(Re)découvrir l’art urbain de Montréal avec le Festival MURAL

Cela fait maintenant six ans que le festival MURAL s’attache à faire rayonner Montréal comme destination incontournable pour l’art urbain, n’ayant rien à envier à Berlin, Londres ou NYC. L’édition 2018, c’est une vingtaine de nouvelles murales produites, ainsi qu’une multitude de concerts, expositions et autres événements, sur une durée de onze jours. Parmi les muralistes invités cette année, on retrouve des artistes bien connus des amateurs du genre, aussi bien internationaux (Poni, Smithe et Saner du Mexique, Tristan Eaton, Michael Reeder, Drew Merritt et Cryptik des USA, l’Espagnol Demsky et le Britannique Ben Eine) que canadiens (WhatIsAdam, Sandra Chevrier, STARE , Waxhead, Le Monstr, etc.).

Pour profiter au mieux de l’expérience, rien de mieux qu’une visite guidée! Un(e) passionné(e) vous emmène pour un parcours-découverte d’une sélection de murales anciennes, récentes et en cours de réalisation, en français ou en anglais. On peut passer régulièrement à pieds sur le parcours du festival sans en apprécier pleinement les richesses. Le tour permet de prendre le temps de lever le nez et d’observer, pour vraiment se rendre compte de la chance que nous avons, car la ville est une galerie à ciel ouvert. Rien que pour la partie “officielle”, le festival a commissionné une centaine d’oeuvres depuis ses débuts, dont certaines repeintes sur des anciennes – une courte durée de vie étant l’une des caractéristiques spécifiques à l’art urbain. On trouve les murales principalement sur le Boulevard Saint Laurent et dans les rues adjacentes, à partir de Prince Arthur et en montant vers le Nord.

Sous un grand soleil, nous sommes donc une quinzaine de curieux à retrouver notre guide Jacynthe, que nous ne quitterons finalement que près de 2h30 plus tard au lieu d’1h30 annoncée, car elle a énormément de choses à nous montrer et à nous apprendre. Elle nous transmet les clés d’interprétation communiquées par les artistes eux-mêmes lorsqu’ils se prêtent à l’exercice, et les fruits de ses propres recherches et réflexions dans le cas contraire. Chaque arrêt devient également une opportunité d’en apprendre plus sur l’univers du street art, les enjeux qui lui sont propres, ses grands noms et ses techniques. On découvre les différents profils et approches des muralistes, dont beaucoup ont une formation en art, certains en design graphique. On en rencontre quelques-uns en pleine création, qui nous donnent envie de repasser une semaine plus tard pour voir l’oeuvre terminée. En évoquant le nom incontournable de Banksy, on aborde la question de la commercialisation de l’art de la rue. En observant tout au long du parcours plusieurs hommages à l’artiste montréalais Scaner, récemment décédé, on découvre une communauté solidaire et des collectifs tissés serré, en dépit des rivalités. Jacynthe nous fait rire en nous donnant un aperçu de ce qu’elle nomme la “hiérarchie du cool” dans la rue, qui repose sur des critères tels que la hauteur et l’accessibilité de l’emplacement des tags, leur taille, la prise de risque par rapport aux interventions policières (si plusieurs couleurs sont utilisées, cela signifie que la personne transporte plusieurs bombes avec elle, et donc qu’il lui sera moins facile de courir), le temps passé sur le tag (des lettres remplies ont un plus haut degré de coolness que des lettres vides), etc.

Pour poursuivre l’expérience après la visite, on trouve sur le site du festival une liste des artistes ayant participé depuis la première édition ainsi qu’une précieuse carte interactive des murales. Hors-festival, Spade & Palacio offre également des tours commentés tous les samedis et dimanches jusqu’à la fin de l’été. On ne peut que recommander ces balades hautes en couleurs!

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Depuis que Montréal m’a accueillie il y a quelques mois, je découvre avec bonheur ses festivals si nombreux, ses salles de spectacles, sa vie nocturne, ses a...