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PONCTUATION : l’heure du rock a sonné

La musique a toujours fait partie de la vie des frères Chiasson. Originaires de Pont-rouge, en région de Québec, les garçons avaient tout leur temps pour explorer la discothèque de leurs parents mélomanes et les suggestions d’une tante très impliquée dans la scène rock de la ville. Dès qu’ils ont atteint l’âge de prendre le volant, c’est l’autoroute 40 qu’ils se sont mis à explorer, usant leurs pneux régulièrement pour aller voir des concerts en ville. C’est tout naturellement qu’ils se retrouvent aujourd’hui à lancer un premier album rock porté par l’idée de l’accomplissement personnel, 27 club.

Guillaume Chiasson a traîné sa guitare au sein de nombreux groupes depuis son adolescence, mais c’est avec Waving Hand, le projet électro pop qu’il avait avec son frère Maxime, «un ovni dans ma création musicale», qu’il a commencé à se positionner derrière les commandes. Pour la première fois il s’essayait aux textes, en anglais d’abord puis en français, à mesure qu’il prenait ses aises avec l’exercice. «Je me suis rendu compte que les textes peuvent être très forts. J’aimerais écrire comme Stéphane Lafleur (Avec pas d’casque), et je trouve que ce n’est pas contradictoire avec le rock. N’importe quel style devrait être de la musique à texte.»

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La plume de Guillaume, elle, a trempé dans la pop culture et le cinéma avant de griffonner les esquisses de 27 club. Entre les références à Kundera, Pete Townsend et Jean-Luc Godard, on devine un romantisme un peu échevelé et une envie impérieuse de s’agripper au moment présent. «J’ai réalisé que je n’étais pas heureux dans le travail à temps-plein que j’occupais et qui prenait toute mon énergie. Je me suis questionné sur mes priorités. Tu sais, les gens qui font partie du 27 club (Jim Morisson, Jimi Hendrix, Janis Joplin) ont tous accompli des choses extraordinaires avant 27 ans. Ils ont vécu à 100 miles à l’heure.»

Les textes sont souvent noyés dans les effets et intégrés à la mélodie de guitare, de telle façon que c’est celle-ci qui finit par retenir notre attention. «J’accorde énormément d’importance à la mélodie, surtout pour un duo. Et tu vois, ça c’est peut-être quelque chose que je trouve que les anglophones ont plus que nous de façon générale. Écoute Sean Nicolas Savage, il a des mélodies complètement folles. Les chansons sont interprétées un peu tout croche, il n’y a rien de vraiment consistant dedans, mais les mélodies sont tellement bonnes!»

À défaut de faire lever la sauce avec des arrangements, les deux frères lancent plusieurs clins d’oeil au psychédélisme. Écho interminable par-ci, explosion de fuzz par-là, les deux gars ont été nourris au rock et ils y sont restés fidèles. 27 Club est simple, direct, énergique, mais avec un petit côté ambiant distinctif, probablement le contrecoup des nombreuses heures que Guillaume a passé à écouter de la musique de film. C’est à l’Hôtel2tango qu’ils ont décidé de graver leur galette, jouant à la chaise musicale avec les différents amplis et effets pour trouver l’ambiance idéale de chaque pièce et varier les textures. «Ç’a été très rapide, deux jours et demi. On était prêts je pense, on voulait faire quelque chose qui était fidèle à nos spectacles. De toute façon, quand on écoute des vieux disques des années 60, il n’y avait pas d’overdubs. Aucun groupe dans la vraie vie joue sans faire d’erreur. Je ne suis pas fan des albums qui sont trop parfaits, ça donne un son qui n’existe pas, finalement.»

Pochette de 27 club.

Pochette de 27 club.

«Lors de nos discussions, j’ai senti un souci très fort de rester fidèle à la chaleur des enregistrements analogiques des années 60», explique Alexis Coutu-Marion, l’un des designers du groupe Charmant et Courtois, qui signe la pochette avec Mathieu Dionne et Florian Pétigny. «Donc même si on s’est servi de l’ordinateur, on voulait un rendu final «fait main» pour coller le plus possible à cette intention. On a fait un gros travail d’impression pour obtenir une palette de textures intéressante.»

Entre pop art et psychédélisme, la pochette aux couleurs vives est aussi un jeu de devinettes. Le corbeau et le sablier. Le grand feu de St-Roch. La bouteille cassée. Tous des symboles liés directement aux chansons de PONCTUATION. «Quand ils m’ont montré la pochette la première fois j’ai failli tomber sans connaissance», rigole Guillaume Chiasson. «Je ne m’attendais pas à quelque chose d’aussi psychédélique. C’est une des plus belles pochettes que j’ai vues je pense. Ces gars-là ont vraiment embarqué dans le trip.»

Maintenant soutenus par la maison de disques Bonsound, les deux frères espèrent user de nouvelles autoroutes. «J’ai découvert cette passion de voyager en faisant de la musique en tenant la basse pour Jésuslesfilles. Je veux essayer de faire ça avec PONCTUATION. Trouver des petits festivals ici et là et aller jouer un peu partout.»

Ou comme il le dit sur la chanson Je ne lis pas:
«Oh laisse-moi m’enfuir avec toi
S’éclipser et sur tout mettre une croix»

Lancement de 27 Club au Divan orange le 20 mars 2013

Musique
Julie Gagné, Agathe Lanctôt et Jean-François Blanchard. Photographe : Luc Lavergne

Théâtre d’avant-hier, jeunesse d’aujourd’hui

C’était soir de première vendredi dernier au Théâtre Denise-Pelletier. Dans le froid glacial de janvier, très peu de comédiens et de journalistes pour assister au Jeu de l’amour et du hasard. Les invités d’honneur? Des adolescents en souliers, sans tuque ni foulard, la « falle à l’air », comme dirait l’autre. Tant mieux, puisque la production de la Société Richard III m’a semblé être conçue sur mesure pour eux.

Certains sont arrivés en autobus scolaire, d’autres ont longuement décrit le pénible trajet d’autobus qui les a menés jusqu’aux grandes portes vitrées du théâtre de la rue Sainte-Catherine Est. Bref, ça grouillait et ça jacassait dans la salle avant le début de la représentation. Je me suis demandé si cette comédie de Marivaux, présentée pour la première fois en 1730, allait réussir à les captiver, ou à tout le moins à les tenir éveillés pendant un peu plus de deux heures. L’histoire racontée est somme toute assez conventionnelle : Silvia, jeune femme destinée à Dorante, désire voir son prétendant avant de se marier à lui. Elle décide donc de changer de costume et de rôle avec Lisette, sa servante, sans se douter que Dorante et son valet, Arlequin, ont usé du même stratagème.  Évidemment, la situation donne lieu à plusieurs scènes loufoques qui ont tôt fait de séduire le public.

Daniel Desparois et Julie Gagné. Photographe : Luc Lavergne

Si la mise en scène de Carl Poliquin peut paraître un brin classique, c’est précisément cette caractéristique qui permet aux jeunes spectateurs d’être emportés par l’intelligence et la finesse du texte de Marivaux. Les personnages nagent dans un décor changeant, où de larges panneaux pivotent pour transformer l’espace. Le résultat est simple et dépouillé, laissant encore une fois toute la place aux mots de l’auteur. Près de la commedia dell’arte, le jeu des acteurs, principalement celui des serviteurs, est souvent à la limite du burlesque. Sans nullement être agacés par cet excès de bouffonnerie, les jeunes riaient aux éclats devant les nombreuses frasques de Lisette (Julie Gagné) et Arlequin (Daniel Desparois), comme ils ont été charmés par le jeu plus subtil de Guillaume Champoux et d’Agathe Lanctôt dans les rôles de Dorante et Silvia. En ce début de saison théâtrale hivernale, Carl Poliquin propose donc une version divertissante et légère du Jeu de l’amour et du hasard, qui, à -20 degrés Celsius, se prend comme un bon chocolat chaud bien sucré.

