Suivez le chef! : une visite pas comme les autres

Je m’attendais à une visite guidée traditionnelle. Vous savez, celle où le guide nous mène quelque part. Il pointe un truc, un bâtiment, une statue, et nous dit c’est quoi. Finalement, j’étais à côté de la « track »! Y’a bien un guide, il nous mène bien à différents endroits, mais avec un acolyte droit sorti du 18e siècle, c’était drôlement plus coloré que ce à quoi je m’attendais!

Le parcours d’environ 90 minutes nous fait traverser en quelques rues et arrêts plus de 375 ans d’influences alimentaires. Et ce sont les bâtiments et places du Vieux-Montréal qui mènent au sujet! Ici un marché, là un jardin disparu. Et ici? Un bâtiment comme plein d’autres dans le quartier : un magasin-entrepôt. Celui d’un importateur… qui jouait finalement un rôle important dans ce qui se retrouvait dans les assiettes de ses contemporains. Avant la Conquête, on mange à la française. Et puis après? On boit du thé! Bref, pleins d’anecdotes et d’informations qui remettent en perspective ce qui dicte notre alimentation actuelle!

C’est connu, parler de bouffe donne faim! Quelques bouchées sont donc aussi au programme, dont deux qui viennent directement de la cuisine du Gouverneur de Ramezay! Hum, l’histoire goûte bon!

Suivez le chef! Musée du Château Ramezay - photo Michel Pinault 2018

Suivez le chef! Musée du Château Ramezay – photo Michel Pinault 2018

Le dimanche où j’y étais, l’ambiance était excellente : les participants répondant aux répliques enflammées du chef Maupoint. Bon, il s’emporte bien un peu (surtout contre les Anglais ou plutôt leur cuisine!), mais c’est un sympathique larron. Il faut dire que le choc des valeurs est grand entre le 18e siècle et aujourd’hui! La complicité était tangible entre les deux comédiens et rendait la visite bien chaleureuse.

Le circuit s’est terminé au restaurant Les 3 Brasseurs, une bière à la main. Tous ont passé un bon moment. Pour ma part, je ne verrai plus le Vieux-Montréal, ni les tomates, ces fruits du diable(!), de la même façon!

Ah et je vous ai dit? On repart avec un livret de coupons-rabais dans des restos du secteur, prétexte, s’il en faut, pour prolonger le plaisir et prendre l’apéro ou le souper dans le Vieux!

Cette visite théâtrale historico-alimentaire est présentée les dimanches après-midi jusqu’à la fin du mois de mai par le Musée du Château Ramezay. Il ne reste que quelques représentations : ne tardez pas à réserver vos billets. Ma suggestion : arrivez un peu plus tôt et profitez du forfait incluant une visite du Musée!

Crédit photo: Château Ramezay –  Musée et site historique de Montréal, photo : Michel Pinault.

Musée Exposition

La magie de Noël à Montréal

Best of Québec prend possession de notre blogue pour vous faire découvrir les bonnes adresses et meilleures occasions autour d’un événement montréalais. Ce mois-ci, suivez leurs suggestions pour vivre pleinement la période des fêtes pendant l’exposition Tohu-Bohu du Musée McCord.

Au mois de décembre, notre métropole se pare de ses plus beaux atours en prévision des Fêtes de fin d’année, alors que nous retrouvons notre cœur d’enfant et que nos yeux pétillent d’impatience. Parce que la magie de Noël, c’est synonyme de retrouvailles, d’anecdotes, de bombance… et de cadeaux, aussi! Le Musée Mc Cord l’a d’ailleurs parfaitement compris en réunissant et en mettant en scène, sur le thème des grands contes classiques connus de tous, plus de 150 jouets et d’objets d’art décoratifs de sa collection dans l’exposition Tohu-Bohu. Une initiative qui ne laissera personne indifférent, que l’on ait 7 ou 77 ans! Et voici d’autres idées de notre cru pour vivre pleinement cette période magique.

La Binerie

La Binerie, c’est le repère du Plateau pour les amateurs de bines, bien sûr. Mais c’est aussi un petit resto sympathique pour renouer avec ses racines québécoises. Décor, formule, plats traditionnels comme la tourtière – incontournable aux Fêtes -, tout est là pour contribuer à se souvenir et à savourer la magie du mois de décembre.

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Le Paltoquet

Croissants et brioches pur beurre parmi les meilleurs de Montréal, tartes et gâteaux alléchants. Le Paltoquet déborde de petits et de grands plaisirs coupables qui font la joie des dents sucrées. Alors, qu’il s’agisse d’un petit arrêt réconfortant sur place pour déguster une boisson chaude accompagnée de viennoiseries, ou d’un simple passage pour aller chercher un gâteau à la crème de marrons et au rhum (sans gluten) ou une bûche de Noël délicieusement chocolatée, c’est une adresse très recommandable.

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Marché Jean-Talon

Se rendre au plus grand marché public de Montréal au mois de décembre, c’est génial. Parce qu’on y trouve le sapin qui trônera dans notre salon, les meilleurs produits possibles pour concocter de succulents repas des Fêtes, des idées cadeaux à la tonne et des activités pour colorer ses weekends.

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Atrium le 1000

Le patin, l’hiver, on adore ça… surtout quand on n’a pas à grelotter dehors! C’est le cas à l’Atrium le 1000, situé en plein centre-ville de Montréal. Cette patinoire ouverte à tous et animée est un must à faire en duo ou en famille. Le Père Noël lui-même sera de la fête le samedi 3 décembre sur place pour accompagner les plus jeunes patineurs sur la glace et réaliser des photos avec eux. Chouette!

