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S’habituer à regarder (ou autre jeu de mots)

Des spectacles sur la diversité, Mani Soleymanlou et Olivier Kemeid en ont quelques-uns derrières la cravate. La question de l’heure était : arriveront-ils à se renouveller, encore une fois?

La réponse est oui.

Certes, nous reconnaissons le style de Soleymanlou et Kemeid dans l’approche de À te regarder ils s’habitueront présentée jusqu’au 30 septembre au Théâtre Quat’sous, mais le fait d’avoir confié la mise en scène à des artisans extérieurs à leur cercle habituel donne une nouvelle couleur au résultat final. Un peu comme mettre de la diversité dans la diversité.

À te regarder, ils s’habitueront est fait en tableaux. Chaque tableau a un metteur en scène et des acteurs différents. Chaque tableau a aussi un propos et un but différent. Mais, ne vous inquiétez pas, l’ensemble se tient, pas de dissonance de ce côté-là.

Parmi les metteurs en scène, nous retrouvons Nini Bélanger, Bachir Bensaddek, Mélanie Demers, Dave Jenniss, Chloé Robichaud et Jean-Simon Traversy. Chacun vient avec sa brochette d’acteurs, souvent un duo.

Que veulent-ils défendre? Le fait que nous sommes tous pareils en étant différents, mais pas tant que ça, dans le fond? La représentation de la diversité dans les médias? Les stéréotypes raciaux? Oui, tout cela. Encore aujourd’hui, nous sentons le besoin de faire valoir ce qui devrait être évident, ce qui devrait aller de soi. Comme si la bataille n’était jamais vraiment gagnée, comme si nous n’avancions pas, comme si les directeurs de castings ne pouvaient pas comprendre qu’ils ne sont pas obligés de choisir un acteur d’origine arabe ou amérindienne pour jouer un chauffeur de taxi. Le défendre est noble. Le défendre est juste.

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Le problème, c’est que les créateurs de ce spectacle prêchent à des convaincus. La représentation insiste sur le fait que c’est souvent  »l’élite » qui va au théâtre, surtout en soir de première médiatique, mais font-ils quelque chose pour que cela change? Les spectacles de Mani sont souvent fait pour cette  »petite clique de privilégiés », avec des allusions à ses précédentes créations et des adresses aux artistes (des boutades amicales entre collègues disons). Un public moins initié peut facilement y comprendre quelque chose, mais y perd toutes les nuances et les clins d’oeil.

Qui plus est, il est beaucoup question du fait que ce sont toujours les mêmes qui se retrouvent au théâtre. Obia Le Chef l’a d’ailleurs mis en contexte. Il a demandé s’il y avait des noirs dans la salle. Il n’a eu pour réponse qu’un lourd silence criant de vérité. Nous sommes tous d’accord qu’il manque de diversité dans notre culture, autant dans la salle que sur les planches. Faudrait-il donc sortir ce genre de spectacle dans les rues?

Mais je me fais l’avocat du diable. J’ai véritablement apprécié le spectacle; dans tous ses clins d’oeil. Ce n’est pas le fait de parler des ressemblances entre un Russe et un Haïtien qui donne de la valeur à une représentation théâtrale. C’est en rire. C’est de pouvoir en faire la critique. C’est bousculer. C’est transformer le blackface en whiteface et faire le discours de Jacques Parizeau sur le vote ethnique. Speak White, big deal! C’est briser les stéréotypes à gros coups d’ironie, de sarcasme et de répliques passives-agressives. C’est prouver que le beau est dans la liberté d’être soi-même; différent ou semblable.

À te regarder ils s’habitueront est présenté au Théâtre Quat’sous jusqu’au 30 septembre.

Théatre
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Vous voulez une révolution?

Jusqu’au 9 octobre, le musée des Beaux-Arts de Montréal présente l’exposition Révolution, une rétrospective des éléments phare de la fin des années 1960.

Mouvements révolutionnaires, contre-culture, explosion musicale; en moins d’une décennie les rébellions culturelles et sociales ont marqué le monde moderne et bâti le mode de vie d’aujourd’hui. Révolution propose des tableaux qui revisitent les thèmes marquants cette époque.

Même si on aborde des sujets aussi variés que la mode, le design et les luttes sociales, la musique occupe une place prédominante dans la visite. On y vit une complète immersion musicale. À l’aide d’écouteurs, on se promène avec The Beatles, The Who, The Rolling Stones, Robert Charlebois et plusieurs autres monuments musicaux. L’univers musical changent selon le tableau ou l’œuvre devant laquelle on se trouve.

Nous sommes d’abord accueillis par les costumes portés par John Lennon en personne. On entre ensuite dans l’univers coloré du Swinging London avec ses vitrines colorées présentant minirobes et bottillons et autres accessoires mode. Dans un autre box, on se croirait chez un disquaire où on trouve les plus grands classiques de l’époque en disques vinyle, puis plonge dans le cinéma de l’époque avec extraits, images et affiches de film dont le fameux Blow-Up.

Costume porté par John Lenon

Costume porté par John Lenon

On entre ensuite dans le tableau plus sombre Dissidence. Mai 68, guerre du Viêt Nam et les Black Panthers ont mené à plusieurs mouvements de contestation partout dans le monde. Autour de nous, des pancartes aux slogans revendicateurs et des œuvres provocantes qui s’opposent à l’autorité. C’était aussi une époque de contestation féministe avec l’arrivée de la pilule et de personnages féminins décomplexés au cinéma.

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De cette révolte, on se dirige au plus marquant des moments Peace and Love de l’histoire. Dans nos oreilles, Give peace a chance accompagne les images de John Lennon et Yoko Ono pendant leur bed-in à Montréal.