L’objectif principal du Théâtre Denise-Pelletier est d’initier les jeunes au théâtre et de leur offrir des œuvres de répertoire tournées vers la jeunesse. Avec Le jeu de l’amour et du hasard, cette mission est franchement accomplie. Les jeunes se sont instantanément levés après la dernière scène, sans vouloir être polis comme bon nombre de spectateurs plus vieux, mais réellement conquis par la pièce à laquelle ils venaient d’assister. Pendant que j’ajustais minutieusement mon foulard avant de sortir à l’extérieur combattre les éléments, ils discutaient vivement du jeu des acteurs et du propos de la pièce, tout en soignant leur tenue hivernale savamment négligée. Sentir le théâtre être en vie comme ça, quand il passe par les réflexions d’adolescents de 16 ans, me rappelle à quel point le jeune public, même quand on souhaite le faire rire, mérite d’être pris au sérieux.

Le jeu de l’amour et du hasard, jusqu’au 15 février 2013 au Théâtre Denise-Pelletier.

Théatre
peterpeter

Rencontre avec Peter Peter

Il y a exactement deux semaines, c’était un lendemain d’élection difficile. Je devais me rendre au Cabaret du Mile-End rencontrer Peter Peter qui lançait son deuxième album Une version améliorée de la tristesse. Signé depuis son premier album par la réputée maison de disque Audiogram, on m’avait donné rendez-vous avec lui dans la loge quelques minutes avant son spectacle/lancement. Voici donc notre entretien qui s’est déroulé à l’arrière-scène du mythique Cabaret du Mile-End.

Jason : Est-ce que tu as gagné tes élections ?

Peter Peter : OUI, ben non ! Les libéraux ont perdu quelques sièges, je savais que le PQ gagnerait, mais je me demandais à quel point il allait entrer fort et à quel point la CAQ gagnerait des sièges. Deux sièges pour Québec Solidaire, j’suis un peu déçu ! Ce sont des élections que j’ai trouvés difficiles parce que je trouve que nous sommes dans un remaniement incroyable.

Jason : La soirée électorale s’est bizarrement terminée avec la fusillade au Métropolis, tu en penses quoi ?

Peter Peter : C’est horrible, être violent ! C’est fou ! Comment quelqu’un de mal éclairé peut, par sentiment d’impuissance, penser renverser le pouvoir de cette façon. Ça m’a affecté, on ne réalise pas que la vie est fragile. C’est juste du temps qu’on passe ici et les gens nourrissent un tas d’idées jusqu’à en oublier, que ça n’a pas poids dans l’univers.

Jason : Je fais un parallèle avec ton album, j’aimerais que tu me parles de son titre Une version améliorée de la tristesse

Peter Peter : Ça parle de moments où je croyais toucher le bonheur. Chaque fois que je pensais être heureux, ça retombait. Je me rendais finalement compte que c’était juste une version dérivée ou améliorée de la tristesse. Lorsqu’un sentiment prend quelques secondes à s’en aller, c’est une illusion. Il y a plusieurs formes d’apaisement : la souffrance avec les amis, la camaraderie avec l’ivresse et faire la fête, faire de la musique, être amoureux.

Jason : À mon avis c’est une belle suite à ton premier album…

Peter Peter : Oui, oui ! Les deux parlent de « spleen » ! Mais celui-là tente de tenir quelque chose, de saisir l’instant : le buzz d’être entre amis, de déconnecter et de sentir ses souffrances s’apaiser. Saisir le moment présent, le bonheur.

Jason : Et le bonheur pour toi, c’est de lancer ton deuxième album ?

Peter Peter : Oh oui ! J’ai hâte de monter sur scène !

Jason : Pour terminer, je me souviens que la première fois que je t’ai vu c’était au Canal Vox, tu faisais « Ma première Place des Arts » suite à la sortie de ton premier album. Ce soir, on peut s’attendre à quoi ?

Peter Peter : 6 musiciens, c’est le plus « loud » que j’ai jamais fait. En même temps c’est plus près de moi, mais d’autres parties sont plus en douceur. J’pense que c’est juste meilleur.

Jason : Est-ce que ça se rapproche un peu du « band » métal que tu as déjà eu ?

Peter Peter : Non (rire)… mais oui (rire)… mais non ! Espérons un peu dans l’intensité !

Peter Peter est un artiste intègre, sensible avec une énergie contagieuse. Oscillant entre le rock et la pop, il nous offre un spectacle divertissant qui nous fait réfléchir sur le sens de la vie. Après M pour Montréal, On the Road à New York City, Coup de Cœur Francophone, et une visite au Festival Le Printemps de Bourges en France, il nous offre un tout nouveau spectacle. Surveillez son site Web, écoutez ses pièces, mais surtout découvrez-le en spectacle!

Peter Peter : Nouvelle chanson, nouvel album from Audiogram on Vimeo.

Musique
Pochet

Jardin Mécanique : du pur délire!

J’ai déjà peur de ce que je vais écrire et pis j’ai même pas commencé… On m’a torturée pour que je consente à vous livrer un article au sujet des trois débiles qui ont semé Jardin Mécanique. La seule façon de m’épargner d’atroces souffrances a été de leur promettre de commettre un papier à la hauteur de leurs ambitions tyranniques. Messieurs Augustache, Edwige et Camélius feront tout pour mettre leur plan à exécution. Mais ce plan, c’est quoi ? Pour le savoir, faudra aller faire un tour au Lion d’Or le mercredi 12 septembre prochain à 20 h : ils nous annoncent toutes sortes d’affaires abominables pour l’occasion…

En attendant cette séance qui, je l’avoue, me fout gravement la chienne, je me suis tapée le premier album qui a germé dans leurs cerveaux déjantés : La sinistre histoire du Théâtre Tintamarre, épisode 1, une galette de 9 pièces dangereusement inquiétante – et loufoque – qui envahira les magasins de disques dès le 11 septembre. On y trouve 35 minutes de délire musical addictif (ça fait juste 4 fois en ligne que je l’écoute aujourd’hui; il y a quelque chose de louche là-dessous…), un opéra rock nouveau genre bouturé de satire sociale, un univers burlesque très près du Burtonesque, un hybride de cirque ou de fête foraine conjugué de métal pur planté dans un décor de Poe ou de Verne, au choix. Une botanique détraquée dont les racines Chopin, Tchaikovsky ou Shostakovitch se retrouvent greffées autant à une marche militaire qu’à une mélodie de carrousel, une valse ou un rock cinglant… Maintes fois retournée, la terre de leur Jardin atteint maturité : les trois complices derrière le projet ont bichonné leur œuvre pendant des années; chaque son, chaque bruit, chaque détail, chaque clin d’œil a été vu et revu, ajusté et corrigé jusqu’à pleine satisfaction, jusqu’à démoniaque perfection.

Pochette d’album

Ce chaos mûri à point n’est pas sans être romantique, quoique décadent et dégoulinant de sarcasme. Baudelaire et Brel s’emmêlent les branches dans cette sanglante histoire de domination imaginée par trois vieux potes originaires de la Mauricie. Multi-instrumentistes, geeks de son, chanteurs, désormais acteurs, Philippe Coulombe, Sylvain Sicard de Carufel et Francis Gagnon, au fil des années, n’ont rien laissé au hasard et ont même créé leur propre étiquette de disques, Nuke Records, pour arriver à leurs fins. Leur Jardin Mécanique a su se nourrir de l’engrais de multiples collaborateurs de tous horizons, qu’on pense à l’artiste visuelle Véronique Paquette, qui a imaginé une toile par chanson et conçu le visuel de la pochette, à Yannick Chapdelaine, qui assure depuis déjà plusieurs mois la mise en scène et la direction artistique des personnages, ou à Daniel Proulx, qui leur a créé bijoux, costumes et accessoires dans l’esthétique steampunk/rétrofuturiste… et la liste est longue.

