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musée McCord

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Photographe moderne… du XIXe siècle

Du 4 novembre 2016 au 26 mars 2017, le Musée McCord présente Notman, photographe visionnaire, une rétrospective des œuvres de William Notman (1826-1891), premier photographe canadien de renommée internationale.

Je me dirigeais au Musée McCord sans grandes attentes. William Notman ? Jamais entendu parler. J’observerais probablement de vieux portraits de modèles sans expression, historiquement intéressants, mais artistiquement sans intérêt. Je me disais que j’aurais fait le tour en une vingtaine de minutes et que je reviendrais à la maison assez tôt pour manger mon spaghetti en regardant une série. Mon attitude un peu nonchalante s’est pourtant reviré sur un dix cents en entrant dans la salle d’exposition où je suis restée quatre fois plus de temps que prévu, complètement intriguée par ce photographe visionnaire (le titre de l’expo est plutôt bien choisi), d’une autre époque.

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Né en Écosse en 1826, William Notman immigre à Montréal avec sa famille dans les années 1850 où il fonde son studio de photographie. Il bâtira le plus grand réseau de studios en Amérique du Nord au XIXe siècle. Surtout connu pour ses portraits mis en scène, il a également su témoigner de la colonisation du territoire canadien avec ses photos grandioses de paysages.

L’exposition est divisée en quatre zones : l’homme d’affaires, l’homme de réseau, l’artiste et le bâtisseur. Ces zones représentent Notman dans sa facette entrepreneuriale qui a fait de lui un homme prospère et dans sa vision de la photographie comme art et non comme un mode d’expression mécanique et figé.

L’exposition présente énormément de matériel. Portraits sur plaques de verre, petits formats, images de la construction du Pont Victoria, des annonces de Notman dans les journaux, des appareils photographiques, des tableaux composites et des photos de paysages. On y trouve les photos dans leurs formats originaux, mais on explore également l’œuvre de Notman par des recompositions vidéo, des projections ou encore à l’aide de bornes interactives mises à la disposition des visiteurs. De grandes photos rétroéclairées jalonnent le parcours.

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Une grande part de l’œuvre de Notman est composée de portraits de la noblesse plutôt classiques, mais il a toujours eu le sens de la mise en scène, pour élever ses images au rang d’art. Des portraits d’enfants jouant dans la neige étaient en fait complètement produits en studio avec des décors ou en créant des collages de photo. Le photographe a également créé d’imposantes fresques, nommées tableaux composites, où il reproduisait de grands événements mondains, mais en créant les portraits individuellement et en les regroupant dans des collages qu’il photographiait par la suite. Bien avant Photoshop, les photographes de l’époque, dont Notman, retouchaient leurs négatifs pour créer des effets ou rehausser des motifs.

Notman, photographe visionnaire, est une exposition extrêmement bien montée. Elle est le témoignage des balbutiements d’une démarche artistique et commerciale chez nous. J’ai finalement comblé ma faim de découvertes, plutôt que de spaghetti.

Musée Exposition
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Grand style

Le Musée McCord présente, jusqu’au 6 novembre, l’exposition Grandes demeures, Montréal, 1974. Une incursion photographique de Charles C. Gurd dans les somptueuses maisons de riches familles montréalaises.

Durant les années 1910 à 1930, des hommes d’affaires et leur famille fortunée, tels que les Redpath, les Molson ou les Ogilvie, demandent aux plus éminents architectes de leur construire des maisons de style edwardien à la hauteur de leur prestige. Dans les années 1970, plusieurs de ces maisons sont vouées à être vendues, transformées ou détruites. Jeune architecte et photographe, Charles C. Gurd décide d’immortaliser ces demeures, symboles du style et d’un art de vivre alors appelé à disparaître.

Avec son appareil Leica M4 et une bourse du Conseil des arts du Canada, il crée une série de photos en noir et blanc rassemblant 6000 négatifs. Il fait don de 1337 négatifs et de 325 tirages à jet d’encre au Musée McCord en 2014.

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Dans la petite salle contenant une quarantaine de photographies, on se sent un peu voyeur en scrutant l’intérieur de ces maisons. Les photos sont sobres et nous offrent un regard neutre sur l’intimité de ces familles bien nanties.

Les escaliers sculptés dans le bois massif côtoient les colonnes de marbre et les immenses fenêtres garnies de longs rideaux. La décoration d’une autre époque contraste avec quelques éléments plus modernes comme une télévision ou un grille-pain qui semblent presque anachroniques. Les clichés présentent également les domestiques des familles, un peu comme s’ils faisaient « partie des meubles ». La devanture imposante des résidences dégage une allure froide, un peu austère.

Grandes demeures, Montréal, 1974 est un voyage dans le temps au cœur d’un patrimoine montréalais peu connu.

Musée Exposition
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Eleganza, c’est chic !

