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Le Festival du Film sur l’art, à la rencontre de figures incontournables.

Le Festival du Film sur l’art entamait le 23 mars dernier sa 35e édition! Le festival a présenté une très belle sélection de projections classées en diverses catégories : Grand panorama, compétition, expérimental et nouvelles écritures. Mon choix s’est arrêté sur la projection double : Buster Keaton, un génie brisé par Hollywood et Pedro Almodóvar, tout sur ses femmes à la salle Jean-Claude Lauzon de l’UQÀM. Le contraste offert par le mélange de ces deux artistes de générations totalement différentes m’intéressait.

La vie brisée de Buster Keaton

D’abord, le film documentaire de Jean-Baptiste Péretié, retrace plusieurs moments phares de la vie de Keaton en utilisant intelligemment (et presque uniquement) les images d’archives de ses nombreux films. La narration de Péretié se mêle ainsi à une fiction cinématographique, qui donne l’impression que Keaton nous raconte lui-même son histoire à travers ses œuvres.

Le film présente donc les grandes périodes de créations de la figure comique la plus mythique du cinéma muet, qui a soudainement disparu, selon certains, avec l’arrivée du cinéma parlant. Pourtant, la réalité est tout autre; connu principalement pour son sens comique et ses impressionnantes cascades (qu’il réalise toujours lui-même) le documentaire de Péretié permet de découvrir aussi, le talent créatif de Keaton. Fasciné par le cinéma et perfectionniste, Keaton réalise et produit entièrement tous ses films pendant une grande partie de son succès hollywoodien. Avec sa propre maison de production, il jouit d’une liberté créatrice et financière hors du commun. Malheureusement, c’est au sommet de la gloire que le « génie brisé par Hollywood » perd sa liberté de création lorsqu’il réalise « la pire erreur de sa vie » en signant un contrat avec les studios de la Métro Goldwyn-Mayer (MGM). Malheureusement, sa signature avec le studio marque lentement sa fin artistique; la structure, trop grande et trop forte a fini par le forcer à entrer dans un moule qui tua à petit feu, l’homme et l’artiste.

Ainsi, durant cinquante-trois minutes le documentaire de Jean-Baptiste Péretié retrace et présente le génie de cet artiste hors du commun, mais souligne sa douloureuse défaite face au géant de l’industrie. Outre ce destin malheureux peu connu du public, il est impossible d’être insensible devant les innombrables images de Keaton. Encore aujourd’hui les films de Buster Keaton, nous donnent les frissons, les rires qui devaient remplir les salles de cinéma autrefois.

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L’envers féminin de Pedro Almodóvar

Ce film de Sergio Mondelo présente la place importante qu’occupent les femmes dans le cinéma de Pedro Almodóvar. Mondelo y montre l’évolution de la figure féminine tant dans les oeuvres que dans la vie du réalisateur, retraçant ainsi les courts métrages de sa jeunesse jusqu’à son approche plus « réservée » de la psychologie féminine qui révèlera finalement ce qu’il appelle son « cinéma de femme ».

Almodóvar est décrit par ses actrices comme un homme passionné doté d’une grande sensibilité. Fait intéressant, le réalisateur a grandi entouré de femmes. Le jeune garçon grandit dans un petit village Catalan où les hommes sont souvent absents et où, selon Almodóvar, les femmes contrôlent tout. Francisca, sa mère, est définitivement son influence féminine la plus forte. Femme de caractère, éduquée et généreuse, « la reine du village » partage son savoir avec les voisines. Très proche de sa mère, Pedro grandit en observant les interactions qu’elle entretient avec les autres femmes du village. Cette récurrence de la figure féminine dans son enfance n’est pas anodine, pour lui, les femmes ont un ressort dramatique plus intéressant que les hommes et c’est de cette sensibilité féminine qu’il est le plus proche. À cette figure de mère, de voisine ou de confidente, s’ajoute, selon Mondelo, une fascination pour les icônes hollywoodiennes telles que, Sara Montiel, Eva Garner et Elizabeth Taylor.  Encore enfant, il possède une photographie d’Eva Garner et souhaite lui ressembler plus tard.

Dans ses films, on retrouve un mélange de parure et de drame, Pedro Almodóvar met en scène des psychologies féminines, des femmes blessées, malheureuses, vulnérables. Famille constituée par des femmes au physique atypique, des « gueules », une particularité qui les distingue toujours. Les « chicas Almodóvar » s’approprient leurs propres féminités, sont transsexuelles, imparfaites, intenses, passionnées et sexuelles. Elles participent à détruire cette image de la femme calme et lisse, au profit d’une beauté imparfaite, mais réelle.

Dans son documentaire, Mondelo nous permet de mieux comprendre l’importance qu’occupent les femmes dans la vie du réalisateur en plus de nous présenter divers témoignages de ces nombreuses collaboratrices avec qui il entretient des liens très forts et quelques anecdotes cocasses.  Que vous soyez déjà un fervent admirateur ou non, le film de Sergio Mondelo permet de plonger et de redécouvrir le cinéma tout en féminitude de Pedro Almodóvar.

Cinéma
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Entrevue avec le directeur général de la SACEF

Entrevue avec Jocelyn Ménard, Directeur général de la SACEF (Société pour l’avancement de la chanson d’expression française) responsable de l’événement “Ma première place des arts”

  1. En quelques mots, comment décririez-vous cette 23ème édition de Ma Première place des arts ?

Cette édition est définitivement sous le signe du changement. Avec une nouvelle identité visuelle, un nouveau site web et l’ajout d’une nouvelle catégorie au concours, nous tenions à représenter au mieux la diversité et la créativité de la chanson au Québec.

