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(Fr) L’authenticité d’Alexandre Barrette, lui et personne d’autre

Diplômé de l’École nationale de l’humour en 2002, il n’aura fallu que très peu de temps à Alexandre Barrette pour conquérir le cœur du public québécois : son charisme, son enthousiasme débordant ainsi que ses interventions quotidiennes à la radio, comme au petit écran, toujours justes et pertinentes, y sont assurément pour quelque chose.

Bien qu’il soit un animateur hors pair (à l’heure du lunch, au retour du boulot ou en soirée), il est avant tout un humoriste franchement doué. Et il nous le prouve avec conviction grâce à Alexandre Barrette… et personne d’autre!, son premier one man show, qu’il décrit comme étant « un spectacle qui lui ressemble ».

À son image

C’est sans personnage, ni artifice ou décor flamboyant qu’Alexandre Barrette se présente à ses spectateurs. Seuls 9 écrans multimédia, intégrés à la mise en scène efficace de Guy Lévesque, viennent soutenir et bonifier ses propos tout au long de sa performance. Mais il ne lui en faut pas plus pour briller sous les projecteurs pendant près d’une heure trente et réussir à faire rire simultanément des centaines de personnes.

Il faut dire qu’il a vu juste en choisissant son titre, Alexandre Barrette… et personne d’autre! : une première réalisation en solo pour l’artiste, des textes uniques, dont il en est le seul auteur, et un one man show qui lui colle parfaitement. « C’est un spectacle à mon image », me dit-il lors de notre entretien téléphonique. « Je me reconnais là-dedans, tant dans les textes [que j’ai écrits] que dans l’interprétation. On [mon entourage] m’a souvent dit que je suis le même gars dans la vie que celui que l’on voit à la télé. Et c’est vrai : je suis le même lorsque j’embarque sur scène, ou quand je suis avec mes amis (…) Ce que tu vois, c’est moi! », poursuit-il.

Crédit photo : Jimmy Hamelin

Crédit photo : Jimmy Hamelin

Quotidien dépouillé

Il est de ceux qui ont cette formidable aisance à se retrouver en public et pour qui la formule traditionnelle du stand up convient bien. Il occupe habilement l’espace qui lui est confié, et prend plaisir à parler à un auditoire attentif, interagissant même avec lui à quelques reprises.

Son choix de sujets se veut original, rafraîchissant et inspiré de son vécu (et d’un brin d’imagination); comme bon nombre de personnes de sa génération, le jeune homme de 31 ans fait le constat de plusieurs faits.

D’abord, qu’il est immature et espiègle. Que ses bonheurs peuvent, à l’occasion, être ridicules. Qu’il est parfois compétitif (bien souvent, avec lui-même), et qu’il cherche constamment à se dépasser. Que le temps file, qu’il souhaite un jour être père, et qu’il a cette peur de vieillir.

Ses observations des toutes petites choses de la vie, même des plus absurdes, l’ont ainsi mené à des anecdotes croustillantes, drôles et surtout, bien livrées.

Il ne tarde donc pas à nous dresser un portrait des membres de sa famille : d’abord, ses parents, qui, à l’aube de la soixantaine, continuent de guider et d’encourager leurs enfants, et ce, dans toutes les sphères de leur vie. Puis, son jeune neveu (et filleul), qui ne cesse d’étonner par ses nombreuses répliques loufoques, et, pour terminer, son attachante grand-maman, qui veille sur ceux qui lui sont chers.

Bien que le sympathique humoriste a su s’inspirer de son entourage pour écrire et créer, il n’en demeure pas moins que ses propres aventures, telles qu’un voyage en Australie et une nuit dans une auberge de jeunesse, une partie de pêche, ou encore, une escapade entre amis au Village Vacances Valcartier, lui auront donné l’occasion de rédiger d’excellents numéros et de se présenter, tel qu’il est, à travers eux.

« C’est un spectacle au cours duquel on apprend à me connaître! », me confie-t-il à la fin de notre entrevue.

Et croyez-moi, on est ravi d’aller à sa rencontre.

***

L’humoriste, qui en sera bientôt à sa 100e représentation, poursuit actuellement sa tournée un peu partout au Québec. Il sera de retour à Montréal les 3 et 4 avril 2013

Comedy
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(Fr) L’humour « unplugged » de Patrick Groulx

Entre ses annonces de bière, ses Bas Blancs, son Groulx Luxe, ses Jobs de Bras et ses Touristes, je soupçonne Patrick Groulx d’avoir nommé son plus récent spectacle Job : humoriste comme un aide-mémoire pour ne pas oublier qu’avant tout, sa première vocation est de faire rire le monde.

S’il avait écouté les conseils de l’orienteur scolaire, un homme qui ne savait manifestement pas quoi faire de sa propre vie, Patrick Groulx serait peut-être détective privé ou pompier aujourd’hui. Ce n’est heureusement pas le cas (quoiqu’il aurait peut-être été un sapeur exceptionnel, on ne le saura jamais). Avec son plus récent spectacle intitulé Job : humoriste, il lève le voile sur les bons comme les moins bons côtés de son métier. On ne peut pas dire à une serveuse de restaurant que c’est une grosse épaisse quand on est connu, même si c’est effectivement une grosse épaisse, et il est gênant de parler de ses problèmes de pénis avec un médecin qui déclare que tu es l’idole de sa fille. Voilà des choses auxquelles on ne pense pas quand on envie la vie des gens pas si riches, mais quand même célèbres.

On pourrait qualifier Job : humoriste de spectacle « unplugged » de Patrick Groulx. Fini les personnages un peu déjantés. Il reprend bien sa célèbre phrase « j’aime ça des pétaks », mais il ne s’agit que d’un bref clin d’œil aux fans de longue date. Pour le reste, c’est sans accessoires, costumes ou décors, qu’il occupe la scène durant une bonne heure quarante minutes, armé seulement d’une personnalité sympathique, d’une énergie communicative et de textes punchés. Il déclare lui-même d’entrée de jeu qu’il avait envie de revenir à la base, et de « garder ça simple ». Son pari est réussi. Comme il aborde l’obsession de la technologie et du progrès à tout prix dans quelques monologues, ce dénuement scénique vient en plus appuyer son propos.

Patrick Groulx en spectacle. Photo de Mifo

Patrick Groulx en spectacle. Photo de Mifo

Cette simplicité qui traverse l’ensemble des numéros lui permet aussi d’être plus intime, et de parler par exemple de son emploi de DJ dans un bar de danseurs gay avant qu’il ne gagne sa vie avec ses blagues, ou d’évoquer sa relation avec Annie Brocoli. Avec vingt ans de tournée à son actif, Patrick Groulx connaît très bien les chambres d’hôtels minables où l’on entend tousser les punaises de lit. L’insalubrité de ces lieux qui sentent le macaroni chinois et la litière lui a d’ailleurs inspiré l’un des meilleurs numéros du spectacle, lorsqu’il parle de la fréquence à laquelle les couvre-lits ou la télécommande sont nettoyés. Vous ne verrez plus jamais l’hôtellerie de la même façon après ce sketch informatif, dégoûtant et drôle.