Du 26 mai au 25 septembre, Holt Renfrew présente l’exposition Eleganza au Musée McCord, une rétrospective de la mode italienne de 1945 à aujourd’hui, organisée par le Victoria and Albert Museum de Londres.

Lorsque j’ai reçu l’invitation pour le vernissage de l’exposition Eleganza au Musée McCord, j’ai été excitée pendant cinq minutes, jusqu’à ce que l’angoisse m’envahisse : mais qu’est-ce que j’allais porter ? Je n’allais sûrement pas porter des jeans et un t-shirt et mes robes de soirée griffées étaient malheureusement toutes au lavage… J’ai donc fait un compromis entre les deux looks. Bon, je n’étais assurément pas la reine de la soirée, mais après quelques flûtes de prosecco, je n’y pensais même plus !

L’exposition présente des créations des plus grands designers italiens de l’après-guerre jusqu’à nos jours. Dans un parcours chronologique, on assiste à l’ascension d’une Italie qui est devenue peu à peu une icône mondiale de la mode et du design.

Nos premiers pas nous mènent vers les créations de grandes couturières des années 1950; des robes de soirée somptueuses tissées de soie et de satin conçues pour l’aristocratie italienne. Les vêtements des années 1960 commencent à s’adapter à la mode internationale et habillent les plus grandes actrices telle qu’Audrey Hepburn et Ingrid Bergman. C’est à cette époque également que le cinéma italien connaît son âge d’or et donne ses lettres de noblesse au design italien.

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Au détour des années 1970, vous pourrez admirer les premières œuvres de Valentino dont quelques pièces composent la collection d’Eleganza. Plus que des robes de soirée, on trouve plusieurs accessoires, vêtements de plage et tailleurs au fil de l’exposition.

Depuis les années 1980, le prêt-à-porter domine l’industrie de la mode italienne. Les designers tels que Versace et Dolce et Gabbana y font leur apparition et innovent dans le marché.

On termine enfin cet élégant voyage dans le temps dans une grande salle à aire ouverte où se trouvent des créations récentes avec les Gucci, Prada, Armani et plusieurs autres. On reconnaît même des pièces qui ont récemment foulé les tapis rouges.

Eleganza offre une magnifique incursion dans un univers de rêve et de raffinement.

Pour ma part, je me rends au centre d’achat pour essayer de trouver une robe Valentino en solde pour mes futures soirées jet set.

 

Design Mode
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Horst ou comment faire honneur à la mode

Le Musée McCord présente actuellement l’exposition Horst : photographe de l’élégance, mettant à l’avant-scène les œuvres du célèbre photographe germano-américain, Horst P. Horst (1906-1999). Il s’agit de la première grande rétrospective de l’artiste en Amérique du Nord. Cette exposition est organisée et mise en circulation par le Victoria and Albert Museum de Londres. Horst est l’un des plus influents photographes de mode et portraitiste du XXe siècle. L’exposition se tiendra tient au Musée McCord du 14 mai au 23 août 2015.

Crédit : Horst P. Horst. Mainbocher Corset, 1939 © Condé Nast / Horst Estate

Crédit : Horst P. Horst. Mainbocher Corset, 1939 © Condé Nast / Horst Estate

Notre belle ville a la chance d’accueillir cette exposition qui a déjà attiré des centaines de milliers de visiteurs outre-mer. Pour tout fervent de mode, cet événement doit absolument figurer dans votre agenda d’été, parmi les pique-niques et les après-midi sur les terrasses. Selon moi, cette exposition vaut certainement la peine de sacrifier quelques heures au soleil.

Je suis tombée sous le charme de cet artiste et je retournerais volontiers admirer ses oeuvres. Tout d’abord, qui est cet homme dont je fais l’éloge? On le surnommait le maître des jeux de lumière, de la composition et de la création d’ambiance. Photographe qui s’est développé une réputation hors pair dans l’industrie de la mode, Horst a réalisé des clichés qui lui ont valu de nombreuses couvertures du célèbre Vogue. Il devient d’ailleurs le photographe principal du magazine au milieu des années 30. Il a collaboré avec de grands créateurs de haute couture, tels que Chanel et Lanvin, ainsi qu’avec les Marlène Dietrich, Bette Davis et Salvador Dali de ce monde. Horst sait mettre en valeur les créations des designers. D’ailleurs, lors de l’exposition, je trouvais fascinant de regarder l’une de ses œuvres et de ressentir la texture d’un tissu entre mes mains.

Crédit : Horst P. Horst. Couverture du Vogue américain, 15 mai 1941 © Condé Nast / Horst Estate

Crédit : Horst P. Horst. Couverture du Vogue américain, 15 mai 1941 © Condé Nast / Horst Estate

Crédit : Horst P. Horst, 1939 © Condé Nast / Horst Estate

Crédit : Horst P. Horst, 1939 © Condé Nast / Horst Estate

Horst : photographe de l’élégance comprend plus de 250 tirages des photographies de l’artiste. On retrouve tout d’abord ses premiers clichés en noir et blanc, et après, le coup de grâce :  on découvre des dizaines de photographies couleur, qui ont d’ailleurs carrément conquis mon cœur. Parmi ces sublimes clichés, on peut y voir des croquis, un extrait du film, et des robes de grands designers. Enfin, on peut également admirer plusieurs des 94 magazines Vogue pour lesquels Horst a collaboré et fait la couverture (ce qui m’a d’ailleurs donné l’idée de mettre en valeur certains magazines que je détiens afin d’embellir les murs tristes de mon appartement!).