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La vieille Europe

Vous pensez déjà à vos repas des Fêtes? Alors, allez rendre visite à cette boutique, qui régale depuis 1959 les Montréalais avec plus de 5000 produits fins d’origine locale et internationale. Vous y trouverez des fromages, des cafés, des chocolats, des charcuteries, des huiles et vinaigres, des épices et bien d’autres choses encore. De quoi réaliser de grands festins comme de beaux cadeaux à vos proches, pensez-y!

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Musée Exposition

LEONARD COHEN AU MAC

Il y a un an s’envolait l’un des plus grands poètes que le Québec ait connus. Avec sa voix d’une profondeur inégalable et ses mélodies envoûtantes, Leonard Cohen partageait ses histoires d’amour, ses états d’âme, ses réflexions sur le désir et sur le passage de la vie, et il explorait les coins obscurs et infréquentés des émotions. Toujours teinté à la fois de mélancolie et de grâce, il chantait la beauté et la tristesse comme personne ne parviendra jamais à le refaire. C’est donc en hommage à cette légende, et à l’héritage qu’il nous a légué que le MAC nous propose une des plus importantes expositions de son histoire.

LEONARD COHEN / Une brèche en toute chose /A Crack In Everything,

C’est 40 artistes à qui le musée a demandé de créer une œuvre en l’honneur du poète disparu; installations, projections, et autres mises en scène. C’est aussi une immense salle tapissée d’écrans géants projetant un montage d’images incroyablement touchantes de Cohen prises tout au long de sa carrière… on le voit en entrevue, on l’écoute déconstruire sa pensée, on le voit écrire, on le voit chanter, on le voit rire, et on le retrouve sur scène un peu partout dans le monde, parfois jeune, parfois vieux, mais toujours avec cette même étoile dans les yeux. Et dans le noir de ce grand espace, nous avons pleuré l’immensité de cet être qui nous a quitté. Je vous suggère d’y entrer et de vous asseoir face aux écrans et d’oublier le temps, mais surtout, en laissant votre âme s’imprégner de ce merveilleux spectacle.

On découvre ensuite une deuxième salle où l’on peut admirer une sélection d’images de la ville de Montréal, là où Leonard Cohen aimait tant vivre, tout en se laissant bercer par sa voix, telle une ode à la beauté.

L’exposition nous propose également d’écouter des artistes tels que Feist, Half Moon Run, Lou Doillon, Moby ou alors Brad Barr nous interpréter leur version d’une des chansons de Cohen. Il est aussi possible d’entendre la voix du poète, réciter quelques-unes de ses nombreuses phrases emblématiques, par le moyen des touches d’un immense orgue installé au centre d’une pièce. “There is a crack in everything, this is the way light gets in.” “Il y a une brèche en toute chose, c’est de cette façon que la lumière peut y entrer.”

Mais mon coup de cœur fut sans aucun doute cette chorale virtuelle composée d’une quinzaine d’hommes de la rue, tous uniques en leurs genres, mais partageant un amour flagrant pour ce grand homme, chantant l’album “I’m Your Man” du début à la fin. Tous ces sympathiques personnages sont projetés sur des écrans souples accrochés au plafond et formant un cercle à travers lequel nous pouvons déambuler question de pouvoir entendre la voix bien unique de ces êtres se joindre à celle du compositeur célébré.

Le lendemain de la mort de l’artiste, soit le 7 novembre 2016, les États-Unis choisissaient d’élire Donald Trump. Cette semaine-là, sur la page couverture du New York Times, on pouvait y apercevoir l’ancien président au pouvoir (Obama) et le nouveau (Trump) se transférant le flambeau, sous cette bannière, Leonard Cohen levant son chapeau comme pour nous dire adieu…et bonne chance! Une copie de ce journal a été encapsulée dans une boîte en verre au centre d’une des installations de l’exposition.

“I heard of a man
who says words so beautifully
that if he only speaks their name
women give themselves to him.Leonard Cohen.

J’ai entendu parler d’un homme
qui dit les mots d’une façon si magnifique
que s’il ne fait que nommer leurs noms
les femmes s’offrent à lui.” ” Leonard Cohen.

L’exposition Leonard Cohen / Une brèche en toute chose est présentée jusqu’au 9 avril 2018 au Musée d’Art Contemporain.

Musée Exposition

Deux expos extérieures pour prolonger l’été

L’été est peut-être terminé et les journées les plus chaudes sont derrières nous, mais il reste plusieurs activités extérieures gratuites dont vous pouvez profiter avant l’arrivée du froid et de la neige.

Lors de votre prochaine escapade dans le Vieux-Montréal, explorez des sentiers moins connus. Notre suggestion : deux expositions sympathiques qui joignent art et histoire.

Traces – Pistes disparues, de l’artiste William Vazan – ©Photo : Jamie Reford

Traces – Pistes disparues, de l’artiste William Vazan

À l’occasion du 375e anniversaire de la ville de Montréal, le Château Ramezay et les Jardins de Métis vous invitent à vous perdre dans un labyrinthe symbolique installé tout juste à côté de la Place Jacques-Cartier, sur la petite place De La Dauversière.

Tel les autochtones avant l’arrivée des Européens, saurez-vous retrouver votre route dans ce dédale de « rivières »? Représentant les anciens cours d’eaux qui sillonnaient l’île de Montréal, ce réseau de chemins vous mènera (ou pas!) jusqu’à une représentation du mont Royal, le cœur de l’île.