Adroitement – et presque imperceptiblement – , le trio désaxé a graduellement investi le paysage musical montréalais, s’attardant au Studio-Théâtre de la Place des Arts, au Divan Orange, au Théâtre Rialto dans le cadre du festival Vue sur la relève, au Quai des Brumes, Ô Patro Vys… Il y a même Monsieur Augustache qui s’est lancé en politique; le Parti Tintamarre du Québec revendique : « Oui à la lobotomie ». De bel augure…

Et à ce rythme-là, si j’étais vous, je ferais attention, on ne parlera bientôt plus que d’eux.

Partout.

Compte-rendu et photos du spectacle-lancement la semaine prochaine !

Jardin Mécanique

Spectacle-lancement La sinistre histoire du Théâtre Tintamarre, épisode 1
Mercredi 12 septembre 2012 – 20 h  au Lion d’Or

17 $ en pré-vente
23 $ à la porte

Jardin Mécanique sera de Comiccon au Palais des Congrès de Montréal du 14 au 16 septembre prochain.

Musique
Danny

Admirons le tendre Démon vert!

Dany Placard dévoilera son nouvel album, Démon vert, lors d’un 5 à 7 qui aura lieu le 28 août prochain au Lion d’Or auquel vous êtes tous conviés! À 36 ans, 15 ans de carrière à son actif, il avait envie de proposer un opus empreint de tendresse et de poésie, des chansons qui viennent du cœur et affranchies des restrictions du marché. C’est aussi une suite logique à son dernier album de facture plus rock paru en 2010. Placard revient avec un son folk/rock qui lui est propre.

Originaire de Laferrière, à quelques pas de l’inspirant Fjord-du-Saguenay, Dany Placard a fait paraître son premier album en 1998 (autoproduction) et a créé par la suite le groupe Plywood ¾ avec Éric Villeneuve. Ils ont ensemble produit deux albums. Suite à cette expérience, il a repris sa carrière solo et a proposé Rang de l’église (2005) et Raccourci (2008). Il a entre-temps collaboré avec quelques artistes dont Carl-Éric Hudon (Hudon-Placard, 2007) et Francis Toots Macbeth (Placard-Mecbeth, 2009). Quelques artistes lui ont enfin confié la réalisation de leur album : Chantal Archambault, Domlebo, Francis Faubert et Louis-Philippe Gingras.

Démon Vert propose 13 chansons enregistrées au studio Planète en compagnie de son « band » et de Pierre Girard à la prise de son. Un album introspectif qui raconte la vie d’un homme de son âge et des préoccupations qui s’y rattachent. Coucher a’c la lune est particulièrement représentative : elle nous parle de confiance en soi et à autrui, de l’amour qu’il éprouve pour sa femme avec laquelle il partage sa vie depuis 10 ans. Les chansons Robin et Luky Luke sont, quant à elles, des messages d’amour d’un père à ses deux fils. Avec l’album Démon vert, Dany Placard a décidément voulu se confier.

À mon avis, c’est un de ces artistes vrais et intègres. Au risque de déplaire aux exigences de notre industrie musicale, il reste près de ses convictions artistiques, personnelles et nous offre le fond de son âme. Après plusieurs écoutes de son album, j’ai compris la profondeur du personnage et son message :  être heureux avec ce que l’on a sans se stresser avec la vie!

Je verrai pour la première fois en spectacle Dany Placard mardi prochain et ce ne sera probablement pas la dernière. On se donne rendez-vous avec le Démon Vert,  le 28 août?

Visitez son site Internet pour en apprendre plus!

 Lancement, le 28 août 2012

Musique
FestivalSightAndSound

L’art numérique décortiqué

Pris en sandwich entre les festivals Élektra et Mutek, le festival Sight And Sound fait le pari de présenter l’art numérique en mettant de l’avant ses mécanismes, plutôt que l’oeuvre finale. Jusqu’au dimanche 27 mai, quinze artistes émergents présenteront des installations et des performances audio-visuelles à l’Eastern Bloc, loft de création et d’exposition situé au coin de Clark et Jean-Talon. « Notre approche de l’art numérique est axée sur le glitch, c’est-à-dire l’erreur de la technologie qui est réappropriée pour prendre part au projet artistique », explique la chargée de communication Aurélie Besson.

En performance lors de la soirée d’ouverture, le Montréalais Thomas Bégin présentait une de ses nouvelles inventions, la guitare fractale, qui laisse à voir la physicalité du son à l’aide d’un laser. « Je viens d’une tradition de la sculpture et de l’installation et le son a toujours été assez abstrait pour moi, explique-t-il. Je crée des  dispositifs où je peux voir le signal sonore sous d’autres formes que celle d’une onde sur un ordinateur, ce qui me permet de me réapproprier la technologie pour mieux la comprendre. »

Pour sa performance, Thomas Bégin utilise un laser qui est réflété sur plusieurs objets dont la membrane d’un speaker, et qui se transforme en son lorsque capté par le micro optique du créateur. « Le feedback forme des dessins lumineux qui se mettent à osciller par eux-mêmes, parce que c’est un système mou dont on ne peut jamais prévoir les réactions. Il y a trois sources oscillantes, et quand tu les faisceaux se mélangent c’est comme de la météo : s’il y a une tempête au Texas et un front froid qui descend du Québec, il risque d’y avoir quelque chose de complètement imprévu au centre des États-Unis. »

La question de l’interférence revient dans beaucoup d’oeuvres présentées au festival. « On se demande comment on peut créer des systèmes qui fonctionnent par eux-mêmes et finissent par nous échapper, indique Aurélie Besson. C’est cette relation homme – machine dans laquelle la machine finit souvent par avoir le dessus. »

Cette année, les oeuvres tournent autour du thème Systèmes symétriques. Dans le cas de l’installation de l’Américain Zach Gage, par exemple, le spectateur est mis en miroir devant une caméra liée à un compteur, qui affiche le nombre de passants en tant qu’oeuvre. Pour Robyn Moody, la symétrie se retrouve dans l’ambiance intrigante crée par une sculpture cinétique faite de tubes fluorescents et d’un orgue activé mécaniquement, sensés renvoyer à la paranoïa liée aux effets des ondes sur le corps.

Les installations sont gratuites et ouvertes à tous jusqu’à dimanche de 12 h à 17 h. Les soirées de vendredi et samedi sont dédiées à des performances, notamment See you in the next loop de Thomas Bégin samedi, qui sera suivi d’un concert du groupe de rap autochtone A Tribe Called Red. Pour ceux qui souhaitent tester eux-mêmes la question de l’interférence, des ateliers sont prévus samedi et dimanche à 13 h : un jam électromagnétique samedi et un atelier de génération d’images 8bit à partir de microcontrôleurs par le concepteur de TVDESTROY dimanche.

Festival Sight And Sound 

Arts Médiatiques
Le-Petit-Prince

Un drôle de voyage

Un conte faussement enfantin. Une chorégraphe avec un grand cœur. Voilà tout ce que ça prend pour que l’un des plus grands bijoux de la littérature trouve son écho sur scène. Les Grands Ballets Canadiens présente Le Petit Prince. Une œuvre intemporelle pour une création contemporaine.

Didy Veldman, chorégraphe néerlandaise s’est penchée sur cette œuvre si célèbre qu’est Le Petit Prince d’Antoine de Saint-Exupéry, comme tant d’autres avant elle. Mais elle est la première à en créer un spectacle complet. Rien de moins qu’un ballet. Son désir « de retranscrire en mouvement la poésie et la pureté de ce récit unique » a pris son envol à Montréal sur les planches du Théâtre Maisonneuve, jeudi dernier. Le public était impatient et légèrement angoissé à l’idée d’assister à cette redécouverte d’un grand classique.

