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Notman

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Le Musée McCord prend part au projet mondial Inside Out!

Le Musée McCord participe présentement au projet mondial Inside Out en mettant un visage sur 21 visionnaires qui participent activement au développement de notre ville dans une série de portraits affichés « hors les murs ». Œuvrant dans les domaines des arts et de la mode, du design et de l’urbanisme, du milieu communautaire et sociétal ou encore touchant aux nouvelles technologies, le travail de ces créateurs nous inspire et nous invite à repenser nos façons de faire et notre implication. Situés dans 4 sites extérieurs, vous aurez jusqu’au 26 février 2017 prochain pour être témoin de cette affichage murale réalisée.

Chaque action de groupe Inside Out à travers le monde est documentée, archivée et publiée sur le site internet officiel du projet. Plus de 260 000 personnes ont déjà pris part au projet et ce dans plus de 129 pays.


 

Entrevue avec Cindy Boyce, photographe derrière les 21 portraits du projet Portraits de visionnaires montréalais – Hommage à William Notman du Musée McCord

  1. Lorsque le Musée McCord t’a approchée pour ce mandat, étais-tu déjà familière avec le projet Inside Out et les projets artistiques de JR?

J’étais familière avec JR (l’artiste) et ses portraits Inside Out, mais je n’étais pas au courant de son passage aux conférences TED et de la démarche complète derrière son projet.

  1. Qu’est-ce qu’il y a de plus difficile dans l’art de faire un portrait?

L’enjeu le plus important est de mettre à l’aise son sujet: il faut l’amener à donner tout ce qu’il a, à se détendre et à nous faire confiance. La séance photo n’est pas une activité que l’on fait tous les jours et donc le processus peut sembler intimidant. Il en revient donc au photographe de créer une atmosphère chaleureuse et d’établir un contact avec le sujet pour développer son aisance devant la caméra.

  1. Qu’aimes-tu le plus dans l’art de faire un portrait?

Rencontrer une personne et la mettre en valeur! Peu importe le projet, j’essaie toujours que le résultat final soit à la hauteur du talent et de la personnalité de la personne photographiée; je veux faire ressortir tout ce qu’il y a de meilleur chez elle.  Partager ce moment privilégié, c’est une chose que je chéris beaucoup.

  1. Comment approches-tu un sujet lors d’une séance portrait? Quelles poses, quels conseils, quelles astuces utilises-tu?

J’essaie de le mettre à l’aise en lui parlant, en le faisant bouger pour qu’il varie ses expressions. Je lui montre aussi, dès le début, les images tests afin qu’il voit et comprenne le résultat voulu. Durant une séance photo, j’essaie que tout le monde s’amuse et vive un beau moment. À la fin du processus, je dévoile toujours les clichés au modèle, comme ça il a l’heure juste sur l’image qui sera véhiculée.

  1. De manière personnelle, comment crois-tu que l’art change ta vie au quotidien?

La photographie est un médium qui m’inspire au quotidien, m’ouvre aux autres et me permet d’être attentive à la beauté des petites choses, aux détails.

  1. Parmi les 21 Portraits de visionnaires montréalais que tu nous présente dans cette exposition, quelle histoire ou quelle cause est ton coup de cœur ?

Dans le cadre de ce projet, j’ai eu la chance de photographier 21 personnes aux visions plus stimulante et intéressante les unes les autres, alors la question est difficile! Je répondrais par contre avoir été témoin du travail extraordinaire de Maxim et Jérôme, cofondateurs de La Pépinière, en visitant à plusieurs reprises le Village du Pied Courant au cours des dernières années. Ces garçons ont vraiment réussis à créer un contexte propice à la réappropriation des lieux et à intégrer la population au cœur de leur projet. Ils sont un bel exemple d’innovation communautaire.

Je soulignerais aussi l’implication et le travail de Nahid Aboumansour de l’organisme Petites-mains, qui offre des formations professionnelles, du soutien et une prise en charge pour les femmes immigrantes les plus démunies afin qu’elles s’intègrent et vivent dignement. Nahid fait un travail colossal, c’est une femme très inspirante.