  1. On demande aux participants de faire preuve d’audace, en quoi la programmation de cette année en fait-elle preuve ?

Il y a énormément de belles propositions cette année! Des créations audacieuses, des compositions singulières et originales et des artistes avec beaucoup de personnalité. L’ensemble apporte un vent de fraicheur et de la couleur à la programmation.

  1. Pour la première fois cette année, on ouvre le concours aux groupes. Cela venait d’une forte demande du public ou par envie de diversifier?

C’est moi en fait qui a poussé pour faire entrer cette catégorie. Ayant été membre de plusieurs groupes musicaux moi-même, je trouvais important que les groupes soient représentés et aient accès au concours. Sans compter le fait aussi que ceci reflète encore mieux ce qui se passe actuellement sur la scène musicale.

  1. Parlez-moi des mentors choisis pour cette édition, en quoi ceux-ci se démarquent-ils par leur expérience ? Qu’apportent-ils spécifiquement aux participants

Nous choisissions toujours nos mentors en fonction de leur crédibilité et de leur légitimité et je pense que pour la plupart, leur participation au concours est perçue comme redonner à la chanson ce que la chanson leur a donné. Plus spécifiquement, on peut penser à des astuces au niveau de la présence scénique, des enjeux du milieu, d’une tournée, des sacrifices qu’ils auront à faire. Sans parler des conseils musicaux et vocaux qu’ils peuvent donner aux participants.

  1. Pouvez-vous nous nommer un défi ou un enjeu survenu cette année dans la préparation de la programmation?

Nous avons eu plusieurs beaux défis cette année. Allant de la contrainte d’espace en début de parcours avec la salle Claude Léveillée, à la mise en place de notre nouveau système d’inscriptions en ligne.

  1. D’année en année, considérez-vous que l’intérêt pour la chanson francophone se développent /augmentent?

Je crois que nous sommes présentement dans une industrie qui n’a pas peur de prendre position et d’être créative. Nous avons une relève très inspirante qui est à l’écoute de son époque. Tout cela contribue à faire rayonner la chanson francophone auprès du public. Toutefois, en chanson, il y a des cycles, des années et des styles qui suscitent un intérêt plus important que d’autres auprès du public.

  1. Personnellement, êtes-vous un grand consommateur de musique ?

Je consomme énormément de musique et de tous les styles! Nous avons la chance ici à la SACEF de recevoir plusieurs albums dans le cadre de nos fonctions et je me fais un plaisir de tous les écouter. Je n’ai pas peur d’ouvrir mes horizons musicales et c’est un aspect important de mon travail que de rester connecté sur ce qui se crée en musique.

  1. Quelle est votre plus récente découverte musicale ?

J’ai un véritable coup de cœur actuellement pour Klo Pelgag. C’est une artiste créative et atypique qui sort complètement du moule. J’adore son style. Je trouve aussi très inspirante la fougue et l’audace d’Antoine Corriveau, le côté « habité» de Safia Nolin et les propositions musicales originales de Philippe Brach.

  1. En quelques mots, que pourriez-vous dire à un futur participant afin de le convaincre de participer à Ma première place des arts ?

C’est une expérience unique et un incontournable pour quiconque souhaite tenter sa chance dans le domaine musicale. Non seulement les participants auront l’honneur d’être entouré et épaulé par de véritables ambassadeurs de la chanson, mais c’est aussi la chance pour eux de s’outiller à repousser leurs limites et de prendre le contrôle de leur destinée.

  1. À quoi peut-on déjà s’attendre pour le spectacle de la finale?

Une performance de Klo Pelgag, plusieurs interprétations, du talent à revendre, en bref, on n’aura pas le temps de s’ennuyer!

Trois interprètes, trois auteurs-compositeurs-interprètes et deux groupes accèderont à la finale.

La finale de Ma Première place des arts se déroulera le 2 mai prochain à la cinquième salle de la Place des arts.

 

 

Musique
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Mundos

Jusqu’au 14 mai au Musée d’art contemporain (MAC), est présenté Mundos, l’exposition poignante de Teresa Margolles, artiste activiste mexicaine qui, par ses installations-chocs, ses vidéos saisissants, et ses photographies troublantes, dénonce l’atroce réalité dans laquelle son pays baigne depuis la l’arrivée des narcotrafiquants. D’une façon extrêmement percutante, elle dirige notre regard vers le féminicide, les assassinats et disparitions de milliers de jeunes femmes, l’exclusion et les injustices sociales. Elle a choisi de parler le même langage que cette violence inhumaine pour la dévoiler au monde entier… de façon crue et brutale.

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Teresa Margolles, a tout d’abord étudié la pathologie et la médecine légale, avant de créer un collectif d’artistes nommé SEMEFO (acronyme du bureau du coroner mexicain), qui, à travers l’art, s’exprimait sur la violence sociale et les morts cruelles du Mexique. Aujourd’hui, on discerne dans ses oeuvres, son intérêt et ses connaissances face à la morgue…se servant de certains objets ayant servi aux autopsies comme véhicule d’expression.

Son art percute, de façon nécessaire, je crois, parce que tel que l’artiste le souhaitait, on en sort ébranlé… ce qui est bien la moindre des émotions pour les fortunés que nous sommes face à ces drames quotidiens qui bouleverse la vie d’innombrables humains.

L’exposition Mundos est présentée jusqu’au 14 mai au Musée d’art contemporain. À voir!

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Choix de femme

Jusqu’au 24 mars, la compagnie Les Biches Pensives présente Gamètes au théâtre La Licorne, une pièce de Rébecca Déraspe mise en scène par Sophie Cadieux.

