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Monument-National

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Extraire la théâtralité

L’action se passe au dernier étage du Monument National. Nous sommes une poignée de gens rassemblée dans les escaliers, attendant l’ouverture des portes, nos billets bien en main. Puis, Benoit Gob, Francis La Haye et Emmanuel Schwartz font leur entrée, des cartons de vin sur l’épaule. Ils portent une tenue de protection scientifique blanche, capuchon sur la tête. C’est ainsi que chacun des spectateurs se retrouvent avec un verre de vin, qu’on leur remplira plus d’une fois, question de les préparer à ce qu’ils vont assister.

Nous entrons finalement dans la salle. Le public se retrouve dans un espace clôt dont chaque mur est recouvert d’une bâche de plastique transparent. Au milieu, trône une structure lumineuse. Une voix sans émotion s’élève. Elle nous explique la raison de notre présence, ce jour-là, au Monument National ; Emmanuel a bâti une machine à extraire la pensée pure et il souhaite la tester avec ses amis. La machine marche, seulement, personne ne le sait encore, car elle ne fonctionne pas comme prévu.

« Le spectacle commence. Le spectacle commence. Le spectacle commence. N’allez pas vous asseoir. N’allez pas vous asseoir. N’allez pas vous asseoir. »

Le rideau en plastique se lève et nous pouvons aller nous asseoir, même si la voix nous dit le contraire. Un peu à la Siri, celle-ci parlera pendant les deux premiers actes, pour laisser la place à la voix des acteurs dans le troisième. Ceux-ci ne s’adresseront jamais directement au public pendant la totalité de la pièce. C’est à travers la voix off que le public découvrira ce que ces hommes ont tenté d’enfouir loin en eux. Celle-ci parle des acteurs en utilisant leur vrai nom : Emmanuel, Benoit, Francis. Un peu à la manière narrative de Mani Soleymanlou, qu’Emmanuel considère comme son frère artistique. Peut-être que ce dernier avait justement envie de parler de lui un peu, pour changer, sans se cacher derrière les traits d’un personnage, comme un Tartuffe par exemple Peut-être avait-il envie de jouer Emmanuel Schwartz, à nu, dans tous les sens du terme.

Les moments forts de la performance, terme que j’emploie ici, faute de définition, sont certainement la vérité qui s’en dégageait et les procédés qui sortaient du traditionnel. En effet, il ne s’agit pas d’une représentation théâtrale classique, avec une situation initiale et un dénouement, mais plus quelque chose venant du ressenti et de la gestuelle. La parole est autant mise de l’avant que le visuel. La voix off n’enlève rien au spectacle, qui se prévaut d’une mise en scène efficace.

Le spectacle a tellement de théâtralité pour dire qu’ils n’en ont pas. La volonté de vouloir tant mettre en scène en disant qu’il n’y a pas de mise en scène est quelque chose de plutôt nouveau, mais qui émerge de plus en plus. Comment supprimer la théâtralité dans un spectacle où celle-ci est particulièrement à l’honneur ? C’est assez contradictoire, un peu comme la pensée pure, je suppose. Cela donne un résultat final un peu épars, passant de l’art visuel au théâtre, par la musique, la danse et la projection vidéo. Le tout évoquant un petit quelque chose du théâtre de la cruauté d’Antonin Artaud, en voulant justement aller vers un théâtre total. On remarque également une certaine souffrance d’exister chez les acteurs qui éveille les nerfs et le coeur du public.

L’un des buts de ce genre de théâtre est d’éveiller les masses. Je ne dirais pas qu’Exhibition va jusque-là et je ne crois pas que les créateurs en avaient la prétention, mais en tant que spectateur, nous sentons la recherche qui a été effectuée et les heures d’exploration qui vont de pair avec un spectacle de cette envergure. Parfois, un théâtre qu’on dit expérimental perd de vue son but et dérive vers quelque de  »m’as-tu vu » par l’utilisation de procédé particulier sans justification aucune. La fin d’Exhibition tangue vers ce procédé paresseux, même si le texte tente de le justifier en démontrant que c’est justement cela le but. Le spectateur finit par décrocher et la simplicité imaginative et efficace du début se perd un peu.

Pourtant, dans l’ensemble, j’ai trouvé cela réussi. Un petit 1h, 1h15 de performance d’acteurs. Ce qui est étonnant, car ils ne parlent qu’à travers une voix off. Malgré tout, les voir évoluer sur scène, dans toute leur vulnérabilité, ensemble, mais seul, reste le moment le plus signifiant. En espérant voir ce spectacle réapparaître quelque part dans une prochaine saison théâtrale.

Théatre
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Les bastards, c’est nous.

Je ne suis pas une professionnelle de l’analyse d’un spectacle de danse. Je pense qu’il faut avoir une certaine base pour prétendre pouvoir analyser de fond en comble une prestation de cette discipline. Mais, je suis capable de ressentir, de percevoir une émotion qui se dégage d’une performance. Je suis capable de reconnaître la beauté quand je la vois, je suis capable d’être touchée par un corps en mouvement. Et ce fut le cas pendant la prestation incroyable des danseurs de Some Hope for the Bastards.

Le spectacle avait lieu au Monument National et était présenté en première internationale le 1er juin dernier dans le cadre du Festival Trans-Amériques. Le spectacle faisait salle comble; gens du milieu et festivaliers s’amassaient dans le hall. J’étais fébrile. Je n’avais pas assisté à un spectacle de danse depuis un moment et j’avais peur d’être rouillée et de ne rien comprendre! Une peur bien irrationnelle, il faut le dire. Beaucoup pense que la danse contemporaine a un côté élitiste, mais je pense qu’il faut simplement avoir une certaine sensibilité pour capter son pouvoir.

Et quel pouvoir avait le spectacle chorégraphié par Fred Gravel ce soir-là! D’une durée d’une heure trente, le spectateur assistait aux prouesses physiques des danseurs, haletant presque en même temps qu’eux. Alternant silence et musique tantôt rock, tantôt électro, tantôt acoustique, parfois avec paroles, mais surtout sans, le résultat final était totalement captivant. J’étais totalement absorbée par ce que les corps essayaient de communiquer. Pourtant, mon attention s’est vu faillir à quelques moments où la séquence dansée s’étirait un peu trop dans le temps. Comme quoi, tout ne peut pas être parfait.

