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Place des Arts

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FIFA : l’art en boucle

Le Festival international du film sur l’art (FIFA) est de retour pour une 31e année consécutive. Et tout comme moi (!), le festival a grandi et mûri avec le temps, offrant aujourd’hui une programmation solide et incroyablement variée.

Comme une poupée russe, le FIFA offre de l’art dans l’art et pour l’art. Présenté du 14 au 24 mars, le festival propose des projections aux thèmes multiples : arts de rue, théâtre, musique, danse,  littérature, mode, peinture, photographie, design, architecture, bande dessinée… j’ai eu beau chercher ce qui pouvait manquer, je n’ai pas trouvé.

Évènement unique en Amérique, le FIFA est un des plus importants festivals de ce genre au monde. Il mélange les styles et les disciplines, offrant une programmation incroyablement divertissante et éducative.

Parmi toute l’offre présentée, mes dadas à moi sont la mode et la littérature. Je ne manquerai pas d’assister à Fashion!, une trilogie d’Olivier Nicklaus, qui dépeint la mode sur une trentaine d’années, de 1980 jusqu’à aujourd’hui. Dans Golden EightiesAntifashion et Go Global, nous assistons à la chute de la haute couture sous Yves St-Laurent et Givenchy pour voir émerger le prêt-à-porter avec Jean-Paul Gauthier, Tom Ford et Karl Lagerfeld.  Pour clore le tout, Go Global sera présenté dans le cadre d’une discussion sur les nouvelles avenues de commercialisation de la mode avec les designers Denis Gagnon et Ève Gravel et autres professionnels du milieu. Passionné(e)s de mode; c’est votre rendez-vous !

Amélie Nothomb, une vie entre deux eaux (2012)

Amélie Nothomb, une vie entre deux eaux (2012)

Côté littérature, j’ai donné rendez-vous à Amélie Nothomb pour la projection d’Amélie Nothomb, une vie entre deux eaux, où l’écrivaine de talent retrouve avec nostalgie le Japon, pays de son enfance et qui a été le lieu de plusieurs de ces romans, dont l’amusant et surprenant Stupeur et tremblements.

Pour les amateurs de musique, il ne faut pas manquer le documentaire sur Pink Floyd, ou alors celui sur Les Beatles, ou encore, celui portant sur Amy Winehouse dans Amy Winehouse — The Day She Came to Dingle, un film de Maurice Linnane, où la chanteuse confie ses réflexions sur sa musique et ses influences dans le cadre du Festival de Dingle.

Amy Winehouse — The Day She Came to Dingle.  South Wind Blows copyright. Photographer: Siobhan Dempsey

Amy Winehouse — The Day She Came to Dingle. South Wind Blows copyright. Photographer: Siobhan Dempsey

Il y a aussi un grand choix de projections sur le design et l’architecture, dont le film d’Alice Agneskirchner : Modern Ruins — Detroit: Hope for the Motor City, qui dépeint comment certains artistes de Détroit ont choisi de redynamiser la ville en proie a une économie difficile depuis le déclin de la production automobile. S’en suivra une discussion avec des professionnels du milieu concernant le développement de projets urbains.

Je pense aussi à  Crée-moi, crée-moi pas de Marie-Pascale Laurencelle, film très attendu, où l’on réfléchit sur la place qu’ont les femmes créatrices dans le milieu artistique, et ce, par le biais de diverses entrevues présentées,  avec entre autres, Nancy Huston, Anaïs Barbeau-Lavalette, Évelyne de la Chenelière, etc.

Crée-moi, crée-moi pas (2012)

Crée-moi, crée-moi pas (2012)

Je pourrais ainsi continuer des pages et des pages sur chacun des 250 films présentés et issus de 30 pays différents.  Cela sans compter les  expositions, performances, hommages et tables rondes mises en place par le FIFA, ainsi que la 3e édition du Marché international du film sur l’art (MIFA). Du mercredi 20 mars au samedi 23 mars, le Marché vise principalement à favoriser les rencontres entre professionnels du milieu cinématographique et culturel afin de susciter des occasions de partenariat, de partage des connaissances et de développement des réseaux.

Aussi, comme chaque année, le FIFA rend hommage à un artisan du milieu cinématographique. Cette année, c’est au tour du réputé documentariste Gerald Fox, qui a remporté de nombreux prix internationaux tout au long de sa carrière cinématographique et télévisuelle. Plusieurs de ses films seront disponibles pendant le FIFA, en plus d’une exposition spéciale qui présentera ses œuvres multimédias les plus récentes, et ce, sous un format fort intéressant.

