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Les coups de cœur culturels de Madelyne Johnston

Chaque mois, découvrez un employé de La Vitrine à travers ses coups de cœur culturels. Ce mois-ci, Madelyne Johnston, ambassadrice culturelle, se prête au jeu! 

Quel est ton rôle au sein de La Vitrine culturelle?

Le rôle d’un ambassadeur culturel est d’abord et avant tout celui de conseiller. Le site web de la Vitrine affiche absolument tout ce qui se passe culturellement à Montréal et dans un rayon de quatre-vingts kilomètres autour, que les événements soient gratuits, à rabais ou à prix régulier. L’offre étant très grande et diversifiée, notre rôle est donc de nous tenir le plus informé possible, afin de proposer les activités qui correspondent le mieux aux intérêts du public. Chaque ambassadeur a ses propres coups de cœur et centre d’intérêts. Cela nous permet d’avoir un bel éventail de suggestions d’événements!

Qu’est-ce que tu aimes le plus de la culture montréalaise?

Sa grande variété! Je trouve qu’il y a des événements et festivals de toutes sortes et c’est ce qui fait la beauté de notre offre culturelle.

Quelle est ta salle favorite?

J’aime beaucoup le théâtre La Chapelle. Leur programmation se concentre beaucoup sur la création multidisciplinaire, puis j’aime beaucoup l’intimité de cette salle.  Ensuite, il y a le théâtre Aux Écuries. J’adore son emplacement ; il est situé en plein cœur d’une petite rue résidentielle dans Villeray. Ce théâtre est l’un des plus jeunes à Montréal et encourage la création de la relève. C’est un lieu très vivant et ouvert, j’ai fait beaucoup de belles découvertes là-bas!

Quel est ton spectacle favori à vie?

C’est difficile pour moi de répondre à cette question, car j’aime beaucoup de choses! Je suis une grande amoureuse du théâtre, alors je ne pourrais pas dire que je n’ai qu’un seul spectacle favori. Il y en a trop! Certains m’ont marquée plus que d’autres, mais tous pour des raisons différentes! En danse j’aime beaucoup le travail de Virginie Brunelle, particulièrement son spectacle : Le Complexe des genres! La compagnie fait beaucoup de tournées, j’attends donc avec impatience d’avoir l’occasion de la revoir à Montréal!

En arts visuels, l’exposition de l’Islandais Ragnar Kjartansson présentée au Musée d’art contemporain de Montréal en 2016, m’a profondément touchée. Plus particulièrement son œuvre The Visitors. C’était une installation vidéographique vraiment magnifique, qui regroupait des artistes (chanteurs, musiciens) à l’intérieur de neufs tableaux. C’était une œuvre d’une sensibilité et d’une douceur comme j’en ai rarement vues! C’était très beau, tant d’un point de vue visuel que sonore!  Je suis incapable de donner une seule réponse. Il y en a trop!

Toutes disciplines confondues, que recommandes-tu ces temps-ci?

En ce moment, il y a La LNI s’attaque aux classiques présenté au théâtre Espace Libre jusqu’au 9 décembre. En bref, la Ligue Nationale d’Improvisation revisite des textes classiques et rend le tout ludique et festif! Qu’on connaisse ou non les œuvres, c’est un bon moyen d’aller à la rencontre du théâtre sans trop se mouiller! Et ne vous fiez pas au titre, on s’attaque autant à la littérature classique que contemporaine. Le choix est vaste, vous y trouverez sans aucun doute votre compte. Puis, jusqu’au 11 mars, le  DHC/ART Fondation présente quatre œuvres vidéo de l’artiste Bill Viola. C’est vraiment un artiste à voir!

Il y a également Les Enivrés au théâtre Prospero mis en scène par Florent Siaud, avec une belle distribution de comédiens : Paul Ahmarani, David Boutin, Maxim Gaudette et Dominique Quesnel pour ne nommer que ceux-là! Aussi, les mises en scène de Florent Siaud sont souvent très corporelles, dynamiques et musicales. C’est assez rafraîchissant!

Quel est ton festival favori?

Je dirais sans grande surprise le Festival TransAmériques! Ce festival nous permet de voir des spectacles internationaux que nous ne pourrions probablement pas voir en saison régulière. Sinon, j’aime beaucoup le Festival du Jamais Lu. C’est un concept original qui met l’accent sur l’écriture des auteurs. Les textes présentés sont mis en lecture et sont présentés au public pour la première fois! Il existe d’ailleurs un Festival du Jamais Lu à Québec et depuis maintenant trois ans, il y en a un à Paris.

Quel est ton crush culturel du moment?

J’ai découvert le travail du bureau de L’APA au Festival TransAmériques avec Entrez nous sommes ouverts. J’ai beaucoup aimé la forme de leur spectacle. C’est un travail presque insensé pour moi; tout le spectacle se déroule grâce à des connexions, littéralement! La scène est complètement remplie de fils, il se passe constamment quelque chose et c’est vraiment génial! Le spectacle sera de nouveau présenté en janvier au théâtre Espace Libre!

Qu’est-ce que Montréal représente pour toi?

Pour moi c’est un bouillonnement constant! Nos artistes sont motivés et débrouillards. Nous avons beaucoup de créations à Montréal et c’est une vraie chance! Il y a énormément de découvertes à faire et c’est tout à notre avantage d’être curieux. Nous devons soutenir notre culture si nous ne voulons pas la perdre. Je trouve ça très précieux.

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Variétés
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La magie de Noël à Montréal

Best of Québec prend possession de notre blogue pour vous faire découvrir les bonnes adresses et meilleures occasions autour d’un événement montréalais. Ce mois-ci, suivez leurs suggestions pour vivre pleinement la période des fêtes pendant l’exposition Tohu-Bohu du Musée McCord.

Au mois de décembre, notre métropole se pare de ses plus beaux atours en prévision des Fêtes de fin d’année, alors que nous retrouvons notre cœur d’enfant et que nos yeux pétillent d’impatience. Parce que la magie de Noël, c’est synonyme de retrouvailles, d’anecdotes, de bombance… et de cadeaux, aussi! Le Musée Mc Cord l’a d’ailleurs parfaitement compris en réunissant et en mettant en scène, sur le thème des grands contes classiques connus de tous, plus de 150 jouets et d’objets d’art décoratifs de sa collection dans l’exposition Tohu-Bohu. Une initiative qui ne laissera personne indifférent, que l’on ait 7 ou 77 ans! Et voici d’autres idées de notre cru pour vivre pleinement cette période magique.

La Binerie

La Binerie, c’est le repère du Plateau pour les amateurs de bines, bien sûr. Mais c’est aussi un petit resto sympathique pour renouer avec ses racines québécoises. Décor, formule, plats traditionnels comme la tourtière – incontournable aux Fêtes -, tout est là pour contribuer à se souvenir et à savourer la magie du mois de décembre.

