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Mondes oniriques

Toujours à la recherche des activités les plus insolites à Montréal, je me suis retrouvé, samedi dernier, au Centre Phi pour l’exposition Mondes oniriques. Troisième volet de la série Sensory Stories, débutée en 2015, l’exposition immersive propose de découvrir différentes applications de la réalité numérique, qu’elles soient ludiques, artistiques ou quelque part entre les deux. J’ai eu la chance d’essayer la réalité virtuelle à plusieurs reprises et je dois avouer que j’ai été charmé par cette exposition! Je ne peux que vous la recommander.

En bref, l’espace est divisé en douze postes. Chacun propose une expérience différente en lien avec la réalité virtuelle ou les technologies immersives. Si certains postes ne permettent d’accueillir qu’un seul participant à la fois, d’autres permettent d’accueillir jusqu’à quatre personnes en simultané. Peu importe la quantité de participants admissibles, il y a toujours un membre de l’équipe du Centre Phi (tous très sympathiques d’ailleurs!) qui est là pour vous accompagner afin de s’assurer que vous profitiez au maximum de l’exposition.

Ainsi, j’ai pu vivre toutes sortes d’expériences : j’ai été un astronaute qui doit réparer la station spatiale internationale, un arbre qui pousse au milieu de la forêt amazonienne, un enquêteur du futur, le témoin d’une relation amoureuse, un artiste daltonien pour ne vous nommer que quelques expériences! Sans trop vouloir vous en révéler, je peux dire que certaines expériences m’ont bluffé. En effet, mon odorat a été sollicité, j’ai eu une sensation de vertige, j’ai vécu de l’angoisse, j’ai rigolé et je me suis questionné sur mon rapport à la réalité.

Mon seul regret est d’avoir dû quitter sans pouvoir faire tous les postes! En effet, si on veut profiter pleinement de l’exposition, il faut prévoir un bon après-midi complet. Entre l’attente pour certains postes, les pauses nécessaires entre chaque expérience pour éviter les malaises (certaines expériences sont plutôt déroutantes) et la durée de certaines immersions, on ne voit pas le temps passer!

Vous avez tous les jours (sauf le lundi) jusqu’au 16 décembre pour profiter de l’exposition Mondes Oniriques. Si jamais vous y faites un tour, vous m’y croiserez peut-être à essayer les immersions que je n’ai pu faire lors de mon passage samedi. Et si c’est le cas, n’hésitez pas à me demander d’essayer une expérience virtuelle collective avec moi; ce sera avec plaisir!

 

 

Arts Médiatiques
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Festival MUTEK : top 5 adresses pour en profiter!

Best of Québec prend possession de notre blogue pour vous faire découvrir les bonnes adresses et meilleures occasions autour d’un festival montréalais.

Ce mois-ci, découvrez leurs recommandations pour demeurer dans l’ambiance électrisante de Mutek, le plus important rendez-vous canadien annuel de musique électronique et de création numérique.

Laïka

À une dizaine de minutes de marche du Quartier des spectacles, le Laïka est un resto-bar lounge très agréable où l’on peut aisément se rendre entre deux performances de MUTEK. On peut y boire une bière ou un cocktail en écoutant la prestation en direct de DJs tous les soirs, mais aussi s’y partager un plat de nachos, prendre sur le pouce une tartine de gravlax de saumon, ou encore, si on a du temps devant soi, se régaler d’un parmentier de bœuf braisé à la bière noire.

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Blumenthal

Jouxtant littéralement les grandes scènes extérieures de la Place des Festivals, le resto-bar de la Maison du Festival a fait récemment peau neuve et nous reçoit désormais dans un cadre à la fois urbain et aéré – dont un véritable arbre planté au sol – que vient compléter une grande terrasse très populaire l’été. Un endroit tout désigné pour prendre un verre, grignoter ou s’offrir un repas bistro de bonne qualité.

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Hôtel W

Si vous aimez l’innovation sous toutes ses formes, le chic Hôtel W est un bel endroit à visiter à quelques minutes de marche du festival MUTEK. Son concept, qui mêle créativité montréalaise et avant-gardisme new-yorkais, se reflète dans des chambres ultra-modernes et agréables, mais aussi dans l’ensemble de son décor (superbe), ses bars branchés (dont le Wunderbar, où on apprécie les cocktails uniques, la musique travaillée et les projections vidéo) et son restaurant ê.a.t , aux assiettes aussi raffinées que la galerie d’art vivante qui y loge.

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SAT

À deux pas de la Place-des-arts, la Société des arts technologiques est un incubateur de talents. Elle sera d’ailleurs le lieu d’accueil de plusieurs spectacles de MUTEK. Qu’y retrouve-t-on au juste? Une grande salle au rez-de-chaussée multifonctionnelle pouvant accueillir des événements de grande ampleur, un labo à l’étage ou s’activent des artistes utilisant de nouvelles technologies, une Satosphère offrant sous un dôme unique des prestations artistiques diverses, et enfin un resto, la Labo culinaire, combinant recherche à partir de produits locaux, vins nature et une splendide terrasse.

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Bota Bota

Quelle idée géniale de créer un spa flottant en plein cœur du Vieux-Port montréalais! Le Bota Bota est l’escale parfaite pour reprendre des forces entre deux spectacles. Logé à l’intérieur d’un ancien paquebot amarré, il dispose d’un cadre moderne et épuré magnifique, d’une ambiance ultra-relaxante, d’installations complètes (dont un circuit d’eau nordique), d’une belle gamme de services (massages, traitements, boutique, restaurant santé, etc.) et, cerise sur le gâteau, de vues exceptionnelles de la ville de Montréal de jour comme de nuit.

