Beatles_Pointe-à-Callière, Caroline Bergeron

(Fr) Les Beatles à Montréal : revivre l’hystérie

Les Beatles sont un de ces rares groupes légendaires qui fascinent depuis toujours l’imaginaire collectif et qui ont eu un réel impact sur le paysage musical international. Pour souligner le 50e anniversaire de leur venue à Montréal, le musée de Pointe-à-Callière présente l’exposition Les Beatles à Montréal  jusqu’au 30 mars 2014.

La première salle sert d’introduction et contient une présentation de chacun des membres ainsi qu’une ligne du temps détaillant l’histoire du groupe britannique. Il s’agit d’une bonne entrée en matière pour les néophytes des Beatles, s’il en existe encore, mais qui va aussi satisfaire la curiosité de tout le monde en soulevant d’intéressants faits et moments du groupe qui sont moins connus. On peut notamment regarder quelques extraits de vidéos de l’époque qui permettent de comprendre la folie que les Beatles provoquaient et le phénomène social derrière leur musique. C’est aussi dans ce premier volet de l’exposition que se trouve la célèbre voiture de John Lennon, une Rolls-Royce Phantom V peinte de motifs floraux sur fond jaune vif, et je peux vous assurer qu’il s’agit d’un point fort de la visite.

Photo : Pointe-à-Callière, Caroline Bergeron

Photo : Pointe-à-Callière, Caroline Bergeron

On arrive ensuite à une portion plus interactive de l’exposition qui vous donnera l’occasion de démontrer activement votre amour des chansons du groupe. Juchés devant un écran géant, quelques micros attendent les visiteurs et leur permettent d’offrir une performance de karaoké de certaines chansons interprétées par le célèbre groupe lors de son passage au Ed Sullivan Show. Lorsque j’y suis allé, quelques personnes se sont laissées prendre au jeu, mais ce qui était vraiment intéressant était de voir la majorité des visiteurs taper du pied et chantonner sans nécessairement vouloir se donner en spectacle. Dans le même esprit, c’est dans cette salle qu’on trouve des reproductions ou des modèles similaires de plusieurs guitares utilisées par les Beatles. En tant que musicien, j’ai trouvé intéressant d’observer tous ces instruments qui représentent bien la diversité et l’évolution du son du groupe. On peut aussi voir quelques items de collection, parmi lesquels j’ai bien aimé une photo plutôt amusante prise avec Mohammed Ali.

La seconde partie de l’exposition, située au deuxième étage, est principalement dédiée à la venue des Fab Four à Montréal. On y montre beaucoup d’objets de l’époque tels que des vêtements d’adolescents, des tourne-disques portables, etc. C’est particulièrement intéressant pour les gens qui, comme moi, n’ont pas connu les années 1960. Cela nous permet de mieux comprendre et imaginer le portrait social du Québec d’alors. Je pense notamment à un extrait d’un reportage dans lequel l’interviewer demande à une jeune femme si elle accepterait d’épouser quelqu’un avec une coupe de cheveux comme celle des Beatles et si elle croit qu’ils lui doivent leur succès…

Photo : Pointe-à-Callière, Caroline Bergeron

Photo : Pointe-à-Callière, Caroline Bergeron

Si vous avez des doutes sur la frénésie provoquée par les Beatles chez les Québécois (et Québécoises !), peut-être que d’apprendre que cent jeunes femmes ont dû recevoir des soins médicaux lors des deux concerts donnés au Forum changera votre opinion. Vous découvrirez plusieurs faits plutôt impressionnants qui aident à apprécier l’ampleur réelle de la venue du groupe à Montréal. Les responsables de l’exposition ont aussi réalisé des entrevues avec diverses personnalités, dont Janette Bertrand, qui ont assisté aux spectacles ou simplement vécu le phénomène de l’époque. On peut aussi voir un grand nombre de clichés inédits des spectacles ainsi qu’une « revue de presse » de l’événement que j’ai trouvée amusante. L’exposition cherche aussi à montrer l’influence que les Beatles ont eue sur les groupes québécois de l’époque. On dévoile plusieurs articles authentiques ayant appartenu à ceux-ci, notamment les Baronets, les Classels, les Hou-Lops, les Sultans, etc. De plus, il est possible d’utiliser un jukebox qui joue plusieurs clips d’époque de leurs performances.

Photo : Pointe-à-Callière, Caroline Bergeron

Photo : Pointe-à-Callière, Caroline Bergeron

Le reste de l’exposition est composé de plusieurs items commémoratifs, notamment une tonne d’objets promotionnels de l’époque à l’effigie du groupe. Mon coup de coeur est venu vers la fin de l’exposition et vaut à lui seul le déplacement : la vidéo complète du dernier concert joué par le groupe, un événement impromptu  sur le toit de l’immeuble abritant leur studio. Je ne crois pas qu’il existe une plus belle façon de conclure que d’enfiler une des paires d’écouteurs et se laisser bercer par la musique en regardant ce concert mythique le temps d’une ou deux chansons. Ou un peu plus, comme je l’ai fait au grand dam des autres visiteurs attendant leur tour…

Museum Exhibition
Untitled (Windows), 2010. Lynne Cohen

(Fr) Rentrée hivernale au MAC pour qui veut voir

C’est un nouveau départ au Musée d’art contemporain de Montréal. Faux Indices de Lynne Cohen, photographe canadienne de renommée internationale, Uraniborg de Laurent Grasso, sa première exposition d’envergure en Amérique du Nord, le tout pimenté par une création multimédia, 4000 Disparos du brésilien Jonathas de Andrade. Ça vient de débuter au Musée, et ce sera sur les murs, ou les écrans, jusqu’au 28 avril 2013.

