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Rendez-vous du cinéma québécois

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Les Rendez-vous du cinéma québécois du New Wave montréalais à l’amour copenhaguois

Dans mon dernier article, je parlais de la belle programmation des Rendez-vous du cinéma québécois (RVCQ). Maintenant que le festival est bien entamé, je me suis précipitée en salle juste pour vous (oui oui), pour aller voir mes petits favoris. J’ai dû faire le choix difficile de trois films et qui, selon moi, représente bien l’originalité et le talent de notre cinéma!

Montréal New Wave d’Érik Cimon

Après MTL Punk (2011), Érik Cimon explore la scène musicale montréalaise dans la vague New Wave des années 80. Entre American Apparel, X factor, Men without Hats, les Boys du Sévère, on découvre une culture underground sans pareil. Un documentaire de cette durée peut parfois faire perdre l’intérêt du spectateur, mais, croyez-moi, il n’y a pas d’ennui possible! Si vous aimez l’art sous toutes ses formes, la culture underground et l’excentricité, Montréal New Wave aborde tout cela à la fois. Impossible ne pas avoir envie d’écouter du B 52’s ou bien Rational Youth en sortant de la projection. Un documentaire qui montre le rôle important de Montréal comme précurseur d’une vague New Wave qui a touché la scène musicale internationale.

Le cœur de Madame Sabali de Ryan McKenna

Le réalisateur franco-manitobain Ryan McKenna en est à son deuxième long-métrage avec Le cœur de Madame Sabali. Il s’agit d’un film empreint de beauté, d’humour et doté d’une esthétique incroyablement envoûtante. Quelque part entre Lynch et Anderson, le film met en scène Marie Brassard dans le rôle de Jeannette, et quelle femme! À la gare de trains où elle travaille, Jeannette est assise derrière le guichet avec les femmes enceintes. Ryan McKenna a eu cette idée après avoir lui-même travaillé dans une gare où les femmes enceintes se retrouvent à travailler au guichet, car leurs états de santé ne leurs permettaient pas de travailler sur les trains. Dans le film, Jeannette n’est pas enceinte, mais elle a un problème de cœur. Le jour où Madame Sabali est assassinée, Jeannette a un nouveau cœur et une toute nouvelle vie s’ouvre à elle. Le film a été grandement inspiré par le groupe malien Amadou & Mariam que le réalisateur a vu à Montréal en 2013. Il leur a proposé le scénario et ils ont accepté de participer au tournage. Le titre du film est aussi inspiré de cette excellente chanson :

Cris sur le Bayou de Danic Champoux

Après ses documentaires Mom et moi (2012) et Autoportrait sans moi (2013), le réalisateur Danic Champoux continue son exploration du monde documentaire. Toujours un peu hybride, le ton du film Cris sur le bayou est très familier, mais aussi tellement chaleureux. Le film pose un regard sur la francophonie de la Nouvelle Orléans, terre natale de Zachary Richard (eh oui!). Je ne veux pas crier au chef d’œuvre, mais on a ici une œuvre qui ne manque pas de rappeler le mythique film Pour la suite du monde (1963) de Pierre Perrault. La signature visuelle est douce avec un éclairage naturel dans des teintes de bleus et de gris, sans pour autant manquer de couleurs! La trame sonore est folklorique et nous amène directement en Acadie, auprès de ces Cadiens (prononcé «Cadjin»). C’est un documentaire d’une grande richesse culturelle et je crois que c’est un magnifique héritage que le film nous laisse.

Les festivités des RVCQ continuent dans le Quartier Latin jusqu’au samedi 27 février, date de  la Nuit Blanche qui gardera la ville entière réveillée jusqu’aux petites heures du matin. Venez faire un tour en soirée au Bistro SAQ, boire une bière ou une coupe de vin et assister aux spectacles qui, franchement, sont surprenants et gratuits!

Cinéma
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Et c’est parti pour les RVCQ

Jeudi soir avait lieu la Soirée d’ouverture des Rendez-vous du cinéma québécois, débutant avec la première de Boris sans Béatrice au Cinéma Impérial. Après la représentation avait lieu une soirée à la Cinémathèque Québécoise animée par la musique de Eman & Vlooper, un duo hip-hop particulièrement punché originaire de la capitale et les DJ set de Poirier, Robert Nelson et Maybe Watson d’Alaclair Ensemble.