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Bon festival MUTEK et bonnes découvertes!

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Festival ELEKTRA

Le 28 et 29 Juin le festival international d’art numérique ELEKTRA fera à nouveau vibrer Montréal pour sa dix-huitième édition. Un ensemble d’installations et de performances seront présentées à l’Usine C sous le thème The Big Data Spectacle. À travers cette thématique les artistes exploreront les phénomènes issus des technologies numériques et plus particulièrement l’apprentissage des machines et le forage de données.

Chaque soir ELEKTRA vous proposera une performance robotique participative unique, INFERNO, des artistes Louis-Philippe Demers et Bill Vorn.  Cette performance permettra à 49 personnes du public de revêtir des exosquelettes et de faire contrôler leurs corps par les machines au rythme de la musique électronique et des lumières.

Vous pourrez également découvrir les œuvres d’artistes nationaux et internationaux. Avec en vedette, le japonais Norimichi Hirakawa et son installation audiovisuelle à grande échelle, The Indivisible (Prototype N.1). Le spectateur se retrouvera immergé dans un processus numérique traduisant le débit constant et rapide de pixels et d’interférences sonores. La Corée du Sud sera également mise à l’honneur avec les installations Chair Walker 2.0 de l’artiste YoungKak Cho et Light Wave des artistes Jaehyuck et Junbong Song.

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Du côté des artistes locaux, vous pourrez découvrir l’œuvre du Québécois Adam Basanta, A Truly Magical Moment. Ici Adam Basanta explore avec humour certains aspects du paysage médiatique que nous côtoyons tous les jours et dénonce l’hyper connectivité du 21e siècle et la déconnexion qui en résulte.

Enfin, le duo Purform (Yan Breuleux et Alain Thibault) présentera Enigma, une œuvre explorant la problématique de l’intelligence artificielle, de l’apprentissage profond et de l’identité numérique.

Durant ces deux jours l’Usine C vibrera au rythme d’ELEKTRA, prise d’assaut par des artistes innovateurs qui exploreront la création d’aujourd’hui et de demain.

L’événement Facebook de la soirée du 28 et 29 Juin à l’Usine C: https://www.facebook.com/events/645551958967036/

À la cinémathèque québécoise se tiendra la 11e édition du Marché International d’art numérique, le volet professionnel du festival ELEKTRA. Le marché accueille des acteurs majeurs de la scène du numérique internationale (journalistes, commissaires, diffuseurs, galeristes) dans le but d’échanger et d’encourager de nouvelle collaboration. Vous y retrouverez des organismes internationaux comme le MoMa, le festival Semibreve, Japan Media Art Festival, Victoria & Albert Museum, …

Toujours à la Cinémathèque, sera exposée une installation vidéo immersive, Inverso Mundus, du célèbre collectif Russe AES+F. Un spectacle surréaliste numérique de 38 minutes où les artistes s’inspirent des gravures médiévales présentant des situations absurdes et transposent des scènes drôle et tragique de notre époque.

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Aura : lumière, son et émerveillement

Je ne me souviens pas de la dernière fois où j’ai mis les pieds dans un bâtiment religieux au Québec, mais quand on m’a parlé d’un spectacle son et lumière à la Basilique Notre-Dame de Montréal, je dois avouer que ça a piqué ma curiosité! J’ai donc décidé de renouer avec les lieux de culte en allant voir le spectacle Aura vendredi dernier.

Donc, Aura, c’est quoi?

Pendant une quinzaine d’années, la Basilique Notre-Dame a présenté le spectacle Et la lumière fût. Avec une volonté de faire quelque chose de nouveau pour le 375e anniversaire de Montréal, l’équipe a fait appel à l’expertise de Moment Factory afin de créer un nouveau spectacle. L’objectif premier était de mettre de l’avant les principales œuvres dans la Basilique dont le Christ en croix de Paul Jourdain dit LaBrosse et la Sainte Marguerite Bourgeoys de Marius Dubois, mais aussi l’orgue Casavant, l’Autel de célébration et les confessionnaux. C’est donc plus d’une centaine de personnes qui ont travaillé à la conception et à la réalisation du projet. La musique a été créée par l’équipe de TroubleMakers, spécialisée dans la création de musique pour des jeux vidéo et films (Laurence Anyways de Xavier Dolan). L’œuvre musical comprend 32 musiciens, 20 chœurs et un orgue.

Ça donne quoi?

À mon arrivée, j’ai été surpris de voir la longue file d’attente devant la Basilique. En discutant avec une des employées, j’ai appris que 600 personnes peuvent assister à une seule représentation. Une fois à l’intérieur, j’ai compris pourquoi : c’est grand une basilique! Alors que je patiente, on me donne un petit feuillet donnant quelques informations sur les œuvres qui sont à l’honneur. J’y apprends, à ma grande surprise, que l’autel de célébration contient des reliques de saints et que la plus vieille œuvre remonte à 1741.

La visite se déroule en deux parties. Durant la première, 30 minutes sont accordées pour faire le tour des principales œuvres mises de l’avant par des projections uniques. J’ai eu un coup de cœur pour l’orage avec un effet en 3D dans le confessionnal, mais aussi pour le lever et le coucher de soleil sur le tableau de Marius Dubois. Lors de la seconde partie, c’est le temps de s’asseoir afin d’admirer l’incroyable projection. Je me suis assis en première rangée et c’était une excellente idée : je me suis plongé dans l’œuvre composée d’une série de tableaux immersifs, tantôt abstraits tantôt plus concrets, toujours accompagnés d’une musique puissante. Je souligne le moment où j’ai eu l’impression de me retrouver dans un navire géant battu par les flots d’une mer déchainée.