Créé par, William Vazan, artiste montréalais reconnu internationalement pour sa pratique du « Land art », cette œuvre porte une réflexion sur l’impact de l’urbanisation sur le territoire. Aucune des rivières qui sillonnaient l’île n’est encore présente. Canalisées ou asséchées elles ont tiré leur révérence au nom de l’urbanisation.

2017 Exposition - Les montréalais - portaits d'une histoire - photo: Michel Pinault

Les Montréalais – portaits d’une histoire, par l’auteur Jean-François Nadeau – ©photo: Michel Pinault

Les Montréalais – Portraits d’une histoire, par l’auteur Jean-François Nadeau

Tout juste à côté, sur la courte rue Le Royer, derrière les jardins du Château Ramezay, surprenez le regard de Montréalais captés sur le vif à travers les époques, des commencements de la photographie jusqu’aux années 1970.

Homme fier, enfants en plein ménage, cycliste prêt pour la compétition, autochtone en présentation, tous ces gens témoignent à leur façon de l’évolution de la ville de Montréal ainsi que de sa population grâce à des clichés de photographes connus ou d’images d’archives.

Les temps ont peut-être changés, mais certaines scènes sont toujours typiques de certains quartiers de Montréal.

Au gré des photographies présentées laissez-vous porter sur la rue Saint-Claude, puis jusqu’au tronçon fraîchement rénové de la rue Saint-Paul qui vous mènera notamment au Marché Bonsecours pour d’autres découvertes. Ou remontez jusqu’au Château Ramezay pour y visiter leurs expositions.

Ces deux expositions sont présentées jusqu’au 9 octobre 2017 au Château Ramezay.

 

Article rédigé par l’équipe du Château Ramzay.

Musée Exposition

World Press Photo : au-delà d’Instagram

Rendez-vous annuel de la photographie de presse, le World Press Photo se tient au marché Bonsecours jusqu’au 1er octobre 2017.

À combien d’images sommes-nous confrontés chaque jour ? Dans la rue, dans le métro, à la télévision et en comptant les réseaux sociaux ? Malgré les cœurs et les « pouces en l’air » qu’on distribue à qui mieux-mieux, desquelles se souviendra-t-on une fois que l’écran bleu sera éteint ?

Dans ce chaos d’images qu’on reçoit quotidiennement, il y en a qui marquent, qui témoignent d’une réalité plus grande que nous. Le World Press Photo a cette mission de montrer le monde tel qu’il a été dans la dernière année à l’aide des meilleures photos de presse choisies parmi 80 000 images soumises par 5000 photographes de 125 pays.

L’édition 2017 du prestigieux concours est marquée par la peur et la terreur perpétrée par l’État islamique. Telle que cette frappante photo d’une fillette complètement pétrifiée alors que l’armée fouille les maisons de son quartier ou encore celle d’une famille qui fuit en voiture pendant que la ville derrière elle est en feu. La fuite des réfugiés vers l’Europe a aussi marqué l’année et les images montrent des enfants désespérés sur des bateaux de fortune.

Le World Press Photo, c’est aussi des photos d’un quotidien qui nous est inconnu. Comme ces écoles chinoises qui enseignent la gymnastique à des fillettes avec une rigueur extrême ou ce peuple reclus vivant dans une Russie glaciale et éloignée qui se lavent avec de la neige.

La photo récipiendaire du Grand prix de l’année a fait le tour du monde. Le photographe Burhan Ozbilici s’est retrouvé au bon endroit au mauvais moment. Alors qu’un ambassadeur russe émettait un discours dans une galerie d’art turque, un policier qui n’était pas en service a fait feu sur lui. Il aurait crié « Dieu est grand. N’oubliez pas Alep ». Sur l’image choquante, l’ambassadeur est étendu au sol, alors que le meurtrier a un doigt dénonciateur pointé au ciel, l’arme encore tenue par l’autre main. À glacer le sang. D’autant plus qu’une autre image le montre quelques minutes plus tôt se tenant sagement derrière l’ambassadeur.

Des images d’une cruelle beauté dénoncent aussi des mauvais traitements infligés aux animaux et, heureusement, certaines photos plus rigolotes de gardiens de parc déguisés en pandas pour les aider à regagner la nature.

Même si on trouve souvent plus de laid que de beau dans le monde, cette exposition nous permet de le voir d’un autre œil, à travers la lentille de ceux qui vivent ce qu’on ne vit pas.

Le World Press Photo se tient au marché Bonsecours jusqu’au 1er octobre 2017.

Galerie photo : Marie-Claude Brault

Musée Exposition

Vous voulez une révolution?

Jusqu’au 9 octobre, le musée des Beaux-Arts de Montréal présente l’exposition Révolution, une rétrospective des éléments phare de la fin des années 1960.

Mouvements révolutionnaires, contre-culture, explosion musicale; en moins d’une décennie les rébellions culturelles et sociales ont marqué le monde moderne et bâti le mode de vie d’aujourd’hui. Révolution propose des tableaux qui revisitent les thèmes marquants cette époque.

Même si on aborde des sujets aussi variés que la mode, le design et les luttes sociales, la musique occupe une place prédominante dans la visite. On y vit une complète immersion musicale. À l’aide d’écouteurs, on se promène avec The Beatles, The Who, The Rolling Stones, Robert Charlebois et plusieurs autres monuments musicaux. L’univers musical changent selon le tableau ou l’œuvre devant laquelle on se trouve.

