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Et c’est parti pour les RVCQ

Jeudi soir avait lieu la Soirée d’ouverture des Rendez-vous du cinéma québécois, débutant avec la première de Boris sans Béatrice au Cinéma Impérial. Après la représentation avait lieu une soirée à la Cinémathèque Québécoise animée par la musique de Eman & Vlooper, un duo hip-hop particulièrement punché originaire de la capitale et les DJ set de Poirier, Robert Nelson et Maybe Watson d’Alaclair Ensemble.

Comme nous l’avait dit Monsieur Dugas « la programmation veut dresser un panorama d’une année de cinéma avec les films qui sont incontournables, ceux dont on a parlé et ceux dont on a un peu moins parlé aussi. » Vous pourrez donc y voir les gros films de l’année 2015 tels que Paul à Québec, Le Mirage et Guibord s’en va-t-en guerre, mais aussi de plus petites productions, des documentaires et des programmes de courts-métrages.

Ne manquez pas la chance de voir d’excellents films en salle comme Scratch, Turbo Kid, Early Winter et Les Êtres Chers. Plusieurs documentaires retiennent également notre attention : Elle pis son char, Bienvenue à F.L. Montréal New Wave et I’m Gone : A film about Amy.

Finalement, pour les fans de Série Noire, le festival a organisé, pour la Nuit Blanche, une soirée complète sous le thème de la série. Animée par Sébastien Diaz et en présence des comédiens,  il y aura des quiz, des DJs set et des invités surprises.

Notre photographe Renaud Vinet-Houle est allé faire un tour à la soirée d’ouverture.

 

Cinéma
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Les Rendez-vous du cinéma québécois : panorama du talent d’ici

C’est au cœur du Quartier Latin, à la Cinémathèque québécoise, que le festival s’installe du 18 au 27 février 2016. Les Rendez-vous du cinéma québécois présentent leur programmation complète aujourd’hui, mercredi le 3 février à 11h. Au moment d’écrire ces lignes, le festival a seulement fait connaître ses films d’ouverture et de fermeture qui annonce une programmation de haute qualité. C’est le dernier opus de Denis Côté, Boris sans Béatrice, qui inaugure le début des festivités, et c’est Avant les rues de Chloé Leriche qui clôt. Les deux films sont d’ailleurs présentés à la 66e Berlinale, grand festival de cinéma réputé à Berlin, dès le 11 février.

Une programmation variée

Denis Côté, enfant terrible du cinéma, présente son dernier long-métrage mettant en vedette James Hyndman. Après le remarqué Curling (2010), Bestiaire (2012), Vic et Flo ont vu un ours (2013) et Que ta joie demeure (2014), le cinéaste ne perd pas de temps avec Boris sans Béatrice (2016) qui a jusqu’à maintenant dévoilé deux bandes annonces très intrigantes. Le film Avant les rues de Chloé Leriche a été un coup de cœur pour le directeur de la programmation, Dominique Dugas : « un film d’une belle luminosité ». La jeune réalisatrice présente son premier long métrage lors de la cérémonie de clôture. Chloé Leriche a déjà réalisé des courts-métrages avec Wapikoni, un organisme de création et de production cinématographique mobile pour les Premières Nations.

Avant les rues de Chloé Leriche

Avant les rues de Chloé Leriche

Pour monsieur Dugas, la programmation veut dresser un panorama d’une année de cinéma avec les films qui sont incontournables, ceux dont on a parlé et ceux dont on a un peu moins parlé aussi. « On a 46 longs-métrages, dont tous les longs-métrages qui ont été des succès populaires de cette année ». On peut aussi compter sur des belles primeurs dont Les Démons de Phillip Lesage et son plus récent film Copenhagen a love story. Également du côté documentaire, des primeurs tel que Cris sur le Bayou de Champoux qui s’intéresse à la communauté des Cajuns en Nouvelle Orléans. Également, MTL New Wave d’Éric Cimon qui s’intéresse à la montée du New Wave à Montréal au début des années 80, pas seulement le monde musical, mais aussi tout autour de cette vague dont les arts visuels.

Les courts-métrages

Les courts du festival pourront cette année concourir dans un volet compétition cette année. « C’est à peu près les 2/3 des films qu’on présente sont des courts-métrages. C’est un genre assez foisonnant. On s’y intéresse de façon toute particulière, parce que c’est beaucoup les jeunes auteurs qui feront le passage vers le long-métrage de fiction » explique Dominique Dugas.

Les séances de courts-métrages sont généralement combinées par thème ou par genre, chose certaine : « La programmation des courts, c’est tout un art! » souligne avec raison monsieur Dugas. Il faut en effet reconnaître la tâche ardue de combiner les genres aussi variés dans le monde du court-métrage dans une seule séance.

Les Rendez-vous du cinéma québécois révèlent leur programmation complète aujourd’hui. Visitez leur site pour découvrir également tous les évènements du festival qui célèbre et souligne le talent d’ici.

 

Cinéma
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Galerie Photo : M pour Montréal dévoile sa programmation

M pour Montréal dévoilait hier sa programmation complète à l’Appartement 200 avec entre autres une prestation de Safia Nolin. Le festival aura lieu du 18 au 21 novembre prochain et présentera plus de 100 artistes, des conférences, des ateliers et bien plus. Le rendez-vous musical débutera le 18 novembre au Théâtre Rialto avec un spectacle de Milk & Bone, The Franklin Electric et Elliot Maginot. Pour plus de détails sur la programmation, visitez le http://mpourmontreal.com/. Crédit photo : Renaud Vinet-Houle

Musique
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Galerie Photos : Lancement Mode et Design

Mercredi soir, le prestigieux festival Mode et Design a dévoilé sa nouvelle programmation qui promet d’être pour le moins époustouflante! Du 17 au 22 août,  nous vous attendons dans le Quartier des spectacles! Cet événement d’envergure à ciel ouvert en plein cœur du centre-ville de Montréal célèbre la créativité et la culture tant à l’échelle nationale, qu’internationale. [crédit photo : Mathilde Carpentier]

 

Design Mode
MTLmoments

Partager ses #MTLMOMENTS

Partager collectivement nos « moments montréalais », voici ce qu’invite à faire la campagne #MTLMOMENTS. Cet été, il sera possible d’en parcourir une jolie sélection lors d’une exposition gratuite à La Vitrine culturelle.