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Le Paltoquet

Croissants et brioches pur beurre parmi les meilleurs de Montréal, tartes et gâteaux alléchants. Le Paltoquet déborde de petits et de grands plaisirs coupables qui font la joie des dents sucrées. Alors, qu’il s’agisse d’un petit arrêt réconfortant sur place pour déguster une boisson chaude accompagnée de viennoiseries, ou d’un simple passage pour aller chercher un gâteau à la crème de marrons et au rhum (sans gluten) ou une bûche de Noël délicieusement chocolatée, c’est une adresse très recommandable.

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Marché Jean-Talon

Se rendre au plus grand marché public de Montréal au mois de décembre, c’est génial. Parce qu’on y trouve le sapin qui trônera dans notre salon, les meilleurs produits possibles pour concocter de succulents repas des Fêtes, des idées cadeaux à la tonne et des activités pour colorer ses weekends.

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Atrium le 1000

Le patin, l’hiver, on adore ça… surtout quand on n’a pas à grelotter dehors! C’est le cas à l’Atrium le 1000, situé en plein centre-ville de Montréal. Cette patinoire ouverte à tous et animée est un must à faire en duo ou en famille. Le Père Noël lui-même sera de la fête le samedi 3 décembre sur place pour accompagner les plus jeunes patineurs sur la glace et réaliser des photos avec eux. Chouette!

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La vieille Europe

Vous pensez déjà à vos repas des Fêtes? Alors, allez rendre visite à cette boutique, qui régale depuis 1959 les Montréalais avec plus de 5000 produits fins d’origine locale et internationale. Vous y trouverez des fromages, des cafés, des chocolats, des charcuteries, des huiles et vinaigres, des épices et bien d’autres choses encore. De quoi réaliser de grands festins comme de beaux cadeaux à vos proches, pensez-y!

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Musée Exposition
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Intellectualiser l’ivresse

Une soirée où l’alcool coule à flot. Une soirée où chacun se retrouve confronté à quelque chose de plus grand. Plusieurs personnes, plusieurs groupes. Tous perdus dans les méandres de l’alcool. La même soirée s’avèrera bien différentes pour chacun d’eux. Parait-il que Dieu parle à travers les enivrés. C’est ce qu’on va voir…

Florant Siaud n’a plus besoin d’introduction dans le milieu artistique québécois. Après avoir monté Toccate et Fugue et Don Juan revient de la guerre la saison dernière et Nina, c’est autre chose et Les trois sœurs de Tchekov cette année, il termine son tour du chapeau avec la pièce Les Enivrés, présentée au Théâtre Prospéro jusqu’au 16 décembre.

Ce texte d’Ivan Viripaev aborde les thèmes de la liberté, de l’amour, de Dieu même. Il y a des questions de croyance entre non-croyant, d’amour entre inconnu, d’espoir dans la solitude. Le portrait global est pourtant noir, pessimiste. Comme il le dit lui-même : il faut trouver la perle rare dans un immense tas de merde.

Le spectacle a lieu en deux parties. Premièrement : l’exposition. Le public découvre les différents groupes d’enivrés dans leur milieu. Puis, vient la rencontre. Les personnages se mélangent et font la connaissance de l’autre, pour le meilleur et pour le pire.

C’est ainsi que le public assiste au mariage le plus spontané de l’histoire, officié par l’excellent Benoit Drouin-Germain dont le frère est prêtre catholique. Les acteurs jouent l’ivresse sans tomber dans le cliché, c’est ce qui est tout à leur honneur. Le travail du metteur en scène est précis. Rien n’est laissé au hasard. La distribution est à la hauteur du défi qu’impose le texte ; de grands tirades et de nombreuses répétitions dans les propos. L’écoute devient alors primordiale chez les acteurs. Florent Siaud a su rassembler ses acteurs et les aider à se hisser plus haut.

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Une scénographie ingénieuse sert de plateau au comédien. Celle-ci se découvre et change au fur et à mesure que la pièce avance, selon les scènes, pour finalement être à nue, dessinant ainsi l’infractuosité des êtres qui l’habitent. Des projections accompagnent l’action d’images qui correspondent à la scène présentée. Il s’agit soit d’un décor en mouvement ou des acteurs eux-mêmes, tel des êtres pâles, les fantômes d’eux-mêmes. Les choix de couleurs sont également significatifs dans la pièce, passant du vert au bleu, selon l’humeur et l’ambiance du groupe qui évolue dans la scène.

Par contre, quelques régions d’ombre subsistent. Difficile à savoir si c’est le texte qui est écrit ainsi ou si ce sont les acteurs qui ont eu cette indication, mais l’accent n’est pas égal. Passant de normatif à québécois en une fraction de seconde pour parler avec ce genre de dialecte qui n’existe pas. Ou qui prend vit seulement sur une scène de théâtre. Ce mélange de phonème dont il est facile de se moquer. Ça écorche l’oreille au début, mais on finit par s’y faire. Le spectacle est à la limite de l’absurdité, mais l’on se rend vite compte que derrière les propos sans structure dû à l’intoxication se cachent une triste vérité. L’alcool agit en prophète et ouvre des horizons que personne n’aurait pu soupçonner. Par contre les subtilités du texte sont parfois difficiles à saisir et à mettre en contexte. Cela donne l’impression qu’il faut avoir lu le programme et une analyse complète de l’œuvre pour saisir l’entièreté de la proposition.

La pièce Les Enivrés est présentée au Théâtre Prospero jusqu’au 16 décembre.

 

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Danse, Montréal, danse!

Best of Québec prend possession de notre blogue pour vous faire découvrir les bonnes adresses et meilleures occasions autour d’un événement montréalais. Ce mois-ci, suivez leurs suggestions pour compléter votre soirée ou votre séjour dans le quartier où Danse Danse présente ses spectacles!

Renommée internationalement pour la qualité et l’audace de ses productions en arts de la scène, Montréal dispose de grandes compagnies de danse comme les Grands Ballets Canadiens et la Compagnie Marie Chouinard. Afin de faire rayonner auprès du plus grand nombre ces talents locaux, ainsi que ceux qui se distinguent sur la scène contemporaine mondiale, l’organisme Danse Danse propose chaque année une programmation riche et diversifiée. Ainsi, en décembre, au cœur de La Place des Arts, la chorégraphe Clara Furey présentera avec un quatuor de performeurs sa nouvelle pièce Cosmic Love, tandis que les prestigieux Ballets Jazz de Montréal, qui ont déjà réalisé plus de 2000 spectacles dans 66 pays, offriront au public Dance me, un nouvel opus en cinq temps inspiré des œuvres et de la vie du grand Leonard Cohen.

