Danse en ligne avec Canailles
Le jeudi 18 avril 2012 avait lieu le spectacle/lancement du disque Manger du bois du groupe Canailles. Signé par la désormais très réputée maison de disque Grosse Boîte et réalisé par l’unique Socalled, le groupe nous avait donné rendez-vous à 20 h à la Sala Rossa boulevard St-Laurent. Avant de m’y rendre, je décidai de faire un saut au Quai des brumes, là où tout à probablement commencé…
Il est 18 h, j’arrive donc au Quai des brumes. Je m’imagine toujours ce bar à l’époque où nous pouvions fumer à l’intérieur et je comprends d’où vient son nom. Comme toujours à cette heure, les habitués, dont je fais partie, sont accoudés au bar et discutent. Parmi eux, Richard Desjardins qui est en pleine conversation avec Anne-Claude Crépin la responsable de la programmation des spectacles. Dans ce bar mythique, qui représente un passage obligé pour énormément d’artistes, règne une ambiance de franche camaraderie, où se côtoient poètes, peintres et philosophes. Je commande ma traditionnelle pinte de Tremblay et décide d’aller m’entretenir avec Anne-Claude.
JD : Salut Anne-Claude! Seras-tu au spectacle de Canailles tantôt?
ACC : Oui, je ne manquerai pas ça! Tu sais qu’ils font partie de la famille du Quai!
JD : Te souviens-tu quand tu as programmé Canailles pour la premières fois?
ACC : Il y a deux ans à peu près, mais au début le nom était Drunken Sailors. Ils faisaient des reprises de chansons anglophones. Ça marchait fort, ils remplissaient le bar très facilement.
JD : Avec le temps, tu dois avoir programmé plusieurs groupes comme eux qui finissent par émerger et être signés par une maison de disque?
ACC : Oui, j’en ai vus plein. Un exemple qui me vient en tête c’est Lisa Leblanc. J’ai capoté quand j’ai vu qu’elle faisait l’après-party de son lancement de disque ici. Nous l’avons reçue en spectacle au moins 4 ou 5 fois. Naturellement, il y a eu Bernard Adamus, Lake of Stew, les Colocs, ça c’est très connu. Il y en a beaucoup.
Le temps file, on doit arrêter de discuter, j’ai rendez-vous avec Sandra Raymond, ma nouvelle collaboratrice photographe. On se voit en personne pour la première fois, mais on se connaît déjà depuis quelques années via les médias sociaux. J’apprécie son travail de photographe.
Nous franchissons la file d’attente pour nous rendre directement dans la salle. Tout a bien été pensé. On entre véritablement dans l’univers du groupe. Un présentoir nous propose un tas de produits dérivés. Je me dirige vers la minuscule loge située côté cour, où se préparent Daphné Brissette (voix) et Érik Evans (mandoline, voix).
JD : Merci de me recevoir quelques minutes avant de monter sur scène. Dites-moi comment a commencé votre groupe?
EE : On peut dire que notre première communion a certainement eu lieu au Quai des brumes. Cela dit, on a d’abord commencé au Parc Lafontaine alors que j’étais avec Daphné. Annie, Alice et Dan sont passés avec leurs instruments et on s’est spontanément mis à jouer.
DB : C’était comme un gros trip d’amis, de brosse. On a eu quelques tickets. C’était vraiment pour le fun, sans aucun but. Les gens dans le parc embarquaient avec nous. On trouvait que ça faisait plaisir au monde et que ça mettait de l’ambiance.
JD : La question piège : à quelques minutes de votre lancement de disque, avez-vous encore du fun?
EE : Ben j’espère sinon je ne sais pas pourquoi on l’fait!
JD : Est-ce que ça vous stresse?
DB : Oui un peu. Il y a beaucoup d’amis, c’est comme officiel!
EE : Ce soir, c’est cool parce qu’il va y avoir beaucoup de monde qui ne nous ont pas vus depuis longtemps en ville, en plus de tous ceux qui ont collaboré à l’album. Ce sera la fête ce soir.
JD : Il y aura aussi sûrement beaucoup de monde que vous ne connaissez pas encore! Je vous laisse vous préparer… bon spectacle!
Retour dans la salle qui s’est entre-temps remplie à pleine capacité. On sent la frénésie, l’excitation des fans. Nous avons tous hâte de les voir et de les entendre. Ils arrivent sur scène les uns après les autres (ils sont quand même huit) et gagnent chacun leur place sur la petite scène de la Sala Rossa. Daphné Brissette (voix), Dan Tremblay (banjo, guitare, voix), Alice Tougas St-Jak (accordéon, voix), Benjamin Proulx-Mathers (banjo, guitare), Annie Carpentier (planche à laver, voix), Tony le Tigre (contrebasse), Érik Evans (mandoline, voix), J.P. Tremblay (percussions), Bernard Adamus (harmonica).
Sur la photo principale le moment fort à mon avis de la soirée. Quelques membres de Canailles sont descendus de scène pour diriger la plus grande danse en ligne que j’ai vue de toute ma vie. On voyait tout le public en grappes bouger de gauche à droite, d’en arrière à en avant. Je m’en souviendrai… toute ma vie.
Vidéo de prestation live à CIBL

