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Montréal

Magnetic

Une performance magnétique

Vendredi dernier, le groupe Edward Sharpe and the Magnetic Zeros avait donné rendez-vous à ses fans au Métropolis pour un spectacle généreux et rassembleur.

C’est sans flafla que le leader du groupe, Alex Ebert, et ses musiciens sont entrés sur scène alors que les lumières de la salle n’étaient même pas encore éteintes. Vêtu d’une vieille redingote, de souliers orange, d’un bas rouge monté au genou comme un cycliste et coiffé d’un chignon dépeigné, le chanteur à l’origine de la formation du groupe affichait une dégaine nonchalante et un sens tout à fait théâtral sur scène. Buvant du vin et fumant, il représentait le stéréotype même de l’artiste bohème, alimentant l’effet d’un personnage pourtant extrêmement généreux à l’égard son public.

À de nombreuses reprises pendant le spectacle, Ebert s’est adressé directement à la foule. S’asseyant sur une caisse de son pour demander aux spectateurs dans les premières rangées quelles chansons ils aimeraient entendre ou descendant de la scène pour les faire chanter ou jouer des instruments.

Edward Sharpe

Au total, dix musiciens forment le groupe. Piano, guitare, batterie, contrebasse et cuivres se côtoient pour créer un ensemble impressionnant. La voix du chanteur tient différents registres allant d’une voix puissante et éraillée sur la pièce Life is hard à une voix haute perchée, presque nasillarde, sur Hot coals.

Le spectacle s’est terminé sur une version chorale de la célèbre pièce Home entonnée par un public conquis connaissant les paroles par cœur. Comme le groupe vit dans un bus de tournée, la chanson détient une signification encore plus importante aujourd’hui, aux dires du chanteur.

Pour le temps d’une soirée, leur maison, c’était Montréal.

Musique
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Galerie photo : Le début de spectacle

Hier soir le 6 juillet, l’artiste Thierry Marceau a pris d’assaut les passerelles du 2-22 avec Le début du spectacle dans le cadre de la 4e phase du projet 1/100 du 2-22,  »J’aime Montréal et Montréal m’aime ».
Grâce à une oeuvre numérique et artistique haute en couleur, l’artiste a su capter l’attention des centaines de spectateurs regroupés devant le 2-22 du côté de la façade Sainte-Catherine. De nombreux curieux se sont aussi joins à la foule afin d’admirer le spectacle de 21h30 et de 22h30.
Dans le cadre de la politique d’intégration des arts à l’architecture et à l’environnement (1%), l’artiste Thierry Marceau a été sélectionné pour concevoir une oeuvre d’art performatif au 2-22 présentée sur cinq ans. Le Début du spectacle était l’avant-dernière phase du projet.

Notre photographe Renaud Vinet-Houle était présent sur les lieux afin de capter les meilleurs moments !

Arts Médiatiques
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Galerie photo : Fête nationale du Québec à Montréal

Le 23 juin dernier sur la Place des Festivals se tenait le traditionnel spectacle pour la Fête nationale du Québec. Animé par Louis-José Houde, de nombreux artistes en solo ou en duo ont donné tout qu’un spectacle ; Yann Perreau, Les Soeurs Boulay, Brigitte Boisjoli, Éric Lapointe et son protégé Travis Cormier de La Voix, Jean-Pierre Ferland, Koriass et Samian.

Musique
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Fête nationale du Québec à Montréal

LE GRAND SPECTACLE DU 23 JUIN | C’est beau comme on s’aime ! — présenté par la SAQ

Louis-José Houde sera de retour à la barre de cette 182e célébration de la Fête nationale à Montréal. Avec ses airs badins, il nous jouera toutes les nuances de notre Québec en compagnie d’Éric Lapointe, Yann Perreau, Les Soeurs Boulay, Brigitte Boisjoli, Koriass, Samian, Florent Vollant et Natasha Kanapé Fontaine. Sous la gouverne et la mise en scène de Pierre Séguin et avec la maestria de Julie Lamontagne à la direction musicale, la soirée nous annonce de belles virées et quelques surprises qui marqueront les esprits.