Hôtel Y et Auberge YWCA

Si vous désirez profiter de plusieurs spectacles de Danse Danse et demeurer non loin du Quartier des spectacles, l’hôtel et l’auberge opérés par le Y des femmes de Montréal constituent un excellent choix pour vous loger. Grâce à des chambres confortables, de nombreux services et un rapport qualité-prix imbattable au centre-ville, vous passerez un très bon séjour et contribuerez en même temps à la mission de cet organisme, qui soutient les femmes de multiples manières.

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Furco

La faune branchée et adepte de spectacles en tous genres aime bien se réunir dans ce resto-bar très moderne à deux pas de la Place-des-arts. On peut y partager une assiette de charcuteries, s’y rassasier d’un tartare de cerf ou d’un filet de loup de mer, y prendre un verre de vin biologique ou opter pour un des nombreux cocktails à la carte. Attention, nuit festive en vue si vous vous y rendez après votre spectacle de danse!

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Laïka

Pour demeurer dans le bain artistique après votre spectacle, rendez-vous au Laïka, au décor aussi bétonné que le Furco, mais à l’approche plus hipster et hybride qui permet tout autant de consommer un bon latte devant son ordinateur en journée, que de manger et d’écouter, un verre à la main, d’excellents DJs électros le soir. Bien apprécié de la communauté artistique, il ne serait pas surprenant que vous y croisiez les danseurs que vous aurez vus un peu plus tôt en prestation.

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Brutopia

Toujours au centre-ville, dans un cadre plus bon-enfant sur trois étages, les amateurs de broue peuvent trinquer au Brutopia, une institution de la rue Crescent. Blonde à la framboise, Centennial Double IPA, bière surette JA Sour et Double Chocolate Stout sont quelques-unes des spécialités que cette brasserie propose en toute simplicité. De plus, de nombreux spectacles gratuits y sont présentés chaque semaine.

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Restaurant Cabotins

Dernière recommandation pour les amateurs d’arts sous toutes les formes : le Restaurant Cabotins. Il ne se trouve pas dans le Quartier des spectacles, mais est facilement accessible via la rame de métro située à la Place des Arts. Et vous ne le regretterez pas! Décor artistique déjanté, mobilier rétro, cuisine créative; un petit arrêt sur place avant votre spectacle vous plongera dans l’ambiance propice pour le savourer de la meilleure manière possible.

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Danse
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Slammer son épopée

‘’Je vais bientôt te parler de guerre, de guerre et encore de guerre. Si je tiens à en parler, c’est pour mieux te parler de paix.’’

– Marc Beaupré, metteur en scène

L’histoire de L’Iliade, on la connait. Que ce soit dans le film avec Brad Pitt ou dans le dessin animé qui jouait à Télé-Québec quand on était jeune. Homère a étalé son écriture aux quatre coins du monde, nous faisant connaître le triste destin des Troyens.

Pourtant, je suis certaine que le récit d’Achille, Hector et compagnie n’a jamais été raconté de cette manière.

Le texte ne change pas. Ce sont bien les mots de la traduction d’Alessandro Baricco, que les spectateurs entendront résonner dans les murs du Théâtre Denise Pelletier.  Mais le reste n’a rien à voir avec toutes les versions antérieures de l’œuvre.

Ce qui est présenté, c’est un grand mélange de musique, de danse orientale, d’instruments live, de voix off, de chœur, de rap battle et de langage des signes. Tant de comportements hautement codifiés qui viennent peupler le spectacle. Sur scène, l’attention du public est constamment sollicitée, tant les procédés artistiques fusent de toutes parts. Cela vient saturer la représentation. Parfois, trop c’est comme pas assez.

Dans une mise en scène de Marc Beaupré, sur laquelle il travaille depuis près de 7 ans, on est tenté de classer son travail dans le spectre du théâtre-musical. Pourtant, je ne peux m’y résoudre. Il s’agit plutôt d’un pot-pourri de plusieurs styles. L’Iliade emprunte les codes scéniques d’une panoplie de cultures et de disciplines. Par exemple, la console de son est placée dans les premières rangées, bien à la vue des spectateurs, comme à l’Opéra. Les acteurs chantent et parlent en chœur, selon la convention traditionnelle du théâtre grec, mais pour commencer une bataille de rappeur à la 8 Mile, sans avertissement, avec les micros qui descendent du plafond. Le rap, c’est quelque chose qu’il faut bien savoir faire pour que ça soit bon. Certains acteurs ne semblaient pas vraiment à l’aise pendant leur numéro musical, ce qui rendait la représentation inégale. Parfois, ça marchait, mais d’autres fois, ça ne marchait pas du tout, frôlant la limite du ridicule. Il en est de même pour la danse ; certains avaient plus le sens du rythme que d’autres. Cependant, tous avaient une gestuelle précise et qui catégorisait leur personnage.

Malgré cela, il s’agit d’un spectacle visuel et sonore très intéressant. Emmanuel Schwartz et Jean-Francois Nadeau sont touchants en Achille et Hector. La symétrie de la mise en scène et l’équilibre de plateau montrent bien le souci du détail avec lequel Marc Beaupré et son équipe ont travaillé. Et que dire du gros triangle en miroir qui descend et remonte selon les différentes séquences et qui souligne l’intensité d’un moment ou l’harmonie du tableau orchestré par les acteurs! L’arrangement musical mérite également d’être souligné, un gros bravo à Stéfan Boucher pour son travail incroyable!

L’Iliade, c’est le genre de spectacle que l’on pourrait revoir des dizaines de fois et découvrir de nouveaux éléments après chaque représentation. La perception de l’action et de l’œuvre est teintée par le regard du spectateur et est sujet à changement. Il reste toutefois quelques questionnements sans réponses. À moins d’avoir la version finale du cahier de mise en scène en main, il est difficile de saisir la motivation derrière chaque choix de mise en scène. Peut-être cela vous donnera-t-il le goût d’y retourner?

L’Iliade est présenté au Théâtre Denise Pelletier jusqu’au 6 décembre.

Théatre
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LEONARD COHEN AU MAC

Il y a un an s’envolait l’un des plus grands poètes que le Québec ait connus. Avec sa voix d’une profondeur inégalable et ses mélodies envoûtantes, Leonard Cohen partageait ses histoires d’amour, ses états d’âme, ses réflexions sur le désir et sur le passage de la vie, et il explorait les coins obscurs et infréquentés des émotions. Toujours teinté à la fois de mélancolie et de grâce, il chantait la beauté et la tristesse comme personne ne parviendra jamais à le refaire. C’est donc en hommage à cette légende, et à l’héritage qu’il nous a légué que le MAC nous propose une des plus importantes expositions de son histoire.

