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Musée d’art contemporain

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Les coups de cœur culturels de Madelyne Johnston

Chaque mois, découvrez un employé de La Vitrine à travers ses coups de cœur culturels. Ce mois-ci, Madelyne Johnston, ambassadrice culturelle, se prête au jeu! 

Quel est ton rôle au sein de La Vitrine culturelle?

Le rôle d’un ambassadeur culturel est d’abord et avant tout celui de conseiller. Le site web de la Vitrine affiche absolument tout ce qui se passe culturellement à Montréal et dans un rayon de quatre-vingts kilomètres autour, que les événements soient gratuits, à rabais ou à prix régulier. L’offre étant très grande et diversifiée, notre rôle est donc de nous tenir le plus informé possible, afin de proposer les activités qui correspondent le mieux aux intérêts du public. Chaque ambassadeur a ses propres coups de cœur et centre d’intérêts. Cela nous permet d’avoir un bel éventail de suggestions d’événements!

Qu’est-ce que tu aimes le plus de la culture montréalaise?

Sa grande variété! Je trouve qu’il y a des événements et festivals de toutes sortes et c’est ce qui fait la beauté de notre offre culturelle.

Quelle est ta salle favorite?

J’aime beaucoup le théâtre La Chapelle. Leur programmation se concentre beaucoup sur la création multidisciplinaire, puis j’aime beaucoup l’intimité de cette salle.  Ensuite, il y a le théâtre Aux Écuries. J’adore son emplacement ; il est situé en plein cœur d’une petite rue résidentielle dans Villeray. Ce théâtre est l’un des plus jeunes à Montréal et encourage la création de la relève. C’est un lieu très vivant et ouvert, j’ai fait beaucoup de belles découvertes là-bas!

Quel est ton spectacle favori à vie?

C’est difficile pour moi de répondre à cette question, car j’aime beaucoup de choses! Je suis une grande amoureuse du théâtre, alors je ne pourrais pas dire que je n’ai qu’un seul spectacle favori. Il y en a trop! Certains m’ont marquée plus que d’autres, mais tous pour des raisons différentes! En danse j’aime beaucoup le travail de Virginie Brunelle, particulièrement son spectacle : Le Complexe des genres! La compagnie fait beaucoup de tournées, j’attends donc avec impatience d’avoir l’occasion de la revoir à Montréal!

En arts visuels, l’exposition de l’Islandais Ragnar Kjartansson présentée au Musée d’art contemporain de Montréal en 2016, m’a profondément touchée. Plus particulièrement son œuvre The Visitors. C’était une installation vidéographique vraiment magnifique, qui regroupait des artistes (chanteurs, musiciens) à l’intérieur de neufs tableaux. C’était une œuvre d’une sensibilité et d’une douceur comme j’en ai rarement vues! C’était très beau, tant d’un point de vue visuel que sonore!  Je suis incapable de donner une seule réponse. Il y en a trop!

Toutes disciplines confondues, que recommandes-tu ces temps-ci?

En ce moment, il y a La LNI s’attaque aux classiques présenté au théâtre Espace Libre jusqu’au 9 décembre. En bref, la Ligue Nationale d’Improvisation revisite des textes classiques et rend le tout ludique et festif! Qu’on connaisse ou non les œuvres, c’est un bon moyen d’aller à la rencontre du théâtre sans trop se mouiller! Et ne vous fiez pas au titre, on s’attaque autant à la littérature classique que contemporaine. Le choix est vaste, vous y trouverez sans aucun doute votre compte. Puis, jusqu’au 11 mars, le  DHC/ART Fondation présente quatre œuvres vidéo de l’artiste Bill Viola. C’est vraiment un artiste à voir!

Il y a également Les Enivrés au théâtre Prospero mis en scène par Florent Siaud, avec une belle distribution de comédiens : Paul Ahmarani, David Boutin, Maxim Gaudette et Dominique Quesnel pour ne nommer que ceux-là! Aussi, les mises en scène de Florent Siaud sont souvent très corporelles, dynamiques et musicales. C’est assez rafraîchissant!

Quel est ton festival favori?