Fred Gravel parle habituellement beaucoup dans ses spectacles, il le dira lui-même. Ce soir-là, il a peu parlé, laissant sa création le faire à sa place. Le public a toutefois eu droit au Manifeste de Fred Gravel, nous expliquant le contexte de création du spectacle et surtout, l’origine du titre. Il a également parlé de l’attente ; autant celle que les spectateurs ont envers lui que celle qu’il a envers eux. Il disait espérer faire face à un public intelligent, curieux, sensible. À voir l’ovation finale, il semble que c’était bel et bien le cas.

La prestation était divisée en plusieurs tableaux, chacun portant son propre rythme, son propre souffle. Voulant travailler la pulsion, Frédérick Gravel passe également par la répétition et l’évolution progressive de celle-ci à travers le corps des danseurs. Le public pouvait ainsi plonger dans l’œuvre et dans l’univers du danseur même. Cela allait plus loin que regarder un tableau dans un musée, nous faisions partie intégrante de cette fresque humaine.

Le mouvement était partout. Je suis certaine que je n’ai pas vécu le même spectacle que la personne assise à mes côtés. Je pouvais décider de suivre la progression d’un couple, au détriment d’un autre, ou même d’un seul danseur, puis décider de changer en plein milieu. L’histoire que j’ai captée n’est qu’une version de la représentation, c’est le regard que j’ai décidé de lui donner. Certains duos étaient plus sensuels, d’autres plus viscéraux, parfois chaotiques. Le corps était à l’honneur, le poussant au maximum de ses capacités sans tomber dans le trop spectaculaire. Entre les grands numéros de groupe, des moments plus silencieux, désirés par le spectateur, comme une oasis de répit dans le chaos.

Mention spéciale à la conception musicale de Philippe Brault qui était exceptionnelle et en parfaite harmonie avec le visuel chorégraphique. Clin d’œil à l’éclairage digne d’un show rock. Fred Gravel disait vouloir organiser la désorganisation afin qu’il se passe quelque chose, autant dans le corps du danseur que chez le spectateur. Et c’est réussi, Fred, bravo, pari tenu!

Danse
Some hope for the bastards

Énergiquement Frédérick Gravel

C’est à 9h00 un mardi matin que j’entre en contact avec Frédérick Gravel. Malgré son agenda digne d’un premier ministre, il a gentiment accepté de prendre quelques minutes pour parler du spectacle qu’il présente le 1er et 2 juin prochain au festival TransAmériques (FTA) : Some Hope for the Bastards.

  1. Ce n’est pas ta première expérience au FTA. Est-ce qu’on aborde la chose de la même manière?

Je dois me rappeler comment j’ai abordé l’expérience la première fois! Je pense que la principale différence est que Gravel works n’était pas une création, alors que c’est ce que j’ai principalement fait par la suite. Nous avions déjà fait le spectacle auparavant, dans une autre version soit, mais il avait déjà été rodé. C’est devenu ma petite condition maintenant, de pouvoir roder mon spectacle au moins une fois devant public avant de le présenter officiellement à Montréal dans un festival d’envergure. Je préfère qu’on se donne une chance de voir où on s’en va. La pression n’est pas la même, pas nécessairement celle des autres, mais celle que je me donne à moi-même.

  1. Comment décrirais-tu Some Hope for the Bastards?

C’est une production avec beaucoup de monde. J’essaie de travailler en collaboration avec les danseurs et plus ils sont nombreux, plus ça fait des conversations intéressantes. C’est un spectacle très musical, autant par la musique elle-même que dans l’écriture chorégraphique. Le tout a une assez grosse charge énergétique et n’a pas la prétention d’en mettre plein la vue. Je préfère aller dans l’énergie, la tension qui ronge de l’intérieur, plutôt que le spectaculaire.

  1. Tu dis que tu travailles beaucoup avec tes danseurs, comment abordes-tu cette collectivité dans la création?

Il n’y a rien qui existe sans les danseurs. Avec eux, la création est faite sur le coup, en répétition. Mais ils sont nombreux, alors cela me met plus de pression de directions sur les épaules que d’habitude. Il faut que mes directives soient claires afin que le public puisse bien recevoir et interpréter ce qui lui est présenté.

  1. Qu’en est-il de la création musicale?

Il y a quand même une bonne différence entre les deux. Philippe (Brault) peut travailler seul chez lui, avancer de son côté et ensuite arriver avec des propositions. Il fait des pistes de recherche, qu’il travaille ensuite avec José Major, le batteur. Nous sommes justement rendus à rassembler le tout, avec la technique et l’éclairage. Cela nous donnera l’occasion de jouer ensemble, ce que nous n’avons jamais fait. Le travail musical deviendra donc plus collectif, mais la direction principale reste celle de Philippe (Brault).

  1. La distribution est incroyable! Comment s’est faite la sélection?

Il y a des gens qui font partis de la bande depuis longtemps, je les considère comme ma famille artistique. Il y a aussi des nouveaux. C’est important pour moi qu’il y ait un échange artistique intéressant, autant de mon côté que du leur, pour que tout le monde retire quelque chose du travail. La majorité des danseurs sont également chorégraphes, ce qui donne des conversations complexes. Je choisis des gens avec qui cette conversation ne sera jamais terminée, avec qui le produit fini n’existe pas et où il y a un échange possible. Ils sont plus qu’exécutants, même s’il y a quand même des qualités inhérentes au travail. Ça prend des gens athlétiques, généreux, avec une belle polyvalence.

  1. Tes spectacles évoquent une théâtralité différente de ce qu’on voit habituellement en danse. Comment expliques-tu cela?

J’ai une compréhension particulièrement complexe de la théâtralité. Par chance, il y a Francis Ducharme, qui est avec moi depuis longtemps, qui m’aide à comprendre. Il est comédien d’abord et il a des réflexes bien entrainés d’acteur. J’essaie d’aller dans la simplicité de la théâtralité ; ne pas en ajouter, mais plutôt reconnaître sa présence pour mieux la maîtriser. Je ne cherche pas à expliquer théâtralement, mais bien comprendre le potentiel du jeu. En fait, je veux faire de l’anti-jeu ; être théâtral, mais sans jouer.