En parcourant l’exposition, on a l’occasion de découvrir la démarche artistique de Horst. On y présente différentes facettes de son œuvre dont des intérieurs et des clichés de nu qui se retrouvent dans la collection privée d’Elton John! On y parle également de ses inspirations dont ses nombreux voyages, son amour de la sculpture gréco-romaine et du design du Bauhaus, en plus de découvrir, dans certains de ces clichés, le surréalisme des années 30 de la Ville lumière.

Pour découvrir cet artiste et aller admirer ses œuvres provenant, entre autres, des prêteurs The Hort Estate, R.J. Horst, The Condé Nast Archive de New York et de la collection de Vogue Paris, rendez vous au Musée McCord à l’exposition qui se déroulera jusqu’au 23 août prochain. Pour obtenir plus d’informations, visitez le site Web du Musée McCord. Pour acheter des billets, visitez le site de La Vitrine.

 

Musée Exposition
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Des coups de cœur!

Deux cents objets, autant de coups de cœur pour celles et ceux qui ont travaillé sur la présentation de l’exposition, actuellement présentée au Musée McCord ! Il fallait faire un choix; pas toujours facile. Cependant, deux membres du comité scientifique, deux artistes et deux membres de la Conservation du Musée McCord ont tout de même consenti à se prêter à l’exercice. 

Pour Sébastien Desrosiers, initiateur du volet Rock francophone sur Espace.mu à Radio-Canada, animateur à CIBL et blogueur pour Patrimoine P.Q., c’est la basse de Bill Gagnon, qu’il décrit comme « magnifiquement rongée par le travail » d’un des musiciens les plus doués du Québec. « J’adorerais en jouer , dit-il, un instrument en parfaite condition et au vernis toujours éclatant, il captera l’attention des collectionneurs… Le mélomane averti, lui, veut littéralement voir la musique. Devant la basse de Bill Gagnon, on remarque en un coup d’œil tout le travail qu’impose un musicien aussi influent à son instrument. Ravagée, dépolie, usée, mais toujours fonctionnelle, elle est allée au front du rock et du funk québécois et en est revenue. On s’étonne de ne pas y voir des traces de brûlures au niveau des touches, tellement Gagnon poussait au maximum sa basse pour habilement se démarquer de ses deux autres confrères bassistes du Ville Émard Blues Band! »

Mouffe, productrice bien connue et membre du comité consultatif, a été tout particulièrement attirée par un extrait vidéo (Radio-Canada), Félix à la Butte à Matthieu, tourné en 1964.

« C’est là que j’ai fait mes débuts, explique-t-elle, comme beaucoup d’artistes qui voulaient se faire connaître. Je figurais dans une revue musicale, Yéyé versus chansonniers, avec Robert Charlebois et Jean-Guy Moreau. L’une des toutes premières boîtes à chansons, située à Val-David, la Butte à Mathieu était devenue célèbre après que Félix Leclerc s’y soit produit. Elle était remplie de vieux meubles québécois que Gilles Mathieu donnait à ses artistes lorsqu’il ne pouvait pas les payer. Revoir ces images m’a rappelé beaucoup de souvenirs. »

Pour Biz, du groupe Loco Locass, il s’agit du manuscrit de Gens du pays de Gilles Vigneault, écrit en 1973, pour tout ce qu’il représente. À ses yeux, comme pour beaucoup, cette chanson est presque un hymne national.

« Ce choix s’est imposé à moi naturellement, dit-il, j’aime tellement cette chanson qui parle d’amour, elle représente si bien le Québec, et de voir le texte original me touche énormément. » Il est fasciné par les ratures, les corrections de l’auteur, qui tente de parvenir au mot juste. « Écrire une chanson n’est pas facile, ajoute Biz, je sais ce que c’est. Quand une idée surgit, il faut vite l’écrire, sur n’importe quel support, le plus proche, que ce soit un bout de papier, un morceau de carton ou même une serviette, pour ne pas la voir s’envoler. »

La chanteuse Louise Forestier aime particulièrement la tenue de scène – une création de ZALDY –  portée par Rufus Wainwright, lors de sa tournée en 2010, All Days Are Nights, Songs for Lulu.

« Elle est vraiment spectaculaire, toute noire, avec sa longue traîne, sa capuche et son col en plumes, une robe révélatrice de l’anticonformisme de Rufus qui m’a vraiment plu. On imagine sans peine son entrée en scène, surprenante et jouissive. »

Anny Guindon-Varvarikos, Chargée de projet, Expositions, s’est sentie un peu déchirée par la perspective de faire un choix.