Vos enfants ne sont pas en reste, car pour une 2e année consécutive, le FIFA propose une séance junior avec la projection du conte familial Les 4 saisons d’Antoine. Rendez-vous au Musée des beaux-arts ce dimanche 17 mars au matin avec votre jolie marmaille, pour passer un agréable moment en famille!

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Le FIFA se démarque aussi par son volet compétitif.  En effet, le festival est le cadre d’une compétition officielle, dont le jury est composé de grands noms du milieu, des professionnels d’ici et d’ailleurs. Cette année, 37 œuvres provenant de 16 pays différents seront en compétition. Il s’agit d’une occasion unique pour plusieurs cinéastes de se démarquer, sans compter que les films primés auront la chance de faire partie de la programmation d’une tournée mondiale présentée dans des lieux de diffusion hautement réputés internationalement.

Prenant d’assaut la ville, le FIFA offre ses multiples projections et expositions dans neuf lieux du centre-ville de Montréal, dont la Grande Bibliothèque, le Centre canadien d’architecture, la Cinémathèque québécoise, le Musée d’art contemporain de Montréal, le Musée des beaux-arts de Montréal, la Place des Arts, le Musée McCord et, pour la première fois et pour notre plus grand bonheur, le Centre Phi.

Du 14 au 24 mars 2013, mettez-vous en plein la vue avec la 31e édition du FIFA et découvrez tout ce qui se cache de bon et de beau dans l’univers de l’art cinématographique.

Cinéma
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La Lanterne Rouge, ou votre prochaine sortie aux Grands Ballets

Nous avons reçu la visite du Ballet National de Chine, les 21, 22, 23 et 24 février dernier. Ils ont interprété, à la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts, La Lanterne Rouge, une poignante tragédie amoureuse, présentée pour la première fois au Canada. Mélangeant ballet classique, danse folklorique et représentations de l’Opéra de Pékin, La Lanterne Rouge est remarquablement mise en scène, saisissante de couleurs et de sonorités. Interprétée par une soixantaine de danseurs, elle ne passe pas inaperçue.

La Lanterne Rouge est une adaptation d’un film du cinéaste Zhang Yimou, Épouses et Concubines, lui-même adapté d’un roman de Su Tong, qui porte le même titre en traduction française. C’est ce cinéaste qui a produit le livret de ce ballet. Il est également le metteur en scène. Nous sommes dans la Chine des années 20. Une jeune femme, Lotus, se trouve forcée de devenir la deuxième concubine d’un haut fonctionnaire, riche et puissant. Elle intègre une maisonnée où sont déjà présentes l’épouse du fonctionnaire ainsi que la première concubine. L’atmosphère est chargée de rivalités qui mèneront inexorablement à la finale tragique. Lotus s’amourachera, réciproquement, d’un acteur de l’Opéra de Pékin. Cette liaison sera connue de la première concubine. Jalouse, elle la dénoncera au maître, qui lui reprochera, entraînant la chute des trois protagonistes dans une atmosphère contrastant fortement avec l’ensemble du spectacle.

La Lanterne Rouge

La Lanterne Rouge

C’est fatalement une simplification, tant du film que du roman. Cela est nécessaire dans un contexte narratif aussi particulier que la danse où rien n’est dit, tout est dansé, tout est imagé. Cela m’a beaucoup surprise, positivement. Comment rendre intelligible l’action narrative dans un ballet? Ce sont les mouvements des danseurs et la scénographie qui le permettent. À cet effet, les décors et costumes sont somptueusement intégrés à la chorégraphie. Les décors de Zeng Li, minimalistes et répétitifs, et étrangement chargés de connotations de lourdeur et d’enfermement, permettent l’encadrement de la scène et les jeux scénographiques, qui font avancer la narration. Les immenses bandes qui descendent du haut de la scène, entre transparence et absorbance des couleurs, se répètent des coulisses gauches à droites. Elles sont magnifiques. Les rangées de lanternes rouges, allumées devant les appartements d’une des concubines, elles illustrent le choix du maître, créent une atmosphère oppressante et stylistiquement captivante… Et pourtant, esthétiquement attirantes et sensuelles, elles symbolisent la discorde.

Lors du deuxième acte, le maître et sa cour assistent à une représentation de l’Opéra de Pékin. Cette scène est une de mes préférées. Le choix d’une immense porte circulaire dont les motifs du pourtour sont la réminiscence traditionnelle des arts décoratifs chinois, comme lieu de la représentation du spectacle de l’Opéra de Pékin, permet gracieusement l’enchaînement suivant. Dès lors que les deux protagonistes se reconnaissent comme amoureux, ils ferment les portes diaphanes et les pourtours de la scène s’assombrissent. Débute un magnifique duo incarnant les débuts de cette passion amoureuse. Ce moment nous extrait de la temporalité et nous introduit dans leur univers passionnel. Plusieurs autres scènes sont magnifiques dont celle où tous les danseurs sont réunis autour des tables de mah-jong, ainsi que l’avant-dernière scène où la lacération, tant des protagonistes que de leurs actions, est suggérée par les énormes bâtons rouges frappant la toile blanche.

