landowska. Vous allez voir une oeuvre que j’ai composé il y a une quinzaine d’années pour Catherine Perrin et elle sera en tournée pendant un mois et demi.

Comment êtes-vous venu à choisir certaines oeuvres?

Il y a un an même, à la fin de l’été 2014, la SMCQ avait lancé un appel à tous ses partenaires potentiels qui sont des sociétés de musique, des ensembles et des interprètes. Et il faut souligner que c’est la cinquième version de cet hommage. Je suis la cinquième personne qui a été honorée de cette manière et ça remonte à une dizaine ou douzaine d’années ce type d’initiative. Donc, au fur et à mesure les sociétés ont répondu. Le répertoire de mes oeuvres a été affiché dans un site Internet, tous les partenaires potentiels avaient accès à ce site et ils en ont choisi certaines. Il y a aussi une initiative du directeur artistique Walter Boudreau qui a aidé dans le choix de certaines oeuvres parce qu’il a essayé de convaincre certains musiciens qu’une telle serait intéressante d’inclure dans le programme etc. C’est une espèce de collaboration amicale entre directeur artistique et les ensembles.

On discutait tout à l’heure de votre implication au niveau scolaire, faire partie de la Série hommage c’est en quelques sortes devenir une icône. De plus, vous enseignez à l’Université McGill, qu’est-ce que vous souhaitez inspirer aux compositeurs qui vous écoutent?

Quand il s’agit de l’enseignement de la musique au niveau universitaire, les jeunes personnes, que ce soit des interprètes, des musicologues ou des compositeurs, leur volonté est de devenir professionnels. Et donc, les professeurs vont les aider à assimiler tous les critères, les standards d’excellence, les meilleures compétences et les connaissances pour rendre l’adolescent ou jeune adulte à s’améliorer et à connaître davantage et éventuellement, de se lancer dans le monde de la musique qui est aujourd’hui très international. Quand on arrive à l’université, je suis là depuis 40 ans comme professeur, ce n’est pas à moi de déterminer les exigences, c’est le monde de la musique qui détermine les exigences, c’est-à-dire les meilleures pratiques, les meilleures connaissances et façons de faire, d’écrire et de comprendre ce qui se fait ailleurs dans les grands pays que ce soit l’Amérique, la France, l’Allemagne, l’Angleterre, etc. Il y a une pratique quant à la musique qui est véritablement une pratique internationale.

Malgré que vous soyez un compositeur prolifique, on vous a encouragé que tardivement à composer, est-ce que c’était un bon choix?

Quand j’étais vraiment tout petit je chantais, mon père m’encourageait à chanter des chansons folkloriques. Puis, j’ai appris à jouer le piano drôlement avec un clavier fait de papier. C’était une méthode pédagogique d’il y a longtemps, je ne sais pas si ça existe toujours. Peu de temps après, mon père m’avait acheté un piano, donc j’ai pu pianoter si on veut. J’ai commencé à composer très tôt aussi, mais quand j’ai montré ces compositions à ma professeure, elle disait que c’était très bien mais qu’il faudrait se concentrer sur la maîtrise de l’instrument. Donc, j’ai abandonné un peu la composition pendant à peu près dix ans et puis, je l’ai reprise à l’université grâce à une autre professeure qui avait une autre vision par rapport à l’apprentissage des connaissances. Donc, c’est vrai que c’est un peu tard mais j’ai travaillé rapidement et fortement. Il est clair qu’il faut des bases et des connaissances, pendant cette période-là je n’ai pas composé de musique, je venais à apprendre plusieurs autres choses comme l’histoire de la musique, la science, les mathématiques. Puis, quand je suis revenu à la composition, j’étais plus mûr à l’époque, beaucoup plus sage et j’avais légèrement plus de confiance qu’auparavant.

Vos oeuvres seront présentées tout au long de la saison, est-ce que certains choix vous remémorent des moments marquants de votre vie?

Normalement, les souvenirs sont directement liés à la création de l’oeuvre, c’est-à-dire le moment où l’idée naît dans la tête. Ça commence normalement par la commande, quelqu’un me téléphone ou m’écrit une lettre me demandant une oeuvre musicale, déjà là c’est très très très stimulant. C’est une volonté de demander à une autre personne d’écrire ou de façonner une oeuvre artistique, je trouve ça extraordinaire! Dans ma tête, après la commande à l’état pur, je commence à mijoter et à penser. Il est très souvent le cas que les souvenirs sont liés à l’état préalable de la réalisation. Donc, la création de l’oeuvre et l’interprétation à la première mondiale sont des moments très joyeux bien sûr. Les souvenirs deviennent des rêves. Je peux me souvenir de l’avoir travaillée cette oeuvre et ça devient un rêve que j’aime voir à nouveau.