« Coup de cœur? Plusieurs coups de cœur! L’ensemble des chansons qu’on prend plaisir à réécouter ou à découvrir. La fin de l’homme de Daniel Bélanger, Le plus beau voyage de Claude Gauthier… Des chansons qui non seulement nous racontent notre histoire collective, évoquant les aspirations et préoccupations des époques qui les ont vues naître, mais qui font surgir également une multitude de souvenirs, donnent envie de danser, là, sur place, et émeuvent pour des raisons propres à chacun. »

Pour Christian Vachon, Chef, Gestion des collections, sans hésitation, son coup de cœur est La comète – Les derniers mots de Dédé Fortin

Figure incontournable de l’histoire de la musique québécoise des années 1990, André Dédé Fortin met tristement fin à ses jours en mai 2000 en laissant beaucoup de questions sans réponses à toute une génération de fans éplorés dont je fais partie.  Il a envoyé un poème intitulé La Comète à son gérant la veille de sa mort, son dernier texte qui représente en quelque sorte son testament.  Des frissons m’envahissent quand je lis le manuscrit de sa main, tout en écoutant sa voix dans une version a cappella mise en musique dix années plus tard par les membres de son groupe.  Le chanteur des Colocs avait une soif d’absolu, ses derniers mots en témoignent inéluctablement :

[…] Si seulement je pouvais étouffer mon cafard
Une voix chaude me dirait : tu brilles comme une comète […]

 

Propos recueillis par Catherine Guex,
Agente Marketing-Communications, Relations Publiques Musée McCord

 

Musique
McCord

Des événements d’ouverture particulièrement courus

Le lancement de Musique – Le Québec de Charlebois à Arcade Fire, qui célèbre les artistes de la scène musicale québécoise et leur place dans l’évolution de la société, depuis les années soixante jusqu’à nos jours, s’est déroulé avec éclat! C’est ainsi que les passants ont pu apercevoir, le matin du 28 mai, un spectacle inhabituel : un tapis rouge déroulé sur une partie du trottoir de la rue Sherbrooke, devant le Musée McCord, et sur les marches extérieures du Musée.  À 11 h, les journalistes ont participé à une rencontre de presse et ont obtenu de nombreuses entrevues avec la directrice générale du Musée, Suzanne Sauvage, ainsi qu’avec les deux porte-paroles membres du comité consultatif de l’exposition, Mouffe, une productrice bien connue dans le milieu artistique, et Sébastien Desrosiers, d’Espace.mu sur les ondes de Radio-Canada, animateur à CIBL et blogueur pour Patrimoine PQ. Munis d’audioguides, ils ont tous suivi, avec un plaisir évident, chaque étape du déroulement de cette exposition qui évoquait manifestement une quantité de souvenirs pour chacun d’entre eux.

Une seconde vague de journaliste s’est formée dès 16 h, caméras au poing et micros brandis, pour ne manquer aucune des personnalités conviées à l’événement V.I.P, prévu à 16 h 30. Ce coin de Montréal, fréquenté à cette heure de la journée par des gens d’affaires et des étudiants, a subitement pris un air de festival. Leur curiosité ainsi soulevée, les passants ont à leur tour pris des photos à l’aide de leurs cellulaires.  On a pu y voir Luc Plamondon, Renée-Claude, Antoine Gratton, Lucien Francoeur, Pierre Perpall, Martha Wainwright, Misteur Valaire, Jérôme Charlebois, Marie-Michèle Desrosiers, Colin Doroschuk, Lucien Francoeur et bien d’autres personnalités du milieu du spectacle. Accueillis par Suzanne Sauvage et Sylvie Durand, directrice des programmes du Musée et instigatrice de l’exposition, ils étaient tous manifestement heureux de se revoir, avec embrassades et discussions animées.  Les uns et les autres n’ont pas manqué d’évoquer nombre d’épisodes qui ont jalonné leur vie au fur et à mesure qu’ils parcouraient les salles de l’exposition, pour le plus grand intérêt des journalistes qui les suivaient sans relâche. La majorité d’entre eux ont déclaré vouloir revenir pour mieux apprécier l’exposition, loin de la pression des médias. Cette réception, animée par deux MC, les très dynamiques Marie-Christine Trottier et Monique Giroux, de Radio-Canada,  a remporté un franc succès et s’est poursuivie jusqu’à 20 h 30. On peut apercevoir quelques-uns des invités  et avoir un avant-goût de l’exposition sur une vidéo de l’événement.

Le jeudi 29 mai, les membres et les Amis du Musée McCord ont eu droit à un vernissage qui leur était réservé. Après quelques mots de bienvenue, Suzanne Sauvage a brièvement commenté la genèse de ce projet et les a conviés à suivre cette aventure collective historique du Québec en musique. Ils n’ont guère attendu pour faire à leur tour ce voyage dans le temps aussi agréable qu’intéressant.

