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Musée d’art contemporain

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Soirées sur les passerelles

Parés de leurs plus beaux atours, les fashionistas montréalais s’étaient donné rendez-vous dans le Quartier des spectacles cette semaine pour le Festival Mode & Design.

Encore un défi de style pour moi ! J’aime être bien habillée, mais je ne suis définitivement pas à l’affût des dernières tendances. Je fais des fashion faux-pas à l’occasion, je n’agence pas toujours bien les accessoires, bref je ne suis pas une styliste née. C’est donc après une journée au bureau que je me suis présentée au Festival Mode & Design (FMD) vêtue d’une simple robe en jean, entourée d’une faune de blogueurs mode et de photographes arborant colliers chocker, complets originaux, rouge à lèvre noir ou jupes transparentes (des strings magnifiques !).

Montréal n’est peut-être pas encore une capitale de la mode, mais sa scène locale est assurément en ébullition. Organisé par le Groupe Sensation mode, le FMD déploie des boutiques éphémères sur les rues Sainte-Catherine et Jeanne-Mance et met en lumière des créateurs d’ici et d’ailleurs, qu’ils soient de la relève ou bien établis, grâce à une programmation de défilés et de conférences ravissant les amateurs de style en quête de découvertes ou désirant rencontrer les influenceurs reconnus.

Compte-rendu de deux soirées passées sur les passerelles :

Mercredi 17 août

Conférence – Max Abadian

Il a photographié Lady Gaga, Coco Rocha, Cindy Crawford et les plus grands tops modèles de la planète. Arrivé de Téhéran à l’âge de 15 ans, c’est sans un sous en poche que Max Abadian fait ses premières armes en photographie à Montréal. Il prend des cours au Collège Dawson et a travaillé son art quelques années en ne demandant aucun salaire. Aujourd’hui, ses photos font la couverture des plus grands magazines de mode et vit toujours dans la métropole.

Très affable, le photographe a livré généreusement ses impressions sur le monde de la photographie et sur sa démarche personnelle pendant une heure. Celui qui affirme devoir repousser les frontières a assurément inspiré une salle suspendue à ses lèvres.

Défilé Waxman House

C’est l’institution montréalaise en complets et tuxedos Waxman House qui a lancé les festivités sur la scène principale du FMD. Des musiciens de jazz sont d’abord montés sur scène pour jouer une introduction musicale intrigante. Vêtus de complets, deux jeunes hommes ont d’abord défilé sur l’estrade pour ensuite rejoindre les musiciens et entamer un rap bien senti. Il s’agissait du duo de Migs and Silent J qui serait sur scène toute la soirée.

Le spectacle s’est poursuivi, entrecoupé par des défilés de tuxedos et complets portés, entre autres, par nul autre que Zombie Boy. FABjustFab du groupe Random Recipe a également joint le duo. La soirée s’est terminée par un étonnant spectacle de striptease burlesque.

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Jeudi 18 août

Défilé – Marigold

Sur la petite scène du festival, le défilé Marigold a mis en lumière la dernière collection estivale de la jeune créatrice Marilyne Baril. Accompagnées de musiciens live, les mannequins ont défilé sur la passerelle en bois vêtues de robes aux motifs monochromes, de pantalons gigantesques et d’ensembles bleu pâle délicats et féminins.

Page Facebook de Marigold

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Conférence – Scott Schuman

Après avoir travaillé en vente et marketing une bonne partie de sa vie, c’est pendant un arrêt de travail de deux ans, où il a été père à la maison, que Scott Schuman s’est demandé ce qu’il pourrait faire de sa vie pour lier sa passion pour la mode et sa créativité, sachant qu’il n’avait pas le talent d’un designer. C’est en prenant des photos de ses filles qu’il a appris à manipuler un appareil photo. En septembre 2005, il lance le blogue The Sartorialist où il prend des clichés de gens stylés dans la rue. Il lance carrément la tendance du steet styling sur le web. En juin 2006, le célèbre magazine GQ lui passe déjà des commandes. Aujourd’hui, il parcourt le monde à la recherche des plus beaux looks, que ce soit dans une ruelle ou dans les festivals de mode.

Page Facebook de Mode et Design

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Son conte de fée, Scott Schuman le raconte avec humour, volubilité et un charme certain dans la salle comble du Musée d’art contemporain. À l’entendre parler, on comprend sa facilité à convaincre n’importe qui de poser pour lui dans la rue.

Le Festival Mode & Design se poursuit jusqu’à demain, le 20 août 2016.

Design Mode
Untitled (Windows), 2010. Lynne Cohen

Rentrée hivernale au MAC pour qui veut voir

C’est un nouveau départ au Musée d’art contemporain de Montréal. Faux Indices de Lynne Cohen, photographe canadienne de renommée internationale, Uraniborg de Laurent Grasso, sa première exposition d’envergure en Amérique du Nord, le tout pimenté par une création multimédia, 4000 Disparos du brésilien Jonathas de Andrade. Ça vient de débuter au Musée, et ce sera sur les murs, ou les écrans, jusqu’au 28 avril 2013.

