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Festival Présence autochtone

À chaque année, lorsque le début du mois d’août arrive et que le maïs est un délice, je découvre, sur la Place des Festivals, tout un éventail de cultures, de saveurs et d’artisanats en provenance des Premières Nations du Canada et des Amériques. C’est pendant le Festival Présence autochtone qu’on peut découvrir, entre autres, des œuvres cinématographiques qui abordent les réalités, l’imaginaire et les mythes des peuples habitant des territoires autochtones parfois « non cédés », comme c’est le cas de Tiohtià:ke (Montréal en langue Mohawk), lieu de rassemblement et de commerce. À chaque année, c’est une occasion unique pour moi de faire le point sur les tendances et les réalités des communautés qui y sont conviées et d’être témoin de leurs prestations artistiques. Il y a tant à découvrir devant le grand tipi, la tortue, les caribous et les sapins baumiers qui modifient si agréablement cette place montréalaise rebaptisée Place du Makushan l’année dernière, selon un acte de Toponymie sauvage, qui signifie « place de la fête ». Le moment fort de cette année a été Ioskeha et Tawiscara : le grand Jeu de la création, théâtre épique inspiré de la cosmogonie traditionnelle avec des marionnettes géantes, danseurs et musique des Buffalo Hat Singers et du DJ Ziibiwan.

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Pour la septième édition, le défilé de l’amitié Nuestroamericana démontre que Montréal est la ville par excellence où se rassemblent et se côtoient des gens venant de tous les horizons et qui montre avec fierté les coutumes issues de leurs identités singulières.

Le mardi 8 août à Concordia, François Girard va nous parler du film emblématique du 375e anniversaire de Montréal : Hochelaga, terre des Âmes en présence de collaborateurs autochtones. C’est une rencontre que je ne manquerai pas et qui est dans l’esprit de ce festival! Les films au programme sont des fenêtres ouvertes sur le monde et en plus, certaines séances sont gratuites. J’ai hâte de découvrir le documentaire Rumble, the Indians who rocked the World le mercredi 9 août au Cinéma du Parc – un des films qu’il faut voir. Pour clore les festivités, rendez-vous à 23 h au Catalyseur d’imaginaires urbains le mercredi 9 août.

Article rédigé par Jacques Galois

Variétés
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Dévoilement de la programmation : Festival Fantasia

La semaine dernière avait lieu le lancement de la programmation de la 21e édition du Festival international de films Fantasia. Cette année, c’est plus de 150 longs-métrages et 300 courts-métrages qui sont projetés entre le 13 juillet et le 2 août. Comme d’habitude, il y en aura pour tous les goûts et les genres.

Pour ceux qui ne connaissent pas ce festival de films, Fantasia est le rendez-vous annuel des amateurs de films de genre : action, horreur, thriller, fantastique, science-fiction et bien plus. Le festival fait aussi la part belle au cinéma asiatique cette année avec notamment des films du Japon, de la Chine, de la Corée du Sud, mais aussi de la Thaïlande et du Cambodge. On peut aussi y retrouver des films provenant d’autres coins du globe comme la Hongrie, la Colombie et l’Ouganda. C’est l’occasion idéale pour voir un cinéma différent! La majorité des projections se font dans cinq emplacements près de l’université Concordia ainsi qu’à la Cinémathèque québécoise et au Musée McCord.

Ce qui rend ce festival si particulier, c’est clairement l’ambiance lors des projections. En effet, le public réagit avec énergie : rire, cris, blagues, etc. Cependant, n’y voyez pas là un manque de respect aux films, c’est au contraire une façon de montrer que les films touchent le public. En fait, une salle silencieuse à Fantasia est presqu’un mauvais signe… Et, en plus, ça donne l’impression d’être dans son salon avec ses amis!

Et maintenant, la question qui tue : quels films aller voir? Vous avez certes l’embarras du choix, mais voici quelques titres recommandés par l’équipe du festival : En ouverture, The Villainess de Jung Byung-gil pour les fans de films d’action survoltés. Jojo’s Bizarre Adventure: Diamond Is Unbreakable du célèbre Takashi Miike pour les amateurs de mangas. Le cinéma québécois est aussi à l’honneur avec des nouveautés comme Le problème d’infiltration de Robert Morin ou des classiques comme une version restaurée de Karmina de Gabriel Pelletier qui est en projection gratuite, en plus! Pour les fans de courts-métrages, les Fantastiques week-ends du cinéma québécois auront lieux, pour la première année, toutes les fins de semaine du festival. Et pour ceux qui aimeraient y aller en famille, le festival a prévu une série de projections pour les enfants : Mon premier Fantasia. Finalement, le festival sera clôturé par le drame historique A Taxi Driver de Jang Hoon qui relate les évènements tragiques entourant la loi martiale du dictateur Chun Doo-hwan qui a marqué le début des années 1980 en Corée du Sud.

Tout ceci n’est qu’un bref aperçu de la programmation que je vous invite à aller parcourir dès maintenant ici. Certaines projections voient leurs billets s’envoler très rapidement! Dépêchez-vous à acheter vos billets!

Cinéma
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BGL de fantaisie par Benjamin Hogue

BGL ça commence par trois jeunes artistes qui se rencontrent à l’université Laval en 1996. Le genre de rencontre qui change une vie… ou plutôt qui sera responsable de la tracer, cette vie, du moins pour les prochaines décennies!

Le B c’est pour Jasmin Bilodeau, le G pour Sébastien Giguère, et le L pour Nicolas Laverdière…un trio de poètes bricoleurs aux coeurs immuablement jeunes, qui, depuis 20 ans maintenant, continu de manœuvrer leur art sans jamais perdre le vent dans les voiles, bien au contraire!