Comme nous l’avait dit Monsieur Dugas « la programmation veut dresser un panorama d’une année de cinéma avec les films qui sont incontournables, ceux dont on a parlé et ceux dont on a un peu moins parlé aussi. » Vous pourrez donc y voir les gros films de l’année 2015 tels que Paul à Québec, Le Mirage et Guibord s’en va-t-en guerre, mais aussi de plus petites productions, des documentaires et des programmes de courts-métrages.

Ne manquez pas la chance de voir d’excellents films en salle comme Scratch, Turbo Kid, Early Winter et Les Êtres Chers. Plusieurs documentaires retiennent également notre attention : Elle pis son char, Bienvenue à F.L. Montréal New Wave et I’m Gone : A film about Amy.

Finalement, pour les fans de Série Noire, le festival a organisé, pour la Nuit Blanche, une soirée complète sous le thème de la série. Animée par Sébastien Diaz et en présence des comédiens,  il y aura des quiz, des DJs set et des invités surprises.

Notre photographe Renaud Vinet-Houle est allé faire un tour à la soirée d’ouverture.

 

Cinéma
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L’automne culturel de Karine Vanasse

Texte rédigé par Yvan Dumont pour le blogue Tourisme Montréal

Les Québécois ont suivi avec grand intérêt la finale de Vengeance, version française de Revenge, présentée le mardi 8 septembre à Radio-Canada, afin de savoir ce qui adviendrait du personnage de Karine Vanasse. En avril dernier, celle qui tient le rôle de Margaux Lemarchal, la puissante et richissime héritière d’un magnat français de la presse écrite, a appris qu’il n’y aurait pas de cinquième saison à la populaire série de Mike Kelley dont les cotes d’écoute ont dépassé les 10 millions de téléspectateurs sur le réseau ABC par moments. « Au départ, je devais être là pour huit épisodes dans la saison 3 et j’en ai finalement tourné une quarantaine », indique-t-elle.

Si elle se dit un peu déçue que la série Vengeance ne soit pas reconduite, elle se réjouit en revanche du temps libre que lui procure cet aboutissement. « Le tournage de la dernière saison m’a accaparée pendant près de neuf mois l’an dernier », raconte la comédienne. La fin de Vengeance m’a donc permis de revenir au Québec pour jouer dans la nouvelle série Blue Moon de Luc Dionne. » Ça lui a également permis d’être présente plus tôt ce mois-ci pour la première du film Paul à Québec, dont elle est la coproductrice.

Foire Papier

Foire Papier

Sortir à Montréal

« Ça fait du bien de revenir à la maison, à Montréal, avoue-t-elle. J’en profite bien sûr pour m’imprégner de ce qui se fait de nouveau sur le plan culturel. Un de mes endroits préférés est le Centre Phi, qui se trouve dans le Vieux-Port, non loin d’où j’habite. C’est là que j’ai tourné The Forbidden Room de Guy Maddin, que nous sommes allés présenter au Festival du film de Sundance en janvier dernier. Le Centre Phi était également sur place avec son exposition Sensory Stories, une expérience de réalité virtuelle immersive qui se termine demain dans le Vieux-Port. Je suis convaincue que la prochaine grande révolution cinématographique sera le casque de réalité virtuelle. »

Karine Vanasse est aussi une passionnée d’art contemporain. « En avril dernier, lorsque j’ai agi en tant que porte-parole de la Foire papier, un évènement consacré exclusivement à la promotion d’œuvres d’art sur papier, j’ai découvert plusieurs artistes contemporains de talent. J’ai eu un véritable coup de cœur pour Sara A. Tremblay, une artiste dont l’exposition Études a été présentée tout l’été à la Galerie Molinari, ainsi que pour Sophie Jodoin, une habituée de la Galerie Battat. »

Musée d'Art Contemporain de Montréal

Musée d’Art Contemporain de Montréal

« Une des expositions que je ne voudrais manquer pour rien au monde cet automne est celle de Patrick Bernatchez, que l’on pourra voir au Musée d’art contemporain de Montréal du 17 octobre au 16 janvier », ajoute-t-elle. Intitulée Les temps inachevés, cette exposition s’articule autour d’œuvres distinctes – dessins, photographies, films, créations sonores, installations – qui s’inscrivent dans des projets conceptuels d’envergure. Coproduction entre le Musée d’art contemporain de Montréal et le Casino Luxembourg – Forum d’art contemporain, elle propose un corpus significatif d’œuvres tirées de deux ensembles majeurs : Chrysalides et Lost in Time.

