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FIL

(Fr) Le FIL fête ses 18 ans!

La littérature fait partie de ma vie quotidienne. Depuis l’enfance jusqu’à aujourd’hui, je n’ai jamais vécu une «journée sans livres». J’aime lire des romans, de la poésie et des essais. J’aime fouiller dans les dictionnaires et les encyclopédies. J’aime bouquiner dans les librairies et fréquenter les bibliothèques. Et ce, depuis toujours. La lecture est pour moi ce que l’écrivain Valery Larbaud appelait un «vice impuni».

Michelle Corbeil

J’ai toujours pensé que le plaisir de lire pouvait être contagieux et qu’il n’était pas réservé à un petit groupe d’initiés. Pour rendre la littérature accessible au plus grand nombre, je crois qu’il ne faut pas hésiter à la désacraliser mais sans toutefois la rabaisser. Et c’est ce que fait depuis dix-huit ans un événement comme le FIL en offrant tant aux grands lecteurs qu’aux lecteurs de demain – et peu importe leur âge, leur origine ou leur compte en banque! – une chance unique de redécouvrir des auteurs connus, d’en découvrir de nouveaux, et ce, dans des formes sans cesse réinventées et originales.

Depuis 1994, plus de 3 000 écrivains et artistes de toutes disciplines, de toutes générations et de tous horizons, ont participé à notre grande fête des mots où la littérature est mise en scène, en musique, en mouvement et en images. Au fil des ans, les festivaliers littéraires ont été de plus en plus nombreux. C’est avec fierté que nous pouvons affirmer que, lorsqu’il est question de littérature, le public est désormais au rendez-vous. Un public fidèle et curieux.

Le Festival international de la littérature (FIL) n’est pas, et ne sera jamais, un événement politique. Ce n’est ni sa mission, ni sa raison d’être. Il existe pour vous donner envie de lire davantage. Plus que jamais, en cette époque marquée par tant de bouleversements et de tensions, je crois cependant que c’est dans les livres que nous pouvons trouver des réponses à tant de nos interrogations. Les livres sont notre rempart contre toute forme d’obscurantisme. Ou encore de léthargie, ce qui n’est guère mieux. Oui, comme l’a écrit Dany Laferrière, je crois que «la lecture nous sauve de ce monstre qui tue à petit feu». Et c’est pourquoi, j’ai voulu que cette édition soit le lieu de paroles fortes et inspirantes, quelques fois rebelles et sauvages, mais toujours souveraines. On y entendra tous les bruits du monde, ceux des poètes libertaires, des écrivains amérindiens, des auteurs musiciens, des filles qui ont de la gueule, des figures incontournables de notre littérature et des jeunes qui n’ont pas peur des mots.

Si l’expérience littéraire – lire, écrire – est tout d’abord, et évidemment, solitaire, rien n’empêche que notre rapport aux mots, à la fiction ou à la poésie devienne une expérience collective en prenant d’assaut l’espace public. C’est dans cet esprit que le FIL convie les festivaliers à une expérience littéraire ludique sur le Parterre du Quartier des spectacles. Pendant toute la durée du festival, vous pourrez y visiter les «Chambres littéraires du FIL», conçues par des étudiants de l’École de design de l’UQAM, et participer aux nombreuses activités de médiation culturelle qui auront lieu sur ce site. Nous entendons ainsi (re)donner à la littérature toute la place qui lui revient dans la cité et témoigner de l’importance de la lecture dans la vie quotidienne de chaque citoyen, parce que garante d’une société plus démocratique et d’une ouverture sur le monde.

Si Montréal est aujourd’hui désignée comme Ville Unesco du design, il ne faut pas oublier qu’en 2005 elle fut aussi «capitale mondiale du livre». Nous croyons, comme tous nos partenaires de la Saison de la lecture à Montréal, qu’il est temps qu’elle redevienne vraiment «la ville de la littérature au pays», titre auquel elle a pourtant droit avec tous les écrivains et les éditeurs qui y vivent ainsi que toutes les bibliothèques et librairies qui y ont pignon sur rue.

Un vent de liberté, d’audace et de créativité flotte sur cette 18e édition et je m’en réjouis! Au moment d’écrire ces quelques lignes, je ne peux cependant m’empêcher de penser que le FIL a bien failli ne pas fêter ses 18 ans… Ce n’est plus un secret: l’année dernière, à pareille date, nous apprenions que nous perdions une part importante de notre financement public. Cela ne nous a pas empêché de vous offrir une très belle édition en 2011 mais pour la première fois, depuis sa fondation en 1994, le FIL s’est retrouvé ensuite confronté à une situation financière précaire mettant en péril son développement et son avenir.