Avec son mélange d’anecdotes personnelles et de réflexions sur l’actualité, Job : humoriste parvient à dérider le public, tout en le faisant réfléchir. Ce troisième one-man-show de Patrick Groulx illustre bien la maturité atteinte par l’humoriste. Les fans ne seront pas déçus par cette prestation à la bonne franquette, qui délaisse le fla-fla pour aller droit à l’essentiel.

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Crédit: Jocelyn Michel

(Fr) Louis-José Houde : charme explosif

C’était soir de première médiatique le 13 février dernier alors que Louis-José Houde lançait son troisième one man show intitulé Les heures verticales. À cette occasion, près de 1 400 personnes – ­­adeptes, journalistes, amis et professionnels de l’industrie – se sont réunis au Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts afin de découvrir le fruit de son travail, après ces dernières années d’écriture et de préparation.

À pareille date, ou presque, en 2010, Louis-José Houde terminait une tournée de 400 spectacles de son deuxième opus, Suivre la parade. À peine le rideau était-il tombé que déjà, le public en redemandait. À preuve, à l’automne 2012, bon nombre de spectacles affichaient complets et plus de 100 000 billets avaient déjà trouvé preneurs (et avaient fait autant d’acheteurs heureux). Quelques années plus tard, son retour sur scène est un véritable cadeau. L’attente, très longue pour plusieurs, en aura certainement valu le coup.

Après une première partie assurée par le coloré François Bellefeuille (gagnant du prix Révélation Juste pour rire 2010), Louis-José prend place sous les projecteurs, avec pour seul accessoire, s’il en est un, un tabouret. S’enchaînent ensuite quelques mots de bienvenue et remerciements sincères, joyeusement étouffés par des applaudissements enthousiastes.
Et puis, voilà, coup de canon; le départ est donné.

Guerrier sur deux pieds
À le voir aller, on se demande à quoi il carbure, où il trouve toute cette énergie. Mais bon, c’est Louis-José après tout! Avec toute la fougue qu’on lui connait, il passe d’un sujet à l’autre, puisant ses anecdotes tantôt parmi ses souvenirs d’enfance et d’adolescence, tantôt dans son quotidien. Et malgré sa cadence rythmée, il ne s’essouffle jamais, pas même après 90 minutes de prestation, et ce, sans entracte. Le public attentif est ravi.

Dès son arrivée, l’humoriste explique brièvement l’idée derrière Les heures verticales, un titre qui réfère à l’expression de Louis-Ferdinand Céline, célèbre écrivain français. Les heures verticales, se sont, pour l’auteur, ces instants dans une vie où il faut rester fort même lorsqu’on éprouve des revers. Louis-José a su y trouver l’inspiration pour concevoir un spectacle brillant, au contenu riche et varié et un peu plus personnel. Il a choisi d’y apporter son lot d’histoires impliquant sa famille, le temps de raconter l’aventure du brunch de Pâques ou de détailler les cocasseries d’une visite chez sa grand-mère.

Crédit: Jocelyn Michel

Crédit: Jocelyn Michel

Crédit: Jocelyn Michel

Crédit: Jocelyn Michel

Générations d’hier et d’aujourd’hui
À 35 ans, Louis-José Houde fait le constat de plusieurs choses. Des choses, si on se fie à lui, qu’on ne réalise qu’avec le temps. Et justement, celui-ci file à une vitesse folle, de telle sorte qu’à notre réveil, on aperçoit les premiers cheveux blancs. Si les générations qui le précédent supportent les contrariétés sans difficulté, sa génération, celle « Passe-Partout », comme il se plait à l’appeler, n’adopte définitivement pas le même comportement. Elle maugrée et se plaint, pour pratiquement tout, et rien, préférant rejeter la faute sur le manque de temps. Sa réflexion humoristique, mettant en scène ses parents et les gens de leur âge, est d’une justesse alarmante, si bien qu’elle permettra, aux futurs milliers de spectateurs trentenaires, de prendre (enfin) quelques minutes pour se regarder.

Chose certaine, c’est que tout est drôle avec lui, même les sujets plus sérieux. Le vieillissement, les peines d’amour ou le célibat sont autant de moments verticaux auxquels, tôt ou tard, chacun devra faire face. Mais Louis-José, avec ses expressions et ses gestuelles, aborde ces thèmes avec une telle légèreté que même l’infortune et les malheurs parviennent à nous faire rire. Se tenir debout n’aura jamais semblé être aussi facile.

Tournée 2013 : Louis-José sera de retour dans la métropole du 6 au 9 mars 2013 ainsi que du 24 au 27 avril 2013. Quelques arrêts dans plusieurs grandes villes du Québec sont également prévus à l’horaire, du 20 février au 19 décembre 2013.

 

Comedy
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(Fr) Billy Tellier : dans les petits pots les drôles d’onguents

Oubliez la loi C-38, celle de Los Angeles ou du prix le plus bas. Pour rire un bon coup, vous devriez plutôt opter pour La loi du plus fort, le premier spectacle solo de l’humoriste Billy Tellier.

Que faire quand on naît à six mois avec un poids de deux livres et deux onces (l’équivalent de ce que fument des techniciens de scène en une fin de semaine), et qu’un physique ingrat diminue nos chances de survie dans ce monde régi par la loi du plus fort? Développer son sens de l’humour plutôt que ses muscles, évidemment! Ce qui n’est pas prématuré, c’est l’accouchement du premier spectacle solo de Billy Tellier, puisque le diplômé de l’École nationale de l’humour œuvre dans le milieu depuis déjà plus d’une décennie. Après avoir collaboré à de nombreuses émissions de radio et de télévision et prêté sa plume à divers humoristes (dont Laurent Paquin et Cathie Gauthier), il se décide enfin à monter sur les planches, pour notre plus grand plaisir.

Si Billy Tellier ne craint pas d’écorcher affectueusement les autres dans La loi du plus fort, il est aussi capable d’une autodérision qui sert presque de fil conducteur au spectacle. L’humoriste réussit à faire crouler la salle en évoquant simplement sa petite taille ou son premier changement d’huile, mais il est à son meilleur lorsqu’il aborde des thèmes plus universels, se moquant avec intelligence de ce que veut dire être un homme aujourd’hui, de la tendance naturelle des Québécois au chialage, ou apportant des solutions légèrement absurdes aux problèmes de société qui nous affligent. Dans le style, son monologue contre la culture du bonheur obligatoire constitue l’un des moments forts de ce one-man show.