Lou (Annie Darisse) et Aude (Dominique Leclerc), jeunes femmes dans la trentaine, sont d’inséparables amies d’enfance. Le jour où Aude apprend qu’elle attend un enfant trisomique, elle se réfugie chez Lou dans l’attente de compassion et d’une oreille attentive, mais son amie vient plutôt la confronter sur ses valeurs fondamentales. Comment peut-on se réaliser en tant que femme avec un enfant à besoin particulier?

Dans le jugement et un amour profond envers l’autre, les opinions s’entrechoquent et les discours se confrontent. Dans leur féminisme bien-pensant, elles sont pleines de contradictions. Qu’est-ce qu’être une femme accomplie aujourd’hui? En se réalisant professionnellement? En imitant les hommes? Est-ce que le rôle de mère vient détruire toute ambition de réussite sociale? Ou est-ce que le véritable accomplissement, c’est de se tenir au-dessus de « la chorale des opinions »?

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Les dialogues sont francs, tranchants et mordants. On se permet de dire tout haut des choses horribles sur la trisomie, la place des femmes, les relations amoureuses, etc. Les personnages se répondent du « tac-au-tac » avec ironie et sarcasme dans une joute verbale assez divertissante. Parce que malgré la lourdeur apparente du sujet, on rit beaucoup dans cette pièce.

Des coupures nettes dans le dialogue viennent effectuer des retours dans le temps où les comédiennes jouent également des personnages différents pour imager leur passé et nous faire comprendre de quelle façon leur identité et leur amitié se sont forgées au fil des années.

Dans un décor géométrique assez sobre tout en rose pastel qui rappelle les magazines féminins, deux chaises, deux plantes et une paire d’écouteurs constituent les seuls accessoires.

Annie Darisse et Dominique Leclerc brillent sur scène avec leur sens du comique aiguisé et nous emmènent également dans des zones beaucoup plus sombres.

On ne répond peut-être pas à toutes les questions que se posent Lou et Aude, mais c’est l’amitié qui triomphe dans Gamètes.

La pièce Gamètes est présentée au théâtre La Licorne jusqu’au 24 mars.

Théatre
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Sophie Pelletier

Dans sa rubrique « Artistes à la trace », le Lèche-Vitrine suit un artiste dans la planification ou la réalisation de son œuvre, qui vient partager des moments privilégiés et en toute intimité avec les lecteurs. L’instant d’un ou de plusieurs billets, l’artiste ou le collectif artistique partage des confidences, des réflexions, des photos et des vidéos personnelles, invitant les lecteurs à découvrir leur univers de création.

Cette fois : Sophie Pelletier

Wow! Toute une année qui vient de se passer! Une année recroquevillée dans un cocon créatif avec ma belle équipe de collaborateurs et mon réalisateur. Je dois dire que mon petit côté sauvage a été amplement comblé pendant ce processus où on a construit, déconstruit et reconstruit des chansons. Tout ça dans le but de confectionner le meilleur album possible. Maintenant, la sauvage laisse place à la fille du monde, celle qui aime les humains et qui est très heureuse de les retrouver.

Je suis entourée de nouveaux musiciens pour présenter mes nouvelles chansons dans mon nouveau spectacle. Ça fait beaucoup de nouveau, je suis d’accord. Certains pourraient penser que ça peut être déstabilisant autant de changement, mais non! Je vis très bien avec ça! On a présenté les deux premiers spectacles de ma tournée Météores dans la région de Québec le week-end dernier et j’ai vécu des moments merveilleux. Ça faisait longtemps que je n’avais pas trippé comme ça. Ça me donne une immense dose d’énergie pour les spectacles à venir et le prochain c’est dans le cadre des Week-Ends de la chanson Québecor organisés par la Société pour l’avancement de la chanson d’expression française (SACEF). J’ai participé à ce beau programme l’an dernier et j’ai adoré l’expérience. La petite salle de la Place des Arts est si chaleureuse et plaisante à jouer! Je ne me peux plus! Rendez-vous le 18 mars!

Musique
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On fait le Oobopopop!

Le 1er mars dernier, dans le cadre de Montréal en Lumière, c’était soir de première montréalaise pour le groupe Valaire au Club Soda qui s’est rapidement changé en piste de danse tropicale!

Le chanteur Kahli Abdu a d’abord réchauffé la salle en première partie et a donné le ton à une soirée qui s’annonçait complètement groovy.

Si Valaire, ou Misteur Valaire jusqu’à tout récemment, a perdu la moitié de son nom, il n’a absolument rien perdu de son énergie sur scène. Enchaînant les pièces de son dernier album aux accents tropicaux Oobopopop, les garçons originaires de Sherbrooke ont fait danser la foule de la première à la dernière note grâce à leur électro soul pleine de cuivres. Le groupe a également repris quelques succès de son album Golden Bombay paru en 2010, au grand plaisir des spectateurs qui entonnaient les paroles. La température a monté d’un cran lorsque les collaborateurs de l’album Alan Prater et Pierre Kwenders sont montés sur scène pour se joindre au spectacle, maintenant devenu party.

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Et visuellement ? Des panneaux lumineux diffusant des messages, des vestes exotiques, des combinaisons d’aviateurs et… des surprises. De quel genre ? Vous savez ces grands bonshommes soufflés qui bougent dans tous les sens et qui sont souvent mis pour attirer l’attention près des centres commerciaux ? De ce genre-là. Qui se déploient soudainement pendant une chanson. Un beau clin d’œil kitsch qui soulève une foule. Ou encore, après une pause de quelques minutes, les garçons sont revenus sur scène avec des marionnettes géantes à leur effigie qui ont parcouru la salle de main en main.