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Et au final?

Aura, c’est un spectacle hors norme qui m’a fait oublier que j’étais dans une basilique tout en découvrant les particularités architecturales du lieu. Bravo à tous ceux qui ont travaillé sur ce projet! Je n’ai eu qu’une seule déception : vingt minutes pour la deuxième partie, ce n’est clairement pas assez!

Bref, si vous êtes aussi frileux que moi à entrer dans une église, n’hésitez pas et allez-y! C’est une expérience unique qui vaut le détour. Si votre horaire est bien remplit, pas de soucis : les représentations d’Aura ont lieu jusqu’au 30 décembre à la Basilique Notre-Dame de Montréal.

À noter : si vous n’avez pas eu le temps de faire le tour de toutes les projections lors de la première partie, il est possible de le faire après la présentation principale (personnellement, j’en ai profité pour jeter un deuxième œil à mes préférés).

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Un voyage métaphysique : Björk Digital

L’exposition Björk Digital nous arrive enfin à Montréal après avoir parcourue plus tôt cette année les villes de Sydney, Tokyo et Londres. Présentée dans le cadre du Red Bull Music Academy en collaboration avec le centre PHI, c’est la DHC/ART qui a l’honneur d’accueillir dans son espace, l’exposition de la charmante artiste islandaise. Signée par Björk et organisée par le Manchester International Festival, cette exposition est présentée jusqu’au 12 novembre 2016.

Qu’on soit un amateur ou non du travail de Björk, on ne peut lui enlever sa fougue et son désir insatiable de faire s’épanouir les pratiques artistiques. Inspirée par sa rupture amoureuse avec l’artiste visuel de renom Matthew Barney, celle qui est reconnue pour ses visuels provocateurs et ses mélodies atypiques se présente à nous tantôt triste, tantôt amusée, tantôt résignée dans cette rencontre « digitale ».

L’exposition comprend cinq œuvres de réalités virtuelles. Muni d’un casque et d’une paire d’écouteurs, l’immersion commence assez brusquement – Björk s’empare de l’espace et on se prête au jeu. L’expérience peut s’avérer assez déroutante voir un peu effrayante dès les premiers instants, mais plus on avance dans le parcours, plus notre vision s’ajuste, notre esprit s’ouvre et on finit par apprécier le but premier de l’expérience : créer une intimité avec l’artiste.

Le résultat en images ? La rencontre d’une femme attristée, chantant son désespoir dans un décor souterrain avec l’œuvre Black Lake, une artiste lucide et résignée dansant sur une plage islandaise dans Stonemilker VR et une immersion complètement disjonctée à l’intérieur de la bouche de la chanteuse (pourquoi pas).

Crédit photo : Thomas Huang

Crédit photo : Thomas Huang

C’est finalement avec l’œuvre Family, grande primeur montréalaise que l’on termine ce voyage visuel. Celle-ci plus complexe et technologiquement plus poussée, on atteint vraiment les sommets de l’expérience avec cette œuvre centrale.  Debout dans un cubicule, on permet cette fois-ci au spectateur de participer à la création de l’univers de la chanteuse en lui donnant des mains virtuelles capables de projeter des faisceaux lumineux. Frissons garantis et dépaysement total, l’artiste réussie son mandat avec brio, à savoir, créer une intimité avec le spectateur et lui faire traverser le cheminement vers la guérison d’une blessure amoureuse.

Crédit photo : Jesse Kanda

Crédit photo : Jesse Kanda

À noter que l’exposition présente également une projection continue de plusieurs vidéoclips de l’artiste ainsi qu’un espace où tester le programme éducatif Biophilia qui explore les domaines de la musicologie et des sciences de la technologie.

Cette exposition complètement éclatée saura vous faire vivre une expérience unique. Un incontournable cet automne, c’est un rendez-vous à ne pas manquer.

 

 

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Joan Jonas : une artiste femme tournée vers l’avenir

Elle a travaillé avec les plus grands, elle a sillonné le monde et ses productions ont fait le tour des plus grandes institutions. Il ne fait aucun doute que Joan Jonas figure parmi les artistes phares de l’art vidéo et de la performance.

Ses intérêts marqués envers la représentation et la perception de l’identité féminine, les politiques écologiques de même que sur la mondialisation et l’hybridité culturelle qui en découle, ont influencés des générations d’artistes. Difficile de résumer cette riche production aux élans avant-gardistes, qui s’échelonne sur cinquante ans. C’est pourtant ce qu’a entrepris avec envergure la Fondation pour l’art contemporain DHC/ART en présentant cet été From Away, une exposition déployée sur les 4 étages du bâtiment patrimonial de la rue St-Jean. S’ajoute à la rétrospective l’œuvre They come to us without a word. Originellement présentée au pavillon des États-Unis lors de la 56e Biennale de Venise (2015), l’installation est une première sur le continent nord-américain!

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Le corps féminin en jeu

Formée d’abord en sculpture, l’artiste américaine renonce au début des années soixante à la production d’objets pour se tourner vers l’expérience vécue. Elle explore un terrain encore novateur à l’époque : celui du mélange entre la performance, la capture vidéo et l’image en différé. Malgré tout, sa formation demeure très importante au sein de sa pratique, car Jonas joue des notions d’espace, du geste et de la matérialité, allant même à considérer les moniteurs de télévision au sein de ses performances comme des objets sculpturaux.

