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375e

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Festival Présence autochtone

À chaque année, lorsque le début du mois d’août arrive et que le maïs est un délice, je découvre, sur la Place des Festivals, tout un éventail de cultures, de saveurs et d’artisanats en provenance des Premières Nations du Canada et des Amériques. C’est pendant le Festival Présence autochtone qu’on peut découvrir, entre autres, des œuvres cinématographiques qui abordent les réalités, l’imaginaire et les mythes des peuples habitant des territoires autochtones parfois « non cédés », comme c’est le cas de Tiohtià:ke (Montréal en langue Mohawk), lieu de rassemblement et de commerce. À chaque année, c’est une occasion unique pour moi de faire le point sur les tendances et les réalités des communautés qui y sont conviées et d’être témoin de leurs prestations artistiques. Il y a tant à découvrir devant le grand tipi, la tortue, les caribous et les sapins baumiers qui modifient si agréablement cette place montréalaise rebaptisée Place du Makushan l’année dernière, selon un acte de Toponymie sauvage, qui signifie « place de la fête ». Le moment fort de cette année a été Ioskeha et Tawiscara : le grand Jeu de la création, théâtre épique inspiré de la cosmogonie traditionnelle avec des marionnettes géantes, danseurs et musique des Buffalo Hat Singers et du DJ Ziibiwan.

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Pour la septième édition, le défilé de l’amitié Nuestroamericana démontre que Montréal est la ville par excellence où se rassemblent et se côtoient des gens venant de tous les horizons et qui montre avec fierté les coutumes issues de leurs identités singulières.

Le mardi 8 août à Concordia, François Girard va nous parler du film emblématique du 375e anniversaire de Montréal : Hochelaga, terre des Âmes en présence de collaborateurs autochtones. C’est une rencontre que je ne manquerai pas et qui est dans l’esprit de ce festival! Les films au programme sont des fenêtres ouvertes sur le monde et en plus, certaines séances sont gratuites. J’ai hâte de découvrir le documentaire Rumble, the Indians who rocked the World le mercredi 9 août au Cinéma du Parc – un des films qu’il faut voir. Pour clore les festivités, rendez-vous à 23 h au Catalyseur d’imaginaires urbains le mercredi 9 août.

Article rédigé par Jacques Galois

Variétés
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Libération d’un Montréal en changement

La compagnie les 7 doigts de la main a posé ses bagages à la Société des arts technologiques pour l’été. Le spectacle présenté? Vice et Vertu, un déambulatoire sur le Montréal des années 40.

Vice et Vertu, c’est l’histoire d’un travesti qui ne veut qu’une chose pour son anniversaire : qu’un homme puisse danser avec un autre. C’est l’histoire de femmes qui se battent pour pouvoir voter, qui se battent pour l’égalité. C’est l’histoire d’une effeuilleuse qui a le cabaret dans la peau. C’est l’histoire de Jean Drapeau, d’Armand Monroe, de Pax Plante, de Lili St-Cyr. C’est l’histoire de Montréal. Et qu’est-ce qui est plus Montréalais que de jouer la pièce dans nos deux langues officielles!

Cette métropole, je ne l’ai pas connue ; les cabarets, les enjeux politiques, la ‘’Main’’ dans l’apogée de sa gloire, l’omniprésence du clergé mêlée à une libération sexuelle grandissante. Pourtant, ce soir-là, j’étais soudainement transportée à cette époque mythique où l’on se battait pour nos convictions.

Au début, le public s’amassait dans la grande salle de la SAT. À l’entrée, une carte était remise. Celle-ci servira à diviser les spectateurs en trois groupes qui s’aventureront dans différentes parties de la SAT ; un dans la satosphère, un autre à la Place de la paix et le dernier dans une extension de la salle principale. Peu importe l’ordre dans laquelle il y assistait, le spectateur avait assez d’éléments pour suivre et faire évoluer l’histoire. Plusieurs grands sujets du temps étaient abordés, passant de la corruption, à l’itinérance en passant par le ‘’nightlife’’ montréalais. Force est de se rendre compte que les choses n’ont pas autant changer qu’on veut bien se l’admettre…

Le spectacle se voulait déambulatoire, mais il était difficile de lui donner cette appellation. En effet, la circulation à l’intérieur des diverses salles de la SAT était plutôt difficile. Un peu trop de spectateurs pour pouvoir se déplacer en toute facilité et apprécier le spectacle et ses différentes stations au maximum. Il aurait fallu couper de moitié de public pour pouvoir profiter de chaque élément, allant des numéros de cirque aux scénettes faisant avancer l’histoire.

