Cosmic Mandrill ou un univers d’encens, de Moomins et d’animaux mécaniques
À la recherche de l’évènement le plus curieux du mois de décembre dans le calendrier de La Vitrine, je suis tombé sur Cosmic Mandrill au Monument-National. Comme c’est un spectacle musical et que je n’ai pas encore couvert ce genre d’évènement, je me dis : « pourquoi pas? »… D’autant plus que le descriptif nous promet un « projet de musique Post-Rock/Ambiant Solo » qui offre un « voyage élevant et mélodieux au coeur des sentiments et idéaux de l’âme humaine. ». Ça a l’air trop mystique, faut que j’y aille!
J’arrive donc au Monument-National vers 19 h 50 où l’on m’indique que le spectacle a lieu au 4e étage : allons-y pour les escaliers! Plus je m’approche de la salle, plus mes narines sont assaillies par une odeur d’encens, quand je parlais de mystique. Arrivé au lieu-dit, je constate que nous serons dans ce qui doit être la salle la plus intime du Monument. Quand je dis intime, c’est très intime, disons que j’ai plus de doigts et d’orteils que la quantité de personnes qui se trouvent déjà sur place; sans compter qu’ils semblent pas mal tous se connaître (amis? famille?). Là, c’est clair, je sais que je suis à la bonne place : si ce gars-là devient populaire, je pourrai dire que MOI, je l’ai vu à son premier concert public. Comme le dit souvent ma relectrice préférée : « il n’y a pas d’avant-gardistes, il n’y a que des retardataires » et pour une fois, je ne traînerai pas de la patte!
Revenons au concert en soi. Avant que le tout commence, je m’approche de la petite scène sur laquelle sont posés un clavier, une guitare, un micro et un étrange cheval blanc en métal d’où émane l’encens. Ma petite inspection terminée, je retourne m’asseoir et c’est à ce moment que les lumières se tamisent et qu’entre, sur scène, un jeune homme d’une vingtaine d’années. Un sourire, à demi-gêné, il se lance dans sa première pièce au clavier. Puis, s’enchaînent avec lenteur et rêve des pièces classiques au piano, soft-rock à la guitare. Après 3-4 morceaux arrive le moment de gloire du fameux cheval qui trône sur la scène : Samuel Paré, le nom du singe cosmique, l’active et le cheval fait aller sa tête et sa queue dans tous les sens… Au plus grand plaisir des spectateurs qui rient dans la salle. Drôle de cassure avec le côté onirique installé précédemment, mais qui n’est pas pour me déplaire. Malgré la prestation du cheval, ma préférence va sans contredit à une reprise électro au clavier d’une musique dans le dessin animé des Moomins, dessin animé de mon enfance plutôt mélancolique, mais que j’appréciais beaucoup. En fait, je trouve que les Moomins n’est pas anodin : ça cadre bien avec son univers musical, qui porte sur l’amour, l’état de la société, l’humanité avec une pointe de romantisme et de vaporosité (dans le sens de vaporeux). Après une courte heure de musique, le tout se termine sur une pièce dédiée à l’espoir.
Je profite de la fin du spectacle pour aller poser quelques questions au maître de cérémonie. J’apprends que le nom Cosmic Mandrill est tiré d’une « discussion nowhere » sur les singes et l’espace, mais qu’après coup le nom a pris un tout autre sens. En effet, en décomposant Man/drill, on se retrouve avec l’homme-perceuse. En fait, il espère, avec sa musique, percer la couche d’indifférence des humains. De son côté, le fameux cheval a été trouvé dans le fond du placard de son coloc’ (notons qu’à la taille du cheval, il doit avoir un méchant grand garde-robe). À terme, Samuel aimerait avoir toutes sortes d’animaux mécaniques qui décoreraient la scène et s’animeraient pendant ses prestations. Il m’a dit aussi posséder une libellule géante, qui malheureusement était hors-service ce soir-là, bien dommage…
Il a de la motivation et c’est très chouette à voir. Je lui souhaite beaucoup de succès avec Cosmic Mandrill. Si vous voulez vous aussi partir et flotter un peu en attendant son prochain concert, je vous invite à jeter un œil – et une oreille – à son seul vidéoclip fait maison pour l’instant.





