LEONARD COHEN / Une brèche en toute chose /A Crack In Everything,

C’est 40 artistes à qui le musée a demandé de créer une œuvre en l’honneur du poète disparu; installations, projections, et autres mises en scène. C’est aussi une immense salle tapissée d’écrans géants projetant un montage d’images incroyablement touchantes de Cohen prises tout au long de sa carrière… on le voit en entrevue, on l’écoute déconstruire sa pensée, on le voit écrire, on le voit chanter, on le voit rire, et on le retrouve sur scène un peu partout dans le monde, parfois jeune, parfois vieux, mais toujours avec cette même étoile dans les yeux. Et dans le noir de ce grand espace, nous avons pleuré l’immensité de cet être qui nous a quitté. Je vous suggère d’y entrer et de vous asseoir face aux écrans et d’oublier le temps, mais surtout, en laissant votre âme s’imprégner de ce merveilleux spectacle.

On découvre ensuite une deuxième salle où l’on peut admirer une sélection d’images de la ville de Montréal, là où Leonard Cohen aimait tant vivre, tout en se laissant bercer par sa voix, telle une ode à la beauté.

L’exposition nous propose également d’écouter des artistes tels que Feist, Half Moon Run, Lou Doillon, Moby ou alors Brad Barr nous interpréter leur version d’une des chansons de Cohen. Il est aussi possible d’entendre la voix du poète, réciter quelques-unes de ses nombreuses phrases emblématiques, par le moyen des touches d’un immense orgue installé au centre d’une pièce. “There is a crack in everything, this is the way light gets in.” “Il y a une brèche en toute chose, c’est de cette façon que la lumière peut y entrer.”

Mais mon coup de cœur fut sans aucun doute cette chorale virtuelle composée d’une quinzaine d’hommes de la rue, tous uniques en leurs genres, mais partageant un amour flagrant pour ce grand homme, chantant l’album “I’m Your Man” du début à la fin. Tous ces sympathiques personnages sont projetés sur des écrans souples accrochés au plafond et formant un cercle à travers lequel nous pouvons déambuler question de pouvoir entendre la voix bien unique de ces êtres se joindre à celle du compositeur célébré.

Le lendemain de la mort de l’artiste, soit le 7 novembre 2016, les États-Unis choisissaient d’élire Donald Trump. Cette semaine-là, sur la page couverture du New York Times, on pouvait y apercevoir l’ancien président au pouvoir (Obama) et le nouveau (Trump) se transférant le flambeau, sous cette bannière, Leonard Cohen levant son chapeau comme pour nous dire adieu…et bonne chance! Une copie de ce journal a été encapsulée dans une boîte en verre au centre d’une des installations de l’exposition.

“I heard of a man
who says words so beautifully
that if he only speaks their name
women give themselves to him.Leonard Cohen.

J’ai entendu parler d’un homme
qui dit les mots d’une façon si magnifique
que s’il ne fait que nommer leurs noms
les femmes s’offrent à lui.” ” Leonard Cohen.

L’exposition Leonard Cohen / Une brèche en toute chose est présentée jusqu’au 9 avril 2018 au Musée d’Art Contemporain.

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OS. La montagne blanche : performer le deuil

OS. La montagne blanche, présenté du 13 novembre au 1er décembre 2017 à la Petite Licorne est une œuvre aux configurations scéniques inhabituelles qui aborde les notions de deuil, d’absence et d’identité.

Le narrateur (interprété par Steve Gagnon également auteur du texte) doit composer avec la mort de sa mère, perte immense qui le plonge dans une série de questionnements existentiels en ce qui a trait à son identité et à la direction qu’il est en train de prendre dans sa vie. Dans la douleur, un constat s’impose: à l’âge adulte les réponses ne se trouvent plus toutes comme avant, « dans le deuxième tiroir de la salle de bain ». À travers une prise de parole où la violence et la beauté se côtoient, le narrateur cherche ce quelque chose qui lui permettrait de se relever et d’atteindre ne serait-ce que le reflet de ces Cités d’Or dont la perte est constamment renouvelée par l’absence de sa mère.

Un présent de la parole

Steve Gagnon livre avec brio un monologue polyphonique où diverses voix s’entrecoupent, se chevauchent et se contredisent dans une seule et même prise de parole. En tant que spectateurs, nous  naviguons non seulement dans ses adresses à la mère perdue, à Edna ou à Nathalie : nous nous faisons aussi rapporter le langage de ces femmes dont il fait revivre les mots et la présence. La perte est ici plus qu’énoncée: elle est vécue et reperformée dans un présent de la parole. C’est par cette performativité du langage et la rythmique dans l’interprétation du texte qu’OS se rapproche des formes du spoken word et du slam. L’accompagnement musical live du groupe Le Bleu (Nicolas Basque et Adèle Trottier Rivard) permet également de soutenir, d’accentuer et de rythmer certaines parties du monologue dont les titres apparaissent projetés sur les murs : « Le jardin fluorescent », « Je veux être de la fucking lumière », « Ouvrir les fruits » (pour ne nommer que ceux-là).

 Le spectateur impliqué

La montagne blanche propose par ailleurs une expérience de réception particulière. C’est debout, en buvant une bière ou en bougeant au rythme des mots et de la musique que le spectateur est invité à assister à la représentation. Celui-ci n’est ainsi pas ignoré par l’interprète : le spectateur est part active de l’espace. Le dispositif scénique implique également que celui-ci regarde les autres spectateurs regarder, ce qui renforce le sentiment de cohésion liée à l’expérience commune de la performance. Il est toutefois intéressant de remarquer qu’en tant que public nous ne sommes pas habitués à de tels dispositifs au théâtre : le soir de la représentation à laquelle j’assistais, peu de gens ont ainsi osé se mouvoir/s’approprier l’espace qui leur était donné de peur de déranger ou de nuire au déroulement de la représentation. C’est peut-être de ce manque de participation que me vient l’impression que la proposition scénique, quoique intéressante, n’a pas été poussée jusqu’à son plein potentiel.

Quoiqu’il en soit, OS réussit tout de même à nous saisir et à nous entraîner dans le tourbillon de la mémoire et des affects du personnage. Entre les couches successives de la parole de Gagnon, nous nous faisons nous-mêmes archéologues, dépoussiérant l’infini du deuil que celui-ci nous livre à travers une présence incarnée et des images poétiques poignantes.

Os. La montagne blanche est présenté jusqu’au 1er décembre à la Petite Licorne.