Il est important de laisser à la porte toute attente préconçue pour le premier soliste André Silva que vous verrez, certains soirs, sous les traits du Serpent. Il faut se laisser surprendre, se laisser offrir ce spectacle ce que je rajoute pour ma part, en toute humilité. J’ai donc apprécié l’imaginaire littéraire de ce conte philosophique, mais également et plus sûrement, l’imaginaire scénique élaboré. La chorégraphe avoue elle-même s’être accordée une certaine latitude face à l’œuvre originale. L’essentiel, c’est d’assister au mariage, de plus en plus fréquent, de la littérature et de la danse.

Le Petit Prince est l’une de ces histoires qui trouvent leur pertinence à toute époque, alors la touche moderne et créative dont se pare le spectacle n’est nullement superflue. Une histoire sur l’enfance, sur cette part de soi qui prend le large sans raison, sur les affronts d’un monde qui ne prend pas de gants. Une histoire universelle, dont les grands thèmes, toujours d’actualité, trouvent parfaitement leur place dans l’expression chorégraphique.

Votre soirée peut devenir magique si vous vous laissez tenter par le nouveau visage de ce conte mythique. Une trentaine de danseurs seront là pour vous « dessiner un mouton » dans un décor aérien conçue par Kimie Nakano, sur des airs savamment arrangés par Philip Feeney. Un de mes moments préférés fut celui où les notes de Do you love me  de The Contours, arrivèrent à mes oreilles.

Il n’est pas trop tard pour vous procurer des billets, les représentations continuent jusqu’au 12 mai. Retrouvez l’enfant en vous, il ne fait qu’attendre…

Danse
Des-femmes

Rencontres de l’eau et de la terre

Six heures et demie – c’est le temps que nous avons consacré, vendredi soir, à écouter les mots de Sophocle, dans la trilogie Des femmes présentée tout le mois de mai au Théâtre du Nouveau Monde. Certains, curieusement, semblent considérer que c’est tout un marathon pour le spectateur, un effort de longue haleine, une épreuve – qui en vaut la peine, mais tout de même une épreuve. Sauf qu’on y va après tout pour se faire raconter des histoires, non? Accrochés aux images de Wajdi.

Comme souvent chez Mouawad, on sent, on ressent l’influence des éléments de la nature. Ils sont, là, particulièrement tangibles.

À l’ouverture des Trachiniennes, récit de désir et de douleur, une longue ondée, pendant la chanson du chœur, oblige les personnages à s’abriter sous une grande toile; et ça crépite sur le plastique, et de grandes lampées se déversent parfois sur les dalles ocre qui composent l’espace de la tragédie de Déjanire. La pluie cesse, mais l’eau demeure omniprésente, ruisselant en giclées brillantes, lavant ou collant les vêtements sur les corps. À un moment, la servante douche sa maîtresse de seaux d’eau qui éclaboussent en gerbes scintillantes la forme cambrée de la noble Déjanire, toute à l’exultation du retour tant espéré de son mari. Après, le tissu sec de la nouvelle robe qu’elle enfile par-dessus son sous-vêtement mouillé se tache d’humidité, au fil de ses mouvements inquiets, jaloux, et de ses déplacements lancinants sur le sol moite et glissant.

Marie-Ève Perron, Olivier Constant, Sylvie Drapeau, Patrick Le Mauff | Crédit photo : Jean-Louis Fernandez

Antigone, récit de révolte, se déroule quant à lui sous le signe de la terre. La terre noire et sèche dont se barbouille en entier l’héroïne afin de passer inaperçue quand elle va clandestinement enterrer son frère, de façon symbolique, en recouvrant le cadavre, dont la Cité dénie la sépulture, de poussière. Et puis, la pierre blanche du rocher à l’intérieur duquel on l’enterre vivante pour la punir de sa désobéissance envers la loi, elle qui obéit plutôt à sa foi. La terre, tombeau; la terre, demeure d’Hadès, celui qui règne sur les morts.

Sara Llorca, Charlotte Farcet | Crédit photo : Jean-Louis Fernandez

Et quand le troisième volet, récit de vengeance, commence, on retrouve la pluie, mais, ici, comme les dalles oxydées ont été remplacées par une sorte de grand carré de sable, c’est dans la boue que pataugeront les personnages d’Électre. Les vêtements y traînent, s’y maculent sans cérémonie; la protagoniste en oint son corps comme de peintures de guerre; elle façonne une mère de boue dont elle détruit la tête à coups de batte qui font gicler du vaseux tout autour. Électre vit dans la fange et attend que son frère Oreste vienne tout purifier. Puis l’eau revole. La boucle est bouclée.

Sara Llorca, Samuël Côté | Crédit photo : Jean-Louis Fernandez

Vous aurez donc le choix de la frugalité ou de la gloutonnerie puisque Les Trachiniennes, Antigone et Électre vous sont commodément proposées en format séparé la semaine et en suite appréciable les samedi et dimanche, jusqu’au 6 juin.

Et, dites, le débat de l’année passée, ça vous titille encore?

Théatre
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La force de l’identité

Qu’est-ce qui forge notre identité? Qu’est-ce qui fait que nous sommes tous différents? Saviez-vous qu’il faudrait que votre mère fasse 1 billiard de bébés pour qu’un seul possède le même bagage génétique que vous? Ce sont des questions auxquelles répond l’exposition « Star Wars Identités », présentée en première mondiale du 19 avril au 16 septembre 2012 au Centre des sciences de Montréal.

À travers une quête identitaire et à la manière d’un jeu dont vous êtes le héros, le visiteur produit son propre personnage de Star Wars. Pour créer un aspect plus scientifique à ses questionnaires, les concepteurs de l’exposition se sont basés sur le test du Big 5. Ce test de personnalité repose sur cinq dimensions formant les lettres OCEAN (Ouverture à l’expérience, Caractère consciencieux, Extraversion, Agréabilité, Névrotisme). Ainsi, pour l’extraversion, les concepteurs ont pris le thème de l’amitié et ont créé un parallèle avec les alliances formées dans la série.Cette méthode est d’ailleurs l’une des plus utilisées en mesure de la personnalité. L’équipe a aussi travaillé en étroite collaboration avec Julien Morizot de l’École de psychoéducation pour concevoir tout le côté scientifique de l’expo. À l’aide d’un bracelet contenant une puce RFID, nous enregistrons nos choix selon les divers aspects de la quête : nos origines, notre occupation, nos parents, etc. Ce qui est bien, c’est que cette exposition, réalisée par le consortium X3, est très interactive, car en plus de cette recherche d’identité,  un audioguide nous est fourni à l’entrée nous permettant d’écouter les différents reportages liés à chaque thématique du test identitaire. Vous y trouverez des extraits des films de la série pour soutenir les propos, de même que des anecdotes sur Star Wars. Par exemple, pourquoi Anakin et Luke Skywalker, malgré leur bagage génétique similaire, ont-ils fait des choix très différents? On y fait des liens fort pertinents construits sur le thème de l’identité.

 « La « pierre angulaire » de l’expo, ce sont les 200 objets de collection venus tout droit du SkyWalker Ranch de George Lucas, en Californie. »

De plus, la « pierre angulaire » de l’expo, ce sont les 200 objets de collection venus tout droit du SkyWalker Ranch de George Lucas, en Californie et dont certains sont présentés pour la première fois. Ces derniers sont mis en valeur grâce à des éclairages futuristes uniques créés par des néons et en ce sens, l’emballage visuel est impeccable. Nous y retrouvons Yoda, les robots C-3PO et R2-D2, le Pod Racer grandeur nature, ainsi que les costumes de personnages les plus célèbres comme Dark Vador et Chubacca. Des sculptures et des esquisses qui ont été réalisées dans le cadre du processus d’élaboration des films sont aussi exposées.

