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Ma première Place des Arts

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Entrevue avec le directeur général de la SACEF

Entrevue avec Jocelyn Ménard, Directeur général de la SACEF (Société pour l’avancement de la chanson d’expression française) responsable de l’événement “Ma première place des arts”

  1. En quelques mots, comment décririez-vous cette 23ème édition de Ma Première place des arts ?

Cette édition est définitivement sous le signe du changement. Avec une nouvelle identité visuelle, un nouveau site web et l’ajout d’une nouvelle catégorie au concours, nous tenions à représenter au mieux la diversité et la créativité de la chanson au Québec.

  1. On demande aux participants de faire preuve d’audace, en quoi la programmation de cette année en fait-elle preuve ?

Il y a énormément de belles propositions cette année! Des créations audacieuses, des compositions singulières et originales et des artistes avec beaucoup de personnalité. L’ensemble apporte un vent de fraicheur et de la couleur à la programmation.

  1. Pour la première fois cette année, on ouvre le concours aux groupes. Cela venait d’une forte demande du public ou par envie de diversifier?

C’est moi en fait qui a poussé pour faire entrer cette catégorie. Ayant été membre de plusieurs groupes musicaux moi-même, je trouvais important que les groupes soient représentés et aient accès au concours. Sans compter le fait aussi que ceci reflète encore mieux ce qui se passe actuellement sur la scène musicale.

  1. Parlez-moi des mentors choisis pour cette édition, en quoi ceux-ci se démarquent-ils par leur expérience ? Qu’apportent-ils spécifiquement aux participants

Nous choisissions toujours nos mentors en fonction de leur crédibilité et de leur légitimité et je pense que pour la plupart, leur participation au concours est perçue comme redonner à la chanson ce que la chanson leur a donné. Plus spécifiquement, on peut penser à des astuces au niveau de la présence scénique, des enjeux du milieu, d’une tournée, des sacrifices qu’ils auront à faire. Sans parler des conseils musicaux et vocaux qu’ils peuvent donner aux participants.

  1. Pouvez-vous nous nommer un défi ou un enjeu survenu cette année dans la préparation de la programmation?

Nous avons eu plusieurs beaux défis cette année. Allant de la contrainte d’espace en début de parcours avec la salle Claude Léveillée, à la mise en place de notre nouveau système d’inscriptions en ligne.

  1. D’année en année, considérez-vous que l’intérêt pour la chanson francophone se développent /augmentent?

Je crois que nous sommes présentement dans une industrie qui n’a pas peur de prendre position et d’être créative. Nous avons une relève très inspirante qui est à l’écoute de son époque. Tout cela contribue à faire rayonner la chanson francophone auprès du public. Toutefois, en chanson, il y a des cycles, des années et des styles qui suscitent un intérêt plus important que d’autres auprès du public.

  1. Personnellement, êtes-vous un grand consommateur de musique ?

Je consomme énormément de musique et de tous les styles! Nous avons la chance ici à la SACEF de recevoir plusieurs albums dans le cadre de nos fonctions et je me fais un plaisir de tous les écouter. Je n’ai pas peur d’ouvrir mes horizons musicales et c’est un aspect important de mon travail que de rester connecté sur ce qui se crée en musique.

  1. Quelle est votre plus récente découverte musicale ?

J’ai un véritable coup de cœur actuellement pour Klo Pelgag. C’est une artiste créative et atypique qui sort complètement du moule. J’adore son style. Je trouve aussi très inspirante la fougue et l’audace d’Antoine Corriveau, le côté « habité» de Safia Nolin et les propositions musicales originales de Philippe Brach.

  1. En quelques mots, que pourriez-vous dire à un futur participant afin de le convaincre de participer à Ma première place des arts ?

C’est une expérience unique et un incontournable pour quiconque souhaite tenter sa chance dans le domaine musicale. Non seulement les participants auront l’honneur d’être entouré et épaulé par de véritables ambassadeurs de la chanson, mais c’est aussi la chance pour eux de s’outiller à repousser leurs limites et de prendre le contrôle de leur destinée.

  1. À quoi peut-on déjà s’attendre pour le spectacle de la finale?

Une performance de Klo Pelgag, plusieurs interprétations, du talent à revendre, en bref, on n’aura pas le temps de s’ennuyer!