On entend dans la salle d’à côté le son vrombissant d’une guitare électrique. On pousse des rideaux puis on se retrouve en plein cœur du festival de Woodstock. Un écran géant projette cette performance marquante de Jimi Hendrix pendant que nous sommes couchés sur du faux-gazon et des bean bags.

Les années 1960, c’est aussi le début de la société de consommation et de la classe moyenne. L’industrie de la publicité prend de l’ampleur et on peut le constater par des campagnes marquantes de l’époque et des objets iconiques.

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Révolution est une exposition absolument fascinante et captivante. Elle montre de façon éblouissante l’importance de ce moment charnière de notre histoire récente.

Musée Exposition
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Vélo Paradiso : top 5 adresses pour en profiter

Best of Québec prend possession de notre blogue pour vous faire découvrir les bonnes adresses et meilleures occasions autour d’un festival montréalais.

Ce mois-ci, découvrez leurs recommandations pour profiter de cinéma sous les étoiles! Eh oui, grâce à Vélo Paradiso, un concept amusant de vélo-projecteur qui sillonnera jusqu’à la mi-octobre les rues et parcs de cinq arrondissements montréalais, des projections extérieures coordonnées par le Wapikoni Mobile ont lieu chaque semaine. Chouette, n’est-ce pas? Et encore plus lorsqu’on sait où faire une petite halte sympathique dans les quartiers concernés. Suivez le guide!

Villeray-Saint-Michel-Parc-Extension

Ce quartier a beaucoup changé au cours des dernières années et dispose à présent d’une belle gamme d’endroits qui peuvent précéder ou suivre une projection extérieure. Il suffit de penser au restaurant Tapeo, dans lequel la chef Marie-Fleur Saint-Pierre exalte la cuisine espagnole, pour s’en convaincre. Vous pouvez aussi vous rendre les yeux fermés au restaurant apportez-votre vin Tandem, dont la cuisine est aussi délicieuse que l’accueil, ou encore au Alep, une excellente adresse pour les amateurs de cuisine moyen-orientale et végétarienne.

Tandem

Tandem

Rosemont-Petite-Patrie

Quartier familial et convivial, Rosemont-Petite-Patrie recèle plein de petits trésors à connaître si vous assistez à Vélo Paradiso. Pour manger, direction Frites alors!, le paradis des frites belges qui les décline sous forme de cornets, de poutines et d’accompagnements pour burgers, hot-dogs et sandwichs. Un endroit sympathique, au bon rapport qualité-prix et coloré à souhait! Et pour boire un verre dans un cadre accueillant, nous vous suggérons La Distillerie N.3, au décor inspiré de saloons du XIXe siècle et aux cocktails intéressants.

Frite alors

Frite alors!

Mercier-Hochelaga-Maisonneuve

Homa, comme le surnomment affectueusement de nombreux Montréalais, est un quartier qui s’est beaucoup dynamisé et dont les résidents ont maintenant beaucoup de choix dès qu’il est question de sortir. Pourquoi ne pas faire une halte-repas, avant votre projection, au charmant restaurant Cabotins? Ultra-accueillant avec son décor fait de matières recyclées, ultra-ouvert aux familles et ultra-salivant avec sa cuisine à la fois responsable, de qualité et originale, vous adorerez l’endroit. Et pour ceux d’entre vous qui aimeraient veiller après votre cinéma sous les étoiles, n’hésitez pas à vous rendre au Blind Pig, un petit bar chaleureux et bien animé, ou encore au Monsieur Smith, dont vous dorerez les cocktails.

Cabotins

Cabotins

Côte-des-Neiges

Ah, Côte-des-Neiges et sa grande diversité ethnique et culturelle. De nombreux étudiants choisissent ce quartier pour ses petits prix et son offre métissée. Asiatiques, caribéens, indiens, italiens, grecs, moyen-orientaux; il y a l’embarras du choix à chaque coin de rue si l’on veut se restaurer. Même chose du côté des bars, avec tout de même une recommandation pour le Pub McCarold, à la fois rustique et chaleureux, qui propose une vaste sélection de bières et de whiskys. Coup de cœur gourmand, également, pour la boulangerie-pâtisserie artisanale Chez Fred, qui produit des pains, viennoiseries et pâtisseries salées comme sucrées réalisés dans les règles de l’art, avec le savoir-faire et la passion d’un vrai boulanger qui n’utilise que les meilleurs produits. Psst! Commandez une tasse de vrai chocolat chaud fondu à l’ancienne pour accompagner votre dégustation sur place!

Chez Fred

Chez Fred

Ville-Marie

Centre par excellence des affaires et de la trépidante vie urbaine, Ville-Marie regorge de petites et de grandes adresses ou se rendre avant comme après une projection. Afin de demeurer dans l’esprit sortie en plein air et sans chichi, une petite visite au Vladimir Poutine, ou l’on retrouve parmi les meilleurs poutines en ville à prix très doux (tout comme d’autres petits plats sympas), peut être une bonne idée. Pour boire un verre ou deux, tout en écoutant de la très bonne musique en direct cinq jours sur sept et en profitant d’un décor exceptionnel, rendez-vous au Le Vieux-Dublin, le pub irlandais historique de Montréal. Vous trouverez sur place une des plus belles sélections de bières en fût et de scotchs en ville. Enfin, pour admirer de très haut Montréal, montez au sommet de la tour Ville-Marie et essayez le resto Les Enfants Terribles, à la cuisine réconfortante et aux cocktails bons à toute heure du jour comme de la nuit (il est toujours cinq heures quelque part, n’est-ce pas?).

Bon cinéma sous  les étoiles!