Mon premier billet pour La Vitrine, date d’octobre 2012 et portait sur la nouvelle exposition du Musée d’art contemporain. Afin de démarrer un nouveau cycle, me voilà de nouveau à la conférence de presse du Musée pour le lancement hivernal. Je suis toujours impressionnée par le soin qu’ils mettent à articuler l’ensemble des expositions. Elles semblent toujours être disparates, mais, à bien y regarder, on y aperçoit une thématique. Une toile se tisse qui révèle une unité d’ensemble.

Untitled (Mauve Wall), 2010. Lynne Cohen. Collection du Musée d’art contemporain de Montréal

Untitled (Mauve Wall), 2010. Lynne Cohen. Collection du Musée d’art contemporain de Montréal

Pas de choix de parcours. On débute avec les photographies de Lynne Cohen, qui mènent vers l’entrée de l’exposition de Laurent Grasso, une mise en scène hétéroclite du regard, un long corridor que l’on devra parcourir une deuxième fois et que l’on terminera, alors que l’on sortira, avec la projection multimédia de Jonathas Andrade. C’est une exposition qui peut se vivre en plusieurs temps. Le premier étant celui des anecdotes, des histoires que l’on se raconte alors que l’on parcourt les œuvres. Tout est possible devant les lieux, vides, et «trouvés» de Lynne Cohen. Qui aurait bien pu être présent dans cet espace? En quelle année celle-là a-t-elle été prise? Qu’est-ce qui a bien pu être vécu dans ce bureau? Qui s’est assis sur cette chaise?

Dans un deuxième temps, on peut se questionner sur ce que l’on regarde. Ces lieux existent-ils? Ces carrelages lustrés, ces effets miroirs sur ces surfaces polies, chacun des lieux se réfléchit lui-même amenant celui qui regarde à se questionner sur la véracité des espaces. Il n’y a pas d’extérieur représenté, toutes concernent des espaces moyens recouvertes de marbre, de tapis, d’eau, de mannequins. Elle nous demande, elle l’a dit en conférence de presse, de prendre cela avec humour. Il n’y pas de figuration, du moins pas directe. Il y a beaucoup d’absents, des mannequins, des calques, des photographies. Bref, qu’est-ce qu’on voit dans ces photographies? Le vrai, le faux? Le vrai faux? Ou le faux vrai? Ainsi, dans un troisième temps, il est question de camouflage idéologique et c’est Lynne Cohen qui l’affirme. La question est de savoir si ce que l’on regarde est déguisé par la forme des lieux représentés.

Uraniborg, Jeu de Paume, Paris, France 2012. Laurent Grasso  Photo : Romain Darnaud

Uraniborg, Jeu de Paume, Paris, France 2012. Laurent Grasso
Photo : Romain Darnaud

On enchaîne avec Uraniborg, de Laurent Grasso. Ici, dans ce premier corridor, qui mènera au suivant, jusqu’au cul-de-sac qui oblige à revenir sur ses pas, et revoir tout ce qui vient d’être vu sous un nouvel angle, il est question de temps et d’espace. C’est l’intention de l’auteur, je suis formelle sur ce point, de faire expérimenter, à celui qui s’y trouve, une dématérialisation du temps, «un décalage avec la réalité», dit-il. Dans un premier temps, on est plongé dans l’obscurité à regarder par des fenêtres, des ouvertures, vers des œuvres disposées. Elles semblent anodines et anecdotiques. Pourtant, non. C’est ainsi que dans un deuxième temps, on comprend qu’il existe une constellation liant toutes ces œuvres, livres, tableaux, impressions, statues, vidéos, etc. Ils parlent tous de la perception, à l’œil nu, via une camera attachée sur le dos d’un faucon, via la lecture, via la contemplation. L’exposition questionne le rapport qu’entretient l’observation avec le politique. Ainsi, dans un troisième temps, il faut ouvrir les yeux et chercher à comprendre le présent.

Les Oiseaux, 2008. Laurent Grasso. Vidéo DV Couleur, son, 8 min 55 s. Avec l’aimable permission de la Galerie Chez Valentin, Paris / Sean Kelly Gallery NY  Photo : Romain Darnaud

Les Oiseaux, 2008. Laurent Grasso. Vidéo DV Couleur, son, 8 min 55 s. Avec l’aimable permission de la Galerie Chez Valentin, Paris / Sean Kelly Gallery NY
Photo : Romain Darnaud

La toile se dévoile et apparaît alors un questionnement sur le regard, sur ce que l’on voit, et ce que l’on croit voir. Voir, et ce que nous oublions de regarder. Ainsi peut-on se demander si ce que l’on admet comme visible fait partie d’un dispositif plus large, politisé, historique. Mais bon, on peut aussi, tout simplement, prendre plaisir à sa ballade et admirer les prouesses techniques de la scénographie de Laurent Grasso, la qualité des photos de Lynne Cohen et se laisser porter par une vidéo de Jonathas de Andrade.

Museum Exhibition
Montréal, 2012 © Mimmo Jodice

(Fr) Mimmo Jodice, Villes Sublimes. Qui nous regarde?

