Théâtre Duceppe

(Fr) Les Peintres du charbon : l’art des profondeurs

Pour clôturer sa saison, le Théâtre Duceppe offre au public Les Peintres du charbon,une pièce de l’auteur britannique Lee Hall, s’inspirant de faits réels s’étant produit à Ashington au milieu des années 30.

Angleterre, 1934. La Grande Dépression fait ravage et le travail se fait rare. Une fois par semaine, des mineurs de la ville d’Ashington décident de prendre un cours d’histoire de l’art payé par le syndicat, question de se changer les idées. Remarquant que ses nouveaux élèves sont peu intéressés par la théorie, le professeur Lyndon décide de remédier à cette situation en les mettant au défi de peindre de leurs propres mains.

Par la grande surprise de ce dernier, les mineurs d’Ashington démontreront un vrai talent pour la peinture. Olivier Kilbourne, interprété par l’excellent Emmanuel Bilodeau, se trouve à être le plus talentueux du groupe et du fait même, celui qui pourrait s’imposer en tant qu’artiste s’il le décide.

Le décor de la pièce nous rappelle l’univers des mineurs. Le plafond de la scène est recouvert de morceaux de toile couverts de suie et charbon faisant penser à un cimetière de mineurs décédés dans les dures conditions de travail de l’époque. Les oeuvres des mineurs sont projetées sur un écran permettant au spectateur d’apprécier en détail le travail des mineurs.

Avec Les Peintres du charbon, on réapprend à voir l’art dans son plus simple appareil et surtout dans son essence. Plus  le groupe d’Ashington en apprend sur l’art, plus il crée sa propre voix en se défaisant peu à peu de l’influence de leur mentor. C’est dans cette réappropriation de l’art par le peuple que le sujet de la pièce prend sa force. L’art appartient à tous et ce, peu importe le métier ou la classe sociale. Les mineurs d’Ashington prouvent au public que leur histoire est détentrice d’une force créatrice pouvant être exprimée à travers leurs toiles, qui dévoilent souvent la dureté de leur quotidien.

Mais comme la vie, la peine côtoie la joie. On rit de bon coeur des péripéties des mineurs qui abordent la vie avec humour et sincérité. La traduction de Monique Duceppe permet de dépasser les frontières géographiques de cette histoire en la ramenant, par la force des mots, dans un contexte québécois. On a l’impression que ces mineurs d’Ashington auraient pu être des travailleurs québécois de l’époque.

L’auteur britannique Lee Hall est reconnu principalement pour l’écriture de sa touchante histoire de Billy Elliot. Avec Les Peintres du charbon, il nous rappelle l’importance de l’art dans nos vies qu’elle soit en terme d’activité ou de métier. L’art a cette capacité de nous libérer de toutes conventions et  nous faire découvrir les richesses infinies de l’esprit de chaque individu. Malgré la  noirceur, malgré la suie, Les Peintres du charbon nous démontre qu’à travers l’art, il est toujours possible d’accéder à la lumière.

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