Tous les articles

humoriste

ahowman

Showman d’Anthony Kavanagh : La vie, mode d’emploi

Les humoristes ont un avantage définitif sur les philosophes, puisqu’ils peuvent faire rire tout en discourant sur le sens de la vie, et c’est exactement ce que propose Showman, le plus récent spectacle d’Anthony Kavanagh.

Plusieurs (j’en suis) ont découvert Anthony Kavanagh à l’époque de 100 Limite, mais en vingt-huit ans de carrière (ça ne nous rajeunit pas), l’humoriste aux multiples talents a aussi animé des émissions de radio et de télévision, fait les premières parties de Céline Dion et a donné la réplique au cinéma à Valérie Lemercier. Il a même joué à guichets fermés à L.A. (bon, le Lac Achigan, mais quand même). Après avoir passé la majeure partie des quinze dernières années en France et en Suisse, il n’est de retour au Québec que depuis le mois de juillet, mais déjà, il foule les scènes de la Belle Province avec son plus récent one-man show, dans lequel il partage avec nous sa recette du bonheur.

Showman débute en plein rappel (oui, oui), alors qu’Anthony Kavanagh décède subitement sur la scène, puis, se retrouve au ciel. L’humoriste s’adresse ensuite à la salle comme si nous, les spectateurs, étions des âmes sur le point de naître, et il profite de l’occasion pour partager sa propre expérience sur Terre et prodiguer quelques conseils sur la vie, qui est « le plus beau show de l’univers ». Cette mise en scène aux accents philosophiques élève le niveau d’humour auquel on a droit à travers le spectacle, ce qui fait du bien dans un monde où les stands-up parlent un peu trop souvent de leur blonde, ou des rénovations de leur bungalow.

showman

Anthony Kavanagh ne respecte pas toujours le fil conducteur qu’il s’est lui-même imposé à travers les deux heures de Showman, ce qui donne parfois un ton un peu décousu à l’ensemble, mais ça n’a pas beaucoup d’importance en bout de ligne, puisque les décrochages de l’humoriste sont vraiment très hilarants, parfois encore plus que ses textes préparés d’avance! Par exemple, devant une réaction timide de la salle, il s’écrie : « on dirait un show de Cœur de pirate », avant d’imiter la voix de midinette de la chanteuse pendant une bonne minute, encouragé par les gens qui croulent de rire.

Tout en s’inscrivant dans la plus pure tradition du stand-up, l’humoriste offre une performance très physique, et avec une simple mimique, une démarche, et quelques onomatopées, il parvient à donner vie à des personnages et des scènes complètes sans costumes ni décors. S’il livre la majorité de ses monologues dans un français « international », Anthony Kavanagh manie toujours les accents avec brio, et il imite le gros colon québécois à merveille, tout comme les Français, les Africains, ou, dans l’un des moments forts du spectacle, un avocat haïtien qui le poursuit au nom de son fils de sept ans, Mathis.

C’est bien beau la relève, mais avec son bagage et sa connaissance du métier, Anthony Kavanagh nous rappelle qu’il n’y a rien de tel que de se donner à un humoriste d’expérience pour passer une bonne soirée!

Anthony Kavanagh sera de passage à Montréal le 21 octobre à la Maison de la culture Maisonneuve et les 23 et 24 octobre au Théâtre Saint-Denis.

Humour
IMG_5031733

Galerie photo : Zoofest polaire à La Vitrine présenté par Kanuk

Dans le cadre de la Nuit blanche à Montréal, La Vitrine, en collaboration avec Zoofest et Kanuk, présentait son événement dans le hall du 2-22. Les humoristes chouchous de Zoofest étaient présents pour animer toute la soirée et faire danser la foule. De 20 h à 3 h du matin, Eddy King, Neev, Jérémie Larouche, Gabriel d’Almeida Fretas, Julien Lacroix, Antoine Goulet et Anas Hassouna se sont relayés l’animation. La zone bar présenté par Romeo’s gin présentait un cocktail unique avec les boissons Rise Kombucha. Une belle soirée humoristique et musicale immersive toute en découvertes.