Lancée d’abord par l’installation de cadres rouges qui invitent les passants à se prendre en photo devant des paysages ou évènements typiquement montréalais, la campagne a rapidement trouvé écho auprès des gens de la place et des visiteurs qui se sont pleinement approprié le mot-clic.

Il suffit de parcourir le fil #MTLMOMENTS sur Twitter et Instagram pour vivre au gré des publications les moments spontanés et authentiques vécus par les participants. Gens, paysages, évènements, art, architecture, nourriture : tout y passe. On y ressent la joie de vivre et la fierté des Montréalais, mais également la perception que les visiteurs ont de la ville.

Crédit : Cloé Jourdain

Crédit : Cloé Jourdain

La campagne #MTLMOMENTS, lancée en mai 2013 par Tourisme Montréal, a suscité pas moins de 40 000 partages. Ce n’est pas rien! 40 000 partages qui ont permis d’accroître la notoriété internationale de la métropole. Le partage a ensuite été largement amplifié par la diffusion de ces contenus sur les nombreuses plateformes sociales de Tourisme Montréal. Une campagne fort réussie, donc! 

Des #MTLMOMENTS partagés lors d’une exposition gratuite

Le temps d’une exposition gratuite, vous aurez l’occasion de vous balader au milieu d’un superbe échantillon de ces tweets et photos marqués du mot-clic #MTLMOMENTS.  Du 18 juin au 24 août, le hall d’entrée de La Vitrine culturelle prend la forme d’un écrin qui présente les fiertés et les beautés de Montréal.

Voir la ville à travers des moments vécus par d’autres, voici ce que permet cette fascinante exposition dans l’édifice du 2-22. Ça et là, vous entrerez dans l’intimité des gens et verrez comment chacun vit la ville à sa manière.

Et comme la culture fait partie prenante de l’authenticité de Montréal, on la retrouve pointant le bout de son nez dans un très grand nombre de ces publications. Pas étonnant, donc, que cette exposition prenne place dans l’édifice de La Vitrine culturelle!

Crédit : Cloé Jourdain

Crédit : Cloé Jourdain

C’est le studio montréalais de design multidisciplinaire La Camaraderie qui signe la conception de cubes lumineux mettant parfaitement en valeur les tweets et photos croquées par les adeptes de Montréal.

Une exposition ludique et accrocheuse, qui remercie à sa manière tous ceux ayant participé à la campagne sur les médias sociaux. À s’y arrêter absolument lors de votre prochaine excursion dans le Quartier des spectacles.

Et n’oubliez pas de continuer à faire vivre cette grande cartographie de la vie montréalaise en alimentant le fil #MTLMOMENTS de vos moments à vous!

L’exposition gratuite #MTLMOMENTS se tiendra du 18 juin au 24 août au rez-de-chaussée de l’édifice 2-22, et sera accessible tous les jours de 11h à 21h.

 

 

Musée Exposition
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OSEREZ-VOUS ?

La Vitrine s’apprête à lever le rideau sur les façades du 2-22, nouvellement dotées d’installations technologiques créées par Moment Factory. C’est le jeudi 24 octobre prochain, à 19 h 30, que vous êtes invités à assister au lancement officiel de cette illumination, pour lequel un spectacle multidisciplinaire unique, mis en scène par Lorraine Pintal, sera présenté à même les passerelles de trois étages du bâtiment.

Les 7 doigts de la main. Photo : Lionel Montagnier

Les 7 doigts de la main. Photo : Lionel Montagnier

Pour souligner le lancement officiel de cette illumination, La Vitrine et Moment Factory sublimeront la fibre identitaire du Red Light avec une célébration spectaculaire, qui rassemblera des performances d’artistes de talents mis en lumières par une technologie d’éclairage d’avant-garde, dans un contexte de diffusion artistique atypique, à même le bâtiment. La compagnie montréalaise reconnue internationalement a mis en place une technologie de pointe permanente sur les façades extérieures du bâtiment.

Comment cela prendra-t-il forme? Nous vous gardons la surprise pour le spectacle!

Situé au cœur de l’ancien district du Red Light de Montréal, le projet d’illumination du 2-22, considéré comme le nouveau phare culturel du Quartier des spectacles, vise à raconter l’histoire du quartier, à réactiver l’origine des lieux et à rendre hommage en lumières et en performances ce quartier mythique et à son évolution dans le paysage urbain montréalais.

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O Vertigo. Photo : Laurent Paillier

La metteure en scène du spectacle, Lorraine Pintal, également Présidente de La Vitrine et directrice artistique et générale du TNM, a imaginé à quoi le Red Light pourrait bien ressembler en 2013. Un rassemblement grandiose et multidisciplinaire marquant la dernière phase du déménagement des  propriétaires dans l’édifice culturel 2-22 à l’architecture inspirée des rideaux ouverts, symbole du spectacle.

Les artistes qui prendront part au spectacle multidisciplinaire apporteront chacun leur touche personnelle. Au programme, LES 7 DOIGTS DE LA MAIN feront des acrobaties périlleuses dans les vitrines et au sommet du bâtiment. O VERTIGO livrera un numéro de danse contemporaine déjanté. La sublime et très en demande comédienne MAUDE GUÉRIN interprètera un extrait de la pièce Le Chant de Sainte Carmen de la Main, qui a connu un grand succès à la saison dernière au TNM. L’ATELIER LYRIQUE DE L’OPÉRA DE MONTRÉAL offrira un morceau contemporain passionnel et complice.

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Enfin, 22 d’entre VOUS, vous avez bien lu (!) pourriez faire partie du spectacle d’illumination! Une chance de vivre l’expérience de très près et d’y jouer un rôle dans le lancement de l’illumination. Oserez-vous?

Inscrivez-vous au concours 2-22 Ton Montréal avant le 18 octobre.

Confirmez votre présence sur notre événement Facebook!