Pendant cette soirée, on a dansé, on a chanté, on a sauté et on a eu chaud. C’est ça Valaire!

Ils sont présentement en tournée. Ils seront de passage le 1er avril à La Chasse-Galerie.

Musique
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Les belles histoires des Rendez-vous du cinéma québécois

Les Rendez-vous du cinéma québécois (RVCQ) célèbrent chaque année le cinéma d’ici : en court métrage, en long métrage, en fiction tout comme en documentaire. Cette année, le festival a présenté en film d’ouverture Ça sent la coupe! de Patrice Sauvé. Pourtant, ce choix est loin de refléter l’ensemble des films qui se perdent dans l’immensité de cette programmation de plus de 340 films.

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Il y a d’abord les courts métrages. Ces séances sont parmi mes préférées, car on y voit de 3 à 6 films et on y vit donc une gamme d’émotions assez variées. Sélectionné aux Oscars pour le prix du Meilleur court métrage d’animation, le film Vaysha l’aveugle de Théodore Ushev est un bon exemple de court métrage particulièrement agréable. C’est dans cette même séance que j’ai pu découvrir le film Seule de Mélanie Charbonneau ainsi que Sigismond sans images d’Albéric Aurtenèche, tous les deux très comiques et toutefois très critique de notre ère numérique.

Il y a ensuite les documentaires, ces films qui nous font découvrir la vie extraordinaire de gens ordinaires (ou pas). J’ai été charmée par Histoire Hippie de Jean-André Fourestié dans lequel l’on découvre Martin, «jeune» septuagénaire aux idéaux hippies. On rencontre aussi ses deux filles, l’une qui a élevé elle-même ses deux enfants, l’autre gravement malade. Elles ont fait leur vie aux États-Unis tandis que le père est à Montréal. Martin vit dans le Mile-End depuis 40 ans, flânant de coloc en coloc, toujours à la recherche d’un esprit de communauté, de partage et d’échange. Présent lors de la projection, Martin n’a pourtant rien d’un homme très exubérant. Il m’a même semblé plutôt timide en comparaison à l’image qu’il projetait dans le film, ce qui démontre la confiance qui s’était établi entre la caméra du réalisateur et le personnage principal.

Dans la même lignée, le film documentaire À peau d’homme de Marie-Ève Nadeau dévoile l’admirable vie de Jean, un vendeur de fourrures qui arpente les routes du Québec en s’arrêtant dans les communautés autochtones. Vieillissant, Jean persiste à vouloir travailler. Entouré de ses proches et de sa famille, le film dresse le portrait de cet homme courageux au métier peu commun alors qu’il fait face à la vieillesse. À mes yeux, il s’agit surtout d’une belle réflexion sur la mémoire et sur les traditions.

La 35e édition des RVCQ se poursuit jusqu’au 4 mars. Pour découvrir l’ensemble de la programmation, c’est ici.

Cinéma
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L’événement Copacabanasucre prendra d’assaut le Casino

Le meilleur des deux mondes!

Depuis quelques temps, le Casino de Montréal offre des concepts originaux vraiment hors de l’ordinaire! C’est le cas de l’événement Copacabanasucre, qui se déroulera du 23 février au 6 avril prochain.

On le sait, au Québec, il y a une grande partie des gens qui aiment l’hiver alors que d’autres détestent la saison froide. Entre février et avril, la moitié des Québécois se rendent à la cabane à sucre, alors que l’autre moitié rêve d’un voyage dans le Sud. Comme c’est une dualité universelle pour les Québécois, le Casino de Montréal offre un événement qui pourra combler (et réconcilier!) les deux camps!

 

Avec une multitude d’activités, des décors uniques à mi-chemin entre le Québec et les tropiques, le superbe spectacle Caliente au Cabaret du Casino et les nombreux spectacles gratuits au Bar Valet de Carreau, le Casino de Montréal vous en mets plein la vue pour créer le mariage parfait entre la cabane à sucre et les mers du Sud!

Les vendredis seront le parfait moment pour lâcher son fou grâce à des compétitions de danse interactive. Les participants se déhancheront sur des rythmes latins et tropicaux. Intimidés par la proposition? Tous les braves danseurs s’assurent  une participation au grand tirage d’un voyage vers l’Islande ou le Brésil.  La motivation est vite regagnée avec ces deux destinations typiquement Copacabanasucre!

De plus, tous les jeudis , nous retrouvons le jeu « Le Duel » et les vendredis et samedis, la nouvelle section « Le District » avec des DJs invités. Deux activités excitantes où vous pourriez gagner gros!

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Plusieurs cocktails seront offerts spécialement pour l’occasion, toujours sous le thème de la dualité. Il sera possible de commander des cocktails aux goûts tropicaux, mais qui sont faits à base d’alcools québécois, comme, par exemple, le Gaspésien Libré, un mélange de Rhum Chic Choc et de cola. Un mariage parfait entre la cabane à sucre et le voyage dans le Sud!

Définitivement, il n’y aucune raison de s’ennuyer dans les prochaines semaines au Casino de Montréal! Copacabanasucre, du 23 février au 6 avril au Casino de Montréal.