Elle participe à l’émergence du body art, un mouvement qui apparaît avec les enjeux féministes de l’époque. Dès ses premières performances, la diffusion de l’image en direct et le miroir deviennent des motifs récurrents, révélant les enjeux du corps féminin et de sa représentation réelle et imaginaire.

Cette relation entre le corps de l’artiste et le public conduit à la création de performances aux chorégraphies audacieuses et presque rituelles, telle que ses séries emblématiques Mirror Pieces et Organic Honey. Présentées au travers d’archives vidéos, d’objets, d’images photographiques et de bandes sonores, ces séries aux multiples versions dévoilent au sein des espaces de DHC/ART, une attitude presque obsessionnelle de l’artiste envers la représentation de son corps.

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Un art qui éclaire des dangers

C’est en se baladant dans les espaces de la galerie que l’on prend conscience de l’interdisciplinarité et de la flexibilité de la pratique de Jonas. Et pourtant, d’une salle à l’autre, il se tisse un fil conducteur d’une grande poésie, qui interpelle le rêveur et le plonge dans la contemplation. La littérature, la culture populaire, l’histoire de l’art, le cinéma et les voyages sont au cœur du travail de l’artiste. Ses œuvres sont des collages, desquels naissent sans cesse de nouveaux sens.

Sa dernière création, They come to us without a word, est probablement la plus significative. S’inspirant des histoires de fantômes, de la tradition orale du Cap-Breton et du livre de John Berger intitulé Why Look at Animals?, l’installation crée un environnement immersif, dans lequel vidéos, dessins et sculptures se juxtaposent. À la manière d’un tableau vivant, l’œuvre se déploie en cinq salles et explore des thèmes et des enjeux environnementaux actuels, notamment la disparition des abeilles, la question de la domesticité des animaux, la force et la fragilité des éléments naturels, et l’avenir, symbolisé par des enfants.

Alors que nous sommes bombardés d’informations à une vitesse effrayantes chaque jour, From Away entraine le spectateur dans un univers ralenti par la poésie, les métaphores et les voyages. Un art de la redéfinition et du nouveau regard, qui fait de Joan Jonas une artiste femme impressionnante au travail artistique toujours actuel.

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Ce que l’on voit lorsqu’on ne voit plus

Entrevue et texte par Isabelle Benoit pour le Centre Phi.

«Être humain ce n’est pas de voir, c’est d’aimer.» — John Hull

Notes on Blindness: Into Darkness est le récit multisensoriel d’un voyage au cœur de la cécité, certes, mais c’est surtout un voyage au coeur de l’émotion. Rencontre avec Arnaud Colinard, l’un des producteurs de l’œuvre.

L’œuvre immersive Notes on Blindness: Into Darkness plonge le visiteur dans la progressive cécité de l’écrivain et universitaire John Hull, une cécité qui atteindra son apogée en 1983. Hull a généré plus de seize heures d’enregistrements documentant ses sensations et perceptions. C’est ce matériel original, échelonné sur trois ans, qui a donné naissance à un long métrage et à l’expérience de réalité virtuelle présentée dans le cadre de l’exposition Sensory Stories. Or, au-delà du tragique du récit de John Hull, c’est une véritable bouffée d’humanité que nous donne à vivre l’œuvre.

«Quand on a développé ce projet, on savait qu’on avait une matière vraiment passionnante, extrêmement riche et précieuse, explique Arnaud Colinard, l’un des producteurs de l’œuvre. L’un des objectifs que l’on s’était donnés était donc d’en faire un projet émouvant. Or, souvent, les interfaces des œuvres numériques font qu’on a du mal à émouvoir notre public. Ce sont des médias qui ne sont pas aussi faciles à approcher que des films ou des livres, par exemple. Mais, ce que permet la réalité virtuelle, c’est qu’une fois le casque placé sur les yeux les choses se font de manière simple et intuitive, et c’est là l’une de ses forces par rapport aux autres formes de création numérique.»

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Symbiose multisensorielle

L’œuvre n’est donc pas une œuvre contemplative, mais bien une œuvre qui se vit, tantôt par le regard (à travers les yeux encore légèrement voyants de Hull), tantôt par l’ouïe, mais toujours dans une symbiose multisensorielle d’une grande intensité. On passe d’une multitude de points bleus suggérant des formes humaines (la famille de Hull en l’occurrence) à une blafarde trace de pas dans la neige, jusqu’à – lorsqu’il a complètement perdu la vue – une faible lumière dans une mer d’encre. Le visiteur ainsi immergé dans le monde de John Hull suit les événements vécus par celui-ci, de la découverte de la maladie, jusqu’à la cécité totale, en passant par les différents stades psychologiques et émotifs inhérents au deuil de sa vue: de la panique, à l’émerveillement auditif. L’ouïe joue, bien entendu, un rôle de premier plan dans l’expérience vécue par le visiteur. Celui-ci peut d’ailleurs être surpris de percevoir certains sons avec autant d’acuité, de manière si claire, si intense, lorsque la vision, sans conteste notre sens le plus «exploité», laisse place aux autres sensations, souvent secondaires. Il apparaît alors une réalité tout autre, belle, riche et intense. D’ailleurs, il n’est pas rare, comme le mentionne Arnaud Colinard, que quelques larmes soient versées.