Prévoyez un vêtement chaud et un parapluie car le spectacle d’illumination se fera à l’extérieur.

Pour l’occasion, le Bistro Simpléchic Traiteur, voisin du comptoir de La Vitrine dans le 2-22, sera exceptionnellement ouvert en soirée pour offrir au public un cocktail-bar à huîtres. Le chef Samuel Josquin vous prépare un menu spécial pour cette soirée haute en couleurs et en saveurs!

Partagez photos Instagram et tweets avec le mot-clic #RedLightMtl.

On s’y voit?

Variétés
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Entrevue avec Paul Wombell

Pour sa 13e édition, Le Mois de la Photo à Montréal a invité le commissaire britannique de renom Paul Wombell à développer une programmation d’exposition sur une thématique brûlante d’actualité – Drone : l’image automatisée. Du 5 septembre au 5 octobre, des artistes locaux, nationaux et internationaux exploreront la relation en pleine mutation entre le corps et la technologie dans 25 expositions présentées à travers la ville.

L’événement Drone : l’image automatisée met l’emphase sur les fonctions et l’intelligence de l’appareil photo, ainsi que sa transformation en un appareil sophistiqué possédant ses propres lois et son propre fonctionnement. Comment en êtes-vous arrivé à ce thème?

On m’avait demandé de produire un livre sur l’histoire de la photographie sportive. Peu à peu, mes recherches dans des archives photographiques m’ont amené à réfléchir sur les changements technologiques dans le domaine de la photographie. Dans les années 1980, les appareils se sont développés au point où il était devenu possible de les envoyer dans des endroits inatteignables par les photographes – par exemple, au sommet des poteaux des buts ou dans l’habitacle des voitures de course. Le livre est donc devenu une historique de la photographie sportive et de l’évolution technologique de la discipline.

C’est ainsi que je me suis intéressé à la manière dont les appareils photo pouvaient être opérés à distance. Il y a également une image qui m’intrigue depuis longtemps. Il s’agit d’un autoportrait de la photographe Nan Goldin, quelque temps après avoir été battue par son petit ami de l’époque. Qui a pris cette photo ? Certainement pas son petit ami. Peut-être était-ce un ami ? Enfin, j’ai remarqué que Juergen Teller, avec qui j’ai travaillé sur une exposition importante en 2009, se place parfois devant l’appareil photo, parfois derrière celui-ci.

Et bien sûr, on a récemment beaucoup parlé de l’utilisation militaire des drones dans les médias.

Alors, le sujet m’habitait depuis plus d’une dizaine d’années. J’y ai donc songé lorsque je cherchais un thème pour cet événement.

Jon Rafman, 3081 Valmont Road, Boulder, Colorado, É.U., 2012, de la série The Nine Eyes of Google Street View (2008). Avec l’aimable autorisation de l’artiste; de la galerie antoine ertaskiran, Montréal; de la Zach Feuer Gallery, New York; et de la Seventeen Gallery, Londres © Jon Rafman

Jon Rafman, 3081 Valmont Road, Boulder, Colorado, É.U., 2012, de la série The Nine Eyes of Google Street View (2008). Avec l’aimable autorisation de l’artiste; de la galerie antoine ertaskiran, Montréal; de la Zach Feuer Gallery, New York; et de la Seventeen Gallery, Londres © Jon Rafman

Pourquoi présenter ce thème à Montréal?

Quand j’ai commencé à réfléchir aux possibilités du thème, celles-ci me ramenaient constamment vers le Canada, par exemple aux œuvres de Michael Snow, et puis plus précisément à Montréal, car le travail de plusieurs jeunes artistes d’ici s’insère très bien dans le thème.

Étant européen, je distingue une sensibilité différente ici, différente des autres villes canadiennes telles que Vancouver. Je pense que je n’aurais jamais pu monter une telle programmation à Londres. Les préoccupations, l’esthétique, le bagage culturel sont complètement différents.

Les drones ont récemment fait l’objet d’une plus grande couverture médiatique en raison de leur rôle dans les conflits politiques et les guerres actuelles. Comment le caractère sombre des drones se manifeste-t-il dans votre thème ?  

C’est un sous-thème des expositions, mais cela ne constitue pas le thème principal. L’événement n’est pas axé sur l’utilisation militaire des drones ou la surveillance. Je cherche plutôt à questionner ce que cela signifie d’être humain. Comment nous redéfinissons-nous à travers notre utilisation de la technologie ? Un autre sous-thème vise à questionner notre rôle central dans l’univers. Nous ne sommes qu’une espèce parmi tant d’autres… Qu’en est-il des autres points de vue, comme celui du chien de Jana Sterbak, ou des autres perceptions du temps, comme dans les œuvres de Michael Wesely ?

Michael Wesely, Potsdamer Platz, Berlin (27.3.1997 – 13.12.1998), 1997-1998. Épreuve à développement chromogène, Diasec, cadre métallique, 80 x 110 cm. Avec l’aimable autorisation de l’artiste © Michael Wesely

Michael Wesely, Potsdamer Platz, Berlin (27.3.1997 – 13.12.1998), 1997-1998. Épreuve à développement chromogène, Diasec, cadre métallique, 80 x 110 cm. Avec l’aimable autorisation de l’artiste © Michael Wesely

On voit donc un renversement total de la perception humanocentrique de l’être humain à la Renaissance.

Oui, les inquiétudes à propos des changements climatiques en sont un exemple. Nous commençons à comprendre que nous avons non seulement perdu le contrôle, mais que nous ne l’avions peut-être jamais eu.

Racontez-nous un peu comment vous préparez une exposition avec un artiste.

La première chose à faire est de discuter avec l’artiste. J’aime rencontrer les artistes de façon plutôt informelle, dans un bar, un studio, un café, et juste bavarder. Il est important de leur faire comprendre ce que je veux communiquer, pour qu’ils puissent décider si le lien entre la thématique et leur travail a du sens pour eux. C’est le meilleur moyen de procéder, que l’artiste soit bien établi ou non. Puis on parle de comment l’œuvre pourrait être présentée. Ensuite, il s’agit de gérer les détails pratiques. C’est un processus de plus d’un an.