Théatre
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Les fragments d’une soirée

«Ainsi, curieusement, la  «liberté» de l’autre à  «être lui-même », je la ressens comme un entêtement pusillanime. Je vois bien l’autre comme tel – je vois le tel de l’autre -, mais dans le champ du sentiment amoureux, ce tel m’est douloureux, parce qu’il nous sépare et que, une fois de plus, je me refuse à reconnaître la division de notre image, l’altérité de l’autre. »

Roland Barthes. Fragments d’un discours amoureux

Co-auteur de Table Rase, qui était d’ailleurs de retour en octobre dernier pour une troisième année consécutive, Catherine Chabot enlève ses petites roues de bicycle et se lance seule dans l’écriture de sa pièce, Dans le champ amoureux. Présentée à l’Espace Libre jusqu’au 25 novembre, la pièce est une joute verbale, parfois rhétorique, mais toujours bien intense, sur le couple.

Ou plutôt sur l’amour? Ou sur la perception de l’amour? Sur les concessions que nous faisons pour l’autre et qui nous transforment, lentement, en quelque chose que l’on déteste? Ou peut-être sur un peu de tout cela.

La disposition bi-frontale de la scène permet au public de se sentir dans la chambre avec les protagonistes, un gars et une fille d’environ 30 ans, comme un ami mal à l’aise d’assister à une chicane de couple particulièrement explosive. Le spectateur se retrouve donc témoin des ébats, des cris, des incertitudes ; un amas de tension difficile à porter.

En résumé, nous suivons la soirée d’un couple. Le gars va prendre un verre avec une fille qui ressemble à Kim Kardashian avec qui il a déjà trompé sa copine. Cette dernière ne veut pas qu’il y aille. S’en suit la plus grande des discussions. Le but : savoir ce qu’ils veulent réellement de cette relation. L’issue finale est simple : s’aiment-ils encore? Tout cela, à travers de citations de plusieurs philosophes, mais aussi d’Éric Lapointe. Les spectateurs vivent donc la soirée avec eux.

Cela ne fait pas plus d’une minute que les acteurs sont sur scène qu’ils sont déjà en costume d’Adam et Ève. Plusieurs personnes ne savent pas vraiment comment se sentir face à la nudité complète au théâtre. Je suis de l’école qui dit que, lorsque c’est justifié, pourquoi pas. Dans le cas de Dans le champ amoureux, la nudité est banalisée, comme allant de soi dans le contexte de la pièce. La nudité du duo ne choque pas du tout, elle est seulement là, bien présente, comme elle devrait l’être dans l’intimité entre deux personnes qui s’aiment. Le but étant de s’incruster dans la réalité d’un couple, et je pense que c’est un bon accessoire pour le faire.

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J’avais envie de plonger dans leur histoire, de les trouver beau, de les haïr tellement ils ne savent pas bien s’aimer, mais j’avais tellement l’impression d’être un intrus dans leur discussion, que cela m’empêchait d’être totalement investie dans l’histoire. D’un autre côté, cela montre que le jeu des acteurs était particulièrement réaliste. Ces personnages, ce sont nos amis. On les connaît. On a tous un couple comme eux dans notre entourage. Un peu trop cool, juste assez heureux pour ne pas être misérable.

Malgré la sincérité du texte, celui-ci manque un peu de nuances. L’énergie est trop haute, il manque de pauses tranquilles où le spectateur peut enfin souffler un peu. Même les moments plus comiques, qui sortent de la querelle amoureuse, sont fort en intensité. La pièce n’est constituée que de hauts, ceux-ci ont donc moins d’impact. Il aurait fallu quelques bas pour comprendre la véritable puissance des mots de Catherine Chabot.

Les artistes parlent d’amour et du couple depuis aussi longtemps que l’on peut le documenter. C’est un sujet qui a toujours été riche et plein de ressources. Est-ce que Catherine Chabot l’aborde d’une manière nouvelle et totalement innovatrice? Je ne crois pas. Cependant, je pense qu’elle l’aborde de manière franche et honnête. Elle dévoile au monde ce qui se passe dans le couple 2.0 de notre génération. Celle qui s’est battue pendant la grève étudiante. Celle qui a vécu dans la ouate, mais qui voudrait avoir la vie d’un révolutionnaire philosophe. Celle qu’on a toujours trop couverte, mais qui veut sortir du nid familial, changer le monde, pour vite se rendre compte que ce n’est pas si facile. Celle qui est un peu fatiguée de se battre, autant pour la liberté que pour son couple. Celle qui voudrait juste être normal, après tout.

 

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Compter nos préjugés

Dans la Salle Jean-Claude Germain du Théâtre d’Aujourd’hui, on présente jusqu’au 1er décembre la nouvelle création de Marianne Dansereau, Savoir Compter.

Le récit se passe au gynécologue, au McDo, dans une banlieue aisée de Montréal ou Trois-Rivières, n’importe où il y a des rues remplies de grosses maisons avec des piscines creusées. Ça raconte l’histoire de Q-Tips, du gars de chez Vidéotron qui cruise des filles en file au McDo, de la fille qui se demande combien, du gars qui a arrêté de calculer, de la fille qui compte sur ses doigts, de la femme qui a de la misère avec son forfait Illico et de l’homme qui dit quand c’est rose c’est beau.

La pièce commence et un homme déguisé en dauphin s’installe tranquillement sur scène. Il agira en tant que narrateur pendant la pièce. Les personnages s’animeront pendant sa lecture de Savoir compter, dont il a la copie en main. Il lira les didascalies, qui témoigneront des déplacements et de l’évolution psychologique des protagonistes. Un bon ajout qui donne un dynamisme à la pièce.

Les acteurs sont debout les uns à côtés des autres, face au public. Un faisceau lumineux va et vient, mettant en évidence ceux qui partagent la scène. Les autres restent figés, attendant leur tour. Ils resteront dans leur petit espace et n’interagiront entre eux que par la parole, le reste étant narré par l’homme-dauphin. Les personnages sont donc enfermés dans un caisson invisible, comme si on les avait classés dans une boîte. Belle métaphore de la part du metteur en scène, qui représente bien comment on voit les gens dans la société dans laquelle on vit. Chacun doit se classer dans une catégorie et se conformer à ce qui est considéré comme la norme. Lorsqu’on en sort, il peut y avoir des conséquences, comme en témoigne le sort du gars qui a arrêté de calculer. Je n’en dis pas plus.