Coup de coeur aussi pour la Fée du Mile End, Patsy! On dit toujours qu’on veut changer le monde, mais commencer par son quartier, c’est une opération à plus petite échelle nettement significative.

  1. Quel est l’intérêt selon toi pour les œuvres d’être “hors murs” ?

Tous les gens présentés dans cette série ont donnés tellement à Montréal, je trouve que c’est un beau cadeau que de les afficher sur les murs de la ville en retour. Dans la rue, l’art est accessible, tangible.

  1. Est-ce que tu penses que l’art à ce pouvoir mobilisateur ?

Oui définitivement. L’art permet de rassembler et de mobiliser les gens à une cause, un mouvement, un loisir, un objet, un intérêt, etc. Il crée des liens, il ouvre des portes. Un exemple très concret serait justement ce projet. Le Musée McCord a réussi à mettre en relation 21 personnes qui ne se connaissaient pas nécessairement personnellement dans ce projet. Tous et chacun ont pu raconter leur histoire, tisser des liens, créer des opportunités.

L’installation Hors les murs Portraits de visionnaires Montréalais – Hommage à William Notman est présente dans 4 lieux extérieurs de la métropole jusqu’au 26 février 2017.  Rendez-vous au sur le site de La Vitrine pour connaître les emplacements et découvrir les profils des visionnaires.

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Photographe moderne… du XIXe siècle

Du 4 novembre 2016 au 26 mars 2017, le Musée McCord présente Notman, photographe visionnaire, une rétrospective des œuvres de William Notman (1826-1891), premier photographe canadien de renommée internationale.

Je me dirigeais au Musée McCord sans grandes attentes. William Notman ? Jamais entendu parler. J’observerais probablement de vieux portraits de modèles sans expression, historiquement intéressants, mais artistiquement sans intérêt. Je me disais que j’aurais fait le tour en une vingtaine de minutes et que je reviendrais à la maison assez tôt pour manger mon spaghetti en regardant une série. Mon attitude un peu nonchalante s’est pourtant reviré sur un dix cents en entrant dans la salle d’exposition où je suis restée quatre fois plus de temps que prévu, complètement intriguée par ce photographe visionnaire (le titre de l’expo est plutôt bien choisi), d’une autre époque.

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Né en Écosse en 1826, William Notman immigre à Montréal avec sa famille dans les années 1850 où il fonde son studio de photographie. Il bâtira le plus grand réseau de studios en Amérique du Nord au XIXe siècle. Surtout connu pour ses portraits mis en scène, il a également su témoigner de la colonisation du territoire canadien avec ses photos grandioses de paysages.

L’exposition est divisée en quatre zones : l’homme d’affaires, l’homme de réseau, l’artiste et le bâtisseur. Ces zones représentent Notman dans sa facette entrepreneuriale qui a fait de lui un homme prospère et dans sa vision de la photographie comme art et non comme un mode d’expression mécanique et figé.

L’exposition présente énormément de matériel. Portraits sur plaques de verre, petits formats, images de la construction du Pont Victoria, des annonces de Notman dans les journaux, des appareils photographiques, des tableaux composites et des photos de paysages. On y trouve les photos dans leurs formats originaux, mais on explore également l’œuvre de Notman par des recompositions vidéo, des projections ou encore à l’aide de bornes interactives mises à la disposition des visiteurs. De grandes photos rétroéclairées jalonnent le parcours.

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Une grande part de l’œuvre de Notman est composée de portraits de la noblesse plutôt classiques, mais il a toujours eu le sens de la mise en scène, pour élever ses images au rang d’art. Des portraits d’enfants jouant dans la neige étaient en fait complètement produits en studio avec des décors ou en créant des collages de photo. Le photographe a également créé d’imposantes fresques, nommées tableaux composites, où il reproduisait de grands événements mondains, mais en créant les portraits individuellement et en les regroupant dans des collages qu’il photographiait par la suite. Bien avant Photoshop, les photographes de l’époque, dont Notman, retouchaient leurs négatifs pour créer des effets ou rehausser des motifs.

Notman, photographe visionnaire, est une exposition extrêmement bien montée. Elle est le témoignage des balbutiements d’une démarche artistique et commerciale chez nous. J’ai finalement comblé ma faim de découvertes, plutôt que de spaghetti.

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