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«You do not have to sit there quiet»

Le Harlem Gospel Choir, l’une des plus, sinon la plus légendaire chorale gospel des États-Unis, donnait le 30 juin dernier, au Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts, un concert dans le cadre du Festival international de Jazz de Montréal. La chorale, qui existe depuis maintenant trente et un ans, a livré une représentation, tout en force et en simplicité, pendant quatre-vingt-dix minutes qu’on ne voit franchement pas passer!

Dès l’ouverture du spectacle nous sommes avertis, « you do not have to sit there quiet », notre présence n’est pas une invitation à la contemplation. De toute façon, impossible de rester impassible devant cette chorale de neuf talentueux et dynamiques chanteurs. Leur énergie est inépuisable, aussi forte et imposante que leurs voix, que vous soyez venu seul ou accompagné, vous n’hésiterez pas à chanter et voir même à danser avec votre voisin. Ce spectacle est une ode à la joie de vivre, au partage et il se dégage un puissant sentiment de communion avec toute la salle.

Leur répertoire s’étend du classique Happy Day jusqu’à Happy de Pharell William, en passant par Celebration de Kool and The Gang. Les chansons y sont majoritairement très rythmées à l’exception de leur version de Amazing Grace. La représentation comprend tout de même de nombreux intermèdes, ces petites pauses sont utilisées notamment pour parler de leur travail de collecte de fonds pour la fondation Operation smile, mais aussi afin de faire participer le public. Vous avez été averti, le Harlem Gospel Choir aime et raffole d’un public participatif et communicatif. Ainsi, l’ensemble interagit à différents moments avec le public et permet même à certains spectateurs de pousser un peu la note lors d’une sorte de karaoké improvisé. Plutôt risqué, mais à l’instar de refroidir la salle ou du moins les spectateurs sélectionnés, ce moment donne à entendre et à voir des gens généreux et plutôt talentueux!

Si vous n’avez pas vu le Harlem Gospel Choir, je vous recommande de ne pas les manquer lors de leur prochain passage à Montréal. Heureusement pour vous quelque chose me dit que nous les reverrons très vite.

Musique
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Double frisson

Le théâtre Maisonneuve de la Place des Arts accueillait le 14 juin dernier Louis-Jean Cormier et Martin Léon en programme double. Deux spectacles, une seule soirée, double plaisir.

 Je crois que tout le monde qui s’est présenté au théâtre Maisonneuve mercredi dernier ne savait pas exactement à quoi s’attendre de cet événement présenté dans le cadre des Francofolies. Les seuls programmes double auxquels j’avais assistés dans ma vie se traduisaient par un sac de réglisses,  une voiture, des superhéros américains et des singes génétiquement modifiés au ciné-parc. Un programme double incluant Louis-Jean Cormier et Martin Léon ? À des milles des blockbusters estivaux.

Première partie

 Ce sont deux spectacles bien distincts que le public a pu apprécier. Même si Louis-Jean Cormier se plaisait à dire qu’il faisait la première partie de Martin Léon, c’est un spectacle complet de 1h30 qu’il a présenté. Bien plus qu’un simple amuse-bouche.

De l’humour, de l’intelligence, de la répartie; Cormier a mis les spectateurs dans sa poche dès le début du spectacle. Cette formule solo, où il n’est accompagné sur scène que par sa guitare, a été créée pour se déplacer dans les petites salles de la province, pour jouer des chansons « déshabillées ».

Si le public semblait un peu gêné de chanter dans la prestigieuse salle, l’auteur-compositeur-interprète a su le dérider en lui offrant une leçon de musique pour le faire jouer aux choristes sur Tout le monde en même temps. Il s’est également rappelé sa première fois à la Place des Arts avec Karkwa en interprétant Moi léger, au grand bonheur des nostalgiques du défunt groupe.

Un rappel à une première partie ? C’est la magie de Louis-Jean Cormier qui a interprété une nouvelle chanson et donné les derniers frissons de sa prestation pendant Deux saisons trois quarts.