D’ailleurs, la partie cirque prenait une bien petite place dans ce spectacle multidisciplinaire. Certes, quelques numéros d’envergure rappelaient le talent indéniable des 7 doigts de la main, mais de manière générale, il s’agissait bien plus d’une expérience sensorielle diversifiée. Le jeu et la musique étant autant présente que le cirque. Ce qui n’était pas nécessairement une mauvaise chose. Plusieurs critiques reprochent au monde circassien de manquer de trame narrative dans leur spectacle et de vouloir en mettre plein la vue avec des numéros d’acrobaties. Cela n’était absolument pas le cas avec Vice et Vertu. Cela donnait un spectacle presqu’immersif et complet sur plusieurs aspects.

D’une durée de 3h00, la représentation aurait pu être raccourcie d’une quarantaine de minutes. Cela aurait probablement réglée les quelques problèmes de narrations et les quelques temps morts. Malgré tout, l’énergie des artistes est restée à son apogée pendant toute la durée du spectacle. Mention spéciale à Vincent Roy, qui incarnait Armand Monroe, et qui devait jouer, chanter et danser dans des talons rouges d’une hauteur vertigineuse! Bravo!

Les musiciens en performance en direct, la voix rauque aux accents blues de Betty Bonifassi ainsi que les reprises de chansons typiques années 40 faisaient de la trame sonore un des meilleurs éléments du spectacle. Celle-ci allait de pair avec chaque situation ; de la musique sur Montréal avec des paroles à propos de nous, pour nous.

Et le vice? Et la vertu? vous demandez-vous peut-être. Le blanc contre le noir, l’église contre la libération sexuelle, le patriarcat contre le matriarcat. Qui a raison et qui a tort? Le spectacle vous laisser juger et vous permet de forger votre propre opinion!

Vous avez encore la chance de voir Vice et Vertu jusqu’au 6 août dans le cadre de la programmation officielle du 375e anniversaire de Montréal et du festival Montréal Complètement Cirque.

 

Galerie photo par Marie-Claude Brault.

 

Cirque
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Leonard Cohen : Un projet d’exposition d’envergure pour le MAC

C’est dans le cadre des festivités du 375ème anniversaire de Montréal que le Musée d’art contemporain et CBC-Radio-Canada unissent leur force pour nous dévoiler une exposition majeure, la première à consacrer sa programmation complète à cet artiste de renommée planétaire.

Un projet entamé depuis maintenant deux ans par ses commissaires et artistes, cette exposition se veut non seulement un hommage aux 5 décennies de travail du poète et chanteur, mais aussi une exploration de l’impact et de l’héritage que son univers a pu laissé chez les artistes contemporains. « C’est un immense honneur et un privilège pour le MAC de pouvoir présenter cette exposition et de rassembler autant d’artistes talentueux, d’ici et d’ailleurs, pour célébrer et rendre hommage à notre ambassadeur le plus illustre » dit Victor Shiffman, commissaire invité, MAC.

Pendant 123 jours d’exposition le public aura la chance d’être témoin du travail visuel, cinématographique, performatif et sonore de plus d’une quarantaine d’artistes de renommée internationale. En plus de bénéficier de 18 œuvres inédites et d’une série de concerts et évènements hors les murs, c’est une expérience immersive complète que s’apprête à vivre les montréalais.

On commencera les festivités le 7 novembre au soir avec une projection de phrases issues des textes de Cohen réalisée par Jenny Holzer et présentée au Silot no. 5 situé dans le Vieux-Port de Montréal, pour ensuite bénéficier des œuvres à l’intérieur du Musée quelques jours plus tard.

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Au menu, une expérience de réalité virtuelle sur la pièce iconique Hallelujah crée par Zach Richter, un hommage cinématographique signé Candice Breitz impliquant 18 hommes de 65 ans et plus et fans incontestés de Cohen interprétant la chanson I’m Your Man.