Sur scène, il emprunte la formule du stand-up comique, sans recours aux personnages, aux costumes, ou aux décors. Il livre ses textes à la bonne franquette, et module sa voix pour recréer efficacement des situations, comme son sketch chuchoté qui nous transporte à l’église durant un baptême, là où « les gens sont habillés chic pour voir un enfant se faire pitcher de l’eau dans la face ». En plus d’une prestance naturelle et d’une écriture bien ficelée, la plus grande force de Billy Tellier est de savoir surprendre le public. Il arrive qu’on devine d’avance le punch dans les numéros d’humour, mais ce dernier prend souvent des chemins détournés pour qu’on ne voie pas venir ses gags, ce qui est rafraîchissant.

Ce premier spectacle de Billy Tellier révèle une maturité étonnante, autant au niveau de l’écriture que de la livraison des textes. Avec une moyenne au bâton d’un rire à chaque quatre phrases, La loi du plus fort ne décevra certainement pas les amateurs d’humour.

Comedy
Stéphane Rousseau, crédit photo : Juste Pour Rire

(Fr) Stéphane Rousseau, en toute franchise

Il est beau, certes. Et charismatique, bien sûr. Mais il est avant tout, et surtout, très drôle; depuis maintenant près de 25 ans, Stéphane Rousseau fait rire les foules et cumule les succès. Celui qui est reconnu pour exceller dans le domaine de l’humour, comme du divertissement, prend plaisir à surprendre un public sans cesse grandissant, ici comme à l’étranger. Pour ce 5e opus intitulé Les confessions de Stéphane Rousseau, dont il signe la mise en scène pour la première fois, l’artiste nous propose un one man show… et de nombreuses tranches de vie.

Si l’idée de se confesser et de reconnaître ses torts devant des milliers de personnes peut donner la frousse à plusieurs, elle n’aura su, néanmoins, déplaire à l’humoriste. Ce dernier profite plutôt de cette occasion pour puiser en ses souvenirs et se raconter en toute honnêteté, à un public friand de secrets bien gardés. « Je ne me censurerai (même) pas! », lance-t-il à son auditoire, à peine quelques minutes après son apparition sous les projecteurs. «  À moins qu’il n’y ait des enfants dans la salle », poursuit-il en riant, tout en s’adressant aux quelques 930 spectateurs présents au Théâtre St-Denis II ce soir-là.

Des squelettes dans le placard

Des confessions, il en a…beaucoup. Il faut dire que celui-ci n’a aucune difficulté à se livrer en confidences. Cela étonne, puisqu’il n’a pas l’habitude de s’épancher de la sorte, sur scène comme en entrevue. Quoiqu’il en soit, on apprécie cette approche novatrice.

Il va même jusqu’à pousser sa démarche artistique encore plus loin, en faisant notamment appel aux nouvelles technologies. Les écrans géants multimédia, les dessins d’animation et les jeux de lumières viennent non seulement illustrer et mettre en valeur ses propos, mais également parfaire une scénographie déjà exceptionnelle. C’est franchement réussi.

Visiblement amusé par le concept, il explore, avec une sobre dose d’autodérision, un terrain encore méconnu du public : pendant près de deux heures (continues), il partage avec nous histoires et anecdotes en y dévoilant de multiples facettes de sa personnalité, ses mérites et ses défauts.

La période de son enfance et de son adolescence, où tous les (mauvais) coups étaient permis, est le premier sujet abordé : les blagues qui résultent de ses aveux sont d’une efficacité redoutable. On se plait donc instantanément à écouter ses autres vérités qui nous mènent à ses idoles de jeunesse, ses voyages de chasse, sa préparation pour son pèlerinage à Compostelle, ses entrevues accordées à la télévision française, ses mésaventures à la douane, ses douze années vécues dans un camp de nudistes (oui, oui!) et son fils Axel. Chaque ligne directrice conduit tout droit à un numéro original, intelligent et bien ficelé.

Rousseau nous relate également les diverses épreuves auxquelles il fut, tôt ou tard, confronté, faisant ainsi référence au décès de son père et à la perte soudaine de plusieurs membres de sa famille. Bien que cela puisse sembler faire ombrage, il n’en est rien. Ce dernier réussit à transformer ces événements malheureux en de nombreux petits bonheurs, qui nous font littéralement pleurer…de rire.

Les Confessions de Stéphane Rousseau. Crédit Photo : Juste Pour Rire

Avec Les Confessions, il parle de lui, à la première personne; lui, le père, l’humoriste, le fils, le conjoint, l’ami. Lui, le séducteur, l’audacieux, le rêveur. Par cette façon de faire, il parvient à développer une relation plus « intime » et totalement privilégiée avec chaque spectateur, d’une salle à l’autre, de ville en ville.

Une véritable bouffée d’air frais qui fait prendre à l’artiste un tout nouveau tournant. Mais ce dernier aura tout de même su conserver certains éléments clés de sa formule gagnante, ponctuant ainsi sa narration de parodies, de chansons et d’imitations.

Décidément, Rousseau a plus d’un tour dans son sac. Et sans doute bien d’autres secrets encore.

Stéphane Rousseau poursuivra sa confesse un peu partout au Québec jusqu’en juin 2013.

Comedy
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(Fr) Pierre Hébert, ou l’importance d’être tata

En plus de ses multiples occupations à la télévision et à la radio, Pierre Hébert a aussi été sacré découverte de l’année en 2010 au Gala Les Olivier. Profitant de sa lancée, l’humoriste parcourt la province pour présenter son premier spectacle, intitulé… « Premier spectacle ». C’est l’fun quand les choses sont claires.

Pierre Hébert est un tata. Ce n’est pas moi qui le dis, il l’avoue lui-même fièrement dans son monologue d’introduction. Mais attention : l’humoriste est un tata dans le bon sens du terme. Pas le genre qui vote pour le parti Conservateur (l’unique blague à saveur « politique » de son répertoire), mais plutôt le genre qui ne se prend pas trop au sérieux, et qui n’hésite jamais à rire tout haut d’une flatulence échappée par un serveur dans un restaurant chic, à offrir un film porno à sa grand-mère au réveillon de Noël, ou à demander sa blonde en mariage comme poisson d’avril. Ce plaidoyer pour l’importance de mettre son cerveau à off et de se permettre d’être niaiseux constitue même le fil conducteur de son premier spectacle.

L’humoriste adopte principalement la formule du stand-up comique (ou tiens-toé-là-le-comique en français), un choix qui met bien en valeur ses talents de conteur. Il est visiblement très à l’aise sur scène, et réussit d’emblée à créer une complicité avec le public. Sa scénographie est dépouillée au maximum, et il n’a recours qu’à un seul personnage durant tout le spectacle, soit sa fameuse interprétation de Renaud « C’est vendredi, on fait l’amour! » de la série télévisée Annie et ses hommes. Le déficient intellectuel viendra sonder l’auditoire pour connaître ses habitudes sexuelles dans un langage assez cru. Si l’expression « pet de noune » vous fait rire, vous serez servis par le ton potache de Pierre Hébert, qui se veut davantage irrévérencieux que vulgaire.