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 Deuxième partie

 Le second spectacle de la soirée a débuté à 22h00. Et ce fut du costaud. Martin Léon, aussi décontracté qu’à l’habitude, s’est présenté sur scène accompagné de neuf musiciens. Pianiste, harpiste, guitariste (en la personne de Louis-Jean Cormier) flûtiste, choristes et j’en passe! On allait assister à un événement musical de grande envergure.

Ceux qui ont vu la série carte blanche de Martin Léon au théâtre de Quat’sous, il y a quelques années, ont reconnu une mise en scène semblable avec ses présentations vidéo et photo de ses récits de voyage asiatique, mais en formule beaucoup plus élaboré.

Continent ayant marqué la création de l’album Les atomes, l’artiste a raconté les anecdotes l’ayant inspiré. Les spectateurs ont également eu droit à une explication poétique et scientifique de l’atome menant à la chanson Va savoir pourquoi et à un karaoké sur le plus ringard des films asiatiques pendant C’est ça qui est ça.

Martin Léon a enveloppé tout le théâtre Maisonneuve de sa poésie jusqu’à lui mouiller les yeux pendant J’aime pas ça quand tu pleures chanté simplement et intimement, accompagné seulement d’une guitare et d’un violoncelle au bord de la scène pendant que le reste de l’orchestre avait quitté en coulisse.

Dans une ultime chanson, ce programme double a été couronné par un duo tout en douceur de Louis-Jean Cormier et Martin Léon en version acoustique pour Je redeviens le vent.

Des frissons pendant trois heures… et on en aurait redemandé encore.

Musique
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Quoi voir au Festival du Nouveau Cinéma

Dans quelques jours débutera la 45e édition du Festival du nouveau cinéma à Montréal. Depuis 1971, le FNC a comme mission de célébrer le 7e art en le mettant de l’avant sous toutes ses formes et en servant de tremplin pour certaines œuvres inédites. Avec une programmation de plus de 300 titres internationaux; longs métrages, courts métrages, documentaires, installations multimédias, conférences et autres évènements, présentés dans 11 lieux différents de la métropole, il y aura de quoi être divertie.

Le film de Kim Nguyen, Two Lovers And A Bear, ouvrira le festival le 5 octobre au Théâtre Maisonneuve, sous invitations seulement. Présenté à la Quinzaine des réalisateurs au Festival de Cannes cette année, le nouveau film du réalisateur de Rebelle est grandement attendu. À noter que le film prendra l’affiche deux jours plus tard à Montréal.

En primeur cette année, la SAT (Société des arts technologiques), explorant le futur du cinéma en collaboration avec le FNC depuis 2007, nous présentera FNC eXPLore. Cette nouvelle section entièrement gratuite du festival, nous offre la possibilité de vivre l’expérience de la réalité virtuelle et d’assister à des conférences sur le sujet. À travers une série d’oeuvres innovantes, nous pourrons plonger dans l’imaginaire d’un de ces créateurs du futur et de s’envoler dans un monde initiatique sensoriel.

À mettre à l’agenda dans cette catégorie:

  • Late Shift de Tobias Weber, premier film cinématique interactif au monde.
  • Be Boy, Be Girl de Frederik Duerinck & Marleine van der Werf, une expérience multisensorielle.
Be Boy Be Girl

Be Boy, Be Girl

Dans la catégorie « compétition internationale », courtes et longues histoires ardentes venant des 4 coins du monde et tous en lice pour les Oscars, je vous propose la sélection suivante :

Maudite Poutine

Maudite Poutine

Pour ce qui est des films venant du Québec et du Canada, voici ceux qui sont marqués à mon calendrier :

  • Mean Dreams de Nathan Morlando, v.o.Anglaise
  • Stealing Alice de Marc Séguin, v.o. Française
  • WereWolf de Ashley Mckenzie, v.o. Anglaise
  • Tout simplement de Raphaël Ouellet, v.o. Française, s.t. Anglais
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Mean Dreams

