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Rendez-vous du cinéma québécois

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Rendez-vous amoureux

Il est 18 h. Je prends une douche rapide et me maquille légèrement. Je choisis avec soin ma tenue;  j’y vais pour une jolie robe bleue.  Un dernier regard dans le miroir et hop, j’enfile mon manteau. C’est que ce soir, j’ai un rendez-vous… avec Podz, Dolan, Émond, Nguyen, Ouellet… pour une soirée cinéma inoubliable. Et je ne suis pas la seule; c’est pratiquement un speed dating pour tous les amoureux du cinéma d’ici, qui sont attendus aux Rendez-vous du cinéma québécois. La St-Valentin a bien beau être terminée, il y a de l’amour dans l’air…

Du 21 février au 3 mars 2013, les Rendez-vous du cinéma québécois offrent aux amoureux du cinéma d’ici une programmation avec quoi se remplir le cœur, à rebord. Adaptés à toutes sortes d’obsessions, les Rendez-vous proposent une offre généreuse et diversifiée; courts et longs métrages, documentaires, films d’animation, activités complémentaires, et j’en passe.

Malgré de nombreuses compressions budgétaires imposées par Harper dans le milieu des arts et des festivals – pensons notamment à la fermeture du Cinéma ONF – les Rendez-vous sont de retour pour une 31e année plus forts que jamais, avec une programmation riche et alléchante. Faut dire que l’année 2012 fut une année de bons crus pour le cinéma québécois, et ce, même si certains Guzzo de ce monde ont pu dire le contraire…

Scène du film Camion de Rafaël Ouellet

Scène du film Camion de Rafaël Ouellet

Une fête, une célébration de notre cinéma, voilà ce que sont les Rendez-vous du cinéma québécois. En plus de proposer le plus grand nombre d’œuvres québécoises, il s’agit d’une vitrine exceptionnelle pour les jeunes cinéastes d’ici. Pour le grand public, c’est l’occasion en or de rencontrer des professionnels du milieu, de faire de belles découvertes cinématographiques, et bien entendu, de se divertir!

Cette année, des centaines de projections sont présentées, dont le long métrage Rebelle de Kim Nguyen, nominé aux Oscars. Un bel exemple de film québécois qui aura fait le tour de la planète en 2012. D’autres excellents films seront présentés dans le cadre des Rendez-vous, dont L’affaire Dumont de Podz, Camion de Rafaël Ouellet, Inch’Allah d’Anaïs Barbeau-Lavalette, un film magnifique sous toile de conflit palestino-israélien, Ésimésac de Luc Picard, Laurence Anyways de Xavier Dolan, film pour lequel il aura d’ailleurs foulé le tapis rouge à Cannes, etc. Et le meilleur dans tout cela, c’est que ces films ne sont que la pointe de l’iceberg.

Inch' Allah d'Anaïs Barbeau-Lavalette

Inch’ Allah d’Anaïs Barbeau-Lavalette

Au delà des projections, il y a les nouveautés. Cette année, les Rendez-vous du cinéma québécois présentent la série Rendez-vous avec les Jutra ainsi que la toute première édition des Rendez-vous Pro; des rencontres entre professionnels québécois et étrangers visant à échanger sur les enjeux du cinéma québécois.

C’est connu, l’amour donne des ailes! C’est pourquoi les Rendez-vous voyagent ainsi à travers la province, et ce, dans le cadre de La Tournée du cinéma québécois. Cette initiative de Québec Cinéma a comme objectif l’appréciation de son cinéma et la rencontre entre créateurs et jeune public. Voilà maintenant 9 ans que la Tournée existe et parcourt les 4 coins du Québec. À force de se promener, la Tournée a réussi à attirer une foule de 27 % supérieure à l’an passé. Les 6000 km parcourus auront permis aux jeunes québécois de partout de découvrir le cinéma d’ici grâce aux nombreuses projections et activités diverses.