L’humoriste détient un bac en psychologie, et l’observation de la nature humaine sous toutes ses coutures représente son sujet de prédilection. Il confie d’ailleurs en entrevue qu’il n’aime pas « choquer, critiquer, soulever des problèmes ou parler de politique ». Ce ton intimiste procure des moments forts, et le sketch où il lève le voile sur ce qui se passe durant les soupers de filles est sans doute le plus drôle de tout le spectacle. Comme il sort assez peu de cette formule par contre, les monologues ont tendance à prendre un aspect très anecdotique, inspirés du quotidien, mais on ne s’ennuie jamais, grâce à une exécution sans failles et une présence scénique forte. Le bougre est définitivement sympathique.

Vous éclaterez de rire à plusieurs reprises durant l’heure quarante que dure ce premier spectacle de Pierre Hébert. Il s’agit d’une production de qualité, qui permet de découvrir un conteur talentueux qui possède un sens impeccable de la livraison comique, et un avenir prometteur. Maintenant, s’il pouvait venir chez moi pour un Remise à neuf, j’ai un divan qui commence à se faire vieux…

Comedy
Brigitte et Christian. photo fournie par Entourage

(Fr) Ben, Jarrod…et tous les autres

En 2004, la passion du métier était sur le point de les réunir; Benoit Laforce, diplômé de l’École nationale de l’humour un an plus tôt, allait rencontrer, dans le réseau des bars, Jarrod Gosselin, finissant de 1999, lors d’un même spectacle auquel tous deux prenaient part. L’union professionnelle qui s’en est suivie aura eu tôt fait de provoquer la fusion de deux univers distincts et de donner naissance au sympathique et flamboyant duo que nous connaissons aujourd’hui. Huit ans plus tard, le temps de plusieurs projets télévisés, de nombreuses apparitions publiques et une feuille de route bien étoffée, Ben & Jarrod montent sur scène pour nous présenter Personnagistes, leur premier spectacle.

Après quelque 80 représentations offertes un peu partout en province et une 6e performance au Théâtre St-Denis, Ben & Jarrod peuvent d’ores et déjà déclarer avec certitude avoir accompli leur mission. Car le public et la critique sont unanimes; ils sont passés maîtres dans l’art d’incarner un (ou plutôt des) personnages avec autant d’agilité.

Misant sur le jeu de rôles, les deux protagonistes ont préféré opter pour les costumes et complètement laisser tomber l’idée de se mettre à nu devant leur auditoire. Complètement? Enfin, pas tout-à-fait.

Dès les premières minutes de leur prestation, question d’amener la prémisse, ces derniers ont choisi de se présenter dans un costume d’Adam quasi complet, jusqu’à l’arrivée de leurs accessoiristes respectifs, qui viennent leur enfiler les premiers vêtements. Une ingénieuse entrée en matière pour faire comprendre à la foule qu’elle n’assistera pas à une formule concentrée de stand up, mais plutôt à une série de sketchs comiques mettant en vedette ces joyeux compères.

« Nous avons 18 personnages répartis dans une douzaine de numéros, et entre 10 et 25 secondes pour effectuer les changements de costumes », me confirme Jarrod, une heure avant la levée du rideau. « Il n’y a pas de pause entre chaque numéro, ni de support vidéo pour combler le temps,» enchaîne-t-il. Sur scène, deux petites tours blanches, où sont projetées lumière et images, agissent à titre d’écrans et de décors. Elles contiennent aussi tous leurs habits ainsi que les accessoires coordonnés. Rien n’est oublié.

Bien que ces transitions succinctes constituent une épreuve de taille pour eux, la personnification est sans doute le principal défi à relever. « Tu te changes tellement vite que tu as quelques secondes tout au plus pour entrer dans la peau d’un autre personnage (…), c’est exigeant », poursuit Jarrod. « Mais en même temps, renchérit Ben, c’est ça la force du show. Tu ne sais jamais ce qui t’attend [en tant que spectateur]! Après huit minutes, les gens ne peuvent prédire dans quel univers ils se retrouveront par la suite », conclut-il.

Ben et Jarrod en coulisse. Photo: Nadia Martineau

Mais la force du tandem repose également sur sa capacité à consolider les habiletés et savoir-faire de chacun. Alors que l’un se dit plus « physique » (on le voit danser, faire la split et s’adonner à des exercices d’auto-défense à certains moments), l’autre, quant à lui, mise davantage sur ses expressions faciales;  ensemble, ils parviennent à concevoir des sketchs qui ont du mordant et qui ne vont pas à l’encontre de qui ils sont. Sans doute l’un des secrets de leur réussite.

Ils avouent cependant ne pas avoir de ligne directrice, à proprement parler, derrière cette structure. Même si le message appuie l’idée, il n’en demeure pas moins que ce sont plutôt les gens de tous les jours qui, spontanément, les inspirent. « Nous, dans la vie, on aime les cons, c’est ce qui nous faire rire!, » s’esclaffe Ben.

Le quotidien et les rencontres amenant leur lot de surprises, les textes qu’ils proposent sont à la fois imprévisibles et étonnants. Leur originalité fait qu’ils ne ressemblent en rien à ceux que l’on a pu découvrir et apprécier à la télévision, si ce n’est que l’on y retrouve nos personnages préférés.

En première partie, place aux aventures rocambolesques des deux Yos de Bromont, aux consignes et mises en garde de Johnny Mckwenzie, l’agent de sécurité ayant appris son métier dans les centres d’achats, aux périples des mafiosis qui tentent par tous les moyens d’éliminer leur otage, aux histoires loufoques de Steve Bonin, le bègue, qui, après de nombreux autres boulots, se retrouve gérant de salle, aux injures des automobilistes envers les deux gars blasés de la construction, et enfin, aux jeux coquins du couple adoré Brigitte et Christian.

Après l’entracte, les pingouins du zoo, les sommeliers amoureux du vin, et les vedettes du marché aux puces deux étoiles, Greg et Stu Much, fiers cowboys, garantissent autant de plaisir.

C’est ainsi que Ben & Jarrod assurent à leur public près de 120 minutes de rires sincères d’amusement et de nouveauté. Mais avec ce premier spectacle, le duo nous convainc aussi, et surtout, de son talent incommensurable pour le métier d’humoriste et de personnagiste.

***

Personnagistes, mis en scène par Stéphane E.Roy, sera présenté en province en 2012 et 2013 et s’arrêtera au Théâtre St-Denis 2, à Montréal, les 15 et 16 février prochains, à 20 h.

Comedy
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(Fr) Des Nanas aussi caustiques qu’acoustiques

Un groupe de musique de filles, ça ne court pas les rues (surtout pas avec leurs instruments, ça court mal), mais un groupe de filles qui composent et interprètent des chansons volontairement comiques, c’est encore moins courant. Ce n’est pourtant pas d’hier que les Nanas Coustiques écument les scènes du Québec avec leurs mélodies humoristiques aux paroles parfois grinçantes. Pour en apprendre davantage sur la formation, je me suis entretenu avec Linda Bouchard, l’une des trois membres du groupe.

Comment sont nées les Nanas Coustiques?