Près de mille personnes ont ainsi pu assister, en avant-première, à l’exposition Musique – Le Québec de Charlebois à Arcade Fire. Elles en seront d’excellentes ambassadrices si l’on en juge par les commentaires enthousiastes recueillis auprès d’elles au cours de ces événements.

C’est signé Catherine Guex
Agente marketing-communications, relations publiques au Musée McCord

Musique
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Une fresque historique du Québec en musique et en chansons à découvrir

Avec Musique, le Québec de Charlebois à Arcade Fire, les visiteurs sont invités à parcourir une cinquantaine d’années de leur histoire, de 1960 à nos jours. Au cours de cette vaste promenade musicale au fil du temps, ils découvriront les grands épisodes qui ont marqué l’entrée du Québec dans la modernité. Élaboré par le Musée, ce projet a suscité beaucoup d’intérêt parmi les artistes qui ont généreusement consenti à prêter objets, manuscrits, costumes, etc.

Un défi majeur
Ce ne fut pas chose facile que de concrétiser un élément aussi immatériel que la musique. Quel défi! Il faut imaginer des dizaines d’artistes, des centaines de chansons, des événements à foison au cours d’années de créativité intense et de transformations profondes de la société. Les conservateurs du Musée et le comité scientifique ont rapidement choisi un déroulement thématique, réunissant des familles d’objets pour donner une cohérence à cette présentation. Au terme de nombreux mois d’échanges de toutes sortes, de ténacité et de compréhension réciproque, ces démarches se sont avérées fructueuses.

Des guitares pour transformer le monde
Les guitares illustrent le côté politique, celui des mouvements sociaux ou encore celui de l’intermondialisation, où l’artiste, devenu le porte-étendard des revendications, compose à l’aide de son instrument des brûlots contestataires.

Une mise en scène pour conquérir le monde
Les costumes de scène, quant à eux, permettent d’évoquer l’interculturalisme et l‘irruption des artistes québécois sur la scène internationale. Le style particulier de chaque artiste a rendu la tâche parfois ardue aux conservateurs du Musée, désireux de trouver des objets correspondant à la démarche particulière de l’exposition.

Des communications et des images témoins
Outre la nécessité d’écouter d’innombrables chansons, réunir toutes les pochettes de disques de la deuxième section, précieux témoins de l’époque où elles ont été réalisées, n’a pas été une mince affaire. Collectionneurs et artistes ont bien voulu consentir à s’en séparer, y compris des membres du personnel du Musée McCord, eux-mêmes amateurs de vieux disques, devenus prêteurs à leur tour!

Ah, le yéyé!
La jeunesse occupe toute l’avant-scène! Le Musée a exhumé de ses archives quelques trésors de la période yéyé, parmi lesquels on retrouve des photos  et des vêtements hauts en couleurs.

Grands et petits, des événements tous marquants
Près d’une centaine d’extraits de chanson et de chansons accompagnent les visiteurs qui pourront les écouter à loisir, grâce à des écouteurs. De même, des vidéos des moments marquants de la musique seront aussi à la disposition des visiteurs. Ainsi, la zone À pas de géants met en relief non seulement les grands événements de l’histoire de la musique, mais elle met aussi en parallèle l’évolution de la société québécoise. La musique devient ainsi une exceptionnelle ligne du temps, comme par exemple l’Osstidcho de 1968, en parallèle avec Les belles-sœurs de Michel Tremblay. Il en est de même pour Offenbach à l’Oratoire Saint-Joseph, qui souligne les efforts déployés pour ramener dans les églises les croyants qui les avaient désertées. On peut également citer Oliver Jones et Oscar Peterson, au Festival International de jazz de 2004, interprétant à quatre mains Hymn to Freedom pour la liberté des Noirs aux États-Unis; un lien qui marque le 35e anniversaire, cette année, du Festival International de jazz de Montréal et la place qu’il occupe sur la scène musicale montréalaise.

La musique qui emporte tout un peuple
Trois hymnes viennent clore ce parcours riche en souvenirs et en découvertes. Sur les thèmes de l’amour, de la nature et de la spiritualité, ils ont tous trois marqué la musique québécoise et ont été choisis, sans hésitation et d’un commun accord, parmi les cinq œuvres retenues par les membres du Comité scientifique.  Une visite qui laissera, dans l’esprit de tous ceux qui la verront, nostalgie, plaisir et sans doute satisfaction

Musique, le Québec de Charlebois à Arcade Fire
30 mai – 13 octobre 2014
Musée McCord

C’est signé Catherine Guex
Agente marketing-communications, relations publiques au Musée McCord

Musique
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FIFA : l’art en boucle

Le Festival international du film sur l’art (FIFA) est de retour pour une 31e année consécutive. Et tout comme moi (!), le festival a grandi et mûri avec le temps, offrant aujourd’hui une programmation solide et incroyablement variée.

