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La force de l’identité

Qu’est-ce qui forge notre identité? Qu’est-ce qui fait que nous sommes tous différents? Saviez-vous qu’il faudrait que votre mère fasse 1 billiard de bébés pour qu’un seul possède le même bagage génétique que vous? Ce sont des questions auxquelles répond l’exposition « Star Wars Identités », présentée en première mondiale du 19 avril au 16 septembre 2012 au Centre des sciences de Montréal.

À travers une quête identitaire et à la manière d’un jeu dont vous êtes le héros, le visiteur produit son propre personnage de Star Wars. Pour créer un aspect plus scientifique à ses questionnaires, les concepteurs de l’exposition se sont basés sur le test du Big 5. Ce test de personnalité repose sur cinq dimensions formant les lettres OCEAN (Ouverture à l’expérience, Caractère consciencieux, Extraversion, Agréabilité, Névrotisme). Ainsi, pour l’extraversion, les concepteurs ont pris le thème de l’amitié et ont créé un parallèle avec les alliances formées dans la série.Cette méthode est d’ailleurs l’une des plus utilisées en mesure de la personnalité. L’équipe a aussi travaillé en étroite collaboration avec Julien Morizot de l’École de psychoéducation pour concevoir tout le côté scientifique de l’expo. À l’aide d’un bracelet contenant une puce RFID, nous enregistrons nos choix selon les divers aspects de la quête : nos origines, notre occupation, nos parents, etc. Ce qui est bien, c’est que cette exposition, réalisée par le consortium X3, est très interactive, car en plus de cette recherche d’identité,  un audioguide nous est fourni à l’entrée nous permettant d’écouter les différents reportages liés à chaque thématique du test identitaire. Vous y trouverez des extraits des films de la série pour soutenir les propos, de même que des anecdotes sur Star Wars. Par exemple, pourquoi Anakin et Luke Skywalker, malgré leur bagage génétique similaire, ont-ils fait des choix très différents? On y fait des liens fort pertinents construits sur le thème de l’identité.

 « La « pierre angulaire » de l’expo, ce sont les 200 objets de collection venus tout droit du SkyWalker Ranch de George Lucas, en Californie. »

De plus, la « pierre angulaire » de l’expo, ce sont les 200 objets de collection venus tout droit du SkyWalker Ranch de George Lucas, en Californie et dont certains sont présentés pour la première fois. Ces derniers sont mis en valeur grâce à des éclairages futuristes uniques créés par des néons et en ce sens, l’emballage visuel est impeccable. Nous y retrouvons Yoda, les robots C-3PO et R2-D2, le Pod Racer grandeur nature, ainsi que les costumes de personnages les plus célèbres comme Dark Vador et Chubacca. Des sculptures et des esquisses qui ont été réalisées dans le cadre du processus d’élaboration des films sont aussi exposées.

Parmi les anecdotes intéressantes, vous apprendrez que les yeux de Yoda, créés par Stuart Freeborn, sont inspirés de ceux d’Albert Einstein. Selon Michel Groulx, lui et son équipe « ont réuni un comité scientifique composée d’une douzaine d’experts en génétique, en neuropsychologie et en psychologie, afin de valider les contenus de l’exposition. » La mission éducative du Centre des sciences de Montréal est donc très bien menée tout au long de l’excursion, parmi les nombreux artefacts mis en valeur.

« Les yeux de Yoda, créés par Stuart Freeborn, sont inspirés de ceux d’Albert Einstein. »

Il est certain que les plus grands admirateurs de la série y retrouveront leur compte, mais les néophytes ne seront pas laissés à eux-mêmes. En effet, au cours de la visite, nous avons droit à une introduction au film et à des explications sur chacun des personnages. Même moi, qui ne suis pas un fin connaisseur en la matière, j’ai adoré! La visite est tout sauf monotone et elle est unique en son genre.

Comptez une bonne heure et demie pour parcourir l’exposition complète. Vous pourrez personnaliser votre avatar et le voir tel un hologramme à la toute fin en plus de recevoir une fiche descriptive par courriel.

Que la force… de l’identité soit avec vous!


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Le Musée des beaux-arts de Montréal de fond en comble

C’est le calme plat. Les différentes caméras de surveillance montrent des lieux déserts et désertés. Puis, il y a un tableau devant lequel on retrouve deux personnes qui contemplent l’œuvre à des distances contraires. Défilent ensuite des images de diverses salles du Musée des beaux-arts de Montréal.