Également, le travail des artistes Janet Cardif et son mari George Bures Miller, sera présenté grâce à leur toute nouvelle installation intitulée : Poetry Machine ainsi que Clara Furey qui proposera l’ambitieux projet d’offrir 90 représentations d’une performance de danse ôde à la poésie de Cohen.

Ari Folman (Waltz with Bashir) se prête au jeu quant lui en créant une Depression box, endroit où les visiteurs seront invités à plonger dans l’univers émotionnel de Cohen. Un thème qui aura su inspirer John Rafman et son œuvre d’animation qui tourne autour du sentiment de l’anxiété dans l’œuvre du poète.

Le Duo de photographes montréalais Carlos et Jason Sanchez fera également parti de l’imposante programmation du Musée cette fois-ci avec une installation vidéo inspirée et montée grâce à des documents d’archives. L’œuvre présentera la relation du jeune Cohen avec son chien adoré Tinkie suivant le décès de son père.

Une exposition qui plaira aux fans, intriguera les non-initiés et fera à coup sûr replonger les montréalais dans l’univers musical, lyrique et visuel de cette énigmatique figure qui aura touché la planète entière avec sa poésie et ses chansons.

Leonard Cohen – Une brèche en toute chose /A crack in everything à l’affiche du 9 novembre 2017 au 9 avril 2018 au Musée d’art contemporain de Montréal.

Musée Exposition
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Dépasser le réel – Entrevue avec Raphaël Navarro

Nous nous sommes donné rendez-vous via Skype. C’est bien la meilleure manière de parler à quelqu’un qui se trouve dans un fuseau horaire différent, de l’autre côté de l’océan. Il est 19h00 chez lui, nous sommes en pleine journée chez moi. Raphaël Navarro vient présenter son spectacle Rêveurs Définitifs au Théâtre St-Denis 2 dans le cadre du 375e anniversaire de Montréal et du Festival Juste pour rire à la fin juin. J’ai un jour entendu qu’il fallait croire en la magie, que c’est ça qui la rendait réelle. Rencontre avec un metteur en scène qui dépasse le réel.

  1. Qu’est-ce qui t’a amené à faire ce métier-là à la base?

Je me suis dit quelque part dans ma vie d’adulte que ce que je voulais, c’était de descendre la courbe du magique. C’est mon combat, dans le sens positif du terme. Et je ne parle pas de l’illusion, mais bien de la magie avec un grand M. Celle qui nous propulse.

  1. Et qu’est-ce qui t’a attiré dans ce domaine?

C’est un mix entre l’envie de mystère et l’émotion. Le mystère va avec l’idée de s’approprier le réel. L’émotion représenta la magie elle-même, car on parle de celle-ci comme d’un spectacle. Je me suis rendu compte que j’aimais me plonger là-dedans. Puis, d’autres personnes s’en sont rendus compte et nous avons pu construire à partir de là.

  1. Ta compagnie a été l’investigatrice du mouvement de la magie nouvelle. Parles-moi un peu de ce mouvement et en quoi il diffère de la magie traditionnelle?

J’ai initié ce mouvement avec 2 autres personnes, Clément Débailleul et Valentine Losseau. Notre but était de nous intéresser à toutes les formes de magie, même celles qui ne font pas nécessairement parties d’un spectacle ; donc la magie d’un point de vue plus anthropologique. C’est comme ça qu’on s’est mis à travailler la magie de l’humain, notamment avec des artistes de rue en Inde et au Mexique. Nous avons exploré la manière dont l’humain vient au monde et passe sa vie à vouloir dépasser le réel. Nous, on appelle cela de la magie, mais ça peut prendre d’autres formes ; spirituelle, médicale, traditionnelle. C’est un grand éventail qui fait que les fans de divertissement ont de la variété dans une forme spectaculaire et cela permet de faire reconnaître la magie comme forme artistique. De plus, le vrai terme de la magie que tu appelles traditionnelle est la magie moderne. Celle-ci date du 19e siècle. J’imagine que tu faisais allusion aux cartes, aux foulards et aux colombes? La magie traditionnelle vient de plus loin encore. Il y avait des pratiquants au Moyen Âge et il y en a encore aujourd’hui. De notre côté, nous créons avec un langage plus contemporain, qui tend vers quelque chose de plus esthétique, avec un mode de création et d’apprentissage différent.