  1. En quoi Some Hope for the Bastards se démarque-t-il de ce que tu as fait dans le passé?

Ça évolue constamment et chaque pièce se trouve à être la réponse de l’autre. J’essaie de faire une suite de segments qui réussiront à se nourrir les uns les autres, de jouer avec une nouvelle manière d’écrire. J’avais envie que la musique soit ultra reliée au travail. Il s’agit de mon spectacle le plus assumé dans une rythmique musical. C’est vraiment une étude sur la pulsation. Puis, c’est le retour de la batterie sur la scène. Il n’y en avait pas eu depuis Gravel works et j’avoue que ça me manquait!

  1. Est-ce qu’il y aura d’autres instruments sur scène?

C’est encore en création, mais oui, de la guitare, c’est certain. Ça sera à saveur très électro, avec un peu de chanson. J’ai beaucoup écouté la musique de Suuns, un groupe montréalais, et de Moderat. Ça m’a aidé à démarrer. Je voulais une musique avec une pulsation et une mélodie un peu abstraite ; de la veine de l’énergie, de la texture, des nuances. Je travaille en couche, en superposition musicale, avec l’omniprésence de la trame énergétique au lieu de la trame narrative d’une chanson. Par contre, je ne veux pas seulement rester sur un « frame », partir le beatbox et faire un spectacle d’une heure et demi. Le but est de trouver les contrastes rythmiques dont on a besoin pour faire du sens.

  1. Comment vois-tu la réception du public?

C’est présenté dans une grande salle. Le Monument National doit avoir une jauge de 700 ou 800 personnes, avec le balcon. J’essaie, je ne sais pas si je vais y arriver, de lancer une invitation ; que le public voit ce qu’être un danseur représente. Le but étant de laisser le spectacle se plonger dans l’œuvre au lieu de vouloir tout contrôler en présentant un produit fini, réglé au quart de tour et qui « garoche ». Je voulais organiser la désorganisation, pour qu’il se passe quelque chose. J’essaie d’inviter le spectateur à entrer dans l’univers du danseur pour que ça se rapproche plus d’une expérience que d’un spectacle-cinéma.

  1. Qui est donc le Bastard du titre?

Ah! C’est tout le monde. C’est moi. Nous. En fait, je préfère nous à moi. C’est ma vision du nous. Je vais essayer d’expliquer ça clairement et rapidement : Je cherchais un titre sur cette pièce-là que je suis en train de sortir. Ce que je fais n’est pas sombre, mais la manière dont je vois les choses l’est. Et dans l’état présent du monde, ce n’était pas cette pièce-là qui allait vraiment changer les choses. J’avais de la difficulté à situer mon art. Je suis assez engagée dans la réflexion sociale. J’ai trouvé que ce qui m’intéressait dans l’art n’était pas nécessairement d’aller adresser des préoccupations sociales ou des messages très clairs. Je commençais à me demander à quoi servait ce que je faisais. J’ai réalisé que ça servait seulement à donner un tout petit peu d’espoir à des gens qui peuvent encore changer des choses. Ces trous de cul, nous, qui peuvent encore faire quelque chose. C’était un constat très pessimiste. J’ai baptisé ces personnes-là : des bastards. Ces gens qui auraient le pouvoir de créer des changements, mais qui ne savent pas du tout comment. En fait, ils ont perdu le moyen par plein de système d’obéissance en place, de système où l’on se sent impuissant, de système démocratique qui n’en est pas vraiment un. Les leviers dont nous avons besoin pour faire bouger les choses sont absents ou difficiles à comprendre, à connaître. On sent que c’est de notre faute, que l’on devrait être les personnes qui savent quoi faire (parce qu’on est éduqué, qu’on a du temps), mais on ne le sait pas du tout. On devrait être la personne avec les solutions, mais on fait face à un sentiment d’impuissance. Les bastards, c’est tout ça. Le titre existe pour ça, mais ça peut aussi vouloir dire beaucoup d’autres choses. Ça ouvre des questions et c’est aussi à ça que ça sert, un titre.

  1. Et qu’est-ce que l’avenir réserve à Frédérick Gravel? Quels sont tes projets futurs?

C’est plus concret déjà! (rire) Il y a pas mal d’affaires! Je suis occupé! Je fais un spectacle avec Pierre Lapointe dans le cadre des Francofolies, juste après le FTA. C’est du 14 au 17 juin à la Maison Symphonique de Montréal. C’est un spectacle d’envergure avec Étienne Lepage, Sophie Cadieux, Alexandre Péloquin, l’organisme Jean-Willy Kunz et la designer industrielle Matali Crasset. (billets encore disponibles ici ) Ça va m’occuper!

Il y a également mon duo This duet that we’ve already done (so many times) avec Brianna Lombardo qui tourne encore. Nous le présentons en Allemagne juste avant le FTA, puis nous le reprenons cet automne. Tout se pète la gueule, chérie, le spectacle que j’ai créé au FTA en 2010, est aussi joué hors Québec pendant l’automne. Les spectacles d’Étienne (Lepage) tournent encore aussi! Nous allons jouer au Fringe d’Édimbourg, qui est un peu comme le festival Avignon du théâtre anglophone. Il y a une catégorie pour les spectacles canadiens et nous présentons Ainsi parlait pendant tout le mois d’août. La logique du pire est présenté à Paris en octobre. Beaucoup de reprises de spectacles à l’international.

J’ai aussi envie de faire une mise en scène « best off » avec un groupe de musique existant. Créer à partir du matériel musical d’un ou d’une auteur(e) compositeur(trice) interprète et en faire un spectacle, au lieu de leur demander de faire de la musique sur une de mes créations. Ça serait un événement concert. Ça me tente de me plonger là-dedans dans les prochaines années!

C’est clair que je veux faire un autre projet avec Étienne (Lepage). Nous sommes déjà en train d’essayer de partir quelque chose. Nous ne savons pas trop encore ce qu’il va se passer!