Dans la catégorie des oeuvres « mordantes » de réalisateurs « rebelles », voici la liste de ceux qui ont attiré mon attention :

  • Alipato : The Very Brief Life Of An Ember de Khavn De La Cruz, v.o. phillipino, s.t. Anglais
  • Antiporno de Sion Sono, v.o. Japonaise, s.t. Anglais
  • The End de Guillaume Nicloux, v.o. Française, s.t. Anglais

Ensuite, il faudra voir le documentaire Le peuple interdit d’Alexandre Chartand qui traite du mouvement indépendantiste en Catalogne. Et puis, A quiet Passion, le film biographique de la poète Emily Dickinson réalisé par Terence Davies. Les Colons de Shimon Dotan, film présenté dans plusieurs festivals cette année. Pour en savoir plus sur l’histoire de cette communauté controversée que sont les colons israéliens.

Le Peuple Interdit

Le Peuple Interdit

Dans les « Incontournables ! » à voir, American Honey de la réalisatrice Andrea Arnold mettant en vedette Shia Leboeuf. Pour les cinéphiles endurcis, il y aura le tout récent film de Wim Wenders, Les beaux jours d’Aranjuez, l’adaptation d’une pièce de théâtre. Pour ceux qui auront envie d’une comédie romantique, je propose le film Français-Islandais; L’effet aquatique de Solveig Anspach. Et parce que je suis une amoureuse des images, je suggère d’aller voir The Land of the enlightened de pieter-jan de pue, qui a remporté le prix de la meilleure photo au festival Sundance cette année. ET bien sûr son Making-Of, The Last Omelette, qu’il faudra voir ne serait-ce que pour apprécier d’autant plus le film qui aura pris 7 ans à tourner, et ce dans les conditions extrêmement précaires et dangereuses que sont celles de tourner un film en zone de guerre.

Et pour clôturer notre aventure cinématographique, le festival présentera Maliglutit de Zacharias Kunuk qui fait un retour au FNC après 15 ans. On se rappelle qu’il aura remporté la caméra d’or au Festival de Cannes pour son film Atanarjuat, la légende de l’homme rapide en 2001.

Bon festival à tous!

Cinéma
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Galerie photo : Cirkopolis

Jeudi dernier avait lieu la 400e représentation du spectacle Cirkopolis du Cirque Éloize au Théâtre Maisonneuve. Pour l’occasion, notre photographe était sur place pour immortaliser le spectacle qui s’en va se produire au États-Unis cet été.

Crédit photo : Renaud Vinet-Houle

 

 

Cirque
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Galerie Photo : Préludes

Jusqu »au 19 mars, les Grands Ballets canadiens présentent Préludes au Théâtre Maisonneuve. Le programme double comprend La lueur de l’aube, un hommage au génie de Sergei Rachmaninoff par Ken Ossola, et RE (II) une invitation au voyage de Shen Wei.

Crédit photo : Renaud Vinet-Houle

Danse
Decembre

Retrouver la magie des Fêtes

Si l’absence de neige vous empêche de trouver la magie des Fêtes, voici un bon remède qui fonctionnera à tout coup : le spectacle Décembre de Québec Issime. Présentée pour une 13e année, cette production d’envergure, qui réunit une vingtaine d’artistes sur scène et autant dans les coulisses, est de retour à la Place des Arts.

Un seul mot : MAGIQUE ! Dès les premières secondes, vous aurez l’impression de redevenir l’enfant que vous étiez à l’approche de Noël. Des décors grandioses, des costumes recherchés, le meilleur de la musique des Fêtes, tout est présent pour vous emporter dans la frénésie de cette rassembleuse période de l’année.

