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Emmanuelle Riva (Anne). Photo de Darius Khondji, (c) Films du Losange, Courtoisie de Sony Pictures Classics.

(Fr) Au cœur de Amour

Aimer, c’est nous rendre vulnérable, à la merci de cette personne ou de cette chose que l’on aime. Et si elle partait ?  Et si elle ne m’aimait plus ? Et si la vie nous séparait?

Et qu’en est-il de la mort qui isole les destins ?  Car rien n’est plus universel; peu importe notre statut social ou nos croyances, la mort viendra tous nous chercher un jour. Tout ce qu’il est possible de souhaiter, cest au mieux, de mourir dans la dignité et auprès des gens que nous aimons.

Ces deux thèmes forts, intrinsèques à l’humain, sont au cœur de Amour, le tout dernier film de Michael Haneke, qui nous rappelle que nous sommes avant tout des êtres fragiles. Devant l’amour comme devant la mort.

C’est l’histoire d’Anne et de Georges, qui coulent des jours tranquilles. Amoureux depuis leur jeune âge, ils ont vieilli côte-à-côte, la douceur des jours qui passent ayant forgé leur relation et leur complicité.  Jusqu’à ce qu’un incident survienne et fasse perdre toute autonomie à Anne, celle-ci devenant peu à peu étrangère de sa propre vie.

Emmanuelle Riva (Anne) et Jean-Louis Trintignant (Georges). Photo de (c) Films du Losange, Courtoisie de Sony Pictures Classics

D’un rythme lent et sans intrigue véritable, Amour est un film qui se ressent. Hyper réaliste, on assiste à une chute,celle de Anne, mais aussi àcelle de leur amour tel qu’ils le connaissaient.

Huis clos parfois claustrophobique mais avant tout intimiste, Amour n’aurait pu porter un nom plus juste. Car bien avant la dégradation et la souffrance, il s’agit de l’histoire d’un grand amour qui se termine, d’une vie qui s’envole. Amour et une œuvre enrobée de tendresse.

29e oeuvre du réalisateur autrichien Michael Haneke, Amour pourrait bien être un des films les plus récompensés du cinéaste, avec notamment cinq nominations aux Oscars.

La carrière de Haneke comporte cependant déjà plusieurs films forts appréciés du public et des galas.

Le Septième continent fût le premier long métrage de celui-ci, en 1989. D’autres films suivront rapidement, mais c’est Funny Games (1997) qui sera son premier film présenté à Cannes, un film qui d’ailleurs, causera beaucoup de remous en raison de sa violence. C’est Haneke lui-même qui réalisera des années plus tard, soit en 2008, le remake américain de ce même film, mettant en vedette Naomi Watts et Tim Roth.

Suivra le magnifique La Pianiste, interprété par l’une de ses muses, Isabelle Huppert, que l’on retrouve d’ailleurs aussi dans Amour. Le film remporta en 2001 le Grand Prix à Cannes.  Haneke deviendra alors l’un des auteurs les plus cotés du cinéma européen.

Il obtiendra sa première Palme d’Or à Cannes en 2009, grâce au troublant Le Ruban Blanc, un film relatant les racines du nazisme.  Amour sera sa 2e Palme d’Or.  Un exploit, sachant que très peu de réalisateurs auront reçu 2 fois cette distinction majeure au cours de leur carrière.

Amour ne serait pas ce chef d’œuvre sans le talent et la justesse d’interprétation de Jean-Louis Trintignant et d’Emmanuelle Riva. Ce couple, on y croit, on le ressent.

Mais Trintignant a failli ne pas y jouer, lui qui avait définitivement abandonné le cinéma des années plus tôt, et ce, pour les planches du théâtre.  Mais l’admiration qu’il a pour Haneke a eu raison de lui, et heureusement!  Un tournage qui fut très émotif, mais hautement révélateur pour l’acteur. Avec plus de 130 films au cours de sa carrière, Trintignant mentionne que Amour est le plus beau de sa carrière, et le dernier.

Michael Haneke et Jean-Louis Trintignant. Photo de © Denis Manin, Courtoisie de Sony Pictures Classics.