Vivez la Fête à la Place des Festivals, où dès 20 h 10, le groupe QW4RTZ nous réchauffera de ses voix harmonieuses avant le coup d’envoi du Grand spectacle à 21 h— qui sera diffusé au soir du 24 juin sur les ondes d’ICI Radio-Canada Télé à 20 h et disponible sur Tou.tv par la suite.

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LE TRADITIONNEL DÉFILÉ DU 24 JUIN | Mon Québec, je l’aime grand comme ça ! — présenté par Hydro-Québec

Un kilomètre et demi de chars, de participant-e-s et de divertissement sur un trajet de 2,2 km ! Le Défilé 2016 de la Fête nationale à Montréal paradera exceptionnellement sur la rue Sainte-Catherine.

Soyez au rendez-vous, le 24 juin à 13 h, et emmenez votre famille et vos amis tout au long du trajet sur Sainte-Catherine, entre les rues Guy et De Bleury — à l’entrée de la place des Festivals. Le Défilé sera télédiffusé sur les ondes d’ICI Radio-Canada Télé à 17 h le 24 juin et disponible sur Tou.tv après l’événement.

Mis en scène par Joël Legendre et animé par Élyse Marquis et l’historien Éric Bédard, plus qu’un Défilé, c’est un véritable spectacle qui se déroulera sous nos yeux. Le scénographe Éric Noguès a conçu les multiples tableaux et chars allégoriques pour illustrer combien « Mon Québec, je l’aime grand comme ça ! » Une histoire d’amour : à la grandeur de notre Québec, de notre culture, de notre envergure et de notre avenir.

Le Comité de la Fête nationale invite tous les Québécois et Québécoises à venir vivre le Défilé en y participant en tant que figurant-e-s. Pour s’inscrire, il suffit de remplir le formulaire disponible sur notre site Web : http://fetenationale-montreal.qc.ca/participer-au-defile/

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LES FÊTES DE QUARTIER | Québec, de l’art pur

Les 23 et 24 juin, plusieurs quartiers de Montréal et de Laval vous proposent des festivités locales : spectacles, artistes de renom et de la relève, feux d’artifice, feux de joie et des activités familiales de toutes sortes, pour tous les goûts. Profitez-en pour venir faire la fête entre voisins, avec les enfants et les amis !

Dans un esprit rassembleur, des artistes tels que Mara Tremblay, Colectivo, Joseph Edgar, Domlebo, Yelo Molo, Philippe Brach, Louis-Jean Cormier, Cherry Chérie, France d’Amour, pour ne nommer que ceux-là, s’unissent à la Fête en chanson. Le Centre de la nature de Laval accueille Patrick Watson, Richard Séguin, Les BB, Martine St-Clair, Alex Nevsky, Bernard Adamus… et bien d’autres surprises au soir du 24 juin !

 

#StJeanMTL

Texte rédigé par l’équipe de la Fête nationale du Québec à Montréal.

Musique
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Saviez-vous que…

Montréal en Histoires est fier de vous partager des petits trésors d’archive. Découvrez chaque semaine sur le blogue de La Vitrine des événements et personnages qui ont fait l’histoire de Montréal.

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Saviez-vous que le Ouimetoscope a été le premier cinéma permanent de la ville?

Le Ouimetoscope ouvre ses portes le 1er janvier 1906 à Montréal, au coin des rues Sainte-Catherine et Montcalm. Il s’agit du premier cinéma permanent à Montréal et même au Canada. Il est fondé par Léo-Ernest Ouimet (1877-1972), éclairagiste et électricien. On y présente des « vues animées », c’est-à-dire de petits films muets qui impressionnent beaucoup le public. En 1907, Ouimet ouvre une deuxième salle de cinéma qui deviendra la plus luxueuse en Amérique avec 1200 places. Dès 1906, il présentera ses propres films d’actualités. Dans les années 1970 et 1980, le Ouimetoscope est une salle de cinéma de répertoire fréquentée par les cinéphiles.

Crédit: Archives de la ville de Montréal

 

 

Cinéma
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Saviez-vous que…

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Saviez-vous qu’il y a plus de 100 ans, Montréal célébrait durant la saison froide dans un grand Carnaval d’hiver?

