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boulevard Saint-Laurent

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Galerie photo: MURAL

Du 8 au 18 juin dernier, avait lieu la 5e édition du festival MURAL. Depuis les cinq dernière années, ce festival ne cesse de nous impressionner et de gagner le cœur du public. À l’occasion des derniers jours des festivités, notre photographe Marie-Claude Brault s’est promenée sur le boulevard Saint-Laurent afin de croquer sur le vif quelques moments qui ont su retenir son attention. Si vous n’avez pas eu la chance profiter du festival, vous pouvez toujours déambuler dans les rues et ruelles afin d’admirer les murales jusqu’à la prochaine édition, un must à Montréal !

Musée Exposition
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Kashink en vedette au festival MURAL: L’artiste qui défie les codes

La deuxième édition du festival international d’art public MURAL, qui commence ce jeudi et se poursuit jusqu’à dimanche sur le boulevard Saint-Laurent, vous offre la chance d’assister à la création en direct d’œuvres d’envergure sur les murs de la Main. Tête d’affiche du festival et rare présence féminine dans le monde du graffiti, l’artiste Kashink, fraîchement débarquée à Montréal, s’est entretenue avec nous de sa relation avec l’art de rue, des inspirations de son univers artistique et de son amour pour Montréal!

Artiste féminine et féministe engagée pour l’égalité des droits, Kashink a réussi à imposer son style surprenant dans le monde très viril du graffiti. Elle déplace ses talents dans les plus grands festivals du monde. Cette française aux origines slaves et hispaniques a un style explosif qui donne vie à de gros personnages poilus et colorés. Les lignes épaisses et les couleurs vives sont provocantes et amusantes, un peu comme la moustache dessinée au-dessus de sa bouche, qu’elle porte régulièrement.

En pleine préparation d’une exposition à la galerie Station 16 qui commence jeudi,  en parallèle à la création de sa grande murale extérieure, Kashink a accepté de nous partager sa vision :

Pierre-Alain Benoît: Peux-tu nous parler de l’origine de ta relation avec l’art de rue?

Kashink: J’ai eu la chance d’avoir des parents qui m’ont emmenée voir des expositions jeune. Du coup, j’ai pu découvrir des artistes qui m’ont marquée, comme Botero, Frida Kahlo, Francis Bacon. Puis, en grandissant en banlieue de Paris, il y avait pas mal de graffitis. Tout ce qui était art de rue m’est venu en rencontrant des gens qui pratiquaient ça et qui m’ont encouragée, car j’avais un peu peur de me lancer avec les bombes de peinture.

PAB : Ton univers artistique est très particulier et très coloré. De plus, il dégage un engagement social très fort. Parle-nous des inspirations qui t’ont amenée à créer un tel univers?

: Il y a des inspirations esthétiques qui sont liées à l’artisanat d’art. En voyageant, je découvre plusieurs cultures différentes qui se rejoignent dans l’artisanat d’art, reprenant souvent les couleurs vives et les gros traits avec un traitement parfois naïf et facile à comprendre. Ces points communs me plaisent beaucoup.

J’ai choisi de ne pas représenter de personnages féminins. Donc mon univers s’est construit autour de cette idée-là.

Peindre des représentations masculines me permet de casser un peu les codes qu’on a l’habitude de voir. Représenter autre chose qu’une femme et surtout, représenter des hommes dans des contextes décalés par rapport à ce qu’on s’attend, c’est ce qui m’intéresse vraiment. Je mets tous mes personnages dans des situations où ils expriment leurs émotions, dans des positions qui ne sont pas celles qu’on s’attendrait à voir d’un homme plutôt viril.

PAB : Peux-tu mettre en lien l’évolution de ton parcours artistique avec ce que tu viens créer à Montréal?

: Avoir une visibilité intérieure et extérieure m’intéressait beaucoup. C’est quelque chose qu’on a rarement l’occasion d’avoir. La thématique que j’apporte ici est celle de l’ornementation masculine. Je pose la question: Qu’est-ce c’est que d’être coquet pour un homme? Porter des bijoux, porter des chapeaux, des choses qui embellissent l’homme. On a tendance à penser que les accessoires d’embellissement sont réservés aux femmes. Pourtant, il y a une vraie esthétique masculine. C’est ce que je souhaite montrer tout en mélangeant les codes pour que l’image qui s’en dégage reste floue.

Par exemple, pour l’exposition ici à Montréal, je prépare des portraits d’hommes avec des coiffures de fleurs, des chapeaux avec des fruits, etc.  Ça me fait marrer de transposer les codes autrement.

PAB : Comment trouves-tu ton expérience à Montréal jusqu’à présent?

: C’est génial de voir tout ce qui se passe avant le festival, tout ce qui fourmille.  La ville est tellement agréable. J’en avais un bon souvenir, même si la dernière fois que j’y suis venue c’était il y a 10 ans. Le côté convivial de Montréal et le calme qui s’en dégage me plaisent vraiment.

Vernissage de l’exposition de Kashink : jeudi 12 juin à 17h à la galerie Station 16 (3523 St-Laurent) et création de la murale de Kashink (façade sud du mur situé dans le stationnement en face de l’Excentris, boulevard Saint-Laurent)

C’est signé Pierre-Alain Benoît 
Associé – Relations publiques et affaires gouvernementales chez Hansen  

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