Nous sommes d’abord accueillis par les costumes portés par John Lennon en personne. On entre ensuite dans l’univers coloré du Swinging London avec ses vitrines colorées présentant minirobes et bottillons et autres accessoires mode. Dans un autre box, on se croirait chez un disquaire où on trouve les plus grands classiques de l’époque en disques vinyle, puis plonge dans le cinéma de l’époque avec extraits, images et affiches de film dont le fameux Blow-Up.

Costume porté par John Lenon

Costume porté par John Lenon

On entre ensuite dans le tableau plus sombre Dissidence. Mai 68, guerre du Viêt Nam et les Black Panthers ont mené à plusieurs mouvements de contestation partout dans le monde. Autour de nous, des pancartes aux slogans revendicateurs et des œuvres provocantes qui s’opposent à l’autorité. C’était aussi une époque de contestation féministe avec l’arrivée de la pilule et de personnages féminins décomplexés au cinéma.

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De cette révolte, on se dirige au plus marquant des moments Peace and Love de l’histoire. Dans nos oreilles, Give peace a chance accompagne les images de John Lennon et Yoko Ono pendant leur bed-in à Montréal.

On entend dans la salle d’à côté le son vrombissant d’une guitare électrique. On pousse des rideaux puis on se retrouve en plein cœur du festival de Woodstock. Un écran géant projette cette performance marquante de Jimi Hendrix pendant que nous sommes couchés sur du faux-gazon et des bean bags.

Les années 1960, c’est aussi le début de la société de consommation et de la classe moyenne. L’industrie de la publicité prend de l’ampleur et on peut le constater par des campagnes marquantes de l’époque et des objets iconiques.

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Révolution est une exposition absolument fascinante et captivante. Elle montre de façon éblouissante l’importance de ce moment charnière de notre histoire récente.

Musée Exposition

Leonard Cohen : Un projet d’exposition d’envergure pour le MAC

C’est dans le cadre des festivités du 375ème anniversaire de Montréal que le Musée d’art contemporain et CBC-Radio-Canada unissent leur force pour nous dévoiler une exposition majeure, la première à consacrer sa programmation complète à cet artiste de renommée planétaire.

Un projet entamé depuis maintenant deux ans par ses commissaires et artistes, cette exposition se veut non seulement un hommage aux 5 décennies de travail du poète et chanteur, mais aussi une exploration de l’impact et de l’héritage que son univers a pu laissé chez les artistes contemporains. « C’est un immense honneur et un privilège pour le MAC de pouvoir présenter cette exposition et de rassembler autant d’artistes talentueux, d’ici et d’ailleurs, pour célébrer et rendre hommage à notre ambassadeur le plus illustre » dit Victor Shiffman, commissaire invité, MAC.

Pendant 123 jours d’exposition le public aura la chance d’être témoin du travail visuel, cinématographique, performatif et sonore de plus d’une quarantaine d’artistes de renommée internationale. En plus de bénéficier de 18 œuvres inédites et d’une série de concerts et évènements hors les murs, c’est une expérience immersive complète que s’apprête à vivre les montréalais.

On commencera les festivités le 7 novembre au soir avec une projection de phrases issues des textes de Cohen réalisée par Jenny Holzer et présentée au Silot no. 5 situé dans le Vieux-Port de Montréal, pour ensuite bénéficier des œuvres à l’intérieur du Musée quelques jours plus tard.

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Au menu, une expérience de réalité virtuelle sur la pièce iconique Hallelujah crée par Zach Richter, un hommage cinématographique signé Candice Breitz impliquant 18 hommes de 65 ans et plus et fans incontestés de Cohen interprétant la chanson I’m Your Man.

Également, le travail des artistes Janet Cardif et son mari George Bures Miller, sera présenté grâce à leur toute nouvelle installation intitulée : Poetry Machine ainsi que Clara Furey qui proposera l’ambitieux projet d’offrir 90 représentations d’une performance de danse ôde à la poésie de Cohen.

Ari Folman (Waltz with Bashir) se prête au jeu quant lui en créant une Depression box, endroit où les visiteurs seront invités à plonger dans l’univers émotionnel de Cohen. Un thème qui aura su inspirer John Rafman et son œuvre d’animation qui tourne autour du sentiment de l’anxiété dans l’œuvre du poète.

Le Duo de photographes montréalais Carlos et Jason Sanchez fera également parti de l’imposante programmation du Musée cette fois-ci avec une installation vidéo inspirée et montée grâce à des documents d’archives. L’œuvre présentera la relation du jeune Cohen avec son chien adoré Tinkie suivant le décès de son père.

Une exposition qui plaira aux fans, intriguera les non-initiés et fera à coup sûr replonger les montréalais dans l’univers musical, lyrique et visuel de cette énigmatique figure qui aura touché la planète entière avec sa poésie et ses chansons.

Leonard Cohen – Une brèche en toute chose /A crack in everything à l’affiche du 9 novembre 2017 au 9 avril 2018 au Musée d’art contemporain de Montréal.

Musée Exposition

Galerie photo: MURAL

Du 8 au 18 juin dernier, avait lieu la 5e édition du festival MURAL. Depuis les cinq dernière années, ce festival ne cesse de nous impressionner et de gagner le cœur du public. À l’occasion des derniers jours des festivités, notre photographe Marie-Claude Brault s’est promenée sur le boulevard Saint-Laurent afin de croquer sur le vif quelques moments qui ont su retenir son attention. Si vous n’avez pas eu la chance profiter du festival, vous pouvez toujours déambuler dans les rues et ruelles afin d’admirer les murales jusqu’à la prochaine édition, un must à Montréal !