Un automne en musique

Son travail de comédienne l’amène également à faire des découvertes musicales. C’est le cas du violoniste Christian Prévost, membre de l’Orchestre de chambre I Musici de Montréal depuis 1985. « Il a joué sur la trame sonore de Séraphin : un homme et son péché (2002) et Sans elle (2006), deux films marquants de ma carrière », explique Karine Vanasse, qui a notamment remporté le Jutra de la meilleure actrice pour son rôle de Donalda. « Depuis, j’ai toujours suivi sa carrière. »

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Au nombre des concerts que la troupe dirigée par Jean-Marie Zeitouni présentera à la salle Bourgie du Musée des beaux-arts de Montréal lors de sa saison 2015-2016, il y a L’idéal classique avec le pianiste Christian Blacksaw, Fêter Noël avec Back, les 19 et 20 décembre, ainsi que Des ténèbres à la lumière, puissance et intériorité, le 25 février, dans le cadre du festival Montréal en lumière.

« Je ne sais pas encore où je serai en 2016, car j’ai des auditions au Québec, en France et aux États-Unis au cours des prochains mois », avoue celle dont la carrière internationale bilingue lui offre d’innombrables occasions de tournage. « Si je suis encore à Montréal, j’aimerais bien assister aux Rendez-vous du cinéma québécois, du 18 au 27 février. »

Offrez-vous une virée culturelle à Montréal! Procurez-vous le passeport MTL culture.

 

 

 

 

Variétés
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Cinéphile en exil cherche film sympathique pour relation sérieuse

Exilée depuis 5 mois déjà en terre néo-brunswickoise, la Montréalaise en moi s’ennuie profondément de l’effervescence culturelle de la métropole. Isolée dans ma petite ville où le Cineplex n’offre que des films en anglais à majorité américaine, je jubile quand je pense à tout ce qui arrive en février à Montréal. Disons qu’il y a largement de quoi faire des jaloux…

Ainsi, la 33e édition des Rendez-vous du cinéma québécois s’entamera le 19 février pour se terminer le 28 février ; sans oublier la 12e édition de Montréal en Lumière le 28 février prochain, accompagnée de la 7e édition d’Art souterrain. Ah oui, ajoutons aussi le Festival international du Film pour enfant de Montréal (FIFEM) qui en est à sa 18e édition et qui débute également le 28 février.

Image tirée du film Her

Image tirée du film Her

De plus, il y a une tonne de sorties en salle au Québec que je ne voudrais pas manquer en février. Je pense à des films tels que Elephant Song de Charles Binamé (avec Xavier Dolan), Samba de Éric Toledano et Olivier Nakache (avec le beau Omar Sy), Whiplash de Damien Chazelle (Grand prix du Jury au festival Sundance), Timbuktu de Abderrahmane Sissako (finaliste pour l’Oscar du meilleur film étranger) et aussi Astérix, Le Domaine des dieux d’Alexandre Astier et Louis Clichy.

Qui dit février dit aussi Superbowl et Saint-Valentin. Étant donné que le Superbowl est déjà passé, on peut sauter ce sujet (même si j’ai envie de revoir les requins qui dansent à côté de Katy Perry). Alors, j’ai pensé à une sélection de films pour la Saint-Valentin. Je pourrais opter pour des films comme New York, I love you ou He’s just not that into you, mais non. Je pense plutôt à des films plus réalistes, plus atypiques, plus vrais!

Image tirée du film Punch Drunk Love

Image tirée du film Punch Drunk Love

Je sais que le mois de février peut être dur pour les célibataires et tous les gens comme moi qui n’en peuvent plus d’être séquestrés par le froid ou les tempêtes de neige. Voici pour toi, 5 films marginaux sur l’amour et le célibat :

  1. Year of the carnivore (2009) par Sook-Yin Lee
    Pour arriver à séduire l’homme qu’elle aime, Sammy , 21 ans, prend ses conseils au pied de la lettre et essaie d’acquérir plus d’expérience… sexuelle!
  2. Tiny Furniture (2010) par Lena Dunham
    Aura (Lena Dunham) vient de graduer et de laisser son copain. Elle déménage chez ses parents et tente de trouver un sens à sa vie.
  3. Punch Drunk Love (2002) par Paul Thomas Anderson
    Étrange, surprenant et sublime, ce film est l’histoire d’un coup de foudre pour Barry (Adam Sandler), simple propriétaire qui mène une vie… pleine de rebondissements!
  4. Her (2013) par Spike Jonze
    Dans un monde futuriste, les relations amoureuses ne sont plus ce qu’elles étaient. Theodore est un auteur solitaire qui développe une relation virtuelle avec un système d’opérations, et tente de trouver la balance dans ce nouveau type de liaisons.
  5. Eternal sunshine of the spotless mind (2004) par Michel Gondry
    Joel (Jim Carrey) et Clementine (Kate) traversent une période difficile dans leur couple. Dans le but de se défaire de cette douleur post-rupture, Clementine et Joel utilisent une nouvelle méthode clinique… mais il y a des choses dans la vie qu’on ne peut pas éviter.
Image tirée du film Year of the Carnivore