Cette affiche annonce le carnaval d’hiver de Montréal, du 4 au 9 février 1889. Un carnaval d’hiver se tient à Montréal entre les années 1883 et 1889. À la suggestion des clubs des raquetteurs anglophones, ce carnaval voit le jour grâce à l’association de grands commerçants et propriétaires de différents domaines et de l’administration municipale qui unissent leurs ressources pour attirer des sportifs, des touristes et des gens qui ont les moyens de dépenser. Plusieurs sports et activités d’hiver sont mis en valeur au carnaval comme le hockey, le patinage, le curling, la sculpture sur glace, le traîneau, etc.

Crédit: Bibliothèque et archives nationales du Québec 0003505215

 

 

Variétés
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Galerie photo : Zoofest polaire à La Vitrine présenté par Kanuk

Dans le cadre de la Nuit blanche à Montréal, La Vitrine, en collaboration avec Zoofest et Kanuk, présentait son événement dans le hall du 2-22. Les humoristes chouchous de Zoofest étaient présents pour animer toute la soirée et faire danser la foule. De 20 h à 3 h du matin, Eddy King, Neev, Jérémie Larouche, Gabriel d’Almeida Fretas, Julien Lacroix, Antoine Goulet et Anas Hassouna se sont relayés l’animation. La zone bar présenté par Romeo’s gin présentait un cocktail unique avec les boissons Rise Kombucha. Une belle soirée humoristique et musicale immersive toute en découvertes.

Photo par Renaud Vinet-Houle

Variétés
Samian et Dominique Caron. Crédit photo : Félicia Balzano

World Press Photo 2015 : un autre regard sur le monde

Chaque année, depuis maintenant 10 ans, le World Press Photo expose à Montréal les photographies gagnantes d’un des plus importants concours de photographie professionnelle au monde. En plus d’être une exposition artistique de talents, le World Press Photo constitue une fresque illustrant cette dernière année. Ponctuée de petits et de grands moments, tragiques et magiques, elle nous est présentée sous le regard de photographes français, russes, italiens, turques, iraniens, chinois, afghans, et plus encore.

J’ai d’abord été très émue par le travail du photographe invité Jérôme Sessini, double lauréat dans la section Actualités et Reportages. Il expose des clichés touchants et troublants des évènements marquants survenus en Ukraine : l’écrasement du vol MH17 de Malaysian Airline aux assauts menés dans les rues de Kiev. Jérôme Sessini raconte à propos de son reportage à Kiev: « Cette journée a conduit au départ du Président ukrainien du pays. J’ai passé deux heures et demi, trois heures,  sur cette barricade avec les manifestants. C’était un moment assez intense… Les manifestants étaient exposés au tir du sniper… il y a eu beaucoup de blessés et de tués. »

Jerome Sessini qui s'entretient avec une journaliste. Crédit photo : Félicia Balzano

Jerome Sessini qui s’entretient avec une journaliste. Crédit photo : Félicia Balzano

J’ai ensuite eut un grand coup de cœur pour le photographe russe Sergei Ilnistsky et « Table de cuisine après une attaque au mortier » dans la section Nouvelles Générales. Double lauréat également, mais dans deux catégories différentes : « Il faut admirer le talent d’un photographe d’une telle polyvalence », a commenté Jérôme Sessini lors de la visite de l’exposition. Entre la catégorie Sports Reportages et Nouvelles Générales, deux mondes s’opposent et, pourtant, le visuel que nous offre le photographe russe est éblouissant et admirable.

Table de cuisine après une attaque au mortier. Crédit photo : Sergei Ilnistsky

Table de cuisine après une attaque au mortier. Crédit photo : Sergei Ilnistsky

Plus tard en soirée, j’ai eu la chance de m’entretenir avec Samian, porte-parole pour cette 10e édition.  L’artiste multidisciplinaire algonquin expose également dans le cadre du Word Press Photo une série de photos prises dans la Côte Nord, juste à côté de l’exposition de la Wapikoni Mobile qui célèbre ses 10 ans comme le Word Press Photo de Montréal et  dont Samian est également porte-parole. L’artiste avoue avoir été naturellement amené à faire de la photographie puisqu’une image vaut mille mots. Il a déjà réalisé une série de portraits en Afrique du Nord, en Amérique du Sud, ainsi que dans l’Ouest canadien. Une autre exposition pour Samian approche au printemps 2016 au ARTVstudio à la Place des Arts. C’est à suivre!