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La pièce est divisée en différents segments et ceux-ci ne sont pas chronologiques aux événements racontés. Ce qui permet aux spectateurs de tisser eux-mêmes la toile des événements et de faire des liens entre ceux-ci. Ce procédé apporte un effet de surprise tout au long de la pièce. D’ailleurs, l’écriture est simple, imaginative, mais efficace, allant droit au but. Elle aborde plusieurs tabous de notre société allant de la zoophilie, à la pédophilie. Sans les banaliser, Marianne Dansereau tente de les associer à des tabous qu’on accepte et qu’on voit pourtant tous les jours. C’est sa manière de dénoncer. Mathieu Quesnel est particulièrement juste dans l’atrocité de son rôle de gars de chez Vidéotron qui cruise des filles en file au MacDo. Les propos tenus par le personnage sont particulièrement dans l’air du temps, si l’on pense à ce qui se passe avec les Rozon, Salvail et Archambault de ce monde. Cela donne un sens lourd au texte et montre, à travers le contre-exemple, qu’il y a des choses qui ne se disent pas. Parfois, la parole peut être aussi terrible que le geste. Les spectateurs riaient, un léger malaise flottant dans la salle, mais il était évident qu’ils riaient jaune.

Tous les personnages se vautrent dans une certaine déchéance et un certain pathos. Ils ont un mal-être profond, dans leur naïveté d’être heureux. Savoir compter, c’est l’histoire de ces gens. C’est l’histoire de leur amour. Mais c’est aussi l’histoire de nos préjugés, à travers les leur.

 La pièce  Savoir compter est présentée au Théâtre d’Aujourd’hui jusqu’au 25 novembre.

 

Théatre
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Montréal : toute une histoire!

Best of Québec prend possession de notre blogue pour vous faire découvrir les bonnes adresses et meilleures occasions autour d’une activité montréalaise. Ce mois-ci, découvrez leurs recommandations de lieux historiques en cette année de célébrations du 375e anniversaire de Montréal.

Musée Pointe-à-Callière

Plus de 1000 ans de vie humaine montréalaise se trouvent dans ce musée riche, instructif et moderne. On peut y admirer sous terre les fondations de la ville, des expositions d’artefacts permanentes et temporaires. Bref, un incontournable pour qui s’intéresse à l’histoire.

Musée Pointe-à-Calliere

Oratoire St-Joseph du Mont-Royal

Disposant d’une des plus belles vues de Montréal depuis sa terrasse panoramique, cette magnifique basilique au dôme de cuivre est un des monuments les plus visités de Montréal par les touristes, les promeneurs, mais aussi les pèlerins.

Oratoire St-Joseph

Auberge St-Gabriel

Il est possible de trouver dans le Vieux-Montréal de petits bijoux architecturaux mettant en lumière l’histoire de la ville, comme cette superbe auberge qui a su marier la configuration, les pierres et les poutres d’autrefois avec une décoration, un restaurant et un bar des plus modernes. À découvrir.

Auberge-St-Gabriel

Marché Jean-Talon

L’existence de ce marché est moins longue que celle de Montréal, mais il en représente certainement l’un des fleurons gourmands et des symboles de sa diversité culturelle. Ouvert toute l’année, coloré, animé et regorgeant de bons produits, il fait la joie des montréalais, des chefs et des touristes.

Marché Jean-Talon

Les contes de Verdun

On évoque souvent l’histoire du Vieux-Montréal, du centre-ville et du Plateau, mais plus rarement celle de quartiers comme Verdun. Pourtant, Verdun, qui s’est développé grâce aux communautés autochtones, madelinoises et irlandaises, a un riche passé à partager. Découvrez-le à travers des soirées de contes qui auront lieu jusqu’au 30 novembre 2017, ou au moyen de l’application géolocalisée dédiée.

Les Contes de Verdun

En bonus : Fromagerie Copette + Cie

Si vous vous rendez à Verdun pour découvrir son histoire, faites un petit crochet par cette fromagerie qui met en avant les meilleurs fromages, charcuteries, pains et pâtisseries artisanaux du Québec. Une autre façon de célébrer notre patrimoine!

Fromagerie Copette

Arts Médiatiques
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Mort du rêve américain

Il est beau, le temps où l’on pouvait devenir riche et célèbre en étant sympathique. Il est surtout utopique. Bien des citoyens pensaient que l’Amérique avec un grand A allait réaliser tous leurs rêves, qu’il suffisait d’y croire pour y arriver, qu’il suffisait d’être gentil et de connaître les bonnes personnes pour voler vers la gloire.

La mort d’un commis voyageur prouve que ce n’est pas le cas. Arthur Miller brise le rêve américain et marche sur les débris. Le texte parle de lui-même. Serge Denoncourt n’avait qu’à s’entourer de bons comédiens et le succès était quasi-assuré. Heureusement, c’est quelque chose que Denoncourt fait très bien. Mettant en vedette Marc Messier dans le rôle de Willy, Éric Bruneau dans celui de Biff et Louise Turcot dans celui de la mère, le résultat final est superbe. La mise en scène est simple et laisse toute la place au jeu des acteurs et à la triste histoire de ces personnages. On amène le public de la maison au restaurant en changeant quelques détails scénographiques qui font toute la différence. La trame sonore accompagne l’émotion du texte et donne une ambiance sonore sans flafla.

Le public suit le récit de la famille Loman. Ils ont l’apparence d’une famille parfaite : la mère reste à la maison, le père est un commis-voyageur qui roule sa bosse dans plusieurs états, un fils travaille dans la vente, l’autre est destiné à la réussite. Tout devrait bien aller dans le meilleur des mondes. Et pourtant…

Arthur Miller nous apprend que vivre dans le paraître peut nous détruire à petit feu, quitte à nous rendre fou. C’est exactement ce que vivra Willy Loman pendant la pièce. Il se ment à lui-même, finit par se convaincre d’une fausse réalité et à divulguer cette nouvelle vérité à tous ceux qui l’entourent. Un genre d’Alzheimer volontaire, causé par l’impression d’avoir passé à travers sa vie sans n’avoir fait de remous, d’explosion ou d’étincelle. La peur d’avoir été comme tout le monde, la peur d’être un raté. Marc Messier portrait cela avec exception, nous faisant presque oublier tous ses rôles comiques pour lesquels le public l’affectionne autant. Éric Bruneau est au sommet de sa forme dans un rôle qui lui va comme un gant. La scène finale où il explose est particulièrement touchante et bien joué. Louise Turcot est d’une sensibilité et d’une vulnérabilité désarmante dans le rôle de la mère. Elle est fragile et forte à la fois. Mikhaïl Ahooja semble avoir trouvé son médium depuis La Divine Illusion et il donne une étoffe intéressante au personnage du fils ingrat qui fait semblant que tout va bien et qui abandonne son père pour quelques filles. Aucune fausse note du côté des autres acteurs. Vraiment une brochette de comédiens de talent, comme on en voit toujours dans les productions de Serge Denoncourt.