Image tirée du film Year of the Carnivore

Voilà, on est prêt à affronter le mois de février! Personnellement, je dois aller déneiger ma voiture, mais j’aimerais savoir : quel est ton film d’amour préféré? On peut partager nos coups de foudre et nos dégoûts culturels sur twitter @carondominique ! À bientôt.

 

Cinéma
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Rendez-vous amoureux

Il est 18 h. Je prends une douche rapide et me maquille légèrement. Je choisis avec soin ma tenue;  j’y vais pour une jolie robe bleue.  Un dernier regard dans le miroir et hop, j’enfile mon manteau. C’est que ce soir, j’ai un rendez-vous… avec Podz, Dolan, Émond, Nguyen, Ouellet… pour une soirée cinéma inoubliable. Et je ne suis pas la seule; c’est pratiquement un speed dating pour tous les amoureux du cinéma d’ici, qui sont attendus aux Rendez-vous du cinéma québécois. La St-Valentin a bien beau être terminée, il y a de l’amour dans l’air…

Du 21 février au 3 mars 2013, les Rendez-vous du cinéma québécois offrent aux amoureux du cinéma d’ici une programmation avec quoi se remplir le cœur, à rebord. Adaptés à toutes sortes d’obsessions, les Rendez-vous proposent une offre généreuse et diversifiée; courts et longs métrages, documentaires, films d’animation, activités complémentaires, et j’en passe.

Malgré de nombreuses compressions budgétaires imposées par Harper dans le milieu des arts et des festivals – pensons notamment à la fermeture du Cinéma ONF – les Rendez-vous sont de retour pour une 31e année plus forts que jamais, avec une programmation riche et alléchante. Faut dire que l’année 2012 fut une année de bons crus pour le cinéma québécois, et ce, même si certains Guzzo de ce monde ont pu dire le contraire…

Scène du film Camion de Rafaël Ouellet

Scène du film Camion de Rafaël Ouellet

Une fête, une célébration de notre cinéma, voilà ce que sont les Rendez-vous du cinéma québécois. En plus de proposer le plus grand nombre d’œuvres québécoises, il s’agit d’une vitrine exceptionnelle pour les jeunes cinéastes d’ici. Pour le grand public, c’est l’occasion en or de rencontrer des professionnels du milieu, de faire de belles découvertes cinématographiques, et bien entendu, de se divertir!

Cette année, des centaines de projections sont présentées, dont le long métrage Rebelle de Kim Nguyen, nominé aux Oscars. Un bel exemple de film québécois qui aura fait le tour de la planète en 2012. D’autres excellents films seront présentés dans le cadre des Rendez-vous, dont L’affaire Dumont de Podz, Camion de Rafaël Ouellet, Inch’Allah d’Anaïs Barbeau-Lavalette, un film magnifique sous toile de conflit palestino-israélien, Ésimésac de Luc Picard, Laurence Anyways de Xavier Dolan, film pour lequel il aura d’ailleurs foulé le tapis rouge à Cannes, etc. Et le meilleur dans tout cela, c’est que ces films ne sont que la pointe de l’iceberg.

Inch' Allah d'Anaïs Barbeau-Lavalette

Inch’ Allah d’Anaïs Barbeau-Lavalette

Au delà des projections, il y a les nouveautés. Cette année, les Rendez-vous du cinéma québécois présentent la série Rendez-vous avec les Jutra ainsi que la toute première édition des Rendez-vous Pro; des rencontres entre professionnels québécois et étrangers visant à échanger sur les enjeux du cinéma québécois.

C’est connu, l’amour donne des ailes! C’est pourquoi les Rendez-vous voyagent ainsi à travers la province, et ce, dans le cadre de La Tournée du cinéma québécois. Cette initiative de Québec Cinéma a comme objectif l’appréciation de son cinéma et la rencontre entre créateurs et jeune public. Voilà maintenant 9 ans que la Tournée existe et parcourt les 4 coins du Québec. À force de se promener, la Tournée a réussi à attirer une foule de 27 % supérieure à l’an passé. Les 6000 km parcourus auront permis aux jeunes québécois de partout de découvrir le cinéma d’ici grâce aux nombreuses projections et activités diverses.

