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Place des Arts

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Lorsqu’un androïde a des rêves

La 46e édition du Festival du Nouveau Cinéma a été lancée le 4 octobre dernier, avec la première du nouveau film tant attendu de Denis Villeneuve : Blade Runner 2049.

La suite du maintenant célèbre film culte Blade Runner était très attendue et l’ambiance à la Place des arts était survoltée. Après les discours et remerciements des organisateurs et programmeurs du festival et de Pierre-Karl Péladeau en personne, c’était au tour de Denis Villeneuve de prendre la parole. Nous souhaitant un bon film, il a eu droit à une ovation spontanée, montrant clairement l’excitation qui régnait dans la salle.

Blade Runner est un classique de science-fiction. Il a su, à son époque et surtout suite à la sortie du director’s cut en 1992 définir le genre et le façonner selon certains critères que plusieurs autres films adopteront par la suite. L’ambiance y est glauque et teintée d’une inquiétante étrangeté. On va se le dire franchement, ce n’est pas du tout un film grand public.

Il faut absolument avoir cela en tête en allant voir Blade Runner 2049. Il faut également avoir vu le premier volet. Il est important de noter qu’il s’agit bel et bien d’une suite, et non pas d’un remake ou d’un remaniement de l’univers dystopique proposé par Ridley Scott. Il existe un lien intrinsèque entre les deux volets. Blade Runner 2049 a lieu 30 ans après le premier film. Bien que nous ayons droit à un nouveau protagoniste comme meneur d’action (Ryan Gosling), nous retrouvons aussi Deckard (Harrison Ford). C’est donc tout un défi pour Denis Villeneuve de prendre le flambeau de cette oeuvre culte de Ridley Scott. Plusieurs, lui le premier, craignaient que le film soit une piètre reproduction de ce qui a tant marqué dans le premier opus.

C’est loin d’être le cas.

Le spectateur suit l’histoire de K (Ryan Gosling), un blade runner. Ceux-ci ont pour mission de mettre hors service les réplicants Nexus, une ancienne génération de robots qui est devenue un peu trop humaine au goût des autorités. Pourtant, K est lui-même un réplicant. Au cours d’une mission qu’il croyait comme les autres, il ouvrira une boite de pandore qui aura la possibilité de changer le cours de l’histoire. Je ne vous en dis pas plus, question de ne pas gâcher le plaisir!

Denis a un style bien à lui, qu’il a su raffiné au fil du temps. Les connaisseurs remarqueront son rythme et ses traditions. La présence de la neige, par exemple, ou alors l’exploitation de l’environnement sonore. D’ailleurs, la direction artistique est à couper le souffle. La présence de plusieurs climats et environnements différents permet au film d’exploiter plusieurs esthétiques qui servent l’ambiance insolite de 2049. Ryan Gosling cambre très bien le rôle de K, au côté d’un Harrison Ford égal à lui-même. Peut-être aurait-il fallu définir plus amplement la quête de Niander Wallace, le personnage campé par Jared Leto, afin de pouvoir bien en comprendre la profondeur et les enjeux. D’ailleurs, quelques sentiers empruntés dans le film donnent l’impression qu’une suite serait possible…l’avenir nous le dira!

Les fervents admirateurs trouveront peut-être le film un peu trop  »américanisé » à leur goût, mais force est d’admettre que Denis Villeneuve a fait un travail incroyable. Sans être la copie du style de Ridley Scott, il a su garder le triste sinistre qui se dégageait du premier film tout en y ajoutant sa couleur. Il a rendu Blade Runner 2049 un peu plus grand public que le premier, certes, mais il faut également comprendre que le genre a évolué avec le temps. Je crois qu’il s’agit d’une suite logique, quoique peut-être un peu moins biblique et philosophique que le premier opus. Il est certain que la communauté Sci-Fi doit avoir bien hâte de voir ce qu’il fera avec Dune, un autre film culte du genre. Gageons qu’on ne sera pas déçu.