 

Rédigé par l’équipe du Casino de Montréal

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Variétés
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Le courage de la tolérance

Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran a d’abord été un roman, puis un film et finalement une pièce. Pour terminer sa tournée dans la province en beauté, Éric-Emmanuel Schmitt vient défaire ses valises dans la salle du Théâtre du Nouveau Monde. Cette pièce, on ne savait pas qu’on en avait besoin. C’est un petit coin de rue Bleu qui n’est pas bleu et de croissant de mer qui vient se glisser dans notre hiver québécois. C’est un garçon devenu un homme qui se lie d’amitié avec un épicier pas vraiment arabe (car être arabe, c’est être ouvert de 8h le matin à minuit et même le dimanche dans le domaine de l’épicerie), pas vraiment musulman, un peu spirituel, mais surtout, qui sait ce qu’il y a dans son Coran.

Éric-Emmanuel Schmitt n’est pas un acteur. C’est un écrivain. C’est pourquoi se sont les mots qui sont mis de l’avant dans cette représentation théâtrale. Le moment devient aussi simple que s’asseoir dans le noir et se faire narrer une histoire, comme un enfant qui se ferait raconter un conte avant de s’endormir. Le vocabulaire un peu littéraire de la pièce n’alourdit pas la représentation, mais lui sert plutôt par ses descriptions détaillées. Il est ainsi facile de se transporter dans l’imaginaire créé par l’auteur.

Les nuances de jeu sont subtiles. Éric-Emmanuel alterne entre les différents personnages de la pièce avec un léger changement de ton et d’accent. Sa voix nous envoûte et nous donne envie de fermer les yeux afin de mieux partir en voyage, nous aussi, avec monsieur Ibrahim et le petit Momo. La scénographie est très simple et évocatrice des différents lieux relatés dans l’histoire. Un coin bureau, pour la bibliothèque de son père et son appartement, un coin épicerie où se passent ses rencontres avec monsieur Ibrahim, un coin intimiste pour ses rencontres avec les prostitués de la rue Paradis et, en fond de scène, un coin de ciel, de sable, d’ailleurs. Éric-Emmanuel Schmitt fait évoluer Moïse entre ces lieux où, petit à petit, il devient un homme.

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Malgré la performance inégale du micro et quelques accrochages de texte, choses que le public semblait très enclin à pardonner étant donné que l’acteur est seul sur scène pendant le 1h50 que dure la pièce, la pièce vaut le déplacement. C’est une pièce qui perce le gris de l’hiver et prouve au public que le fait d’être juif, chrétien ou musulman n’est pas censé être une barrière entre les individus. Au contraire, cela peut être une fenêtre sur la découverte, l’expérience, l’apprentissage. Une fenêtre où un juif qui lit le Coran dépasse l’indifférence d’un père et l’absence d’une mère.

La pièce Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran est présentée au Théâtre du Nouveau Monde jusqu’au 5 mars.

 

Théatre
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J’accuse : une envie de révolution

Sur un fond d’Isabelle Boulay, de bas collants, de soupe à l’oignon, de St-Jean Baptiste sur les plaines d’Abraham ou au Parc Maisonneuve, de petite vite dans les toilettes d’un avion, J’accuse raconte l’histoire de cinq femmes qui veulent se faire entendre, qui doivent se faire entendre.

Les femmes sur scène, elles parlent beaucoup. Du début à la fin, sans vraiment prendre le temps de s’arrêter. Elles vomissent les mots qui sont restés trop longtemps à l’intérieur d’elles. Ces mots amers, touchants, poignants, percutants, que le spectateur reçoit de plein fouet.

Il y a d’abord la fille qui encaisse, jouée par Catherine Paquin-Béchard en remplacement d’Ève Landry. Elle, elle s’habille en carte de mode d’ici et change des vies du matin au soir. En effet, elle travaille dans une boutique chic pour femme accomplie. Et elle n’en peut plus, mais supporte, en bronchant intérieurement, passivement, agressivement.

Puis vient la fille qui agresse que Catherine Trudeau joue avec justesse. Elle est l’image même de cette femme qui semble tout avoir et qui va voir Casse-Noisette à la Place des arts chaque année. Mais elle vit dans Hochelaga Maisonneuve. Mais elle peine à tenir sa compagnie Passion Confort (passion confort en anglais) à flot. Mais elle trompe son chum.

En troisième, la fille qui intègre, portée par Alice Pascual. Elle dément les vieux préjugés et idées préconçues des immigrants. Elle n’est pas voilée. Elle ne mange pas qu’épicé. Et ce n’est pas parce qu’elle n’est pas capable de finir le coffret DVD de Passe-Partout qu’elle n’appartient pas à ce peuple. Elle veut se faire faire l’amour par un homme québécois, un vrai, un bucheron avec des grosses mains et des poèmes de Gaston Miron plein la bouche. Elle veut dire à chaque Québécois que leur beau Québec est si fort, mais si fragile à la fois.

Campée par la solide Debbie-Lynch-White, il y a la fille qui adule. Elle s’adresse directement à l’auteure afin de lui faire comprendre que ce n’est pas correct de l’utiliser et de faire d’elle la risée de sa pièce. Oui, elle aime Isabelle Boulay de toute son âme. Mais ce n’est pas vrai qu’elle va se laisser démonter par un petit peu de jugement. Après tout, qui décide de ce qui est normal?

Finalement, la fille qui aime, par Léane Labrèche-Dor. Celle qui est en peine d’amour. Pas d’un homme, mais d’une amie. Qui cuisine pour oublier. Qui est comme une enfant perdue.

Ces femmes, elles ont soifs. Soifs de révolution. Elles se révoltent de ce que l’on pense d’elles, de ce qu’elles sont. Elles sont à la défense d’elles-mêmes, dans leur petit quotidien, dans leur grand drame et aussi un peu du contraire. Elles sont la preuve que l’humain est plus fort que toutes les étiquettes qu’on peut vouloir lui mettre.