Cinéma
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Drôle de rentrée

Le festival Oumf entamait sa 7e édition ce mercredi avec un gala d’humour présenté au théâtre Saint-Denis.

Cinq ans après ma dernière rentrée universitaire, la rue Saint-Denis me semblait familière en cette première semaine de septembre. Des jeunes vingtenaires costumés, des groupes qui entonnent des chansons grivoises, des concours de calage sur les coins de rue; une douce ambiance d’initiations baignait dans le quartier latin. Nostalgie, quand tu nous tiens!

L’UQÀM loin derrière moi, j’ai assisté à un tout autre type de rentrée au théâtre Saint-Denis. Le festival OUMF lançait les célébrations, qui se tiendront jusqu’au 9 septembre, avec un gala d’humour rassemblant les participant de la prochaine saison des Cinq prochains, à Artv. Ces futures stars de l’humour sont Daniel Pinet, Marie-Lyne Joncas, Rosalie Vaillancourt, Arnaud Soly et Mehdi Bousaidan.

Dans une salle remplie d’étudiants, Eddy King avait la charge d’animer la soirée en ponctuant le tout de ses propres numéros où il nous a confronté à nos étranges réalités québécoises, lui qui ne comprend pas qu’on aille en camping sans avoir peur des ours alors qu’on dort dans une maison en tissus ou en parlant du racisme sournois de 2017, bien plus difficile à déceler que le « bon vieux racisme à l’ancienne ».

Daniel Pinet, originaire du Nouveau-Brunswick, a été le premier à monter sur scène avec son personnage de « Le Randy », qui nous expliquait ce qu’est un « vrai homme » avec son langage cru et coloré. Il a été suivi par Marie-Lyne Joncas qu’on connaît habituellement pour son duo Les Grandes crues avec Ève Côté ou dans ces capsules web Le courrier du cul avec Sacha Bourque. Verre de vin à la main, elle a dressé un triste (mais désopilant) bilan de vie alors qu’elle vient de franchir le cap des trente ans. Même si elle ne se sent pas adulte, elle nous a assuré que « tout allait bien ».

J’étais déjà un peu vendue à l’humour de Rosalie Vaillancourt. Son personnage de jeune fille naïve et hyperactive, qui peut dire les pires énormités détonne, selon moi, de tout ce qui se fait en humour présentement.

Après l’entracte, nous avons eu droit à une surprise. François Bellefeuille, qui ne fait plus partie de la relève depuis un moment, est venu pour roder de nouveaux numéros. Se référant à ses notes, il nous a parlé du « zéro déchet » que sa blonde a imposé à la maison et de la soie dentaire dont il ne sait pas quoi faire maintenant qu’il n’a plus le droit de la jeter. Un tournedos, peut-être?

Arnaud Soly n’a pas sorti sa flûte à bec (ou à nez…) pour son numéro où il a comparé les jeux de société aux pires perversités humaines. Dont « Jean dit », ce déviant sexuel qui parle de lui à la troisième personne.

Enfin, Mehdi Bousaidan a été la révélation de ma soirée avec son rythme et son aisance sur scène. De retour d’un voyage au Japon, il a donné un petit cours hilarant pour différencier les langues asiatiques du guttural cantonnais ou du thaïlandais qui a l’air de pondre un œuf en parlant. Il nous en a aussi beaucoup appris sur nous-même en catégorisant les gens selon la sonnerie Iphone de leur réveil-matin…

Maintenant que j’ai le sourire étampé dans le visage par ce gala d’humour, je suis prête à profiter à fond du festival OUMF dans les prochains jours!

Galerie photo : Marie-Claude Brault

 

Humour
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Galerie photo : Mile Ex End

C’est cette fin de semaine qu’avait lieu la première édition du Mile Ex End. Notre photographe Marie-Claude Brault a pris en photos les moments forts du festival!

Musique
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Mile Ex End, bientôt près de chez vous!

Au cas où vous ne l’auriez pas encore remarqué, un nouveau festival de musique fait son entrée à Montréal les 2 et 3 septembre prochain, mesdames et messieurs, veuillez accueillir le Mile Ex End. Cette première édition promet de frapper fort, déjà par son emplacement, loin de la centralisation du quartier des spectacles, au coeur même de la ville. Localisation de choix, située à mi-chemin entre le chic Mile End, le Mile-Ex, la Petite-Italie et Rosemont-La-Petite-Patrie, le Mile Ex End se déroulera dans un lieu inusité qui offre un mélange urbain et sauvage bien Montréalais, j’ai nommé: le Viaduc Van Horne. C’est donc sous le pont que seront positionnées les deux scènes qui feront résonner ces quartiers montréalais la fin de semaine prochaine pour quarante-huit heures. Outre sa position intéressante, les têtes d’affiche le sont tout autant et offrent un beau mélange québécois et international. On compte parmi la vingtaine d’artistes : Patrick Watson, Andy Shauf, Kid Koala, Cat Power, City and Colour, Godspeed You! Black Emperor, Suzanne Vega, Charlotte Cardin et j’en passe! Un beau mélange d’artistes reconnus et de la relève musicale! D’ailleurs Suzanne Vega, qui célèbre le trentième anniversaire de son album Solitude Standing (Tom’s Diner et Luka) interprètera son intégral pour l’occasion!

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De nombreux camions de rue, bar et table à pique-nique sont prévus pour assurer une ambiance festive et aussi familiale au site. Il ne reste plus qu’à espérer du beau temps pour la fête du Travail si vous avez déjà vos billets, sinon dépêchez-vous de vous en procurer! Vous ne voudrez certainement pas manquer la première édition prometteuse du nouveau festival de la rentrée!

 

 

 

 

Musique
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La mode montréalaise à l’honneur!