Galerie photo: Marie-Claude Brault

Cinéma
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ENTREVUE AVEC DANY BOUDREAULT

Dany Boudreault peut revêtir bien des titres. Il endosse ceux de comédien et poète ce lundi soir à la salle Claude Léveillé de la Place des arts pendant la lecture de La fin du monde est une fausse piste, une mise en lecture de ses propres poèmes dans le cadre du Festival international de littérature. Cela parlera d’amour. De bien d’autre chose, bien sur, mais surtout d’amour.

If love be rough with you, be rough with love;
Prick love for pricking, and you beat love down. 

– Mercutio dans Roméo et Juliette

Je reviens à mes premières âmes en fait! J’ai toujours écrit de la poésie. J’ai publié mon premier recueil en 2005 et mon deuxième en 2007. Lorsque je suis entré à l’École Nationale de Théâtre en 2004, j’étais donc déjà l’espèce de poète parmi les acteurs. Je dégageais l’aura du jeune poète avec des petites ombres Rimbaldienne-wannabe. Je n’ai jamais arrêté d’écrire de la poésie. À ma sortie de l’École Nationale, j’ai été pris dans une spirale de jeu et de spectacles où j’étais plus sollicité comme comédien, mais j’ai continué à écrire. C’est simplement que la poésie demande, selon moi, plus de temps. Elle exige plus d’introspection. J’ai accumulé beaucoup de poèmes et de textes à travers le temps, mais j’ai besoin d’un petit moment avant de les publier.

Le spectacle est planifié, mais reste assez vivant. C’est l’aspect punk de la chose. Ce qui est punk, par définition, n’est pas complètement lisse. C’est un espèce de petit diamant noir. On essaie d’aller à la pureté du texte, mais avec beaucoup de douceur. La salle Claude Léveillé permet d’avoir une grande proximité avec le public, ce que j’aime beaucoup. Ce ne sera pas un concert gueulé dans les oreilles des spectateurs, mais quelque chose de doux, tout en restant caustique. Il y a une lucidité dans le texte, quelque chose d’ironique et de cynique, mais tout en restant doux. Il y a beaucoup d’humour aussi! Mes textes sont la trame narrative du spectacle. Manu (Emmanuel Schwartz) va venir se greffer à cela avec sa musique; un genre de blues très libre. Le spectacle est structuré sous forme de chanson, mais sans l’être véritablement. On traverse ensemble la chute de la fin du monde et on tombe, de plus en plus….mais avec joie et humour! (rires)

  • Est-ce que le public doit s’attendre à être un peu ébranlé?

Je ne pense pas, non! Ce n’est pas décoiffant. C’est plutôt une douce chanson funèbre. On ne cherche pas à provoquer. Ça parle d’amour, de mort, de sexualité, de chute. Il y a même un travail sur la chute au point de vue de la forme, dans la genèse du poème même. La chute du vers. On raconte cette fin du monde, mais qui est surtout la fin d’un monde. C’est une histoire de nouveau début. On est deux enfants, deux boys, qui se rendent compte qu’ils sont devenus des adultes. On s’en rend compte avec le public, en même temps qu’eux.

  • Comment en es-tu venu à travailler avec Emmanuel Schwartz?

On s’est toujours supporté dans nos projets respectifs. On se connaît depuis Cégep en spectacle; lui au Cégep Lionel Groulx et moi à Rosemont. Il était dans un groupe de musique et je jouais une pièce de théâtre que j’avais écrite. Bref, on s’admirait de loin, on se toisait! J’ai été accepté à l’École Nationale lors qu’il y finissait. Il s’est alors mis à travailler beaucoup avec Wajdi (Mouawad) et j’ai publié mes recueils de poésie. On a collaboré pour la première fois dans le spectacle Nombreux seront nos ennemis au  Théâtre Lachapelle. Et on a capoté. On voulait absolument travailler ensemble. J’ai décidé de l’inviter sur La fin du monde est une fausse piste, à faire quelques trucs musicaux à travers mes textes. Il jouera trois sortes de guitare : acoustique, électrique et classique. J’essaie aussi de l’obliger à présenter quelques textes inédits de lui, mais ça, on verra!