Musée Exposition

Lorsque les murs ont des yeux

Jusqu’au 14 mai, l’exposition Et maintenant regardez cette machine d’Emanuel Licha est présentée au Musée d’art contemporain. Le tout est réuni dans une seule salle ; quelques panneaux d’informations et un grand écran qui diffuse des images des hôtels de guerre.

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Qu’est-ce que c’est, un hôtel de guerre? C’est un endroit où les journalistes, dignitaires et forces armées séjourne pendant des événements politiques précaires. C’est une mine d’or d’informations qui circulent sans cesse, de bouches à oreilles. Emanuel Licha a décidé de revisiter ces lieux et voir ce que la guerre a laissé derrière. Un peu à la manière d’un documentaire, mais sans les opinions sur la belligérance. Il s’agit d’un regard neutre sur les événements, laissant la place aux images de parler pour elles-mêmes.

Pour les employés de l’hôtel, la guerre n’est qu’un moment dans leur vie, un moment qui ne semble pas avoir tant d’importance que cela, de surcroit. Une tranche de vie qui complique légèrement leur travail à l’hôtel. Alors que pour les journalistes, leur reportage montre cela comme la fin du monde. Ils sont cloitrés dans leur hôtel, n’ayant qu’un seul point de vue d’un conflit armé complexe. À quel point cette représentation des faits apporte plus de clarté au reste du monde? C’est un peu à cela que l’exposition d’Emanuel Licha essaie de répondre. Regardons-nous à travers un trou qui montre seulement une petite vision d’un grand événement alors que celui-ci présente 1001 perspectives? Sommes-nous biaisés et forcés de regarder où tous les regards convergent? Avons-nous, finalement, un point de vue biaisé par l’interprétation et l’angle de la situation? C’est à vous d’aller explorer les réponses au Musée d’art contemporain.

Musée Exposition

Mode Expo 67 au Musée McCord : bien plus que de beaux habits

Le Musée McCord présente Mode Expo 67 pour redécouvrir les moments forts de cet évènement marquant de la métropole sous l’angle de la mode. Pièces d’anthologie, témoignages et nostalgie sont au rendez-vous. L’exposition est présentée jusqu’au 1er octobre 2017.

C’est dans le cadre du lancement du Printemps numérique au Musée McCord, lors du 5 à 9 intitulé « Montréal Fashion Tech », que j’ai eu l’occasion de m’exporter pour un moment en 1967. Le 5 à 9 a également été une occasion de découvrir plusieurs innovations technologiques et expériences interactives sous la thématique de la mode. Cynthia Cooper, conservatrice et commissaire de l’exposition, a décidé de présenter l’Expo 67 sous un angle très peu exploité jusqu’à maintenant, celui de la mode. Elle profita du 50e anniversaire de l’exposition universelle pour remémorer des souvenirs de cet évènement qui marqua à jamais le peuple québécois.

Rappelons que l’Expo 67, qui comportait 90 pavillons sur le thème « Terre des Hommes », avait pour but de faire découvrir les réalisations technologiques et industrielles des pays participants par la créativité, la modernité et le design. L’Expo 67, c’est 50 millions de visiteurs en 6 mois. C’est ce qui a mis Montréal sur la carte. En effet, l’Expo 67 fut bien plus qu’une fête foraine. C’était la première exposition en son genre au Québec. Les visiteurs ont eu l’occasion de goûter à des mets japonais, à en apprendre davantage sur la culture allemande et peut-être même de croiser Grace Kelly! Cinq dimensions étaient abordées dans le cadre de l’Expo 67: l’architecture, le design industriel et graphique, les médias, et bien sûr, la mode.

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Vitrine d’exception pour tous les designers et manufacturiers locaux, l’Expo 67 aura propulsé la carrière de plusieurs créateurs québécois qui se démarqueront sur le marché international. Les designers Michel Robichaud, Serge & Réal, Marielle Fleury et Jacques de Montjoye se sont fait d’ailleurs remarquer pour leurs créations, dont les uniformes des hôtesses de pavillons ayant marqué la mémoire des visiteurs. Quelques-unes de leurs créations sont présentées à l’exposition, dont une robe portée par la première dame de Montréal cette année-là, Madame Boucher Drapeau, créée par Robichaud. En complément à l’exposition, des entrevues ont été réalisées avec les designers pour en apprendre davantage.

L’exposition compte plus de 60 costumes,  de nombreuses créations de designers québécois en passant par une panoplie d’accessoires (chapeaux, gants, parapluies, sacs et bijoux, fourrure, etc.) tous avant-gardistes pour l’époque. L’exposition relate des faits impressionnants sur l’évènement international et des témoignages de créateurs de l’époque. En parcourant les différentes zones de l’exposition, on peut également y voir  des croquis, des photographies et des extraits vidéo d’archives pour vous plonger dans l’ambiance au-delà des mini-jupes et des cabans féminins.

Pour ceux et celles qui auraient voulu vivre l’expérience de l’Expo 67 ou la revivre, c’est une belle occasion de pouvoir connaitre cette page de l’histoire sous un autre angle. L’exposition est une invitation aux fashionistas aguerries, mais aussi aux novices de la mode. Personne ne peut être indifférent. On a la chance de pouvoir ressentir toute la frénésie de ce rassemblement historique en se remémorant son ampleur et en admirant les créations, les coupes et les matières extravagantes qui caractérisent si bien l’audace et l’effervescence des années 60.

L’exposition Mode Expo 67 est présentée jusqu’au 1er octobre 2017 au Musée McCord.

Musée Exposition

Un rallye familial pour revivre l’histoire!