J’avoue que j’étais craintive de retourner au Théâtre du Rideau Vert après Molière, Shakespeare et moi présentée cet été. Pourtant, La mort d’un commis voyageur m’a touché à un point que j’en étais moi-même surprise. La pièce est à l’affiche au Rideau Vert jusqu’au 4 novembre. Les billets s’envolent rapidement, hâtez-vous!

 

Théatre
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Humanorium – L’étrange fête foraine : Montréal à l’avant-garde

Best of Québec prend possession de notre blogue pour vous faire découvrir les bonnes adresses et meilleures occasions autour d’une activité montréalaise. Ce mois-ci, découvrez leurs recommandations de lieux et d’activités originales inspirées d’Humanorium – L’étrange fête foraine présentée aux Jardins Gamelin du 5 au 15 octobre.

Musée d’art contemporain

Fier flambeau du travail de pointe qui se réalise localement comme internationalement en arts visuels, une visite s’impose pour découvrir sa collection permanente, ses expositions itinérantes et sa boutique.

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Musée des Beaux-Arts de Montréal

Plus large dans son approche, le populaire MBAM est aussi le diffuseur, voire l’incubateur de grandes expositions d’avant-garde comme celle sur le couturier Jean-Paul Gauthier ou bien celle de l’artiste en verre soufflé Chihuly. Incontournable.

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Hôtel Épik Montréal

Parfaite adéquation d’un édifice ancestral et du luxe contemporain, le superbe Hôtel Épik est un havre idéal pour les amateurs d’avant-garde bien pensée.

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Bota Bota

Un esprit sain dans un corps sain, c’est important. Et lorsque cette combinaison se réalise dans un des endroits les plus originaux et design en ville, c’est encore mieux! Découvrez ce spa flottant unique en son genre, avec une vue imprenable sur Montréal et un décor digne des meilleurs magazines d’architecture.

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Tohu

La réputation de Montréal dans les arts du cirque n’est plus à faire, et elle se cristallise dans cet édifice moderne qui accueille des expositions, des spectacles et des festivals de grand calibre et souvent très avant-gardistes. À découvrir.

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Denis Gagnon

Véritable phénomène de la mode montréalaise, le designer aux lunettes imposantes qui a déjà exposé ses créations noires et blanches au MBAM dispose d’une boutique dans le Vieux-Montréal.

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Gaïa céramique

La céramique contemporaine est très vivante à Montréal, et en voici un fief avec une boutique qui combine formations et expositions d’une vingtaine de créateurs locaux.

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Le Fantôme

Salué par la critique, ce resto dans un lieu un peu improbable propose une cuisine très imaginative et travaillée sous la houlette du chef décomplexé Jason Morris.

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Mousso

Petit-fils du peintre Jean-Paul Mousseau et fils du chanteur Michel Rivard, Antonin Mousseau-Rivard a choisi la cuisine comme art d’expression et y réalise des merveilles! Ses créations très originales sont aussi belles que mémorables. Une grande table.

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Atelier Robuchon

Loin d’être un atelier comme les autres de ce prestigieux chef, ce bijou du Casino de Montréal est une table haut-de-gamme où le talent du chef Éric Gonzales prend toute sa dimension.

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Humanorium – L’étrange fête foraine est présentée aux Jardins Gamelin du 5 au 15 octobre.

 

Variétés
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Lorsqu’un androïde a des rêves

La 46e édition du Festival du Nouveau Cinéma a été lancée le 4 octobre dernier, avec la première du nouveau film tant attendu de Denis Villeneuve : Blade Runner 2049.

La suite du maintenant célèbre film culte Blade Runner était très attendue et l’ambiance à la Place des arts était survoltée. Après les discours et remerciements des organisateurs et programmeurs du festival et de Pierre-Karl Péladeau en personne, c’était au tour de Denis Villeneuve de prendre la parole. Nous souhaitant un bon film, il a eu droit à une ovation spontanée, montrant clairement l’excitation qui régnait dans la salle.

Blade Runner est un classique de science-fiction. Il a su, à son époque et surtout suite à la sortie du director’s cut en 1992 définir le genre et le façonner selon certains critères que plusieurs autres films adopteront par la suite. L’ambiance y est glauque et teintée d’une inquiétante étrangeté. On va se le dire franchement, ce n’est pas du tout un film grand public.

Il faut absolument avoir cela en tête en allant voir Blade Runner 2049. Il faut également avoir vu le premier volet. Il est important de noter qu’il s’agit bel et bien d’une suite, et non pas d’un remake ou d’un remaniement de l’univers dystopique proposé par Ridley Scott. Il existe un lien intrinsèque entre les deux volets. Blade Runner 2049 a lieu 30 ans après le premier film. Bien que nous ayons droit à un nouveau protagoniste comme meneur d’action (Ryan Gosling), nous retrouvons aussi Deckard (Harrison Ford). C’est donc tout un défi pour Denis Villeneuve de prendre le flambeau de cette oeuvre culte de Ridley Scott. Plusieurs, lui le premier, craignaient que le film soit une piètre reproduction de ce qui a tant marqué dans le premier opus.

C’est loin d’être le cas.

Le spectateur suit l’histoire de K (Ryan Gosling), un blade runner. Ceux-ci ont pour mission de mettre hors service les réplicants Nexus, une ancienne génération de robots qui est devenue un peu trop humaine au goût des autorités. Pourtant, K est lui-même un réplicant. Au cours d’une mission qu’il croyait comme les autres, il ouvrira une boite de pandore qui aura la possibilité de changer le cours de l’histoire. Je ne vous en dis pas plus, question de ne pas gâcher le plaisir!

Denis a un style bien à lui, qu’il a su raffiné au fil du temps. Les connaisseurs remarqueront son rythme et ses traditions. La présence de la neige, par exemple, ou alors l’exploitation de l’environnement sonore. D’ailleurs, la direction artistique est à couper le souffle. La présence de plusieurs climats et environnements différents permet au film d’exploiter plusieurs esthétiques qui servent l’ambiance insolite de 2049. Ryan Gosling cambre très bien le rôle de K, au côté d’un Harrison Ford égal à lui-même. Peut-être aurait-il fallu définir plus amplement la quête de Niander Wallace, le personnage campé par Jared Leto, afin de pouvoir bien en comprendre la profondeur et les enjeux. D’ailleurs, quelques sentiers empruntés dans le film donnent l’impression qu’une suite serait possible…l’avenir nous le dira!