  1. C’est un spectacle qui semble très multidisciplinaire. Est-ce que c’est important pour toi t’intégrer plusieurs formes d’arts?

La magie n’a pas d’incarnation, c’est ce qui la bonifie. Elle n’est pas de corps, elle est dans tout ce qui n’est pas le réel. Pourtant, à l’intérieur du réel, quand on vit ou on voit quelque chose de très beau et d’inattendu, qui ne pourrait pas arriver normalement, on lui attribue un caractère magique. On prend corps sur quelque chose et la magie se met alors à exister. Ce qui devient intéressant, c’est lorsqu’elle s’incarne en croisant avec d’autres langages. On a bien compris cela en intégrant le cirque, l’acrobatie, la danse et même le théâtre dans notre spectacle.

  1. Comment se passe la création de ce genre de spectacle? Par où l’on commence?

Rêveurs définitifs est un cabaret-musique. Il s’agit donc de numéros. Certains ont été écrits particulièrement pour le spectacle, mais d’autres existaient déjà. Nous avions envie de jumeler plusieurs créations. Dans ce projet-là, je suis metteur en scène, mais je suis également co-auteur de tous les numéros. Il n’y en a aucun que j’ai écrit tout seul, se sont tous des collaborations avec des gens avec qui je travaille très régulièrement. Nous avons eu envie de réunir la vision que j’ai de la magie avec celle des multiples collaborateurs et humains avec qui j’ai déjà partagé la scène. Le spectacle a eu un bon succès en France, ça nous a même un peu dépassé, même si nous étions très content. Ça nous a encouragé, parce que ça marchait bien. Il y avait justement une diversité dans les propositions et dans les descriptifs qui faisaient un tout très cohérent. Les spectateurs sont invités à partir en voyage.

  1. Tu impliques beaucoup de nouvelles technologies dans ton spectacle. Trouves-tu cela important?

C’est important, mais ce n’est pas cela qui fait que c’est intéressant! Ce qui l’est, c’est la façon dont on s’en sert! Il y a plein de formes de technologies, parfois visible, parfois non, mais il faut surtout que ça soit intéressant et que ça aide à raconter quelque chose. Il y a un numéro qui travaille beaucoup avec un procédé de cinéma-théâtre. Je ne sais pas si cela s’appelle aussi comme ça en québécois, parfois les termes sont différents! Il y a donc un écran sur scène et l’acteur entre dans l’écran, mais il est également représenté à l’aide d’hologrammes. Le personnage est donc en double, même en triple. Il y a le réel, l’espace virtuel et le virtuel dans le réel. Le but est de faire dialoguer les trois! Puis, on ajouter la magie et on crée un autre espace que l’on peut exploiter. Cela devient extrêmement comique, poétique et spectaculaire à la fois!

  1. Est-ce que c’est un spectacle pour tous?

Oui! Absolument! Je pense que tout le monde peut apprécier.

  1. Et pourquoi on devrait aller voir Rêveurs définitifs?  Faites-moi votre  »pitch » de vente!

Moi je suis metteur en scène, c’est difficile! (rire) C’est une bonne question! Je pense qu’il y a quelque chose qui relève du merveilleux qui est rarement vu sur scène. C’est à la fois très spectaculaire, il y a des vols humains, des hologrammes, énormément de technologies, des objets qui volent au-dessus du public, mais aussi très touchant. Un des numéros a été sacré champion du monde comme étant le numéro le plus primé de l’histoire de la magie! Les interprètes sont complètement dingues! Cela donne une œuvre qui fait vibrer les gens qui la voient.

  1. Est-ce que c’est la première fois que tu amènes le spectacle en Amérique? As-tu des attentes?

C’est la première fois, oui! Mais j’ai plusieurs projets à Montréal, avec beaucoup d’artistes différents. Donc je sais déjà qu’il y a une vie, une curiosité. J’ai une très grande confiance, un grand respect et une grande amitié pour ces projets-là et pour la ville elle-même! Je me dis, j’espère, que le spectacle devrait aussi toucher le public québécois! Puis, c’est une ville avec une effervescence incroyable! Ça reste un des endroits où il se fait des choses les plus intéressantes artistiquement! Ça se passe beaucoup à Montréal, particulièrement pendant l’été où il y a énormément de festivals. Vous réussissez à réunir tellement d’artistes talentueux, ça me fait briller les yeux!