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Une odyssée émotionnelle

La réalité à laquelle accède le visiteur lors de l’expérience est une réalité complexe et difficile à faire vivre autrement que via les technologies immersives: «Au début, c’était un projet uniquement audio, mais très vite, nous avons constaté que les voyants avaient beaucoup de mal à focaliser sur l’expérience lorsqu’il n’y avait pas d’éléments visuels. C’est à ce moment que l’on a cherché à représenter ce monde acoustique dont parle John Hull, et le projet a basculé vers une version en réalité virtuelle qui est devenue le centre de l’expérience.» Cette perte de la vue est donc vécue par procuration, chacun y projetant ses propres insécurités, émotions et perspectives, générant, du même coup, autant de visions de l’expérience que de participants. Les visiteurs découvrent aussi la force de John Hull: une résilience des plus inspirantes.

Notes on Blindness: Into Darkness (par Arnaud Colinart, Amaury La Burthe, Peter Middleton et James Spinney) est présentée au Centre Phi dans le cadre de l’exposition Sensory Stories: donner corps au récit à l’ère numérique jusqu’au 21 août.

 

 

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Galerie photo : Le début de spectacle

Hier soir le 6 juillet, l’artiste Thierry Marceau a pris d’assaut les passerelles du 2-22 avec Le début du spectacle dans le cadre de la 4e phase du projet 1/100 du 2-22,  »J’aime Montréal et Montréal m’aime ».
Grâce à une oeuvre numérique et artistique haute en couleur, l’artiste a su capter l’attention des centaines de spectateurs regroupés devant le 2-22 du côté de la façade Sainte-Catherine. De nombreux curieux se sont aussi joins à la foule afin d’admirer le spectacle de 21h30 et de 22h30.
Dans le cadre de la politique d’intégration des arts à l’architecture et à l’environnement (1%), l’artiste Thierry Marceau a été sélectionné pour concevoir une oeuvre d’art performatif au 2-22 présentée sur cinq ans. Le Début du spectacle était l’avant-dernière phase du projet.

Notre photographe Renaud Vinet-Houle était présent sur les lieux afin de capter les meilleurs moments !

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Quand les automates défient l’art contemporain

Existe-t-il des formes d’intelligences artificielles assez développées pour créer des oeuvres d’art à l’égal de l’homme? Et si oui, quelles sont les conséquences sur l’art et la culture? Voilà les réflexions qui fondent, à travers diverses propositions artistiques locales et internationales, la 3e Biennale d’art numérique. Déjà amorcée depuis le 3 juin, cette dernière se déploie dans plusieurs lieux artistiques de Montréal, dont l’Arsenal art contemporain, qui constitue son point d’ancrage principal.

Cette année sous le thème AUTOMATA : L’art fait par les machines pour les machines, la BIAN vous propose une diversité de créations alliant robotique, installation, réalité virtuelle, réalité augmentée, sculpture, photographie et même vidéo numérique. Si la Suisse est à l’honneur cette année, plusieurs pays sont également de la partie, notamment la Corée du Sud, la Yougoslavie, l’Afrique du Sud, l’Autriche, les États Unis, la France, l’Espagne, et d’autres.

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À l’heure où la technologie façonne notre quotidien d’une manière si usuelle que l’on ne la remarque pratiquement plus, les oeuvres d’AUTOMATA poussent la réflexion sur les potentialités créatives, techniques, cognitives, voire même parfois dangereuses, que recèle le développement de cette dernière sur la culture et la société. C’est ainsi que le robot industriel bios [bible] met en relation deux systèmes culturels constitutifs de la société occidentale —la Foi et le rationalisme scientifique— en retranscrivant de manière manuscrite la bible sur papier; que l’installation What do machines sing of? chante les grands classiques de la chanson pop des années 90, en cherchant à reproduire les sentiments humains; que Nihil ex Nihilo, une sculpture électronique composée d’afficheurs alphanumériques, dialogue à partir d’un algorithme interne avec les machines du réseau, questionnant ici l’éventuelle autonomie des ordinateurs intelligents.

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Nihil ex Nihilo

Bien que certaines soient plus ludiques, on retrouve également au sein de l’exposition des oeuvres à caractère politique. Trackpad, US Drone Strikes, Yemen 2014, de l’artiste français Jean-Benoit Lallemant, reporte les points d’impact des drones américains au Yémen sur une toile de lin. Sans laisser de trace, l’oeuvre porte un véritable commentaire sur la froide mécanisation de la guerre contemporaine, de plus en plus télécommandée. L’oeuvre vidéo de Kim Joon, Calf Red Snakes, s’intéresse quant à elle à la relation du corps et du tatouage, un tabou culturel en Corée du Sud. Tatouées d’attribut animal, les chaires se frottent lascivement de manière à rendre inconfortable celui qui les regarde. Elles révèlent en ce sens la répression sociale ambiante, qui s’appuie sur un ensemble rigide de conventions culturelles.

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Calf Red Snakes

À ceux qui croyaient que les machines ne servaient qu’à reproduire, elles nous prouvent ici le contraire. Et comme le dit le dicton « que tel est pris qui croyait prendre », puisque les automates nous donnent une leçon : celle que l’homme n’est peut-être pas le seul créateur doué de sens artistique.

Jusqu’au 3 juillet, les machines d’AUTOMATA promettent de défier nos appréhensions. Une panoplie d’activités et d’expositions de la BIAN sont également à découvrir tout l’été à travers Montréal! Pour plus d’informations, consultez le site de La Vitrine!

 

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BIAN présente AUTOMATA

La 3ème édition de la BIAN propose sa grande exposition AUTOMATA du 3 juin au 3 juillet à Arsenal art contemporain, ainsi qu’une série de préouvertures dans divers lieux culturels montréalais ayant débuté le 16 avril. Sous le thème AUTOMATA – L’art fait par les machines pour les machines, plus d’une centaine d’artistes locaux et internationaux ont été sélectionnés pour présenter un large éventail de ce qui se fait de mieux et de plus audacieux dans l’art contemporain numérique.