  • Comment est-ce que tu te prépares pour ce genre de spectacle?

Il faut toujours se préparer à ne pas l’être, un peu comme le jeu. Dans l’interprétation, il y a des moments, des bulles, où on se laisse libre, où tout n’est pas dicté d’avance, où on se permet de faire des pauses. On joue le texte dans la joie et la détente. On ne voulait pas être soumis à ce à quoi on est soumis jour après jour, avec le travail. On s’est dit qu’il fallait que ça soit facile entre nous. On voulait aussi parler de beaucoup de choses, notamment du capitalisme qui domine de plus en plus nos relations, notre corps et notre façon d’appréhender la vie. On essaie de trouver des solutions pour se déprendre de ça et c’est très fragilisant. Le stress n’est pas le même lorsqu’on joue que lorsqu’on écrit. Alors, quand je joue mes propres texte, c’est doublement ébranlant. De plus, c’est un one shot deal! Je crois que c’est une bonne raison pour le public de se déplacer! La fin du monde est une fausse piste est un spectacle que je ne me serais jamais permis et que j’ai décidé de faire. Et Manu entre totalement avec moi dans l’univers.

  • Vois-tu cela comme une mise à nue?

Oui, absolument! De plus, j’écris beaucoup en lecture. Tous mes recueils, je les ai éprouvés devant public. D’ailleurs, je continue à travailler mes textes avec lui. En répétition avec Alice Ronfard, avec qui j’ai travaillé à l’École Nationale et au Théâtre d’Aujourd’hui, elle m’amène à réécrire mes poèmes. À partir de ses commentaires, le texte se défige. Je ne me dis pas que ce que j’écris, c’est de l’or et voilà, je vous présente un trésor! (rires) On est pas dans ce rapport-là! Alice est une collaboratrice et une complice incroyable. Elle connait Manu par coeur et moi aussi. On entretient tous ensemble un rapport de destruction et de création. Je détruis facilement ce que j’écris, des fois, j’ai même envie de tout détruire! Alors, je fais attention!

  • Penses-tu que ta formation d’acteur a une influence sur ton style d’écriture?

J’écris pour être lu à voix haute, c’est ma démarche. Je ne sais pas si c’est un avantage, mais c’est ce que je fais. Il y a quelque chose de spécial qui se crée lorsqu’on lit à voix haute. Il y a beaucoup d’auteurs qui écrivent pour être lus dans l’intimité, et je pense que je peux être lu de cette manière, mais mes écrits ont quelque chose qui portent à la voix.  Devant mon ordinateur, je me sens plus aliéné, alors que devant public, je sens que la parole opère. De plus, il y a une question de pudeur. Je n’entre pas dans mon propre texte de la même façon que lorsque je joue le personnage de quelqu’un d’autre. J’ai une idée précise de comment il faut le texte, et avec quel découpage. Alice et Manu m’aident beaucoup à briser cela et à me montrer qu’il y a d’autres manières qui fonctionnent aussi bien, sinon mieux. J’essaie de développer une distance affective avec le texte pour pouvoir bien le livrer.

  • Comment vois-tu ta participation au FIL?

Je pense que c’est une festival d’une importance capitale dans le paysage culturel montréalais. Il n’y a pas beaucoup de festival qui se consacre expressément à la littérature. Je suis très touché de la confiance de Michelle Corbeil, qui travaille comme une acharnée avec son équipe pour faire rayonner ce genre de festival. Elle a une magnifique vision et je me sens choyé d’être appelé comme auteur dans ce festival. C’est une tribune unique et un festival qui doit vivre. On est tellement dans un monde où il y a peu de tribune à la littérature. Même s’il y a Plus on est de fou, plus on lit à Radio-Canada, il y a de moins en moins de critique de poésie, de roman, d’article littéraire dans les journaux. Je trouve que le FIL se doit d’exister pour créer l’événement et le foisonnement de notre littérature.

  • Quel événement recommandes-tu dans la programmation du FIL?