La Lanterne Rouge

La Lanterne Rouge

Je pourrais longuement continuer sur ce spectacle tant il était riche en expressions. Les représentations sont déjà terminées; néanmoins, les Grands Ballets nous réservent d’autres spectacles, tout aussi intéressants, quoi que très différents dans leurs factures et dans leurs thématiques. Le prochain spectacle des Grands Ballets prendra la scène du 14 au 23 mars, Danz & Toot, un programme double d’Ohad Naharin et Didy Veldman qui s’annonce original et captivant.

Danse
Verita@VivianaCangialosi

Fleurs de pissenlits et rhinocéros au théâtre Maisonneuve : La Verità

C’est une histoire d’amour folle et paranoïaque, c’est présentée par un duo, dans la plus grande tradition du cirque, ça se conclut sur des mots d’amour, c’est La Verità. Un spectacle écrit et mis en scène par Daniele Finzi Pasca, interprété par la nouvelle Compagnie Finzi Pasca, présenté conjointement avec la Place des Arts, au théâtre Maisonneuve. Vous auriez eu jusqu’au 3 février pour vous y présenter, merci aux supplémentaires, vous aurez jusqu’au 9 février 2013 pour vous asseoir et tressaillir à chacune des courbettes et pirouettes de cette ribambelle d’interprètes.

La Verità. Photo par : Viviana Cangialosi

Vous avez certainement entendu parler de ce spectacle par le biais de cette fameuse toile de 9 par 15 mètres que Dalí a peint pour un ballet, Tristan Fou, présenté au Metropolitain Opera à New York en 1944. Non? Vous n’aviez pas remarqué la moustache de Dalí sur les affiches? De façon générale, je ne suis pas spécialement attirée par les peintures de Dalí. J’étais quelque peu craintive au sujet de la toile et du rôle qu’elle jouerait dans la pièce. Néanmoins, la crainte n’est pas garante de l’avenir. Le rideau se lève, un autre descend, et le rideau se lève de nouveau. Chut!!!! Ça commence.

La Verità. Photo par : Viviana Cangialosi

Dalí a rencontré Gala en 1929 et ils sont tombés amoureux fou l’un de l’autre. Ils se sont épousés quelques années plus tard, en 1932. Ce n’est que la mort qui les séparera alors qu’elle s’éteint en 1982. Elle est partout dans ses peintures, modèle et inspiration. Le spectacle est également une histoire de rencontres fortuites débutant avec Dalí qui rencontre Gala, Dalí et l’Amérique, Dalí et l’opéra, Tristan et Iseult, la toile et Daniele Finzi Pasca, et tous ces couples sur scènes, de par leurs gestes d’entrelacement qui s’approchent et se rapprochent, se supportent mutuellement, sur une barre, à l’intérieur d’une sphère, accrochés à une pyramide ou a même le sol.

La Verità. Photo par : Viviana Cangialosi

Les différents objets qui occupent la toile deviennent des éléments scénographiques, jamais inaperçus. L’ambiguïté sexuelle des figures et des corps nous accompagnent tout au long du spectacle, faisant fi de nos attentes face au genre des danseurs et danseuses. Les fleurs de pissenlits chatouillent le regard. Elles apparaissent dans la première partie, en arrière-fond d’un numéro où deux acrobates, suspendus à une pyramide de fer, s’enlacent, se frôlent. Le fond est complètement blanc, d’une lumière spectrale, qui maintient notre regard sur le contact corporel du couple. Une file de pissenlit entre en scène, par la droite, accompagnée d’un rhinocéros, leurs costumes argentés composés de petits miroirs qui nous réfléchissent. Ils ressortent, par la gauche, ils ont fait tableau. Après l’entracte, dans la deuxième partie, les pissenlits réapparaissent. Un champ de fleurs de pissenlits blancs. L’acrobate s’entortille sur un ruban rouge, d’inquiétantes poupées, animées et inanimée, se promènent et sortent de scène. Le rideau tombe, c’est de nouveau Tristan Fou. Est-ce le jour? Est-ce la nuit? Ne serait-ce pas plutôt un rêve? Le soleil se lève, le ciel c’est la mer.