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« La BIAN est une biennale d’art dont les thèmes reflètent l’évolution d’un monde où la technologie numérique occupe une place de plus en plus importante. La première édition en 2012, PHENOMENA, explorait la manière dont le numérique – à un degré presque imperceptible – pouvait cerner nos vies. La seconde édition en 2014, PHYSICAL/ITÉ, questionnait notre relation physique aux machines. En 2016, AUTOMATA se tourne vers le futur, explorant tous les possibles, y compris la manière dont les machines perçoivent l’humanité, ses croyances et son mode de vie. » –Alain Thibault, Directeur artistique du festival ELEKTRA et de la BIAN.

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La BIAN est heureuse d’accueillir la Suisse comme pays à l’honneur de cette troisième édition avec une sélection d’artistes qui témoigne de l’effervescence de la discipline dans le pays. Leurs œuvres seront au cœur de l’exposition AUTOMATA à Arsenal art contemporain.

Vous pouvez vous procurer vos billets juste ici.

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Le collectif Nebulae : En faveur d’un art accessible

Ils partagent un commun amour. C’est comme ça que toute belle histoire commence. Pour ces quatre amis (Simon, Max, Joris et Tom), l’aventure dans la gestion d’événement culturel est née de la somme de leurs personnalités, de leur passion pour l’art et la musique, et sans doute un peu d’une bonne dose d’audace. Le genre qui m’attire l’œil. Le genre qui joue avec les règles. Le genre qui réunit d’autres grands esprits.

La curiosité m’a poussée à contacter le collectif Nebulae, à questionner leur démarche et à entrer dans leur monde le temps d’une soirée. Monde qui s’est bâti d’abord autour de la musique électronique. Pourtant, quelques évènements plus tard, le rêve qu’ils avaient partagé lors de leur escapade à la Nouvelle-Orléans, nourri d’une rencontre avec des artistes américains et un séjour dans une maison dans les arbres,  se dessine à présent dans une vision artistique définie.

« Notre collectif tente de renouveler l’expérience muséale, de redonner envie aux jeunes de notre génération de s’imprégner du patrimoine artistique et de les encourager à découvrir certains grands artistes du passé sous un œil nouveau, dans une atmosphère moins solennelle et révérencieuse que celle des musées traditionnels. »

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C’est une grande et noble idée. Pas une idée nouvelle, mais une qui s’ajuste bien à notre époque turbulente, en perpétuelle recherche de nouveauté. Leur originalité est dans la création même de l’exposition : un artiste est choisi – pour son influence, son statut historique ou sa vision) – et un contenu est adapté au personnage : présentations créatives, installations visuelles et, bien sûr, l’accompagnement musical. On assiste à de multiples découvertes, un enchainement d’inspirations. Tout cela dans un environnement festif et immersif jusqu’aux petites heures du matin pour une foule de noctambules et de paresseux, comme ils le disent si bien. Ils s’approprient et créent un espace culturel unique, éphémère et mobile, participant du même fait à une tendance du milieu.

« Les œuvres ont tendance à quitter les galeries et les musées pour se retrouver dans des endroits inattendus, dans les rues, les soirées et même à domicile (artBangBang et son prêt d’art). Les musées eux mêmes tentent de se renouveler en créant des nocturnes, en intégrant davantage de numérique pour hausser l’interactivité des expositions. »

Leur dernière soirée se tenait vendredi à l’espace culturel La Cenne, où on a pu découvrir Hunter S. Thompson, journaliste et écrivain américain : petite rétrospective en sept phases d’une vie (et époque) marquante. Celui qui a popularisé le jounalisme-gonzo a été dépeint à travers le thème de l’adrénaline, comme Egon Schiele a été vu sous celui du fantasme lors de leur exposition précédente.

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« Hunter est idéal pour diffuser notre concept. Il n’est pas d’une époque trop éloignée, a laissé une trace importante dans la contre-culture au point qu’il en est devenu une icône dans certains milieux. Ce n’est pas un inconnu total. Il a mené une vie de star, drôle, hystérique, dangereuse. »

C’est une expérience à vivre pour réellement saisir l’essence de leur projet. J’étais incapable de l’imaginer avant de me retrouver me promenant dans cet espace habilement construit.

Ils sont bouillants d’idées – que ce soit dans le choix de leurs artistes prochains ou dans le nombre et la circulation de leurs expositions – et surtout, ils sont attachés à cette ville. Amour qu’ils traduisent dans ces mots…

«  […] les québécois sont un peuple affamé de nouveaux concepts, avec un gros appétit culturel. Les artistes qui composent le patrimoine artistique mondial n’appartiennent plus à un pays, ils méritent d’être rendus accessibles à tous et de toutes les manières possibles. Montréal est la ville idéale pour tester notre proposition car elle est à la fois très ancrée dans le passé, mais tournée vers l’avenir ; une identité forte tout en restant complètement ouverte sur le reste du monde. »

Pour plus d’informations sur le collectifs et leurs prochains évènements vous pouvez consulter leur site ici.

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Kashink en vedette au festival MURAL: L’artiste qui défie les codes

La deuxième édition du festival international d’art public MURAL, qui commence ce jeudi et se poursuit jusqu’à dimanche sur le boulevard Saint-Laurent, vous offre la chance d’assister à la création en direct d’œuvres d’envergure sur les murs de la Main. Tête d’affiche du festival et rare présence féminine dans le monde du graffiti, l’artiste Kashink, fraîchement débarquée à Montréal, s’est entretenue avec nous de sa relation avec l’art de rue, des inspirations de son univers artistique et de son amour pour Montréal!