Lundi soir avait lieu la soirée d’ouverture du Festival Mode & Design! C’est dans le magnifique et tout nouveau édifice de la danse, le Wilder, que les nombreux (et très fashion) invités se sont rassemblés afin de donner le coup d’envoi de cette 17e édition! Je repasse pour vous en revue cette soirée des plus mémorables et je vous présente mes défilés et événements coups de cœur  du festival pour les prochains jours.

Fan invétérée du festival, j’y assiste depuis ses tout débuts alors que l’événement se déroulait encore sur le boulevard Saint-Laurent. Aujourd’hui bien ancré dans le Quartier des spectacles, le FMD présente plusieurs conférences autour de la mode et du design ainsi que des défilés, des pop-up shops et bien plus! À l’image flamboyante du festival, la soirée d’ouverture du FMD rassemblait tout le gratin de la mode montréalaise, ainsi que de nombreux partenaires et dignitaires. On pouvait autant y croiser le maire Denis Coderre, que le designer Denis Gagnon, la blogueuse Lolita Dandoy, Vanessa Pilon la porte-parole du festival, les sœurs Stratis de TPL, l’animateur Philip Fehmiu et j’en passe! C’est en bonne compagnie que j’ai donc pu assisté au coup d’envoi des festivités alors qu’on avait la chance d’assister au discours inspirant des fondateurs du FMD.

À 19 h 30, le public a eu l’immense plaisir de profiter de l’une des premières conférences des Rencontres FMD de l’édition 2017! C’est installé dans une toute nouvelle salle du Wilder que j’ai pu assister à la conférence « La Renaissance » du designer belge Olivier Theyskens. Humble et terre à terre, Theyskens a raconté ses 20 années de carrière. Lorsqu’on regarde le designer, on a peine à croire qu’il a déjà autant d’années de carrière derrière lui! Ayant débuté sa carrière chez la grande Maison Rochas, il a eu l’immense joie de relancer la collection de vêtements alors que Rochas ne faisait plus que des parfums depuis près d’un siècle. Il a ensuite poursuivit son parcours pour Nina Ricci et Theory avant de lancer sa propre griffe. Je dois avouer que cette conférence avec le créateur a été des plus inspirantes!

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Les prochains jours nous permettent de profiter de plusieurs défilés et spectacles gratuitement sur la Place des festivals du Quartier des spectacles! Découvrez mes coups de cœur 2017 :

Jeudi 24 août :

  • Défilé Mode à Expo 67 : C’est à l’honneur d’Expo 67 et de ses défilés de l’époque que plusieurs personnalités et blogueurs montréalais déambuleront sur la Passerelle du Casino de Montréal vêtus aux couleurs de l’époque. Un « must » du festival dès 17 h 45!
  • La Vie en rose : Chaque année, La Vie en rose propose un défilé flamboyant qui met à l’honneur cette marque bien de chez nous. À ne pas manquer à 21 h 15.

Vendredi 25 août :

  • Relève Mode : un défilé présenté par des étudiants du secondaire qui ont eu la chance réaliser leurs propres créations grâce au programme Fusion Jeunesse! De 17 h 45 à 18 h 45 sur la Passerelle du Casino de Montréal.
  • EXPO_NOW : C’est un défilé qui promet d’être haut en couleur! À chaque année, les étudiants du Collège Lasalle offrent, grâce à leurs créations, tout un spectacle! À ne pas manquer de 21 h à 21 h 30.

Samedi 26 août :

  • Made in Canada 150 : Le défilé de clôture du FMD est toujours l’événement à ne pas rater. Cette année on y célèbrera le 150e anniversaire du Canada. Pour ce faire, des créateurs de partout au pays présenteront leurs pièces! Un défilé-spectacle qui promet d’en mettre plein la vue. On s’y voit dès 21 h 30?!

Pour ne rien manquer du festival, consultez le calendrier de la programmation ici!

Bon festival ! Et n’oubliez pas, la mode fait partie intégrante de notre histoire et de notre culture. Portez-la fièrement!

Article rédigé par Félicia Balzano, directrice commandites et partenariats stratégiques à La Vitrine

Design Mode
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MUTEK : quelques suggestions

L’été tire déjà à sa fin et la perspective de retourner travailler vous hante? Heureusement, le festival de créativité numérique et de musiques électroniques MUTEK déménage cette année du 22 au 27 août question de terminer la saison estivale en beauté sous le soleil chaud d’août !

Pour la 18ème édition, plus de 120 artistes répartis dans les 20 programmes seront répartis dans le Quartier des spectacles notamment à la Société des arts technologiques et au Métropolis.

Il convient de dire qu’avec une telle programmation, faire son choix – néophyte ou pas – peut s’avérer un exercice ardu. Voici quelques suggestions qui sauront (nous l’espérons) vous guider afin de passer un festival sous le signe de la découverte et de la fête.  La semaine qui s’en vient s’annonce complètement éclatée et on a très hâte!

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Le coup d’envoi du festival sera donné le mardi 22 août à la Société des arts technologiques [SAT] par Max Cooper avec Emergence, une performance audiovisuelle spectaculaire sur le thème de la biotechnologie.

Daphni aka Caribou au Métropolis

Lors de la soirée du mercredi, le Métropolis accueillera un long DJ set exclusif de Daphni, l’artiste connu également sous le nom de Caribou, qui sera placé directement sur la piste de danse, baigné dans des éclairages sur mesure.

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Robert Henke présente Lumière III

En première et exclusivité nord-américaine Lumière III de l’artiste phare Robert Henke aussi connu sous le nom de Monolake, un projet haut en couleur, fusionnant lasers, données et son techno.