Il y en a plusieurs, mais je dirais d’instinct Chronique d’un coeur vintage d’Émilie Bibeau, qui est présenté juste avant le nôtre. Il y a aussi Autour du Lactume de Réjean Ducharme, mais c’est complet! Ducharme est un monument, Markitas Boies est une grande comédienne et Martin Faucher est un expert de Ducharme! Il y a également Pessoa tout sentir de toutes les manières. Ca semble assez intéressant et intriguant. C’est avec Paul Savoie avec une mise en voix de Catherine Vidal. J’adore Pessoa, donc c’est quelque chose qui m’intéresse particulièrement!

La fin du monde est une fausse piste est présenté le 25 septembre à 21h00, pour une fois seulement. Vous ai-je mentionné que cela parlerait d’amour?

Littérature
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Festival MUTEK : top 5 adresses pour en profiter!

Best of Québec prend possession de notre blogue pour vous faire découvrir les bonnes adresses et meilleures occasions autour d’un festival montréalais.

Ce mois-ci, découvrez leurs recommandations pour demeurer dans l’ambiance électrisante de Mutek, le plus important rendez-vous canadien annuel de musique électronique et de création numérique.

Laïka

À une dizaine de minutes de marche du Quartier des spectacles, le Laïka est un resto-bar lounge très agréable où l’on peut aisément se rendre entre deux performances de MUTEK. On peut y boire une bière ou un cocktail en écoutant la prestation en direct de DJs tous les soirs, mais aussi s’y partager un plat de nachos, prendre sur le pouce une tartine de gravlax de saumon, ou encore, si on a du temps devant soi, se régaler d’un parmentier de bœuf braisé à la bière noire.

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Blumenthal

Jouxtant littéralement les grandes scènes extérieures de la Place des Festivals, le resto-bar de la Maison du Festival a fait récemment peau neuve et nous reçoit désormais dans un cadre à la fois urbain et aéré – dont un véritable arbre planté au sol – que vient compléter une grande terrasse très populaire l’été. Un endroit tout désigné pour prendre un verre, grignoter ou s’offrir un repas bistro de bonne qualité.

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Hôtel W

Si vous aimez l’innovation sous toutes ses formes, le chic Hôtel W est un bel endroit à visiter à quelques minutes de marche du festival MUTEK. Son concept, qui mêle créativité montréalaise et avant-gardisme new-yorkais, se reflète dans des chambres ultra-modernes et agréables, mais aussi dans l’ensemble de son décor (superbe), ses bars branchés (dont le Wunderbar, où on apprécie les cocktails uniques, la musique travaillée et les projections vidéo) et son restaurant ê.a.t , aux assiettes aussi raffinées que la galerie d’art vivante qui y loge.

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SAT

À deux pas de la Place-des-arts, la Société des arts technologiques est un incubateur de talents. Elle sera d’ailleurs le lieu d’accueil de plusieurs spectacles de MUTEK. Qu’y retrouve-t-on au juste? Une grande salle au rez-de-chaussée multifonctionnelle pouvant accueillir des événements de grande ampleur, un labo à l’étage ou s’activent des artistes utilisant de nouvelles technologies, une Satosphère offrant sous un dôme unique des prestations artistiques diverses, et enfin un resto, la Labo culinaire, combinant recherche à partir de produits locaux, vins nature et une splendide terrasse.

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Bota Bota

Quelle idée géniale de créer un spa flottant en plein cœur du Vieux-Port montréalais! Le Bota Bota est l’escale parfaite pour reprendre des forces entre deux spectacles. Logé à l’intérieur d’un ancien paquebot amarré, il dispose d’un cadre moderne et épuré magnifique, d’une ambiance ultra-relaxante, d’installations complètes (dont un circuit d’eau nordique), d’une belle gamme de services (massages, traitements, boutique, restaurant santé, etc.) et, cerise sur le gâteau, de vues exceptionnelles de la ville de Montréal de jour comme de nuit.

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Bon festival MUTEK et bonnes découvertes!

Arts Médiatiques
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Éclatées et colorées, les belles surprises du Festival International Nuits d’Afrique

Du punk rock malgache avec The Dizzy Brains, de l’électro hip-hop aux influences nord-africaines signé King Abid et des percussions afro-latines avec Ramon Chicharron, les soirées musicales du Festival International Nuits d’Afrique ont en commun la promesse de mettre le feu à la place des arts du 11 au 23 juillet prochain.