Comme une poupée russe, le FIFA offre de l’art dans l’art et pour l’art. Présenté du 14 au 24 mars, le festival propose des projections aux thèmes multiples : arts de rue, théâtre, musique, danse,  littérature, mode, peinture, photographie, design, architecture, bande dessinée… j’ai eu beau chercher ce qui pouvait manquer, je n’ai pas trouvé.

Évènement unique en Amérique, le FIFA est un des plus importants festivals de ce genre au monde. Il mélange les styles et les disciplines, offrant une programmation incroyablement divertissante et éducative.

Parmi toute l’offre présentée, mes dadas à moi sont la mode et la littérature. Je ne manquerai pas d’assister à Fashion!, une trilogie d’Olivier Nicklaus, qui dépeint la mode sur une trentaine d’années, de 1980 jusqu’à aujourd’hui. Dans Golden EightiesAntifashion et Go Global, nous assistons à la chute de la haute couture sous Yves St-Laurent et Givenchy pour voir émerger le prêt-à-porter avec Jean-Paul Gauthier, Tom Ford et Karl Lagerfeld.  Pour clore le tout, Go Global sera présenté dans le cadre d’une discussion sur les nouvelles avenues de commercialisation de la mode avec les designers Denis Gagnon et Ève Gravel et autres professionnels du milieu. Passionné(e)s de mode; c’est votre rendez-vous !

Amélie Nothomb, une vie entre deux eaux (2012)

Amélie Nothomb, une vie entre deux eaux (2012)

Côté littérature, j’ai donné rendez-vous à Amélie Nothomb pour la projection d’Amélie Nothomb, une vie entre deux eaux, où l’écrivaine de talent retrouve avec nostalgie le Japon, pays de son enfance et qui a été le lieu de plusieurs de ces romans, dont l’amusant et surprenant Stupeur et tremblements.

Pour les amateurs de musique, il ne faut pas manquer le documentaire sur Pink Floyd, ou alors celui sur Les Beatles, ou encore, celui portant sur Amy Winehouse dans Amy Winehouse — The Day She Came to Dingle, un film de Maurice Linnane, où la chanteuse confie ses réflexions sur sa musique et ses influences dans le cadre du Festival de Dingle.

Amy Winehouse — The Day She Came to Dingle.  South Wind Blows copyright. Photographer: Siobhan Dempsey

Amy Winehouse — The Day She Came to Dingle. South Wind Blows copyright. Photographer: Siobhan Dempsey

Il y a aussi un grand choix de projections sur le design et l’architecture, dont le film d’Alice Agneskirchner : Modern Ruins — Detroit: Hope for the Motor City, qui dépeint comment certains artistes de Détroit ont choisi de redynamiser la ville en proie a une économie difficile depuis le déclin de la production automobile. S’en suivra une discussion avec des professionnels du milieu concernant le développement de projets urbains.

Je pense aussi à  Crée-moi, crée-moi pas de Marie-Pascale Laurencelle, film très attendu, où l’on réfléchit sur la place qu’ont les femmes créatrices dans le milieu artistique, et ce, par le biais de diverses entrevues présentées,  avec entre autres, Nancy Huston, Anaïs Barbeau-Lavalette, Évelyne de la Chenelière, etc.

Crée-moi, crée-moi pas (2012)

Crée-moi, crée-moi pas (2012)

Je pourrais ainsi continuer des pages et des pages sur chacun des 250 films présentés et issus de 30 pays différents.  Cela sans compter les  expositions, performances, hommages et tables rondes mises en place par le FIFA, ainsi que la 3e édition du Marché international du film sur l’art (MIFA). Du mercredi 20 mars au samedi 23 mars, le Marché vise principalement à favoriser les rencontres entre professionnels du milieu cinématographique et culturel afin de susciter des occasions de partenariat, de partage des connaissances et de développement des réseaux.

Aussi, comme chaque année, le FIFA rend hommage à un artisan du milieu cinématographique. Cette année, c’est au tour du réputé documentariste Gerald Fox, qui a remporté de nombreux prix internationaux tout au long de sa carrière cinématographique et télévisuelle. Plusieurs de ses films seront disponibles pendant le FIFA, en plus d’une exposition spéciale qui présentera ses œuvres multimédias les plus récentes, et ce, sous un format fort intéressant.

Vos enfants ne sont pas en reste, car pour une 2e année consécutive, le FIFA propose une séance junior avec la projection du conte familial Les 4 saisons d’Antoine. Rendez-vous au Musée des beaux-arts ce dimanche 17 mars au matin avec votre jolie marmaille, pour passer un agréable moment en famille!

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Le FIFA se démarque aussi par son volet compétitif.  En effet, le festival est le cadre d’une compétition officielle, dont le jury est composé de grands noms du milieu, des professionnels d’ici et d’ailleurs. Cette année, 37 œuvres provenant de 16 pays différents seront en compétition. Il s’agit d’une occasion unique pour plusieurs cinéastes de se démarquer, sans compter que les films primés auront la chance de faire partie de la programmation d’une tournée mondiale présentée dans des lieux de diffusion hautement réputés internationalement.

