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Marché Bonsecours

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World Press Photo : au-delà d’Instagram

Rendez-vous annuel de la photographie de presse, le World Press Photo se tient au marché Bonsecours jusqu’au 1er octobre 2017.

À combien d’images sommes-nous confrontés chaque jour ? Dans la rue, dans le métro, à la télévision et en comptant les réseaux sociaux ? Malgré les cœurs et les « pouces en l’air » qu’on distribue à qui mieux-mieux, desquelles se souviendra-t-on une fois que l’écran bleu sera éteint ?

Dans ce chaos d’images qu’on reçoit quotidiennement, il y en a qui marquent, qui témoignent d’une réalité plus grande que nous. Le World Press Photo a cette mission de montrer le monde tel qu’il a été dans la dernière année à l’aide des meilleures photos de presse choisies parmi 80 000 images soumises par 5000 photographes de 125 pays.

L’édition 2017 du prestigieux concours est marquée par la peur et la terreur perpétrée par l’État islamique. Telle que cette frappante photo d’une fillette complètement pétrifiée alors que l’armée fouille les maisons de son quartier ou encore celle d’une famille qui fuit en voiture pendant que la ville derrière elle est en feu. La fuite des réfugiés vers l’Europe a aussi marqué l’année et les images montrent des enfants désespérés sur des bateaux de fortune.

Le World Press Photo, c’est aussi des photos d’un quotidien qui nous est inconnu. Comme ces écoles chinoises qui enseignent la gymnastique à des fillettes avec une rigueur extrême ou ce peuple reclus vivant dans une Russie glaciale et éloignée qui se lavent avec de la neige.

La photo récipiendaire du Grand prix de l’année a fait le tour du monde. Le photographe Burhan Ozbilici s’est retrouvé au bon endroit au mauvais moment. Alors qu’un ambassadeur russe émettait un discours dans une galerie d’art turque, un policier qui n’était pas en service a fait feu sur lui. Il aurait crié « Dieu est grand. N’oubliez pas Alep ». Sur l’image choquante, l’ambassadeur est étendu au sol, alors que le meurtrier a un doigt dénonciateur pointé au ciel, l’arme encore tenue par l’autre main. À glacer le sang. D’autant plus qu’une autre image le montre quelques minutes plus tôt se tenant sagement derrière l’ambassadeur.

Des images d’une cruelle beauté dénoncent aussi des mauvais traitements infligés aux animaux et, heureusement, certaines photos plus rigolotes de gardiens de parc déguisés en pandas pour les aider à regagner la nature.

Même si on trouve souvent plus de laid que de beau dans le monde, cette exposition nous permet de le voir d’un autre œil, à travers la lentille de ceux qui vivent ce qu’on ne vit pas.

Le World Press Photo se tient au marché Bonsecours jusqu’au 1er octobre 2017.

Galerie photo : Marie-Claude Brault

Musée Exposition
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Portraits du monde

Pour sa 11e édition à Montréal, l’exposition du World Press Photo est présentée jusqu’au 2 octobre au Marché Bonsecours.

J’ai découvert le World Press Photo en 2007, je crois. Mon copain, alors étudiant en photographie au cégep, devait obligatoirement visiter l’exposition pour un de ses cours. Presque dix ans plus tard, les bancs d’école loin derrière nous, nous nous faisons toujours un devoir d’y assister chaque année. Un devoir de regard, de compréhension et de mémoire sur les événements qui façonnent le monde et l’humanité dans ce qu’ils ont de plus horrible et de plus beau.

Comparé aux Oscars de la photographie, le World Press Photo regroupe les images gagnantes du plus prestigieux concours professionnel au monde. Au total, 5775 photographes de 128 pays ont soumis 83 000 photographies dont quelques dizaines ont été retenues.

Véritable rétrospective annuelle, tous les grands moments de l’actualité de l’année 2015 refont surface en image. Cette année, la crise en Syrie et des réfugiés qui en ont découlé, ont mobilisé les photojournalistes du monde entier. Des images bouleversantes de bateaux surpeuplés, d’enfants blessés, de parents éplorés et l’image, premier prix du concours, d’un père désarmé faisant passer son bébé sous un fil de barbelé pour accéder à un pays d’exil.

On se rend compte en contemplant ces photos saisissantes que nous avons la mémoire bien courte et que nous oublions rapidement une tragédie pour passer à la suivante. Vous souvenez-vous du tremblement de terre au Népal ? Il avait fait les manchettes puisque des Québécois se trouvaient sur l’Everest lors des avalanches qui ont suivi le séisme. Des villes et des villages avaient été détruits. Qu’en est-il de leur reconstruction ? Nous avons tourné la page vers une autre catastrophe.

Éclairant souvent les grands enjeux mondiaux, quelques images montrent également des faits divers ou des chroniques de la vie quotidienne qui n’en restent pas moins poignantes comme une  série présentant les derniers moments d’un couple atteint du cancer.

Il n’en demeure pas moins que le monde contient d’innombrables beautés qui ne sont pas mises de côté. Qu’il s’agisse d’une somptueuse baleine à bosses dans l’immensité de l’océan ou d’un couple de femmes homosexuelles ayant accouché presque en même temps suite à des fécondations in vitro réussies.

La visite se poursuit au deuxième étage du Marché Bonsecours avec l’exposition Regards d’Oxfam-Québec, projetant les inégalités sociales de plusieurs pays, et avec le projet Je ne viens pas de l’espace, concept de la porte-parole du World Press Photo Anaïs Barbeau-Lavalette et du photographe Guillaume Simoneau qui ont rencontré de nouveaux arrivants syriens établis à Montréal.

Le World Press photo, c’est un rendez-vous important avec le monde.

Musée Exposition