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Jean-François Nadeau

2017 Exposition - Les montréalais - portaits d'une histoire - photo: Michel Pinault

Deux expos extérieures pour prolonger l’été

L’été est peut-être terminé et les journées les plus chaudes sont derrières nous, mais il reste plusieurs activités extérieures gratuites dont vous pouvez profiter avant l’arrivée du froid et de la neige.

Lors de votre prochaine escapade dans le Vieux-Montréal, explorez des sentiers moins connus. Notre suggestion : deux expositions sympathiques qui joignent art et histoire.

Traces – Pistes disparues, de l’artiste William Vazan – ©Photo : Jamie Reford

Traces – Pistes disparues, de l’artiste William Vazan

À l’occasion du 375e anniversaire de la ville de Montréal, le Château Ramezay et les Jardins de Métis vous invitent à vous perdre dans un labyrinthe symbolique installé tout juste à côté de la Place Jacques-Cartier, sur la petite place De La Dauversière.

Tel les autochtones avant l’arrivée des Européens, saurez-vous retrouver votre route dans ce dédale de « rivières »? Représentant les anciens cours d’eaux qui sillonnaient l’île de Montréal, ce réseau de chemins vous mènera (ou pas!) jusqu’à une représentation du mont Royal, le cœur de l’île.

Créé par, William Vazan, artiste montréalais reconnu internationalement pour sa pratique du « Land art », cette œuvre porte une réflexion sur l’impact de l’urbanisation sur le territoire. Aucune des rivières qui sillonnaient l’île n’est encore présente. Canalisées ou asséchées elles ont tiré leur révérence au nom de l’urbanisation.

2017 Exposition - Les montréalais - portaits d'une histoire - photo: Michel Pinault

Les Montréalais – portaits d’une histoire, par l’auteur Jean-François Nadeau – ©photo: Michel Pinault

Les Montréalais – Portraits d’une histoire, par l’auteur Jean-François Nadeau

Tout juste à côté, sur la courte rue Le Royer, derrière les jardins du Château Ramezay, surprenez le regard de Montréalais captés sur le vif à travers les époques, des commencements de la photographie jusqu’aux années 1970.

Homme fier, enfants en plein ménage, cycliste prêt pour la compétition, autochtone en présentation, tous ces gens témoignent à leur façon de l’évolution de la ville de Montréal ainsi que de sa population grâce à des clichés de photographes connus ou d’images d’archives.

Les temps ont peut-être changés, mais certaines scènes sont toujours typiques de certains quartiers de Montréal.

Au gré des photographies présentées laissez-vous porter sur la rue Saint-Claude, puis jusqu’au tronçon fraîchement rénové de la rue Saint-Paul qui vous mènera notamment au Marché Bonsecours pour d’autres découvertes. Ou remontez jusqu’au Château Ramezay pour y visiter leurs expositions.

Ces deux expositions sont présentées jusqu’au 9 octobre 2017 au Château Ramezay.

 

Article rédigé par l’équipe du Château Ramzay.

Musée Exposition
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Tungstène de bile : Récits écorchés

Tungstène de bile. Drôle de nom. Drôle d’imaginaire. Pour Jean-François Nadeau, ce serait « une amère promesse de lumière dans l’angoisse ». Paru aux éditions de L’Écrou en 2013, ce recueil de seize textes est transposé sur scène dans un éclatement d’idéaux : débris de soi dans la violence du quotidien.

Accompagné de Stefan Boucher et de ses délires musicaux, Jean-François Nadeau efface l’auteur pour laisser la place au comédien. Il offre une belle performance poétique en se glissant dans les chaussures d’une multitude de personnages cassés, pris dans leurs petites histoires ordinaires.

Poésie et performance

Le décor de type cabaret nous plonge tout de suite dans un certain confort. Une familiarité intime. On n’en attendrait pas moins d’une lecture de poésie. Pourtant, il ne s’agit pas seulement de lire, mais bien d’incarner – des voix silencieuses et fantomatiques.

La scène est petite, agencée dans un recoin comme si les performeurs étaient pris au piège, aculés dans une suite d’atmosphères inquiétantes. Les textes se fracassent avec une singularité propre. Nadeau et Boucher ont une belle complicité. L’univers musical de l’un entre en symbiose avec l’univers de la parole de l’autre, alternant parfois les rôles. L’improvisation se marie au slam. Le conte s’allie à la chanson. Le jeu théâtral puise dans les mots pour donner naissance à un spectacle haletant. Un peu trop par endroits, certainement.

Portrait de déchéances humaines

On rencontre Moreen, Stella, Marie et les autres. On entend leurs voix dérangeantes. On assiste à leurs douleurs communes et à leur glorification de l’espoir menu. Les textes sont sombres, crus et sensibles. La réalité qui y est décrite n’est pas jolie. Dépossession de soi, désenchantement, recherche désespérée de l’oubli. Et le mot en filigrane : la banalité.

La maladie de notre époque est bien que notre mal-être est un fait divers. Une chronique rapidement oubliée. Le rythme de passage d’un texte à l’autre m’a laissé cet arrière-goût : les histoires se suivent et se confondent. En même temps, la notion de collectivité se fait plus ressentir. Autant dire qu’on a tous fait de l’amertume notre pain quotidien.

Le recueil est maintenant dans ma bibliothèque. Je continue à essayer d’y déceler la promesse de lumière.

Jusqu’au 4 avril, à la salle Jean-Claude Germain du Théâtre d’Aujourd’hui

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