Les traces du passé se cachent partout dans le paysage urbain, mais il est facile de passer à côté sans les apercevoir. Pour éveiller le sens de l’observation des Montréalais, le jeu historique «Pagaie à travers les époques» est offert gratuitement sur la place Jacques-Cartier, les fins de semaine de février et du 4 au 12 mars.

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Tout commence sur la place Jacques-Cartier, sous une tente au toit rouge, où des animateurs en costume d’époque accueillent les visiteurs. Quelques explications, un questionnaire et un crayon, et on est lâché sur la place à la recherche des réponses aux questions du quiz. Il y en a au total huit auxquelles on peut répondre en 10 à 15 minutes.

« Aucune connaissance en histoire n’est requise au préalable! », précise l’instigatrice du jeu, responsable de l’éducation au Musée du Château Ramezay, Louise Brazeau. « Toutes les réponses se trouvent sur la place, il suffit d’ouvrir l’œil. » C’est en effet en examinant les monuments et les bâtiments qu’il est possible de repérer les détails qui témoignent de l’histoire de la place Jacques-Cartier.

Une fois le questionnaire complété, les animateurs vous certifient « voyageur du temps » et offrent la possibilité de se photographier en costume avec le trophée du jeu, une pagaie d’or. Avis aux gourmands: finir le jeu donne aussi droit à un chocolat chaud à l’érable ou une tire à la boutique Délices Érable & Cie!

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« Pagaie à travers les époques » est une initiative du Château Ramezay – Musée et site historique de Montréal. L’objectif est de proposer une activité qui anime la place Jacques-Cartier en dehors de la haute saison, mais c’est aussi une manière ludique de prendre contact avec le patrimoine en famille ou entre amis.

« La place Jacques-Cartier est au cœur de l’histoire de Montréal », souligne Louise Brazeau. « Autochtones, officiers du roi, marchands… ils sont des millions à avoir foulé ce sol et nous voulons faire voir que la place s’est transformée et continue d’évoluer au fil des vies de ceux qui la parcourent et l’utilisent. »

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*Projet financé dans le cadre de l’Entente sur le développement culturel de Montréal par la Ville de Montréal et le ministère de la Culture et des Communications.

Rédigé par l’équipe du Château Ramzay

Musée Exposition

Le Musée McCord prend part au projet mondial Inside Out!

Le Musée McCord participe présentement au projet mondial Inside Out en mettant un visage sur 21 visionnaires qui participent activement au développement de notre ville dans une série de portraits affichés « hors les murs ». Œuvrant dans les domaines des arts et de la mode, du design et de l’urbanisme, du milieu communautaire et sociétal ou encore touchant aux nouvelles technologies, le travail de ces créateurs nous inspire et nous invite à repenser nos façons de faire et notre implication. Situés dans 4 sites extérieurs, vous aurez jusqu’au 26 février 2017 prochain pour être témoin de cette affichage murale réalisée.

Chaque action de groupe Inside Out à travers le monde est documentée, archivée et publiée sur le site internet officiel du projet. Plus de 260 000 personnes ont déjà pris part au projet et ce dans plus de 129 pays.


 

Entrevue avec Cindy Boyce, photographe derrière les 21 portraits du projet Portraits de visionnaires montréalais – Hommage à William Notman du Musée McCord

  1. Lorsque le Musée McCord t’a approchée pour ce mandat, étais-tu déjà familière avec le projet Inside Out et les projets artistiques de JR?

J’étais familière avec JR (l’artiste) et ses portraits Inside Out, mais je n’étais pas au courant de son passage aux conférences TED et de la démarche complète derrière son projet.

  1. Qu’est-ce qu’il y a de plus difficile dans l’art de faire un portrait?

L’enjeu le plus important est de mettre à l’aise son sujet: il faut l’amener à donner tout ce qu’il a, à se détendre et à nous faire confiance. La séance photo n’est pas une activité que l’on fait tous les jours et donc le processus peut sembler intimidant. Il en revient donc au photographe de créer une atmosphère chaleureuse et d’établir un contact avec le sujet pour développer son aisance devant la caméra.

  1. Qu’aimes-tu le plus dans l’art de faire un portrait?

Rencontrer une personne et la mettre en valeur! Peu importe le projet, j’essaie toujours que le résultat final soit à la hauteur du talent et de la personnalité de la personne photographiée; je veux faire ressortir tout ce qu’il y a de meilleur chez elle.  Partager ce moment privilégié, c’est une chose que je chéris beaucoup.

  1. Comment approches-tu un sujet lors d’une séance portrait? Quelles poses, quels conseils, quelles astuces utilises-tu?

J’essaie de le mettre à l’aise en lui parlant, en le faisant bouger pour qu’il varie ses expressions. Je lui montre aussi, dès le début, les images tests afin qu’il voit et comprenne le résultat voulu. Durant une séance photo, j’essaie que tout le monde s’amuse et vive un beau moment. À la fin du processus, je dévoile toujours les clichés au modèle, comme ça il a l’heure juste sur l’image qui sera véhiculée.

  1. De manière personnelle, comment crois-tu que l’art change ta vie au quotidien?

La photographie est un médium qui m’inspire au quotidien, m’ouvre aux autres et me permet d’être attentive à la beauté des petites choses, aux détails.

  1. Parmi les 21 Portraits de visionnaires montréalais que tu nous présente dans cette exposition, quelle histoire ou quelle cause est ton coup de cœur ?