Parmi les anecdotes intéressantes, vous apprendrez que les yeux de Yoda, créés par Stuart Freeborn, sont inspirés de ceux d’Albert Einstein. Selon Michel Groulx, lui et son équipe « ont réuni un comité scientifique composée d’une douzaine d’experts en génétique, en neuropsychologie et en psychologie, afin de valider les contenus de l’exposition. » La mission éducative du Centre des sciences de Montréal est donc très bien menée tout au long de l’excursion, parmi les nombreux artefacts mis en valeur.

« Les yeux de Yoda, créés par Stuart Freeborn, sont inspirés de ceux d’Albert Einstein. »

Il est certain que les plus grands admirateurs de la série y retrouveront leur compte, mais les néophytes ne seront pas laissés à eux-mêmes. En effet, au cours de la visite, nous avons droit à une introduction au film et à des explications sur chacun des personnages. Même moi, qui ne suis pas un fin connaisseur en la matière, j’ai adoré! La visite est tout sauf monotone et elle est unique en son genre.

Comptez une bonne heure et demie pour parcourir l’exposition complète. Vous pourrez personnaliser votre avatar et le voir tel un hologramme à la toute fin en plus de recevoir une fiche descriptive par courriel.

Que la force… de l’identité soit avec vous!


Musée Exposition
Audiogram

Gardons-là collée

À peine sortie de sa rentrée montréalaise, Salomé Leclerc ira gâter les Français de sa présence. On commence à parler d’elle du côté de l’Hexagone. Égoïstement, on souhaite ne pas trop la partager. Belle belle rencontre.

C’est au Placard, avenue Mont-Royal que j’ai eu la chance de rencontrer cette artiste aux multiples talents. À peine assise devant moi, j’ai formulé une plainte à son endroit : « Il existe un moyen de m’enlever ta version de Le vent nous portera de ma tête? »

« T’as qu’à écouter Ne reviens pas! », lance tout-de-go Jocelyne Richer, son attachée de presse. Éclat de rire général.

Je faisais remarquer à Salomé que cette chanson de Noir Désir était sur ma voie d’accotement en raison du « Scandale Bertrand Cantat* ». Sa version aura toutefois balayé toute réticence de mon côté.

L’auteure-compositrice-interprète commande une tisane. La conversation coule d’elle-même. On jase principalement de sa rentrée montréalaise le 5 avril dernier au National. On en vient presque à oublier l’entrevue!

Fred : Ton spectacle au National, étape charnière dans ta jeune carrière?

Salomé : Avant même d’avoir la date, dans ma tête c’était un gros événement. On entend parler de ça et finalement c’est notre tour. Je suis vraiment fière de cette soirée.

(J’ai eu le privilège d’assister à ce spectacle. Rarement vu public aussi captif. Une chose m’a particulièrement frappé; cette fille possède tout un humour! Pas que j’en doutais mais avec de telles chansons émotives, incorporer des blagues ici et là peut devenir un exercice périlleux.)

Salomé : C’est voulu. Ce serait trop intense si je ne venais pas casser l’ambiance chargée. Je trouve ça l’fun de pouvoir montrer mon côté humoristique sur scène car au début j’étais figée.

Fred : Lis-tu les critiques, les articles qui te sont dédiés?

Salomé : Je lis chaque article. Je regarde peu mes performances car je n’aime pas me voir mais sinon j’achète les journaux. Je suis chanceuse car à date je ne me suis pas fait rentrer dedans. C’est juste du positif.

Pression?

En plus d’atteindre la finale au Festival international de la chanson de Granby ainsi qu’à Ma Première Place des Arts, Salomé a remporté quelques prix au passage. Était-ce une pression supplémentaire pour faire son premier album Sous les arbres?

Salomé : Les attentes ont augmenté mais je n’ai pas stressé avec ça. Je l’ai plutôt pris comme une belle tape dans le dos. Dans le fond, ces concours m’ont donné de la visibilité.

En 2009, Salomé a fait un séjour de 10 jours à Astaffort, en France afin de suivre un stage d’écriture. Elle y a fait entre autres, la rencontre d’Emily Loizeau, Francis Cabrel et Maxime Le Forestier. Ses yeux se mettent à briller.

Salomé : Maxime Le Forestier a accepté de me prêter sa guitare. C’est quand même cool! Ça été une super belle expérience ce séjour.

(Salomé sera à Paris fin mai, afin de faire la première partie de Cali à deux reprises, en plus de tenir l’affiche avec son spectacle pour trois autres dates. Occasion rêvée de lui demander ses ambitions par rapport au marché français.)

Salomé : Ça semble difficile de percer là-bas. Le mois prochain, le but sera de défricher. J’ai signé avec la compagnie Tôt ou tard en début d’année alors ils vont pouvoir me voir live. J’y retourne également en novembre dans une salle plus imposante. Tu sais, je ne veux pas trop me faire d’attentes. Tant mieux si ça fonctionne, mais en ce moment je suis attachée à mon Québec et à mon appart à Montréal. Je pourrais éventuellement aller passer un mois ou deux là-bas, mais pas vraiment plus. Pas encore.

« Tant mieux si ça fonctionne, mais en ce moment je suis attachée à mon Québec et à mon appart à Montréal. » – Salomé

Malgré une confiance évidente (et justifiée), Salomé a visé 5 000 copies vendues de Sous les arbres. L’industrie musicale étant ce qu’elle est maintenant, c’est sage. Ce n’est pas tant vers quoi se dirige l’industrie que les coupures budgétaires dans le domaine de la culture qui l’inquiètent.

Salomé : Mes chansons tournent dans les radios indépendantes et à Radio-Canada. Si on coupe 50% dans ma tribune…(pause), qu’on le veule ou non, on a le goût de vendre nos disques et nos billets de shows.

Fred : Avec quel artiste rêves-tu de collaborer?

Salomé : On m’a comparée à P.J. Harvey, Feist ou Cat Power alors ce serait un honneur. J’avoue que P.J. Harvey pour sa drive… juste d’être sur scène avec…

Fred : On aurait tout un clash!

Salomé : Ah oui et Tori Amos! Côté franco, j’avoue qu’écrire une toune avec Richard Desjardins, je tripperais vraiment!

« (…) j’avoue qu’écrire une toune avec Richard Desjardins, je tripperais vraiment! » – Salomé

Fred : Ton récent coup de cœur?

Salomé : (pause) Ah, Avec pas d’casque!

Le disque Quatre saisons dans le désordre de Daniel Bélanger se met à jouer dans le café.

Fred : L’album qu’on entend, si je ne l’ai pas écouté 222 000 fois…

Salomé : J’ai réécouté Rêver mieux récemment. Ça fait du bien.

J’ai développé le réflexe un peu culotté de demander aux artistes que j’interviewe, d’arriver avec deux ou trois questions de leur cru. Des questions qu’on ne leur pose pas assez souvent.

Salomé : Le meilleur show de ma vie fut celui de Chloé Ste-Marie à Chicoutimi en 2004 ou 2005. Je suis sortie de là transformée! J’ai aussi vu un spectacle de Jorane à cet endroit. Ça m’a beaucoup marqué. Et mon autre question serait : que ferais-je si je n’étais pas dans l’industrie musicale. Je me fais rarement demander ça…

« Le meilleur show de ma vie fut celui de Chloé Ste-Marie à Chicoutimi en 2004 ou 2005. Je suis sortie de là transformée! » – Salomé

Fred : Gâte-toi! (rires)

Salomé : J’ai étudié en ATM à Jonquière (télévision). En sortant de là, je me demandais si j’allais me trouver une job dans ce domaine à Montréal ou faire autre chose. J’ai alors songé étudier en environnement ou en biologie. J’ai ce besoin de me retrouver dans le bois, en pleine nature. Bref, un métier qui aurait eu rapport à ça.