Quel mois de décembre! Une fin de session qui s’éternise, j’ai à peine eu le temps de faire un saut au musée McCord. Je souhaitais, pour la première fois, mettre les pieds au Musée McCord et voir sa collection. D’une pierre deux coups, j’en ai profité pour donner un coup d’œil à l’exposition Villes Sublimes de Mimmo Jodice. Et vous, si le désir vous prend de voyager, tout en restant à Montréal, l’exposition fait présence jusqu’au 3 mars 2013.

J’ai donné rendez-vous à mon partenaire de musée favori, un dimanche matin. Le musée était à peine murmurant. Plusieurs familles étaient présentes pour l’exposition ludique Jouets 3. Nous en avons profité pour faire un tour complet et contempler toutes les autres expositions. La fin du monde… en caricature, Marie-Claude Bouthillier|Grand-mère, Montréal – Points de vue.

Nous étions là pour ces superbes photos que nous rencontrons souvent dans le métro. Paris et Venise, deux villes qui nous font rêver. Elles occupent une place importante dans notre imaginaire de voyage, et aussi dans notre imaginaire romantique. Sur place, il y a plus. Naples, Rome, Moscou, São Paolo, Tokyo, New York, Boston, Londres, Lisbonne et Berlin. De quoi ramener à la mémoire des images de ces nombreux voyages passés. La cerise, ce sont ces photos de Montréal. Mimmo Jodice, un des plus importants photographes italiens de sa génération, présente cette ville, notre ville, dans son rapport avec la lumière et le ciel. Les photos de Montréal ont été prises spécialement pour cette exposition.

Venise, 2011
Tirage jet d’encre aux pigments de carbone sur papier coton, 2012 © Mimmo Jodice

Montréal nous est dévoilée telle que nous la connaissons, et telle que nous ne l’avons jamais vue. La lumière est évanescente. Beaucoup parlent de l’intemporalité de ses photos, de sa recherche de la lumière du ciel et des édifices. Il dit qu’il ne choisit pas les villes, que les villes le choisissent. Quel lien entretient-il avec ces villes? Les photos sont effectivement sublimes, elles ne montrent pas le quotidien. Il n’y pas de figuration humaine, ou presque, certains lieux sont inévitablement habités mais ces présences restent fantomatiques.

Villes Sublimes, voilà un titre qui m’interpelle. Qu’est-ce que le sublime? Ce qui mérite l’admiration, qui est haut dans la hiérarchie des valeurs. C’est ce que mon Petit Robert dit. Il ajoute des mots-clés, beau, divin, élevé, éthéré, transcendant. Qu’ont-elles de sublimes ces photos? Elles parlent de notre rapport à ce qui nous entoure, à ces architectures et leur rapport à l’espace. Sur plusieurs photos, nous voyons de l’eau, non pas interprétée comme habituel miroir, mais comme quelque chose qui entoure, qui isole.

Dans cette exposition, on ne trouve pratiquement aucun texte. Seulement le nom de ville. Rien de plus. Ce qui laisse beaucoup de liberté au regard. Les photographies sont toutes en noir et blanc, toutes issues de l’argentique. Elles sont agencées selon un jeu de formes et de volumes qui porte à la contemplation. Le noir et blanc propose souvent une certaine nostalgie qui, elle, ne se retrouve pas dans cette série. La nostalgie parle du temps, et si ces photos sont bien intemporelles, il n’y pas lieu de l’évoquer. S’il existe une nostalgie, c’est la mienne. Plusieurs jours plus tard, les photographies se présentent encore à ma mémoire. Elles me font caresser du regard des profils de villes recouvertes de la dernière bordée de neige. Quelles photographies aurait-il prises de ce nouveau paysage urbain emmitouflé?

Museum Exhibition
musik5nov01

(Fr) Musik – du son à l’émotion : démystifiez la musique

C’est la semaine dernière que s’est tenu le lancement de l’exposition Musik : du son à l’émotion qui sera présentée au Centre des sciences de Montréal jusqu’au 10 mars 2013. Élaborée avec la collaboration et la participation de scientifiques et de musiciens – notamment le groupe Simple Plan –, l’exposition vise à nous faire découvrir comment et pourquoi la musique permet d’exprimer et de faire ressentir des émotions ainsi qu’à démystifier notre rapport avec celle-ci. Munis d’un baladeur numérique, les visiteurs sont conviés à créer leur propre extrait musical afin de pouvoir mettre directement en application les connaissances acquises durant les diverses activités interactives jalonnant les salles de l’exposition.

Le visiteur est invité à traverser six salles, parmi lesquelles cinq sont dédiées à des thématiques en lien avec la création de son œuvre musicale : les émotions, le rythme, les mélodies, les timbres et le mixage. À la manière d’une exposition plus traditionnelle, la sixième et dernière salle est consacrée au groupe Simple Plan.

Crédit Photo : Centre des sciences de Montréal

Les différentes salles débordent d’informations sur les différents thèmes de la création musicale et sur l’influence que ces éléments de la musique ont sur nous. Le visiteur y est invité à créer, sur son baladeur numérique, sa propre pièce musicale. Le concept est plutôt sympathique, car il offre beaucoup de possibilités et permet d’expérimenter avec différentes idées. Aussi amusant cet aspect soit-il, il ne faut toutefois pas penser que l’exposition se limite à cela et passer en coup de vent dans le reste de l’exposition.