Dans le cadre de ce projet, j’ai eu la chance de photographier 21 personnes aux visions plus stimulante et intéressante les unes les autres, alors la question est difficile! Je répondrais par contre avoir été témoin du travail extraordinaire de Maxim et Jérôme, cofondateurs de La Pépinière, en visitant à plusieurs reprises le Village du Pied Courant au cours des dernières années. Ces garçons ont vraiment réussis à créer un contexte propice à la réappropriation des lieux et à intégrer la population au cœur de leur projet. Ils sont un bel exemple d’innovation communautaire.

Je soulignerais aussi l’implication et le travail de Nahid Aboumansour de l’organisme Petites-mains, qui offre des formations professionnelles, du soutien et une prise en charge pour les femmes immigrantes les plus démunies afin qu’elles s’intègrent et vivent dignement. Nahid fait un travail colossal, c’est une femme très inspirante.

Coup de coeur aussi pour la Fée du Mile End, Patsy! On dit toujours qu’on veut changer le monde, mais commencer par son quartier, c’est une opération à plus petite échelle nettement significative.

  1. Quel est l’intérêt selon toi pour les œuvres d’être “hors murs” ?

Tous les gens présentés dans cette série ont donnés tellement à Montréal, je trouve que c’est un beau cadeau que de les afficher sur les murs de la ville en retour. Dans la rue, l’art est accessible, tangible.

  1. Est-ce que tu penses que l’art à ce pouvoir mobilisateur ?

Oui définitivement. L’art permet de rassembler et de mobiliser les gens à une cause, un mouvement, un loisir, un objet, un intérêt, etc. Il crée des liens, il ouvre des portes. Un exemple très concret serait justement ce projet. Le Musée McCord a réussi à mettre en relation 21 personnes qui ne se connaissaient pas nécessairement personnellement dans ce projet. Tous et chacun ont pu raconter leur histoire, tisser des liens, créer des opportunités.

L’installation Hors les murs Portraits de visionnaires Montréalais – Hommage à William Notman est présente dans 4 lieux extérieurs de la métropole jusqu’au 26 février 2017.  Rendez-vous au sur le site de La Vitrine pour connaître les emplacements et découvrir les profils des visionnaires.

Musée Exposition

Bien plus qu’un tube digestif – Le retour de Wim Delvoye

De retour à Montréal après 9 ans d’absence, Wim Delvoye revient nous gâter avec une exposition rétrospective à DHC/ART Fondation pour l’art contemporain. Délaissant cette fois-ci son célèbre Cloaca no. 5, c’est en exposant plus d’une cinquantaine d’œuvres qu’il nous démontre encore une fois son génie.

Ayant fait l’objet de fresques médiatiques depuis une bonne décennie, notamment pour sa machine “digestive” et pour le tatouage de peaux de cochons chinois, c’est en « faisant bien les choses » que Wim choisi de se réinventer et faire un pied de nez à ce que plusieurs s’emploient à défendre comme véritable « objet d’art »

Cette rétrospective nous permet de replonger dans quelques-unes des œuvres phares de l’artiste et de replacer en contexte les questions derrière sa démarche. On nous fait se questionner sur la nature de l’objet d’art, de quoi est-il constituer, quelle est sa valeur, tant bien marchande que culturelle que spirituelle.

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L’exposition s’étend sur plusieurs étages, le tout commençant au rez-de-chaussée avec l’imposante automobile d’aluminium embossé et un trio de sculptures tout aussi impressionnantes et minutieusement travaillées qui ne vont pas sans rappeler les cathédrales gothiques.

On aura la chance de revoir cette technique à l’embossage un peu plus haut dans les étages avec la série des valises sur roulettes. Situées sur le même plancher que les sculptures de pneus torsadés, ce fût pour moi un véritable coup de cœur de voir ses objets anodins du quotidien à qui on insuffle, par de multiples interventions manuelles, un air de prestige et de luxe.

Sculpture de pneus torsadés

La torsion, Wim Delvoye s’y adonnera également dans la série des crucifix. N’étant pas pratiquant ni même croyant, il choisira plutôt de travailler cet objet pour son caractère sacré et son universalité.  En le faisant tourner sur lui-même, on y décerne une pointe de sarcasme et on confronte le spectateur à remettre en question ses acquis.

Difficile de ne pas mentionner aussi dans cette rétrospective, l’exposition des peaux de cochons tatouées et des dessins préparatoires qui l’accompagnent.  On le sait, l’artiste a fait couler beaucoup d’encre à ce sujet, mais tatoueur de cochons depuis les années 1980, c’est un choisissant la peau de celui-ci qu’il réussit un coup de maître, à savoir rendre prestigieux et convoité un animal que l’on considère comme grossier. En s’assurant de leur offrir un habitat confortable et un traitement soigné, fait que le spectateur pourra constater dans un vidéo explicative au sous-sol de DHC/ART, Wim repousse les limites du marché de l’art et arrive encore une fois à redéfinir les règles du jeu.

 

Wim Delvoye en exposition à DHC/ART jusqu’au 19 mars 2017.

 

Musée Exposition

Photographe moderne… du XIXe siècle

Du 4 novembre 2016 au 26 mars 2017, le Musée McCord présente Notman, photographe visionnaire, une rétrospective des œuvres de William Notman (1826-1891), premier photographe canadien de renommée internationale.

Je me dirigeais au Musée McCord sans grandes attentes. William Notman ? Jamais entendu parler. J’observerais probablement de vieux portraits de modèles sans expression, historiquement intéressants, mais artistiquement sans intérêt. Je me disais que j’aurais fait le tour en une vingtaine de minutes et que je reviendrais à la maison assez tôt pour manger mon spaghetti en regardant une série. Mon attitude un peu nonchalante s’est pourtant reviré sur un dix cents en entrant dans la salle d’exposition où je suis restée quatre fois plus de temps que prévu, complètement intriguée par ce photographe visionnaire (le titre de l’expo est plutôt bien choisi), d’une autre époque.