Avec leur imaginaire fertile et loufoque, le collectif de joyeux lurons n’a pas cessé de nous subjuguer que ce soit leurs cabines téléphoniques en bois intitulés Rejoindre quelqu’un installées dans le décor champêtre de St-Jean Port-Joli en 1999, ou leur fameuse installation au MAC  À l’abri des arbres  au message environnemental frappant, ou encore leur carrousel de paniers d’épiceries installé à Sudbury…BGL émerveille, et saisit aussi. S’ils n’éveillent pas la magie ou l’enfant en nous, ils incitent à une réflexion sociale ou humanitaire.

En 2015, Benjamin Hogue, producteur et réalisateur de documentaires (Lemoyne, Le chômeur de la mort, Godin) se trouve à passer la nuit dans l’atelier de BGL. Il observe cet espace reflétant l’esprit burlesque du trio d’artistes et devient rapidement fasciné par leur génie et leur excentricité. L’envie de les épier se fait sentir et il parvient à les convaincre de, non seulement lui laisser une petite place dans leur bulle, mais de tourner les projecteurs vers eux pour la première fois, ce qui semble être un exploit en soi. Les trois partagent la même nature discrète et peut-être même un peu sauvage, du moins face à la célébrité.

On se sent donc privilégié d’entrer dans leur univers et de découvrir leur processus de création bien unique, surtout que le « timing » était parfait : Hogue a démarré la production de son film au moment où le groupe se voyait offrir les trois plus gros projets de leur carrière (Canadassimo pour la Biennale de Venise, le Pool Lane pour le centre sportif Pan-Am de Toronto, et La vélocité des lieux pour le carrefour Henri-Bourrassa-Pie IX à Montréal).

Le réalisateur a rempli son mandat d’être invisible pour enrichir son film de moments extrêmement intéressants, comme de les voir réfléchir sur les aspects techniques des installations ou alors de les retrouver délirants en fin de soirée au moment où les yeux chauffent d’épuisement, mais que les coups de pinceau persistent au rythme des divagations qui se disent, ou se chantent.

On aime découvrir la naissance du trio d’art contemporain par l’entremise d’archives insérées au fabuleux montage du film, et ensuite comprendre le fil conducteur entre chacune de leurs œuvres : cette préoccupation pour ce qui est menacé, ce qui disparaît, la dénaturation des choses et le passage du temps.

BGL de Fantaisie est présenté jusqu’au 1er juin à la Cinémathèque québécoise et au Cinéma du Parc.

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Le Festival du Film sur l’art, à la rencontre de figures incontournables.

Le Festival du Film sur l’art entamait le 23 mars dernier sa 35e édition! Le festival a présenté une très belle sélection de projections classées en diverses catégories : Grand panorama, compétition, expérimental et nouvelles écritures. Mon choix s’est arrêté sur la projection double : Buster Keaton, un génie brisé par Hollywood et Pedro Almodóvar, tout sur ses femmes à la salle Jean-Claude Lauzon de l’UQÀM. Le contraste offert par le mélange de ces deux artistes de générations totalement différentes m’intéressait.

La vie brisée de Buster Keaton

D’abord, le film documentaire de Jean-Baptiste Péretié, retrace plusieurs moments phares de la vie de Keaton en utilisant intelligemment (et presque uniquement) les images d’archives de ses nombreux films. La narration de Péretié se mêle ainsi à une fiction cinématographique, qui donne l’impression que Keaton nous raconte lui-même son histoire à travers ses œuvres.

Le film présente donc les grandes périodes de créations de la figure comique la plus mythique du cinéma muet, qui a soudainement disparu, selon certains, avec l’arrivée du cinéma parlant. Pourtant, la réalité est tout autre; connu principalement pour son sens comique et ses impressionnantes cascades (qu’il réalise toujours lui-même) le documentaire de Péretié permet de découvrir aussi, le talent créatif de Keaton. Fasciné par le cinéma et perfectionniste, Keaton réalise et produit entièrement tous ses films pendant une grande partie de son succès hollywoodien. Avec sa propre maison de production, il jouit d’une liberté créatrice et financière hors du commun. Malheureusement, c’est au sommet de la gloire que le « génie brisé par Hollywood » perd sa liberté de création lorsqu’il réalise « la pire erreur de sa vie » en signant un contrat avec les studios de la Métro Goldwyn-Mayer (MGM). Malheureusement, sa signature avec le studio marque lentement sa fin artistique; la structure, trop grande et trop forte a fini par le forcer à entrer dans un moule qui tua à petit feu, l’homme et l’artiste.

Ainsi, durant cinquante-trois minutes le documentaire de Jean-Baptiste Péretié retrace et présente le génie de cet artiste hors du commun, mais souligne sa douloureuse défaite face au géant de l’industrie. Outre ce destin malheureux peu connu du public, il est impossible d’être insensible devant les innombrables images de Keaton. Encore aujourd’hui les films de Buster Keaton, nous donnent les frissons, les rires qui devaient remplir les salles de cinéma autrefois.

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L’envers féminin de Pedro Almodóvar

Ce film de Sergio Mondelo présente la place importante qu’occupent les femmes dans le cinéma de Pedro Almodóvar. Mondelo y montre l’évolution de la figure féminine tant dans les oeuvres que dans la vie du réalisateur, retraçant ainsi les courts métrages de sa jeunesse jusqu’à son approche plus « réservée » de la psychologie féminine qui révèlera finalement ce qu’il appelle son « cinéma de femme ».

Almodóvar est décrit par ses actrices comme un homme passionné doté d’une grande sensibilité. Fait intéressant, le réalisateur a grandi entouré de femmes. Le jeune garçon grandit dans un petit village Catalan où les hommes sont souvent absents et où, selon Almodóvar, les femmes contrôlent tout. Francisca, sa mère, est définitivement son influence féminine la plus forte. Femme de caractère, éduquée et généreuse, « la reine du village » partage son savoir avec les voisines. Très proche de sa mère, Pedro grandit en observant les interactions qu’elle entretient avec les autres femmes du village. Cette récurrence de la figure féminine dans son enfance n’est pas anodine, pour lui, les femmes ont un ressort dramatique plus intéressant que les hommes et c’est de cette sensibilité féminine qu’il est le plus proche. À cette figure de mère, de voisine ou de confidente, s’ajoute, selon Mondelo, une fascination pour les icônes hollywoodiennes telles que, Sara Montiel, Eva Garner et Elizabeth Taylor.  Encore enfant, il possède une photographie d’Eva Garner et souhaite lui ressembler plus tard.