Les talentueux chanteurs, danseurs et musiciens vous transporteront dans leur univers d’émerveillement. Tout y est : du parvis du village, aux courses de dernières minutes, passant par la messe de minuit et la chasse-galerie jusqu’à la festive veillée du Jour de l’An. Toute la famille sera ravie et comblée par cet univers rempli de belles histoires ! Vous allez également être charmés par la pureté du talent des jeunes chanteurs présents dans le spectacle, ils sont tout à fait charmants et ajoutent une touche de « merveilleux » !

Assurément un spectacle à voir en famille pour vous mettre dans l’ambiance festive des Fêtes ou tout simplement pour avoir l’impression de renouer avec l’enfant en vous pendant quelques heures. Plaisir garanti !

Le spectacle Décembre est présenté jusqu’au 30 décembre au Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts. 

Musique
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La Jeune Fille et la Mort : Renaissance

Les Grands Ballets Canadiens clôt leur saison avec La Jeune fille et la Mort de Stephan Thoss, une pièce basée sur une dualité primaire de notre existence : l’indissociabilité de la vie et de la mort.

Résolument contemporain, ce ballet mise sur l’abstraction pour dévoiler l’acceptation d’une évidence : « Vivre c’est mourir ». La réflexion de Stephan Thoss l’a amené à redéfinir cette notion funeste qu’est la fin d’une vie. Funeste seulement dans certaines croyances, car pour d’autres, la mort n’est pas une fin en soi. C’est ainsi que le chorégraphe a choisi de mettre en scène un équilibre et un ensemble. S’inspirant de notions contraires  (le ying et le yang, le blanc et le noir, inspirer et expirer), il propose une exploration à base de symboles et de complémentarités.

crédit photo : Damian Siqueiros

crédit photo : Damian Siqueiros

Ces symboles, nous les retrouvons aussi à travers les quatre éléments : l’eau, le feu, la terre et l’air. Ces éléments, qui ponctuent le parcours cyclique du monde et celui de la chorégraphie, sont personnifiés par quatre danseuses. Leurs costumes sont les seuls à être confectionnés d’étoffes de couleurs, contrastant avec le noir et la simplicité des autres. Ces éléments inspirent le langage corporel et le mouvement dont l’influence expressionniste transmet bien une agitation intérieure et un combat contre le monde extérieur et ses absolus. Nous assistons alors à une déconstruction des certitudes figées, à une sorte de lâcher-prise.

crédit photo : Damian Siqueiros

crédit photo : Damian Siqueiros

La Jeune Fille et la Mort est fait de tableaux, tantôt lumineux, tantôt remplis de noirceur. Dans un décor sobre et encadré  (fenêtres, portes et tables), « la jeune fille » évolue et côtoie la Mort, ce personnage vêtu de noir. Entre fascination, peur et, finalement, acceptation, les danseurs nous font vivre des émotions contradictoires qui se dégagent de leurs enchainements énergiques sur une trame musicale qui épouse à merveille l’intensité du ballet. En effet, des créations de Phillip Glass, de Franz Schubert et de plusieurs autres talentueux musiciens amènent une touche onirique à ce spectacle déjà chimérique.

La Jeune Fille et la Mort sera présenté jusqu’au 23 mai 2015 au Théâtre Maisonneuve de La Place des Arts.

 

Danse
Crédit: Jocelyn Michel

Louis-José Houde : charme explosif

C’était soir de première médiatique le 13 février dernier alors que Louis-José Houde lançait son troisième one man show intitulé Les heures verticales. À cette occasion, près de 1 400 personnes – adeptes, journalistes, amis et professionnels de l’industrie – se sont réunis au Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts afin de découvrir le fruit de son travail, après ces dernières années d’écriture et de préparation.

À pareille date, ou presque, en 2010, Louis-José Houde terminait une tournée de 400 spectacles de son deuxième opus, Suivre la parade. À peine le rideau était-il tombé que déjà, le public en redemandait. À preuve, à l’automne 2012, bon nombre de spectacles affichaient complets et plus de 100 000 billets avaient déjà trouvé preneurs (et avaient fait autant d’acheteurs heureux). Quelques années plus tard, son retour sur scène est un véritable cadeau. L’attente, très longue pour plusieurs, en aura certainement valu le coup.