Linda Bouchard : En fait, c’est né dans la tête de Marie-Christine Lachance, une des trois filles. L’anecdote, c’est qu’elle était dans son bain et qu’elle réfléchissait à la vie. Elle s’est dit « Un groupe humoristique de musique de filles, ça n’existe pas ces temps-ci. Avec qui je pourrais former ça? ». Elle a pensé à Mathilde (Laurier) et moi, et on s’est dit « Go! On s’essaye! ». On s’est bookés des dates dans des bars. C’est parti de là, puis ça n’a jamais arrêté. Ça fait maintenant deux ans qu’on existe.

Il y a une longue tradition d’humour musical au Québec, que ce soit Crampe en masse, les Denis Drolet, ou Linda Lemay… Pourquoi est-ce que la chanson a un tel potentiel comique?

Linda Bouchard : On se rend compte avec la chanson, étant donné qu’on ajoute un air accrocheur, que ça reste probablement un peu plus dans la tête des gens qu’un monologue qu’ils ont entendu, et qui est parlé. Il y a aussi la contrainte additionnelle. Avec la musique, il faut qu’on crée des paroles qui riment. Ça ajoute à l’effet comique. C’est sûr que quand on dit un gag qui rime avec la ligne d’avant, ça a encore plus d’impact. Finalement, on crée des vers d’oreilles pour les gens, donc, ça doit être quelque chose qui aide à avoir de l’impact.

Les Nanas Coustiques est un groupe de filles. Quels sont les avantages principaux de ne pas avoir de gars dans le groupe?

Linda Bouchard : (Rires)… Ben euh… Mon Dieu… C’est sûr que des filles, c’est toujours un petit peu plus émotif, mais nous, on prend ça drôlement… C’est sûr qu’on réussit à se taper sur les nerfs plusieurs fois par semaine, mais en même temps, on a une super bonne dynamique, on est proches. Le fait de ne pas avoir de gars dans le groupe, ça fait qu’on se fait pas déranger par des groupies après les shows (rires)… C’est vrai, c’est tellement ça (rires)…

Dans vos chansons, vous vous permettez de dire que Kaïn c’est de la marde, ou que la belle-mère est une crisse de folle… Est-ce que tu penses que l’humour est trop poli en général?

Linda Bouchard : Je ne crois pas que l’humour soit trop poli. Je suis vraiment persuadée que les gens sont capables d’en prendre, autant les personnalités publiques de qui on rit, parce qu’on le sait, entre personnalités publiques, que jamais un humoriste va faire d’attaques personnelles. Le but d’un humoriste, c’est de divertir son public, c’est de le surprendre… Dans un cas plus personnel, comme par exemple l’histoire de la belle-mère, et bien notre but, c’est d’offrir une catharsis universelle aux gens qui vivent ça (rires)… Souvent c’est très bien reçu… Est-ce que notre humour est trop méchant? Je ne pense pas que l’humour puisse être trop méchant, aussi longtemps qu’il vise l’universalité finalement, pour aller chercher les sentiments que tout le monde ressent.

Votre démo s’ouvre sur une chanson qui évoque la vie personnelle et intime de Barack Obama. Est-ce que c’était trop pénible d’imaginer la vie intime de Stephen Harper, ou c’était juste pas inspirant?

Linda Bouchard : (Rires)… Étonnamment, on n’y a jamais pensé, mais là, tu viens de nous fournir une idée de chanson, ça serait très drôle d’imaginer ça! Ce qu’on aimait à la base, c’est que c’est quelqu’un qui est proche des gens. Il a beaucoup misé sur cette image-là, et on s’est dit « On va se sentir plus libres d’aller dans des détails de sa vie qui pourraient être drôles ». En fait, c’est parti de la question « Barack Obama, qui est quand même le Président des États-Unis, y’a tu des côtés simples à sa vie, y’a tu une carte de guichet ce gars-là? ». C’est vraiment parti de cette question-là, puis on a élaboré à partir de ça.

En même temps, c’est agréable de rire d’une des figures les plus puissantes de la planète…

Linda Bouchard : Ben oui, tout à fait. On l’a appelé, et il n’a pas de problèmes avec ça, il est super à l’aise (rires)…

Il a pris des cours de français pour comprendre les paroles?

Linda Bouchard : Exactement, parce qu’il a rien que ça à faire (rires)… Non, nous en fait, on adore faire ça, et voilà, c’est aussi une façon d’humaniser certaines personnes, qu’on pense souvent trop grandes, ou trop nobles… Non non, tout le monde est égal, puis on va rire de Barack Obama comme de n’importe qui…

Dans la chanson Avis de recherche, vous vous demandez si Manuel Hurtubise est disparu sur une île déserte avec Yannick Marjot, et de ce temps-ci, Yannick Marjot fait un retour à TVA. Je me demandais si vous alliez changer les noms de la chanson avant que Manuel Hurtubise ne fasse un comeback lui aussi?

Linda Bouchard : On va attendre de voir si leurs comebacks fonctionnent (rires)…

Est-ce que vous prenez une part de responsabilité dans le retour de Yannick Marjot? Parce que, à quelque part, de l’évoquer dans une chanson, ça l’a ramené à la vie publique…

Linda Bouchard : (Rires)… Ça lui a peut-être donné le pep de revenir à la vie publique. Je serais très fière de ça (rires)… Ça reste à prouver scientifiquement, à savoir s’il a entendu la chanson, et si oui, est-ce que ça l’a décidé de revenir à la météo active. Je suis très contente pour lui (rires).

On connaît seulement les cinq chansons qui sont sur votre démo. En spectacle, est-ce que vous les jouez en boucle jusqu’à temps que les gens connaissent les paroles par cœur, ou vous avez d’autre matériel?

Linda Bouchard : Non, on a d’autre matériel (rires). En ce moment, on a entre quinze et vingt chansons, mais on va partir en tournée l’automne prochain avec un spectacle plus long, donc, on est constamment en écriture en fait. Cet automne on écrit, ce printemps on écrit, et notre matériel augmente toujours, de semaine en semaine.

LES NANAS COUSTIQUES EN SPECTACLE

11 novembre | OMAD, Bar Les Pas Sages | Montréal
28 novembre | Spectacle bénéfice pour Tanya| Théâtre dela Ville de Longueuil

Comedy
PatrickHuard_crédit photo: Gilbert Fortier

(Fr) Le bonheur contagieux de Patrick Huard

On le sait, Patrick Huard n’était pas monté sur scène depuis fort longtemps et son public l’attendait. Car même s’il sait merveilleusement bien porter de nombreux autres chapeaux, on se doit d’avouer qu’on s’ennuyait de Patrick Huard l’humoriste, celui qui parvient si habilement à nous faire rire jusqu’à nous en donner mal aux joues.