Dans ses films, on retrouve un mélange de parure et de drame, Pedro Almodóvar met en scène des psychologies féminines, des femmes blessées, malheureuses, vulnérables. Famille constituée par des femmes au physique atypique, des « gueules », une particularité qui les distingue toujours. Les « chicas Almodóvar » s’approprient leurs propres féminités, sont transsexuelles, imparfaites, intenses, passionnées et sexuelles. Elles participent à détruire cette image de la femme calme et lisse, au profit d’une beauté imparfaite, mais réelle.

Dans son documentaire, Mondelo nous permet de mieux comprendre l’importance qu’occupent les femmes dans la vie du réalisateur en plus de nous présenter divers témoignages de ces nombreuses collaboratrices avec qui il entretient des liens très forts et quelques anecdotes cocasses.  Que vous soyez déjà un fervent admirateur ou non, le film de Sergio Mondelo permet de plonger et de redécouvrir le cinéma tout en féminitude de Pedro Almodóvar.

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Les belles histoires des Rendez-vous du cinéma québécois

Les Rendez-vous du cinéma québécois (RVCQ) célèbrent chaque année le cinéma d’ici : en court métrage, en long métrage, en fiction tout comme en documentaire. Cette année, le festival a présenté en film d’ouverture Ça sent la coupe! de Patrice Sauvé. Pourtant, ce choix est loin de refléter l’ensemble des films qui se perdent dans l’immensité de cette programmation de plus de 340 films.

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Il y a d’abord les courts métrages. Ces séances sont parmi mes préférées, car on y voit de 3 à 6 films et on y vit donc une gamme d’émotions assez variées. Sélectionné aux Oscars pour le prix du Meilleur court métrage d’animation, le film Vaysha l’aveugle de Théodore Ushev est un bon exemple de court métrage particulièrement agréable. C’est dans cette même séance que j’ai pu découvrir le film Seule de Mélanie Charbonneau ainsi que Sigismond sans images d’Albéric Aurtenèche, tous les deux très comiques et toutefois très critique de notre ère numérique.

Il y a ensuite les documentaires, ces films qui nous font découvrir la vie extraordinaire de gens ordinaires (ou pas). J’ai été charmée par Histoire Hippie de Jean-André Fourestié dans lequel l’on découvre Martin, «jeune» septuagénaire aux idéaux hippies. On rencontre aussi ses deux filles, l’une qui a élevé elle-même ses deux enfants, l’autre gravement malade. Elles ont fait leur vie aux États-Unis tandis que le père est à Montréal. Martin vit dans le Mile-End depuis 40 ans, flânant de coloc en coloc, toujours à la recherche d’un esprit de communauté, de partage et d’échange. Présent lors de la projection, Martin n’a pourtant rien d’un homme très exubérant. Il m’a même semblé plutôt timide en comparaison à l’image qu’il projetait dans le film, ce qui démontre la confiance qui s’était établi entre la caméra du réalisateur et le personnage principal.

Dans la même lignée, le film documentaire À peau d’homme de Marie-Ève Nadeau dévoile l’admirable vie de Jean, un vendeur de fourrures qui arpente les routes du Québec en s’arrêtant dans les communautés autochtones. Vieillissant, Jean persiste à vouloir travailler. Entouré de ses proches et de sa famille, le film dresse le portrait de cet homme courageux au métier peu commun alors qu’il fait face à la vieillesse. À mes yeux, il s’agit surtout d’une belle réflexion sur la mémoire et sur les traditions.

La 35e édition des RVCQ se poursuit jusqu’au 4 mars. Pour découvrir l’ensemble de la programmation, c’est ici.

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Soirée d’ouverture du Festival Cinémania

Avec plus de 70 productions à son actif et couronnée de 6 césars, la sublime actrice Nicole Garcia est l’invitée d’honneur à la 22e  édition du Festival de films francophones Cinémania. Elle ouvre le festival avec son 8e film à titre de réalisatrice, Mal de pierres, mettant en vedette Marion Cotillard, en nous livrant une performance absolument saisissante.

Mal de pierres nous transporte dans une Provence des années ’50, là où vit Gabrielle, émouvante jeune rêveuse, avide d’amour passionnel. La croyant folle, sa famille s’en libère en la mariant promptement au timide ouvrier espagnol, José, de qui elle n’est pas amoureuse. Ils iront vivre à Lyon pour fonder une famille, mais le feu intérieur de la protagoniste se réveillera de nouveau, cette fois en l’amenant à vivre une histoire d’amour charnelle et déchirante avec un lieutenant revenu blessé de la guerre d’Indochine. Elle y trouvera ce qu’elle appelle : « la chose principale » et s’y accrochera, éplorée, mais déterminée. Ce n’est que des années plus tard que le mirage du désir sera démasqué.

Mal de pierres maintenant à l’affiche dans plusieurs cinémas à Montréal. Le Festival de films francophones Cinémania quant à lui se poursuit au Cinéma Impérial jusqu’au 13 novembre. Découvrez la programmation sur notre site !

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RIDM 2016: 128 regards sur le monde

Du 10 au 20 novembre, la 19e édition des Rencontres internationales du documentaire à Montréal (RIDM) présente un véritable portrait du monde contemporain en 128 films d’ici et d’ailleurs. Avec près de 35 pays invités et 13 premières mondiales, la programmation 2016 déborde d’enjeux et de perspectives cruellement actuels.