Après une première partie assurée par le coloré François Bellefeuille (gagnant du prix Révélation Juste pour rire 2010), Louis-José prend place sous les projecteurs, avec pour seul accessoire, s’il en est un, un tabouret. S’enchaînent ensuite quelques mots de bienvenue et remerciements sincères, joyeusement étouffés par des applaudissements enthousiastes.

Et puis, voilà, coup de canon; le départ est donné.

Guerrier sur deux pieds
À le voir aller, on se demande à quoi il carbure, où il trouve toute cette énergie. Mais bon, c’est Louis-José après tout! Avec toute la fougue qu’on lui connait, il passe d’un sujet à l’autre, puisant ses anecdotes tantôt parmi ses souvenirs d’enfance et d’adolescence, tantôt dans son quotidien. Et malgré sa cadence rythmée, il ne s’essouffle jamais, pas même après 90 minutes de prestation, et ce, sans entracte. Le public attentif est ravi.

Dès son arrivée, l’humoriste explique brièvement l’idée derrière Les heures verticales, un titre qui réfère à l’expression de Louis-Ferdinand Céline, célèbre écrivain français. Les heures verticales, se sont, pour l’auteur, ces instants dans une vie où il faut rester fort même lorsqu’on éprouve des revers. Louis-José a su y trouver l’inspiration pour concevoir un spectacle brillant, au contenu riche et varié et un peu plus personnel. Il a choisi d’y apporter son lot d’histoires impliquant sa famille, le temps de raconter l’aventure du brunch de Pâques ou de détailler les cocasseries d’une visite chez sa grand-mère.

Crédit: Jocelyn Michel

Crédit: Jocelyn Michel

Générations d’hier et d’aujourd’hui
À 35 ans, Louis-José Houde fait le constat de plusieurs choses. Des choses, si on se fie à lui, qu’on ne réalise qu’avec le temps. Et justement, celui-ci file à une vitesse folle, de telle sorte qu’à notre réveil, on aperçoit les premiers cheveux blancs. Si les générations qui le précédent supportent les contrariétés sans difficulté, sa génération, celle « Passe-Partout », comme il se plait à l’appeler, n’adopte définitivement pas le même comportement. Elle maugrée et se plaint, pour pratiquement tout, et rien, préférant rejeter la faute sur le manque de temps. Sa réflexion humoristique, mettant en scène ses parents et les gens de leur âge, est d’une justesse alarmante, si bien qu’elle permettra, aux futurs milliers de spectateurs trentenaires, de prendre (enfin) quelques minutes pour se regarder.

Chose certaine, c’est que tout est drôle avec lui, même les sujets plus sérieux. Le vieillissement, les peines d’amour ou le célibat sont autant de moments verticaux auxquels, tôt ou tard, chacun devra faire face. Mais Louis-José, avec ses expressions et ses gestuelles, aborde ces thèmes avec une telle légèreté que même l’infortune et les malheurs parviennent à nous faire rire. Se tenir debout n’aura jamais semblé être aussi facile.

Tournée 2013 : Louis-José sera de retour dans la métropole du 6 au 9 mars 2013 ainsi que du 24 au 27 avril 2013. Quelques arrêts dans plusieurs grandes villes du Québec sont également prévus à l’horaire, du 20 février au 19 décembre 2013.

Humour
Verita@VivianaCangialosi

Fleurs de pissenlits et rhinocéros au théâtre Maisonneuve : La Verità

C’est une histoire d’amour folle et paranoïaque, c’est présentée par un duo, dans la plus grande tradition du cirque, ça se conclut sur des mots d’amour, c’est La Verità. Un spectacle écrit et mis en scène par Daniele Finzi Pasca, interprété par la nouvelle Compagnie Finzi Pasca, présenté conjointement avec la Place des Arts, au théâtre Maisonneuve. Vous auriez eu jusqu’au 3 février pour vous y présenter, merci aux supplémentaires, vous aurez jusqu’au 9 février 2013 pour vous asseoir et tressaillir à chacune des courbettes et pirouettes de cette ribambelle d’interprètes.