Avec ce troisième one man show intitulé Le bonheur, qu’il présente depuis quelques mois, il souhaite partager avec nous sa vision de la chose. Grâce à des confessions et des points de vue, ainsi que des histoires inspirées du quotidien, du sien, il nous invite à réfléchir sur cette notion du bonheur, qui peut nous sembler à la fois tangible et abstraite.

Rencontre avec un artiste accompli…et visiblement heureux.

Pour Patrick Huard, le bonheur, il est là, et il se voit. Là, devant un public qui lui est fidèle depuis des années. « Je savais que je m’ennuyais de la scène, m’avoue-t-il en entrevue, mais depuis que j’ai commencé le show, je réalise que je ne me rappelais pas à quel point c’est le plus beau travail au monde(…). Tu embarques sur scène pendant deux heures pour rire avec les gens (…), c’est extraordinaire. » Et sans effort, son plaisir devient le nôtre.

Choisir d’explorer un tel sujet, c’était avant tout choisir d’aborder un thème pouvant rejoindre un vaste auditoire, voire des milliers de personnes, nous qui avons cette quête commune, cette même aspiration à la plénitude. Cet état de bien-être absolu que l’on cherche à atteindre et à combler, en tant qu’individu ou que collectivité, est donc le principal intérêt et moteur de ce spectacle, d’une durée approximative d’une heure et quarante-cinq minutes. L’humoriste propose deux segments à sa performance, abordant de main de maître la question dans un premier temps, et laissant place aux convictions de son désormais célèbre personnage Rogatien Dubois (Taxi 0-22), dans une seconde partie.

« On ne s’entend pas sur la notion de bonheur! », nous déclare Patrick d’entrée de jeu. C’est donc de cette prémisse que s’enchaîneront, à un rythme parfait, de singulières anecdotes, qui ensemble, survoleront l’actualité : notre consommation d’eau potable, les publicités d’automobiles, de couches et de tampons pour ne nommer que celles-là, les déceptions des magasins à grande surface (aidez-moi à trouver ma vis!), l’impolitesse des jeunes, les essuie-glaces, les agents d’immeubles, la technologie, la conduite automobile, les chauffards et j’en passe.

Exerçant l’autodérision par moments, il nous raconte, avec une aisance qui lui est propre, ses petites frustrations qui l’empêchent (et nous empêchent) d’être pleinement satisfait. Et entre deux histoires de femmes trop émotives et de souper de gars bien arrosé, on se plait à l’entendre interagir avec une foule animée.

Mais le bonheur pour Huard a également su trouver confort ailleurs. « Les choses qui sont les plus importantes pour moi et qui m’apportent le plus de satisfaction, me confie-t-il les yeux brillants, ce sont ma famille, mes amis, mon travail (…) » Il allait donc de soi pour l’artiste de laisser une belle place aux historiettes concernant son adolescente Jessie, la grossesse de sa conjointe et l’accouchement de son garçon Nathan, né une nuit de Noël.

C’est à ce moment que les lumières s’éteignent, pour se rallumer quelques secondes plus tard; Patrick Huard a délaissé son complet bleu-gris cendré (qui, ma foi, lui allait à ravir) et son allure soignée et opte maintenant pour la fameuse casquette du chauffeur de taxi bien connu.

Assis sur une chaise, le protagoniste en profite alors pour nous donner un prompt avis sur à peu près tout…ou presque. « Moi des opinions, j’en aies, » clame-t-il en regardant son public dans un rétroviseur géant en guise de toile de fond. Et c’est ce qu’il nous prouve tout au long des 40 minutes qui suivent, alors que nous sommes conviés à monter à bord de son « véhicule ». La construction, l’itinérance, les sectes, les diseuses de bonne aventure, les chiens, le Québec, et le végétarisme, à titre d’exemples, sont autant de bonnes raisons pour s’exprimer sur la société et ses travers que pour la critiquer – sans mesquinerie aucune – en tant que citoyen.

À bien y penser, n’est-ce pas ça le bonheur, cette capacité et cette facilité à dire haut et fort ce que le monde pense tout bas? Peut-être. Mais en attendant que l’on trouve réponse à cette question, on prend plaisir à le voir faire. Et tiens, ça nous rend heureux, nous aussi.

Patrick Huard sera en spectacle à l’Étoile Banque Nationale de Brossard, jusqu’au 3 novembre 2012. Il poursuivra sa tournée à Québec, à Montréal et ensuite à Gatineau en 2013.

Comedy
Silvi Tourigny_GI_Joe

(Fr) Qui sont « Les boys »… ?

C’est officiel, j’ai pas d’orgueil! Pour vous raconter ce que je m’apprête à vous raconter, faut pas avoir peur du ridicule. Pis moi non seulement y m’fait pas peur, mais en plus j’y pitch du poivre de cayenne deins yeux! Donc mettez votre cerveau à off, faites comme si on était dans les AA et appréciez le beau partage que je m’apprête à vous faire!

Depuis une dizaine d’années, j’ai en ma possession cinq figurines, communément appelé des Gi-Joe. Là vous vous dites : « Elle a quel âge coudonc : 6 ans? » Mais non j’ai bel et bien 30 ans. J’ai adopté des Gi-Joe à l’âge de 20 ans… Y’en a qui adoptent des enfants chinois, moi j’adopte des bébelles faites par des enfants chinois!

Ces figurines-là, sont toujours sur mon bureau quand j’ai de l’écriture à faire. Même si je pars dans un chalet écrire pendant une semaine, « Les boys » viennent avec moi! Pas parce que je peux pas m’en défaire, mais parce que ça revient moins cher de spliter le chalet à 6… Mais pour vrai, ils sont en quelque sorte devenus, mes partners d’écriture. Et ce qui est cool d’avoir des Gi-joe comme partners d’écriture, c’est qu’y peuvent me défendre contre les mauvaises idées!

Avec le temps ces figurines-là ont même développé une personnalité. Et il y a quelques années, je me suis rendu compte que chacun des 5 possède un de mes traits de caractère. Alors sans plus tarder, laissez moi vous présenter: LES BOYS OYS OYS OYS! (c’est de l’écho)

Tout d’abord, il y a Luc (oui vous l’avez bien reconnu, c’est nul autre que Luc Skywalker). Luc c’est le leader de la gang. On l’aime ben Luc. En cas de problème, il reste calme, réfléchi et trouve des solutions. Y’aurait quasiment pu s’appeler Luc Bureau Blouin.

Le leader Luc

Ensuite on a le sympathique, attachant et joyeux Richard. Richard est beaucoup trop heureux de vivre et il aime tout le monde! Genre qu’il pourrait facilement remplacer Marie-Chantal Perron pour faire des annonces de sent-bon. Il retire toujours quelque chose de positif dans tout… même son linge!

Le positif Richard

Maintenant Rex! Rex c’est le wild de la gang. Laissez-vous pas avoir par son tattoo, c’est pas un cuisinier rebelle. C’est un marine qui a mal viré. Y’est toujours en train de faire le party, de parler de sexe, pis de crier…. D’ailleurs, c’est en criant le mot sexe dans un party qu’y’a perdu son pouce pis ses doigts, mais ça c’t’une autre histoire… Tout c’qui faut que vous reteniez c’est que Rex c’t’un énarvé!