Des guerres de frontières
Gagnant de l’Ours d’or 2016 au festival de Berlin, Fuocoammare par-delà Lampedusa ouvre les RIDM le jeudi 10 novembre. Alors que le nombre de migrants qui risquent leur vie pour atteindre l’Europe ne cesse d’augmenter, ce film de Gianfranco Rosi est une immersion singulière dans le quotidien de l’ile italienne, célèbre port d’arrivée de nombreux réfugiés. Un journaliste au Front de Santiago Bertolino, connu pour Carré rouge sur fond noir, clôturera le festival. Accompagnant Jesse Rosenfeld, pigiste spécialisé dans la couverture de zones de conflit, Bertolino offre un portrait du journalisme de guerre à l’ère des communications avancées.

La crise des migrants et le durcissement des frontières, thèmes importants de cette édition, s’imposent certainement comme les enjeux de notre époque. The Great Wall (Tadhg O’Sullivan) illustre, par des plans visuellement spectaculaires, les mesures de sécurité utilisées en Europe à la suite de la crise migratoire; Havarie (Philip Scheffner) filme avec une inquiétante étrangeté une embarcation de migrants à la dérive; Ta’ang (Wang Bing) offre un portrait attentif du peuple Ta’ang, une minorité ethnique qui fuit une guerre peu médiatisée à la frontière de la Chine et de la Birmanie.

The Great Wall

The Great Wall


Mixed Feeling, du réalisateur de Five Broken Cameras, Guy Davidi, et Entre les Frontières de Chen Alon semblent en parfait dialogue. Alors que le premier illustre le travail d’Amir Orian, acteur réputé, qui cherche à confronter par le théâtre la jeunesse israélienne sur le conflit israélo-palestinien, le second se glisse dans l’univers de réfugiés soudanais et érythréens prisonniers à Holot depuis des années, qui racontent leurs histoires à l’aide d’un atelier de théâtre, inspiré du Théâtre de l’opprimé de Augusto Boal.

Quand la fiction rencontre le documentaire

La nouvelle catégorie Hors limite propose des documentaires qui brouillent les frontières entre la réalité et la fiction. À la manière d’Elephant de Gus Van Sant, Dark Night (Tim Sutton) s’immisce dans la banalité quotidienne et morbide d’une banlieue américaine, hantée par le massacre commis dans un cinéma du Colorado en 2012 ; All these sleepless night (Michal Marczak) oscille entre des captations sur le vif et des situations actées, déambulant dans l’univers atemporel des soirées technos de la jeunesse de Varsovie ; El futuro perfecto enchevêtre vie réelle et vie fantasmée, à travers l’apprentissage d’une langue d’une jeune femme d’origine chinoise, ayant récemment immigré en Argentine.

All these sleepless nights

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Les femmes dans le monde : Une quête de liberté

Des récits intimes, extravagants et touchants livrent le quotidien de femmes fortes dans le monde. Manuel de libération d’Alexander Kuznetsov filme le combat de Yulia et Katia,  internées arbitrairement à leur majorité dans un hôpital psychiatrique. Cette soif d’émancipation apparait également dans le récit rocambolesque de Madame B, histoire d’une Nord-Coréenne de Jero Yun. Madame B s’est évadée de la Corée du Nord, a été vendue à un homme par ses passeurs, et tente depuis de s’occuper de ses deux familles, en trafiquant de la drogue aux frontières. Gulîstan, terre de roses, de la Québécoise d’origine turque Zaynê Akyol, documente la vie des combattantes kurdes contre le groupe armé État islamique. Ces femmes révolutionnaires nous plongent dans leurs réflexions, leurs rêves et leurs idéaux de liberté.

Madame B

Madame B

Une parole autochtone

Parmi une sélection d’une quarantaine de films québécois et canadiens, on retrouve des documentaires autochtones aux revendications culturelles et identitaires fortes. Angry Inuk (Alethea Arnaquq-Baril) suit un combat mené par plusieurs Inuits contre les interdictions de chasse aux phoques intentés par des groupes de défense des animaux richement financés;  INAATE/SE/ [it shines a certain way. to a certain place./it flies. falls./] réinvente le récit historique occidental, en créant de manière expérimentale une résonnance avec l’ancienne prophétie ojibwée des sept feux, prémonition de la rencontre avec l’homme blanc.

Angry Inuk

Angry Inuk

Organisée par La Riposte des cinéastes autochtone, une discussion gratuite avec les réalisateurs Adam Khali, Alanis Obomsawin, Alethea Arnaquq-Baril, Audra Simpson, Isabella Weetaluktuk et Zachary Khalil sur la représentation du récit autochtone au cinéma et le renversement des canons traditionnels aura lieu le 12 novembre.

Cette riche programmation prouve la force des RIDM à proposer des documentaires toujours aussi ancrés dans l’air du temps. Beaucoup d’autres activités sont à découvrir durant ces 11 jours de festival. Pour plus d’informations et pour l’achat des billets, consultez le site web de La Vitrine.

 

Cinéma
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Quoi voir au Festival du Nouveau Cinéma

Dans quelques jours débutera la 45e édition du Festival du nouveau cinéma à Montréal. Depuis 1971, le FNC a comme mission de célébrer le 7e art en le mettant de l’avant sous toutes ses formes et en servant de tremplin pour certaines œuvres inédites. Avec une programmation de plus de 300 titres internationaux; longs métrages, courts métrages, documentaires, installations multimédias, conférences et autres évènements, présentés dans 11 lieux différents de la métropole, il y aura de quoi être divertie.

Le film de Kim Nguyen, Two Lovers And A Bear, ouvrira le festival le 5 octobre au Théâtre Maisonneuve, sous invitations seulement. Présenté à la Quinzaine des réalisateurs au Festival de Cannes cette année, le nouveau film du réalisateur de Rebelle est grandement attendu. À noter que le film prendra l’affiche deux jours plus tard à Montréal.

En primeur cette année, la SAT (Société des arts technologiques), explorant le futur du cinéma en collaboration avec le FNC depuis 2007, nous présentera FNC eXPLore. Cette nouvelle section entièrement gratuite du festival, nous offre la possibilité de vivre l’expérience de la réalité virtuelle et d’assister à des conférences sur le sujet. À travers une série d’oeuvres innovantes, nous pourrons plonger dans l’imaginaire d’un de ces créateurs du futur et de s’envoler dans un monde initiatique sensoriel.