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Samian et Dominique Caron. Crédit photo : Félicia Balzano

Assister au World Press Photo c’est découvrir 150 photographies, leurs histoires, leurs tragédies, leurs beautés, mais aussi toute la portée qu’elles ont sous notre regard. C’est une vitrine vers une réalité qui nous échappe. Ajoutons à cela la présence de nos talents locaux avec l’exposition Regards d’Oxfam, ICI RDI et leurs correspondants, Wapikoni ainsi que la pertinente exposition de l’américain Will Steacy Deadline. L’exposition qui se déroule du 26 août au 27 septembre au Marché Bonsecours est à ne pas manquer. Elle est accessible en semaine, de 10 heures à 22 heures, ainsi que pendant les nocturnes (jusqu’à minuit) les jeudis, vendredis et samedis.

 

Musée Exposition
A Peaceful Evening Sight in Montreal- Crédit photo - vincent poirier (1)

Ils ont vu Montréal!

Pour clôturer sa quatrième édition, le magazine Montréal – Géotourisme a convié son équipe de bénévoles et ses partenaires à un cocktail au Planétarium Rio Tinto Alcan de Montréal qui s’est achevé par la projection du spectacle Continuum. Ce fut aussi l’occasion pour le magazine de couronner les gagnants de son premier concours photos « Une image vaut mille mots ».

Les participants au concours photos ont été invités à révéler leur vision de Montréal du 1er mai au 1er octobre 2013 dans les quatre catégories suivantes : Montréal, Action citoyenne, Événements et Escapade.

Tout en appuyant la Mission Old Brewery qui vient en aide aux plus démunis, le magazine Montréal-Géotoursime, conçu bénévolement par des citoyens de Montréal en suivant les principes du Géotourisme, propose un regard différent, vécu.

Le magazine présente Montréal, une ville porteuse de valeurs et d’histoire, où l’on découvre des initiatives représentatives de l’identité d’une ville cosmopolite, vivante, innovante et résolument tournée vers l’avenir et ce sont tous ces aspects qui transcendaient parmi le millier de photos reçues.

Une cinquième catégorie « Coup de Cœur », couronnant la photographie la plus impressionnante, a été remise par le jury lors de la soirée. Les grands partenaires du magazine et membres du jury, la Ville de Montréal, Espace pour la vie, la STM et Tourisme Laval ont remis chacun un prix aux gagnants enthousiastes.

Catégorie : Montréal

Crédit photo - Roxanne Pilon

Crédit photo – Roxanne Fillion

« Je suis si contente, je savais que mes images étaient jolies et je vous confirme que le fait de gagner est une belle surprise! » –  Roxanne Fillion, gagnante dans la catégorie Montréal.

Catégorie : Action Citoyenne

Crédit photo - Natacha Gysin

Crédit photo – Natacha Gysin

« Recevoir le prix dans la catégorie Action citoyenne me touche énormément, d’autant que la prise de vue représente une activité d’embellissement d’une ruelle avec des enfants. » – Natacha Gysin.

Catégorie : Évènement

Crédit photo - Kristofferson Brice

Crédit photo – Kristofferson Brice

« Le Concours m’a offert une occasion exceptionnelle de partager mon art. Grand partisan du projet, je suis depuis devenu bénévole. » –  Kristofferson Brice, gagnant de la catégorie Évènement.

Catégorie : Escapade

Crédit photo - Stéphan Poulin

Crédit photo – Stéphan Poulin

Catégorie : Coup de coeur

Crédit Photo - Vincent Poirier

Crédit Photo – Vincent Poirier

« Le projet en tant que tel est magnifique et être honoré dans la catégorie Coup de cœur avec cette photo prise juste après mon mariage est exceptionnel, de participant je vais maintenant m’engager comme bénévole. » – Vincent Poirier

Les participants du concours tels qu’Alain Raimbault, commentaient également la soirée : « La cérémonie était très sympathique et j’ai beaucoup aimé l’esprit qui y régnait. Je trouve l’idée du concours photo excellente car c’est un art que j’aime beaucoup, qui est rassembleur et qui montre Montréal dans sa diversité. »

« Ce sont par des initiatives bénévoles et citoyennes telles que le magazine Montréal – Géotourisme que notre ville se révèle dans toute sa diversité et sa culture ici comme à l’international, car ce concept est unique au monde. » soulignent le directeur Richard Turgeon et l’éditrice Chloé Roumagère.