L’exposition mise sur la collaboration de plusieurs intervenants scientifiques qui offrent une perspective intéressante sur notre compréhension de la musique. Par exemple, saviez-vous que le timbre des sons de la guitare classique présente des ressemblances avec celui de certaines voyelles ? Plusieurs aspects de la musique sont couverts : la manière dont notre cerveau réagit à la musique, les effets de celle-ci sur la socialisation, c’est-à-dire comment la musique fait réagir lorsque l’expérience est partagée par un groupe, par le biais d’une activité de jam-session assez amusante.

D’ailleurs, la mise en application des concepts présentés se fait par le biais de différents jeux et éléments interactifs qui sont bien réussis. De plus, il est possible d’essayer de nombreux instruments, allant d’une traditionnelle guitare, dont les instructions de jeu sont données par un guitariste de Simple Plan, à divers types de percussions (idiophones). Personnellement, j’ai particulièrement apprécié de pouvoir jouer avec le thérémine, un instrument sur lequel on doit bouger nos mains près d’une antenne afin de modifier les sons produits par ses circuits électriques.

Crédit photo : Centre des sciences de Montréal

La dernière salle de l’exposition détonne un peu du reste car elle s’attarde simplement à la carrière du très populaire groupe québécois en vedette tout au long de l’exposition, Simple Plan. On peut y admirer quelques instruments appartenant aux membres du groupe, mais surtout divers accessoires, trophées et autres reliques témoignant de leur ascension. Cette salle retrace également l’histoire du groupe et présente des affiches, des photographies et des lettres datant de l’époque où certains membres faisaient encore partie du groupe Reset. Bref, de quoi plaire à tous les admirateurs et curieux.

On apprend au cours de l’exposition que l’apprentissage de la musique favorise l’activité intellectuelle. À cet égard, Musik : du son à l’émotion permet de muscler son cerveau et de faire des découvertes, le tout dans une ambiance très ludique et interactive. Je vous invite à visiter l’exposition et à partager votre création musicale avec nous. Pour briser la glace, voici celle que j’ai réalisée : http://www.jukeboxemotif.com/inc//2012-11-06/1352246868-phpaCASgl.mp3

Museum Exhibition
Les falaises à Étretat_Claude Monet

(Fr) Ballade chez les Impressionnistes

Depuis le 13 octobre 2012, le Musée des Beaux Arts de Montréal présente l’exposition « Une histoire de l’impressionnisme », plus communément rendu par le « Il était une fois l’impressionnisme » des panneaux publicitaires du métro de Montréal. L’exposition se terminera le 20 janvier 2013. Oui! Oui! Après Noël. Vous avez donc encore plusieurs semaines devant vous pour aller faire votre visite.

Le musée profite de l’heureuse présence en ville de la collection du Sterling and Francine Clark Art Institute et nous présente un parcours de l’impressionnisme. L’exposition s’articule autour de la collection personnelle de « Mr. Anonymous », Robert Sterling Clark, héritier de la compagnie des machines à coudre Singer. L’organisation se veut quelque peu pédagogique, l’accrochage est généreux, l’atmosphère est chaleureuse. Vous ne connaissez rien des impressionnistes? Voilà votre chance! Sinon, vous êtes devant l’opportunité d’augmenter votre répertoire personnel. Ces grands peintres sont trop souvent connus pour un répertoire restreint et métonymique.

Une loge au théâtre (Au concert) par Pierre-Auguste Renoir
Limoges 1841 – Cagnes-sur-Mer, 1919.
© Sterling and Francine Clark Art Institute, Williamstown, Massachusetts, USA
(Photo by Michael Agee)

Dimanche matin, 10 h, j’attends un ami qui m’accompagnera. Lui aussi en a vu d’autres des toiles impressionnistes. Mais nous ne les avons jamais toutes vues. C’est qu’ils en ont peint des tableaux les impressionnistes. La rapidité d’exécution le permettait. À titre d’échelle de grandeur, Les falaises à Étretat, peint en 1885,  est l’un des 50 tableaux qu’a peints Monet entre octobre et décembre… c’est pour dire. Il y a beaucoup de Renoir, mais regardez bien, dans les coins ou sur votre droite, vous trouverez d’autres peintres. Berthe Morisot, et ses Dahlias, peint en 1876, par exemple.

Nous sommes entrés par les grandes portes du pavillon principal (rarement ouvertes au public). Tout un honneur. La collection se trouve dans le pavillon Michal et Renata Hornstein, c’est-à-dire le pavillon original de l’emplacement actuel du Musée. Nous montons le grand escalier de marbre et débutons notre balade. De vieilles pièces possédant encore d’immenses moulures dont les lumières, tamisées, nous enveloppent.

Petite danseuse de quatorze ans par Edgar Degas
Paris 1834 – Paris 1917
© Sterling and Francine Clark Art Institute, Williamstown, Massachusetts, USA
(Photo by Michael Agee)

Dans la première salle, dans un coin, le premier à gauche, il y a un tableau très doux. La lumière provenant de la fenêtre illumine ce qu’ils regardent, mais nous ne pouvons le voir. Ce sont des Amateurs d’estampes, peint par Honoré Daumier. La seconde salle, installe le ton, c’est la salle la plus impressionniste, au sens où il est coutume de connaître le groupe. Encore ici, allez dans les coins, voyez ce superbe Sisley, Les bords de la Seine à By, dont les branches rythment le mouvement et nous rappelle le vent. La troisième salle est la plus populaire. Vous allez y voir cette Petite danseuse de quatorze ans, par Edgar Degas. Scandaleuse, il y a de cela cent ans. Elle est exceptionnellement prêtée au Musée. Prenez la visite guidée, si cela vous plaît, le résultat en sera plus interactif. Enfin, la dernière salle met en parallèle les goûts éclectiques du collectionneur. Des toiles impressionnistes côtoie de la peinture académique : de jolies baigneuses, des paysages italiens, des scènes de genre et de l’orientalisme. Détournez votre regard de ce Charmeur de serpent, peint par Jean-Léon Gérôme, dont le bleu de l’arrière-plan captive vos yeux. Oui! Oui! Regardez à gauche, Gauguin, Toulouse-Lautrec et Bonnard. Quatre petits tableaux, sur un petit mur qui vous indique la sortie. Les quatre pièces les plus « inusités » de la collection. Mais quel visage cette Carmen!