Un des grands plaisirs de mon travail consiste à aller dans les musées et les galeries chaque semaine pour voir les œuvres, comment les pensées qu’elles inspirent évoluent avec le temps.

Qu’espérez-vous que les visiteurs emporteront avec eux à la sortie de l’événement ?

Ce que j’espère qu’ils emportent et ce qu’ils emporteront réellement sont des choses souvent très différentes !

Quand je vois une œuvre, ça me donne le goût d’en apprendre davantage sur l’artiste, sur l’idée sous-jacente, et ces pensées mijotent en moi, parfois même pendant des années. Les meilleures expériences que j’ai eues en appréhendant une œuvre (ou quelque chose dans la rue !) ont été quand l’œuvre a déclenché un processus de pensée, en tissant des liens avec d’autres choses que j’ai vues ou lues, et que ces dernières ont par la suite mijoté ensemble. Ces pensées m’aident à comprendre le monde. C’est ce que je souhaite aux visiteurs des expositions du Mois de la Photo à Montréal.

Entrevue réalisée par le Mois de la Photo.

Image à la une : Trevor Paglen, Reaper Drone: Indian Springs, NV; Distance – 2 miles, 2010. Épreuve à développement chromogène, 76,2 x 91,44 cm. Avec l’aimable autorisation de l’artiste; de Metro Pictures, New York; Altman Siegel, San Francisco; et de la Galerie Thomas Zander, Cologne © Trevor Paglen

Arts Médiatiques
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Des requins au Vieux-Port de Montréal?

La saison estivale approche à grand pas et les programmations d’été s’affichent. Cette année, ce sont les requins qui occuperont le Centre des sciences de Montréal situé en plein milieu du pittoresque Vieux-Port de Montréal. Voilà enfin une bonne occasion de sortir toute la famille : les requins fascinent tout le monde. Le moment rêvé de jumeler cette sortie d’une longue ballade sur les quais, aux abords du majestueux fleuve Saint-Laurent qui borde notre île. Bref, un interlude éducatif accompagné d’une odeur de vacances.

J’ai été invitée à participer à la soirée de lancement, où il m’a été possible d’entendre un conférencier hyper intéressant : le porte-parole qui chaperonne l’exposition, nulle autre que Jeffrey Gallant, président directeur de l’Observatoire des requins du Québec[2] et de toute une panoplie d’organismes voués à l’étude des requins. Il en a rencontrés, lui, des requins, et ce, dans toutes les eaux du globe, même celles du Québec.

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Hein? Des requins au Québec? Probablement quelque part dans le Nord, près de l’entrée de la Baie d’Hudson. Non?

 En fait, 7 espèces de requins viennent visiter l’estuaire et le golfe du Saint-Laurent. Et juste pour qu’on ait un ordre de grandeur, les organisateurs de cette exposition en ont fait une immense murale, où l’homme se fait tout petit aux côtés de ces monstres de mer. Mais peut-on qualifier les requins de monstres? L’imaginaire développé autour de Jaws (1975) qui mettait en vedette un requin arrivant de la profondeur des profondeurs pour attaquer d’innocents baigneurs sur la plage, ainsi que les subséquentes franchises du film, nous joue-t-il des tours, encore aujourd’hui? Qu’est-ce que le requin et est-il dangereux pour l’homme? C’est, pour être entièrement honnête, le but avoué de cette exposition, que de démystifier ce charmant poisson.

Pardon? Un poisson charmant, le requin. Non mais, ça va pas?

Redorer l’image du requin, voilà entre autres, la tâche que s’est assignée le Centre des sciences de Montréal. Une tâche qu’il accomplit en mettant en œuvre tout un réseau d’objets et d’informations. Tout d’abord, des tonnes de dents de requin sont exposées, servant de repères chronologiques. Une dent de requin, lorsqu’elle tombe, est remplacée en moins de 24 heures. Sa dentition n’est en fait qu’une série de séries de dents. C’est égratignant.

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Le requin, quel prédateur! Et pourtant… il est également une proie.

La présence de ce poisson est cruciale dans les milieux marins. En effet, selon Jeffrey Gallant, le requin est le « gestionnaire des océans ». Il vidange les eaux du globe et ramasse les carcasses. Pourtant, l’extinction le guette. Plus de cent millions de requins disparaissent chaque année. Le danger provient d’une pratique particulièrement destructive, l’« aileronage ». Cette pratique consiste à retirer du requin ses ailerons, et uniquement ses ailerons, afin de les vendre sur le marché de la gastronomie.

L’exposition est diversifiée et sa formule interactive est captivante. La possibilité de jouer sur les écrans tactiles avec des reconstructions de requin de plusieurs centaines de millions d’années est géniale. Les deux spécimens congelés, un requin mako de 226 kg et sa proie, un thon rouge du Pacifique de 312 kg, sont fascinants. Sans compter que l’idée de mettre à la disposition du public une cage servant à la plonger en territoire « hostile » est propice à d’excellents moments photographiques. Pour ma part, j’ai adoré m’asseoir devant les trois projections simultanées sur d’immenses écrans. Cela m’a hypnotisée. J’y ai passé une belle soirée en bonne compagnie, j’ai appris des trucs inconcevables dont, je l’ai déjà mentionné plus haut, cette histoire de dents, qui se remplacent en moins de 24 heures!

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PONCTUATION : l’heure du rock a sonné

La musique a toujours fait partie de la vie des frères Chiasson. Originaires de Pont-rouge, en région de Québec, les garçons avaient tout leur temps pour explorer la discothèque de leurs parents mélomanes et les suggestions d’une tante très impliquée dans la scène rock de la ville. Dès qu’ils ont atteint l’âge de prendre le volant, c’est l’autoroute 40 qu’ils se sont mis à explorer, usant leurs pneux régulièrement pour aller voir des concerts en ville. C’est tout naturellement qu’ils se retrouvent aujourd’hui à lancer un premier album rock porté par l’idée de l’accomplissement personnel, 27 club.