La Verità. Photo par : Viviana Cangialosi

Vous avez certainement entendu parler de ce spectacle par le biais de cette fameuse toile de 9 par 15 mètres que Dalí a peint pour un ballet, Tristan Fou, présenté au Metropolitain Opera à New York en 1944. Non? Vous n’aviez pas remarqué la moustache de Dalí sur les affiches? De façon générale, je ne suis pas spécialement attirée par les peintures de Dalí. J’étais quelque peu craintive au sujet de la toile et du rôle qu’elle jouerait dans la pièce. Néanmoins, la crainte n’est pas garante de l’avenir. Le rideau se lève, un autre descend, et le rideau se lève de nouveau. Chut!!!! Ça commence.

La Verità. Photo par : Viviana Cangialosi

Dalí a rencontré Gala en 1929 et ils sont tombés amoureux fou l’un de l’autre. Ils se sont épousés quelques années plus tard, en 1932. Ce n’est que la mort qui les séparera alors qu’elle s’éteint en 1982. Elle est partout dans ses peintures, modèle et inspiration. Le spectacle est également une histoire de rencontres fortuites débutant avec Dalí qui rencontre Gala, Dalí et l’Amérique, Dalí et l’opéra, Tristan et Iseult, la toile et Daniele Finzi Pasca, et tous ces couples sur scènes, de par leurs gestes d’entrelacement qui s’approchent et se rapprochent, se supportent mutuellement, sur une barre, à l’intérieur d’une sphère, accrochés à une pyramide ou a même le sol.

La Verità. Photo par : Viviana Cangialosi

Les différents objets qui occupent la toile deviennent des éléments scénographiques, jamais inaperçus. L’ambiguïté sexuelle des figures et des corps nous accompagnent tout au long du spectacle, faisant fi de nos attentes face au genre des danseurs et danseuses. Les fleurs de pissenlits chatouillent le regard. Elles apparaissent dans la première partie, en arrière-fond d’un numéro où deux acrobates, suspendus à une pyramide de fer, s’enlacent, se frôlent. Le fond est complètement blanc, d’une lumière spectrale, qui maintient notre regard sur le contact corporel du couple. Une file de pissenlit entre en scène, par la droite, accompagnée d’un rhinocéros, leurs costumes argentés composés de petits miroirs qui nous réfléchissent. Ils ressortent, par la gauche, ils ont fait tableau. Après l’entracte, dans la deuxième partie, les pissenlits réapparaissent. Un champ de fleurs de pissenlits blancs. L’acrobate s’entortille sur un ruban rouge, d’inquiétantes poupées, animées et inanimée, se promènent et sortent de scène. Le rideau tombe, c’est de nouveau Tristan Fou. Est-ce le jour? Est-ce la nuit? Ne serait-ce pas plutôt un rêve? Le soleil se lève, le ciel c’est la mer.

La Verità. Photo par : Viviana Cangialosi

À la fin de la présentation, toute la salle frappait des mains, donnant le rythme à une ronde clinquante. Enfin, le public s’est progressivement levé pour une ovation, frappant encore des mains d’une rythmique entraînante. Ce numéro à saveur de French Cancan a fait tout un tabac. Tous vêtus d’une robe, qui, a bien y regarder, leur est singulière, ils tournaient, certains dans d’immenses cerceaux, d’autres autour de la scène. Dans le même décor que la première scène, les rideaux de scène, magnifiques, ainsi que cette fabuleuse tête de cheval suspendue dans les airs, le spectacle s’est conclu. Des plumes blanches du début à la frénésie finale, de belles images en tête, je suis rentrée chez moi heureuse de m’être plongé dans cet univers entre cirque et art.

Cirque