Exit les stéréotypes, la musique présentée dans le cadre de Nuits d’Afrique n’est pas exclusivement de la musique faite sur le continent africain. Au contraire, il faut voir plus large car, après tout, on parle tout de même de musique du monde.

« Ce que j’ai trouvé fascinant et qui cette année est encore renforcé, c’est que Nuits d’Afrique ce n’est pas nécessairement que des artistes africains, mais plutôt ayant l’Afrique comme racine ou comme forme d’inspiration, qu’ils soient d’Afrique, d’Amérique latine, ou en Europe… » – explique Bïa, porte-parole de la 31e édition du festival

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C’était un mercredi pluvieux, comme on a un peu trop vu dernièrement à Montréal, je me rendais à la rencontre de la porte-parole du festival aux côtés d’Herby Moreau, la chanteuse brésilienne Bïa.  J’arrive au café iranien Byblos et déjà l’ambiance exotique redonne un peu de chaleur à cette journée.

En sirotant un thé, Bïa me raconte son histoire d’amour avec le festival qu’elle a découvert en 2013. Un peu « tardivement » avoue-t-elle, mais depuis, elle ne manque pas une occasion de visiter les soirées au Club Balattou où, après 23h, les festivaliers peuvent découvrir des performances intimes : « C’est vraiment une soirée découverte pour les gens qui n’ont pas les moyens ou le temps d’aller voir plein de spectacles. J’ai découvert l’esprit du festival Nuits d’Afrique en le vivant comme ça. » C’est aussi à Nuits d’Afrique qu’elle a rencontré sa complice Mamselle Ruiz avec qui elle présente cette année leur nouveau projet Bandidas.

Les têtes d’affiche

En survolant la programmation, on constate rapidement qu’elle n’est pas que de découvertes, elle est aussi accompagnée de grands noms associés à la musique du monde. On le répète peut-être peu, mais Nuits d’Afrique est un festival qui se démarque à l’international. Pour Bïa, aucun doute :

« C’est vraiment un des plus gros festivals de World music du monde. Ça a vraiment pris de l’expansion autant dans les spectacles en salle avec des gros noms comme Amadou et Mariam, Ben l’Oncle Soul que j’adore, aussi la chanteuse tunisienne Emel Mathlouthi. »

Pour ceux qui se le demande, Amadou et Mariam est un couple d’aveugles d’origine malienne qui ont joué partout dans le monde, que ce soit Paris ou Tombouctou.

Ben l’Oncle Soul a fait ses débuts à Montréal avant de conquérir le monde dès 2010 avec son album éponyme Ben l’Oncle Soul. Il a aussi fait l’ouverture du Festival de Jazz de Montréal en 2011.

La chanteuse Emel Mathlouti est considérée comme une importante figure du printemps arabe et de la révolution tunisienne en 2012. Sa chanson « Kelmti horra» (My Word is Free) l’a amenée à performer sur la scène de la cérémonie du prix Nobel de la paix à Oslo en 2015.

Pour en savoir plus sur le Festival International Nuits d’Afrique, c’est ici.

 

Musique
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«You do not have to sit there quiet»

Le Harlem Gospel Choir, l’une des plus, sinon la plus légendaire chorale gospel des États-Unis, donnait le 30 juin dernier, au Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts, un concert dans le cadre du Festival international de Jazz de Montréal. La chorale, qui existe depuis maintenant trente et un ans, a livré une représentation, tout en force et en simplicité, pendant quatre-vingt-dix minutes qu’on ne voit franchement pas passer!

Dès l’ouverture du spectacle nous sommes avertis, « you do not have to sit there quiet », notre présence n’est pas une invitation à la contemplation. De toute façon, impossible de rester impassible devant cette chorale de neuf talentueux et dynamiques chanteurs. Leur énergie est inépuisable, aussi forte et imposante que leurs voix, que vous soyez venu seul ou accompagné, vous n’hésiterez pas à chanter et voir même à danser avec votre voisin. Ce spectacle est une ode à la joie de vivre, au partage et il se dégage un puissant sentiment de communion avec toute la salle.