Guillaume Chiasson a traîné sa guitare au sein de nombreux groupes depuis son adolescence, mais c’est avec Waving Hand, le projet électro pop qu’il avait avec son frère Maxime, «un ovni dans ma création musicale», qu’il a commencé à se positionner derrière les commandes. Pour la première fois il s’essayait aux textes, en anglais d’abord puis en français, à mesure qu’il prenait ses aises avec l’exercice. «Je me suis rendu compte que les textes peuvent être très forts. J’aimerais écrire comme Stéphane Lafleur (Avec pas d’casque), et je trouve que ce n’est pas contradictoire avec le rock. N’importe quel style devrait être de la musique à texte.»

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La plume de Guillaume, elle, a trempé dans la pop culture et le cinéma avant de griffonner les esquisses de 27 club. Entre les références à Kundera, Pete Townsend et Jean-Luc Godard, on devine un romantisme un peu échevelé et une envie impérieuse de s’agripper au moment présent. «J’ai réalisé que je n’étais pas heureux dans le travail à temps-plein que j’occupais et qui prenait toute mon énergie. Je me suis questionné sur mes priorités. Tu sais, les gens qui font partie du 27 club (Jim Morisson, Jimi Hendrix, Janis Joplin) ont tous accompli des choses extraordinaires avant 27 ans. Ils ont vécu à 100 miles à l’heure.»

Les textes sont souvent noyés dans les effets et intégrés à la mélodie de guitare, de telle façon que c’est celle-ci qui finit par retenir notre attention. «J’accorde énormément d’importance à la mélodie, surtout pour un duo. Et tu vois, ça c’est peut-être quelque chose que je trouve que les anglophones ont plus que nous de façon générale. Écoute Sean Nicolas Savage, il a des mélodies complètement folles. Les chansons sont interprétées un peu tout croche, il n’y a rien de vraiment consistant dedans, mais les mélodies sont tellement bonnes!»

À défaut de faire lever la sauce avec des arrangements, les deux frères lancent plusieurs clins d’oeil au psychédélisme. Écho interminable par-ci, explosion de fuzz par-là, les deux gars ont été nourris au rock et ils y sont restés fidèles. 27 Club est simple, direct, énergique, mais avec un petit côté ambiant distinctif, probablement le contrecoup des nombreuses heures que Guillaume a passé à écouter de la musique de film. C’est à l’Hôtel2tango qu’ils ont décidé de graver leur galette, jouant à la chaise musicale avec les différents amplis et effets pour trouver l’ambiance idéale de chaque pièce et varier les textures. «Ç’a été très rapide, deux jours et demi. On était prêts je pense, on voulait faire quelque chose qui était fidèle à nos spectacles. De toute façon, quand on écoute des vieux disques des années 60, il n’y avait pas d’overdubs. Aucun groupe dans la vraie vie joue sans faire d’erreur. Je ne suis pas fan des albums qui sont trop parfaits, ça donne un son qui n’existe pas, finalement.»

Pochette de 27 club.

Pochette de 27 club.

«Lors de nos discussions, j’ai senti un souci très fort de rester fidèle à la chaleur des enregistrements analogiques des années 60», explique Alexis Coutu-Marion, l’un des designers du groupe Charmant et Courtois, qui signe la pochette avec Mathieu Dionne et Florian Pétigny. «Donc même si on s’est servi de l’ordinateur, on voulait un rendu final «fait main» pour coller le plus possible à cette intention. On a fait un gros travail d’impression pour obtenir une palette de textures intéressante.»

Entre pop art et psychédélisme, la pochette aux couleurs vives est aussi un jeu de devinettes. Le corbeau et le sablier. Le grand feu de St-Roch. La bouteille cassée. Tous des symboles liés directement aux chansons de PONCTUATION. «Quand ils m’ont montré la pochette la première fois j’ai failli tomber sans connaissance», rigole Guillaume Chiasson. «Je ne m’attendais pas à quelque chose d’aussi psychédélique. C’est une des plus belles pochettes que j’ai vues je pense. Ces gars-là ont vraiment embarqué dans le trip.»

Maintenant soutenus par la maison de disques Bonsound, les deux frères espèrent user de nouvelles autoroutes. «J’ai découvert cette passion de voyager en faisant de la musique en tenant la basse pour Jésuslesfilles. Je veux essayer de faire ça avec PONCTUATION. Trouver des petits festivals ici et là et aller jouer un peu partout.»

Ou comme il le dit sur la chanson Je ne lis pas:
«Oh laisse-moi m’enfuir avec toi
S’éclipser et sur tout mettre une croix»

Lancement de 27 Club au Divan orange le 20 mars 2013

Musique
Julie Gagné, Agathe Lanctôt et Jean-François Blanchard. Photographe : Luc Lavergne

Théâtre d’avant-hier, jeunesse d’aujourd’hui

C’était soir de première vendredi dernier au Théâtre Denise-Pelletier. Dans le froid glacial de janvier, très peu de comédiens et de journalistes pour assister au Jeu de l’amour et du hasard. Les invités d’honneur? Des adolescents en souliers, sans tuque ni foulard, la « falle à l’air », comme dirait l’autre. Tant mieux, puisque la production de la Société Richard III m’a semblé être conçue sur mesure pour eux.

Certains sont arrivés en autobus scolaire, d’autres ont longuement décrit le pénible trajet d’autobus qui les a menés jusqu’aux grandes portes vitrées du théâtre de la rue Sainte-Catherine Est. Bref, ça grouillait et ça jacassait dans la salle avant le début de la représentation. Je me suis demandé si cette comédie de Marivaux, présentée pour la première fois en 1730, allait réussir à les captiver, ou à tout le moins à les tenir éveillés pendant un peu plus de deux heures. L’histoire racontée est somme toute assez conventionnelle : Silvia, jeune femme destinée à Dorante, désire voir son prétendant avant de se marier à lui. Elle décide donc de changer de costume et de rôle avec Lisette, sa servante, sans se douter que Dorante et son valet, Arlequin, ont usé du même stratagème.  Évidemment, la situation donne lieu à plusieurs scènes loufoques qui ont tôt fait de séduire le public.