Je dirais sans grande surprise le Festival TransAmériques! Ce festival nous permet de voir des spectacles internationaux que nous ne pourrions probablement pas voir en saison régulière. Sinon, j’aime beaucoup le Festival du Jamais Lu. C’est un concept original qui met l’accent sur l’écriture des auteurs. Les textes présentés sont mis en lecture et sont présentés au public pour la première fois! Il existe d’ailleurs un Festival du Jamais Lu à Québec et depuis maintenant trois ans, il y en a un à Paris.

Quel est ton crush culturel du moment?

J’ai découvert le travail du bureau de L’APA au Festival TransAmériques avec Entrez nous sommes ouverts. J’ai beaucoup aimé la forme de leur spectacle. C’est un travail presque insensé pour moi; tout le spectacle se déroule grâce à des connexions, littéralement! La scène est complètement remplie de fils, il se passe constamment quelque chose et c’est vraiment génial! Le spectacle sera de nouveau présenté en janvier au théâtre Espace Libre!

Qu’est-ce que Montréal représente pour toi?

Pour moi c’est un bouillonnement constant! Nos artistes sont motivés et débrouillards. Nous avons beaucoup de créations à Montréal et c’est une vraie chance! Il y a énormément de découvertes à faire et c’est tout à notre avantage d’être curieux. Nous devons soutenir notre culture si nous ne voulons pas la perdre. Je trouve ça très précieux.

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Variétés
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Lorsque les murs ont des yeux

Jusqu’au 14 mai, l’exposition Et maintenant regardez cette machine d’Emanuel Licha est présentée au Musée d’art contemporain. Le tout est réuni dans une seule salle ; quelques panneaux d’informations et un grand écran qui diffuse des images des hôtels de guerre.

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Qu’est-ce que c’est, un hôtel de guerre? C’est un endroit où les journalistes, dignitaires et forces armées séjourne pendant des événements politiques précaires. C’est une mine d’or d’informations qui circulent sans cesse, de bouches à oreilles. Emanuel Licha a décidé de revisiter ces lieux et voir ce que la guerre a laissé derrière. Un peu à la manière d’un documentaire, mais sans les opinions sur la belligérance. Il s’agit d’un regard neutre sur les événements, laissant la place aux images de parler pour elles-mêmes.

Pour les employés de l’hôtel, la guerre n’est qu’un moment dans leur vie, un moment qui ne semble pas avoir tant d’importance que cela, de surcroit. Une tranche de vie qui complique légèrement leur travail à l’hôtel. Alors que pour les journalistes, leur reportage montre cela comme la fin du monde. Ils sont cloitrés dans leur hôtel, n’ayant qu’un seul point de vue d’un conflit armé complexe. À quel point cette représentation des faits apporte plus de clarté au reste du monde? C’est un peu à cela que l’exposition d’Emanuel Licha essaie de répondre. Regardons-nous à travers un trou qui montre seulement une petite vision d’un grand événement alors que celui-ci présente 1001 perspectives? Sommes-nous biaisés et forcés de regarder où tous les regards convergent? Avons-nous, finalement, un point de vue biaisé par l’interprétation et l’angle de la situation? C’est à vous d’aller explorer les réponses au Musée d’art contemporain.

Musée Exposition
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Soirées sur les passerelles

Parés de leurs plus beaux atours, les fashionistas montréalais s’étaient donné rendez-vous dans le Quartier des spectacles cette semaine pour le Festival Mode & Design.

Encore un défi de style pour moi ! J’aime être bien habillée, mais je ne suis définitivement pas à l’affût des dernières tendances. Je fais des fashion faux-pas à l’occasion, je n’agence pas toujours bien les accessoires, bref je ne suis pas une styliste née. C’est donc après une journée au bureau que je me suis présentée au Festival Mode & Design (FMD) vêtue d’une simple robe en jean, entourée d’une faune de blogueurs mode et de photographes arborant colliers chocker, complets originaux, rouge à lèvre noir ou jupes transparentes (des strings magnifiques !).

Montréal n’est peut-être pas encore une capitale de la mode, mais sa scène locale est assurément en ébullition. Organisé par le Groupe Sensation mode, le FMD déploie des boutiques éphémères sur les rues Sainte-Catherine et Jeanne-Mance et met en lumière des créateurs d’ici et d’ailleurs, qu’ils soient de la relève ou bien établis, grâce à une programmation de défilés et de conférences ravissant les amateurs de style en quête de découvertes ou désirant rencontrer les influenceurs reconnus.