Artiste féminine et féministe engagée pour l’égalité des droits, Kashink a réussi à imposer son style surprenant dans le monde très viril du graffiti. Elle déplace ses talents dans les plus grands festivals du monde. Cette française aux origines slaves et hispaniques a un style explosif qui donne vie à de gros personnages poilus et colorés. Les lignes épaisses et les couleurs vives sont provocantes et amusantes, un peu comme la moustache dessinée au-dessus de sa bouche, qu’elle porte régulièrement.

En pleine préparation d’une exposition à la galerie Station 16 qui commence jeudi,  en parallèle à la création de sa grande murale extérieure, Kashink a accepté de nous partager sa vision :

Pierre-Alain Benoît: Peux-tu nous parler de l’origine de ta relation avec l’art de rue?

Kashink: J’ai eu la chance d’avoir des parents qui m’ont emmenée voir des expositions jeune. Du coup, j’ai pu découvrir des artistes qui m’ont marquée, comme Botero, Frida Kahlo, Francis Bacon. Puis, en grandissant en banlieue de Paris, il y avait pas mal de graffitis. Tout ce qui était art de rue m’est venu en rencontrant des gens qui pratiquaient ça et qui m’ont encouragée, car j’avais un peu peur de me lancer avec les bombes de peinture.

PAB : Ton univers artistique est très particulier et très coloré. De plus, il dégage un engagement social très fort. Parle-nous des inspirations qui t’ont amenée à créer un tel univers?

: Il y a des inspirations esthétiques qui sont liées à l’artisanat d’art. En voyageant, je découvre plusieurs cultures différentes qui se rejoignent dans l’artisanat d’art, reprenant souvent les couleurs vives et les gros traits avec un traitement parfois naïf et facile à comprendre. Ces points communs me plaisent beaucoup.

J’ai choisi de ne pas représenter de personnages féminins. Donc mon univers s’est construit autour de cette idée-là.

Peindre des représentations masculines me permet de casser un peu les codes qu’on a l’habitude de voir. Représenter autre chose qu’une femme et surtout, représenter des hommes dans des contextes décalés par rapport à ce qu’on s’attend, c’est ce qui m’intéresse vraiment. Je mets tous mes personnages dans des situations où ils expriment leurs émotions, dans des positions qui ne sont pas celles qu’on s’attendrait à voir d’un homme plutôt viril.

PAB : Peux-tu mettre en lien l’évolution de ton parcours artistique avec ce que tu viens créer à Montréal?

: Avoir une visibilité intérieure et extérieure m’intéressait beaucoup. C’est quelque chose qu’on a rarement l’occasion d’avoir. La thématique que j’apporte ici est celle de l’ornementation masculine. Je pose la question: Qu’est-ce c’est que d’être coquet pour un homme? Porter des bijoux, porter des chapeaux, des choses qui embellissent l’homme. On a tendance à penser que les accessoires d’embellissement sont réservés aux femmes. Pourtant, il y a une vraie esthétique masculine. C’est ce que je souhaite montrer tout en mélangeant les codes pour que l’image qui s’en dégage reste floue.

Par exemple, pour l’exposition ici à Montréal, je prépare des portraits d’hommes avec des coiffures de fleurs, des chapeaux avec des fruits, etc.  Ça me fait marrer de transposer les codes autrement.

PAB : Comment trouves-tu ton expérience à Montréal jusqu’à présent?

: C’est génial de voir tout ce qui se passe avant le festival, tout ce qui fourmille.  La ville est tellement agréable. J’en avais un bon souvenir, même si la dernière fois que j’y suis venue c’était il y a 10 ans. Le côté convivial de Montréal et le calme qui s’en dégage me plaisent vraiment.

Vernissage de l’exposition de Kashink : jeudi 12 juin à 17h à la galerie Station 16 (3523 St-Laurent) et création de la murale de Kashink (façade sud du mur situé dans le stationnement en face de l’Excentris, boulevard Saint-Laurent)

C’est signé Pierre-Alain Benoît 
Associé – Relations publiques et affaires gouvernementales chez Hansen  

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Un spa stoïcien au Festival TransAmériques

Un petit bain de philo, ça vous dit? C’est ce que propose l’installation Les thermes, aménagée sous un chapiteau à l’esplanade Clark du Quartier des spectacles. C’est dans le cadre du Festival TransAmériques, du 22 au 27 mai, que cette installation dressée au coin des rues Ste-Catherine et Clark enchantera les passants.

Vous rappelez-vous les piscines de balles en plastique dans lesquels on avait l’habitude de plonger allègrement lorsque nous étions petits? Celles qui nous rendaient fous de joie car nous pouvions y nager, s’y lancer des balles et s’y laisser couler? Les thermes vous propose un petit retour en enfance, avec une twist bien adulte; c’est que sur chacune des 25 000 balles noires que contient le bassin de l’installation, une citation de la pensée stoïcienne y est gravée. Oui oui, chacune d’entre elles : « Bientôt, tu auras tout oublié », « Accommode-toi aux choses » ou encore « Cesse cette agitation de pantin ». 10 $ à celui qui retrouve l’une de ces trois balles.

On y va donc pour relaxer comme dans un jacuzzi, lire quelques boules, réfléchir, en lire d’autres, somnoler. Et si l’envie vous prend, vous pouvez tout aussi bien laisser aller vos instincts d’enfants et vous amuser dans le bain!

