Tous les articles

MBAM

revolution_733

Vous voulez une révolution?

Jusqu’au 9 octobre, le musée des Beaux-Arts de Montréal présente l’exposition Révolution, une rétrospective des éléments phare de la fin des années 1960.

Mouvements révolutionnaires, contre-culture, explosion musicale; en moins d’une décennie les rébellions culturelles et sociales ont marqué le monde moderne et bâti le mode de vie d’aujourd’hui. Révolution propose des tableaux qui revisitent les thèmes marquants cette époque.

Même si on aborde des sujets aussi variés que la mode, le design et les luttes sociales, la musique occupe une place prédominante dans la visite. On y vit une complète immersion musicale. À l’aide d’écouteurs, on se promène avec The Beatles, The Who, The Rolling Stones, Robert Charlebois et plusieurs autres monuments musicaux. L’univers musical changent selon le tableau ou l’œuvre devant laquelle on se trouve.

Nous sommes d’abord accueillis par les costumes portés par John Lennon en personne. On entre ensuite dans l’univers coloré du Swinging London avec ses vitrines colorées présentant minirobes et bottillons et autres accessoires mode. Dans un autre box, on se croirait chez un disquaire où on trouve les plus grands classiques de l’époque en disques vinyle, puis plonge dans le cinéma de l’époque avec extraits, images et affiches de film dont le fameux Blow-Up.

Costume porté par John Lenon

Costume porté par John Lenon

On entre ensuite dans le tableau plus sombre Dissidence. Mai 68, guerre du Viêt Nam et les Black Panthers ont mené à plusieurs mouvements de contestation partout dans le monde. Autour de nous, des pancartes aux slogans revendicateurs et des œuvres provocantes qui s’opposent à l’autorité. C’était aussi une époque de contestation féministe avec l’arrivée de la pilule et de personnages féminins décomplexés au cinéma.

CIS:E.286-2009

De cette révolte, on se dirige au plus marquant des moments Peace and Love de l’histoire. Dans nos oreilles, Give peace a chance accompagne les images de John Lennon et Yoko Ono pendant leur bed-in à Montréal.

On entend dans la salle d’à côté le son vrombissant d’une guitare électrique. On pousse des rideaux puis on se retrouve en plein cœur du festival de Woodstock. Un écran géant projette cette performance marquante de Jimi Hendrix pendant que nous sommes couchés sur du faux-gazon et des bean bags.

Les années 1960, c’est aussi le début de la société de consommation et de la classe moyenne. L’industrie de la publicité prend de l’ampleur et on peut le constater par des campagnes marquantes de l’époque et des objets iconiques.

revolution_500

Révolution est une exposition absolument fascinante et captivante. Elle montre de façon éblouissante l’importance de ce moment charnière de notre histoire récente.

Musée Exposition
fem_0029733

La photographie à l’honneur au Musée des Beaux-Arts

Ça y est l’automne est bien installé, et comme à chaque année, les premiers coups de froid nous saisissent violemment… on s’emmitoufle comme s’il faisait -15 et on grimace à s’en donner des rides au front. Mais, on sait très bien que l’ont finira par s’habituer. En attendant, j’ai décidé que c’était le temps d’aller faire le plein de beauté, et ce bien au chaud. Vous aurez deviné que je vous propose donc d’aller au musée.

Et tout comme à longueur d’année, la programmation actuelle des deux grands musées de Montréal est extrêmement riche.  On nous présente les oeuvres d’artistes de tout genre; ici passionnés, ici engagés, ici utopiste, mais quelque soit la démarche artistique, on en sort toujours rempli et émerveillé.

Hier, je suis allée visiter les deux expositions de photos qui ont débuté ce mois-ci au Musée des Beaux Arts.

fem_0025500

Tout d’abord c’est au sous-sol que je me suis dirigée, pour aller voir le travail d’une trentaine de photographes canadiennes et américaines, qui, part le biais de leurs objectifs, nous propose une réflexion. Parfois ce sera sous la forme d’un tableau insolite, d’un paysage, de portraits stoïques racontant une histoire, ou d’images troublantes exposant la réalité de certaines. Nous sommes aussi attendries par une série d’images signées Claire Beaugrand-Champagne, photographe québécoise de talent, qui choisit cette fois de poser son appareil sur les personnes âgées dans toute leur noblesse. Il y aura quelques oeuvres de Geneviève Cadieux et d’Isabelle Hayeur également, nous rappelant à quel point nous sommes riches de nos brillants artistes au Québec.

fem_0020500

Que ce soit au nom des femmes, de l’art, ou tout simplement par amour pour la photo, l’exposition Elles Photographes mérite d’être vue.

 

La deuxième partie de ma visite a été allouée à l’expo vedette du moment; la rétrospective consacrée à l’un des plus célèbres photographes américains des années ’80, le controversé Robert Mapplethorpe. Le musée nous présente l’ensemble de son oeuvre, partant de la fin des années 1960 jusqu’à sa mort précoce, en 1989.

map_005500

On reconnait les images de Mapplethorpe, majoritairement noir et blanc, par l’intensité des contrastes, les noirs très noirs et les blancs très blancs. Je dirais qu’elles se distinguent aussi par leurs jeux d’angles, de formes, et de symétrie, d’ailleurs il le dira lui-même un jour;  “Je cherche la perfection dans la forme, je fais cela avec les portraits, je le fais avec les sexes, je le fais avec les fleurs.”

Il se sera intéressé aux trois mêmes sujets tout au long de sa carrière; les portraits (souvent  de célébrités et d’amis), les corps d’hommes nus, immortalisés de façon sculpturale et parfois troublante, et finalement les fleurs, délicates et élégantes, toujours éclairées à la perfection et traitées avec méticulosité, ressemblant davantage à des peintures qu’à des photographies.

map_295500

Cette exposition nous propose le parcours et le regard unique d’un homme fascinant ayant imposé son art révolutionnaire à l’ère de la contre-culture. À voir!

Elles, jusqu’au 19 février 2017

Focus: perfection Robert Mapplethorpe, jusqu’au 22 janvier 2017

 

Musée Exposition