Daniel Desparois et Julie Gagné. Photographe : Luc Lavergne

Si la mise en scène de Carl Poliquin peut paraître un brin classique, c’est précisément cette caractéristique qui permet aux jeunes spectateurs d’être emportés par l’intelligence et la finesse du texte de Marivaux. Les personnages nagent dans un décor changeant, où de larges panneaux pivotent pour transformer l’espace. Le résultat est simple et dépouillé, laissant encore une fois toute la place aux mots de l’auteur. Près de la commedia dell’arte, le jeu des acteurs, principalement celui des serviteurs, est souvent à la limite du burlesque. Sans nullement être agacés par cet excès de bouffonnerie, les jeunes riaient aux éclats devant les nombreuses frasques de Lisette (Julie Gagné) et Arlequin (Daniel Desparois), comme ils ont été charmés par le jeu plus subtil de Guillaume Champoux et d’Agathe Lanctôt dans les rôles de Dorante et Silvia. En ce début de saison théâtrale hivernale, Carl Poliquin propose donc une version divertissante et légère du Jeu de l’amour et du hasard, qui, à -20 degrés Celsius, se prend comme un bon chocolat chaud bien sucré.

L’objectif principal du Théâtre Denise-Pelletier est d’initier les jeunes au théâtre et de leur offrir des œuvres de répertoire tournées vers la jeunesse. Avec Le jeu de l’amour et du hasard, cette mission est franchement accomplie. Les jeunes se sont instantanément levés après la dernière scène, sans vouloir être polis comme bon nombre de spectateurs plus vieux, mais réellement conquis par la pièce à laquelle ils venaient d’assister. Pendant que j’ajustais minutieusement mon foulard avant de sortir à l’extérieur combattre les éléments, ils discutaient vivement du jeu des acteurs et du propos de la pièce, tout en soignant leur tenue hivernale savamment négligée. Sentir le théâtre être en vie comme ça, quand il passe par les réflexions d’adolescents de 16 ans, me rappelle à quel point le jeune public, même quand on souhaite le faire rire, mérite d’être pris au sérieux.

Le jeu de l’amour et du hasard, jusqu’au 15 février 2013 au Théâtre Denise-Pelletier.

Théatre
peterpeter

Rencontre avec Peter Peter

Il y a exactement deux semaines, c’était un lendemain d’élection difficile. Je devais me rendre au Cabaret du Mile-End rencontrer Peter Peter qui lançait son deuxième album Une version améliorée de la tristesse. Signé depuis son premier album par la réputée maison de disque Audiogram, on m’avait donné rendez-vous avec lui dans la loge quelques minutes avant son spectacle/lancement. Voici donc notre entretien qui s’est déroulé à l’arrière-scène du mythique Cabaret du Mile-End.

Jason : Est-ce que tu as gagné tes élections ?

Peter Peter : OUI, ben non ! Les libéraux ont perdu quelques sièges, je savais que le PQ gagnerait, mais je me demandais à quel point il allait entrer fort et à quel point la CAQ gagnerait des sièges. Deux sièges pour Québec Solidaire, j’suis un peu déçu ! Ce sont des élections que j’ai trouvés difficiles parce que je trouve que nous sommes dans un remaniement incroyable.

Jason : La soirée électorale s’est bizarrement terminée avec la fusillade au Métropolis, tu en penses quoi ?

Peter Peter : C’est horrible, être violent ! C’est fou ! Comment quelqu’un de mal éclairé peut, par sentiment d’impuissance, penser renverser le pouvoir de cette façon. Ça m’a affecté, on ne réalise pas que la vie est fragile. C’est juste du temps qu’on passe ici et les gens nourrissent un tas d’idées jusqu’à en oublier, que ça n’a pas poids dans l’univers.

Jason : Je fais un parallèle avec ton album, j’aimerais que tu me parles de son titre Une version améliorée de la tristesse

Peter Peter : Ça parle de moments où je croyais toucher le bonheur. Chaque fois que je pensais être heureux, ça retombait. Je me rendais finalement compte que c’était juste une version dérivée ou améliorée de la tristesse. Lorsqu’un sentiment prend quelques secondes à s’en aller, c’est une illusion. Il y a plusieurs formes d’apaisement : la souffrance avec les amis, la camaraderie avec l’ivresse et faire la fête, faire de la musique, être amoureux.

Jason : À mon avis c’est une belle suite à ton premier album…

Peter Peter : Oui, oui ! Les deux parlent de « spleen » ! Mais celui-là tente de tenir quelque chose, de saisir l’instant : le buzz d’être entre amis, de déconnecter et de sentir ses souffrances s’apaiser. Saisir le moment présent, le bonheur.

Jason : Et le bonheur pour toi, c’est de lancer ton deuxième album ?

Peter Peter : Oh oui ! J’ai hâte de monter sur scène !

Jason : Pour terminer, je me souviens que la première fois que je t’ai vu c’était au Canal Vox, tu faisais « Ma première Place des Arts » suite à la sortie de ton premier album. Ce soir, on peut s’attendre à quoi ?

Peter Peter : 6 musiciens, c’est le plus « loud » que j’ai jamais fait. En même temps c’est plus près de moi, mais d’autres parties sont plus en douceur. J’pense que c’est juste meilleur.

Jason : Est-ce que ça se rapproche un peu du « band » métal que tu as déjà eu ?

Peter Peter : Non (rire)… mais oui (rire)… mais non ! Espérons un peu dans l’intensité !

Peter Peter est un artiste intègre, sensible avec une énergie contagieuse. Oscillant entre le rock et la pop, il nous offre un spectacle divertissant qui nous fait réfléchir sur le sens de la vie. Après M pour Montréal, On the Road à New York City, Coup de Cœur Francophone, et une visite au Festival Le Printemps de Bourges en France, il nous offre un tout nouveau spectacle. Surveillez son site Web, écoutez ses pièces, mais surtout découvrez-le en spectacle!

Peter Peter : Nouvelle chanson, nouvel album from Audiogram on Vimeo.

Musique
Pochet

Jardin Mécanique : du pur délire!