Si tu veux savoir ce que j’ai envie de créer après tout ça, c’est simple, j’ai envie de créer un solo. Je ne sais pas encore si ce sera un monologue ou un solo dansé exclusivement, ou si ce sera les deux, ou même si ce sera deux spectacles séparés. Tout est ouvert. J’ai envie d’écrire un peu, mais chaque fois que je dis que je vais écrire, je ne le fais pas.  C’est beaucoup de travail. Puis après, j’arrive en studio, je me mets à bouger, c’est naturel. Plus intégré si on veut. Je pars et j’y vais et je sais comment faire. Quand je me mets à écrire, je m’enfarge partout! Mais je vais le faire quand même! Il faut! Mais je veux aussi faire un solo dansé. En ce moment, ça va, j’ai 38 ans, je suis encore capable de danser dans mes spectacles. Sauf Some Hope for the Bastards, je trouve que je dirige assez de personnes comme ça! Je sens que je suis quelque part physiquement, sans dire que je vieillis et que je veux marquer le coup. Depuis le temps que je danse dans mes créations, je commence enfin à savoir danser. Ça a pris du temps, alors on va en profiter! Je devrais y arriver!

C’est ainsi que s’est terminé notre entretien. Frédérick devait justement se rendre à une répétition de son spectacle! Il reste encore quelques billets pour les 2 représentations de Some Hope for the Bastards présenté le 1er et 2 juin prochain au FTA.

Danse
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Connaissez-vous…

Montréal en Histoires est fier de vous partager des petits trésors d’archive. Découvrez chaque semaine sur le blogue de La Vitrine des événements et personnages qui ont fait l’histoire de Montréal.

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Connaissez-vous Tit-Coq ?

Le théâtre est bien vivant à Montréal au milieu du 20e siècle : plusieurs troupes importantes y sont présentes et font émerger un nouveau style théâtral de répertoire canadien. Gratien Gélinas (1909-1999), auteur et comédien principaux de la pièce Tit-Coq, créée à Montréal au Monument national en 1948, est considéré comme l’un des fondateurs du théâtre québécois moderne. Il se fait connaître dès 1938 avec une série de spectacles d’actualités intitulés les Fridolinades qu’il poursuit jusqu’en 1946.

 

Crédit: Archive de la Ville de Montréal

Théatre
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Bête de scène : Entrevue avec Jérémy Du Temple-Quirion

Diplômé de l’École nationale de l’humour en 2013, Jérémy Du Temple-Quirion se fait de plus en plus remarquer, et pour cause. Même s’il mène présentement un véritable marathon de spectacles dans le cadre du Zoofest, l’humoriste de la relève a pris quelques minutes dans son horaire chargé pour discuter avec La Vitrine.

Comment t’es-tu rendu compte que tu étais comique?

Jérémy Du Temple-Quirion : J’ai grandi dans une famille qui rit beaucoup. On a le rire facile à la maison. J’ai grandi avec deux filles, et je ne pouvais pas me battre avec mes petites sœurs. Donc, pour faire réagir le monde, fallait que je les fasse rire. C’est peut-être là que ça a commencé… Tout le monde était pas mal comique à la maison : ma mère, mon grand-père, mon père, mes sœurs… Je ne dis pas qu’ils sont tout le temps drôles, mais on a le rire facile chez nous. Après ça, à l’école, je voyais que je me faisais accepter aussi quand j’étais comique. C’est quelque chose que j’ai remarqué.

Il y a des gens comiques qui décident d’être dentistes ou politiciens… Qu’est-ce qui t’a donné le goût de faire carrière en humour? L’argent, la gloire, les femmes, ou toutes ces réponses?

Jérémy Du Temple-Quirion : (Rires). Pour vrai, je pense que c’est aucune de ces réponses. Mes parents m’ont emmené à Juste pour rire quand j’étais jeune, et je ne comprenais pas que c’était une job. Je ne comprenais pas comment ça fonctionnait, mais je trouvais ça tellement nice! Je trouvais ça vraiment tripant, et à un moment donné, je me suis dit : « Crime, j’ai juste à essayer! ». Et j’ai essayé, en secondaire V, au gala de fin d’année. Mon premier spectacle à vie était à l’Étoile du quartier Dix30, devant toute mon école, tous les profs, toute la direction, et tous les parents. Ça a été l’un des moments les plus stressants de ma vie. J’avais peur de me planter, j’avais peur de me faire ridiculiser, puis finalement, dès que j’ai eu un rire, ma vie a changée. C’était le plus beau moment de ma vie, et je me suis dit que j’allais essayer de le reproduire le plus souvent possible. J’ai fait trois ans de Cégep, j’ai fait Cégeps en spectacle, je suis rentré à l’École de l’humour. Moi, je veux faire des shows à tous les soirs, parce que j’aime faire rire les gens, j’aime raconter des blagues. Je fais ça aussi pour mon plaisir personnel et, habituellement, ça passe par le rire des autres.

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Est-ce qu’il y a des humoristes qui t’ont influencé, ou des humoristes dont tu es jaloux?

Jérémy Du Temple-Quirion : Non, je ne suis pas un gars jaloux dans la vie, mais j’admire. J’admire la manière de travailler de certains humoristes, comme Gad Elmaleh, que j’ai découvert relativement jeune. Il fait rire les gens d’une manière tellement simple et pure, il est tellement intéressant à écouter. Beaucoup d’Américains aussi. Des Louis CK, Dave Chapelle, Chris Rock, Seinfeld, Jimmy Fallon… C’est des ultra-travaillants, des ultra-perfectionnistes. C’est beaucoup la manière de travailler des gens qui m’inspire. J’écoute beaucoup de documentaires sur eux, beaucoup d’entrevues, en plus de leurs stand-ups, pour vraiment voir les dessous du travail. C’est comme n’importe quoi. Tu veux être bon en nage, ben plonge dans l’eau, et nage. L’humour, c’est un peu la même chose. C’est vraiment ce que j’apprends en regardant ces gens-là, qui jouent à tous les soirs, tout le temps.

Il y a déjà quand même quelques humoristes au Québec… Est-il difficile de faire sa marque quand on débute en humour?