N.A.A.F.I  

Découvrez l’univers subversif de la culture DJ de Mexico à travers les talents décalés de NAAFI (“No Ambition And Fuck-all Interest”) et leurs explorations décapantes de la techno, du hip hop et de la pop, lors de la soirée Inter_Connect México le jeudi 24 août.

Soirée House avec Zip

Le festival culminera lors de l’événement du samedi qui se poursuivra jusqu’à 6h du matin avec le célèbre DJ allemand et fondateur du label Perlon, Zip. À ses côtés : DeWalta & Shannon, Detroit Swindle, Fred P et EOP.

 Scène extérieure

La scène extérieure gratuite sur l’Esplanade de la Place des Arts sera animée du mercredi 23 au vendredi de 17h à 23h et le samedi de 15h à minuit ! Une programmation thématique vous emmènera à travers les scènes créatives de Londres, Mexico, Barcelone et Berlin tout en proposant une programmation locale. Camions de rue, mobilier design et bars s’y retrouveront pour agrémenter le tout ! Profitez également d’une pause dîner en musique avec les Audio Lunch du mercredi au vendredi.

L’article a été rédigé par l’équipe du festival MUTEK

Musique
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Festival MUTEK : top 5 adresses pour en profiter!

Best of Québec prend possession de notre blogue pour vous faire découvrir les bonnes adresses et meilleures occasions autour d’un festival montréalais.

Ce mois-ci, découvrez leurs recommandations pour demeurer dans l’ambiance électrisante de Mutek, le plus important rendez-vous canadien annuel de musique électronique et de création numérique.

Laïka

À une dizaine de minutes de marche du Quartier des spectacles, le Laïka est un resto-bar lounge très agréable où l’on peut aisément se rendre entre deux performances de MUTEK. On peut y boire une bière ou un cocktail en écoutant la prestation en direct de DJs tous les soirs, mais aussi s’y partager un plat de nachos, prendre sur le pouce une tartine de gravlax de saumon, ou encore, si on a du temps devant soi, se régaler d’un parmentier de bœuf braisé à la bière noire.

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Blumenthal

Jouxtant littéralement les grandes scènes extérieures de la Place des Festivals, le resto-bar de la Maison du Festival a fait récemment peau neuve et nous reçoit désormais dans un cadre à la fois urbain et aéré – dont un véritable arbre planté au sol – que vient compléter une grande terrasse très populaire l’été. Un endroit tout désigné pour prendre un verre, grignoter ou s’offrir un repas bistro de bonne qualité.

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Hôtel W

Si vous aimez l’innovation sous toutes ses formes, le chic Hôtel W est un bel endroit à visiter à quelques minutes de marche du festival MUTEK. Son concept, qui mêle créativité montréalaise et avant-gardisme new-yorkais, se reflète dans des chambres ultra-modernes et agréables, mais aussi dans l’ensemble de son décor (superbe), ses bars branchés (dont le Wunderbar, où on apprécie les cocktails uniques, la musique travaillée et les projections vidéo) et son restaurant ê.a.t , aux assiettes aussi raffinées que la galerie d’art vivante qui y loge.

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À deux pas de la Place-des-arts, la Société des arts technologiques est un incubateur de talents. Elle sera d’ailleurs le lieu d’accueil de plusieurs spectacles de MUTEK. Qu’y retrouve-t-on au juste? Une grande salle au rez-de-chaussée multifonctionnelle pouvant accueillir des événements de grande ampleur, un labo à l’étage ou s’activent des artistes utilisant de nouvelles technologies, une Satosphère offrant sous un dôme unique des prestations artistiques diverses, et enfin un resto, la Labo culinaire, combinant recherche à partir de produits locaux, vins nature et une splendide terrasse.

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Bota Bota

Quelle idée géniale de créer un spa flottant en plein cœur du Vieux-Port montréalais! Le Bota Bota est l’escale parfaite pour reprendre des forces entre deux spectacles. Logé à l’intérieur d’un ancien paquebot amarré, il dispose d’un cadre moderne et épuré magnifique, d’une ambiance ultra-relaxante, d’installations complètes (dont un circuit d’eau nordique), d’une belle gamme de services (massages, traitements, boutique, restaurant santé, etc.) et, cerise sur le gâteau, de vues exceptionnelles de la ville de Montréal de jour comme de nuit.

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Bon festival MUTEK et bonnes découvertes!

Arts Médiatiques
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Qui n’apprécie pas la musique sous les étoiles ?

Félicia Balzano, directrice commandites et partenariats stratégiques à La Vitrine prend d’assaut notre blogue afin de nous donner ses impressions sur le spectacle Kent Nagano & l’OSM au Parc Olympique.

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Photo prise par Jimmy Bouchard

C’est sous un ciel dégagé qu’avait lieu hier soir, le coup d’envoi de la Virée classique de l’Orchestre symphonique de Montréal! Pour une sixième année consécutive, l’OSM présentait en plein air un fabuleux concert gratuit sur l’Esplanade financière Sun Life du Parc Olympique. Forte de son succès, cette édition 2017 a rassemblé plus de 30 000 personnes!

C’est le comédien André Robitaille qui salue la foule entassée sur le parterre de l’Esplanade financière Sun Life présente pour écouter et voir cette œuvre touchante qu’est « Porgy and Bess » de Gershwin. Ravi de présenter l’œuvre qu’attendent les milliers de spectateurs, il salue humblement la présence des réfugiés, installés au Stade Olympique depuis quelques jours, mêlés à la foule pour partager un moment musical hors du commun!