Trois interprètes, trois auteurs-compositeurs-interprètes et deux groupes accèderont à la finale.

La finale de Ma Première place des arts se déroulera le 2 mai prochain à la cinquième salle de la Place des arts.

 

 

Musique
Audiogram

Gardons-là collée

À peine sortie de sa rentrée montréalaise, Salomé Leclerc ira gâter les Français de sa présence. On commence à parler d’elle du côté de l’Hexagone. Égoïstement, on souhaite ne pas trop la partager. Belle belle rencontre.

C’est au Placard, avenue Mont-Royal que j’ai eu la chance de rencontrer cette artiste aux multiples talents. À peine assise devant moi, j’ai formulé une plainte à son endroit : « Il existe un moyen de m’enlever ta version de Le vent nous portera de ma tête? »

« T’as qu’à écouter Ne reviens pas! », lance tout-de-go Jocelyne Richer, son attachée de presse. Éclat de rire général.

Je faisais remarquer à Salomé que cette chanson de Noir Désir était sur ma voie d’accotement en raison du « Scandale Bertrand Cantat* ». Sa version aura toutefois balayé toute réticence de mon côté.

L’auteure-compositrice-interprète commande une tisane. La conversation coule d’elle-même. On jase principalement de sa rentrée montréalaise le 5 avril dernier au National. On en vient presque à oublier l’entrevue!

Fred : Ton spectacle au National, étape charnière dans ta jeune carrière?

Salomé : Avant même d’avoir la date, dans ma tête c’était un gros événement. On entend parler de ça et finalement c’est notre tour. Je suis vraiment fière de cette soirée.

(J’ai eu le privilège d’assister à ce spectacle. Rarement vu public aussi captif. Une chose m’a particulièrement frappé; cette fille possède tout un humour! Pas que j’en doutais mais avec de telles chansons émotives, incorporer des blagues ici et là peut devenir un exercice périlleux.)

Salomé : C’est voulu. Ce serait trop intense si je ne venais pas casser l’ambiance chargée. Je trouve ça l’fun de pouvoir montrer mon côté humoristique sur scène car au début j’étais figée.

Fred : Lis-tu les critiques, les articles qui te sont dédiés?

Salomé : Je lis chaque article. Je regarde peu mes performances car je n’aime pas me voir mais sinon j’achète les journaux. Je suis chanceuse car à date je ne me suis pas fait rentrer dedans. C’est juste du positif.

Pression?

En plus d’atteindre la finale au Festival international de la chanson de Granby ainsi qu’à Ma Première Place des Arts, Salomé a remporté quelques prix au passage. Était-ce une pression supplémentaire pour faire son premier album Sous les arbres?

Salomé : Les attentes ont augmenté mais je n’ai pas stressé avec ça. Je l’ai plutôt pris comme une belle tape dans le dos. Dans le fond, ces concours m’ont donné de la visibilité.

En 2009, Salomé a fait un séjour de 10 jours à Astaffort, en France afin de suivre un stage d’écriture. Elle y a fait entre autres, la rencontre d’Emily Loizeau, Francis Cabrel et Maxime Le Forestier. Ses yeux se mettent à briller.

Salomé : Maxime Le Forestier a accepté de me prêter sa guitare. C’est quand même cool! Ça été une super belle expérience ce séjour.

(Salomé sera à Paris fin mai, afin de faire la première partie de Cali à deux reprises, en plus de tenir l’affiche avec son spectacle pour trois autres dates. Occasion rêvée de lui demander ses ambitions par rapport au marché français.)

Salomé : Ça semble difficile de percer là-bas. Le mois prochain, le but sera de défricher. J’ai signé avec la compagnie Tôt ou tard en début d’année alors ils vont pouvoir me voir live. J’y retourne également en novembre dans une salle plus imposante. Tu sais, je ne veux pas trop me faire d’attentes. Tant mieux si ça fonctionne, mais en ce moment je suis attachée à mon Québec et à mon appart à Montréal. Je pourrais éventuellement aller passer un mois ou deux là-bas, mais pas vraiment plus. Pas encore.