À mettre à l’agenda dans cette catégorie:

  • Late Shift de Tobias Weber, premier film cinématique interactif au monde.
  • Be Boy, Be Girl de Frederik Duerinck & Marleine van der Werf, une expérience multisensorielle.
Be Boy Be Girl

Be Boy, Be Girl

Dans la catégorie « compétition internationale », courtes et longues histoires ardentes venant des 4 coins du monde et tous en lice pour les Oscars, je vous propose la sélection suivante :

Maudite Poutine

Maudite Poutine

Pour ce qui est des films venant du Québec et du Canada, voici ceux qui sont marqués à mon calendrier :

  • Mean Dreams de Nathan Morlando, v.o.Anglaise
  • Stealing Alice de Marc Séguin, v.o. Française
  • WereWolf de Ashley Mckenzie, v.o. Anglaise
  • Tout simplement de Raphaël Ouellet, v.o. Française, s.t. Anglais
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Mean Dreams

Dans la catégorie des oeuvres « mordantes » de réalisateurs « rebelles », voici la liste de ceux qui ont attiré mon attention :

  • Alipato : The Very Brief Life Of An Ember de Khavn De La Cruz, v.o. phillipino, s.t. Anglais
  • Antiporno de Sion Sono, v.o. Japonaise, s.t. Anglais
  • The End de Guillaume Nicloux, v.o. Française, s.t. Anglais

Ensuite, il faudra voir le documentaire Le peuple interdit d’Alexandre Chartand qui traite du mouvement indépendantiste en Catalogne. Et puis, A quiet Passion, le film biographique de la poète Emily Dickinson réalisé par Terence Davies. Les Colons de Shimon Dotan, film présenté dans plusieurs festivals cette année. Pour en savoir plus sur l’histoire de cette communauté controversée que sont les colons israéliens.

Le Peuple Interdit

Le Peuple Interdit

Dans les « Incontournables ! » à voir, American Honey de la réalisatrice Andrea Arnold mettant en vedette Shia Leboeuf. Pour les cinéphiles endurcis, il y aura le tout récent film de Wim Wenders, Les beaux jours d’Aranjuez, l’adaptation d’une pièce de théâtre. Pour ceux qui auront envie d’une comédie romantique, je propose le film Français-Islandais; L’effet aquatique de Solveig Anspach. Et parce que je suis une amoureuse des images, je suggère d’aller voir The Land of the enlightened de pieter-jan de pue, qui a remporté le prix de la meilleure photo au festival Sundance cette année. ET bien sûr son Making-Of, The Last Omelette, qu’il faudra voir ne serait-ce que pour apprécier d’autant plus le film qui aura pris 7 ans à tourner, et ce dans les conditions extrêmement précaires et dangereuses que sont celles de tourner un film en zone de guerre.

Et pour clôturer notre aventure cinématographique, le festival présentera Maliglutit de Zacharias Kunuk qui fait un retour au FNC après 15 ans. On se rappelle qu’il aura remporté la caméra d’or au Festival de Cannes pour son film Atanarjuat, la légende de l’homme rapide en 2001.

Bon festival à tous!

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Saviez-vous que…

Montréal en Histoires est fier de vous partager des petits trésors d’archive. Découvrez chaque semaine sur le blogue de La Vitrine des événements et personnages qui ont fait l’histoire de Montréal.

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Saviez-vous que le Ouimetoscope a été le premier cinéma permanent de la ville?

Le Ouimetoscope ouvre ses portes le 1er janvier 1906 à Montréal, au coin des rues Sainte-Catherine et Montcalm. Il s’agit du premier cinéma permanent à Montréal et même au Canada. Il est fondé par Léo-Ernest Ouimet (1877-1972), éclairagiste et électricien. On y présente des « vues animées », c’est-à-dire de petits films muets qui impressionnent beaucoup le public. En 1907, Ouimet ouvre une deuxième salle de cinéma qui deviendra la plus luxueuse en Amérique avec 1200 places. Dès 1906, il présentera ses propres films d’actualités. Dans les années 1970 et 1980, le Ouimetoscope est une salle de cinéma de répertoire fréquentée par les cinéphiles.

Crédit: Archives de la ville de Montréal

 

 

Cinéma
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Les incontournables du FIFA

La 34e édition du Festival International des Films sur l’Art (FIFA) bat son plein jusqu’au 20 mars prochain et offre aux festivaliers cette année 170 documentaires et œuvres en arts médiatiques de 25 pays. Sa programmation riche et variée englobe tous les arts, en passant par divers styles et époques, en plus d’être agrémentée d’événements spéciaux tout au long du festival. Unique en Amérique et reconnu comme la manifestation la plus importante du genre au monde, le FIFA est devenu une activité attendue et incontournable à Montréal. Profitez-en pour faire de belles découvertes!

Notre parcours d’événements à ne pas manquer durant le festival

Cette 34e édition du festival sera aussi l’occasion d’une première nord-américaine pour plusieurs œuvres. À ne pas manquer samedi, deux séances portant sur la mode présenteront des films sur Schiaparelli et Alexander McQueen ainsi que sur Hubert de Givenchy et Yves Saint Laurent, respectivement à la Cinquième salle de la Place des Arts et au Musée McCord. En première mondiale, voyez aussi Frank Sinatra ou l’âge d’or de l’Amérique de Michel Viotte, portrait du légendaire crooner, à l’occasion du centenaire de sa naissance. Première mondiale également pour Le grand rêve du Petit Champlain d’Isabelle de Blois, vendredi au CCA, racontant l’aventure de la rénovation exemplaire du quartier Petit-Champlain dans le Vieux-Québec.