Prenant d’assaut la ville, le FIFA offre ses multiples projections et expositions dans neuf lieux du centre-ville de Montréal, dont la Grande Bibliothèque, le Centre canadien d’architecture, la Cinémathèque québécoise, le Musée d’art contemporain de Montréal, le Musée des beaux-arts de Montréal, la Place des Arts, le Musée McCord et, pour la première fois et pour notre plus grand bonheur, le Centre Phi.

Du 14 au 24 mars 2013, mettez-vous en plein la vue avec la 31e édition du FIFA et découvrez tout ce qui se cache de bon et de beau dans l’univers de l’art cinématographique.

Cinéma
Montréal, 2012 © Mimmo Jodice

Mimmo Jodice, Villes Sublimes. Qui nous regarde?

Quel mois de décembre! Une fin de session qui s’éternise, j’ai à peine eu le temps de faire un saut au musée McCord. Je souhaitais, pour la première fois, mettre les pieds au Musée McCord et voir sa collection. D’une pierre deux coups, j’en ai profité pour donner un coup d’œil à l’exposition Villes Sublimes de Mimmo Jodice. Et vous, si le désir vous prend de voyager tout en restant à Montréal, l’exposition fait présence jusqu’au 10 mars 2013.

J’ai donné rendez-vous à mon partenaire de musée favori, un dimanche matin. Le musée était à peine murmurant. Plusieurs familles étaient présentes pour l’exposition ludique Jouets 3. Nous en avons profité pour faire un tour complet et contempler toutes les autres expositions. La fin du monde… en caricature, Marie-Claude Bouthillier|Familles, Montréal – Points de vue.

Nous étions là pour ces superbes photos que nous rencontrons souvent dans le métro. Paris et Venise, deux villes qui nous font rêver. Elles occupent une place importante dans notre imaginaire de voyage, et aussi dans notre imaginaire romantique. Sur place, il y a plus. Naples, Rome, Moscou, São Paolo, Tokyo, New York, Boston, Londres, Lisbonne et Berlin. De quoi ramener à la mémoire des images de ces nombreux voyages passés. La cerise, ce sont ces photos de Montréal. Mimmo Jodice, un des plus importants photographes italiens de sa génération, présente cette ville, notre ville, dans son rapport avec la lumière et le ciel. Les photos de Montréal ont été prises spécialement pour cette exposition.

Venise, 2011
Tirage jet d’encre aux pigments de carbone sur papier coton, 2012 © Mimmo Jodice

Montréal nous est dévoilée telle que nous la connaissons, et telle que nous ne l’avons jamais vue. La lumière est évanescente. Beaucoup parlent de l’intemporalité de ses photos, de sa recherche de la lumière du ciel et des édifices. Il dit qu’il ne choisit pas les villes, que les villes le choisissent. Quel lien entretient-il avec ces villes? Les photos sont effectivement sublimes, elles ne montrent pas le quotidien. Il n’y pas de figuration humaine, ou presque, certains lieux sont inévitablement habités mais ces présences restent fantomatiques.

Villes Sublimes, voilà un titre qui m’interpelle. Qu’est-ce que le sublime? Ce qui mérite l’admiration, qui est haut dans la hiérarchie des valeurs. C’est ce que mon Petit Robert dit. Il ajoute des mots-clés, beau, divin, élevé, éthéré, transcendant. Qu’ont-elles de sublimes ces photos? Elles parlent de notre rapport à ce qui nous entoure, à ces architectures et leur rapport à l’espace. Sur plusieurs photos, nous voyons de l’eau, non pas interprétée comme habituel miroir, mais comme quelque chose qui entoure, qui isole.

Dans cette exposition, on ne trouve pratiquement aucun texte. Seulement le nom des villes. Rien de plus. Ce qui laisse beaucoup de liberté au regard. Les photographies sont toutes en noir et blanc, toutes issues de l’argentique. Elles sont agencées selon un jeu de formes et de volumes qui porte à la contemplation. Le noir et blanc propose souvent une certaine nostalgie qui, elle, ne se retrouve pas dans cette série. La nostalgie parle du temps, et si ces photos sont bien intemporelles, il n’y pas lieu de l’évoquer. S’il existe une nostalgie, c’est la mienne. Plusieurs jours plus tard, les photographies se présentent encore à ma mémoire. Elles me font caresser du regard des profils de villes recouvertes de la dernière bordée de neige. Quelles photographies aurait-il prises de ce nouveau paysage urbain emmitouflé?

