LEONARD COHEN AU MAC

Il y a un an s’envolait l’un des plus grands poètes que le Québec ait connus. Avec sa voix d’une profondeur inégalable et ses mélodies envoûtantes, Leonard Cohen partageait ses histoires d’amour, ses états d’âme, ses réflexions sur le désir et sur le passage de la vie, et il explorait les coins obscurs et infréquentés des émotions. Toujours teinté à la fois de mélancolie et de grâce, il chantait la beauté et la tristesse comme personne ne parviendra jamais à le refaire. C’est donc en hommage à cette légende, et à l’héritage qu’il nous a légué que le MAC nous propose une des plus importantes expositions de son histoire.

LEONARD COHEN / Une brèche en toute chose /A Crack In Everything,

C’est 40 artistes à qui le musée a demandé de créer une œuvre en l’honneur du poète disparu; installations, projections, et autres mises en scène. C’est aussi une immense salle tapissée d’écrans géants projetant un montage d’images incroyablement touchantes de Cohen prises tout au long de sa carrière… on le voit en entrevue, on l’écoute déconstruire sa pensée, on le voit écrire, on le voit chanter, on le voit rire, et on le retrouve sur scène un peu partout dans le monde, parfois jeune, parfois vieux, mais toujours avec cette même étoile dans les yeux. Et dans le noir de ce grand espace, nous avons pleuré l’immensité de cet être qui nous a quitté. Je vous suggère d’y entrer et de vous asseoir face aux écrans et d’oublier le temps, mais surtout, en laissant votre âme s’imprégner de ce merveilleux spectacle.

On découvre ensuite une deuxième salle où l’on peut admirer une sélection d’images de la ville de Montréal, là où Leonard Cohen aimait tant vivre, tout en se laissant bercer par sa voix, telle une ode à la beauté.

L’exposition nous propose également d’écouter des artistes tels que Feist, Half Moon Run, Lou Doillon, Moby ou alors Brad Barr nous interpréter leur version d’une des chansons de Cohen. Il est aussi possible d’entendre la voix du poète, réciter quelques-unes de ses nombreuses phrases emblématiques, par le moyen des touches d’un immense orgue installé au centre d’une pièce. “There is a crack in everything, this is the way light gets in.” “Il y a une brèche en toute chose, c’est de cette façon que la lumière peut y entrer.”

Mais mon coup de cœur fut sans aucun doute cette chorale virtuelle composée d’une quinzaine d’hommes de la rue, tous uniques en leurs genres, mais partageant un amour flagrant pour ce grand homme, chantant l’album “I’m Your Man” du début à la fin. Tous ces sympathiques personnages sont projetés sur des écrans souples accrochés au plafond et formant un cercle à travers lequel nous pouvons déambuler question de pouvoir entendre la voix bien unique de ces êtres se joindre à celle du compositeur célébré.

Le lendemain de la mort de l’artiste, soit le 7 novembre 2016, les États-Unis choisissaient d’élire Donald Trump. Cette semaine-là, sur la page couverture du New York Times, on pouvait y apercevoir l’ancien président au pouvoir (Obama) et le nouveau (Trump) se transférant le flambeau, sous cette bannière, Leonard Cohen levant son chapeau comme pour nous dire adieu…et bonne chance! Une copie de ce journal a été encapsulée dans une boîte en verre au centre d’une des installations de l’exposition.

“I heard of a man
who says words so beautifully
that if he only speaks their name
women give themselves to him.Leonard Cohen.

J’ai entendu parler d’un homme
qui dit les mots d’une façon si magnifique
que s’il ne fait que nommer leurs noms
les femmes s’offrent à lui.” ” Leonard Cohen.

L’exposition Leonard Cohen / Une brèche en toute chose est présentée jusqu’au 9 avril 2018 au Musée d’Art Contemporain.