Les fervents admirateurs trouveront peut-être le film un peu trop  »américanisé » à leur goût, mais force est d’admettre que Denis Villeneuve a fait un travail incroyable. Sans être la copie du style de Ridley Scott, il a su garder le triste sinistre qui se dégageait du premier film tout en y ajoutant sa couleur. Il a rendu Blade Runner 2049 un peu plus grand public que le premier, certes, mais il faut également comprendre que le genre a évolué avec le temps. Je crois qu’il s’agit d’une suite logique, quoique peut-être un peu moins biblique et philosophique que le premier opus. Il est certain que la communauté Sci-Fi doit avoir bien hâte de voir ce qu’il fera avec Dune, un autre film culte du genre. Gageons qu’on ne sera pas déçu.

Galerie photo: Marie-Claude Brault

Cinéma
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Au-delà de la grenouille

James Thiérrée était de passage à Montréal avec sa Compagnie du Hanneton pour une série de huit représentations de sa dernière création La grenouille avait raison. Ce spectacle ouvrait la saison 2017-2018 de La Tohu. Et quel spectacle!

Je ne sais pas exactement comment le qualifier cependant! Était-ce du cirque? Du théâtre? Du mime? Du burlesque? Probablement un peu de tout cela.

L’interprétation de ce spectacle peut partir dans tous les sens, dépendant de la personne qui l’a vu. Nous étions plongés dans un univers tout nouveau, tout ce qu’il y a de plus fantasmagorique. Loin d’un spectacle linéaire, La grenouille avait raison est un voyage à la Jules Verne, mené par un James Thiérrée au sommet de son art. D’un charisme incroyable, il guide le public à travers cette histoire sans courbe narrative précise.

Les artistes évoluaient au sein d’un décor magnifique ; un grand rideau rouge s’abaisse pour laisser place à un décor onirique. Un escalier en colimaçon se matérialise devant le public côté jardin. Un bassin d’eau se trouve côté cour de la scène. Puis, un magnifique piano, qui semble avoir sa conscience propre, se promène un peu partout sur l’espace de jeu. La pièce de résistance était la structure centrale (un nénuphar peut-être?) de métal, illuminée, qui bougeait à son aise au rythme des péripéties et la musique. D’ailleurs, celle-ci était hypnotisante, ponctuée de la voix suave et enveloppante d’Ofelie Crispin.

C’était pur et beau, quelque chose que nous n’avons pas beaucoup l’occasion de voir sur scène. Dans les teintes de gris et d’or terni, presque bronze, il y avait un petit quelque chose d’apaisant dans ce spectacle. La compréhension d’une courbe linéaire était mise de côté pour laisser toute la place à l’imaginaire et aux interprètes. Que ce soit James Thiérrée lui-même, les danseuses Sonya et ThiMai Nguyen ou les acolytes Samuel Dutertre et Hervé Lassince, le talent était eu rendez-vous. Leur personnage, abordant chacun une gestuelle singulière, était bien maîtrisé et interprété.

Thiérrée est souvent comparé à son célèbre grand-père, Charlie Chaplin, ou même à ses parents, Jean-Baptiste Thierrée et Victoria Chaplin, qui ont révolutionné le monde du cirque avec le Cirque invisible, mais il n’est pas précoce de dire qu’il réussit, à travers les années, à laisser sa propre marque dans le monde du spectacle.

Ai-je tout compris de cette représentation chimérique? Probablement pas, mais n’est-ce pas ce qui est magique? De pouvoir créer un monde à partir de celui qui nous est proposé? Puis, est-ce que la grenouille avait raison? Honnêtement, je n’en sais rien.

La Grenouille avait raison est présentée à la Tohu jusqu’au 7 octobre.

Cirque
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5 étapes gourmandes montréalaises lors du Festival du nouveau cinéma

Best of Québec prend possession de notre blogue pour vous faire découvrir les bonnes adresses et meilleures occasions autour d’un festival montréalais.

Ce mois-ci, découvrez leurs recommandations pour profiter du Festival du nouveau cinéma. Pourquoi ne pas profiter de ce festival pour embrasser ce qui fait l’unicité de Montréal? Voici cinq adresses célébrant notre métropole dans ce qu’elle a de plus gourmand.

La banquise

Lorsqu’on pense au Québec, une spécialité nous vient tout de suite en tête : la poutine! Et l’un des temples de ce plat roboratif mais ô combien gourmand n’est autre que La banquise. Depuis 1968, cette institution de la rue Rachel Est décline ce plat emblématique à une trentaine de saveurs inspirées du monde entier, comme la Mexicaine aux piments forts, la Reggae au guacamole, la Santorini au fromage féta et au tzatziki… et même une version totalement végane qui se tient. À découvrir!

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Schwartz’s Deli

Autre arrêt incontournable à Montréal, Schwartz est le parfait exemple du succès que peut avoir la rencontre de cultures différentes. Tout premier delicatessen au Canada fondé en 1928, ce resto est le concepteur de la célèbre viande fumée mise au point par un immigrant juif d’origine roumaine, viande à présent connue dans le monde entier. On peut la déguster sur place sous plusieurs formes, mais pour les puristes, rien ne vaut celle du sandwich de pain de seigle.

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Binerie Mont-Royal

Fondée en 1938 par Monsieur Joachim Lussier, voici une autre institution réputée pour ses bines (fèves au lard), mais qui sert aussi en toute simplicité d’autres spécialités de la Belle province comme la tourtière, la soupe aux pois, le pâté chinois et le pouding chômeur. Le tout arrosé comme il se doit de bière d’épinette.

Binerie Mont-Royal - Philippe Brunet

Binerie Mont-Royal – Anne Moy

Juliette et chocolat

Montréal ne dispose peut-être pas de la réputation de la Belgique et de la Suisse en matière de chocolat, mais elle compte dans ses rangs d’excellents chocolatiers (dont Christophe Morel, champion du monde dans cette discipline) qui ont à cœur la qualité et l’originalité de leurs produits. C’est vraiment le cas de Juliette, la pétillante créatrice d’une chaîne de bars à chocolat populaire dès son lancement en 2003. Son secret? Un menu mariant les versions connues du chocolat (crêpes, chocolats chauds, gâteaux) et d’autres plus nichées (shooters de grands crus de chocolat, tablettes de dégustation) ou ludiques (les produits saisonniers sont à craquer). Vous ne résisterez pas.

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Manitoba

Toutes les cultures culinaires se rencontrent et se mêlent à Montréal, une grande richesse qui fait d’elle une vraie capitale gastronomique. Parallèlement, la redécouverte des produits locaux et des trésors dont recèle le terroir québécois constitue sans doute la plus grande tendance gourmande à suivre. Plusieurs chefs ont suivi cet élan et réalisent des créations saluées par les mangeurs les plus exigeants, comme celles de Simon Mathys au restaurant Manitoba, spécialisé en cuisine boréale dans ce qu’elle a de plus unique et sauvage.

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Le Festival du nouveau cinéma a lieu du 4 au 15 octobre.

Cinéma