Jérémy Du Temple-Quirion : Je pense qu’il y a une certaine sélection naturelle qui se fait, dans le sens que la relève, on a un beau milieu, celui des bars. Le calibre est assez fort, ce qui fait que si tu ne travailles pas fort, que tu ne perfectionnes pas tes blagues et que tu n’arrives pas avec du nouveau matériel, ben, à un moment donné, tu ne te feras plus booker. Inévitablement, le milieu fait en sorte que t’as pas le choix de t’améliorer, t’as pas le choix de travailler. C’est sûr qu’au départ, tu ressembles aux gens qui t’influencent, sans trop le vouloir. C’est juste que c’est les gens que tu as le plus écouté, donc, inconsciemment, tu vas trouver une musicalité, ou une manière de puncher qui va leur ressembler, mais le but d’un humoriste évidemment, c’est de devenir le plus unique possible. Je pense que la seule façon de vraiment devenir unique, c’est de développer sa propre manière de jouer. C’est dur, mais en même temps, ça se fait un peu tout seul. Tu sais, je ne me suis pas dit : « Bon, moi, ça va être ça ». Je travaille sur mon matériel, je travaille sur la manière de lancer mes gags, puis à ce moment-là, je vais finir par trouver vraiment 100%, Jérémy Du Temple-Quirion, et 0% des autres.

Y’a t-il des sujets ou choses en particulier qui t’inspirent? De quoi aimes-tu rire?

Jérémy Du Temple-Quirion : J’ai le rire vraiment facile. Je suis un gars ben de bonne humeur, mais souvent, j’aime parler de ce qui se passe dans ma vie. Je suis un gars très honnête, donc, j’ai de la misère à mentir. C’est rare que je raconte des trucs qui sont faux sur scène. C’est beaucoup mes réflexions, ce que je vois, ce que je vis. Ça fait un an que j’ai déménagé, que j’habite tout seul, fait que, dans mon spectacle, je parle un peu de solitude, quelque chose qui est nouveau pour moi, comme je viens d’une famille de cinq. J’ai un numéro sur l’infidélité, qui est un thème que je trouvais très riche, qui n’est pas nécessairement comique, mais j’ai trouvé le comique là-dedans. J’étais content, parce que c’est nouveau pour moi, d’attaquer des sujets comme ça. Pour l’instant, je suis un gars assez léger. Je veux juste prouver aux gens que je suis le plus drôle possible, donc, je parle de mon chat, je parle de mon père, ma mère, mes sœurs… Je parle vraiment de mon entourage.

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Tu dis que tu fais de l’humour léger, mais j’ai lu quelque part que tu as déjà fait vomir de rire un spectateur. Est-ce que tu peux nous raconter la blague, ou c’est trop dangereux pour ceux qui viennent de manger?

Jérémy Du Temple-Quirion : (Rires). Hey, pour vrai, mon Dieu! Je faisais une demi-heure sur la rive-sud de Québec, et puis, à un moment donné, j’ai fait vomir de rire quelqu’un… Pour moi, il avait probablement pris une couple de bières de trop aussi… Je pense que c’est un mélange bouffe, bière, et rigolade… J’étais comme flatté, mais dégoûté en même temps (rires). C’était particulier.

Tu animes le Gala des refusés au Zoofest. Si je comprends bien, c’est un spectacle avec six autres humoristes qui ont été refusé à Juste pour rire?

Jérémy Du Temple-Quirion : Exactement. J’ai eu le flash de ce spectacle-là quand j’ai été refusé aux auditions… En fait l’année passée, j’ai eu une audition pour un gala. Je m’attendais à la même chose cette année, je ne m’attendais pas à faire le gala, mais je voulais au moins faire l’audition pour que l’équipe de Juste pour rire voit mon évolution et voit où je suis rendu. Quand j’ai été refusé, j’ai vécu un peu de frustration, puis j’ai vu qu’il y avait de mes amis et collègues qui vivaient aussi cette frustration-là, et je me suis dit « Pourquoi je monterais pas un show pour le fun, pour nous-autres, et pour rire un peu de cette situation-là? ». J’ai décidé de monter ce spectacle-là avec six humoristes vraiment fabuleux, Mehdi Bousaidan, Sam Breton, David Beaucage, François Boulianne, Didier Lambert, Alexandre Bisaillon et Guillaume Pineault. On a décidé de juste présenter le meilleur matériel, le meilleur des humoristes, pour notre plaisir personnel, et finalement, les gens ont vraiment répondu à la proposition : on est un des meilleurs vendeurs du festival, et on est ben ben ben contents de ça!

Ça aide à se sentir moins rejet…

Jérémy Du Temple-Quirion : Oui, pas mal (rires). Je suis content, parce que je pense que tout le monde a vraiment aimé l’idée, mais, en fait, c’était juste une excuse pour faire un spectacle en habit. C’est juste pour ça (rires).

Tu participes à un paquet de shows durant le Zoofest, parfois tu fais plus d’une prestation par jour. Certaines personnes pourraient penser que tu es le Geneviève Jeanson de l’humour. Alors ma question : est-ce que tu prends de l’EPO pour réussir à faire autant de spectacles?

Jérémy Du Temple-Quirion : (Éclate de rire). Non. Malheureusement non, je suis pur, et euh… Ma mère est venue me porter vraiment beaucoup de nourriture, donc, moi, mes seuls stéroïdes, c’est la nourriture à Nicole. C’est vraiment tout ce que je prends (rires).
 

Humour
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Tracé d’une Nuit blanche

Quand je me suis proposée pour couvrir la Nuit blanche, j’ai par la suite légèrement douté de mon choix. J’ai eu peur de n’avoir autre chose à décrire que le derrière de tête de mes co-festivaliers en ligne. Certes, les longues files et les grosses foules font depuis longtemps partie de cet évènement annuel, mais depuis l’ajout d’une grande roue et de l’allongement de la glissade, c’était rendu à la limite du supportable. Mais surprise, cette année tout coulait de source, et l’ambiance était géniale. Retour sur une soirée à profiter de ce que Montréal fait de meilleur, c’est-à-dire offrir des évènements culturels éclatés et éclectiques.