On dit de vous que vous avez une obsession pour les paradoxes, dont celui de choisir la voie du coeur ou de la raison, comment exprimez-vous cette dualité à travers vos compositions?

Je crois fortement que le paradoxe est un constat de la vie et que tout le monde, même tous les jours, fait face à ces paradoxes, cela peut être par les choses les plus banales. Quand il s’agit de faire ressortir cette notion du paradoxe dans une oeuvre musicale ou dans n’importe quelle oeuvre artistique, je crois que l’artiste est en train de se rappeler la vie de tous les jours mais aussi d’avertir l’auditeur ou le vecteur que la vie n’est pas aussi simple, que souvent la sagesse passe par la contradiction et que deux choses doivent vivre simultanément. Donc, le paradoxe c’est deux façons de penser qui doivent cohabiter et la sagesse en est le bénéficiaire. C’est une tension qui est précaire et à un moment donné, la tension commence à basculer, les paradoxes nous basculent toujours.

Coups de coeur d’artiste

Quel artiste montréalais vous a étonné récemment?

Il y en a deux. Il y a le sculpteur du nom de David Altmejd, il est le sculpteur de ce grand monument devant le Musée des Beaux-Arts, un ange où l’estomac est percé. Ça fait quelques années que c’est là, j’ai toujours été touché parce qu’on ne peut pas savoir si c’est un ange rebelle ou un véritable ange, ça peut être un homme, ça peut être Icare, un personnage de la mythologie que j’aime beaucoup. On parle de la volonté de l’homme de voler et c’est un artiste que j’apprécie le travail. Il y aussi le cinéaste Denis Villeneuve, un cinéaste très très intelligent, il n’est pas comme d’autres cinéastes qui essaient de communiquer les choses les plus intimes de leur vie, il n’est pas un narcissique. Et il est un véritable maître du théâtre, il manipule les voix des acteurs comme le cinéma l’exige.

Un endroit à Montréal qui vous inspire?

J’ai fait la découverte, hier soir, de quelque chose qui m’a surpris. Depuis quelques mois à peine, au printemps je crois que cela a été ouvert, il y a un parc devant l’Église Saint-Enfant je crois, entre St-Laurent, St-Joseph et Laurier. Ça été rénové et c’est un parc qu’on retrouve assez souvent en Europe, que ce soit la France, l’Allemagne, l’Angleterre, etc. En faisant un type de parc comme ça, je voyais comment les personnes étaient assises et l’énergie est différente, la contemplation est différente. C’est peut-être la preuve que la bonne architecture est nécessaire au bien-être. J’ai trouvé ça très paisible et inspirant.

Est-ce qu’il y a une pièce ou un spectacle que vous souhaitez absolument voir cette saison?

Je ne suis pas complètement au courant de la programmation de toutes les compagnies, mais il y a deux compagnies au théâtre qui obtiennent toujours mes coups de coeur. Il y a la compagnie de Denis Marleau nommée Ubu et le Nouveau Théâtre Expérimental de Daniel Brière et Alexis Martin. Je ne sais pas comment ils font mais c’est toujours innovateur, toujours éclatant et très intelligent comme produit offert au public. J’ai beaucoup d’estime pour leur travail. J’ai eu le plaisir de travailler avec eux aussi dans le passé, et d’avoir une expérience en direct. Les deux compagnies ont une façon de toujours chercher le cadre et de le déplacer.

La chanson ou musique que vous avez en tête le matin?

Normalement, si on veut l’appeler chanson, c’est ma propre musique que j’ai travaillé la journée précédente. C’est ça la chose troublante et bien, cela veut dire que je n’ai pas résolu ou achevé le travail nécessaire. Donc, au cours de la nuit, la tête encore mijote. C’est probablement les bribes de contre-points ou les bribes d’harmonies qui sont en pleine circulation dans la tête. Étrange, non?

Voyez la programmation des différents concerts et activités en hommage à John Rea sur le site de la Société de musique contemporaine du Québec: http://www.smcq.qc.ca/smcq/fr/

Crédit photo : Justine Latour

Musique