Quant à Emmanuelle Riva, c’est avec étonnement qu’elle apprend qu’elle sera en nomination aux Oscars pour « meilleure actrice », pour son interprétation d’Anne dans Amour. À 86 ans, elle sera l’actrice la plus âgée à être en nomination dans cette catégorie, sans compter qu’elle y sera avec la plus jeune jamais nominée : Quvenzhané Wallis, 9 ans, pour son jeu dans Les Bêtes du sud sauvage.

C’est en 1959, dans Hiroshima mon amour,  qu’Emmanuelle Riva se fera connaître mondialement.  Quelques années plus tard, elle sera couronnée à la Mostra de Venise pour son interprétation dans le film Thérèse Desqueyroux de Georges Franju.

Tout ces talents au service du réalisateur ont fait de Amour un film à voir. Bien qu’il soit par moment exigeant pour le spectateur, ce film vit en nous bien longtemps après son visionnement puisqu’il est pratiquement impossible d’en ressortir sans toutes ces questions, sans cette boule dans le ventre qui nous amène à nous demander ce que la vie nous réserve, si quelqu’un sera à nos cotés une fois malade, ou alors, si nous serions capable d’une telle dévotion et d’un tel amour.

Amour, un mot magnifique, pour un tout aussi magnifique film.

L’Excentris présente Amour plusieurs fois par jour.  

Sources :

http://www.allocine.fr/article/fichearticle_gen_carticle=18618019.html
http://fr.wikipedia.org/wiki/Michael_Haneke
http://www.leparisien.fr/cinema/actualite-cinema/amour-trintignant-j-avais-peur-que-cette-histoire-fasse-trop-souffrir-24-10-2012-2261045.php

Cinema

The Art of Pretending: A Contemporary Love Story

A modern twist on the classic French play by Marivaux : The Game of Love and Chance

Before I reveal my thoughts on this play, I must admit that the last time I attended a play was back in high-school where my preferred method of transportation was a yellow school bus. I saw the never-aging tale of Romeo and Juliet, surely a rite of passage for any teenager. I had always loved theatre and had even gotten to be center stage a couple of times (this stays between us), but as I grew older my interest for this art form faded… I was in for a pleasant surprise when I walked into the Centaur Theatre for the premiere of The Game of Love and Chance on March 6th.

Theatre always appeared to me to be mostly for older, sophisticated and refined people. Believe me when I say that this play surely proved me wrong; it gave a new meaning to the term “accessibility”. I LOVED every moment of this very enjoyable and unpretentious love story! I don’t even know where to begin…

The plot, although written in the 18th century, was timeless and reflected all the intricacies of today’s love stories. As a 21st century entertainment buff, I’m used to all of the twists and turns of modern day love and friendship ties brought to you by yours truly,HOLLYWOOD. As the show progressed, I found myself entwined in the complexities, deceits and musings of the characters on stage. It felt as though I was watching an episode of Gossip Girl live. Rich people deceiving one another for love (it had Chuck and Blair written all over it!).

Not only was Nicolas Billon’s adaptation of Marivaux’s play funny, witty and daring, but it was filled with an underlying, sexually comical tone that was sure to spark crowd reaction, all without losing tact of course. The humour was on point and so well delivered that you could not help but burst out laughing (to the dismay of my next-seat neighbourgh…).

The interaction between the cast members was graceful and the scene changes were seamless (Kudos to Catherine Tardiff, an eclectic choreographer who brought the stage to life with her choreographies).There was always something going on to keep the audience interested whether it was the brother’s silly candy eating habit, Bourguignon’s grandiose entrances, or the sly comments. Although all of the cast members were quite exceptional, my coup de coeur goes to Gemma James-Smith, acting as Lisette. Her ability to transfer from one role to another is captivating and her acting is inspiring.

Billon’s modern adaptation of old-fashioned theatre has left me wanting more. It’s great to see that theatre for everybody. I can certainly say that my days of theatre-going are far from over.   For more on the play, have a look at behind the scenes videos HERE, but mostly take advantage of their last week inMontreal to go see the play live before they move on to the big TO.

Theatre