21h45 : Après avoir finalement réussi à réunir tout mon beau monde (quand vais-je apprendre à ne pas faire la Nuit blanche en grand groupe ?!), on démarre notre parcours par un arrêt à La Vitrine. En tant que point central de l’évènement, c’est l’idéal pour planifier notre visite. On se met dans l’ambiance avec l’excellent DJ du collectif Speakeasy qui manie ses vinyles au-dessus de la foule. Le conteur Ronald Poiré fait le récit d’anecdotes de l’époque du Red Light pendant qu’un cadavre exquis rédigé par les noctambules se dessine sur écran géant. On fouine dans le programme, avant de se dire « au diable » et de décider de suivre notre instinct. Le programme prend le bord dans la sacoche et on prend le bord de la sortie.

Hall du 2-22. Photo : Karine St-Germain Blais

Hall du 2-22. Photo : Karine St-Germain Blais

22h03 : Premier arrêt : pas très loin. On traverse la rue pour admirer les danseuses burlesques de UnionStyles Dance Group sur les passerelles de l’édifice 2-22. Après avoir entendu des touristes s’exclamer sur le spectacle inhabituel dans la façade extérieure de l’édifice, on se dirige vers la Société des arts technologiques (SAT).

22h09 : Pas de file, on entre directement. On s’arrête le temps d’un verre dans l’installation hypnotisante de Manuel Chantre projetée sur une série de panneaux. La diversité de l’offre de la soirée titillant la fébrilité de mes coéquipiers, nous nous rendons à l’étage de la Satosphère.

22h14 : Le DJ Madeskimo est excellent, mais  les spectateurs ne prennent pas le temps de rester pour danser, c’est le dommage collatéral du butinage d’une activité à une autre; les gens font de brefs passages à différentes activités et afin de faire le plus d’activités possible. Un petit tour dans la yourte, un arrêt au Labo culinaire où l’on déguste un excellent sandwich au flanc de porc, puis déjà, on repart.

Satosphère. Photo: Karine St-Germain Blais

Satosphère. Photo: Karine St-Germain Blais

22h38 : On se félicite d’être arrivé tôt, car devant la porte de la SAT, une file tantôt inexistante s’est matérialisée de nulle part. En riant dans notre barbe, on traverse la rue vers le Monument-National. Un concert du très énergique Antoine Gratton nous donne envie de danser; on reste un petit moment. Je laisse bientôt mes comparses pour monter à l’étage rencontrer le créateur du jeu documentaire Fort McMoney. Un petit café gratuit en main, j’écoute David Dufresne présenter le processus et nous démontrer une partie en direct. Si vous ne connaissez pas déjà ce jeu à la SimCity sur le thème de l’industrie pétrolière à Fort McMurray, je vous intime d’aller y jouer à l’instant !

23h13 : Je ne veux surtout pas manquer le concert de We Are Wolves à la soirée de clôture des Rendez-vous du cinéma québécois, et j’oriente tout mon beau monde vers la Cinémathèque québécoise. En chemin, on se retrouve au beau milieu de la mascarade interactive de Projet Coro devant l’UQAM. On profite un peu de l’ambiance surréelle peuplée de masques vénitiens en D.E.L. et de Pierrots larmoyants avant de s’engouffrer à la Cinémathèque dans une marée humaine gigotant au rythme de l’excellent groupe montréalais. L’ambiance est électrique, je souris de toutes mes dents.

Montréal Créative par MASSIVart. Photo : Karine St-Germain Blais

Montréal Créative par MASSIVart. Photo : Karine St-Germain Blais

01h39 : On rebrousse chemin vers la Place des Arts. Arrêt à l’exposition Montréal Créative par l’agence MASSIVart  à l’ARTVstudio : un pédalier à images, un photomaton, une immense balançoire, des œuvres au mur. On en profite !

2h10 : On sort sur le très joli site principal de Montréal en lumière. Montréal, tu es belle sous ton voile de neige paresseuse. Je décide alors d’arrêter mon chemin ici, car ma soirée ne pourrait mieux finir.

 

La Nuit blanche avait quelque chose de magique, ce soir-là. La programmation est chaque année plus foisonnante et audacieuse, et chacun peut y trouver son compte un peu partout dans la ville. L’année prochaine, c’est décidé, je vais explorer des lieux de culture plus décentrés.

La Nuit blanche clôt chaque année Montréal en lumière. La prochaine édition du festival aura lieu du 19 février au 1er mars 2015.

 

Variétés
Crédit photo : Julie Caron

Simon Delisle, en 60 minutes

Pour son premier spectacle solo, qui s’inscrit d’abord à la programmation du festival Zoofest 2013, puis à celle des productions de la série 60 minutes avecprésentée au Monument-National, Simon Delisle a délibérément choisi d’aborder un sujet qu’il maîtrise parfaitement, et qu’il souhaite faire davantage connaître au public, c’est-à-dire, lui !

Question d’identité

Car sous ces apparences tranquilles (et cette bouille franchement sympathique) se cache un cerveau hyperactif, stimulé par un environnement et une société en constant changement, qui le poussent à se questionner et à réagir. Et nul besoin de préciser que l’humoriste a beaucoup à dire et à raconter!

Pour l’artiste de 28 ans qui n’en est guère à ses premiers balbutiements dans le domaine (lui qui multiplie les performances scéniques depuis sa sortie de l’École nationale de l’humour, en 2010 et qui consacre la plupart de son temps à l’écriture humoristique), ce spectacle se veut à la fois une occasion unique de conquérir un auditoire encore timide et de séduire bon nombre d’adeptes déjà ravis. « 60 minutes avec Simon Delisle, c’est un peu comme ma carte de visite… », me dit-il en entrevue. « C’est un aperçu général de mon travail, de mon humour, et de qui je suis », poursuit-il. Ce dernier partagera ainsi ses réflexions et ses impressions sur une multitude de thèmes qui le tiennent en alerte, l’inspirent, l’amusent, et façonnent sa personnalité.

Et puisqu’il n’a que très peu de temps devant lui (après tout, il ne dispose que d’une heure), il procède rapidement aux présentations avant d’interagir directement avec son public.