Photo par Renaud Vinet-Houle

Variétés
Real beland733

Une autre planète de Réal Béland : Objet hilarant non identifié

Qu’il porte le chapeau de comédien, de réalisateur, de musicien, d’animateur ou d’humoriste, Réal Béland ne fait jamais rien comme les autres, comme le prouve son plus récent spectacle, intitulé Une autre planète.

Réal Béland est une drôle de bibitte. Pratique-t’il l’humour absurde, ou est-il simplement étrange de nature? Non mais, sérieux? Une chose est sure : l’humoriste ébouriffé aux gags parfois tirés par les cheveux n’hésite jamais à sortir des sentiers battus pour faire rire. C’est précisément son côté bizarroïde qui sert de fil conducteur à la douzaine de sketchs composant son nouveau spectacle, intitulé Une autre planète. Si Béland y est présenté en introduction comme « un homme vivant dans six dimensions spatiotemporelles en même temps, dont les blagues sont parfois destinées aux gens d’une autre planète », ça ne devrait pas empêcher les Terriens d’apprécier la performance disjonctée du comique, au contraire.

Une vaste majorité d’humoristes québécois pratiquent leur art dans le plus simple appareil. Pas tous nus évidemment, mais c’est armé d’un seul micro qu’ils livrent leurs monologues, sans beaucoup d’éléments de mise en scène. Ce dépouillement facilite sans doute la logistique quand vient le temps de partir en tournée, mais c’est aussi ce qui différencie Une autre planète des autres shows de stand-up comique. Écran géant, participation du public, costumes, présentations vidéo et montages sonores contribuent à donner vie à l’univers singulier de Réal Béland et à sa galerie de personnages tous plus éclatés les uns que les autres, parmi lesquels on retrouve l’incontournable King des ados, la madame du sexe est dans l’enveloppe, ou encore Messkurtz, un nouveau venu peu impressionnant dans le monde des fascinateurs.

real_beland_5

En plus d’offrir une performance rodée au quart de tour, Réal Béland réserve certains moments à l’improvisation, un défi pas toujours évident à relever, surtout en humour. Son talent d’improvisateur se révèle entre autres dans le numéro mettant en vedette son fameux personnage de Monsieur Latreille. Avec le même esprit qu’un jeune faisant des mauvais coups au téléphone, il appelle des parents ou des amis de personnes présentes dans la salle, et tente de glisser une série de mots choisis par le public dans sa conversation. Lors du spectacle auquel j’ai assisté, il est parvenu à placer les mots « balai », « pogo », « bonbon patate » et « bobettes parachute » du tac au tac en badinant avec sa victime. Grâce à ces quelques sketchs improvisés, chaque représentation est unique.

En regardant Une autre planète, on se demande souvent comment le cerveau de Réal Béland peut bien fonctionner pour accoucher de tels gags. Si vous appréciez l’humour sur un registre différent, vous ne serez certainement pas déçus par ce spectacle, qui nous fait voyager dans l’univers parfois étrange, mais toujours drôle, d’un humoriste qui évoque, à certains égards, une version québécoise d’Andy Kaufman.

Humour
Stéphane Rousseau, crédit photo : Juste Pour Rire

Stéphane Rousseau, en toute franchise

Il est beau, certes. Et charismatique, bien sûr. Mais il est avant tout, et surtout, très drôle; depuis maintenant près de 25 ans, Stéphane Rousseau fait rire les foules et cumule les succès. Celui qui est reconnu pour exceller dans le domaine de l’humour, comme du divertissement, prend plaisir à surprendre un public sans cesse grandissant, ici comme à l’étranger. Pour ce 5e opus intitulé Les confessions de Stéphane Rousseau, dont il signe la mise en scène pour la première fois, l’artiste nous propose un one man show… et de nombreuses tranches de vie.