Charmeur de serpents par Jean-Léon Gérôme
Vers 1879
© The Sterling and Francine Clark Art Institute, Williamstown, Massachusetts, USA

De l’autre côté, dans les nouveaux locaux, vous avez également la chance de pouvoir ajouter à cette exposition quelques tableaux appartenant au Musée et peint par Monet et Sisley. Et comme nous sortions, et que c’était dimanche, journée sacrée, et que tous les deux n’avions pas encore visité la nouvelle aile du musée où se trouve l’art québécois et canadien, nous nous sommes permis une petite gâterie. Osez.

Museum Exhibition
In the Cold Edge(2010)_Biggs_MAC

(Fr) Vues d’une fenêtre… sur l’Arctique

Du 4 octobre 2012 au 6 janvier 2013, le Musée d’art contemporain de Montréal présente deux expositions aux thématiques distinctes. La première est un bilan critique de l’œuvre de Pierre Dorion, artiste peintre québécois et s’articule autour de Chambres avec vues, une exposition présentée en 1999 dans un appartement vide donnant sur le Parc Lafontaine à Montréal. La seconde, de l’artiste brooklynoise Janet Biggs, présente 4 œuvres vidéographiques réalisées entre 2010 et 2012 dans des paysages extrêmes et des situations limitrophes.

Dans la première salle se trouve des toiles représentant des intérieurs fournies, une invitation à visiter les plus petites salles qui se trouvent à droite. Plus intimistes, la lumière diffuse éclaire des tableaux évoquant des souvenirs, parcelles de lieu déjà visités. Débute les portes, les fenêtres, les ouvertures, vues de l’intérieur ou de l’extérieur. Une série d’objets quotidiens agencés. La mise en espace de ce qui nous entoure, de ce que nous voyons, ou de ce que nous ne voyons plus, tous les jours. Les salles s’ouvrent, les toiles s’organisent en triptyques, et elles se dépouillent. L’exposition a été conceptualisée autour de la pratique actuelle du peintre. Elle matérialise la problématique de l’installation et de l’accrochage qu’exploite l’artiste.

Cette problématique est rendue à travers le choix de la disposition des œuvres dans leurs rapports à la conception des salles qui reçoivent l’exposition. L’agencement des toiles avec le plan des salles, des portes et des passages nous porte vers le contenu de l’œuvre. Les plans larges de villes et de fenêtres progressivement se minimalisent, la thématique se resserre autour du cadrage pour littéralement nous le dévoiler. Une des dernières salles, composée d’agencement de toiles (des polyptyques) conçues pour cette exposition, fait disparaître le cadrage dans un jeu synoptique hypnotisant.

Vestibule (Chambres avec vues) 2000, Pierre Dorion. Photo : Musée d’art contemporain de Montréal.

Enfin, la dernière salle, légèrement circulaire, cache derrière le rideau de velours noir  un écran sur lequel est projeté le vidéo A Step on the Sun (2012) de Janet Biggs. L’artiste s’est rendue en Indonésie où elle a suivit un mineur lors de sa routine quotidienne. Il travaille sur les flancs d’un volcan, toujours en activité, à récolter des pierres, cristaux de souffre, d’un jaune-orange fascinant qui tranche avec  la morosité du sol. Des plans se prolongent sur un lac turquoise lui aussi contrastant avec l’environnement hautement toxique et décoloré du volcan. La couleur de ce lac est également le résultat de la présence du souffre, la même substance qui oblige la présence du travailleur.

A Step on the Sun (2012) par Janet Biggs. Photo : Musée d’art contemporain de Montréal.

Une porte nous mène vers d’autres êtres solitaires, une mineuse de charbon, Brightness all Around (2011), et un explorateur de l’Arctique, Fade to White (2010). Une touche documentaire, certes, mais l’œuvre ne se situe pas à l’intérieur de cette configuration. L’alternance des plans suggère plutôt une mise en poésie, articulée entre l’image et le son. Les différents fils conducteurs de chacune des vidéos, la lumière et l’écho sur les parois, nous transportent vers des lieux de solitudes. L’étrange beauté des paysages naturels contraste avec la dureté de ces formes d’existence. Enfin, l’exposition se termine, ou débute, selon l’entrée, par In the Cold Edge (2010), qui fait partie de The Artic Trilogy.

C’est dans le cadre du projet Montréal/Brooklyn, séries de rencontres et d’échanges culturelles entre deux capitales de l’art contemporain, que s’inscrit la présence de Janet Biggs. Elle est accompagnée de l’artiste montréalaise Aude Moreau qui présente une nouvelle œuvre vidéo, Reconstruction, un magnétique travelling de l’île de Manhattan. Ces deux artistes présenteront, du 12 janvier au 23 février 2013 à Brooklyn, de nouvelles œuvres spécialement conceptualisées pour l’évènement.