J’ai déjà peur de ce que je vais écrire et pis j’ai même pas commencé… On m’a torturée pour que je consente à vous livrer un article au sujet des trois débiles qui ont semé Jardin Mécanique. La seule façon de m’épargner d’atroces souffrances a été de leur promettre de commettre un papier à la hauteur de leurs ambitions tyranniques. Messieurs Augustache, Edwige et Camélius feront tout pour mettre leur plan à exécution. Mais ce plan, c’est quoi ? Pour le savoir, faudra aller faire un tour au Lion d’Or le mercredi 12 septembre prochain à 20 h : ils nous annoncent toutes sortes d’affaires abominables pour l’occasion…

En attendant cette séance qui, je l’avoue, me fout gravement la chienne, je me suis tapée le premier album qui a germé dans leurs cerveaux déjantés : La sinistre histoire du Théâtre Tintamarre, épisode 1, une galette de 9 pièces dangereusement inquiétante – et loufoque – qui envahira les magasins de disques dès le 11 septembre. On y trouve 35 minutes de délire musical addictif (ça fait juste 4 fois en ligne que je l’écoute aujourd’hui; il y a quelque chose de louche là-dessous…), un opéra rock nouveau genre bouturé de satire sociale, un univers burlesque très près du Burtonesque, un hybride de cirque ou de fête foraine conjugué de métal pur planté dans un décor de Poe ou de Verne, au choix. Une botanique détraquée dont les racines Chopin, Tchaikovsky ou Shostakovitch se retrouvent greffées autant à une marche militaire qu’à une mélodie de carrousel, une valse ou un rock cinglant… Maintes fois retournée, la terre de leur Jardin atteint maturité : les trois complices derrière le projet ont bichonné leur œuvre pendant des années; chaque son, chaque bruit, chaque détail, chaque clin d’œil a été vu et revu, ajusté et corrigé jusqu’à pleine satisfaction, jusqu’à démoniaque perfection.

Pochette d’album

Ce chaos mûri à point n’est pas sans être romantique, quoique décadent et dégoulinant de sarcasme. Baudelaire et Brel s’emmêlent les branches dans cette sanglante histoire de domination imaginée par trois vieux potes originaires de la Mauricie. Multi-instrumentistes, geeks de son, chanteurs, désormais acteurs, Philippe Coulombe, Sylvain Sicard de Carufel et Francis Gagnon, au fil des années, n’ont rien laissé au hasard et ont même créé leur propre étiquette de disques, Nuke Records, pour arriver à leurs fins. Leur Jardin Mécanique a su se nourrir de l’engrais de multiples collaborateurs de tous horizons, qu’on pense à l’artiste visuelle Véronique Paquette, qui a imaginé une toile par chanson et conçu le visuel de la pochette, à Yannick Chapdelaine, qui assure depuis déjà plusieurs mois la mise en scène et la direction artistique des personnages, ou à Daniel Proulx, qui leur a créé bijoux, costumes et accessoires dans l’esthétique steampunk/rétrofuturiste… et la liste est longue.

Adroitement – et presque imperceptiblement – , le trio désaxé a graduellement investi le paysage musical montréalais, s’attardant au Studio-Théâtre de la Place des Arts, au Divan Orange, au Théâtre Rialto dans le cadre du festival Vue sur la relève, au Quai des Brumes, Ô Patro Vys… Il y a même Monsieur Augustache qui s’est lancé en politique; le Parti Tintamarre du Québec revendique : « Oui à la lobotomie ». De bel augure…

Et à ce rythme-là, si j’étais vous, je ferais attention, on ne parlera bientôt plus que d’eux.

Partout.

Compte-rendu et photos du spectacle-lancement la semaine prochaine !

Jardin Mécanique

Spectacle-lancement La sinistre histoire du Théâtre Tintamarre, épisode 1
Mercredi 12 septembre 2012 – 20 h  au Lion d’Or

17 $ en pré-vente
23 $ à la porte

Jardin Mécanique sera de Comiccon au Palais des Congrès de Montréal du 14 au 16 septembre prochain.

Musique
Danny

Admirons le tendre Démon vert!

Dany Placard dévoilera son nouvel album, Démon vert, lors d’un 5 à 7 qui aura lieu le 28 août prochain au Lion d’Or auquel vous êtes tous conviés! À 36 ans, 15 ans de carrière à son actif, il avait envie de proposer un opus empreint de tendresse et de poésie, des chansons qui viennent du cœur et affranchies des restrictions du marché. C’est aussi une suite logique à son dernier album de facture plus rock paru en 2010. Placard revient avec un son folk/rock qui lui est propre.

Originaire de Laferrière, à quelques pas de l’inspirant Fjord-du-Saguenay, Dany Placard a fait paraître son premier album en 1998 (autoproduction) et a créé par la suite le groupe Plywood ¾ avec Éric Villeneuve. Ils ont ensemble produit deux albums. Suite à cette expérience, il a repris sa carrière solo et a proposé Rang de l’église (2005) et Raccourci (2008). Il a entre-temps collaboré avec quelques artistes dont Carl-Éric Hudon (Hudon-Placard, 2007) et Francis Toots Macbeth (Placard-Mecbeth, 2009). Quelques artistes lui ont enfin confié la réalisation de leur album : Chantal Archambault, Domlebo, Francis Faubert et Louis-Philippe Gingras.

Démon Vert propose 13 chansons enregistrées au studio Planète en compagnie de son « band » et de Pierre Girard à la prise de son. Un album introspectif qui raconte la vie d’un homme de son âge et des préoccupations qui s’y rattachent. Coucher a’c la lune est particulièrement représentative : elle nous parle de confiance en soi et à autrui, de l’amour qu’il éprouve pour sa femme avec laquelle il partage sa vie depuis 10 ans. Les chansons Robin et Luky Luke sont, quant à elles, des messages d’amour d’un père à ses deux fils. Avec l’album Démon vert, Dany Placard a décidément voulu se confier.

À mon avis, c’est un de ces artistes vrais et intègres. Au risque de déplaire aux exigences de notre industrie musicale, il reste près de ses convictions artistiques, personnelles et nous offre le fond de son âme. Après plusieurs écoutes de son album, j’ai compris la profondeur du personnage et son message :  être heureux avec ce que l’on a sans se stresser avec la vie!