À travers différentes interventions, on retrace l’histoire de ce complexe muséal qui a fait sa place sur la rue Sherbrooke, au pied du mont Royal. Lorsqu’il fût fondé en 1860, l’endroit portait le nom de Art Association of Montreal. C’était une galerie d’art qui n’était réservée qu’aux collectionneurs, même si parfois, elle était accessible au grand public le dimanche. La tradition des beaux-arts ne date pas d’hier, si bien qu’au fil des ans, l’idée d’ouvrir un musée a fait son chemin. Ainsi, dans ce documentaire présenté dans le cadre du Festival international du film sur l’art, le réalisateur Luc Bourdon nous montre les coulisses de ce dernier.

On apprend que l’institution possède une collection de plus de 30 000 objets, sculptures et tableaux. Quelques œuvres sont gardées précieusement dans la voûte du musée. On remarque aussi le travail ô combien ardu des restaurateurs et de ceux qui s’occupent des acquisitions pour la collection permanente ou celles destinées aux expositions temporaires comme Le verre selon Tiffany et We want Miles. Tout le processus nécessaire pour arriver à ces excellents résultats nous est transmis : des maquettes de base préliminaires à l’installation en salle. J’ai été fort surpris de constater la délicatesse nécessaire pour restaurer les vitraux de Tiffany et et les différentes étapes de construction du pavillon sur l’art canadien et québécois. L’histoire du complexe muséal se déroule devant nous avec une douce musique donnant vie et âme aux oeuvres. Avec des images d’archives, Luc Bourdon nous fait traverser diverses époques, notamment celle où l’entrée ne coûtait que 25 cents…

Bref, ce voyage à l’intérieur du complexe m’a permis de redécouvrir les coulisses sous un nouvel angle. Le documentaire se conclue comme il a commencé, c’est-à-dire par des images captées par des caméras de surveillance pour nous montrer que la vie continue même en dehors des heures d’ouverture.

Sachez qu’il sera présenté du 29 mars au 1er avril au Cinéma ONF et qu’une diffusion à la télévision est prévue.

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Concours : Lyonel Feininger au Musée des beaux-arts de Montréal

Le Musée des beaux-arts de Montréal présente  LYONEL FEININGER : DE MANHATTAN AU BAUHAUS jusqu’au 11 mai 2012.

Une exposition portant sur l’oeuvre pluridisciplinaire de ce peintre expressionniste et caricaturiste d’origine allemande inspiré par le côté festif des carnavals, la musique et l’architecture.

Deux heureux gagnants auront la chance d’obtenir :
  • 1 laissez-passer double
  • 1 catalogue de 277 pages accompagnant l’exposition
  • 1 affiche officielle
Pour participer, dites-nous quel est votre plus grand plaisir lorsque vous assistez à un carnaval?
Exprimez-vous plus bas!
Fin du concours : mardi 3 avril 2012 à 13 h 
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Ghada Amer au MAC : visite guidée avec Thérèse St-Gelais

Visiter une exposition par le truchement de celui ou celle qui l’a créé est une expérience plus qu’enrichissante. Point de vue essentiel, puisqu’il est le point de départ de tout le projet, la vision de la commissaire dans ce cas-ci, permet de comprendre fondamentalement comment fonctionne la production de l’artiste. Regard sur « Ghada Amer » présenté au Musée d’art contemporain de Montréal du 2 février au 22 avril 2012.

L’aventure de cette exposition a débuté bien avant son arrivée à Montréal. En effet, Thérèse St-Gelais a d’abord présenté le travail de Ghada Amer par le truchement d’une conférence de l’artiste lors du Colloque Femmes : théorie et création dans la francophonie (2010). De là est venue l’idée de présenter l’artiste à Montréal et, du même coup, d’inviter Thérèse St-Gelais à œuvrer comme commissaire. Cette exposition, simplement intitulée “Ghaha Amer”, est présentée aux côtés de deux autres artistes femmes : Wangechi Mutu et Valérie Blass. Petit aperçu de ce qu’on y trouve, avec les généreuses explications de la commissaire :

« Les oeuvres de Ghada Amer travaillent des polarités, montrent des ambivalences », nous confie d’emblée Madame St-Gelais. L’artiste utilise la broderie et, dans ses premières oeuvres, s’en servait d’abord pour y inscrire des consignes dirigées aux femmes, consignes pigées dans des revues dites « féminines », des motifs de la vie domestique.