  1. Ce ne sera donc pas ta première visite chez nous?

Non non! Je suis venu quelques fois! C’est une ville que j’aime énormément. Comme je disais, je suis déjà sur plusieurs projets. J’y suis allé pour des raisons professionnelles et amicales!

  1. Quels sont tes plans pour la suite, qu’est-ce qui est à surveiller?

Je vais mettre en scène un spectacle pour la Comédie-Française! J’ai aussi des collaborations avec le Cirque du Soleil qui s’en viennent. Il y a aussi des spectacles d’envergures avec des grands musiciens, dont je ne peux pas encore beaucoup parler. J’ai aussi des projets avec des opéras! Et, bien sûr, je vais encore tourner avec Rêveurs Définitifs en France et à l’extérieur.

Rêveurs Définitifs est présenté à Montréal jusqu’au 8 juillet 2017.

 

Variétés
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Aura : lumière, son et émerveillement

Je ne me souviens pas de la dernière fois où j’ai mis les pieds dans un bâtiment religieux au Québec, mais quand on m’a parlé d’un spectacle son et lumière à la Basilique Notre-Dame de Montréal, je dois avouer que ça a piqué ma curiosité! J’ai donc décidé de renouer avec les lieux de culte en allant voir le spectacle Aura vendredi dernier.

Donc, Aura, c’est quoi?

Pendant une quinzaine d’années, la Basilique Notre-Dame a présenté le spectacle Et la lumière fût. Avec une volonté de faire quelque chose de nouveau pour le 375e anniversaire de Montréal, l’équipe a fait appel à l’expertise de Moment Factory afin de créer un nouveau spectacle. L’objectif premier était de mettre de l’avant les principales œuvres dans la Basilique dont le Christ en croix de Paul Jourdain dit LaBrosse et la Sainte Marguerite Bourgeoys de Marius Dubois, mais aussi l’orgue Casavant, l’Autel de célébration et les confessionnaux. C’est donc plus d’une centaine de personnes qui ont travaillé à la conception et à la réalisation du projet. La musique a été créée par l’équipe de TroubleMakers, spécialisée dans la création de musique pour des jeux vidéo et films (Laurence Anyways de Xavier Dolan). L’œuvre musical comprend 32 musiciens, 20 chœurs et un orgue.

Ça donne quoi?

À mon arrivée, j’ai été surpris de voir la longue file d’attente devant la Basilique. En discutant avec une des employées, j’ai appris que 600 personnes peuvent assister à une seule représentation. Une fois à l’intérieur, j’ai compris pourquoi : c’est grand une basilique! Alors que je patiente, on me donne un petit feuillet donnant quelques informations sur les œuvres qui sont à l’honneur. J’y apprends, à ma grande surprise, que l’autel de célébration contient des reliques de saints et que la plus vieille œuvre remonte à 1741.

La visite se déroule en deux parties. Durant la première, 30 minutes sont accordées pour faire le tour des principales œuvres mises de l’avant par des projections uniques. J’ai eu un coup de cœur pour l’orage avec un effet en 3D dans le confessionnal, mais aussi pour le lever et le coucher de soleil sur le tableau de Marius Dubois. Lors de la seconde partie, c’est le temps de s’asseoir afin d’admirer l’incroyable projection. Je me suis assis en première rangée et c’était une excellente idée : je me suis plongé dans l’œuvre composée d’une série de tableaux immersifs, tantôt abstraits tantôt plus concrets, toujours accompagnés d’une musique puissante. Je souligne le moment où j’ai eu l’impression de me retrouver dans un navire géant battu par les flots d’une mer déchainée.

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Et au final?

Aura, c’est un spectacle hors norme qui m’a fait oublier que j’étais dans une basilique tout en découvrant les particularités architecturales du lieu. Bravo à tous ceux qui ont travaillé sur ce projet! Je n’ai eu qu’une seule déception : vingt minutes pour la deuxième partie, ce n’est clairement pas assez!

Bref, si vous êtes aussi frileux que moi à entrer dans une église, n’hésitez pas et allez-y! C’est une expérience unique qui vaut le détour. Si votre horaire est bien remplit, pas de soucis : les représentations d’Aura ont lieu jusqu’au 30 décembre à la Basilique Notre-Dame de Montréal.