Leur répertoire s’étend du classique Happy Day jusqu’à Happy de Pharell William, en passant par Celebration de Kool and The Gang. Les chansons y sont majoritairement très rythmées à l’exception de leur version de Amazing Grace. La représentation comprend tout de même de nombreux intermèdes, ces petites pauses sont utilisées notamment pour parler de leur travail de collecte de fonds pour la fondation Operation smile, mais aussi afin de faire participer le public. Vous avez été averti, le Harlem Gospel Choir aime et raffole d’un public participatif et communicatif. Ainsi, l’ensemble interagit à différents moments avec le public et permet même à certains spectateurs de pousser un peu la note lors d’une sorte de karaoké improvisé. Plutôt risqué, mais à l’instar de refroidir la salle ou du moins les spectateurs sélectionnés, ce moment donne à entendre et à voir des gens généreux et plutôt talentueux!

Si vous n’avez pas vu le Harlem Gospel Choir, je vous recommande de ne pas les manquer lors de leur prochain passage à Montréal. Heureusement pour vous quelque chose me dit que nous les reverrons très vite.

Musique
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Double frisson

Le théâtre Maisonneuve de la Place des Arts accueillait le 14 juin dernier Louis-Jean Cormier et Martin Léon en programme double. Deux spectacles, une seule soirée, double plaisir.

 Je crois que tout le monde qui s’est présenté au théâtre Maisonneuve mercredi dernier ne savait pas exactement à quoi s’attendre de cet événement présenté dans le cadre des Francofolies. Les seuls programmes double auxquels j’avais assistés dans ma vie se traduisaient par un sac de réglisses,  une voiture, des superhéros américains et des singes génétiquement modifiés au ciné-parc. Un programme double incluant Louis-Jean Cormier et Martin Léon ? À des milles des blockbusters estivaux.

Première partie

 Ce sont deux spectacles bien distincts que le public a pu apprécier. Même si Louis-Jean Cormier se plaisait à dire qu’il faisait la première partie de Martin Léon, c’est un spectacle complet de 1h30 qu’il a présenté. Bien plus qu’un simple amuse-bouche.

De l’humour, de l’intelligence, de la répartie; Cormier a mis les spectateurs dans sa poche dès le début du spectacle. Cette formule solo, où il n’est accompagné sur scène que par sa guitare, a été créée pour se déplacer dans les petites salles de la province, pour jouer des chansons « déshabillées ».

Si le public semblait un peu gêné de chanter dans la prestigieuse salle, l’auteur-compositeur-interprète a su le dérider en lui offrant une leçon de musique pour le faire jouer aux choristes sur Tout le monde en même temps. Il s’est également rappelé sa première fois à la Place des Arts avec Karkwa en interprétant Moi léger, au grand bonheur des nostalgiques du défunt groupe.

Un rappel à une première partie ? C’est la magie de Louis-Jean Cormier qui a interprété une nouvelle chanson et donné les derniers frissons de sa prestation pendant Deux saisons trois quarts.

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 Deuxième partie

 Le second spectacle de la soirée a débuté à 22h00. Et ce fut du costaud. Martin Léon, aussi décontracté qu’à l’habitude, s’est présenté sur scène accompagné de neuf musiciens. Pianiste, harpiste, guitariste (en la personne de Louis-Jean Cormier) flûtiste, choristes et j’en passe! On allait assister à un événement musical de grande envergure.

Ceux qui ont vu la série carte blanche de Martin Léon au théâtre de Quat’sous, il y a quelques années, ont reconnu une mise en scène semblable avec ses présentations vidéo et photo de ses récits de voyage asiatique, mais en formule beaucoup plus élaboré.

Continent ayant marqué la création de l’album Les atomes, l’artiste a raconté les anecdotes l’ayant inspiré. Les spectateurs ont également eu droit à une explication poétique et scientifique de l’atome menant à la chanson Va savoir pourquoi et à un karaoké sur le plus ringard des films asiatiques pendant C’est ça qui est ça.