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Photo prise par Jimmy Bouchard

C’est avec beaucoup de plaisir que je découvre ce concert orchestré par Maestro Nagano accompagné de plus d’une cinquantaine de musiciens, d’un chœur de soixante chanteurs et de plusieurs solistes aux voix les plus puissantes les unes que les autres. Je dois avouer que suis particulièrement séduite par les puissantes voix du basse Will Liverman dans le rôle de Porgy et de Marie-Josée Lord dans le rôle de Bess, alors que le public semble tout à fait conquis par le chant, aux accents jazz, et les mouvements de jambes du ténor Gardy Fury.

Bref, une fabuleuse soirée tout en musique sous les étoiles!

Sur ce, je vous souhaite une fabuleuse Virée Classique! Ne manquez pas les nombreux concerts à prix doux offerts par l’OSM à travers la métropole toute la fin de semaine.

Article rédigé par Félicia Balzano, directrice commandites et partenariats stratégiques à La Vitrine

Musique
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Montréal à l’heure orientale!

La 7e édition du Festival Orientalys débutera le 10 août au Quai de l’Horloge du Vieux-Port de Montréal. La programmation, placée sous le signe du pluralisme et de l’innovation, fera entrer en fusion Montréal, pour quatre jours et quatre nuits d’Orient.

En réunissant musiciens, danseurs, chanteurs et artisans, Orientalys offre chaque année un itinéraire de voyage différent à ses festivaliers. Du Maghreb à l’Asie en passant par le Moyen-Orient dans une atmosphère chaleureuse et festive mêlant tradition, authenticité et modernité. Pour la première fois le festival accueille l’Afghanistan et le Vietnam, l’occasion une fois de plus de déconstruire les préjugés et de venir à la rencontre de ces cultures de pays lointains.

Le festival se décline en trois volets, tout d’abord la Médina, qui invite les festivaliers à vivre l’expérience des vieux souks et de l’ambiance des quartiers de Bagdad, de Casablanca ou de Bangkok. Il s’agit de se plonger au cœur de ces espaces si caractéristiques des grandes villes orientales. Dans une cacophonie bien orchestrée, les visiteurs vont de découvertes en découvertes à travers des rencontres des plus improbables. Placés au centre de l’animation, les spectateurs peuvent participer gratuitement à des ateliers divers et variés pour petits et grands : danse, conte, poésie, calligraphie, broderie palestinienne, peinture sur soie, et bien plus encore.

Cette année le festival Orientalys promet à ses visiteurs de les emporter dans un tourbillon de spectacles. Ils pourront ainsi découvrir ou redécouvrir sur la scène Médina : la danse indienne avec les chorégraphies mêlant le traditionnel au moderne avec la chorégraphe Puja Amin, des défilés de mode du Nord de l’Afrique, les calligraphies lumineuses du tunisien Karim Jabbari, des cérémonies traditionnelles thaïlandaises ou encore une soirée sous la tente avec un live de musique du désert.

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Chaque journée sera clôturée par des spectacles sur la Scène TD, dernière étape de ce périple à travers l’Orient. « Nous nous félicitons des partenariats de plus en plus solides avec les organismes tels que l’Agence Algérienne pour le Rayonnement Culturel (AARC) qui présente Cheb Anouar, de retour à Montréal spécialement pour le festival ou encore le centre culturel marocain Dar Al Maghrib qui prend en charge le volet marocain et qui présente Sami Ray, le roi du raï marocain » nous dit Ghiwa Nakhlé, directrice du festival. Plus que jamais attachée à la collaboration entre artiste québécois et orientaux, le public pourra aussi assister à une représentation exceptionnelle de Nicolas Pellerin avec Abdelhak Benmedjebari le bassiste du groupe Grooz, ou encore la brillante Briga, qui donnera le coup d’envoi de ces quatre jours de folie avec sa musique aux multiples influences orientales et occidentales.

« Orientalys est définitivement bien installé à Montréal en s’appuyant sur de multiples partenaires privés, publics, médiatiques et culturels » indique Nakhlé. Il importe particulièrement à son équipe de pouvoir composer avec le riche tissu associatif présent sur le territoire. Le festival a pour vocation de participer activement à la communion de la pluralité grâce à l’interaction des acteurs en présence, en laissant place à la spontanéité. En bref, de montrer au monde une Montréal vivante, dynamique et harmonieuse pour un 375e anniversaire pleinement réussi.

Article rédigé par l’équipe du festival Orientalys

Variétés
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Festival Présence autochtone

À chaque année, lorsque le début du mois d’août arrive et que le maïs est un délice, je découvre, sur la Place des Festivals, tout un éventail de cultures, de saveurs et d’artisanats en provenance des Premières Nations du Canada et des Amériques. C’est pendant le Festival Présence autochtone qu’on peut découvrir, entre autres, des œuvres cinématographiques qui abordent les réalités, l’imaginaire et les mythes des peuples habitant des territoires autochtones parfois « non cédés », comme c’est le cas de Tiohtià:ke (Montréal en langue Mohawk), lieu de rassemblement et de commerce. À chaque année, c’est une occasion unique pour moi de faire le point sur les tendances et les réalités des communautés qui y sont conviées et d’être témoin de leurs prestations artistiques. Il y a tant à découvrir devant le grand tipi, la tortue, les caribous et les sapins baumiers qui modifient si agréablement cette place montréalaise rebaptisée Place du Makushan l’année dernière, selon un acte de Toponymie sauvage, qui signifie « place de la fête ». Le moment fort de cette année a été Ioskeha et Tawiscara : le grand Jeu de la création, théâtre épique inspiré de la cosmogonie traditionnelle avec des marionnettes géantes, danseurs et musique des Buffalo Hat Singers et du DJ Ziibiwan.