Le « wild » Rex

Puis il y a Kawish! Haaaa Kawish! C’est le bougon de la gang. Impossible de le comprendre quand y parle… Ben en fait y parle pas, y marmonne. Même Roy Dupuis le comprend pas!! Tout ce qu’on sait, c’est qu’y'est tout le temps enragé. Quand j’écris du Carole…. Kawish est jamais ben loin. Fait intéressant avec Kawish, y vente en sacrifice de son côté gauche!!

Le bougon Kawish

Et le dernier et non le moindre : Bouba! Bouba c’est le chialeux de la gang! Y pleure, y chigne, y’est fatigué, y’a trop de pression, y sera jamais capable… gnagnagna…. Mais bon, qui ne serait pas un peu pessimiste après avoir perdu ses jambes, un bras puis une partie de sa face…  Richard n’arrête pas d’y dire de voir le côté positif des choses, mais Bouba trouve ça ben dur avec juste un œil!

Le chialeux Bouba

Alors voilà… c’est fait! Vous connaissez maintenant « Les Boys » et mon manque d’orgueil légendaire. J’ai ben faite d’attendre à la troisième date avant de vous en parler hein!?!

Comedy
Dualite-en-soi-Silvi-et-Carole-aide-son-prochain

(Fr) Double en soi : Silvi et Carole

Il m’arrive souvent de me faire dévisager par des gens qui semblent se dire : « Hum…. a me dit quelque chose elle… Laurence Jalbert? France d’amour? La Poune? » Puis leur regard insistant me pousse à me questionner : « Ben voyons, qu’est-ce qu’y’ont à me regarder de même? J’ai de quoi dans la face? J’ai un truc dans les dents? HO! J’ai une boule qui sort? »

Seulement 1 fois sur 4, quelqu’un ose venir me demander: « S’cuse moi, est-ce que c’est toi Carole aide son prochain? » Haaaaaaaaaa ok!!! C’était ça! Moi qui pensait qu’on me trouvait cute et qu’on voulait mon numéro de téléphone!

Mais en même temps, je vous comprend d’hésiter à venir me parler quand vous n’êtes pas sûrs. Ce serait chien d’aller voir une madame puis d’y dire : « Excusez-moi, votre air de marde me dit quelque chose… C’pas vous Carole? »

Aujourd’hui je vous jase de mon alter-ego, la très charmante, sexy et sensuelle CASSSAAAANDRA! Non, ok… pas vraiment!

Je vais plutôt vous raconter l’histoire de Carole et ma relation particulière avec cette dernière. Pour ceux qui ne sont pas au courant, Carole est née dans un cours de l’École nationale de l’humour (ÉNH). Non, Louise Richer n’est pas sage femme et aucun forceps n’ont été nécessaires! En fait, on devait écrire un nouveau numéro par semaine et je manquais d’inspiration. Donc, je me suis dit : «Ha tiens, j’vais essayer d’être drôle en faisant tout le contraire de ce que je fais d’habitude! »

J’ai opté pour une position statique, un ton monocorde, un air bête et condescendant puis un col roulé (ouin, à l’époque, j’étais forte sur les décolletés… ça explique la boule de tantôt) Et c’est comme ça que Carole est née, tout simplement!

Puis dans le cadre d’un autre cour à l’ÉNH, on devait mettre sur pied un projet Web. Comme j’aimais beaucoup le personnage de Carole, j’ai décidé de l’inclure dans mon concept. Encore fallait-il trouver le fameux concept. En humour, un contre-emploi est souvent payant. Je me suis donc demandée ce que Carole pouvait faire, qui ne lui collerait pas du tout à la peau… Aider son prochain bien sûr! Quoi de plus agréable que de se faire conseiller par un air bête en col roulé!

J’ai présenté mon projet à certains producteurs dans le cadre du cours en question, mais mon concept n’a pas trouvé preneur. Toutefois, vu la réponse positive que Carole obtenait sur scène, je me doutais qu’un projet Web était envisageable et viable. J’ai donc mis le projet sur pied à l’aide d’une petite équipe et nous avons lancé la saison 1 de Carole aide son prochain. Bien que je croyais au potentiel de la série, j’étais loin de me douter qu’elle connaîtrait ce genre de succès. Succès qui est en grande partie dû aux fans de Carole qui lui sont très fidèles!

Cet engouement soudain m’a d’ailleurs effrayée au départ. J’avais l’impression d’avoir créé un monstre. Carole était plus connue que moi et me regardait de haut avec son air bête. C’est un phénomène qui est difficile à expliquer. Il y a une étrange impression d’être marionnettiste de son propre corps. Les gens veulent voir le personnage et non l’être qui se cache derrière.

Loin de moi l’idée de me plaindre, mais disons que c’est un chemin particulier pour un humoriste. (D’ailleurs je devrais peut-être aller prendre une bière avec Michel Barette, Jean-Michel Anctil et Daniel Lemire) C’est comme si je devais mener deux carrières de front : celle de Silvi et celle de Carole. J’adore Carole, c’est un personnage merveilleux, mais je ne veux pas qu’elle face ombrage à la carrière de Silvi. Non, non, déposez votre combiné, pas besoin d’appeler à l’institut Pinel. Je ne suis pas schizophrène… Tout ce que je dis, c’est que tout comme les humoristes nommés ci haut, j’aimerais un jour être en mesure d’accorder autant de temps de scène à mon personnage qu’à moi-même. C’est pas que j’aime pas ça avoir un air de marde, mais à un moment donné j’aime ça aussi utiliser mes autres expressions faciales!

Je suis rentrée à l’ÉNH dans le but de faire une carrière en tant que Silvi Tourigny-joie-de-vivre-power. C’est donc étrange pour moi de me faire reconnaître en tant que Carole-air-bête-amorphe. Et c’est un cercle vicieux, car plus Carole gagne en popularité et plus elle est en demande. Ce qui me ravit et qui est tout à fait normal, mais il arrive que certains fans soient déçus lors d’un spectacle de voir Silvi monter sur scène alors qu’ils s’attendaient à voir Carole. Au début, je trouvais ce genre de réactions blessantes, mais maintenant j’ai compris que c’est à moi de prouver aux fans de Carole que même si je ne suis pas aussi connue que mon personnage, je suis toute aussi drôle! Dans tes dents Carole!