Reconstruction (2012) par Aude Moreau. Photo : Musée d’arts contemporain de Montréal.

Les deux expositions sont distinctes par leurs thématiques et par leurs médiums mais le résultat est fluide, et nous amène dans un mouvement de contemplation intérieure. Et c’est l’état dans lequel nous sommes. L’intimité des espaces de Pierre Dorion et la proximité de lieux et des personnes où nous transporte Janet Biggs, nous sont normalement inaccessibles. Alors que tout semble éloigner ces deux expositions, elles sont intimement liées en ce qu’elles nous font traverser des espaces qui sont aussi les nôtres. Transi, nous regardons ce lent travelling qui nous mènera vers la sortie du musée, et à l’intérieur de la ville.

Museum Exhibition
DSC03488

(Fr) Trois expositions pour réfléchir aux forces abstraites de l’univers

Non contente d’avoir mis sur pied la fondation pour l’art contemporain DHC/ART, qui a ses pénates dans deux superbes bâtisses du Vieux-Montréal, Phoebe Greenberg vient tout juste d’inaugurer un autre centre de création artistique à la fine pointe de la technologie à cinq petites minutes de marche de là. C’est l’occasion pour tout curieux de se payer une petite visite de trois expositions offertes gratuitement au public, sans compter que DHC accueille présentement l’un des plus grands noms de l’art visuel ET de la composition musicale, le Japonais Ryoji Ikeda.

La première partie de l’exposition de Ryoji Ikeda, présentée dans le cadre dela Biennale d’art contemporain et distribuée sur les quatre étages de DHC/ART, établit le vocabulaire pur, délicat et précis de l’artiste qui travaille maintenant à Paris. À travers des rouleaux de piano mécanique, des schémas du ciel, des représentations d’ADN ou des constantes mathématiques comme pi ou phi, Ikeda révèle l’absurde d’un monde entièrement fondé sur des visions abstraites et binaires. Ses présentations minimalistes et extrêmement ordonnées, qui demandent une attention soutenue et presque scientifique, dégagent finalement une beauté renversante, presque religieuse.

Mais c’est lorsqu’on traverse au deuxième bâtiment de DHC que l’œuvre d’Ikeda prend tout son sens en une hypnotisante déflagration de lumière et de sons, sorte de grand big-bang en deux couleurs. Les constellations dont on avait étudié l’orchestration parfaite apparaissent là dans toute leur magnitude, et créent devant nos yeux un univers transcendantal.

Trois coins de rue plus loin, le temps de faire aérer nos neurones encore choquées par les images d’Ikeda pour se rendre au Centre Phi, l’installation du Montréalais Alexandre Burton s’assure de maintenir dans nos cerveaux un état d’anarchie. Ici, ce n’est plus à une représentation binaire du monde qu’on a droit, mais bien à la mise en avant de l’énergie qui sommeille en toute chose. Placées en veille dans une seule pièce, six immenses bobines tesla n’attendent qu’une petite présence humaine pour exploser sur les vitres qui leur font face et ricocher dans un large spectre de teintes et de sonorités. La puissance et l’imprévisibilité de l’électricité nous sont ainsi violemment rappelées dans un contexte qui invite à jouer avec le danger pour créer des œuvres uniques et extrêmement vivantes.

Photo Richard-Max Tremblay | Permission du DHC/ART

Pour ceux dont les jambes sont encore en état après les deux présentations précédentes, le Centre Phi propose d’expérimenter l’impact de la folie d’autrui sur notre propre système nerveux. Dans une toute petite salle baignée de blanc, le participant est confronté à un homme qui présente en cascade les symptômes de différents troubles mentaux. À mesure que son état s’intensifie et se laisse influencer par les gestes du spectateur, des capteurs de mouvements et un ordinateur dessinent la réponse physique du participant pour illustrer son « moment de folie », qui sera ensuite répertorié aux côtés de tous les autres fous temporaires sur le site amentia.com.

Un moment de folie suite à Amentia

Avec ces deux premières expositions au Centre Phi (Amentia de Jean-François Mayrand et Impacts d’Alexandre Burton, présentées respectivement jusqu’aux 14 et 21 octobre), la fondatrice Phoebe Greenberg émet un signal fort pour son nouveau centre multidisciplinaire et hyper technologique. On a bien hâte de voir ce que nous réserve le Centre Phi après sa période d’incubation, soit dès le 1er septembre. En attendant, DHC/ART propose de participer à l’exposition de Ryoji Ikeda en créant sur place notre propre message codé, ceci afin de prendre activement part à la réflexion de l’artiste sur l’échange constant d’informations qui est inhérent à l’ère numérique.

Museum Exhibition
Claude Lafortune

(Fr) Du papier et des mains

Après son passage au Musée des religions du monde à Nicolet, je suis très heureux de vous annoncer que l’exposition Colle, Papier, Ciseaux est présentée à la Maison de la culture de Longueuil jusqu’au 8 juillet 2012.