Rebelle de Kim Nguyen

Rebelle de Kim Nguyen

Retour attendu cette année = les Tête-à-tête du Cinéma québécois. Depuis octobre, et jusqu’en avril, les Tête-à-tête proposent quatre (4) longs métrages qui feront la tournée de 11 maisons de la culture et centres communautaires de la région du Grand Montréal. Ces projections gratuites permettent la diffusion de notre cinéma à travers la ville, mais aussi elles offrent la chance de rencontrer les artisans grâce à des discussions privilégiées. Cette année, les films présentés sont particulièrement intéressants : Monsieur Lazhar de Philippe Falardeau, Une vie qui commence de Michel Monty, Le vendeur de Sébastien Pilote ainsi que Pour l’amour de Dieu de Micheline Lanctôt.

Avec ses 300 projections de qualité, sa multitude d’activités et ses évènements, les Rendez-vous ont tout pour séduire. Les talents d’ici proposent un cinéma diversifié, créatif et riche. Le cinéma n’est pas qu’effets spéciaux éblouissants ou rires faciles, et heureusement! Plusieurs l’auront compris, c’est pourquoi cinéphiles et médias du monde entier s’intéressent aux oeuvres realisées ici.

Alors c’est une date ?!

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Cinéma
Crédits photo : Fun film

Derrière les grillages

Bestiaire, le nouveau film du réalisateur québécois Denis Coté, nous invite dans l’univers des animaux captifs des zoos. Grâce à un style cinématographique atypique, le film nous transporte au-delà des limites du grillage, dans un environnement ou calme et chaos se heurtent.

La fifille que je suis A.DO.RE les animaux. C’est tellement mignon, des animaux. Et parce qu’on n’a pas tous la chance d’aller faire un safari en Afrique, il y a les zoos. Beaucoup plus accessibles, les zoos nous permettent d’être proches de nos animaux favoris. Mais, en les observant à travers le grillage, on peut se demander s’ils sont heureux… Certes, ils sont nourris et en sécurité, mais ils sont aussi, et surtout, en cage.

C’est donc avec cette réflexion en tête et une certaine curiosité que je me suis rendue ce week-end à l’Excentris pour y visionner le nouveau long métrage de Denis Coté, Bestiaire, un film que j’avais entendu être plutôt singulier.

Et en effet, pour son 6e film, Denis Coté nous offre de l’hors norme. Ni fiction, ni documentaire, ni essai, il expérimente en oscillant entre ce qu’il définit comme étant un mélange de contemplation et de poésie.

Sans dialogue, Bestiaire présente l’arrière-scène du quotidien d’animaux vivant en captivité. Un genre de téléréalité animalesque filmée sur 1 an avec quelques extensions sur le sujet, telle que la taxidermie. Le mot bestiaire réfère d’ailleurs à des œuvres consacrées aux bêtes.

D’un rythme lent, on y observe des animaux via des plans de caméra fixes, comme si nous y étions, immobiles devant ces bêtes. Parfois, le sujet est complètement hors du cadre, ce qui crée un effet loufoque. D’autres fois, le sujet nous regarde, insistant, dérangeant. Les sons ambiants, comme unique trame sonore, amplifient le sentiment de voyeurisme.

Bestiaire laisse au spectateur une grande place à la réflexion. Aucune position ne semble clairement établie par le réalisateur, ce qui n’empêche pas d’y ressentir une certaine désolation devant le sort de ces animaux sauvages captifs. L’environnement physique et l’excellent travail de Vincent Biron à la photographie nourrissent le ton mi-obscur du film.

Certainement un des projets les plus excentriques de Denis Coté, Bestiaire a néanmoins certaines ressemblances avec quelques-unes de ses œuvres antérieures, tel que Curling : peu de dialogues, des images contemplatives, un environnement austère.

Film d’ouverture de la 30e édition des Rendez-vous du cinéma québécois, sélection de la 62e édition Berlinale en Allemagne et présenté en première mondiale au Sundance Film Festival cette année, Bestiaire est sans contredit un film différent destiné aux cinéphiles curieux. Si vous osez traverser de l’autre coté du grillage, sachez qu’il est présenté à l’Excentris jusqu’au 19 avril seulement. Pour en savoir plus cliquez ici.

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