Cette année une vidéo a été produite grâce à une collaboration bénévole et à des partenaires qui ont à cœur ce projet à l’ADN 100% citoyen. Venez découvrir ce qui a réuni ces bénévoles passionnés depuis les quatre dernières années.

Le magazine grandit d’année en année, la créativité fuse et pour sa prochaine édition, le magazine se propose d’aller encore plus loin, d’aller chercher dans chaque quartier des lieux inusités et d’explorer ces modes de vie uniques qui caractérisent Montréal!

Axée sur la créativité, l’innovation et le rassemblement avec les passions, l’expertise et les visions des Montréalais et Montréalaises de tous horizons, la 5e édition du magazine à paraître en mai 2014 s’annonce déjà remplie de surprises en version papier, numérique et mobile!  

C’est signé Montréal – Géotourisme

Arts Médiatiques
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Entrevue avec Paul Wombell

Pour sa 13e édition, Le Mois de la Photo à Montréal a invité le commissaire britannique de renom Paul Wombell à développer une programmation d’exposition sur une thématique brûlante d’actualité – Drone : l’image automatisée. Du 5 septembre au 5 octobre, des artistes locaux, nationaux et internationaux exploreront la relation en pleine mutation entre le corps et la technologie dans 25 expositions présentées à travers la ville.

L’événement Drone : l’image automatisée met l’emphase sur les fonctions et l’intelligence de l’appareil photo, ainsi que sa transformation en un appareil sophistiqué possédant ses propres lois et son propre fonctionnement. Comment en êtes-vous arrivé à ce thème?

On m’avait demandé de produire un livre sur l’histoire de la photographie sportive. Peu à peu, mes recherches dans des archives photographiques m’ont amené à réfléchir sur les changements technologiques dans le domaine de la photographie. Dans les années 1980, les appareils se sont développés au point où il était devenu possible de les envoyer dans des endroits inatteignables par les photographes – par exemple, au sommet des poteaux des buts ou dans l’habitacle des voitures de course. Le livre est donc devenu une historique de la photographie sportive et de l’évolution technologique de la discipline.

C’est ainsi que je me suis intéressé à la manière dont les appareils photo pouvaient être opérés à distance. Il y a également une image qui m’intrigue depuis longtemps. Il s’agit d’un autoportrait de la photographe Nan Goldin, quelque temps après avoir été battue par son petit ami de l’époque. Qui a pris cette photo ? Certainement pas son petit ami. Peut-être était-ce un ami ? Enfin, j’ai remarqué que Juergen Teller, avec qui j’ai travaillé sur une exposition importante en 2009, se place parfois devant l’appareil photo, parfois derrière celui-ci.

Et bien sûr, on a récemment beaucoup parlé de l’utilisation militaire des drones dans les médias.

Alors, le sujet m’habitait depuis plus d’une dizaine d’années. J’y ai donc songé lorsque je cherchais un thème pour cet événement.

Jon Rafman, 3081 Valmont Road, Boulder, Colorado, É.U., 2012, de la série The Nine Eyes of Google Street View (2008). Avec l’aimable autorisation de l’artiste; de la galerie antoine ertaskiran, Montréal; de la Zach Feuer Gallery, New York; et de la Seventeen Gallery, Londres © Jon Rafman

Jon Rafman, 3081 Valmont Road, Boulder, Colorado, É.U., 2012, de la série The Nine Eyes of Google Street View (2008). Avec l’aimable autorisation de l’artiste; de la galerie antoine ertaskiran, Montréal; de la Zach Feuer Gallery, New York; et de la Seventeen Gallery, Londres © Jon Rafman

Pourquoi présenter ce thème à Montréal?