La Verità. Photo par : Viviana Cangialosi

À la fin de la présentation, toute la salle frappait des mains, donnant le rythme à une ronde clinquante. Enfin, le public s’est progressivement levé pour une ovation, frappant encore des mains d’une rythmique entraînante. Ce numéro à saveur de French Cancan a fait tout un tabac. Tous vêtus d’une robe, qui, a bien y regarder, leur est singulière, ils tournaient, certains dans d’immenses cerceaux, d’autres autour de la scène. Dans le même décor que la première scène, les rideaux de scène, magnifiques, ainsi que cette fabuleuse tête de cheval suspendue dans les airs, le spectacle s’est conclu. Des plumes blanches du début à la frénésie finale, de belles images en tête, je suis rentrée chez moi heureuse de m’être plongé dans cet univers entre cirque et art.

Cirque
Supercalifragilistic - Crédit Jeremy Daniel1

Est-ce un oiseau? Est-ce un avion? Non, c’est Mary Poppins !

J’ai 7 ans et demi. J’ai la face d’une cocotte qui vient de faire un mauvais coup. Pourtant, il n’en est rien. Je suis juste un peu… fébrile. Je suis sûre que si j’avais pu me voir dans un miroir, je m’y serais vue avec un sourire espiègle pis des flammèches dans les yeux. Avoir su, je me serais mis une petite robe de tannante pis je me serais fait des tresses, genre. Toute seule comme une grande, je monte le bel escalier de Wilfrid-Pelletier. J’ai passé à un cheveu de pas avoir de billet, mais ma petite face excitée a du convaincre la madame de la table de presse que j’étais de bonne foi. La preuve, il est près de minuit, je reviens à peine de la Place des Arts, je bois du thé et j’essaie de calmer mon excitation post-Mary Poppins en vous donnant un moyen tuyau : c’est pas mal bon.

Vous savez, au départ, c’est basé sur une série de livres de Pamela Lindon Travers parue dans les années 30. Trois décennies plus tard, le film qui en est tiré sort en salles et est plus que louangé. Puis, début des années 2000, quelqu’un de bright a réalisé qu’un film de même, c’est comme tout indiqué pour le music-hall, hein, quand même, pis s’est lancé dans l’aventure. Résultat : Londres, 2004, New York, 2006, tournée nord-américaine, 2009, et Montréal, 2012 ! Je sais pas trop ce qui se passe, mais de plus en plus de comédies musicales viennent nous en mettre plein la vue dans la métropole francophone d’Amérique par excellence, comme si Broadway tentait de s’ouvrir un Teather au cœur de notre si hot Quartier des spectacles. Je ne m’en plaindrai pas !

Alors donc, hier soir, y’avait du monde tout plein, du monde partout, de tous les âges. Beaucoup d’enfants, beaucoup de familles, beaucoup d’anglophones. Le spectacle propose les textes en langue originale, ce qui faisait ben mon affaire. L’ensemble est communicatif, énergique, l’histoire on ne peut plus imagée, et on arrive sans peine à capter l’essentiel du message : A spoonful of sugar helps the medicine go down (C’est le morceau de sucre qui aide la médecine à couler) ! Et y’a pas que la médecine qui coule bien par ici : la succession des scènes, l’enchevêtrement des chansons, les multiples changements de décors et de costumes (chapeau à l’équipe en coulisse et dans les échafauds) ; tout défile à une folle vitesse. Un tourbillon, sans doute le même qui a amené Mary Poppins à la maison des Banks, nous emporte pendant deux heures et demie qui se mangent aussi vite que des bonbons d’Halloween.

Mary et Bert. Crédit photo : Jeremy Daniel

De la couleur, en veux-tu en v’là, du mouvement, du bonheur, du délire, même. La magie de Walt Disney fait son œuvre, on embarque assez rapidement merci, et on se laisse parfois aussi aller à fredonner les tounes accrocheuses imaginées il y a 40 ans par les frères Sherman. Ça grouille sur scène, de partout en même temps, l’œil et l’oreille sont surstimulés. Des performeurs triple threat, ces artistes-là ? Mets-en. Ils ont tous une superbe présence, bien en masse pour accoter leur voix, ils swingnent pas pire de la patte (il y a même un super numéro de claquettes !), ils se donnent plus qu’à fond, et on comprend mieux pourquoi il n’y a que huit représentations chez nous (en 4 jours !). Sans blague, à l’énergie que l’impressionnante distribution a démontrée, ça doit être rough su’l système…

Je m’excuse, je vais passer le commentaire explicatif sur le synopsis du show. Je dirai simplement que cette douce folie, un brin démesurée, parvient instantanément à nous faire décrocher du quotidien, à l’exemple de George Banks qui, en laissant entrer Mary Poppins dans sa maison, a consenti malgré lui à y laisser aussi pénétrer un chaos plus qu’utile. Tout se passe si vite, tout est tellement bien rodé, sans paraître machinal ou banal, on a envie de leur piquer un cerf-volant pour s’y mettre nous aussi, de ramoner des cheminées en chantant Step in time, de Feed the birds avec la dame aux oiseaux pis de vivre A Jolly Holiday avec Mary ou de décoller en sa compagnie avec son célèbre parapluie.