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Pour la septième édition, le défilé de l’amitié Nuestroamericana démontre que Montréal est la ville par excellence où se rassemblent et se côtoient des gens venant de tous les horizons et qui montre avec fierté les coutumes issues de leurs identités singulières.

Le mardi 8 août à Concordia, François Girard va nous parler du film emblématique du 375e anniversaire de Montréal : Hochelaga, terre des Âmes en présence de collaborateurs autochtones. C’est une rencontre que je ne manquerai pas et qui est dans l’esprit de ce festival! Les films au programme sont des fenêtres ouvertes sur le monde et en plus, certaines séances sont gratuites. J’ai hâte de découvrir le documentaire Rumble, the Indians who rocked the World le mercredi 9 août au Cinéma du Parc – un des films qu’il faut voir. Pour clore les festivités, rendez-vous à 23 h au Catalyseur d’imaginaires urbains le mercredi 9 août.

Article rédigé par Jacques Galois

Variétés
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Le retour de Lucrèce

Voilà maintenant neuf ans que la Comédie-Française avait mis les pieds à Montréal. La dernière fois, c’était pour présenter Le Malade imaginaire de Molière (mise en scène de Claude Stratz). Cet été la troupe est de retour pour présenter Lucrèce Borgia de Victor Hugo, drame historique mis en scène par Denis Podalydès. Acteur connu et reconnu par ses pairs, il entre à la Comédie-Française en 1997. Son travail de metteur en scène lui a notamment valu de remporter le Molière de la mise en scène pour Cyrano de Bergerac monté aussi à la Comédie-Française en 2006.

Cette pièce, qui figure depuis sa création dans le répertoire de la Comédie-Française, est un drame historique à l’intérieur duquel se confrontent le politique et l’individu. Lucrèce Borgia raconte l’histoire de Gennaro, jeune homme orphelin, fruit d’un amour incestueux entre Lucrèce Borgia et son frère, ignorant depuis toujours l’identité de ses parents. La pièce débute lors d’un carnaval à Venise où il rencontre une mystérieuse inconnue (Borgia) qu’il croit éprise de lui. S’en suit alors un énorme malentendu entre la reine Lucrèce et son mari, Don Alphonse d’Este, qui prend Gennaro pour l’amant de sa femme et désir sa mort.

Dans sa mise en scène originale, Denis Podalydès travestissait Guillaume Gallienne dans le rôle de la mère et Suliane Brahim dans celui du fils. Or, dans la version présentée dans le cadre du 375e anniversaire de Montréal au Théâtre du Nouveau Monde, c’est Elsa Lepoivre (Les Damnés) qui prête ses traits au mythique personnage de Lucrèce Borgia. Son interprétation très subtile alterne entre la victime et le bourreau. Personnage mythique fort et souvent diabolisé, la reine que nous présente Elsa Lepoivre est totalement humaine. D’abord mère, femme, puis reine, elle est complète et transmet davantage qu’une simple représentation d’un règne de la terreur et de la débauche. Elle nous montre la femme imparfaite, fragile, sensible et hantée par son passé. Cette représentation du personnage offre donc aux spectateurs à la fois, une dirigeante de son temps, mais accentue par le fait même son individualité.

L’interprétation de la troupe est solide, certains rôles, légèrement plus caricaturaux que d’autres, transmettent bien le côté grotesque présent dans l’écriture de Hugo. L’exagération est présente dans toute l’interprétation, mais volontaire étant donné l’excès dans l’oeuvre elle-même. Les effets y sont parfois surprenants, mais rien de choquant, peut-être en aurions-nous pris davantage.

À l’inverse, la scénographie de Eric Ruf est sombre, intelligente et souligne les différents lieux sans prendre toute la place. Il nous fait passer d’une gondole à Venise, à un château italien en l’espace d’un instant, le tout très sobrement. Il en va de même pour les magnifiques costumes signés Christian Lacroix qui habille habilement les personnages et nous transporte dans le temps.

La représentation d’une durée de deux heures (sans entracte) défile à toute allure. Le rythme des scènes transmet l’urgence et il vaut mieux suivre. Vous ne verrez pas passer ces heures je vous l’assure et bien que les grandes lignes de l’histoire nous soient plutôt évidentes aujourd’hui, vous ne manquerez pas d’y trouver quelques échos contemporains! La Comédie-Française est en ville, alors si vous voulez un classique intelligemment interprété dépêchez-vous, ils repartent bientôt!

Théatre
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Libération d’un Montréal en changement

La compagnie les 7 doigts de la main a posé ses bagages à la Société des arts technologiques pour l’été. Le spectacle présenté? Vice et Vertu, un déambulatoire sur le Montréal des années 40.

Vice et Vertu, c’est l’histoire d’un travesti qui ne veut qu’une chose pour son anniversaire : qu’un homme puisse danser avec un autre. C’est l’histoire de femmes qui se battent pour pouvoir voter, qui se battent pour l’égalité. C’est l’histoire d’une effeuilleuse qui a le cabaret dans la peau. C’est l’histoire de Jean Drapeau, d’Armand Monroe, de Pax Plante, de Lili St-Cyr. C’est l’histoire de Montréal. Et qu’est-ce qui est plus Montréalais que de jouer la pièce dans nos deux langues officielles!

Cette métropole, je ne l’ai pas connue ; les cabarets, les enjeux politiques, la ‘’Main’’ dans l’apogée de sa gloire, l’omniprésence du clergé mêlée à une libération sexuelle grandissante. Pourtant, ce soir-là, j’étais soudainement transportée à cette époque mythique où l’on se battait pour nos convictions.

