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Les belles histoires des Rendez-vous du cinéma québécois

Les Rendez-vous du cinéma québécois (RVCQ) célèbrent chaque année le cinéma d’ici : en court métrage, en long métrage, en fiction tout comme en documentaire. Cette année, le festival a présenté en film d’ouverture Ça sent la coupe! de Patrice Sauvé. Pourtant, ce choix est loin de refléter l’ensemble des films qui se perdent dans l’immensité de cette programmation de plus de 340 films.

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Il y a d’abord les courts métrages. Ces séances sont parmi mes préférées, car on y voit de 3 à 6 films et on y vit donc une gamme d’émotions assez variées. Sélectionné aux Oscars pour le prix du Meilleur court métrage d’animation, le film Vaysha l’aveugle de Théodore Ushev est un bon exemple de court métrage particulièrement agréable. C’est dans cette même séance que j’ai pu découvrir le film Seule de Mélanie Charbonneau ainsi que Sigismond sans images d’Albéric Aurtenèche, tous les deux très comiques et toutefois très critique de notre ère numérique.

Il y a ensuite les documentaires, ces films qui nous font découvrir la vie extraordinaire de gens ordinaires (ou pas). J’ai été charmée par Histoire Hippie de Jean-André Fourestié dans lequel l’on découvre Martin, «jeune» septuagénaire aux idéaux hippies. On rencontre aussi ses deux filles, l’une qui a élevé elle-même ses deux enfants, l’autre gravement malade. Elles ont fait leur vie aux États-Unis tandis que le père est à Montréal. Martin vit dans le Mile-End depuis 40 ans, flânant de coloc en coloc, toujours à la recherche d’un esprit de communauté, de partage et d’échange. Présent lors de la projection, Martin n’a pourtant rien d’un homme très exubérant. Il m’a même semblé plutôt timide en comparaison à l’image qu’il projetait dans le film, ce qui démontre la confiance qui s’était établi entre la caméra du réalisateur et le personnage principal.

Dans la même lignée, le film documentaire À peau d’homme de Marie-Ève Nadeau dévoile l’admirable vie de Jean, un vendeur de fourrures qui arpente les routes du Québec en s’arrêtant dans les communautés autochtones. Vieillissant, Jean persiste à vouloir travailler. Entouré de ses proches et de sa famille, le film dresse le portrait de cet homme courageux au métier peu commun alors qu’il fait face à la vieillesse. À mes yeux, il s’agit surtout d’une belle réflexion sur la mémoire et sur les traditions.

La 35e édition des RVCQ se poursuit jusqu’au 4 mars. Pour découvrir l’ensemble de la programmation, c’est ici.

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Le Cabaret Trash du Festival Spasm

Pour inaugurer ma participation au Lèche-Vitrine, je me suis aventuré, vendredi dernier, au théâtre Plaza où avait lieu le Cabaret Trash du Festival Spasm. Attention, âmes sensibles, s’abstenir.

Avant de me lancer dans cette soirée projection, je ne connaissais que très peu le Festival Spasm, si ce n’est qu’il a lieu depuis plusieurs années aux alentours de l’Halloween et qu’il propose plusieurs soirées de projection. Il faut quand même, cher lecteur, que je t’informe que bien que ce festival me soit plutôt inconnu, je suis un habitué du festival Fantasia. En bref, mes expériences passées dans les salles obscures du réputé festival de genre montréalais m’ont permis de ne pas trop me sentir étranger  à ce qui a pu se passer au Cabaret Trash. Et question de me faire une idée de la thématique de la soirée, je vais jeter un coup d’oeil au site web qui me dit : « Votre rendez-vous annuel de courts métrages remplis de stupidités immatures, offensantes, sexistes, dérangeantes et carrément de mauvais goût! »… Ça promet !