Fred : Je te dis un mot et tu me dis la première chose qui te vient en tête.

Salomé : Je te réponds par un seul mot?

Fred : Ou une phrase…une pensée…une dissertation…un mémoire de maîtrise…

Salomé : (rires)

Fred : Si je te dit campagne?

Salomé : Moi.

Fred : Qualité?

Salomé : Défaut!

Fred : Donc si je te dis « défaut » tu vas me répondre…

Salomé : Oui, qualité! (rires)

Fred : Phobie?

Salomé : (pause) Ah la mauvaise haleine! Je suis toujours en train de me brosser les dents! (rires)

Fred : Montréal?

Salomé : La ville où j’habite et où j’ai appris à être bien. Ça été une méchante adaptation à faire. Passer d’un village de 400 habitants à Montréal…**

Fred : Films?

Salomé : Québécois. J’écoute presque exclusivement des films d’ici. J’ai adoré Café de Flore. Sinon mon but est de voir les vieux films de Gilles Carle.

Fred : ADISQ?

Salomé : Espérons une nomination. J’aimerais pour la révélation et/ou dans la catégorie Folk contemporain. L’an dernier j’y suis allée même si je n’étais pas en lice.

Le trop court entretien s’est terminé sur cette note d’espoir. On lui souhaite toutes les nominations du monde à cette Salomé. D’ici là on va la prêter aux Français…mais on garde la facture.

Ainsi soit-il.

* En 2003 au cours d’une dispute, Cantat rua de coups sa compagne Marie Trintignant. Elle succomba à ses blessures quatre jours plus tard. L’ex leader de Noir Désir purga 4 ans d’emprisonnement pour ce délit.


** Salomé est originaire de Sainte-Françoise-de-Lotbinière

Musique
Quali

Le lancement à la SAT s’est très bien déroulé!

Après une grosse journée d’entrevues et de balances de son, j’ai finalement pu engloutir deux hot-dogs-steamés-all-dressed à la manière de Takeru Kobayashi vers 16 h 45. Au même moment, les invités commençaient à s’introduire dans la SAT.

Nous avons rapidement pu rencontrer notre bon ami Claude Deschênes de Radio-Canada, où Mitsou nous a rejoints pour compléter l’entrevue.

Suite à cette course folle d’entrevues et de salutations d’amis, il était déjà l’heure de pénétrer la Satosphère pour remercier les collaborateurs et offrir une mini-performance.

Le petit 15 minutes de musique a été très bien reçu par le public, qui était absorbé par les projections sur le dôme.

Mes deux steamés ont fait finalement très bon ménage avec les quelques bières bien méritées après cette journée!

Signé Luis

Musique
seb

Parce que c’est le printemps

Jeudi et vendredi, postmanif, préété, le photographe Sébastien Lavallée et moi avons été de deux soirées musicales aux textes forts pour célébrer ce vent de belles affaires, qui piaffe à l’horizon.

Sûrement sans casque, il fait trop chaud! Mais avec un carré rouge (on revient de la manif, quand même!) on était quelques centaines dans la porte du Cabaret du Mile-End jeudi dernier pour le lancement d’Astronomie, le 4e album d’Avec pas d’casque, 3e à paraître sous l’étiquette Grosse Boîte.

Shame on me, j’attendais mon photographe, j’ai manqué la première partie, assurée par Elfin Saddle. On se reprendra une autre fois.

Toujours est-il que Stéphane Lafleur et ses comparses grimpent sur scène peu avant 21 h 30; la foule retient son souffle, silencieuse, dans l’attente respectueuse, avec, parmi ses carrés rouges, quelques étoiles glow-in-the-dark distribuées à l’entrée nonchalamment collées un peu partout sur ses défroques d’été, qui triche le printemps.

Lafleur s’avoue nerveux, on le sent, c’est palpable pour les premiers morceaux, mais sa bonne étoile veille sur lui; on ne s’est même pas rendu compte qu’il ne l’est déjà plus, tant on est absorbé par ce folk atmosphérique aux scintillements toujours un brin country – qu’on adorait déjà. C’est un peu moins uptempo, un peu plus circonstanciel, volatil mais groundé. Les mélodies ici m’apparaissent comme autant de dessins à numéros, qu’il faut relier pour entrevoir toute la poésie d’images puissantes et pas toujours congrues, qui font graviter à merveille des sourires en forme de galaxies : immenses. On dodeline de la tête, on s’excite un peu quand Dans la nature jusqu’au cou effectue quelques révolutions entre les nouvelles pièces et on chante en cadence – et avec affection – les refrains connus : « L’amour passe à travers le linge ». C’est évident, y’a qu’à ouvrir les yeux pour voir comme le Cabaret respire l’amour.

Agrémentée de projections diapos vintage, la prestation d’Avec pas d’casque se révèle généreuse, on avait déjà vraiment, mais vraiment envie de se joindre à eux pour « sauver le monder avec du tapioca » alors s’émouvoir de connaître « davantage de lesbiennes que de gens de couleur », ça nous dit aussi. Mais surtout, on rêve de cette « journée […] flambant neuve », et, avec eux, on a envie d’y croire. Des images, en veux-tu en v’là, et belles comme des constellations, où sentiments comiques et tristes s’emmêlent pour ponctuer l’univers de leur beauté trashique.

Pour vous rincer l’œil : le spectacle-lancement en images est juste ici!

Stéphane Lafleur et ses acolytes | Crédits : Sébastien Lavallée

Le lendemain, nous voici à la Place des Arts, où le Benoit Paradis Trio se produit dans le cadre des Week-ends de la chanson Quebecor. Le Studio-théâtre est plein pour Lâche pas la patate et je soupçonne qu’on soit souvent les mêmes à suivre ce fabuleux Benoit, multi-instrumentiste complètement déjanté, qu’on peut d’ailleurs entendre auprès notamment du tout aussi fabuleux Bernard Adamus. Oui, je suis groupie! Benoit Paradis, je l’aime d’amour. D’un amour inconditionnel et un peu bébête. Depuis le premier jour.

Benoit Paradis Trio | Crédits : Sébastien Lavallée

C’était il y a deux hivers, on m’a amenée au bar Les Pas Sages sur Rachel et je ne pensais pas tomber en amour avec qui que ce soit ce soir-là. Mais Benoit Paradis a ce petit quelque chose qui m’a si rapidement et irrémédiablement conquise : une nonchalance, un humour, une simplicité, une intelligence hors du commun. Le tout est fort attachant. Comédien-acrobate-bougeur (dixit son Facebook), son show, il le joue comme s’il était tout seul dans sa cuisine.

Son jazz à textes sans prétention, tranquille ou complètement débile, il le propose en tâtant du trombone, de la trompette, de la guitare, des percussions ou de tout ça plus ou moins en même temps, ou bien il danse, bégaie, s’enfarge, crie, murmure, saute… éblouie.

Vendredi soir, dans une intimité feutrée, son contrébassiste Benoit Coulombe avait le cheveux stylé. Chantale Morin, que j’ai l’habitude d’entendre sur piano droit, s’est pour sa part offerte un Steinway à queue. Et notre hôte, ce cher Benoit, toujours aussi déglingué dans son costard trop grand, s’est payé un contenant Ziploc de plastique pour son trombone « parce qu’il n’y avait pas de débouche-toilette en caoutchouc au Dollarama ».