Martin Léon a enveloppé tout le théâtre Maisonneuve de sa poésie jusqu’à lui mouiller les yeux pendant J’aime pas ça quand tu pleures chanté simplement et intimement, accompagné seulement d’une guitare et d’un violoncelle au bord de la scène pendant que le reste de l’orchestre avait quitté en coulisse.

Dans une ultime chanson, ce programme double a été couronné par un duo tout en douceur de Louis-Jean Cormier et Martin Léon en version acoustique pour Je redeviens le vent.

Des frissons pendant trois heures… et on en aurait redemandé encore.

Musique
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Galerie photo : Ma Première Place des Arts 2017

Mardi dernier avait lieu la finale du concours Ma Première Place des Arts à la salle Claude-Léveillée de la Place des Arts. Les finalistes de cet événement phare de la relève en chanson d’expression française aux Québec organisé par la Société pour l’avancement de la chanson d’expression française (SACEF)  étaient :

Catégorie interprète
Jérémie Roy
Gertrude Létourneau
Viola Ferrando

Catégorie auteur-compositeur-interprète
Marc-Antoine Beaudoin
Tom Chicoine
Valérie Poulin

Catégorie groupe
Escabo
Belshazzar

Les gagnants de la 23e édition de Ma Première Place des Arts sont Viola Ferrando, Marc-Antoine Beaudoin et Belshazzar.

Galerie-photo par Renaud Vinet-Houle.

 

Musique
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Entrevue avec le directeur général de la SACEF

Entrevue avec Jocelyn Ménard, Directeur général de la SACEF (Société pour l’avancement de la chanson d’expression française) responsable de l’événement “Ma première place des arts”

  1. En quelques mots, comment décririez-vous cette 23ème édition de Ma Première place des arts ?

Cette édition est définitivement sous le signe du changement. Avec une nouvelle identité visuelle, un nouveau site web et l’ajout d’une nouvelle catégorie au concours, nous tenions à représenter au mieux la diversité et la créativité de la chanson au Québec.

  1. On demande aux participants de faire preuve d’audace, en quoi la programmation de cette année en fait-elle preuve ?

Il y a énormément de belles propositions cette année! Des créations audacieuses, des compositions singulières et originales et des artistes avec beaucoup de personnalité. L’ensemble apporte un vent de fraicheur et de la couleur à la programmation.

  1. Pour la première fois cette année, on ouvre le concours aux groupes. Cela venait d’une forte demande du public ou par envie de diversifier?

C’est moi en fait qui a poussé pour faire entrer cette catégorie. Ayant été membre de plusieurs groupes musicaux moi-même, je trouvais important que les groupes soient représentés et aient accès au concours. Sans compter le fait aussi que ceci reflète encore mieux ce qui se passe actuellement sur la scène musicale.

  1. Parlez-moi des mentors choisis pour cette édition, en quoi ceux-ci se démarquent-ils par leur expérience ? Qu’apportent-ils spécifiquement aux participants

Nous choisissions toujours nos mentors en fonction de leur crédibilité et de leur légitimité et je pense que pour la plupart, leur participation au concours est perçue comme redonner à la chanson ce que la chanson leur a donné. Plus spécifiquement, on peut penser à des astuces au niveau de la présence scénique, des enjeux du milieu, d’une tournée, des sacrifices qu’ils auront à faire. Sans parler des conseils musicaux et vocaux qu’ils peuvent donner aux participants.

  1. Pouvez-vous nous nommer un défi ou un enjeu survenu cette année dans la préparation de la programmation?

Nous avons eu plusieurs beaux défis cette année. Allant de la contrainte d’espace en début de parcours avec la salle Claude Léveillée, à la mise en place de notre nouveau système d’inscriptions en ligne.