Au début, le public s’amassait dans la grande salle de la SAT. À l’entrée, une carte était remise. Celle-ci servira à diviser les spectateurs en trois groupes qui s’aventureront dans différentes parties de la SAT ; un dans la satosphère, un autre à la Place de la paix et le dernier dans une extension de la salle principale. Peu importe l’ordre dans laquelle il y assistait, le spectateur avait assez d’éléments pour suivre et faire évoluer l’histoire. Plusieurs grands sujets du temps étaient abordés, passant de la corruption, à l’itinérance en passant par le ‘’nightlife’’ montréalais. Force est de se rendre compte que les choses n’ont pas autant changer qu’on veut bien se l’admettre…

Le spectacle se voulait déambulatoire, mais il était difficile de lui donner cette appellation. En effet, la circulation à l’intérieur des diverses salles de la SAT était plutôt difficile. Un peu trop de spectateurs pour pouvoir se déplacer en toute facilité et apprécier le spectacle et ses différentes stations au maximum. Il aurait fallu couper de moitié de public pour pouvoir profiter de chaque élément, allant des numéros de cirque aux scénettes faisant avancer l’histoire.

D’ailleurs, la partie cirque prenait une bien petite place dans ce spectacle multidisciplinaire. Certes, quelques numéros d’envergure rappelaient le talent indéniable des 7 doigts de la main, mais de manière générale, il s’agissait bien plus d’une expérience sensorielle diversifiée. Le jeu et la musique étant autant présente que le cirque. Ce qui n’était pas nécessairement une mauvaise chose. Plusieurs critiques reprochent au monde circassien de manquer de trame narrative dans leur spectacle et de vouloir en mettre plein la vue avec des numéros d’acrobaties. Cela n’était absolument pas le cas avec Vice et Vertu. Cela donnait un spectacle presqu’immersif et complet sur plusieurs aspects.

D’une durée de 3h00, la représentation aurait pu être raccourcie d’une quarantaine de minutes. Cela aurait probablement réglée les quelques problèmes de narrations et les quelques temps morts. Malgré tout, l’énergie des artistes est restée à son apogée pendant toute la durée du spectacle. Mention spéciale à Vincent Roy, qui incarnait Armand Monroe, et qui devait jouer, chanter et danser dans des talons rouges d’une hauteur vertigineuse! Bravo!

Les musiciens en performance en direct, la voix rauque aux accents blues de Betty Bonifassi ainsi que les reprises de chansons typiques années 40 faisaient de la trame sonore un des meilleurs éléments du spectacle. Celle-ci allait de pair avec chaque situation ; de la musique sur Montréal avec des paroles à propos de nous, pour nous.

Et le vice? Et la vertu? vous demandez-vous peut-être. Le blanc contre le noir, l’église contre la libération sexuelle, le patriarcat contre le matriarcat. Qui a raison et qui a tort? Le spectacle vous laisser juger et vous permet de forger votre propre opinion!

Vous avez encore la chance de voir Vice et Vertu jusqu’au 6 août dans le cadre de la programmation officielle du 375e anniversaire de Montréal et du festival Montréal Complètement Cirque.

 

Galerie photo par Marie-Claude Brault.

 

Cirque
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Loin de la langue de Shakespeare et Molière

C’était au Rideau Vert que le spectacle Molière, Shakespeare et moi est présenté dans le cadre du festival de théâtre À nous la scène, organisé par le 375e de Montréal. Il y a quelques mois de cela, Gilbert Rozon ne donnait qu’une seule consigne à Denise Filiatrault : monter une pièce avec Shakespeare et Molière. C’est donc à Emmanuelle Reichenbach, l’auteur d’Edgar et ses fantômes, qu’est incombé la tâche de relever le défi de Gilbert Rozon. Cela donne une comédie parodique vaudevillesque, à tendance grivoise, on ne peut plus anachronisme.

Nous suivons l’histoire de Thomas Beaubien, un jeune écrivain torturé interprété par Simon Beaulé-Bulman et de ses deux pas toujours fidèles complices, une directrice de bordel dépeinte par Anne-Élisabeth Bossé et un coureur des bois joué par Mathieu Quesnel. Ils ont la requête de Monseigneur Montarville (Carl Béchard) de créer une pièce de théâtre choc sur le Gouverneur (un Roger La Rue trivial à souhait). La pièce est un succès et éveille l’esprit révolutionnaire des habitants de la Nouvelle-France. Thomas fuit, ses amis le trahissent, Monseigneur renverse le Gouverneur et vole la femme de ce dernier. Qu’est-ce que Thomas Beaubien peut bien faire face au clergé et au pouvoir? Et s’il pouvait avoir un petit coup de pouce des fameux William Shakespeare et Jean-Baptiste Molière?

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Caricatural à souhait, plongeant à pieds joints dans le kitsch et le surjoué, le public a droit à un vaudeville moderne à saveur de Nouvelle-France. La salle s’en donnait à cœur joie et semblait apprécier chaque seconde. Plusieurs fous rires s’échappaient des spectateurs devant les situations grotesques qui truffaient la pièce. Une pièce populisme, qui vient chercher les goûts dramaturgiques des masses.

Malgré le rire ambient, la pièce manque de fond. Les blagues manquent de subtilité et la finalité est prévisible et risible. Mentionnant maladroitement quelques enjeux de notre société, ils sont tellement effleurés qu’on en perd le sens. L’effort de vouloir politiser le tout tombe à plat, se noyant dans les galipettes et grivoiseries. Et que dire de la présence de Molière et de Shakespeare qui sont dépeints comme des vieux mononcles qui pètent et rotent? Les efforts des acteurs ne pouvaient rattraper cela. Mention spéciale à l’éclairage de Julie Basse.

La pièce se termine ce samedi 22 juillet. Il vous reste encore du temps pour aller vous faire votre propre opinion!

Théatre