Longue vie au MUP, festival international humaniste de courts-métrages

Les 27 et 28 avril se déroulait dans la galerie Artgang la seconde édition du MUP, festival de courts-métrages venus des quatre coins du monde. Entre fiction et documentaire, entre voix émergentes et de professionnels établis, tous ont pour point commun de placer l’humain au cœur de leur création, chacun à leur manière.

Cette année, les six jeunes cinéphiles qui composent l’équipe du festival ont présenté une très belle sélection de 33 courts-métrages venus de 17 pays, classés en 2 catégories : courts et très courts. Étendu sur une soirée et une journée complète, le programme du festival a été dense. Avec une seule salle de projection, le spectateur passionné peut voir l’ensemble des films s’il le souhaite, sans avoir à faire de choix. Présentés par « blocs » de trois ou quatre, ils sont habilement rassemblés par thèmes ou atmosphère générale pour assurer la cohésion de l’ensemble et la mise en valeur de l’une des plus belles caractéristiques du format court : quand ça fonctionne, quelques minutes suffisent pour raconter une histoire et plonger le public dans un univers unique. De courtes sessions de questions – réponses avec les réalisateurs viennent compléter l’expérience de visionnement, et entre chaque séance, on est invité à découvrir l’exposition de l’artiste AJ et profiter des intermèdes musicaux du DJ StaySaint. L’événement se clôture, après la remise des prix, par une soirée survoltée aux accents funk, soul et hip-hop. Des éléments qui contribuent à installer l’ambiance festive et conviviale du festival.

Composé de Julie Janssens, Simon Gaudreau et Jesse Noah Klein, tous trois professionnels du cinéma, le jury a récompensé trois films dans chacune des deux catégories. Pour les très courts, État d’alerte sa mère (Sébastien Petretti, Belgique), No Sleeping (Emmanuel Levy, Pologne) et Learning from the land (Julio Saavedra Castro, Mexique) se partagent le podium. En première place très méritée, l’excellent film belge présente une société en état d’urgence dans laquelle les violences policières ne choquent plus personne et font partie du quotidien des deux personnages principaux, qui poursuivent nonchalamment leur récit de leur soirée de la veille pendant qu’ils se font rouer de coups sans explication au commissariat. Une comédie grinçante et efficace. Du côté des (un peu moins) courts, les films récompensés se nomment Written / Unwritten (Adrian Silisteanu, Roumanie), Le corps des vieux (Louise de Prémonville, France) et #6261 (Kimura Byol – Nathalie Lemoine, Canada). Coup de cœur pour le deuxième prix, Le corps des vieux, un film très touchant qui aborde tout en finesse le sujet peu commun de la sexualité des personnes âgées à travers les prismes de la maladie et des questions qu’elle pose en terme de consentement. La sélection comportait de nombreuses autres pépites à découvrir. Pour n’en citer qu’une, Amos Beauty (Les Frères Lazer, Canada) prend la forme du « documenteur » pour investiguer sur des événements mystérieux qui se seraient produits dans la ville d’Amos, en Abitibi, à la fin des années 80, à la suite du déménagement d’un vieux cimetière.

Ce fut un beau succès pour cette seconde édition du MUP, rendez-vous des amoureux du septième art et autres curieux. À suivre de près l’année prochaine ! Au fait, MUP est l’acronyme de Mange Un Poulpe… il y a des pourquoi auxquels on ne peut répondre qu’avec un pourquoi pas.

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Depuis que Montréal m’a accueillie il y a quelques mois, je découvre avec bonheur ses festivals si nombreux, ses salles de spectacles, sa vie nocturne, ses a...