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Québec

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La Fête nationale

La Fête nationale a connu des années de véritable effervescence. Passant par le spectacle mémorable de 1 fois 5 avec Gilles Vigneault et Yvon Deschamps, en 1976, jusqu’aux belles soirées avec Guy A. Lepage au parc Maisonneuve, sans oublier les dernières années de pures folies avec Louis-José Houde. Ces célébrations endiablées ont marqué l’esprit et l’histoire des Québécoises et des Québécois chaque mois de juin.

C’est avec des mélodies plein la tête et le cœur plein d’amour pour le Québec que la Fête nationale vous offre, une fois de plus, des festivités aux couleurs d’ici. Maintenant à la 183e édition, la Fête nationale présentée en collaboration avec La Coop fédérée se renouvelle une fois de plus pour vous en mettre plein la vue… et les oreilles! La Fête célèbre notre fierté, notre culture, notre créativité et l’inclusion de tous, mais c’est sans oublier toutes les nouveautés que réserve l’édition 2017. C’est donc avec grand plaisir que, pour la toute première fois, Guillaume Lemay-Thivierge animera le Grand spectacle de Montréal accompagné de monuments de la chanson et d’artistes de la relève.

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Le Défilé de Montréal «Il était une fois…» vous offrira un visuel dynamique et ludique le 24 juin. Des grandes figures inspirées des défilés européens surplomberont les rues du centre-ville. Ces têtes surdimensionnées, à l’effigie de certaines personnalités qui ont marqué la métropole telle que nous la connaissons aujourd’hui, vous impressionneront et donneront des airs carnavalesques aux festivités. Dans une perspective de souvenir, la reconstitution de certains chars allégoriques des 19e et 20e siècles est aussi un projet d’envergure.

Le Défilé de Montréal présenté par Hydro-Québec se déplace sur la rue Saint-Denis. La traditionnelle célébration ambulante se renouvelle avec un parcours de plus de 2,4 kilomètres, racontant l’histoire du Québec ô combien remplie de passions, d’émotions et d’innovations.

Les Fêtes locales de Montréal et de Laval se réinventent elles aussi avec la Porte de la francophonie. Cette nouveauté technologique permet d’interagir et de festoyer simultanément avec des francophones de Winnipeg, WhiteHorse, Toronto, Moncton, Ottawa et Québec!

Il est vrai que la Fête nationale a connu des années de grandes festivités par le passé.  Afin d’alimenter ce feu rassembleur, cette 183e édition se démarque des autres et ne vous laisse pas bredouille! Elle raconte 183 ans d’histoire, 183 ans de réjouissances, et, surtout, 183 ans d’amour autour de cette Fête forgée à notre image au fil des décennies.

Article rédigé par l’équipe de la Fête nationale

Variétés
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Une fresque historique du Québec en musique et en chansons à découvrir

Avec Musique, le Québec de Charlebois à Arcade Fire, les visiteurs sont invités à parcourir une cinquantaine d’années de leur histoire, de 1960 à nos jours. Au cours de cette vaste promenade musicale au fil du temps, ils découvriront les grands épisodes qui ont marqué l’entrée du Québec dans la modernité. Élaboré par le Musée, ce projet a suscité beaucoup d’intérêt parmi les artistes qui ont généreusement consenti à prêter objets, manuscrits, costumes, etc.

Un défi majeur
Ce ne fut pas chose facile que de concrétiser un élément aussi immatériel que la musique. Quel défi! Il faut imaginer des dizaines d’artistes, des centaines de chansons, des événements à foison au cours d’années de créativité intense et de transformations profondes de la société. Les conservateurs du Musée et le comité scientifique ont rapidement choisi un déroulement thématique, réunissant des familles d’objets pour donner une cohérence à cette présentation. Au terme de nombreux mois d’échanges de toutes sortes, de ténacité et de compréhension réciproque, ces démarches se sont avérées fructueuses.