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Le style d’écriture monologué d’Annick Lefebvre permet d’énoncer clairement les émotions et de créer un amalgame de dimensions. La forme donne le feu vert à l’auteure pour hyperventiler sur 1001 sujets qui touchent cette génération de femmes qui ont entre 25 et 35 ans. Truffé de références d’ici, le texte est livré de façon linéaire, chose qui demande un effort d’attention au spectateur. Cette mitraille de mots devient un peu difficile à suivre pour une audience non aguerrie. Heureusement, le texte ainsi que les comédiennes sont à la hauteur de cette tâche. La mise en scène de Sylvain Bélanger est minimasliste et légèrement statique, laissant la place qu’il faut à la revendication d’idées et à la révolte des femmes.

J’accuse, c’est vouloir dire tout haut ce qu’on pense tout bas. C’est tout démolir dans l’espoir de, peut-être, mieux rebâtir. C’est mettre à jour différentes quêtes, différentes directions, différents combats. C’est mitrailler de questions un public pendu aux lèvres de ces femmes qui gueulent leur mécontentement. Nous en sortons avec une envie de révolution au corps et une tempête plein la tête.

 

La pièce J’accuse est présentée au Centre du Théâtre d’Aujourd’hui jusqu’au 25 février.

Théatre
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Un rallye familial pour revivre l’histoire!

Les traces du passé se cachent partout dans le paysage urbain, mais il est facile de passer à côté sans les apercevoir. Pour éveiller le sens de l’observation des Montréalais, le jeu historique «Pagaie à travers les époques» est offert gratuitement sur la place Jacques-Cartier, les fins de semaine de février et du 4 au 12 mars.

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Tout commence sur la place Jacques-Cartier, sous une tente au toit rouge, où des animateurs en costume d’époque accueillent les visiteurs. Quelques explications, un questionnaire et un crayon, et on est lâché sur la place à la recherche des réponses aux questions du quiz. Il y en a au total huit auxquelles on peut répondre en 10 à 15 minutes.

« Aucune connaissance en histoire n’est requise au préalable! », précise l’instigatrice du jeu, responsable de l’éducation au Musée du Château Ramezay, Louise Brazeau. « Toutes les réponses se trouvent sur la place, il suffit d’ouvrir l’œil. » C’est en effet en examinant les monuments et les bâtiments qu’il est possible de repérer les détails qui témoignent de l’histoire de la place Jacques-Cartier.

Une fois le questionnaire complété, les animateurs vous certifient « voyageur du temps » et offrent la possibilité de se photographier en costume avec le trophée du jeu, une pagaie d’or. Avis aux gourmands: finir le jeu donne aussi droit à un chocolat chaud à l’érable ou une tire à la boutique Délices Érable & Cie!

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« Pagaie à travers les époques » est une initiative du Château Ramezay – Musée et site historique de Montréal. L’objectif est de proposer une activité qui anime la place Jacques-Cartier en dehors de la haute saison, mais c’est aussi une manière ludique de prendre contact avec le patrimoine en famille ou entre amis.

« La place Jacques-Cartier est au cœur de l’histoire de Montréal », souligne Louise Brazeau. « Autochtones, officiers du roi, marchands… ils sont des millions à avoir foulé ce sol et nous voulons faire voir que la place s’est transformée et continue d’évoluer au fil des vies de ceux qui la parcourent et l’utilisent. »

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*Projet financé dans le cadre de l’Entente sur le développement culturel de Montréal par la Ville de Montréal et le ministère de la Culture et des Communications.

Rédigé par l’équipe du Château Ramzay

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Le Musée McCord prend part au projet mondial Inside Out!

Le Musée McCord participe présentement au projet mondial Inside Out en mettant un visage sur 21 visionnaires qui participent activement au développement de notre ville dans une série de portraits affichés « hors les murs ». Œuvrant dans les domaines des arts et de la mode, du design et de l’urbanisme, du milieu communautaire et sociétal ou encore touchant aux nouvelles technologies, le travail de ces créateurs nous inspire et nous invite à repenser nos façons de faire et notre implication. Situés dans 4 sites extérieurs, vous aurez jusqu’au 26 février 2017 prochain pour être témoin de cette affichage murale réalisée.

Chaque action de groupe Inside Out à travers le monde est documentée, archivée et publiée sur le site internet officiel du projet. Plus de 260 000 personnes ont déjà pris part au projet et ce dans plus de 129 pays.


 

Entrevue avec Cindy Boyce, photographe derrière les 21 portraits du projet Portraits de visionnaires montréalais – Hommage à William Notman du Musée McCord

  1. Lorsque le Musée McCord t’a approchée pour ce mandat, étais-tu déjà familière avec le projet Inside Out et les projets artistiques de JR?

J’étais familière avec JR (l’artiste) et ses portraits Inside Out, mais je n’étais pas au courant de son passage aux conférences TED et de la démarche complète derrière son projet.

  1. Qu’est-ce qu’il y a de plus difficile dans l’art de faire un portrait?

L’enjeu le plus important est de mettre à l’aise son sujet: il faut l’amener à donner tout ce qu’il a, à se détendre et à nous faire confiance. La séance photo n’est pas une activité que l’on fait tous les jours et donc le processus peut sembler intimidant. Il en revient donc au photographe de créer une atmosphère chaleureuse et d’établir un contact avec le sujet pour développer son aisance devant la caméra.

  1. Qu’aimes-tu le plus dans l’art de faire un portrait?

Rencontrer une personne et la mettre en valeur! Peu importe le projet, j’essaie toujours que le résultat final soit à la hauteur du talent et de la personnalité de la personne photographiée; je veux faire ressortir tout ce qu’il y a de meilleur chez elle.  Partager ce moment privilégié, c’est une chose que je chéris beaucoup.