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Frank Sinatra

À la Grande Bibliothèque samedi, le réalisateur Philippe Kohly nous présentera des films portant sur deux icônes de la culture française, soit le ténébreux Alain Delon dans Alain Delon cet inconnu et le rebel Marlon Brando dans Marlon Brando, un acteur nommé désir (également en première nord-américaine).

Alain Delon

Alain Delon

Fanatique de cinéma? C’est à la Grande Bibliothèque que ça se passe! Ne manquez pas la séance du vendredi qui présentera Il était une fois… Lost in Translation (qui raconte la genèse du deuxième film de Sofia Coppola) et Truffaut / Godard : scénario d’une rupture. Ce samedi, également à la Grande Bibliothèque, les films La censure à Hollywood ainsi que Los Angeles : cité du film noir  de Clara et Julia Kuperberg.

Lost in translation

Lost in translation

Pour les amateurs de musique classique, ne manquez pas dimanche dès 14h à la Cinquième salle de la Place des Arts The Orchestra. Claudio Abbado and the musicians of the Mozart Orchestra ainsi que la première nord-américaine de Le combat des chefs – Karajan/Bernstein d’Emmanuelle Franc, présentant les destins parallèles de deux titans qui ont dominés la musique classique du XXe siècle.

Claudio Abbado

Claudio Abbado

Une occasion de donner un bon coup de pouce au FIFA !

Cette 34e édition du Festival donne également le coup d’envoi de la première campagne de sociofinancement du FIFA, L’art n’est rien sans ses histoires. Dans le cadre de cette campagne, le FIFA lance un appel aux festivaliers et à tous ceux qui ont à cœur que vive le FIFA et que continue, à Montréal, de se développer et de rayonner le Festival International du Film sur l’Art. Cette campagne est accessible à partir du site www.sauvonslefifa.ca.

Les billets pour la 34e édition du Festival sont en vente en ligne à artfifa.com, ainsi que dans divers points de vente. Pour plus de détails sur la billetterie, consultez le site Internet du FIFA et suivez les médias sociaux du festival (Facebook, Twitter, Instagram) pour être tenus au courant des dernières nouvelles. Bon festival !

Rédigé par l’équipe du Festival International du Film sur l’Art

 

 

Cinéma
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Les Rendez-vous du cinéma québécois du New Wave montréalais à l’amour copenhaguois

Dans mon dernier article, je parlais de la belle programmation des Rendez-vous du cinéma québécois (RVCQ). Maintenant que le festival est bien entamé, je me suis précipitée en salle juste pour vous (oui oui), pour aller voir mes petits favoris. J’ai dû faire le choix difficile de trois films et qui, selon moi, représente bien l’originalité et le talent de notre cinéma!

Montréal New Wave d’Érik Cimon

Après MTL Punk (2011), Érik Cimon explore la scène musicale montréalaise dans la vague New Wave des années 80. Entre American Apparel, X factor, Men without Hats, les Boys du Sévère, on découvre une culture underground sans pareil. Un documentaire de cette durée peut parfois faire perdre l’intérêt du spectateur, mais, croyez-moi, il n’y a pas d’ennui possible! Si vous aimez l’art sous toutes ses formes, la culture underground et l’excentricité, Montréal New Wave aborde tout cela à la fois. Impossible ne pas avoir envie d’écouter du B 52’s ou bien Rational Youth en sortant de la projection. Un documentaire qui montre le rôle important de Montréal comme précurseur d’une vague New Wave qui a touché la scène musicale internationale.

Le cœur de Madame Sabali de Ryan McKenna

Le réalisateur franco-manitobain Ryan McKenna en est à son deuxième long-métrage avec Le cœur de Madame Sabali. Il s’agit d’un film empreint de beauté, d’humour et doté d’une esthétique incroyablement envoûtante. Quelque part entre Lynch et Anderson, le film met en scène Marie Brassard dans le rôle de Jeannette, et quelle femme! À la gare de trains où elle travaille, Jeannette est assise derrière le guichet avec les femmes enceintes. Ryan McKenna a eu cette idée après avoir lui-même travaillé dans une gare où les femmes enceintes se retrouvent à travailler au guichet, car leurs états de santé ne leurs permettaient pas de travailler sur les trains. Dans le film, Jeannette n’est pas enceinte, mais elle a un problème de cœur. Le jour où Madame Sabali est assassinée, Jeannette a un nouveau cœur et une toute nouvelle vie s’ouvre à elle. Le film a été grandement inspiré par le groupe malien Amadou & Mariam que le réalisateur a vu à Montréal en 2013. Il leur a proposé le scénario et ils ont accepté de participer au tournage. Le titre du film est aussi inspiré de cette excellente chanson :

Cris sur le Bayou de Danic Champoux

Après ses documentaires Mom et moi (2012) et Autoportrait sans moi (2013), le réalisateur Danic Champoux continue son exploration du monde documentaire. Toujours un peu hybride, le ton du film Cris sur le bayou est très familier, mais aussi tellement chaleureux. Le film pose un regard sur la francophonie de la Nouvelle Orléans, terre natale de Zachary Richard (eh oui!). Je ne veux pas crier au chef d’œuvre, mais on a ici une œuvre qui ne manque pas de rappeler le mythique film Pour la suite du monde (1963) de Pierre Perrault. La signature visuelle est douce avec un éclairage naturel dans des teintes de bleus et de gris, sans pour autant manquer de couleurs! La trame sonore est folklorique et nous amène directement en Acadie, auprès de ces Cadiens (prononcé «Cadjin»). C’est un documentaire d’une grande richesse culturelle et je crois que c’est un magnifique héritage que le film nous laisse.

Les festivités des RVCQ continuent dans le Quartier Latin jusqu’au samedi 27 février, date de  la Nuit Blanche qui gardera la ville entière réveillée jusqu’aux petites heures du matin. Venez faire un tour en soirée au Bistro SAQ, boire une bière ou une coupe de vin et assister aux spectacles qui, franchement, sont surprenants et gratuits!