Qui ne connaît pas Claude Lafortune? Peut-être que le nom ne vous dit rien, mais c’est bien lui, le magicien du papier! En effet, sa série « L’Évangile en papier » est ce qui l’a rendu célèbre, bien que celle-ci n’ait été diffusée en version originale qu’une année (1975-1976). Son art, même s’il dit qu’il est éphémère, a traversé plus d’une génération et je crois sincèrement qu’il perdurera, car la beauté de ses créations parle d’elle-même. Il peaufine chacun de ses personnages au détail près. Pour ma part, j’ai eu l’occasion d’aller voir cette exposition à Nicolet et j’ai adoré. Il s’agit d’une rétrospective, donc, en plus de contempler ses œuvres, nous apprenons aussi plein d’informations sur la carrière internationale de M. Lafortune. Il y a également ses trophées comme le Masque et le Gémeau. De même, nous découvrons non seulement les émissions auxquelles il a collaboré comme « L’Évangile en papier » et « Parcelles de soleil », mais l’expo traite même de ses spectacles comme « La très belle histoire de Noël » qui m’a ébloui lorsque j’ai assisté à l’une des représentations à Montréal.

Ce qui est bien aussi, c’est que l’Histoire avec un grand H nous est racontée à travers les différents personnages. Nous pouvons penser à la musique avec Beethoven, Mozart et Chopin, aux religions avec Jésus, Ganesh, Abraham, à l’histoire du Québec avec Champlain de même que beaucoup d’autres thèmes. De plus, Claude Lafortune nous livre ce qui l’a inspiré dans la réalisation des sculptures en papier. Par exemple, Beethoven évoque un personnage en colère dû à sa surdité. C’est pour cela qu’il est représenté avec des partitions qui s’envolent dans toutes les directions. Dans cette rétrospective, nous pouvons même voir des photos de chars allégoriques qui ont été utilisés lors du défilé de la St-Jean en 1981. Cependant, Lafortune n’a pas fait que des émissions et des spectacles, il a également publié des livres religieux, notamment « L’Évangile en papier », « La Bible en papier » et « François d’Assise ». L’exposition nous présente quelques esquisses qui ont mené à la publication de ces ouvrages. Enfin, pour compléter le tout, des extraits télévisuels peuvent être visionnés pour le plaisir des petits comme des grands!

J’ai particulièrement apprécié que les œuvres soient présentées sans artifice et sans effets spéciaux de tout genre. Elles sont donc le cœur et l’âme de cette exposition.

Vraiment, cette rétrospective est complète, très bien rendue et passionnante! En plus, l’entrée est gratuite à la Maison de la culture de Longueuil! En prime, il y a le personnage de Charles LeMoyne de Longueuil que Lafortune a conçu expressément pour la ville et qui lui a pris pas moins de 20 heures à réaliser.

Museum Exhibition

On Conceptual art in Canada

Until April 28th, Concordia University’s Leonard & Bina Ellen Art Gallery is hosting Traffic: Conceptual Art in Canada 1965-1980, a two part exhibit featuring works by some of Canada’s most prolific conceptual artists.

Earlier this year, from January to February, the gallery welcomed the first installment, Traffic: Conceptual Art in Canada 1965-1980 part 1which focused on works by conceptual artists in Quebec and Ontario (Montreal, Toronto, London, and Guelph)

With this second exhibit, we travel to the West Coast of the country with works by Dan Graham, David Askevold, Christos Dikeakos, Ian Wallace, Gerald Ferguson and Martha Wilson.

In the 1970’s, places like Nova Scotia College of Art and Design (NSCAD), the University of Calgary and the Alberta College of Art in Calgary were at the forefront of this refreshing artistic movement.

Focusing on the influence of conceptual art in the Canadian creative scene Traffic: Conceptual Art in Canada 1965-1980 is the very first event of its kind. Featuring hundreds of artworks and archival documents, by more than 70 artists who were all active participants in the development of the genre here, in Canada from the mid 60’s to the early 80’s.

But what exactly is Conceptual art? Coined in the late 1960’s the term refers to ”an art form in which the artist’s intent is to convey a concept rather than to create an art object”*. In other words, with Conceptual art, the art practice supersedes the object, the creation. A collaborative effort by some of the countries most influential artistic institutions  (Art Gallery of Alberta, the Justina M. Barnicke Gallery, the Vancouver Art Gallery, Halifax INK and Concordia University). There’s no doubt that this second installment will be as successful as part 1 which received positive reviews from critics and the public alike.

The exhibition is organized and circulated by the Art Gallery of Alberta, the Justina M. Barnicke Gallery (University of Toronto), and the Vancouver Art Gallery, in partnership with the Leonard & Bina Ellen Art Gallery (Concordia University), and Halifax INK.

Finally to close the Montreal leg of the project, a round table discussion will be held at the gallery featuring Traffic 2 curators. The curators of the exhibit: Grant Arnold (Vancouver), Catherine Crowston (The Prairies and the Arctic), Barbara Fischer (Toronto), Michèle Thériault with Vincent Bonin (Montreal), and Jayne Wark with Peter Dykhuis (Halifax) will all be present Saturday April 21 at the The Ellen Gallery.

After a stop at the prestigious Vancouver Art Gallery later this year, this traveling exhibition will complete its tour with a final stint in Karlsruhe (Germany) at the Badischer Kunstverein.

For more info, visit Traffic: Conceptual Art in Canada 1965-1980 or the Leonard & Bina Ellen Art Gallery website for more info on the April 21 round table.

Merriam-Webster.com | 2012

Museum Exhibition

(Fr) Sur le bout de ses doigts…

On peut maintenant écouter la télévision sur son appareil intelligent, mais saviez-vous que l’on peut aussi visiter les institutions muséales montréalaises grâce à des applications mobiles gratuites? En effet, la façon d’explorer les expositions prend un nouveau virage.