  1. Comment approches-tu un sujet lors d’une séance portrait? Quelles poses, quels conseils, quelles astuces utilises-tu?

J’essaie de le mettre à l’aise en lui parlant, en le faisant bouger pour qu’il varie ses expressions. Je lui montre aussi, dès le début, les images tests afin qu’il voit et comprenne le résultat voulu. Durant une séance photo, j’essaie que tout le monde s’amuse et vive un beau moment. À la fin du processus, je dévoile toujours les clichés au modèle, comme ça il a l’heure juste sur l’image qui sera véhiculée.

  1. De manière personnelle, comment crois-tu que l’art change ta vie au quotidien?

La photographie est un médium qui m’inspire au quotidien, m’ouvre aux autres et me permet d’être attentive à la beauté des petites choses, aux détails.

  1. Parmi les 21 Portraits de visionnaires montréalais que tu nous présente dans cette exposition, quelle histoire ou quelle cause est ton coup de cœur ?

Dans le cadre de ce projet, j’ai eu la chance de photographier 21 personnes aux visions plus stimulante et intéressante les unes les autres, alors la question est difficile! Je répondrais par contre avoir été témoin du travail extraordinaire de Maxim et Jérôme, cofondateurs de La Pépinière, en visitant à plusieurs reprises le Village du Pied Courant au cours des dernières années. Ces garçons ont vraiment réussis à créer un contexte propice à la réappropriation des lieux et à intégrer la population au cœur de leur projet. Ils sont un bel exemple d’innovation communautaire.

Je soulignerais aussi l’implication et le travail de Nahid Aboumansour de l’organisme Petites-mains, qui offre des formations professionnelles, du soutien et une prise en charge pour les femmes immigrantes les plus démunies afin qu’elles s’intègrent et vivent dignement. Nahid fait un travail colossal, c’est une femme très inspirante.

Coup de coeur aussi pour la Fée du Mile End, Patsy! On dit toujours qu’on veut changer le monde, mais commencer par son quartier, c’est une opération à plus petite échelle nettement significative.

  1. Quel est l’intérêt selon toi pour les œuvres d’être “hors murs” ?

Tous les gens présentés dans cette série ont donnés tellement à Montréal, je trouve que c’est un beau cadeau que de les afficher sur les murs de la ville en retour. Dans la rue, l’art est accessible, tangible.

  1. Est-ce que tu penses que l’art à ce pouvoir mobilisateur ?

Oui définitivement. L’art permet de rassembler et de mobiliser les gens à une cause, un mouvement, un loisir, un objet, un intérêt, etc. Il crée des liens, il ouvre des portes. Un exemple très concret serait justement ce projet. Le Musée McCord a réussi à mettre en relation 21 personnes qui ne se connaissaient pas nécessairement personnellement dans ce projet. Tous et chacun ont pu raconter leur histoire, tisser des liens, créer des opportunités.

L’installation Hors les murs Portraits de visionnaires Montréalais – Hommage à William Notman est présente dans 4 lieux extérieurs de la métropole jusqu’au 26 février 2017.  Rendez-vous au sur le site de La Vitrine pour connaître les emplacements et découvrir les profils des visionnaires.

Musée Exposition
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Siri, Siri, dis-moi qui je suis

Aujourd’hui la technologie est omniprésente dans notre quotidien comme le démontre la populaire série Black Mirror. C’est certain qu’elle facilite notre existence en nous permettant d’accomplir des tâches qui seraient immensément plus compliquées sans elle. Cependant, on a tendance à se dire que la science-fiction reste de la fiction, mais lorsqu’on s’arrête un instant, on constate que ce qui n’était qu’un fantasme il y a 30 ou 40 ans est aujourd’hui bien réel!

L’idée d’inviter une intelligence artificielle sur scène pour interagir avec une comédienne m’a intriguée et je n’ai pas pu m’empêcher d’aller voir la pièce Siri au Théâtre d’Aujourd’hui! J’aimerais spécifier que je ne suis pas un expert en théâtre, mais c’est le fait d’être témoin d’une interaction humaine avec une machine « intelligente » dans un cadre atypique qui m’a motivé.

C’est ainsi que vendredi soir dernier, je me suis retrouvé au Théâtre d’Aujourd’hui pour aller voir la pièce Siri mise en scène par Maxime Carbonneau et interprétée par Laurence Dauphinais. Le duo signe le texte, même si on pourrait parler d’un trio car Siri improvise ses lignes. En effet, malgré son statut « d’intelligence », Siri ne peut pas apprendre les dialogues et donne des réponses qui tantôt fonctionnent, tantôt jettent le public (et la comédienne) dans l’incompréhension et surprennent. C’est souvent lorsque Siri donne une réponse qui cadre très (trop?) bien avec la situation que la magie opère. On en vient à se demander comment elle peut donner une telle réponse. Par moments, elle fait preuve d’humour ou de philosophie. C’est à se poser les questions : est-ce c’est l’œuvre d’un conditionnement à répétition de la part des auteurs qui a permis à Siri d’apprendre? Est-ce la comédienne qui a découvert que certaines questions lui donnent des réponses particulièrement intéressantes? En somme, qui contrôle qui dans cette pièce?

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Même si Siri est au centre de la pièce, l’œuvre se concentre principalement sur l’histoire et la vie de la comédienne. On ne sait pas où se situe la limite entre la fiction et la réalité. En effet, à un moment de la pièce Siri est en mesure de sortir une quantité surprenante d’informations personnelles sur l’auteur, mais est-ce que ce sont ses vraies informations ou elles ont été créées pour la pièce?