Mon premier billet pour La Vitrine, date d’octobre 2012 et portait sur la nouvelle exposition du Musée d’art contemporain. Afin de démarrer un nouveau cycle, me voilà de nouveau à la conférence de presse du Musée pour le lancement hivernal. Je suis toujours impressionnée par le soin qu’ils mettent à articuler l’ensemble des expositions. Elles semblent toujours être disparates, mais, à bien y regarder, on y aperçoit une thématique. Une toile se tisse qui révèle une unité d’ensemble.

Untitled (Mauve Wall), 2010. Lynne Cohen. Collection du Musée d’art contemporain de Montréal

Untitled (Mauve Wall), 2010. Lynne Cohen. Collection du Musée d’art contemporain de Montréal

Pas de choix de parcours. On débute avec les photographies de Lynne Cohen, qui mènent vers l’entrée de l’exposition de Laurent Grasso, une mise en scène hétéroclite du regard, un long corridor que l’on devra parcourir une deuxième fois et que l’on terminera, alors que l’on sortira, avec la projection multimédia de Jonathas Andrade. C’est une exposition qui peut se vivre en plusieurs temps. Le premier étant celui des anecdotes, des histoires que l’on se raconte alors que l’on parcourt les œuvres. Tout est possible devant les lieux, vides, et «trouvés» de Lynne Cohen. Qui aurait bien pu être présent dans cet espace? En quelle année celle-là a-t-elle été prise? Qu’est-ce qui a bien pu être vécu dans ce bureau? Qui s’est assis sur cette chaise?

Dans un deuxième temps, on peut se questionner sur ce que l’on regarde. Ces lieux existent-ils? Ces carrelages lustrés, ces effets miroirs sur ces surfaces polies, chacun des lieux se réfléchit lui-même amenant celui qui regarde à se questionner sur la véracité des espaces. Il n’y a pas d’extérieur représenté, toutes concernent des espaces moyens recouvertes de marbre, de tapis, d’eau, de mannequins. Elle nous demande, elle l’a dit en conférence de presse, de prendre cela avec humour. Il n’y pas de figuration, du moins pas directe. Il y a beaucoup d’absents, des mannequins, des calques, des photographies. Bref, qu’est-ce qu’on voit dans ces photographies? Le vrai, le faux? Le vrai faux? Ou le faux vrai? Ainsi, dans un troisième temps, il est question de camouflage idéologique et c’est Lynne Cohen qui l’affirme. La question est de savoir si ce que l’on regarde est déguisé par la forme des lieux représentés.

Uraniborg, Jeu de Paume, Paris, France 2012. Laurent Grasso  Photo : Romain Darnaud

Uraniborg, Jeu de Paume, Paris, France 2012. Laurent Grasso
Photo : Romain Darnaud

On enchaîne avec Uraniborg, de Laurent Grasso. Ici, dans ce premier corridor, qui mènera au suivant, jusqu’au cul-de-sac qui oblige à revenir sur ses pas, et revoir tout ce qui vient d’être vu sous un nouvel angle, il est question de temps et d’espace. C’est l’intention de l’auteur, je suis formelle sur ce point, de faire expérimenter, à celui qui s’y trouve, une dématérialisation du temps, «un décalage avec la réalité», dit-il. Dans un premier temps, on est plongé dans l’obscurité à regarder par des fenêtres, des ouvertures, vers des œuvres disposées. Elles semblent anodines et anecdotiques. Pourtant, non. C’est ainsi que dans un deuxième temps, on comprend qu’il existe une constellation liant toutes ces œuvres, livres, tableaux, impressions, statues, vidéos, etc. Ils parlent tous de la perception, à l’œil nu, via une camera attachée sur le dos d’un faucon, via la lecture, via la contemplation. L’exposition questionne le rapport qu’entretient l’observation avec le politique. Ainsi, dans un troisième temps, il faut ouvrir les yeux et chercher à comprendre le présent.

Les Oiseaux, 2008. Laurent Grasso. Vidéo DV Couleur, son, 8 min 55 s. Avec l’aimable permission de la Galerie Chez Valentin, Paris / Sean Kelly Gallery NY  Photo : Romain Darnaud

Les Oiseaux, 2008. Laurent Grasso. Vidéo DV Couleur, son, 8 min 55 s. Avec l’aimable permission de la Galerie Chez Valentin, Paris / Sean Kelly Gallery NY
Photo : Romain Darnaud

La toile se dévoile et apparaît alors un questionnement sur le regard, sur ce que l’on voit, et ce que l’on croit voir. Voir, et ce que nous oublions de regarder. Ainsi peut-on se demander si ce que l’on admet comme visible fait partie d’un dispositif plus large, politisé, historique. Mais bon, on peut aussi, tout simplement, prendre plaisir à sa ballade et admirer les prouesses techniques de la scénographie de Laurent Grasso, la qualité des photos de Lynne Cohen et se laisser porter par une vidéo de Jonathas de Andrade.

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