Si l’idée de se confesser et de reconnaître ses torts devant des milliers de personnes peut donner la frousse à plusieurs, elle n’aura su, néanmoins, déplaire à l’humoriste. Ce dernier profite plutôt de cette occasion pour puiser en ses souvenirs et se raconter en toute honnêteté, à un public friand de secrets bien gardés. « Je ne me censurerai (même) pas! », lance-t-il à son auditoire, à peine quelques minutes après son apparition sous les projecteurs. «  À moins qu’il n’y ait des enfants dans la salle », poursuit-il en riant, tout en s’adressant aux quelques 930 spectateurs présents au Théâtre St-Denis II ce soir-là.

Des squelettes dans le placard

Des confessions, il en a…beaucoup. Il faut dire que celui-ci n’a aucune difficulté à se livrer en confidences. Cela étonne, puisqu’il n’a pas l’habitude de s’épancher de la sorte, sur scène comme en entrevue. Quoiqu’il en soit, on apprécie cette approche novatrice.

Il va même jusqu’à pousser sa démarche artistique encore plus loin, en faisant notamment appel aux nouvelles technologies. Les écrans géants multimédia, les dessins d’animation et les jeux de lumières viennent non seulement illustrer et mettre en valeur ses propos, mais également parfaire une scénographie déjà exceptionnelle. C’est franchement réussi.

Visiblement amusé par le concept, il explore, avec une sobre dose d’autodérision, un terrain encore méconnu du public : pendant près de deux heures (continues), il partage avec nous histoires et anecdotes en y dévoilant de multiples facettes de sa personnalité, ses mérites et ses défauts.

La période de son enfance et de son adolescence, où tous les (mauvais) coups étaient permis, est le premier sujet abordé : les blagues qui résultent de ses aveux sont d’une efficacité redoutable. On se plait donc instantanément à écouter ses autres vérités qui nous mènent à ses idoles de jeunesse, ses voyages de chasse, sa préparation pour son pèlerinage à Compostelle, ses entrevues accordées à la télévision française, ses mésaventures à la douane, ses douze années vécues dans un camp de nudistes (oui, oui!) et son fils Axel. Chaque ligne directrice conduit tout droit à un numéro original, intelligent et bien ficelé.

Rousseau nous relate également les diverses épreuves auxquelles il fut, tôt ou tard, confronté, faisant ainsi référence au décès de son père et à la perte soudaine de plusieurs membres de sa famille. Bien que cela puisse sembler faire ombrage, il n’en est rien. Ce dernier réussit à transformer ces événements malheureux en de nombreux petits bonheurs, qui nous font littéralement pleurer…de rire.

Les Confessions de Stéphane Rousseau. Crédit Photo : Juste Pour Rire

Avec Les Confessions, il parle de lui, à la première personne; lui, le père, l’humoriste, le fils, le conjoint, l’ami. Lui, le séducteur, l’audacieux, le rêveur. Par cette façon de faire, il parvient à développer une relation plus « intime » et totalement privilégiée avec chaque spectateur, d’une salle à l’autre, de ville en ville.

Une véritable bouffée d’air frais qui fait prendre à l’artiste un tout nouveau tournant. Mais ce dernier aura tout de même su conserver certains éléments clés de sa formule gagnante, ponctuant ainsi sa narration de parodies, de chansons et d’imitations.

Décidément, Rousseau a plus d’un tour dans son sac. Et sans doute bien d’autres secrets encore.

Stéphane Rousseau poursuivra sa confesse un peu partout au Québec jusqu’en juin 2013.

Humour
pierre hebert

Pierre Hébert, ou l’importance d’être tata

En plus de ses multiples occupations à la télévision et à la radio, Pierre Hébert a aussi été sacré découverte de l’année en 2010 au Gala Les Olivier. Profitant de sa lancée, l’humoriste parcourt la province pour présenter son premier spectacle, intitulé… « Premier spectacle ». C’est l’fun quand les choses sont claires.

Pierre Hébert est un tata. Ce n’est pas moi qui le dis, il l’avoue lui-même fièrement dans son monologue d’introduction. Mais attention : l’humoriste est un tata dans le bon sens du terme. Pas le genre qui vote pour le parti Conservateur (l’unique blague à saveur « politique » de son répertoire), mais plutôt le genre qui ne se prend pas trop au sérieux, et qui n’hésite jamais à rire tout haut d’une flatulence échappée par un serveur dans un restaurant chic, à offrir un film porno à sa grand-mère au réveillon de Noël, ou à demander sa blonde en mariage comme poisson d’avril. Ce plaidoyer pour l’importance de mettre son cerveau à off et de se permettre d’être niaiseux constitue même le fil conducteur de son premier spectacle.