En guise d’introduction, un bref et sympathique montage photographique, regroupant de précieux souvenirs de jeunesse (et ceux d’une époque pas si lointaine), est projeté sur un écran géant, à l’arrivée des spectateurs. S’ensuit une courte vidéo mettant en vedette l’humoriste à 60 jours de son 60 minutes, que l’on prend soin de diffuser quelques secondes avant que les projecteurs ne s’allument. Ces initiatives, des plus efficaces et des plus ingénieuses, suscitent instantanément l’intérêt des quelque cent personnes réunies pour l’occasion, et donnent le ton à la soirée.

Accueilli en véritable héros lors de son entrée sur scène (on comprendra rapidement pourquoi !), Simon Delisle paraîtra visiblement heureux de retrouver un public si enthousiaste et chaleureux.

Crédit photo : Julie Caron

Crédit photo : Julie Caron

À son image

Grâce à un discours ponctué d’anecdotes divertissantes et d’histoires cocasses dont lui seul est le protagoniste, Simon Delisle enchaîne les blagues et provoque à coup sûr de nombreux rires sincères. Ses observations des mille et une petites choses du quotidien qui le tourmentent et le tracassent, le fâchent, l’insultent ou l’irritent (dont la météo, les publicités trompeuses, le gaspacho, ce potage que l’on mange froid et qui ressemble étrangement au populaire jus de tomate, et certains commentaires anodins qu’on peut lui adresser) agissent à titre de fils conducteurs et lui permettent d’explorer tout autant de pistes intéressantes.

Il en viendra ainsi à parler de sa maladie, et plus particulièrement du diabète, et de ses visites régulières chez le médecin, de la télévision et des émissions qui contribuent à sa paresse, de ses nombreuses connaissances sur une panoplie de sujets qu’il juge complètement inutiles et irrationnels (à quoi ça sert de tout savoir sur le céleri?), de la corrélation entre la musique et le déroulement de sa journée, de son plus récent voyage à Cuba et enfin, des projets qu’il souhaite réaliser avant de mourir.

Avec ce premier spectacle, l’artiste, qui se produira au Monument-National jusqu’au 21 juillet prochain, livre une performance irréprochable grâce à des textes brillants, des idées parfaitement ficelées, une vivacité d’esprit et un réel plaisir d’être sur scène, qui nous prouve avec conviction que sa place y est. Et si le nom de Simon Delisle se faisait un peu plus discret jusqu’à aujourd’hui, il y a fort à parier qu’il sera bientôt sur toutes les lèvres.

60 minutes avec Simon Delisle, au Monument-National, les 19 et 20 juillet, 22 h, ainsi que le 21 juillet, à 20 h 30.

Simon Delisle participera également à Ça suffit la comédie ! ainsi qu’au Geek Show, deux spectacles présentés dans le cadre du festival Zoofest 2013.

Humour
Martin Perizzolo credit David Richard

Martin Perizzolo : parlez-moi d’amour (mais surtout de sexe)

Que les oreilles chastes s’abstiennent : jusqu’au 27 juillet 2013, dans le cadre du festival Zoofest, l’humoriste Martin Perizzolo occupe la scène du Cabaret du 4e du Monument-National afin de nous présenter son premier spectacle solo, Q, et de nous parler…de sexe.

De sexe, vraiment?

Si le thème semble avoir été exploré sous tous ses angles et revisité plus d’une fois, le sexe demeure un sujet de conversation intarissable. Le mot parvient à se nicher sur toutes les lèvres, à infiltrer des discussions, et tantôt à piquer la curiosité, tantôt à créer un certain malaise.

Pendant de nombreuses années, Martin Perizzolo a préféré se censurer et a choisi de ne pas s’aventurer sur ces sentiers (ô combien de fois) battus. Mais pour ce premier spectacle à ses commandes, il a volontairement décidé de sortir de sa zone de confort et de s’amuser avec cette matière riche et modelable. Lui qui a commencé à travailler sur le concept en janvier 2012 avoue avoir aujourd’hui suffisamment gagné en maturité pour s’assumer, et assumer ses textes, tout comme son choix de sujet.

« Il ne faut pas oublier que le sexe, ce n’est pas juste le sexe. Ça va au-delà du terme, au premier sens qu’on lui donne », me confie-t-il lors de notre entretien. « Le sexe, c’est aussi ce qui peut renforcer la communion entre deux personnes, ce qui parvient à briser des couples ou à donner la vie. C’est à la fois une passion, quelque chose d’unique, de différent et de complexe. Il y a beaucoup à dire et à raconter », poursuit-il.

C’est donc de cette complexité, articulée autour de diverses sphères de la sexualité, qu’il appuiera ses propos au cours des 60 minutes partagées avec un auditoire averti (18 ans et plus). Celui-ci prend par ailleurs un réel plaisir à le voir se livrer à ce nouvel exercice, alors que  l’humoriste troque ses discours habituellement cérébraux pour des réflexions un peu plus libertines.

crédit photo : Mathieu Doyon

crédit photo : Mathieu Doyon

Le sexe, de A à Z

Ou plutôt de A à Q, se plairait-il à dire. Car un thème aussi large que substantiel ne peut être analysé dans son entièreté en un si court laps de temps.

Mais qu’importe. Perizzolo, avec son humour à la fois niais et intelligent, nous propose une heure des plus divertissantes et des plus drôles. Ses textes brillants, ponctués d’anecdotes, de faits divers, d’expériences personnelles, de questionnements et de beaucoup, beaucoup, de vérités, interpellent rapidement chacun des spectateurs, notamment lorsque le célibat, les relations de couple, les ruptures amoureuses ou la peur de l’engagement y sont traités. Ses idées sont franches, rafraîchissantes, et exploitent des mots justes, qui parviennent à se détacher de la vulgarité, du mauvais goût et des clichés, même lorsqu’il décide de s’attarder sur des aspects plus pointus, tels que les problèmes érectiles, ou encore, les jouets pour adultes. Sa manière d’aborder la question est unique, et réussit à sortir des chemins maintes fois empruntés par d’autres.