Des guitares pour transformer le monde
Les guitares illustrent le côté politique, celui des mouvements sociaux ou encore celui de l’intermondialisation, où l’artiste, devenu le porte-étendard des revendications, compose à l’aide de son instrument des brûlots contestataires.

Une mise en scène pour conquérir le monde
Les costumes de scène, quant à eux, permettent d’évoquer l’interculturalisme et l‘irruption des artistes québécois sur la scène internationale. Le style particulier de chaque artiste a rendu la tâche parfois ardue aux conservateurs du Musée, désireux de trouver des objets correspondant à la démarche particulière de l’exposition.

Des communications et des images témoins
Outre la nécessité d’écouter d’innombrables chansons, réunir toutes les pochettes de disques de la deuxième section, précieux témoins de l’époque où elles ont été réalisées, n’a pas été une mince affaire. Collectionneurs et artistes ont bien voulu consentir à s’en séparer, y compris des membres du personnel du Musée McCord, eux-mêmes amateurs de vieux disques, devenus prêteurs à leur tour!

Ah, le yéyé!
La jeunesse occupe toute l’avant-scène! Le Musée a exhumé de ses archives quelques trésors de la période yéyé, parmi lesquels on retrouve des photos  et des vêtements hauts en couleurs.

Grands et petits, des événements tous marquants
Près d’une centaine d’extraits de chanson et de chansons accompagnent les visiteurs qui pourront les écouter à loisir, grâce à des écouteurs. De même, des vidéos des moments marquants de la musique seront aussi à la disposition des visiteurs. Ainsi, la zone À pas de géants met en relief non seulement les grands événements de l’histoire de la musique, mais elle met aussi en parallèle l’évolution de la société québécoise. La musique devient ainsi une exceptionnelle ligne du temps, comme par exemple l’Osstidcho de 1968, en parallèle avec Les belles-sœurs de Michel Tremblay. Il en est de même pour Offenbach à l’Oratoire Saint-Joseph, qui souligne les efforts déployés pour ramener dans les églises les croyants qui les avaient désertées. On peut également citer Oliver Jones et Oscar Peterson, au Festival International de jazz de 2004, interprétant à quatre mains Hymn to Freedom pour la liberté des Noirs aux États-Unis; un lien qui marque le 35e anniversaire, cette année, du Festival International de jazz de Montréal et la place qu’il occupe sur la scène musicale montréalaise.

La musique qui emporte tout un peuple
Trois hymnes viennent clore ce parcours riche en souvenirs et en découvertes. Sur les thèmes de l’amour, de la nature et de la spiritualité, ils ont tous trois marqué la musique québécoise et ont été choisis, sans hésitation et d’un commun accord, parmi les cinq œuvres retenues par les membres du Comité scientifique.  Une visite qui laissera, dans l’esprit de tous ceux qui la verront, nostalgie, plaisir et sans doute satisfaction

Musique, le Québec de Charlebois à Arcade Fire
30 mai – 13 octobre 2014
Musée McCord

C’est signé Catherine Guex
Agente marketing-communications, relations publiques au Musée McCord

Musique

Carnavals divers – Jean-Philippe Tremblay

Jean-Philippe Tremblay écrit avec une force d’énonciation à couper le souffle. L’Écrou l’a trouvé, et nous l’offre. Et jamais n’a-t-il été possible d’apprécier autant un coup de poing sur l’oreille. « nous sommes plastique / fruits abîmés de peu de rêves / chair d’une amérique / de chlore et de téléromans ».

Dans Poésie immédiate, Pierre Nepveu parle de la « fragilité de toute lecture, [de] la faiblesse même du lecteur »[1] lorsqu’il est face à un texte nouveau, à un auteur inconnu. Cette vulnérabilité littéraire que l’on vit dès les premières pages d’une lecture contemporaine, je l’ai ressentie avec force chez Jean-Philippe Tremblay. Dire que j’ai vécu de la « faiblesse » ne me semble pas du tout suffisant. Une réelle attaque aux tripes – un coup de pelle au visage – voilà ce qu’est la poésie de Carnavals divers, premier recueil du jeune poète. C’est un verbe qui nous attrape par les cheveux et qui nous tire vers lui, nous plongeant dans une lecture ininterrompue, de la première à la dernière page, avec le goût amer d’être un véritable imbécile pâteux immobile.