L’humoriste adopte principalement la formule du stand-up comique (ou tiens-toé-là-le-comique en français), un choix qui met bien en valeur ses talents de conteur. Il est visiblement très à l’aise sur scène, et réussit d’emblée à créer une complicité avec le public. Sa scénographie est dépouillée au maximum, et il n’a recours qu’à un seul personnage durant tout le spectacle, soit sa fameuse interprétation de Renaud « C’est vendredi, on fait l’amour! » de la série télévisée Annie et ses hommes. Le déficient intellectuel viendra sonder l’auditoire pour connaître ses habitudes sexuelles dans un langage assez cru. Si l’expression « pet de noune » vous fait rire, vous serez servis par le ton potache de Pierre Hébert, qui se veut davantage irrévérencieux que vulgaire.

L’humoriste détient un bac en psychologie, et l’observation de la nature humaine sous toutes ses coutures représente son sujet de prédilection. Il confie d’ailleurs en entrevue qu’il n’aime pas « choquer, critiquer, soulever des problèmes ou parler de politique ». Ce ton intimiste procure des moments forts, et le sketch où il lève le voile sur ce qui se passe durant les soupers de filles est sans doute le plus drôle de tout le spectacle. Comme il sort assez peu de cette formule par contre, les monologues ont tendance à prendre un aspect très anecdotique, inspirés du quotidien, mais on ne s’ennuie jamais, grâce à une exécution sans failles et une présence scénique forte. Le bougre est définitivement sympathique.

Vous éclaterez de rire à plusieurs reprises durant l’heure quarante que dure ce premier spectacle de Pierre Hébert. Il s’agit d’une production de qualité, qui permet de découvrir un conteur talentueux qui possède un sens impeccable de la livraison comique, et un avenir prometteur. Maintenant, s’il pouvait venir chez moi pour un Remise à neuf, j’ai un divan qui commence à se faire vieux…

Humour
Silvi

Silvi Tourigny et son alter ego Carole

Tous les textes de Silvi Tourigny ici.

Mensuellement, dans sa rubrique « Artistes à la trace », le Lèche-Vitrine suit un artiste dans la planification ou la réalisation de son œuvre, qui vient partager des moments privilégiés et en toute intimité avec les lecteurs. L’instant de quelques billets, l’artiste ou le collectif artistique partage des confidences, des réflexions, des photos et des vidéos personnelles, invitant les lecteurs à découvrir leur univers de création.

Ce mois-ci : les aventures de Silvi Tourigny alias Carole

Depuis 2010, une banale rouquine au ton monotone arborant un col roulé beige nous offre ses précieux conseils dans la Websérie « Carole aide son prochain ». Victime de son humour bien malgré elle, Carole est devenue une sensation Web atteignant parfois plus de 40 000 vues à ses capsules disponibles, entre autres, sur You Tube.

Mais l’artiste derrière le personnage connu se nomme Silvi Tourigny. Une humoriste prometteuse diplômée de l’École nationale de l’humour en 2009, qui roule bien sa bosse depuis quelques temps enchaînant spectacles, collaborations et capsules Web, mais aussi de nombreux prix dont un Gémeau dans la catégorie Meilleure émission ou série originale produite pour les nouveaux médias : humour, variétés, le prix du Jury au Web TV Festival de La Rochelle en France, et deux nominations au Gala des Olivier.

Dans les prochaines semaines, nous aurons la chance de découvrir l’univers loufoque de cette artiste en la suivant dans ses nombreux projets, dont l’élaboration du nouveau concept de la troisième saison de « Carole aide son prochain » que nous attendons tous avec impatience!

Capsule de la saison 2 de Carole aide son prochain :

L’artiste à la trace sur :

Humour