« Tant mieux si ça fonctionne, mais en ce moment je suis attachée à mon Québec et à mon appart à Montréal. » – Salomé

Malgré une confiance évidente (et justifiée), Salomé a visé 5 000 copies vendues de Sous les arbres. L’industrie musicale étant ce qu’elle est maintenant, c’est sage. Ce n’est pas tant vers quoi se dirige l’industrie que les coupures budgétaires dans le domaine de la culture qui l’inquiètent.

Salomé : Mes chansons tournent dans les radios indépendantes et à Radio-Canada. Si on coupe 50% dans ma tribune…(pause), qu’on le veule ou non, on a le goût de vendre nos disques et nos billets de shows.

Fred : Avec quel artiste rêves-tu de collaborer?

Salomé : On m’a comparée à P.J. Harvey, Feist ou Cat Power alors ce serait un honneur. J’avoue que P.J. Harvey pour sa drive… juste d’être sur scène avec…

Fred : On aurait tout un clash!

Salomé : Ah oui et Tori Amos! Côté franco, j’avoue qu’écrire une toune avec Richard Desjardins, je tripperais vraiment!

« (…) j’avoue qu’écrire une toune avec Richard Desjardins, je tripperais vraiment! » – Salomé

Fred : Ton récent coup de cœur?

Salomé : (pause) Ah, Avec pas d’casque!

Le disque Quatre saisons dans le désordre de Daniel Bélanger se met à jouer dans le café.

Fred : L’album qu’on entend, si je ne l’ai pas écouté 222 000 fois…

Salomé : J’ai réécouté Rêver mieux récemment. Ça fait du bien.

J’ai développé le réflexe un peu culotté de demander aux artistes que j’interviewe, d’arriver avec deux ou trois questions de leur cru. Des questions qu’on ne leur pose pas assez souvent.

Salomé : Le meilleur show de ma vie fut celui de Chloé Ste-Marie à Chicoutimi en 2004 ou 2005. Je suis sortie de là transformée! J’ai aussi vu un spectacle de Jorane à cet endroit. Ça m’a beaucoup marqué. Et mon autre question serait : que ferais-je si je n’étais pas dans l’industrie musicale. Je me fais rarement demander ça…

« Le meilleur show de ma vie fut celui de Chloé Ste-Marie à Chicoutimi en 2004 ou 2005. Je suis sortie de là transformée! » – Salomé

Fred : Gâte-toi! (rires)

Salomé : J’ai étudié en ATM à Jonquière (télévision). En sortant de là, je me demandais si j’allais me trouver une job dans ce domaine à Montréal ou faire autre chose. J’ai alors songé étudier en environnement ou en biologie. J’ai ce besoin de me retrouver dans le bois, en pleine nature. Bref, un métier qui aurait eu rapport à ça.

Fred : Je te dis un mot et tu me dis la première chose qui te vient en tête.

Salomé : Je te réponds par un seul mot?

Fred : Ou une phrase…une pensée…une dissertation…un mémoire de maîtrise…

Salomé : (rires)

Fred : Si je te dit campagne?

Salomé : Moi.

Fred : Qualité?

Salomé : Défaut!

Fred : Donc si je te dis « défaut » tu vas me répondre…

Salomé : Oui, qualité! (rires)

Fred : Phobie?

Salomé : (pause) Ah la mauvaise haleine! Je suis toujours en train de me brosser les dents! (rires)

Fred : Montréal?

Salomé : La ville où j’habite et où j’ai appris à être bien. Ça été une méchante adaptation à faire. Passer d’un village de 400 habitants à Montréal…**

Fred : Films?

Salomé : Québécois. J’écoute presque exclusivement des films d’ici. J’ai adoré Café de Flore. Sinon mon but est de voir les vieux films de Gilles Carle.

Fred : ADISQ?

Salomé : Espérons une nomination. J’aimerais pour la révélation et/ou dans la catégorie Folk contemporain. L’an dernier j’y suis allée même si je n’étais pas en lice.

Le trop court entretien s’est terminé sur cette note d’espoir. On lui souhaite toutes les nominations du monde à cette Salomé. D’ici là on va la prêter aux Français…mais on garde la facture.

Ainsi soit-il.

* En 2003 au cours d’une dispute, Cantat rua de coups sa compagne Marie Trintignant. Elle succomba à ses blessures quatre jours plus tard. L’ex leader de Noir Désir purga 4 ans d’emprisonnement pour ce délit.


** Salomé est originaire de Sainte-Françoise-de-Lotbinière

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