Rebelle de Kim Nguyen

Rebelle de Kim Nguyen

Retour attendu cette année = les Tête-à-tête du Cinéma québécois. Depuis octobre, et jusqu’en avril, les Tête-à-tête proposent quatre (4) longs métrages qui feront la tournée de 11 maisons de la culture et centres communautaires de la région du Grand Montréal. Ces projections gratuites permettent la diffusion de notre cinéma à travers la ville, mais aussi elles offrent la chance de rencontrer les artisans grâce à des discussions privilégiées. Cette année, les films présentés sont particulièrement intéressants : Monsieur Lazhar de Philippe Falardeau, Une vie qui commence de Michel Monty, Le vendeur de Sébastien Pilote ainsi que Pour l’amour de Dieu de Micheline Lanctôt.

Avec ses 300 projections de qualité, sa multitude d’activités et ses évènements, les Rendez-vous ont tout pour séduire. Les talents d’ici proposent un cinéma diversifié, créatif et riche. Le cinéma n’est pas qu’effets spéciaux éblouissants ou rires faciles, et heureusement! Plusieurs l’auront compris, c’est pourquoi cinéphiles et médias du monde entier s’intéressent aux oeuvres realisées ici.

Alors c’est une date ?!

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Crédits photo : Fun film

Derrière les grillages

Bestiaire, le nouveau film du réalisateur québécois Denis Coté, nous invite dans l’univers des animaux captifs des zoos. Grâce à un style cinématographique atypique, le film nous transporte au-delà des limites du grillage, dans un environnement ou calme et chaos se heurtent.

La fifille que je suis A.DO.RE les animaux. C’est tellement mignon, des animaux. Et parce qu’on n’a pas tous la chance d’aller faire un safari en Afrique, il y a les zoos. Beaucoup plus accessibles, les zoos nous permettent d’être proches de nos animaux favoris. Mais, en les observant à travers le grillage, on peut se demander s’ils sont heureux… Certes, ils sont nourris et en sécurité, mais ils sont aussi, et surtout, en cage.

C’est donc avec cette réflexion en tête et une certaine curiosité que je me suis rendue ce week-end à l’Excentris pour y visionner le nouveau long métrage de Denis Coté, Bestiaire, un film que j’avais entendu être plutôt singulier.

Et en effet, pour son 6e film, Denis Coté nous offre de l’hors norme. Ni fiction, ni documentaire, ni essai, il expérimente en oscillant entre ce qu’il définit comme étant un mélange de contemplation et de poésie.

Sans dialogue, Bestiaire présente l’arrière-scène du quotidien d’animaux vivant en captivité. Un genre de téléréalité animalesque filmée sur 1 an avec quelques extensions sur le sujet, telle que la taxidermie. Le mot bestiaire réfère d’ailleurs à des œuvres consacrées aux bêtes.

D’un rythme lent, on y observe des animaux via des plans de caméra fixes, comme si nous y étions, immobiles devant ces bêtes. Parfois, le sujet est complètement hors du cadre, ce qui crée un effet loufoque. D’autres fois, le sujet nous regarde, insistant, dérangeant. Les sons ambiants, comme unique trame sonore, amplifient le sentiment de voyeurisme.

Bestiaire laisse au spectateur une grande place à la réflexion. Aucune position ne semble clairement établie par le réalisateur, ce qui n’empêche pas d’y ressentir une certaine désolation devant le sort de ces animaux sauvages captifs. L’environnement physique et l’excellent travail de Vincent Biron à la photographie nourrissent le ton mi-obscur du film.

Certainement un des projets les plus excentriques de Denis Coté, Bestiaire a néanmoins certaines ressemblances avec quelques-unes de ses œuvres antérieures, tel que Curling : peu de dialogues, des images contemplatives, un environnement austère.

Film d’ouverture de la 30e édition des Rendez-vous du cinéma québécois, sélection de la 62e édition Berlinale en Allemagne et présenté en première mondiale au Sundance Film Festival cette année, Bestiaire est sans contredit un film différent destiné aux cinéphiles curieux. Si vous osez traverser de l’autre coté du grillage, sachez qu’il est présenté à l’Excentris jusqu’au 19 avril seulement. Pour en savoir plus cliquez ici.

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