À noter : si vous n’avez pas eu le temps de faire le tour de toutes les projections lors de la première partie, il est possible de le faire après la présentation principale (personnellement, j’en ai profité pour jeter un deuxième œil à mes préférés).

Arts Médiatiques
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Portraits d’une ville complexe, plurielle et contradictoire

Dans le cadre du 375e anniversaire de la ville de Montréal, le Jamais Lu et le Festival TransAmériques se sont associés pour présenter un projet tentaculaire où la pluralité des voix et la complexité de la métropole sont mises de l’avant.

Le projet se décline en deux temps. D’abord, le festival Jamais Lu (qui assure la promotion de textes dramaturgiques de la relève) permettra à  sept auteurs et trois photographes de présenter leurs carnets « touristiquement incorrects » élaborés lors d’explorations diverses dans Montréal. Photographes et auteurs ont été jumelés et assignés à un quartier de la ville qu’ils connaissaient peu.  Leur mandat était assez large : s’imprégner du lieu investi pour ensuite écrire ou ramener des images de leur expérience.

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L’auteur Pierre Lefebvre a ainsi exploré le quartier Parc-Extension, un endroit qu’il n’a pas l’habitude de fréquenter de façon régulière. « Il y a quelque chose d’intéressant de parler d’un quartier de la ville qu’on ne connaît pas », souligne-t-il. Lefebvre dit avoir été marqué par le multiculturalisme du quartier et plus particulièrement, par une église de la rue St-Roch qui a en quelque sorte été sa porte d’entrée dans le quartier. L’auteur a également été surpris de découvrir que les délimitations du quartier (viaducs, voie ferrée, parc) contribuaient à faire de ce quadrilatère un lieu enclavé et difficile d’accès. « Ce qui m’a frappé, c’est à quel point les frontières du quartier sont assez étanches », explique Lefebvre. Cette question des frontières tombe à point avec l’édition 2017 du Jamais Lu, qui s’intéresse cette année à interroger la norme et les cloisons, en plus de souligner la diversité.

Jérémie Battaglia, photographe pour les quartiers Beaconsfield, St-Michel et Westmount, croit pour sa part que les divers quartiers font cohabiter au sein de la même ville des « univers radicalement différents » dans lesquels les montréalais ont parfois tendance à se cantonner. « Je dis souvent qu’il y a un Montréal par personne : chacun vit Montréal d’une façon différente», souligne Battaglia. Celui-ci, dont le travail se caractérise par une approche documentaire, s’est intéressé à «trouver trois histoires atypiques en lien avec l’histoire de chaque quartier, des histoires d’espoir de solidarité ». Battaglia a notamment rencontré une famille juive de Westmount qui parraine des réfugiés syriens. C’est en approfondissant ces récits qu’il a pu ancrer son travail photographique dans les quartiers qu’il a investis. « Ce que j’aime, c’est intégrer des univers que je ne connais pas et pour ça il faut entrer dans les maisons et abandonner la description exhaustive du quartier», explique-t-il.

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Jusqu’où te mènera Montréal?

Après la présentation des carnets au Jamais Lu, le projet se transformera sous la direction de Martin Faucher pour le projet Jusqu’où te mènera Montréal? au FTA. Faucher travaillera à partir des différents textes issus des explorations des auteurs. Ce sont ces écrits qui lui permettront de mettre en scène une « grande forme théâtrale poético-cabaret » présentée en début juin. Le projet fera état de la complexité et des contradictions de Montréal, de ses mutations et des similarités ou univers distincts qui constituent chacun des quartiers.

C’est donc un projet en plusieurs étapes, mettant de l’avant plusieurs voix et regards sur la ville que nous proposent le Jamais Lu et le FTA. La forme du projet, en mutation d’un festival à l’autre, promet d’être à l’image de la métropole.

Jamais Lu / Carnets touristiques
Vernissage de l’expo photo le 6 mai à 16 h
Présentation des carnets touristiques du 6 au 12 mai 2017 à 18 h
Théâtre Aux Écuries

Festival TransAmériques / Jusqu’où te mènera Montréal?
7 et 8 juin 2017 à 20 h
5e salle, Place des Arts

Théatre