Bert. Crédit photo : Kyle Froman

On regrette quelques scènes du film qui ne font pas partie de la comédie musicale, comme l’heure du thé avec l’oncle Albert qui se peut pu de rire avec sa table volante ou le carrousel avec les chevaux qui prennent vie, mais on oublie vite les entorses au scénario ou la surprise des nouvelles chansons (qui s’intègrent très bien, d’ailleurs) grâce à la panoplie d’artifices scéniques mis à contribution pour nous éblouir et à la performance des artistes (je pense à Bert, interprété par l’excellent Con O’Shea-Creal, qui danse littéralement au plafond, tête en bas) et, bien entendu, de l’orchestre, qui fait une job du tonnerre dans la fosse. De toute façon, la maison de poupée des enfants Banks, la valise de Mary Poppins remplie de trésors impossibles à y faire entrer, l’acariâtre Miss Andrew, la posture de Madeline Trumble : e-xac-te-ment pareille que celle de Julie Andrews, bien campée, pieds en V, ça, ça y est, et pis plein d’autres choses formidables pour retomber en enfance et passer un bon moment psychédélique.

Supercalifragilisticexpialidocious. C’est tout ce que j’ai à dire de plus.

Mary Poppins

Salle Wilfrird-Pelletier de la Place des Arts
du 21 au 25 novembre

Musique

« Beauty and the Beast », on rêve à Montréal!

Des décors et des costumes à couper le souffle, des voix replongeant les grands et les petits dans l’univers de Walt Disney; vous ne rêvez pas, vous assistez à « Beauty and the Beast », la comédie musicale de Broadway présentée jusqu’au 29 avril à Montréal.


L’année dernière, la Place des Arts voyait débarquer l’un des plus grands classiques du répertoire Walt Disney sous forme de comédie musicale de Broadway : Le Roi Lion. Décors hallucinants, voix du tonnerre, tous les ingrédients d’un passage remarqué dans la métropole étaient réunis pour faire rêver petits et grands.

Cette année, le jeune Simba laisse place à deux autres personnages mythiques du même registre : La Belle et la Bête. Une fois de plus, cette comédie musicale vous replongera dans l’un des plus grands dessins animés jamais créé jusqu’à présent et dont l’histoire vous est résumée dans la vidéo suivante :

Depuis sa sortie en 1991, ce « 30e classique » d’animation de Walt Disney ne cesse de faire rêver les jeunes (et moins jeunes) grâce à une histoire d’amour d’un autre genre, un amour jugé impossible qui naît dans le cœur des deux jeunes voulant fuir leurs mondes respectifs. Au-delà d’être un conte romanesque, La Belle et la Bête pose aussi un regard critique sur les mœurs de notre société contemporaine, qui se résument bien par le dicton « l’habit ne fait pas le moine ». Derrière les apparences d’une bête, peut-il y avoir un homme de cœur qui ne demande qu’à aimer et être aimé en retour?

Cette superproduction américaine laisse sans voix. Les décors amovibles permettent au public de passer d’un village de paysans à un château enchanté, sans oublier quelques passages dans la forêt aux loups. Les artistes sur scène sont aussi à leur meilleur. Déguisés tels les personnages du fameux dessin animé, ils chantent, dansent, font rire et frissonner les petits comme les grands. Avec une vingtaine d’artistes sur scène, cette comédie musicale est un petit prodige à sa manière. En effet, Le Roi Lion mettait l’accent sur des chorégraphies d’un autre genre, des décors novateurs et une vision du film vue de manière contemporaine. Dans La Belle et la Bête, le dessin animé est resté tel quel. À part quelques lancées de confettis, certaines nouvelles chansons et une fin abrégée, l’œuvre est fidèle à Walt Disney.

Un régal pour les yeux et pour les oreilles, qui plaira sans aucun doute aux enfants, jeunes, parents et nostalgiques de cette période où une bête pouvait aimer et être aimée en retour par une belle.

Présenté en ANGLAIS du 24 au 29 avril à la Salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts.

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