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Et c’est parti pour les RVCQ

Jeudi soir avait lieu la Soirée d’ouverture des Rendez-vous du cinéma québécois, débutant avec la première de Boris sans Béatrice au Cinéma Impérial. Après la représentation avait lieu une soirée à la Cinémathèque Québécoise animée par la musique de Eman & Vlooper, un duo hip-hop particulièrement punché originaire de la capitale et les DJ set de Poirier, Robert Nelson et Maybe Watson d’Alaclair Ensemble.

Comme nous l’avait dit Monsieur Dugas « la programmation veut dresser un panorama d’une année de cinéma avec les films qui sont incontournables, ceux dont on a parlé et ceux dont on a un peu moins parlé aussi. » Vous pourrez donc y voir les gros films de l’année 2015 tels que Paul à Québec, Le Mirage et Guibord s’en va-t-en guerre, mais aussi de plus petites productions, des documentaires et des programmes de courts-métrages.

Ne manquez pas la chance de voir d’excellents films en salle comme Scratch, Turbo Kid, Early Winter et Les Êtres Chers. Plusieurs documentaires retiennent également notre attention : Elle pis son char, Bienvenue à F.L. Montréal New Wave et I’m Gone : A film about Amy.

Finalement, pour les fans de Série Noire, le festival a organisé, pour la Nuit Blanche, une soirée complète sous le thème de la série. Animée par Sébastien Diaz et en présence des comédiens,  il y aura des quiz, des DJs set et des invités surprises.

Notre photographe Renaud Vinet-Houle est allé faire un tour à la soirée d’ouverture.

 

Cinéma
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Les Rendez-vous du cinéma québécois : panorama du talent d’ici

C’est au cœur du Quartier Latin, à la Cinémathèque québécoise, que le festival s’installe du 18 au 27 février 2016. Les Rendez-vous du cinéma québécois présentent leur programmation complète aujourd’hui, mercredi le 3 février à 11h. Au moment d’écrire ces lignes, le festival a seulement fait connaître ses films d’ouverture et de fermeture qui annonce une programmation de haute qualité. C’est le dernier opus de Denis Côté, Boris sans Béatrice, qui inaugure le début des festivités, et c’est Avant les rues de Chloé Leriche qui clôt. Les deux films sont d’ailleurs présentés à la 66e Berlinale, grand festival de cinéma réputé à Berlin, dès le 11 février.

Une programmation variée

Denis Côté, enfant terrible du cinéma, présente son dernier long-métrage mettant en vedette James Hyndman. Après le remarqué Curling (2010), Bestiaire (2012), Vic et Flo ont vu un ours (2013) et Que ta joie demeure (2014), le cinéaste ne perd pas de temps avec Boris sans Béatrice (2016) qui a jusqu’à maintenant dévoilé deux bandes annonces très intrigantes. Le film Avant les rues de Chloé Leriche a été un coup de cœur pour le directeur de la programmation, Dominique Dugas : « un film d’une belle luminosité ». La jeune réalisatrice présente son premier long métrage lors de la cérémonie de clôture. Chloé Leriche a déjà réalisé des courts-métrages avec Wapikoni, un organisme de création et de production cinématographique mobile pour les Premières Nations.

Avant les rues de Chloé Leriche

Avant les rues de Chloé Leriche

Pour monsieur Dugas, la programmation veut dresser un panorama d’une année de cinéma avec les films qui sont incontournables, ceux dont on a parlé et ceux dont on a un peu moins parlé aussi. « On a 46 longs-métrages, dont tous les longs-métrages qui ont été des succès populaires de cette année ». On peut aussi compter sur des belles primeurs dont Les Démons de Phillip Lesage et son plus récent film Copenhagen a love story. Également du côté documentaire, des primeurs tel que Cris sur le Bayou de Champoux qui s’intéresse à la communauté des Cajuns en Nouvelle Orléans. Également, MTL New Wave d’Éric Cimon qui s’intéresse à la montée du New Wave à Montréal au début des années 80, pas seulement le monde musical, mais aussi tout autour de cette vague dont les arts visuels.

Les courts-métrages

Les courts du festival pourront cette année concourir dans un volet compétition cette année. « C’est à peu près les 2/3 des films qu’on présente sont des courts-métrages. C’est un genre assez foisonnant. On s’y intéresse de façon toute particulière, parce que c’est beaucoup les jeunes auteurs qui feront le passage vers le long-métrage de fiction » explique Dominique Dugas.

Les séances de courts-métrages sont généralement combinées par thème ou par genre, chose certaine : « La programmation des courts, c’est tout un art! » souligne avec raison monsieur Dugas. Il faut en effet reconnaître la tâche ardue de combiner les genres aussi variés dans le monde du court-métrage dans une seule séance.

Les Rendez-vous du cinéma québécois révèlent leur programmation complète aujourd’hui. Visitez leur site pour découvrir également tous les évènements du festival qui célèbre et souligne le talent d’ici.

 

Cinéma
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Total Crap Spécial Noël

Haaa… Le temps des Fêtes, ce moment empli de féérie où les gens se rassemblent, mangent, festoient, boivent… et font des choses qu’ils aimeraient vraiment mieux oublier. Et si c’est généralement le cas, certains font la gaffe d’enregistrer leurs pires moments. Heureusement pour eux, ces vidéos d’une qualité douteuse disparaissent avec le temps. Heureusement pour nous, Simon Lacroix et Pascal Pilote sont là pour déterrer ces trésors de nullité. Le 5 décembre dernier, au Théâtre Plaza, j’ai pu goûter à leur cocktail des Fêtes. Compte-rendu d’une soirée délicieusement mauvaise…

C’est donc une projection divisée en 5 blocs que nous ont proposé les deux archéologues de la pellicule. Toute la soirée se sont entremêlées des diffusions désastreuses en direct, des documentaires douteux, des émissions de mauvais goût, des films au budget inexistant, des publicités amateures et beaucoup beaucoup de n’importe quoi. Principalement composées de vidéos québécois, ils ont aussi déniché des créations qui proviennent d’un peu partout sur le globe, dont, évidemment nos voisins du Sud. Le tout entrecoupé de blagues douteuses de la part des deux maîtres du navrant.