La trame narrative est principalement celle d’une femme qui cherche à comprendre qui elle est. Pour cela, elle lie sa vie à la technologie, que ce soit avec sa création in vitro ou de son analyse d’ADN qui lui en apprennent plus sur son ascendance. On fait face à une œuvre très introspective sur la comédienne. Elle nous parle d’elle, nous fait part de ses angoisses, de ses joies et de ses grands questionnements.

La scénographie est simple et efficace. La scène se résume à une structure qui s’apparente à un grand cube vide qui permet de projeter le contenu qui s’affiche sur son écran. Ainsi, on peut suivre et lire les réponses de Siri, qui divergent parfois de ce qu’elle énonce, ce qui apporte quelque fois un éclairage différent sur ce qu’elle cherche à exprimer. L’utilisation de la structure permet aussi de faire de jolis plans filmés par la caméra du téléphone ou à montrer des images et des sites Web qui participent à la narration.

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La pièce, relativement courte, comprend quand même quelques petits accrocs. En effet, en pleine montée de tension, le technicien a dû interrompre la comédienne à cause d’un petit problème technique. De plus, il arrive que la comédienne répète plusieurs fois la même question à Siri. Cela donne l’impression qu’elle tente de forcer Siri à donner une réponse précise qui fera avancer la narration générale. L’équipe en est pleinement consciente puisque la comédienne prévient que Siri est imprévisible et qu’il est possible qu’ils doivent effectuer un ajustement.

J’ai tout de même passé un agréable moment qui m’a fait regretter de ne pas avoir un iPhone pour m’amuser moi-même avec Siri et voir comment elle réagit à mes questions existentielles. Si vous désirez voir la pièce Siri, dépêchez-vous puisqu’elle est présentée au Théâtre d’Aujourd’hui jusqu’au 4 février. Pour les horaires, vous n’avez qu’à demander à Siri, elle saura sûrement vous répondre!

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Catastrophe orchestrée

Du 24 janvier au 11 février, la compagnie du Théâtre Niveau Parking présente Act of God au Prospero, une pièce sur les petites et grandes catastrophes qui changent des vies.

Lorsqu’une catastrophe frappe, le monde bascule. Rien n’est plus pareil. Les certitudes disparaissent et tout se déconstruit pour bousculer les vies dans le rayon du cataclysme. Et qu’en est-il lorsque la catastrophe est personnelle ? Elle ne fait pas les manchettes, personne n’en parle, mais elle ravage autant sur son passage la vie des gens concernés qu’un cyclone.

Marie-Josée Bastien et Michel Nadeau signe un brillant puzzle relatant une tragédie anonyme qui frappe deux couples d’amis. Des bribes de l’histoire sont d’abord dévoilées laissant le spectateur perplexe, qui tente de les assembler dans une suite logique. Peu à peu, les morceaux se remettent en place dans un suspense qui laisse place au dénouement dramatique.

En toile de fond, toujours une curiosité morbide; un photographe de guerre (Jean-Michel Déry) qui court les scènes dramatiques, une bénévole d’info-suicide (Véronika Makdissi-Warren) et une adolescente (Maud De Palma-Duquet) qui essaie constamment de frôler la mort. Les personnages se côtoient dans des scènes dont le temps et l’espace varient sans que l’on comprenne réellement les liens qui les unissent jusqu’aux scènes finales.

Et il y a la forêt, ses arbres et ses champignons ou encore le Japon et ses suicides qui prennent tout leur sens une fois le rideau tombé.

Sur scène, tout bouge tout le temps. On passe d’un lieu à l’autre en un claquement de doigts passant d’une zone de guerre au toit d’une gare de train à l’aide d’une structure polyvalente. La scène inclinée rappelle que la vie des personnages tient en équilibre. En début de parcours, ça crie, ça cogne, on installe une ambiance anxiogène qui ne se dissipera pas complètement. Les comédiens changent de personnage drastiquement entre les différentes scènes.

Sous ces sujets lourds, se trouve tout de même une touche d’humour. On sourit à plusieurs reprises pendant la représentation. Mention spéciale à Charles-Étienne Beaulne, en vendeur d’assurances aux expériences amoureuses désastreuses, qui déride l’assistance à presque chacune  de ses présences.

Si les catastrophes chamboulent les univers de tout un chacun, elles créent également des liens qui ne s’effacent jamais.

Act of God, du 24 janvier au 11 février au Théâtre Prospero

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Mazza remue le Québec jusqu’en 2018!

C’est un mélange de nationalités riche en couleurs, jumelé d’une énergie explosive et d’un taux de testostérone de 9.2, qui contribue à faire de Mariana Mazza une humoriste déchaînée! On n’a pas de difficulté à croire qu’un jour un médecin lui a annoncé qu’elle avait un taux d’hormones mâles plus élevé que les mâles eux-mêmes. Avec sa voix rauque, son humour graveleux et une absence totale de filtre, elle s’expose dans sa totalité, teintée d’autodérision et d’émancipation. Elle surprend, secoue et provoque pour le grand plaisir d’une foule en larmes. Pas étonnant que Mazza soit devenue une vedette si rapidement : elle rejoint son public cible à merveille, on la veut tous dans nos partys! Cela étant dit, ce spectacle s’adresse à un public averti, tenez-vous le pour dit!

Mariana Mazza est présentement en tournée avec « Femme ta gueule! » à travers le Québec jusqu’en 2018. À noter qu’elle sera au Théâtre St-Denis les 10,11 et 12 février prochains.

Humour