« Elle n’est pas très poétique l’époque », adresse le narrateur à un jeune poète dans le préambule au recueil. Il l’écrit pourtant, sa poésie. N’est-ce pas comme ça qu’on la ramènera? Parce qu’aujourd’hui, elle n’est plus que spectacle ou les auteurs nous font « la fois du vide du silence du blanc mystère mêlé de ton ludisme qu’on lui danse dans la face en calant nos bières et qu’on se sente juste un peu étourdis un peu comme toi ». La poésie a vécu l’oppression du divertissement : on n’espère d’elle que l’outil d’un étourdissement qui sent la bière. C’est aller terriblement plus loin que le truisme du « plus personne ne lit de poésie aujourd’hui, c’est triste».

Pierre Nepveu raconte qu’en lisant pour la première fois Herménégilde Chiasson en 1974, il y a vu « une figure particulièrement éloquente de l’immédiateté poétique, là où le langage veut être la vie elle-même, dans sa crudité originelle, dans son déferlement insensé, déraisonnable ». Quarante ans après, je découvre le narrateur de Carnavals divers, celui qui ne peut plus espérer un « déferlement insensé » parce qu’il se trouve au centre d’une grande dévastation sémantique. Aucune chance pour le « déraisonnable » : tout est passé du côté de l’assèchement et des langues arides, des bouches fermées. Ne reste que ce « Tu » qui l’accompagne en fin de recueil. Carnaval divers, c’est un hurlement contre quelque chose de mort en espérant qu’il se réveille ; mais c’est aussi un difficile « à quoi bon? »

Ce que dénonce le recueil a des allures de banlieusard, de petit bourgeois et de grosse patate de salon devant la télévision. C’est la figure générique, reproductible, de celui qui s’est endormi dans le confort, pour qui tout ce qui bouge autrement est suspect. Parfois ce sont ceux aux « dents tellement blanches la grosse veine sous leur cravate », mais surtout, c’est celui qui « essaie de ne pas se tuer au cas où il se passerait quelque chose ». Parce qu’il ne se passe rien et que l’immobilité est reine. Et c’est son règne que tente de briser la figure errante du narrateur, pour ramener un peu de vie.

« Est-ce qu’on a oublié ou jamais vraiment su le calme la douceur ». Cette question sans point d’interrogation est la base de tout le geste poétique. Tout est à (re)faire. « Il faudrait tout réinventer le vocable et les gestes évoquer les formes les rituels de l’affection ». Cette attaque frontale, c’est le coup de grâce avant que « les mots de chaleur » reviennent. Derrière toute cette haine, Carnavals divers hurle, s’adresse à la vie et surtout, contre toute cette « construction d’apathie ». Son titre dit tout : le carnaval est ce qui, par essence, dénote la réjouissance et s’il est devenu divers, il ne reste plus que l’universel ordinaire des choses, partout, et toujours.

Et faute de tout le reste, il s’est installé « une bonne dizaine de variétés d’eaux aux bouteilles design ».

Il y a de ces livres qui nous prennent par surprise, Jean-Philippe Tremblay en a écrit un. Une rare authenticité s’en dégage et rappelle ce qu’on appelle parfois bêtement un « cri du cœur ». Si son narrateur conteste, ce n’est jamais gratuit ou acharné. Tout est juste parce que parcimonieux. Courez-y et demandez à vos libraires de le tenir en stock. Et si vous en voulez plus, Les éditions de l’Écrou en ont plein pour vous.

L’Écrou fait des bandes-annonces. Voici celle de Carnavals divers :


[1] Nepveu, Pierre, La poésie immédiate, Nota Bene, col. Nouveaux essais Spirale, 2008.

Littérature