J’ai déjà écrit que je me sentais par moment comme un Don Quichotte avec ses moulins à vent, tentant de convaincre les uns et les autres de l’importance d’un événement littéraire comme le FIL. Ce n’est plus le cas. Je tiens à remercier tous les écrivains, artistes, partenaires et donateurs ainsi que les subventionnaires qui ont soutenu le FIL tout au long de cette crise. Au cours de la dernière année, nous avons reçu des dizaines de lettres d’encouragement d’ici et d’ailleurs. Nous avons été les heureux bénéficiaires de la première soirée Coup de coeur de Renaud-Bray. Notre soirée bénéfice du mois de mars dernier a connu un immense succès qui a dépassé toutes nos espérances. Et puis, il y a eu tout récemment cette nouvelle inattendue: le Patrimoine canadien nous accorde à nouveau sa confiance en nous redonnant une partie importante du financement qui nous avait été retiré en 2011. Bien sûr, la partie n’est pas totalement gagnée pour les années à venir mais c’est avec soulagement et bonheur que nous vous accueillerons du 21 au 29 septembre 2012 au 18e Festival international de la littérature (FIL).

Je vous souhaite un excellent festival et de très belles lectures,

Michelle Corbeil
Directrice générale et artistique

PHOTOS DU LANCEMENT

Literature Poetry
Quali

(Fr) Le lancement à la SAT s’est très bien déroulé!

Après une grosse journée d’entrevues et de balances de son, j’ai finalement pu engloutir deux hot-dogs-steamés-all-dressed à la manière de Takeru Kobayashi vers 16 h 45. Au même moment, les invités commençaient à s’introduire dans la SAT.

Nous avons rapidement pu rencontrer notre bon ami Claude Deschênes de Radio-Canada, où Mitsou nous a rejoints pour compléter l’entrevue.

Suite à cette course folle d’entrevues et de salutations d’amis, il était déjà l’heure de pénétrer la Satosphère pour remercier les collaborateurs et offrir une mini-performance.

Le petit 15 minutes de musique a été très bien reçu par le public, qui était absorbé par les projections sur le dôme.

Mes deux steamés ont fait finalement très bon ménage avec les quelques bières bien méritées après cette journée!

Signé Luis

Music
fannybloom

(Fr) « Dé-Patérée » et assumée

Exit La Patère Rose, l’heure est au vol en solo. Les deux mains tiennent solidement le gouvernail. Dans la vie, il y a des gens beiges… et puis il y a des gens comme Fanny Bloom.

Mardi 6 mars, 11 h 20. Je gare ma voiture entre deux icebergs sur le Plateau et je trotte jusqu’à La Tulipe. Il fait bon. Le printemps tente une percée en zone adverse. Dans ma tête, un refrain me martèle depuis ma levée de corps. C’est celui de « Parfait parfait », premier extrait d’Apprentie guerrière de Fanny Bloom.

Ce premier album solo vous rentre dedans. Aidée de sonorités techno des années 80, de percussions tribales ou de piano classique, Fanny Bloom évacue. Elle chante sa peine, ses remords, ses deuils. Le côté éclaté de l’ère Patère Rose est sur la voie d’accotement. C’est dorénavant une femme qui s’exprime. Sur la touchante « Shit », elle donne le ton dès les premières notes : « Tous les jours sont des jours gris. Je sais, tout est de ma faute ».

À La Tulipe, ça grouille partout. On s’affaire à monter le décor pour le spectacle-lancement. Jane, la relationniste de Fanny, m’emmène au sous-sol afin de trouver un endroit tranquille pour l’entrevue.

Mon but n’est pas de parler de son ancien groupe. Tout a été dit et redit à ce sujet. Fanny Bloom est assise devant moi, sur un sofa zébré et nue bas. L’occasion est belle d’en savoir un peu plus sur ce personnage fascinant.

F.T.   As-tu réussi à dormir la nuit dernière? 

F.B.  J’ai eu de la misère à m’endormir mais après je me suis tapé une nuit.

F.T.  As-tu une chanson que tu penses ne jamais te tanner de jouer un jour ?

F.B.  Je joue toujours la chanson « Mon hiver » pendant les tests de son car elle est simple et ne dure qu’une minute et demi. Cette chanson a été écrite pour une pub de parfum mais elle ne fut pas retenue alors je l’ai gardée…

F.T.  As-tu des craintes par rapport à l’industrie musicale, vers quoi ça se dirige avec le piratage, le numérique et tout?