Avec Q, on a peine à croire que Perizzolo explore un terrain qui lui est encore un peu inconnu, tant il semble être confiant devant son public.

Et c’est ce qui est admirable chez lui; qu’il soit sur scène ou au petit écran (c’est lui le célèbre Poudy de la série télévisée L’Gros Show et l’attachant Benoit de la populaire campagne publicitaire des Fromages d’ici), sous ou derrière les projecteurs (il a notamment été auteur pour Un gars, une fille), ce dernier demeure en pleine possession de ses moyens. Chacun des projets auquel il prend part rayonne, nous prouvant ainsi qu’il est un véritable artisan à l’efficacité redoutable. Et assurément, Q figurera sur la liste de ses meilleures réalisations.

Q est présenté au Cabaret du 4e du Monument-National jusqu’au 27 juillet 2013. Tous les jours, relâche les dimanches et lundis. 18 ans et plus.

Photo principale : David Richard

Humour
cosmic mandrill

Cosmic Mandrill ou un univers d’encens, de Moomins et d’animaux mécaniques

À la recherche de l’évènement le plus curieux du mois de décembre dans le calendrier de La Vitrine, je suis tombé sur Cosmic Mandrill au Monument-National. Comme c’est un spectacle musical et que je n’ai pas encore couvert ce genre d’évènement, je me dis : « pourquoi pas? »… D’autant plus que le descriptif nous promet un « projet de musique Post-Rock/Ambiant Solo » qui offre un « voyage élevant et mélodieux au coeur des sentiments et idéaux de l’âme humaine. ». Ça a l’air trop mystique, faut que j’y aille!

J’arrive donc au Monument-National vers 19 h 50 où l’on m’indique que le spectacle a lieu au 4e étage : allons-y pour les escaliers! Plus je m’approche de la salle, plus mes narines sont assaillies par une odeur d’encens, quand je parlais de mystique. Arrivé au lieu-dit, je constate que nous serons dans ce qui doit être la salle la plus intime du Monument. Quand je dis intime, c’est très intime, disons que j’ai plus de doigts et d’orteils que la quantité de personnes qui se trouvent déjà sur place; sans compter qu’ils semblent pas mal tous se connaître (amis? famille?). Là, c’est clair, je sais que je suis à la bonne place : si ce gars-là devient populaire, je pourrai dire que MOI, je l’ai vu à son premier concert public. Comme le dit souvent ma relectrice préférée : « il n’y a pas d’avant-gardistes, il n’y a que des retardataires » et pour une fois, je ne traînerai pas de la patte!

Revenons au concert en soi. Avant que le tout commence, je m’approche de la petite scène sur laquelle sont posés un clavier, une guitare, un micro et un étrange cheval blanc en métal d’où émane l’encens. Ma petite inspection terminée, je retourne m’asseoir et c’est à ce moment que les lumières se tamisent et qu’entre, sur scène, un jeune homme d’une vingtaine d’années. Un sourire, à demi-gêné, il se lance dans sa première pièce au clavier. Puis, s’enchaînent avec lenteur et rêve des pièces classiques au piano, soft-rock à la guitare. Après 3-4 morceaux arrive le moment de gloire du fameux cheval qui trône sur la scène : Samuel Paré, le nom du singe cosmique, l’active et le cheval fait aller sa tête et sa queue dans tous les sens… Au plus grand plaisir des spectateurs qui rient dans la salle. Drôle de cassure avec le côté onirique installé précédemment, mais qui n’est pas pour me déplaire. Malgré la prestation du cheval, ma préférence va sans contredit à une reprise électro au clavier d’une musique dans le dessin animé des Moomins, dessin animé de mon enfance plutôt mélancolique, mais que j’appréciais beaucoup. En fait, je trouve que les Moomins n’est pas anodin : ça cadre bien avec son univers musical, qui porte sur l’amour, l’état de la société, l’humanité avec une pointe de romantisme et de vaporosité (dans le sens de vaporeux). Après une courte heure de musique, le tout se termine sur une pièce dédiée à l’espoir.

Je profite de la fin du spectacle pour aller poser quelques questions au maître de cérémonie. J’apprends que le nom Cosmic Mandrill est tiré d’une « discussion nowhere » sur les singes et l’espace, mais qu’après coup le nom a pris un tout autre sens. En effet, en décomposant Man/drill, on se retrouve avec l’homme-perceuse. En fait, il espère, avec sa musique, percer la couche d’indifférence des humains. De son côté, le fameux cheval a été trouvé dans le fond du placard de son coloc’ (notons qu’à la taille du cheval, il doit avoir un méchant grand garde-robe). À terme, Samuel aimerait avoir toutes sortes d’animaux mécaniques qui décoreraient la scène et s’animeraient pendant ses prestations. Il m’a dit aussi posséder une libellule géante, qui malheureusement était hors-service ce soir-là, bien dommage…

Il a de la motivation et c’est très chouette à voir. Je lui souhaite beaucoup de succès avec Cosmic Mandrill. Si vous voulez vous aussi partir et flotter un peu en attendant son prochain concert, je vous invite à jeter un œil – et une oreille – à son seul vidéoclip fait maison pour l’instant.

Musique

Improvisation à la manière des Belles-Soeurs

À l’occasion du quarantième anniversaire de la création de la pièce culte de Michel Tremblay, le metteur en scène René Richard Cyr avec la complicité du compositeur Daniel Bélanger transforme ce classique de la dramaturgie québécoise en théâtre musical et Belles-Sœurs devient un irrésistible party. Quinze femmes fortes et délurées interprètent quinze chansons drôles et tendres et émouvantes et folles et vraies.

Après un succès phénoménal au Théâtre du Rond-Point en France, le théâtre musical BELLES-SOEURS revient à Montréal!

Vous voudriez assister à cette fête? Nous avons 1 paire de billets à offrir pour la grande première au Monument-National, ce jeudi 20 septembre à 20 h!

Pour participer, il suffit d’inventer une petite histoire à la manière des « Belles-Soeurs » ayant pour thème « Bingo ». Improvisez plus bas!


Le concours se termine le 19 septembre 2012 à 17 h! Bonne chance à tous!

Variétés