Bref, j’arrive vers 20 h 30, une petite file d’attente est formée, notons que les portes ouvraient à 20 heures et que la projection était prévue pour 21 heures. Ainsi, en attendant dans la file, j’entends, au loin, de la musique plutôt festive, dont le fameux « Woo hoo » des 5.6.7.8’s (b.o. de Kill Bill!) ainsi que du Cindy Lauper! Étonnament, ça me plaît déjà… Quand arrive mon tour de m’enregistrer au comptoir, on m’appelle M. Trottier -wow! C’est pas rien d’être chroniqueur pourLa Vitrine, je crois que je vais aimer ça- et j’en profite pour récupérer une programmation des courts-métrages de la soirée.

Une fois le manteau posé, j’entre dans la salle du Plaza et jette un bref coup d’oeil aux alentours, question de voir à quoi ressemblent les étranges créatures qui peuplent le Cabaret. Disons que globalement, le noir est à l’honneur sur ces 25-35 (en gros, je suis pile dedans, donc je passe bien inaperçu). Profitant du temps dont je dispose avant, je vais jeter un coup d’oeil à la table de vente, où une charmante fan finie du festival me présente les compilations DVD Spasm Horreur ainsi qu’un long-métrage français titré Burn in Paris qui me semble plutôt délirant (au passage je reconnais un DVD de Phylactère Cola). Elle m’apprend que plus de 90% de la programmation du festival est québécoise.

Vers 20 h 55, je pars en quête d’une chaise sans savoir que je me lance pour près de 3 heures de phallus, d’hémoglobine et de bizarroïde à me faire tordre les zygomatiques dans tous les sens. La première portion démarre en force avec Strobosketch, des séries de saynètes, de 5-10 sec. plus délirantes les unes que les autres; ce fût probablement le coup de coeur du public de la soirée, à entendre leurs cris de jouissance, auxquels j’ai quelque peu participé. Puis, on nous balance une série de courts-métrages les plus hétéroclites qui soient : des relations extraconjugales légales, un producteur violant un réalisateur, un meurtrier et sa pelle sur lesquels le sort s’acharne, un hommage absurde aux émissions pour enfant, un monsieur cheval qui lit dans les pensées et un massacre pour une chanson rock des années 80.

Un petit entracte de 15 minutes me permet de discuter avec quelques réalisateurs, dont François Simard et Anouk Whissell (aussi connus pour Turbo Man dans lequel a joué Yves Corbeil), qui m’expliquent l’avancement de leur long-métrage éponyme. Je prends quelques minutes avec le réalisateur Simon Lacroix, aussi membre de l’équipe de programmation du festival, qui me recommande de venir au Total Crap, un ramassis de tout ce qui s’est fait de pire à la télévision dans les années 80.

Le second bloc démarre, au grand plaisir des festivaliers, avec d’autres Strobosketch puis s’enchaînent : ce que ça goûte un homme, une histoire de trip à 4 sur la 132, des questions existentielles sur le bol de toilette, un court-métrage très très court, Gaston Lepage qui commente des projections d’organes reproducteurs masculins -oui, oui- et à quoi pense un gars au lit. Pour finir la soirée en beauté -ou en laideur, c’est selon-, on nous offre en petit bonus un courts-métrage présenté l’année dernière, où un homme déguisé en vieille femme trop maquillée fait des bricolages avec un ourson en peluche, de la viande à fondue, un raisin sec et de la colle chaude… Un seul mot : MIAM!

Une fois les projections achevées, j’en profite pour accrocher Jarrett Mann, président co-fondateur qui déclare que la soirée du Cabaret Trash est une tradition de l’immature. Il me souligne au passage que le festival, ce n’est pas juste du gore et de l’horreur. En fait, ça se veut juste une grosse soirée de « fun » entre amis où on boit une bière en regardant toutes sortes de films. Et franchement, je ne peux que l’avouer, j’en ai eu ben du « fun ». Il vous reste donc 2 fins de semaine pour en avoir aussi et on s’y croisera peut-être parce que j’y retourne, c’est certain!

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