Qu’à cela ne tienne, on ne jouera pas sur les mots; on n’est pas de taille vis-à-vis son langage à lui, celui du spectaculaire dans son plus simple appareil, du cabaret de celui qui-s’en-fiche-de-ce-que-vous-pensez-il-fait-ce-qu’il-veut-c’est-lui-qui-est-sur-les-planches-après-tout.

Benoit Paradis trio | Crédits : Sébastien Lavallée

On a eu droit à quelque 20 pièces (et à trois rappels), qu’il nous présente comme des « chansonnettes à la bonne franquette », mais qui sont rodées au quart de tour, et c’est à s’y méprendre, même les accros font partie du jeu. La belle Chantale se fait tour à tour délicate, dansante, mais toujours souriante, impliquée et réactive. Le fou Benoît menace de se casser la figure chaque fois qu’il sort la guitare et la chaise : il se sert du dessus du dossier pour s’asseoir dessus. Équilibriste, va! Les chansons s’enchaînent les unes aux autres avec un naturel désarmant. Entre Je fume (reprise de Boris Vian) et Des miettes de bonheur, il regarde ses musiciens et lance d’un air de défi : « À go ? Go ! », auquel ses fidèles acolytes répondent avec brio.

Ce qu’il fait me sidère, met du soleil dans mes blues et tire les commissures malgré moi… Un clown-poète de cette trempe, on le voudrait juste pour soi.

Attention, c’est ici que ça se passe pour les photos!

Musique
Espace

L’expérience d’un processus de création sous le dôme

J’ai découvert un univers que j’ignorais possible. Dérouté et agréablement surpris, comme si je redevenais un enfant qui expérimente quelque chose pour la première fois. C’est ce genre de sentiment que je recherche dans ma quête d’activités artistiques et j’ai été servi lors du tout premier atelier du projet Espace Temps à la Société des arts technologiques.

Il y a quelques semaines, j’ai vécu un moment unique. Il m’aura fallu tout ce temps pour intégrer ce que j’avais vécu, pour pouvoir vous révéler cette expérience avec force et éloquence. En fait, c’est un film vu récemment qui m’en a fait comprendre l’essence : au lieu d’être un spectateur statique, on m’avait habillé du spectacle. Comme si, soudainement, j’avais compris que le premier atelier créatif Dimension X : Espace visuel du projet Espace Temps m’avait permis d’être dans l’image et le son.

Espace Temps c’est quoi?

C’est d’abord un projet qui se décline en quatre étapes et débute par une série de trois ateliers symbolisant les variables de l’espace-temps vu par Dj Mini, soit : l’espace visuel (x), l’espace chorégraphique (y) et l’espace sonore (z) qui s’achèvera par la production d’un album à l’été 2012. Je me trouvais très privilégié de pouvoir ainsi assister au processus de création de ce projet novateur et unique au Québec, peut-être même au Canada.

Dimension X : l’Espace visuel du 6 mars 2012

Le premier atelier est à mon sens le test ultime du cheminement de l’équipe composée d’une vingtaine de personnes (technicien, styliste, artistes, etc.) et de DJ Mini, dont la musique constitue le centre du projet. Ça passe où ça casse. Dans un contexte présentant de multiples défis techniques, tout est à faire, à tenter pour une première fois. Je sentais la fébrilité qui régnait dans cette salle singulière, où presque 250 personnes assistaient, couchées sur d’immenses coussins gonflables et les yeux rivés au dôme qui la chapeaute, à l’expérience qui allait se produire. Les lumières se sont éteintes, ça commençait.

Il aura suffit de quelques secondes pour que la magie opère et que je me sente emporté dans un autre monde, une autre dimension. Je n’avais jamais été au centre de l’image de cette façon. Mon regard balayait le plafond, le dôme, car je ne voulais rien manquer. Puis, nous étions invités à manipuler l’intensité et la provenance du son à l’aide de contrôles sur des iPads et téléphones intelligents. Des membres de l’équipe se promenaient avec leurs outils pour inciter le public à interagir avec le son pour que chacun, à sa façon, puisse entrer en symbiose avec l’image. J’étais personnellement figé, je n’ai pas osé essayer. Ce que je voyais et entendais était plus grand que moi, je ne concevais faire mieux. J’ai regardé mon voisin de coussin se lancer … fascinant! En plus d’être immergé dans l’image et le son qui se baladait dans les 157 hauts-parleurs que compte la Satosphère et ce, au gré des manipulations des spectateurs. Wow! Cette musique, cette voix. Fin. Retour au processus de création.

DJ Mini : « Ce sont des tests sur lesquels nous travaillons, ce ne sont pas des versions finales ». Vraiment? Alors, je me dis : c’est certain que je vais suivre ce projet, je suis déjà vendu au concept, à la musique et à la démarche. Elle me tire soudain de cette furtive pensée et ajoute : « Vous allez maintenant être immergés dans un environnement visuel proposé par le VJ Aurélien Lafargue, qui a été inspiré par une de mes musiques ». Parfait! Je suis prêt à découvrir un autre tableau, une autre musique!

DJ Mini

Défis techniques obligent, DJ Mini en profite pour nous décrire davantage le projet : « À l’automne, il y aura au final une heure de spectacle avec une chorégraphie de danse contemporaine (altelier Y), une collaboration en live de Jorane et de l’harpiste Marie-Michèle (atelier Z) et, bien sûr, l’environnement visuel et ma musique pendant tout le spectacle.  Ce sera un spectacle multi-sensoriel à grand déploiement ».

La musique recommence juste au bon moment, comme si les complexes opérations techniques faisaient partie de l’atelier. Que dis-je? Elles en font partie, puisqu’on nous a conviés à participer au processus de création! Les lumières se referment et me voilà à nouveau immergé dans l’image et le son. Après chacun des tableaux, DJ Mini prenant grand soin de venir tâter le pouls du public, de répondre à nos questions, de nous expliquer ce que nous venions de voir et de nous dévoiler les prochaines étapes.

S’il vous prend l’envie d’avoir le privilège de découvrir cet univers avant tout le monde, il reste encore deux ateliers pour, vous aussi, participer à ce processus de création du projet Espace Temps. Le prochain aura lieu le mardi 10 avril à la Satosphère de la Société des arts technologiques.

Dimension Y : Atelier Chorégraphique où le son, l’image et la danse s’entremêlent en 360 degrés. On s’y retrouve?!

Projet Espace Temps à la Société des arts technologiques

 

 

Arts Médiatiques
fannybloom

« Dé-Patérée » et assumée

Exit La Patère Rose, l’heure est au vol en solo. Les deux mains tiennent solidement le gouvernail. Dans la vie, il y a des gens beiges… et puis il y a des gens comme Fanny Bloom.

Mardi 6 mars, 11 h 20. Je gare ma voiture entre deux icebergs sur le Plateau et je trotte jusqu’à La Tulipe. Il fait bon. Le printemps tente une percée en zone adverse. Dans ma tête, un refrain me martèle depuis ma levée de corps. C’est celui de « Parfait parfait », premier extrait d’Apprentie guerrière de Fanny Bloom.

Ce premier album solo vous rentre dedans. Aidée de sonorités techno des années 80, de percussions tribales ou de piano classique, Fanny Bloom évacue. Elle chante sa peine, ses remords, ses deuils. Le côté éclaté de l’ère Patère Rose est sur la voie d’accotement. C’est dorénavant une femme qui s’exprime. Sur la touchante « Shit », elle donne le ton dès les premières notes : « Tous les jours sont des jours gris. Je sais, tout est de ma faute ».

À La Tulipe, ça grouille partout. On s’affaire à monter le décor pour le spectacle-lancement. Jane, la relationniste de Fanny, m’emmène au sous-sol afin de trouver un endroit tranquille pour l’entrevue.