Je verrai pour la première fois en spectacle Dany Placard mardi prochain et ce ne sera probablement pas la dernière. On se donne rendez-vous avec le Démon Vert,  le 28 août?

Visitez son site Internet pour en apprendre plus!

 Lancement, le 28 août 2012

Musique
FestivalSightAndSound

L’art numérique décortiqué

Pris en sandwich entre les festivals Élektra et Mutek, le festival Sight And Sound fait le pari de présenter l’art numérique en mettant de l’avant ses mécanismes, plutôt que l’oeuvre finale. Jusqu’au dimanche 27 mai, quinze artistes émergents présenteront des installations et des performances audio-visuelles à l’Eastern Bloc, loft de création et d’exposition situé au coin de Clark et Jean-Talon. « Notre approche de l’art numérique est axée sur le glitch, c’est-à-dire l’erreur de la technologie qui est réappropriée pour prendre part au projet artistique », explique la chargée de communication Aurélie Besson.

En performance lors de la soirée d’ouverture, le Montréalais Thomas Bégin présentait une de ses nouvelles inventions, la guitare fractale, qui laisse à voir la physicalité du son à l’aide d’un laser. « Je viens d’une tradition de la sculpture et de l’installation et le son a toujours été assez abstrait pour moi, explique-t-il. Je crée des  dispositifs où je peux voir le signal sonore sous d’autres formes que celle d’une onde sur un ordinateur, ce qui me permet de me réapproprier la technologie pour mieux la comprendre. »

Pour sa performance, Thomas Bégin utilise un laser qui est réflété sur plusieurs objets dont la membrane d’un speaker, et qui se transforme en son lorsque capté par le micro optique du créateur. « Le feedback forme des dessins lumineux qui se mettent à osciller par eux-mêmes, parce que c’est un système mou dont on ne peut jamais prévoir les réactions. Il y a trois sources oscillantes, et quand tu les faisceaux se mélangent c’est comme de la météo : s’il y a une tempête au Texas et un front froid qui descend du Québec, il risque d’y avoir quelque chose de complètement imprévu au centre des États-Unis. »

La question de l’interférence revient dans beaucoup d’oeuvres présentées au festival. « On se demande comment on peut créer des systèmes qui fonctionnent par eux-mêmes et finissent par nous échapper, indique Aurélie Besson. C’est cette relation homme – machine dans laquelle la machine finit souvent par avoir le dessus. »

Cette année, les oeuvres tournent autour du thème Systèmes symétriques. Dans le cas de l’installation de l’Américain Zach Gage, par exemple, le spectateur est mis en miroir devant une caméra liée à un compteur, qui affiche le nombre de passants en tant qu’oeuvre. Pour Robyn Moody, la symétrie se retrouve dans l’ambiance intrigante crée par une sculpture cinétique faite de tubes fluorescents et d’un orgue activé mécaniquement, sensés renvoyer à la paranoïa liée aux effets des ondes sur le corps.

Les installations sont gratuites et ouvertes à tous jusqu’à dimanche de 12 h à 17 h. Les soirées de vendredi et samedi sont dédiées à des performances, notamment See you in the next loop de Thomas Bégin samedi, qui sera suivi d’un concert du groupe de rap autochtone A Tribe Called Red. Pour ceux qui souhaitent tester eux-mêmes la question de l’interférence, des ateliers sont prévus samedi et dimanche à 13 h : un jam électromagnétique samedi et un atelier de génération d’images 8bit à partir de microcontrôleurs par le concepteur de TVDESTROY dimanche.

Festival Sight And Sound 

Arts Médiatiques
Le-Petit-Prince

Un drôle de voyage

Un conte faussement enfantin. Une chorégraphe avec un grand cœur. Voilà tout ce que ça prend pour que l’un des plus grands bijoux de la littérature trouve son écho sur scène. Les Grands Ballets Canadiens présente Le Petit Prince. Une œuvre intemporelle pour une création contemporaine.

Didy Veldman, chorégraphe néerlandaise s’est penchée sur cette œuvre si célèbre qu’est Le Petit Prince d’Antoine de Saint-Exupéry, comme tant d’autres avant elle. Mais elle est la première à en créer un spectacle complet. Rien de moins qu’un ballet. Son désir « de retranscrire en mouvement la poésie et la pureté de ce récit unique » a pris son envol à Montréal sur les planches du Théâtre Maisonneuve, jeudi dernier. Le public était impatient et légèrement angoissé à l’idée d’assister à cette redécouverte d’un grand classique.

Il est important de laisser à la porte toute attente préconçue pour le premier soliste André Silva que vous verrez, certains soirs, sous les traits du Serpent. Il faut se laisser surprendre, se laisser offrir ce spectacle ce que je rajoute pour ma part, en toute humilité. J’ai donc apprécié l’imaginaire littéraire de ce conte philosophique, mais également et plus sûrement, l’imaginaire scénique élaboré. La chorégraphe avoue elle-même s’être accordée une certaine latitude face à l’œuvre originale. L’essentiel, c’est d’assister au mariage, de plus en plus fréquent, de la littérature et de la danse.

Le Petit Prince est l’une de ces histoires qui trouvent leur pertinence à toute époque, alors la touche moderne et créative dont se pare le spectacle n’est nullement superflue. Une histoire sur l’enfance, sur cette part de soi qui prend le large sans raison, sur les affronts d’un monde qui ne prend pas de gants. Une histoire universelle, dont les grands thèmes, toujours d’actualité, trouvent parfaitement leur place dans l’expression chorégraphique.

Votre soirée peut devenir magique si vous vous laissez tenter par le nouveau visage de ce conte mythique. Une trentaine de danseurs seront là pour vous « dessiner un mouton » dans un décor aérien conçue par Kimie Nakano, sur des airs savamment arrangés par Philip Feeney. Un de mes moments préférés fut celui où les notes de Do you love me  de The Contours, arrivèrent à mes oreilles.

Il n’est pas trop tard pour vous procurer des billets, les représentations continuent jusqu’au 12 mai. Retrouvez l’enfant en vous, il ne fait qu’attendre…

Danse