Musée Exposition
McCord

Mary Pickford sous les feux de la rampe

Le dernier (et seul!) film muet que j’ai vu, c’est The Artist.  Il faut dire que la tendance dans le domaine du cinéma, c’est plus les effets spéciaux que le noir et blanc d’avant guerre, mais il y a visiblement un intérêt pour les styles cinématographiques différents, et The Artist en est le parfait exemple.  Nominé et récompensé maintes fois, ce film nous rappelle les débuts du 7ième art.  Et pour des cinéphiles comme moi, c’est toujours bon de connaître la base. Mary Pickford fait justement partie de ces pionniers du cinéma muet et pour qui le Musée McCord consacre une exposition complète réunissant plus de 200 objets. Suivez le guide! 

C’était la première fois que j’allais au Musée McCord.  J’ai tout vu ce que ces lieux avaient à m’offrir, dont une splendide exposition sur Montréal, Montréal – Points de vue, avec des images géantes de notre belle ville, tapissées sur les murs.  C’est cependant dans une salle au décor rappelant les salles de cinéma des années 20 que j’ai débuté mon apprentissage sur les premières années de l’histoire du cinéma hollywoodien, mais aussi et surtout, sur l’une des toutes premières stars de cette époque : Mary Pickford.

Il est possible que comme moi, vous ne saviez pas avant aujourd’hui qui était cette Mary Pickford.  La plupart d’entre nous connaissons probablement mieux Charlie Chaplin, avec qui d’ailleurs, elle cofonda la United Artists en 1919.  Surnommée la « la fille aux boucles d’or », Mary Pickford conquit rapidement le cœur de ses spectateurs et devint une véritable icône du cinéma muet américain. Née Gladys Louise Smith en 1892 à Toronto, elle fît ses premières armes au théâtre, notamment à Broadway, pour finalement faire carrière au cinéma.  55 films et 141 courts-métrages en 27 ans de carrière. Dur à battre… je dis bonne chance aux Taylor, Kristen et Miley de ce monde!

Mary Pickford, film Coquette, tirage d’époque, photographe inconnu, 1929

Autant d’années de métier, ça commence à faire beaucoup d’archives!  Réalisée par Sylvia Frank, directrice du Film Reference Library and Special Collections du TIFF,  et scénographiée par Denis Carrier de Carrier Communication,  l’exposition Mary Pickford et la création du star-système du Musée McCord présente d’une façon intéressante et magnifiquement imagée la carrière et la vie personnelle de la star chérie du cinéma muet.  L’exhibition souligne aussi l’influence qu’eut le cinéma muet dans l’évolution cinématographique que nous connaissons aujourd’hui. Nous pourrions être tentés de croire que notre génération a tout inventé, mais plusieurs des mêmes techniques aujourd’hui utilisées l’étaient déjà à cette époque : montage ultra-rapide, superposition d’images, plan rapproché… le cinéma muet ce n’est pas seulement de la claquette.  Parlez-en à Gabriel Thibaudeau, porte-parole de l’exposition, compositeur et spécialiste de l’accompagnement du cinéma muet.  Lui, il s’y connaît plutôt bien dans le domaine! Et lorsqu’il parle de Mary Pickford, il en parle avec beaucoup de passion : « Malgré les apparences et la fragilité de ses personnages, Mary était une femme forte, une femme d’affaires. Elle fût d’ailleurs la 1ère et seule femme à avoir possédé un studio à Hollywood ».

Des centaines d’objets-souvenirs exhibés provenant de la Collection Rob Brooks Mary Pickford de la Film Reference Library du TIFF, on peut y admirer de magnifiques affiches originales faites à la main, parfaitement « vintage », des photographies, des couvertures de magazine dont l’édition Maclean’s de septembre 1918, des produits de cosmétique Mary Pickford (les produits dérivés étaient nés!), des robes, dont une splendide Jeanne Lanvin.  Et de tous ces objets, c’est une toute petite chose qui m’a le plus fascinée : sa carte de membre de l’Academy of Motion Picture Arts and Sciences.  Elle était le membre numéro 3.  Imaginez, l’académie compte aujourd’hui plus de 6000 membres provenant de 36 pays différents!¹

Il est aussi possible de visionner des extraits de films muets mettant en vedette la belle Mary.  Confortablement assise sur de véritables bancs de cinéma, j’ai pu me délecter de quelques extraits qui tantôt m’ont fait rire, tantôt effrayée!  Vous riez, mais dans Sparrows (1926) la scène du marécage plein de crocodiles avec Mary tentant désespérément de sauver sa trâlée d’enfants perchés sur une branche au-dessus de la marre… angoissant!

C’est donc via le parcours de l’enfant-chérie de l’Amérique que je suis plongée dans ces années où tout était à faire, tout était possible. L’avenir appartenait à ces vedettes et rien ne semblait vouloir ébranler leur rayonnement.  Mais, les choses étant ce qu’elles sont,  l’arrivée du cinéma parlant fît passer Mary Pickford de « première icône à première has been ». La précarité du star-système faisait ses premières victimes…

L’exposition Mary Pickford et la création du star-système est au Musée McCord jusqu’au 8 octobre 2012. 

Crédits photos : Musée McCord

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