Mon but n’est pas de parler de son ancien groupe. Tout a été dit et redit à ce sujet. Fanny Bloom est assise devant moi, sur un sofa zébré et nue bas. L’occasion est belle d’en savoir un peu plus sur ce personnage fascinant.

F.T.   As-tu réussi à dormir la nuit dernière? 

F.B.  J’ai eu de la misère à m’endormir mais après je me suis tapé une nuit.

F.T.  As-tu une chanson que tu penses ne jamais te tanner de jouer un jour ?

F.B.  Je joue toujours la chanson « Mon hiver » pendant les tests de son car elle est simple et ne dure qu’une minute et demi. Cette chanson a été écrite pour une pub de parfum mais elle ne fut pas retenue alors je l’ai gardée…

F.T.  As-tu des craintes par rapport à l’industrie musicale, vers quoi ça se dirige avec le piratage, le numérique et tout?

F.B.  Je suis dans cette réalité depuis le début. Avant, un chanteur établi vendait 10 000 copies la journée du lancement. Maintenant, 25 000 albums vendus, c’est un succès. D’ici peu, l’industrie va sûrement trouver une façon de rendre ça plus lucratif pour les artistes. Tu ne peux te battre contre le piratage et de toute façon, je trouve ça con de vouloir faire ça. Mais il va falloir trouver une solution pour que les artistes puissent vivre de leur musique sinon on va tuer l’industrie.

F.T.  Ton dernier coup de cœur musical?

F.B.  Lana Del Rey. Chaque extrait qu’elle a sorti me faisait halluciner. Mais quel fiasco à Saturday Night Live! Je ne sais pas c’est quoi son problème en fait! (rires). Mais quand je l’écoute, ça me fait tellement d’effet!

F.T.  As-tu un plaisir coupable?

F.B.  J’en ai plein! J’aime fumer (rires), boire (rires) et boire du café (aucun rire). Sinon musicalement je ne me sens pas mal d’écouter des choses kitsch.

F.T.  Il y en a qui aiment Lady Gaga mais qui ne le disent pas.

F.B.  Ce n’est pas de la merde ce qu’elle fait. Je ne suis pas fan de sa musique mais le personnage me fait capoter. Je la respecte.

F.T.  J’ai vu ton clip pour la chanson Parfait parfait.

F.B. (rires gênés)

F.T.  Ça fait très années 80 avec le synthé…

F.B.  Oui mais l’album n’est pas QUE ça. Tant mieux si le clip a provoqué de vives réactions! (rires).

F.T.  Que penses-tu de la musique des années 80?

F.B.  J’ai pas beaucoup aimé ce qui se faisait. Par contre, c’est pas vrai que tout était poche. J’en garde une nostalgie car je suis née en 1986. Chez moi, Phil Collins et Genesis ça jouait souvent! (…) On a joué le jeu pour mon clip. Tout est exagéré, over the top! On se trouvait donc drôles avec nos faux ralentis!

F.T.  Ce qui te fâche dans la vie?

F.B.  Hé boy, bien des choses! (pause). Ceux qui ne savent pas marcher drette sur le trottoir! Câline…

Fanny se lève et fait la démonstration de quelqu’un qui marche croche. Moment magique.

F.B.  En tout cas. Ça me fâche en ta! (rires).

F.T.  Je te dis un mot et tu me lances la première chose à laquelle tu penses.

F.B.  Isshhhhhhhh!

F.T.  Politique?

F.B.  J’comprends rien.

F.T.  Campagne?

F.B.  Bonheur de l’enfance.

F.T.  Ville?

F.B.  Alcool.

F.T.  Pression?

F.B.  Euh…de la bière pression?!

F.T.  Je la voyais venir celle-là!

F.B.  (éclat de rire).

F.T.  Technologie?

F.B.  J’comprends rien.

F.T.  Idole?

F.B.  (Pause). Bon Iver

F.T.  Ambition?

F.B.  Le monde?!

J’avais demandé à Fanny de penser à quelques questions qu’on ne lui pose jamais. Elle a accepté de jouer le jeu.

F.B.  Ma couleur préférée?! On ne me l’a jamais demandé sérieusement. En fait, j’aime ce qui est multicolore mais je déteste le orange!

F.T.  Tu ne dois pas aimer Youppi.

F.B.  J’ai aucune opinion sur Youppi! (rires). Mon film préféré à vie?! C’est Match point de Woody Allen. Mais j’ai aussi a-d-o-r-é Midnight in Paris. D’ailleurs, il faudrait que je me l’achète.

F.T.  Je suis d’accord.

F.B.  Et finalement, où j’aimerais habiter?! J’aimerais vraiment habiter en Europe (…) sinon dans un pays chaud ou riche. En fait j’aimerais être riche! En tout cas, pas de -40 degrés, pas de sloche. ÇA ME TUE!! Mais rien ne bat le printemps. Oh my God!

Ce mois-ci, Fanny pourra mettre son manteau d’hiver de côté puisqu’elle se rendra à Austin au Texas pour le festival South By SouthWest. Par la suite, elle partira trimbaler sa forêt enchantée un peu partout au Québec. Si vous la croisez, faites gaffe. Elle est peut-être apprentie guerrière, mais ses dents sont déjà aiguisées.

Ainsi soit-il.

Musique
sugarsammy

(An) Sweet but Tangy: Sugar Sammy’s You’re Gonna Rire

Who said being provocative was not funny? When your name is Sugar Sammy, you understand that a lesson in humility and humour can be a recipe for success.

As my first assignment as a blogger for the Lèche-Vitrine I decided go big or go home (that’s just how I roll!) And by big, I mean the premiere of Sugar Sammy’s new show, You’re Gonna Rire, at l’Olympia on February 29th.  That same day, Sugar Sammy happened to be turning 9 years old (blame it on that crazy thing called a Leap Year birthday).

There’s something about Sugar Sammy’s aura that gets me going. How can you not love a guy that watches the hockey game in Punjabi and still lives with his parents? He is your typical first-generation immigrant stuck in the language vortex otherwise known as Quebec. He grew up in Côte-des-Neiges and went to public school in French. To him, it’s perfectly normal to hear people say: “Me, I go to the dep au coin de la rue…” Coming from the same background, I relate to each and every one of Sugar Sammy’s jokes and his aller-retour from one language to another. It didn’t even seem strange to me, my brain is actually wired that way too.

Talking about his love for hockey, the best part of the show was when he started on PK Subban and the Habs; apparently the two of them are good buddies. I wonder if he knew that Subban was in the audience when he made fun of him (not that he understood because that part of the show was in French).

Now, let’s talk posse. For his show, Sugar Sammy went all Vinnie Chase with his entourage! You rarely see one-man shows with more than one man (just saying…) First wingman, DJ Yo-C, warmed up the crowd with an upbeat mix of songs in French and in English that got show-goers feeling excited from the moment we stepped foot in the venue. It felt like a legit party, the kind where you fist pump and dance your bum off. Everyone in the audience had huge grins on their faces, not to mention they also left their dignity at the door (especially if sitting in the first few rows). What better remedy for the February winter blues then to have a good laugh at yourself (and everyone else sitting around you, Montreal being so multicultural)?

Next up were Dan Bingham, originally from Pierrefonds (or as he calls it, « Rock Bottom ») and Nile Séguin from Toronto. Funny how the Montreal guy did his number in English, while Nile Séguin (aka the guy with the million facial expressions) performed his in French. If one didn’t get that this was going to be a Franglais/Frenglish show, this was a good wake up call. Forget the stereotype of the first act just filling the stage before the actual show starts… These guys were on fire! There was a camaraderie between all of them that was really captivating.

I truly believe that it’s our duty as Montrealers to attend one of Sugar Sammy’s shows and witness this verbal stunt pilot live. After all, what’s the point of living in a land of stereotypes if you can’t poke fun at un ou deux of them?

Humour