Quand j’ai commencé à réfléchir aux possibilités du thème, celles-ci me ramenaient constamment vers le Canada, par exemple aux œuvres de Michael Snow, et puis plus précisément à Montréal, car le travail de plusieurs jeunes artistes d’ici s’insère très bien dans le thème.

Étant européen, je distingue une sensibilité différente ici, différente des autres villes canadiennes telles que Vancouver. Je pense que je n’aurais jamais pu monter une telle programmation à Londres. Les préoccupations, l’esthétique, le bagage culturel sont complètement différents.

Les drones ont récemment fait l’objet d’une plus grande couverture médiatique en raison de leur rôle dans les conflits politiques et les guerres actuelles. Comment le caractère sombre des drones se manifeste-t-il dans votre thème ?  

C’est un sous-thème des expositions, mais cela ne constitue pas le thème principal. L’événement n’est pas axé sur l’utilisation militaire des drones ou la surveillance. Je cherche plutôt à questionner ce que cela signifie d’être humain. Comment nous redéfinissons-nous à travers notre utilisation de la technologie ? Un autre sous-thème vise à questionner notre rôle central dans l’univers. Nous ne sommes qu’une espèce parmi tant d’autres… Qu’en est-il des autres points de vue, comme celui du chien de Jana Sterbak, ou des autres perceptions du temps, comme dans les œuvres de Michael Wesely ?

Michael Wesely, Potsdamer Platz, Berlin (27.3.1997 – 13.12.1998), 1997-1998. Épreuve à développement chromogène, Diasec, cadre métallique, 80 x 110 cm. Avec l’aimable autorisation de l’artiste © Michael Wesely

Michael Wesely, Potsdamer Platz, Berlin (27.3.1997 – 13.12.1998), 1997-1998. Épreuve à développement chromogène, Diasec, cadre métallique, 80 x 110 cm. Avec l’aimable autorisation de l’artiste © Michael Wesely

On voit donc un renversement total de la perception humanocentrique de l’être humain à la Renaissance.

Oui, les inquiétudes à propos des changements climatiques en sont un exemple. Nous commençons à comprendre que nous avons non seulement perdu le contrôle, mais que nous ne l’avions peut-être jamais eu.

Racontez-nous un peu comment vous préparez une exposition avec un artiste.

La première chose à faire est de discuter avec l’artiste. J’aime rencontrer les artistes de façon plutôt informelle, dans un bar, un studio, un café, et juste bavarder. Il est important de leur faire comprendre ce que je veux communiquer, pour qu’ils puissent décider si le lien entre la thématique et leur travail a du sens pour eux. C’est le meilleur moyen de procéder, que l’artiste soit bien établi ou non. Puis on parle de comment l’œuvre pourrait être présentée. Ensuite, il s’agit de gérer les détails pratiques. C’est un processus de plus d’un an.

Un des grands plaisirs de mon travail consiste à aller dans les musées et les galeries chaque semaine pour voir les œuvres, comment les pensées qu’elles inspirent évoluent avec le temps.

Qu’espérez-vous que les visiteurs emporteront avec eux à la sortie de l’événement ?

Ce que j’espère qu’ils emportent et ce qu’ils emporteront réellement sont des choses souvent très différentes !

Quand je vois une œuvre, ça me donne le goût d’en apprendre davantage sur l’artiste, sur l’idée sous-jacente, et ces pensées mijotent en moi, parfois même pendant des années. Les meilleures expériences que j’ai eues en appréhendant une œuvre (ou quelque chose dans la rue !) ont été quand l’œuvre a déclenché un processus de pensée, en tissant des liens avec d’autres choses que j’ai vues ou lues, et que ces dernières ont par la suite mijoté ensemble. Ces pensées m’aident à comprendre le monde. C’est ce que je souhaite aux visiteurs des expositions du Mois de la Photo à Montréal.

Entrevue réalisée par le Mois de la Photo.

Image à la une : Trevor Paglen, Reaper Drone: Indian Springs, NV; Distance – 2 miles, 2010. Épreuve à développement chromogène, 76,2 x 91,44 cm. Avec l’aimable autorisation de l’artiste; de Metro Pictures, New York; Altman Siegel, San Francisco; et de la Galerie Thomas Zander, Cologne © Trevor Paglen

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