D’abord, la Société des directeurs des musées montréalais nous suggère son interface Musées de Montréal. Avec cet outil, on peut voir la liste des expositions temporaires actuellement en cours de même que toutes celles qui sont permanentes dans les lieux de conservation et d’éducation montréalais. Quelques photos sont montrées dans le but de se rincer l’œil avant de faire son choix. L’onglet « Musées » regroupe, quant à lui, tous les établissements muséaux en ordre alphabétique. Quelques informations de base comme les heures d’ouverture, les expositions présentées et l’adresse s’y retrouvent. Aussi, on nous invite à profiter de différents parcours pour rendre notre expérience encore plus agréable. Cette application est très bien réalisée. Pour ceux qui n’auraient pas de téléphone intelligent ou qui n’ont pas accès à l’App Store, vous pouvez également vous procurer le Magazine Musées Montréal, disponible à La Vitrine et dans plusieurs endroits culturels. Vous y trouverez du contenu sur les 38 institutions. En ce qui concerne les versions Android, vous n’avez qu’à vérifier leur disponibilité dans la boutique.

Ensuite, la Biosphère, située en plein cœur du parc Jean-Drapeau, introduit quatre circuits sur son application, qui consistent en des audioguides sur plusieurs sujets traités dans différentes salles de la Biopshère : deux sur le « Géotour 67 » qui suggère de revisiter les îles Sainte-Hélène et Notre-Dame comme si nous étions en 1967 et, enfin, un BioTrousse de l’île Sainte-Hélène pour voir sous un autre angle l’aspect environnemental de l’île. Cet outil est vraiment complet et le texte de l’audioguide en question est disponible sans les écouteurs.

D’autre part, le DHC-ART offre l’une des seules interfaces réalisées par un centre de production en art contemporain à Montréal. Celle-ci comporte un audioguide de l’exposition en cours, un calendrier des événements à venir, des biographies des artistes dont les œuvres sont présentées et des podcasts. Le visuel et la commodité de cette application sont impeccables.

Puis, pour les passionnés d’histoire, le Musée McCord met à notre disposition non pas une, mais bien deux applications bilingues. D’abord, il y a celle qui est directement en lien avec les expositions présentées. Des articles y sont aussi publiés. Une vingtaine de vidéos sont disponibles pour compléter « Montréal – Points de vue ». Lorsque vous serez devant un objet et que vous voudrez savoir l’historique de ce dernier, ne manquez pas d’utiliser la fonction « Rechercher » et d’y inscrire le code de l’item en question afin d’en découvrir davantage sur celui-ci. L’autre interface « Musée urbain MTL », réalisée en collaboration avec la chaîne Historia, regorge de photos d’époque associées à divers endroits de la ville de Montréal. Ainsi, vous pourrez y voir le funiculaire du Mont Royal inauguré en 1885 et vous y apprendrez que le droit de passage était de 0,05 $ par adulte.

Musée urbain Mtl : images « avant | après » de 150 lieux dans la ville

De plus, Parcs Canada, dont quelques lieux patrimoniaux nationaux se trouvent à Montréal comme celui de Sir-George-Étienne-Cartier, innovent en proposant des recettes d’antan en lien aux divers sites patrimoniaux. Par exemple, ce musée présente la technique culinaire de la tarte à Lafayette datant du 19e siècle! De plus, chaque recette originale présentée dans cette application relate les faits historiques et culturels auxquels elles sont rattachées. Question de connaître l’histoire derrière ce que l’on mange…

Il ne faudrait pas oublier l’application mobile en réalité augmentée de La Vitrine culturelle qui regroupe toute l’offre culturelle de Montréal. On peut donc non seulement connaître tous les détails des expositions qui sont présentées dans la grande métropole, mais aussi les spectacles et les événements culturels de toutes sortes et ce, sur le bout de ses doigts.

Application mobile de La Vitrine sur iPhone, iPod touch et Android

Enfin, il y a Art actuel et l’excursion musicale de la collection d’art européen du Musée des Beaux-Arts de Montréal qui se sont ajoutés en mars 2012. Dans la première, dont le local se trouve dans le même édifice que La Vitrine, toute l’offre ayant trait aux productions d’art contemporain s’y retrouve. À chacune est donnée de l’information (tarifs, heures d’ouverture), une description de l’exposition en question et des liens pertinents. On peut même partager sa découverte par le truchement des réseaux sociaux.

Également, dans cette application, nous pouvons consulter un calendrier étoffé des expositions en cours et les adresses de chacun des lieux présentant des expositions d’art contemporain. Dans la seconde, le Musée des Beaux-arts de Montréal nous propose un audioguide tout en musique pour agrémenter et compléter l’exploration de la collection d’œuvres européennes. De la « Dévotion à la Vierge » à la « Fantaisie ludique et poésie », c’est plus d’une cinquantaine de tableaux et de sculptures qui peuvent être « écoutés ».

En somme, les applications mobiles sont un supplément extraordinaire à une visite et permettent de rejoindre une clientèle diversifiée aux intérêts multiples. L’impact des technologies pour les musées est indéniable puisque tous peuvent maintenant entrer dans une nouvelle dimension, celle de l’interactivité à l’objet, l’œuvre, l’histoire et l’artiste. En effet, pour le Musée McCord, chacun peut commenter l’exposition visitée. C’est donc un outil éducatif, de surcroît, que tous les établissements montréalais devraient ajouter à leur offre.

Museum Exhibition