  1. D’année en année, considérez-vous que l’intérêt pour la chanson francophone se développent /augmentent?

Je crois que nous sommes présentement dans une industrie qui n’a pas peur de prendre position et d’être créative. Nous avons une relève très inspirante qui est à l’écoute de son époque. Tout cela contribue à faire rayonner la chanson francophone auprès du public. Toutefois, en chanson, il y a des cycles, des années et des styles qui suscitent un intérêt plus important que d’autres auprès du public.

  1. Personnellement, êtes-vous un grand consommateur de musique ?

Je consomme énormément de musique et de tous les styles! Nous avons la chance ici à la SACEF de recevoir plusieurs albums dans le cadre de nos fonctions et je me fais un plaisir de tous les écouter. Je n’ai pas peur d’ouvrir mes horizons musicales et c’est un aspect important de mon travail que de rester connecté sur ce qui se crée en musique.

  1. Quelle est votre plus récente découverte musicale ?

J’ai un véritable coup de cœur actuellement pour Klo Pelgag. C’est une artiste créative et atypique qui sort complètement du moule. J’adore son style. Je trouve aussi très inspirante la fougue et l’audace d’Antoine Corriveau, le côté « habité» de Safia Nolin et les propositions musicales originales de Philippe Brach.

  1. En quelques mots, que pourriez-vous dire à un futur participant afin de le convaincre de participer à Ma première place des arts ?

C’est une expérience unique et un incontournable pour quiconque souhaite tenter sa chance dans le domaine musicale. Non seulement les participants auront l’honneur d’être entouré et épaulé par de véritables ambassadeurs de la chanson, mais c’est aussi la chance pour eux de s’outiller à repousser leurs limites et de prendre le contrôle de leur destinée.

  1. À quoi peut-on déjà s’attendre pour le spectacle de la finale?

Une performance de Klo Pelgag, plusieurs interprétations, du talent à revendre, en bref, on n’aura pas le temps de s’ennuyer!

Trois interprètes, trois auteurs-compositeurs-interprètes et deux groupes accèderont à la finale.

La finale de Ma Première place des arts se déroulera le 2 mai prochain à la cinquième salle de la Place des arts.

 

 

Musique
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Casse-Noisette: un classique féerique

Jeunes et moins jeunes étaient réunis samedi dernier pour la première de Casse-Noisette. Le temps d’un après-midi, les spectateurs ont été submergés par la magie de Noël.

Le spectacle présenté depuis plusieurs années par les Grands Ballets Canadiens de Montréal, ouvre avec la scène familiale, la veille de Noël, durant laquelle les convives s’échangent de jolis cadeaux. La petite Clara reçoit le fameux casse-noisette de la part de son oncle. Après la fête, les enfants et les parents épuisés vont dormir. Dans la chambre de Clara, durant son profond sommeil, nous sommes témoins d’une féroce bataille entre souris et soldats. Afin de sauver Clara, le casse-noisette se transforme en prince. Ce charmant jeune homme mènera Clara dans un monde féerique où la magie opère.

Les spectateurs ont été épatés par les nombreuses chorégraphies. Les applaudissements retentissaient à la fin de chaque numéro. La maîtrise des danseurs, la complexité et la diversité des numéros ne cessaient d’éblouir le public.

Les décors du spectacle qui avait lieu à la salle Wilfrid-Pelletier étaient tout simplement majestueux. Les faits marquants de cette composition sont l’immense sapin qui semblait sans fin ainsi que le pays des neiges. L’orchestre des Grands Ballets Canadiens de Montréal a contribué à créer une atmosphère enchanteresse tout au long des différents actes.

Ce classique du temps des Fêtes est présenté ‪jusqu’au 30 décembre 2016 à la Place des Arts.

Galerie photos par Renaud Vinet-Houle

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Galerie photo : Fête nationale du Québec à Montréal

Le 23 juin dernier sur la Place des Festivals se tenait le traditionnel spectacle pour la Fête nationale du Québec. Animé par Louis-José Houde, de nombreux artistes en solo ou en duo ont donné tout qu’un spectacle ; Yann Perreau, Les Soeurs Boulay, Brigitte Boisjoli, Éric Lapointe et son protégé Travis Cormier de La Voix, Jean-Pierre Ferland, Koriass et Samian.

Musique