Ainsi, toute la soirée, on se promène entre rire jaunes, malaises, soupirs et dégoût. Mais si vous laissez de côté votre gêne, vous aurez tout autant de plaisir que j’en ai eu. Et il faut quand même saluer l’énorme travail d’archives que les deux compères réalisent. En effet, l’entièreté de leurs vidéos sont issues de VHS et pas de youtube ou autre site de partage de vidéos.

Parmi mes coups de cœur, je pense notamment à une diffusion en direct d’une émission spéciale de dons pour Noël qui tourne au vinaigre lorsque des auditeurs saouls appellent les animateurs pour les insulter. Il y a aussi ce malaisant enregistrement de l’émission « Coup de coeur » avec des enfants où l’animateur, déguisé en Père Noël affirme que, comme l’une des petites filles, il aime beaucoup Samantha Fox, mais pas pour les mêmes raisons. Mais probablement un des moments les plus marquants de la soirée est le documentaire sur la castration des rennes. Et mention spéciale au spectacle du nouvel an 1984 de Bruno Pelletier et de son groupe de métal de l’époque, Amanite.

Je n’en dirai pas plus, car si vous n’avez pu être là, soyez sans crainte! Comme la projection s’est faite à guichet fermé, une supplémentaire est prévue le 19 décembre au Théâtre Plaza. Dépêchez-vous, les billets s’envolent vite. Et comme l’ont dit les deux animateurs : « Un excellent cadeau à offrir à quelqu’un que vous n’aimez pas. »

Pour plus d’informations, visitez le site web de Spasm

Cinéma
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Françoise Fabian, une grande actrice qui traverse le temps

À l’occasion du Festival de Films Cinémania, La Vitrine a eu la chance de s’entretenir avec Françoise Fabian, grande dame du cinéma et du théâtre français. Invitée d’honneur de cette 17e édition, Françoise Fabian a discuté avec nous des films qui seront présentés en son honneur, mais aussi de sa riche carrière d’actrice.    

C’est une deuxième visite à Montréal pour Françoise Fabian, qui est enchantée de présenter notamment, Ma nuit chez Maud, un film qui a remporté un vif succès à la fin des années 60, dans lequel elle interprète le rôle de Maud. Lorsqu’elle a appris qu’elle serait aussi invitée d’honneur du festival, Françoise a été ravie !

Cette année, Cinemania présentera en première nord-américaine le documentaire La Fabian. Réalisé par Dominique Besnehard, le film relate une partie de la vie de l’actrice. Lorsqu’on lui demande comment est venue l’idée de réaliser ce film, elle nous raconte que ce n’était pas prévu du tout. Elle nous dit d’ailleurs « j’aimais beaucoup Besnehard et je me suis aperçue qu’il m’aimait autant que je l’aimais ». Dominique Besnehard avait beaucoup apprécié le livre sur l’actrice et a alors eu envie de réaliser un film sur la vie de Françoise Fabian. Amoureuse du travail du réalisateur, elle avait adoré le portrait qu’il avait fait précédemment d’Anouk Aimée. Françoise Fabian nous confie qu’elle n’aurait pu faire ce film sans Besnehard, en qui elle a tant confiance.

Française, née à Alger, l’actrice a fait ses premiers pas au Conservatoire de musique d’Alger. Elle nous raconte que depuis toute petite, elle affectionne particulièrement le théâtre. Elle se souvient des longs moments passés à consulter la bibliothèque très étoffée de son père contenant une multitude de livres du répertoire classique théâtrale. À 12 ans, elle avait déjà lu Molières et plusieurs autres. Elle nous explique d’ailleurs qu’enfant, elle aimait se raconter des histoires à voix hautes. Après ses études à Alger, avec une grande envie de jouer au théâtre et voulant développer ses connaissances en la matière, soutenue par sa famille, elle décide de se préparer pour le Conservatoire supérieur national d’art dramatique de Paris.

Arrivée à Paris à l’aube de ses vingt ans, l’actrice en devenir découvre la solitude, celle de se retrouver seule dans une grande ville qu’elle ne connait pas encore. Elle se souvient des longs moments passés à la terrasse d’un hôtel tout près de l’Opéra de Paris. Étudiante et n’ayant pas beaucoup de sous, elle profitait de ces moments pour boire un café pendant de longues heures en observant les passants dans la rue. Ces moment auront portés fruits, car elle en profite pour observer les différentes attitudes et les comportements des gens. Cela aura constitué pour Françoise Fabian un bon exercice pour l’interprétation de personnages futurs.

Au tout début de sa carrière, Françoise Fabian n’a pas conscience de son physique et de la beauté qu’elle dégage. À l’époque, elle cherche surtout à obtenir des rôles qui ne sont pas liés à sa plastique ; elle désire des rôles forts, ce qu’elle obtient assez rapidement. Elle souligne que ce n’est qu’aujourd’hui qu’elle se rend compte de l’apparence qu’elle avait à ce moment-là. Toujours aussi magnifique, l’actrice n’a jamais perdue la puissance et le magnétisme qu’elle dégage dans chacun des rôles qu’elle interprète.

En soixante années de carrière elle a tourné avec les plus grands réalisateurs et acteurs français. Elle s’étonne toujours des nouvelles choses qu’elle peut apprendre, autant de la part des comédiens, des metteurs en scène mais aussi de tout un chacun.

La Fabian sera présenté le dimanche 8 novembre à 12 h 00 au Cinéma Impérial en présence de l’actrice et du réalisateur, un moment unique pour découvrir la carrière de l’actrice ! Entrée libre.

Pour découvrir ou redécouvrir, Ma nuit chez Maud, grand film du réalisateur Éric Rohmer, nous vous invitons à assister à la projection en compagnie de Françoise Fabian le 7 novembre à 14 h à la Cinémathèque québécoise.

Entrevue réalisée par Félicia Balzano

 

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