Plus tard, Ghada Amer est passée à la représentation pornographique. Cachés sous des centaines de fils brodés, les motifs se donnent à voir après une observation minutieuse et un décodage des différents entrelacements des fils qui forment les saynètes où des femmes prennent des poses lascives et explicites.

« Il s’agit de plaisir homo-érotique, c’est un monde exclusivement féminin. C’est aussi un commentaire critique sur ce qui semble appartenir au monde féminin et au monde masculin », rajoute-t-elle.

Il y a aussi des références évidentes à l’histoire de l’art : Picasso, Ingres ou Pollock par exemple. Une des toiles s’intitule d’ailleurs : Who killed « Les demoiselles d’Avignon » (2010).

Plusieurs réflexions sont mises de l’avant dans cette démarche de citation : la pornographie est permise lorsqu’elle passe sous le couvert de l’art, mais grossière lorsqu’il s’agit de culture populaire? L’orientalisme si prisé n’était-il pas, au fond, une forme de pornographie déguisée? Ghada Amer nous positionne dans un rôle de voyeur et nous fait ainsi questionner nos habitudes de regardeur, grandement influencées par la polarité « homme/femme » et tout ce que cela implique : stéréotypes, clichés et idées convenues. Polarité dans laquelle nous vivons et qui est maintenant remise en question au quotidien.

Il est aussi important de souligner que l’artiste se considère peintre, même si la broderie demeure son médium principal. Du côté technique, elle réalise les dessins préliminaires et fait ensuite appel à des brodeuses qui exécutent les croquis. Pour quelques toiles, le processus est le suivant : la toile est retournée sur elle-même, face contre terre, afin que l’artiste vienne s’installer en dessous et tire les fils pour créer les motifs qui se superposeront aux dessins. On laisse ensuite tomber la toile sur une pellicule plastique, ce qui placera les fils au hasard. À la fin du processus, la toile est aspergée d’un produit de fixation. Le procédé pour placer les fils (faire tomber la toile) peut être recommencé à plusieurs reprises (avant l’utilisation du produit fixatif), si le résultat n’est pas satisfaisant.

Entre culture populaire, motifs presque décoratifs, citations d’œuvres connues, Ghada Amer positionne sa démarche comme étant « post-féministe ».

« Lorsqu’on lui demande si elle est féministe, Ghada Amer prend du temps à répondre. » Elle veut revoir cette idée de rupture et préfère l’harmonie.

Il y a aussi dans l’exposition une petite salle à part, que la commissaire appelle « le cabinet », et dans laquelle sont présentées des œuvres dont la démarche est quelque peu différente.

Il s’agit en fait d’un travail en duo. Ghada Amer et Reza Farhkondeh travaillent sur la même toile et font évoluer celle-ci dans un jeu d’échanges jusqu’à consensus de la part des deux créateurs. Les deux croisent délibérément tous les motifs et ce n’est pas d’important pour eux de savoir si Ghada a commencé ou Reza. On ne sait pas donc pas exactement où ça commence et où ça finit.

Le résultat de ce croisement de pratiques : dans cet espace, les toiles ne cachent plus, elles offrent délibérément. Ce cabinet propose une vision non plus trafiquée, mais frontale, directe.

Incursion franchement intéressante dans le monde de Ghada Amer qui questionne et déstabilise le spectateur par ces différents jeux entre « camouflage » et « monstration ». On se situe donc entre scopophilie (plaisir visuel) face à ces magnifiques tableaux et une certaine gêne, un certain malaise ressenti à la vue de ces femmes exhibées. Ghada Amer aime les contrastes et nous offre un fascinant amalgame et une rencontre improbable, mais efficiente, entre broderie et pornographie. À voir!

Thérèse St-Gelais est aussi commissaire de l’exposition Loin des yeux, près du corps à la Galerie de l’UQAM. Ces propos ont été recueillis lors de la visite guidée offerte par la commissaire dans le cadre du cours « Alt et altérité » donné par Tamar Tembeck à l’UQAM.

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