F.B.  Je suis dans cette réalité depuis le début. Avant, un chanteur établi vendait 10 000 copies la journée du lancement. Maintenant, 25 000 albums vendus, c’est un succès. D’ici peu, l’industrie va sûrement trouver une façon de rendre ça plus lucratif pour les artistes. Tu ne peux te battre contre le piratage et de toute façon, je trouve ça con de vouloir faire ça. Mais il va falloir trouver une solution pour que les artistes puissent vivre de leur musique sinon on va tuer l’industrie.

F.T.  Ton dernier coup de cœur musical?

F.B.  Lana Del Rey. Chaque extrait qu’elle a sorti me faisait halluciner. Mais quel fiasco à Saturday Night Live! Je ne sais pas c’est quoi son problème en fait! (rires). Mais quand je l’écoute, ça me fait tellement d’effet!

F.T.  As-tu un plaisir coupable?

F.B.  J’en ai plein! J’aime fumer (rires), boire (rires) et boire du café (aucun rire). Sinon musicalement je ne me sens pas mal d’écouter des choses kitsch.

F.T.  Il y en a qui aiment Lady Gaga mais qui ne le disent pas.

F.B.  Ce n’est pas de la merde ce qu’elle fait. Je ne suis pas fan de sa musique mais le personnage me fait capoter. Je la respecte.

F.T.  J’ai vu ton clip pour la chanson Parfait parfait.

F.B. (rires gênés)

F.T.  Ça fait très années 80 avec le synthé…

F.B.  Oui mais l’album n’est pas QUE ça. Tant mieux si le clip a provoqué de vives réactions! (rires).

F.T.  Que penses-tu de la musique des années 80?

F.B.  J’ai pas beaucoup aimé ce qui se faisait. Par contre, c’est pas vrai que tout était poche. J’en garde une nostalgie car je suis née en 1986. Chez moi, Phil Collins et Genesis ça jouait souvent! (…) On a joué le jeu pour mon clip. Tout est exagéré, over the top! On se trouvait donc drôles avec nos faux ralentis!

F.T.  Ce qui te fâche dans la vie?

F.B.  Hé boy, bien des choses! (pause). Ceux qui ne savent pas marcher drette sur le trottoir! Câline…

Fanny se lève et fait la démonstration de quelqu’un qui marche croche. Moment magique.

F.B.  En tout cas. Ça me fâche en ta! (rires).

F.T.  Je te dis un mot et tu me lances la première chose à laquelle tu penses.

F.B.  Isshhhhhhhh!

F.T.  Politique?

F.B.  J’comprends rien.

F.T.  Campagne?

F.B.  Bonheur de l’enfance.

F.T.  Ville?

F.B.  Alcool.

F.T.  Pression?

F.B.  Euh…de la bière pression?!

F.T.  Je la voyais venir celle-là!

F.B.  (éclat de rire).

F.T.  Technologie?

F.B.  J’comprends rien.

F.T.  Idole?

F.B.  (Pause). Bon Iver

F.T.  Ambition?

F.B.  Le monde?!

J’avais demandé à Fanny de penser à quelques questions qu’on ne lui pose jamais. Elle a accepté de jouer le jeu.

F.B.  Ma couleur préférée?! On ne me l’a jamais demandé sérieusement. En fait, j’aime ce qui est multicolore mais je déteste le orange!

F.T.  Tu ne dois pas aimer Youppi.

F.B.  J’ai aucune opinion sur Youppi! (rires). Mon film préféré à vie?! C’est Match point de Woody Allen. Mais j’ai aussi a-d-o-r-é Midnight in Paris. D’ailleurs, il faudrait que je me l’achète.

F.T.  Je suis d’accord.

F.B.  Et finalement, où j’aimerais habiter?! J’aimerais vraiment habiter en Europe (…) sinon dans un pays chaud ou riche. En fait j’aimerais être riche! En tout cas, pas de -40 degrés, pas de sloche. ÇA ME TUE!! Mais rien ne bat le printemps. Oh my God!

Ce mois-ci, Fanny pourra mettre son manteau d’hiver de côté puisqu’elle se rendra à Austin au Texas pour le festival South By SouthWest. Par la suite, elle partira trimbaler sa forêt enchantée un peu partout au Québec. Si vous la croisez, faites gaffe. Elle est peut-être apprentie guerrière, mais ses dents sont déjà aiguisées.

Ainsi soit-il.

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