Compte-rendu de deux soirées passées sur les passerelles :

Mercredi 17 août

Conférence – Max Abadian

Il a photographié Lady Gaga, Coco Rocha, Cindy Crawford et les plus grands tops modèles de la planète. Arrivé de Téhéran à l’âge de 15 ans, c’est sans un sous en poche que Max Abadian fait ses premières armes en photographie à Montréal. Il prend des cours au Collège Dawson et a travaillé son art quelques années en ne demandant aucun salaire. Aujourd’hui, ses photos font la couverture des plus grands magazines de mode et vit toujours dans la métropole.

Très affable, le photographe a livré généreusement ses impressions sur le monde de la photographie et sur sa démarche personnelle pendant une heure. Celui qui affirme devoir repousser les frontières a assurément inspiré une salle suspendue à ses lèvres.

Défilé Waxman House

C’est l’institution montréalaise en complets et tuxedos Waxman House qui a lancé les festivités sur la scène principale du FMD. Des musiciens de jazz sont d’abord montés sur scène pour jouer une introduction musicale intrigante. Vêtus de complets, deux jeunes hommes ont d’abord défilé sur l’estrade pour ensuite rejoindre les musiciens et entamer un rap bien senti. Il s’agissait du duo de Migs and Silent J qui serait sur scène toute la soirée.

Le spectacle s’est poursuivi, entrecoupé par des défilés de tuxedos et complets portés, entre autres, par nul autre que Zombie Boy. FABjustFab du groupe Random Recipe a également joint le duo. La soirée s’est terminée par un étonnant spectacle de striptease burlesque.

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Jeudi 18 août

Défilé – Marigold

Sur la petite scène du festival, le défilé Marigold a mis en lumière la dernière collection estivale de la jeune créatrice Marilyne Baril. Accompagnées de musiciens live, les mannequins ont défilé sur la passerelle en bois vêtues de robes aux motifs monochromes, de pantalons gigantesques et d’ensembles bleu pâle délicats et féminins.

Page Facebook de Marigold

Page Facebook de Marigold

Conférence – Scott Schuman

Après avoir travaillé en vente et marketing une bonne partie de sa vie, c’est pendant un arrêt de travail de deux ans, où il a été père à la maison, que Scott Schuman s’est demandé ce qu’il pourrait faire de sa vie pour lier sa passion pour la mode et sa créativité, sachant qu’il n’avait pas le talent d’un designer. C’est en prenant des photos de ses filles qu’il a appris à manipuler un appareil photo. En septembre 2005, il lance le blogue The Sartorialist où il prend des clichés de gens stylés dans la rue. Il lance carrément la tendance du steet styling sur le web. En juin 2006, le célèbre magazine GQ lui passe déjà des commandes. Aujourd’hui, il parcourt le monde à la recherche des plus beaux looks, que ce soit dans une ruelle ou dans les festivals de mode.

Page Facebook de Mode et Design

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Son conte de fée, Scott Schuman le raconte avec humour, volubilité et un charme certain dans la salle comble du Musée d’art contemporain. À l’entendre parler, on comprend sa facilité à convaincre n’importe qui de poser pour lui dans la rue.

Le Festival Mode & Design se poursuit jusqu’à demain, le 20 août 2016.

Design Mode
Untitled (Windows), 2010. Lynne Cohen

Rentrée hivernale au MAC pour qui veut voir

C’est un nouveau départ au Musée d’art contemporain de Montréal. Faux Indices de Lynne Cohen, photographe canadienne de renommée internationale, Uraniborg de Laurent Grasso, sa première exposition d’envergure en Amérique du Nord, le tout pimenté par une création multimédia, 4000 Disparos du brésilien Jonathas de Andrade. Ça vient de débuter au Musée, et ce sera sur les murs, ou les écrans, jusqu’au 28 avril 2013.

Mon premier billet pour La Vitrine, date d’octobre 2012 et portait sur la nouvelle exposition du Musée d’art contemporain. Afin de démarrer un nouveau cycle, me voilà de nouveau à la conférence de presse du Musée pour le lancement hivernal. Je suis toujours impressionnée par le soin qu’ils mettent à articuler l’ensemble des expositions. Elles semblent toujours être disparates, mais, à bien y regarder, on y aperçoit une thématique. Une toile se tisse qui révèle une unité d’ensemble.