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Né en Écosse en 1826, William Notman immigre à Montréal avec sa famille dans les années 1850 où il fonde son studio de photographie. Il bâtira le plus grand réseau de studios en Amérique du Nord au XIXe siècle. Surtout connu pour ses portraits mis en scène, il a également su témoigner de la colonisation du territoire canadien avec ses photos grandioses de paysages.

L’exposition est divisée en quatre zones : l’homme d’affaires, l’homme de réseau, l’artiste et le bâtisseur. Ces zones représentent Notman dans sa facette entrepreneuriale qui a fait de lui un homme prospère et dans sa vision de la photographie comme art et non comme un mode d’expression mécanique et figé.

L’exposition présente énormément de matériel. Portraits sur plaques de verre, petits formats, images de la construction du Pont Victoria, des annonces de Notman dans les journaux, des appareils photographiques, des tableaux composites et des photos de paysages. On y trouve les photos dans leurs formats originaux, mais on explore également l’œuvre de Notman par des recompositions vidéo, des projections ou encore à l’aide de bornes interactives mises à la disposition des visiteurs. De grandes photos rétroéclairées jalonnent le parcours.

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Une grande part de l’œuvre de Notman est composée de portraits de la noblesse plutôt classiques, mais il a toujours eu le sens de la mise en scène, pour élever ses images au rang d’art. Des portraits d’enfants jouant dans la neige étaient en fait complètement produits en studio avec des décors ou en créant des collages de photo. Le photographe a également créé d’imposantes fresques, nommées tableaux composites, où il reproduisait de grands événements mondains, mais en créant les portraits individuellement et en les regroupant dans des collages qu’il photographiait par la suite. Bien avant Photoshop, les photographes de l’époque, dont Notman, retouchaient leurs négatifs pour créer des effets ou rehausser des motifs.

Notman, photographe visionnaire, est une exposition extrêmement bien montée. Elle est le témoignage des balbutiements d’une démarche artistique et commerciale chez nous. J’ai finalement comblé ma faim de découvertes, plutôt que de spaghetti.

Musée Exposition

La photographie à l’honneur au Musée des Beaux-Arts

Ça y est l’automne est bien installé, et comme à chaque année, les premiers coups de froid nous saisissent violemment… on s’emmitoufle comme s’il faisait -15 et on grimace à s’en donner des rides au front. Mais, on sait très bien que l’ont finira par s’habituer. En attendant, j’ai décidé que c’était le temps d’aller faire le plein de beauté, et ce bien au chaud. Vous aurez deviné que je vous propose donc d’aller au musée.

Et tout comme à longueur d’année, la programmation actuelle des deux grands musées de Montréal est extrêmement riche.  On nous présente les oeuvres d’artistes de tout genre; ici passionnés, ici engagés, ici utopiste, mais quelque soit la démarche artistique, on en sort toujours rempli et émerveillé.

Hier, je suis allée visiter les deux expositions de photos qui ont débuté ce mois-ci au Musée des Beaux Arts.

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Tout d’abord c’est au sous-sol que je me suis dirigée, pour aller voir le travail d’une trentaine de photographes canadiennes et américaines, qui, part le biais de leurs objectifs, nous propose une réflexion. Parfois ce sera sous la forme d’un tableau insolite, d’un paysage, de portraits stoïques racontant une histoire, ou d’images troublantes exposant la réalité de certaines. Nous sommes aussi attendries par une série d’images signées Claire Beaugrand-Champagne, photographe québécoise de talent, qui choisit cette fois de poser son appareil sur les personnes âgées dans toute leur noblesse. Il y aura quelques oeuvres de Geneviève Cadieux et d’Isabelle Hayeur également, nous rappelant à quel point nous sommes riches de nos brillants artistes au Québec.

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Que ce soit au nom des femmes, de l’art, ou tout simplement par amour pour la photo, l’exposition Elles Photographes mérite d’être vue.

 

La deuxième partie de ma visite a été allouée à l’expo vedette du moment; la rétrospective consacrée à l’un des plus célèbres photographes américains des années ’80, le controversé Robert Mapplethorpe. Le musée nous présente l’ensemble de son oeuvre, partant de la fin des années 1960 jusqu’à sa mort précoce, en 1989.

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On reconnait les images de Mapplethorpe, majoritairement noir et blanc, par l’intensité des contrastes, les noirs très noirs et les blancs très blancs. Je dirais qu’elles se distinguent aussi par leurs jeux d’angles, de formes, et de symétrie, d’ailleurs il le dira lui-même un jour;  “Je cherche la perfection dans la forme, je fais cela avec les portraits, je le fais avec les sexes, je le fais avec les fleurs.”

Il se sera intéressé aux trois mêmes sujets tout au long de sa carrière; les portraits (souvent  de célébrités et d’amis), les corps d’hommes nus, immortalisés de façon sculpturale et parfois troublante, et finalement les fleurs, délicates et élégantes, toujours éclairées à la perfection et traitées avec méticulosité, ressemblant davantage à des peintures qu’à des photographies.

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Cette exposition nous propose le parcours et le regard unique d’un homme fascinant ayant imposé son art révolutionnaire à l’ère de la contre-culture. À voir!

Elles, jusqu’au 19 février 2017

Focus: perfection Robert Mapplethorpe, jusqu’au 22 janvier 2017

 

Musée Exposition