Mais ce que Carole ne sait pas (ça fait que dites-y pas) c’est que je l’utilise comme cheval de Troie! Pas dans le sens que je veux envahir une ville en me cachant dans son estomac… Parce que là je vous dirais d’appeler à Pinel. Disons plutôt que Carole me sert de carte de visite dans le milieu artistique. Elle fait des apparitions ici et là : Gala Juste pour rire 2011, Bar Ouvert, Gala les Olivier 2012…

Puis pendant que sur scène les gens découvrent Carole, à l’arrière scène, les gens découvrent Silvi. Et c’est pas pour me vanter, mais un sourire enjoué ça bat toujours un col roulé renfrogné! Ça fait que petit à petit, Silvi sort de l’ombre de Carole et lui vole le show en faisant des affaires comme un Gala Juste pour rire à l’été 2012!!! Eh qu’elle l’a pas pris! Elle dit que je devrais lui dire merci parce que c’est à cause d’elle si je suis rendue là aujourd’hui… Elle a probablement pas tort, mais Carole c’est aussi Silvi… Ça fait que merci bibi! ;)

Comedy
Silvi-Tourign

(Fr) Allô! Moi c’est Silvi, toi?

QUOI?! J’ai carte blanche? Pendant 1 mois? Wow! C’est donc ben l’fun ça! Par quoi commencer maintenant…  Eeee…. Je sais pas trop là…. Vite de même…. Eeee… Attends peu là… Hum… Eeeee… Ben voyons on dirait que ma carte blanche est en train de se transformer en page blanche…

Ok ok… commençons par se présenter d’un coup que ça clique pas, pis qu’on se chicane pendant 1 mois!!! On va quand même passer 4 semaines ensemble! C’est beaucoup!! J’ai des relations qui ont fini plus vite que ça!

Donc en gros mon nom est Silvi Tourigny, je viens de Victoriaville et j’ai 30 ans. Facque si tu as trouvé mon article en cherchant sur Google : « Silvi + Victo + 30 ans », t’es à bonne place! Par contre, si tu l’as trouvé en cherchant : « Femme + Bikini + Duct Tape + Chainsaw »… J’te dirais continue de chercher… mais discrètement!

Malgré mes cheveux roux, j’ai eu une enfance heureuse sans trop de coups de soleil!! En fait, j’ai eu la chance d’avoir un grand frère qui n’acceptait pas qu’on écoeure sa petite soeur. Y’a le gros Jici qui s’est essayé une fois avec un classique « Aye la carotte », mais mon frère lui a gentiment fait comprendre (à grand coup de claques) que c’était pas poli. Il a eu une retenue et mon respect.

J’ai pas eu une adolescence difficile non plus! J’étais plutôt du genre bollée, sportive, drôle, gênée. Bref, vous voyez le genre! Non? Ok j’avoue que j’étais dure à sizer… J’ai même essayé d’être wild et de sortir dans les bars avant 18 ans. Mais comme j’avais l’air plus jeune qu’un fœtus, je finissais toujours par retourner chez nous en bicycle. Parce que OUI j’allais veiller en vélo!!! Avec du recul j’me dis que c’était peut-être pas une bonne idée de barrer mon bike devant le bouncer

Après mon secondaire, j’ai fait ma technique en santé animale, au Collège Laflèche à Trois-Rivières. OH HEIN!?! Dans tes dents Harvard! Je suis une des plus grandes AMIES DES ANIMAUX QUI EXISTE!!! Y’en a même qui m’appellent quand y filent pas!

Quand je prends une marche avec mon chien, je suis incapable de parler au cellulaire ou d’écouter de la musique sur mon iPod, j’ai comme peur qui me trouve impolie pis qu’y’en parle aux autres!

Donc j’ai fait ma technique et après j’ai décidé de partir 2 mois au Guatemala. À ne pas confondre avec Guacamole parce que sinon vous allez être mêlés! Je suis partie en pleine jungle faire du bénévolat dans un centre de réhabilitation pour animaux! Céline a peut-être porté le cœur de la mer à son cou, mais moi j’ai porté 2 bébés singes! Un peu plus pesant, mais tout aussi précieux. Je les ai même soignés pendant 1 mois. J’aurais pu jouer dans « Trauma-nimal » écrit par Fermière Larouche! Ouin je sais le jeu de mots est louche, mais à l’époque j’étais pas encore humoriste.

À mon retour, j’étais pas mal mêlée côté professionnel!!! Où vais-je? Qui suis-je? Qu’est-ce que je  sais que-je …. ? Bref, j’étais même plus capable de faire des phrases! Donc j’ai fait un DEC en sciences santé au Cégep de Maisonneuve à Montréal. Pourquoi? Parce que Princetown, je trouvais ça trop loin…

Puis j’ai enchaîné le tout avec une majeure en kinésiologie. Si vous n’avez aucune idée de ce qu’est la kinésiologie, paniquez pas, même moi j’étais pas sûre avant de commencer!!! La kinésiologie, c’est l’étude du mouvement. Donc j’étais entourée de sportifs qui s’entrainaient tous les jours en buvant des shakes, pis qui faisaient des concours de push-up durant nos partys!! Je vous le confirme aujourd’hui: Non, je n’avais pas de plaisir! Mais oui j’avais des gros « pipes »!

Puis j’ai finalement décidé de foncer et de réaliser un rêve que je caressais secrètement depuis l’âge de 12 ans. (Faut croire que je le trouvais doux pour le caresser aussi longtemps. Un peu comme Gollum avec l’anneau dans Lord of the Ring, mais en moins dégueulasse.) Ce rêve vous l’avez sans doute deviné, c’était de m’acheter une Ferrari F430. Parce que moi les chars, j’adore ça!!!  C’est tellement plein de roues, pis de banquettes, pis de pare-brises, pis de bumper, pis de miroirs… pis ça fait pas mal le tour des pièces d’autos que j’connais!

Bon, ok c’était pas de m’acheter une Ferrari, mais plutôt de devenir humoriste. Et on s’entend, ça prend beaucoup de couilles pour décider du jour au lendemain: « Ok, j’vais conter des jokes, pis on va me payer pour ça!! » Et Dieu sait que physiquement des couilles… j’en ai fuck all! Mais quand je mets mon côté rationnel de côté, des couilles, j’en ai en sacrifice! (désolé pour le visuel, je sais que c’est pas super cool m’imaginer avec plein de couilles… )

Donc j’ai décidé de sauter! Je n’avais pas le goût de me réveiller à 40 ans en me disant : « Voyons! Fait ben chaud icitte! C’tu ça la ménopause!?! » Mais surtout en me disant : « Ouin…. j’aurais peut-être du essayer d’être drôle!! » Donc j’ai fait les auditions à l’École nationale de l’humour, puis roulement de tambour : Drrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrr! PSSHHHHH!  J’ai été acceptée! J’ai terminé l’école en 2009 et depuis je suis drôle à temps plein…Quoique je suis pas si drôle que ça quand j’emballe un restant kiwi dans du Saran wrap…

Je suis consciente qu’il me reste encore beaucoup de travail… pour emballer le kiwi et pour être une humoriste accomplie. Mais pour l’instant, je fais des spectacles, je fais rire les gens, je travaille sans avoir l’impression de travailler et j’ai des cartes blanches pour parler de ce que je veux sur des sites Internet!

Pis ça clique-tu? On se revoit-tu pour une deuxième date? Come on! La semaine prochaine on va être moins gêné!

Comedy