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Marivaux

Julie Gagné, Agathe Lanctôt et Jean-François Blanchard. Photographe : Luc Lavergne

(Fr) Théâtre d’avant-hier, jeunesse d’aujourd’hui

C’était soir de première vendredi dernier au Théâtre Denise-Pelletier. Dans le froid glacial de janvier, très peu de comédiens et de journalistes pour assister au Jeu de l’amour et du hasard. Les invités d’honneur? Des adolescents en souliers, sans tuque ni foulard, la « falle à l’air », comme dirait l’autre. Tant mieux, puisque la production de la Société Richard III m’a semblée être conçue sur mesure pour eux.

Certains sont arrivés en autobus scolaire, d’autres ont longuement décrit le pénible trajet d’autobus qui les a menés jusqu’aux grandes portes vitrées du théâtre de la rue Sainte-Catherine Est. Bref, ça grouillait et ça jacassait dans la salle avant le début de la représentation. Je me suis demandé si cette comédie de Marivaux, présentée pour la première fois en 1730, allait réussir à les captiver, ou à tout le moins à les tenir éveillés pendant un peu plus de deux heures. L’histoire racontée est somme toute assez conventionnelle : Silvia, jeune femme destinée à Dorante, désire voir son prétendant avant de se marier à lui. Elle décide donc de changer de costume et de rôle avec Lisette, sa servante, sans se douter que Dorante et son valet, Arlequin, ont usé du même stratagème.  Évidemment, la situation donne lieu à plusieurs scènes loufoques qui ont tôt fait de séduire le public.

Daniel Desparois et Julie Gagné. Photographe : Luc Lavergne

Si la mise en scène de Carl Poliquin peut paraître un brin classique, c’est précisément cette caractéristique qui permet aux jeunes spectateurs d’être emportés par l’intelligence et la finesse du texte de Marivaux. Les personnages nagent dans un décor changeant, où de larges panneaux pivotent pour transformer l’espace. Le résultat est simple et dépouillé, laissant encore une fois toute la place aux mots de l’auteur. Près de la commedia dell’arte, le jeu des acteurs, principalement celui des serviteurs, est souvent à la limite du burlesque. Sans nullement être agacés par cet excès de bouffonnerie, les jeunes riaient aux éclats devant les nombreuses frasques de Lisette (Julie Gagné) et Arlequin (Daniel Desparois), comme ils ont été charmés par le jeu plus subtil de Guillaume Champoux et d’Agathe Lanctôt dans les rôles de Dorante et Silvia. En ce début de saison théâtrale hivernale, Carl Poliquin propose donc une version divertissante et légère du Jeu de l’amour et du hasard, qui, à -20 degrés Celsius, se prend comme un bon chocolat chaud bien sucré.

L’objectif principal du Théâtre Denise-Pelletier est d’initier les jeunes au théâtre et de leur offrir des œuvres de répertoire tournées vers la jeunesse. Avec Le jeu de l’amour et du hasard, cette mission est franchement accomplie. Les jeunes se sont instantanément levés après la dernière scène, sans vouloir être polis comme bon nombre de spectateurs plus vieux, mais réellement conquis par la pièce à laquelle ils venaient d’assister. Pendant que j’ajustais minutieusement mon foulard avant de sortir à l’extérieur combattre les éléments, ils discutaient vivement du jeu des acteurs et du propos de la pièce, tout en soignant leur tenue hivernale savamment négligée. Sentir le théâtre être en vie comme ça, quand il passe par les réflexions d’adolescents de 16 ans, me rappelle à quel point le jeune public, même quand on souhaite le faire rire, mérite d’être pris au sérieux.

Le jeu de l’amour et du hasard, jusqu’au 15 février 2013 au Théâtre Denise-Pelletier.

Theatre

The Art of Pretending: A Contemporary Love Story

A modern twist on the classic French play by Marivaux : The Game of Love and Chance

Before I reveal my thoughts on this play, I must admit that the last time I attended a play was back in high-school where my preferred method of transportation was a yellow school bus. I saw the never-aging tale of Romeo and Juliet, surely a rite of passage for any teenager. I had always loved theatre and had even gotten to be center stage a couple of times (this stays between us), but as I grew older my interest for this art form faded… I was in for a pleasant surprise when I walked into the Centaur Theatre for the premiere of The Game of Love and Chance on March 6th.

Theatre always appeared to me to be mostly for older, sophisticated and refined people. Believe me when I say that this play surely proved me wrong; it gave a new meaning to the term “accessibility”. I LOVED every moment of this very enjoyable and unpretentious love story! I don’t even know where to begin…

The plot, although written in the 18th century, was timeless and reflected all the intricacies of today’s love stories. As a 21st century entertainment buff, I’m used to all of the twists and turns of modern day love and friendship ties brought to you by yours truly,HOLLYWOOD. As the show progressed, I found myself entwined in the complexities, deceits and musings of the characters on stage. It felt as though I was watching an episode of Gossip Girl live. Rich people deceiving one another for love (it had Chuck and Blair written all over it!).

Not only was Nicolas Billon’s adaptation of Marivaux’s play funny, witty and daring, but it was filled with an underlying, sexually comical tone that was sure to spark crowd reaction, all without losing tact of course. The humour was on point and so well delivered that you could not help but burst out laughing (to the dismay of my next-seat neighbourgh…).

The interaction between the cast members was graceful and the scene changes were seamless (Kudos to Catherine Tardiff, an eclectic choreographer who brought the stage to life with her choreographies).There was always something going on to keep the audience interested whether it was the brother’s silly candy eating habit, Bourguignon’s grandiose entrances, or the sly comments. Although all of the cast members were quite exceptional, my coup de coeur goes to Gemma James-Smith, acting as Lisette. Her ability to transfer from one role to another is captivating and her acting is inspiring.

Billon’s modern adaptation of old-fashioned theatre has left me wanting more. It’s great to see that theatre for everybody. I can certainly say that my days of theatre-going are far from over.   For more on the play, have a look at behind the scenes videos HERE, but mostly take advantage of their last week inMontreal to go see the play live before they move on to the big TO.

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