Untitled (Mauve Wall), 2010. Lynne Cohen. Collection du Musée d’art contemporain de Montréal

Untitled (Mauve Wall), 2010. Lynne Cohen. Collection du Musée d’art contemporain de Montréal

Pas de choix de parcours. On débute avec les photographies de Lynne Cohen, qui mènent vers l’entrée de l’exposition de Laurent Grasso, une mise en scène hétéroclite du regard, un long corridor que l’on devra parcourir une deuxième fois et que l’on terminera, alors que l’on sortira, avec la projection multimédia de Jonathas Andrade. C’est une exposition qui peut se vivre en plusieurs temps. Le premier étant celui des anecdotes, des histoires que l’on se raconte alors que l’on parcourt les œuvres. Tout est possible devant les lieux, vides, et «trouvés» de Lynne Cohen. Qui aurait bien pu être présent dans cet espace? En quelle année celle-là a-t-elle été prise? Qu’est-ce qui a bien pu être vécu dans ce bureau? Qui s’est assis sur cette chaise?

Dans un deuxième temps, on peut se questionner sur ce que l’on regarde. Ces lieux existent-ils? Ces carrelages lustrés, ces effets miroirs sur ces surfaces polies, chacun des lieux se réfléchit lui-même amenant celui qui regarde à se questionner sur la véracité des espaces. Il n’y a pas d’extérieur représenté, toutes concernent des espaces moyens recouvertes de marbre, de tapis, d’eau, de mannequins. Elle nous demande, elle l’a dit en conférence de presse, de prendre cela avec humour. Il n’y pas de figuration, du moins pas directe. Il y a beaucoup d’absents, des mannequins, des calques, des photographies. Bref, qu’est-ce qu’on voit dans ces photographies? Le vrai, le faux? Le vrai faux? Ou le faux vrai? Ainsi, dans un troisième temps, il est question de camouflage idéologique et c’est Lynne Cohen qui l’affirme. La question est de savoir si ce que l’on regarde est déguisé par la forme des lieux représentés.

Uraniborg, Jeu de Paume, Paris, France 2012. Laurent Grasso  Photo : Romain Darnaud

Uraniborg, Jeu de Paume, Paris, France 2012. Laurent Grasso
Photo : Romain Darnaud

On enchaîne avec Uraniborg, de Laurent Grasso. Ici, dans ce premier corridor, qui mènera au suivant, jusqu’au cul-de-sac qui oblige à revenir sur ses pas, et revoir tout ce qui vient d’être vu sous un nouvel angle, il est question de temps et d’espace. C’est l’intention de l’auteur, je suis formelle sur ce point, de faire expérimenter, à celui qui s’y trouve, une dématérialisation du temps, «un décalage avec la réalité», dit-il. Dans un premier temps, on est plongé dans l’obscurité à regarder par des fenêtres, des ouvertures, vers des œuvres disposées. Elles semblent anodines et anecdotiques. Pourtant, non. C’est ainsi que dans un deuxième temps, on comprend qu’il existe une constellation liant toutes ces œuvres, livres, tableaux, impressions, statues, vidéos, etc. Ils parlent tous de la perception, à l’œil nu, via une camera attachée sur le dos d’un faucon, via la lecture, via la contemplation. L’exposition questionne le rapport qu’entretient l’observation avec le politique. Ainsi, dans un troisième temps, il faut ouvrir les yeux et chercher à comprendre le présent.

Les Oiseaux, 2008. Laurent Grasso. Vidéo DV Couleur, son, 8 min 55 s. Avec l’aimable permission de la Galerie Chez Valentin, Paris / Sean Kelly Gallery NY  Photo : Romain Darnaud

Les Oiseaux, 2008. Laurent Grasso. Vidéo DV Couleur, son, 8 min 55 s. Avec l’aimable permission de la Galerie Chez Valentin, Paris / Sean Kelly Gallery NY
Photo : Romain Darnaud

La toile se dévoile et apparaît alors un questionnement sur le regard, sur ce que l’on voit, et ce que l’on croit voir. Voir, et ce que nous oublions de regarder. Ainsi peut-on se demander si ce que l’on admet comme visible fait partie d’un dispositif plus large, politisé, historique. Mais bon, on peut aussi, tout simplement, prendre plaisir à sa ballade et admirer les prouesses techniques de la scénographie de Laurent Grasso, la qualité des photos de Lynne Cohen et se laisser porter par une vidéo de Jonathas de Andrade.

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