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C’est que chacun est libre d’interagir comme il l’entend avec l’installation, de manière la plus sérieuse à la plus éclatée. L’austérité des paroles stoïciennes détonne avec le côté ludique de la piscine à balles, ce qui rend l’installation des plus intéressante à regarder et à expérimenter. Le spectateur est maître de son expérience.

Et si vous avez envie de pousser votre réflexion plus loin, un philosophe sera sur place chaque jour à 17h30 (ainsi qu’à 15h les 24 et 25 mai) pour égayer les baigneurs de sages et amusantes pensées.

L’installation fait de plus partie d’une foire déambulatoire imaginée par 5 artistes basés à Lille et Bruxelles, et qui serait le reflet d’une entreprise en dégénérescence où aurait lieu une espèce de grosse fête de départ d’un employé. Dans  France Distraction, on y retrouve des installations du type sculptures de château gonflable, bureaux animés d’installations sonores et visuelles, et même une salle de discours. Les thermes  serait donc un spa stoïcien pour patrons démoralisés. Comique, non?

Insolite intermède à vos promenades ou à vos heures de bureau, vous trouverez sans doute votre compte dans Les thermes. L’installation est ouverte de midi à 20h du 22 au 27 mai 2014, à l’esplanade Clark du Quartier des spectacles.

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Festival Chromatic : 5ème édition et plus de 150 artistes programmés

Pour son 5ème anniversaire, le festival Chromatic déploie son énergie sur la ville de Montréal avec plus de 150 artistes programmés. Expérience à 360° autour de la création, Chromatic est une véritable célébration de l’art actuel, reliant les multiples disciplines artistiques au sein d’un même événement. Du 24 au 30 mai, 7 jours de célébration de la créativité sont annoncés avec ateliers, soirées, résidences et expositions, représentatifs de la scène artistique montréalaise. Chromatic investit pour l’occasion trois lieux majeurs de Montréal : le Chalet du Mont-Royal, l’Arsenal et l’Espace MASSIVart.

Créé par MASSIVart en 2009 autour des arts visuels, Chromatic est un festival artistique multidisciplinaire proposant une vision panoramique du génie créatif montréalais qui fête sa 5ème édition cette année. Pendant 7 jours, du 24 au 30 mai 2014, plus de 150 artistes sont mobilisés sur le thème de l’habitat.

Samedi 24 mai, c’est au Chalet du Mont-Royal que sera lancé le coup d’envoi du festival dès 12h avec le Piknic Chromatic, suivi de la Nuit Chromatic avec son lot de projections captivantes (en collaboration avec le Centre Phi), sa programmation musicale présentée par M Montréal et des installations de Baillat Cardell & Fils, notamment.

Fondée en 2008, Baillat Cardell & fils est une entreprise de design aux formes multiples. Ce goût du design au sens large est incarné par Jean Sébastien Baillat et Guillaume Cardell, les deux cofondateurs de l’entreprise. Ensemble, ils conjuguent leurs désirs pour un design décloisonné, coloré, original et frappant. Leur force consiste à déployer leur créativité sans bornes à travers une multiplicité de médiums développés avec le même élan d’enthousiasme, d’authenticité et d’originalité.

M pour mourir from Baillat Cardell & fils on Vimeo.

Ils seront donc présents lors de cette Nuit Chromatic avec cinq courts-métrages d’animation ayant pour thème la mort, financés par le Fonds TV5, et destinés au web, puis à la télé. La contrainte était de divertir et de toucher l’auditoire. La série de courts-métrages « M pour Mourir » fait partie des projets dont ils sont le plus fier, avaient-ils affirmé en novembre dernier  lors d’une interview sur le site Infopresse à l’occasion d’une rétrospective de leur travail, en collaboration avec MASSIVart.

Leur travail pour Chromatic ne s’arrête pas là : ils seront également présents au Parcours Chromatic à C2MTL. MASSIVart et C2MTL célèbrent la créativité en rassemblant 11 œuvres – mettant en lumière les créateurs montréalais et leur génie. Dans ce parcours, Baillat Cardell & fils cherchent à déjouer le système perceptif afin de produire une expérience singulière entre le spectateur et l’œuvre qu’ils proposent. À l’extrémité d’un tunnel en miroir, un écran diffuse une image dont la réverbération produit l’illusion d’une sphère en trois dimensions. Symbolisant à la fois la collectivité et l’expérience individuelle, chaque spectateur qui se déplace a l’impression que la sphère suit ses mouvements. La sphère agit en tant que miroir d’une expérience symbiotique reliée à la collectivité.

Que ce soit au Chalet du Mont-Royal, à l’espace MASSIVart ou à l’Arsenal, bien d’autres événements sont organisés durant la semaine et chacun sera susceptible d’y trouver son bonheur.

Une programmation éclectique ouverte à tous et majoritairement gratuite. À découvrir du 24 au 30 mai !

Pour vivre pleinement cette 5ème édition de Chromatic, toutes les informations nécessaires sont disponibles sur la plateforme chromatic.ca.

C’est signé Morgane Perroy 
Festival Chromatic

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L’art comme laboratoire

Un laboratoire est un lieu disposé pour faire des recherches, des travaux, des essais; un lieu où quelque chose s’élabore, se prépare. L’édition 2014 du Festival Sight & Sound, SCIENCE FACTION, présente plusieurs oeuvres performatives et installatives où l’espace de recherche et d’expérimentation vient se confondre avec le lieu de diffusion. La performance Akelarre Cyborg des collectifs Transnoise & Quimera Rosa ainsi que l’oeuvre Crystalline Domain d’Erin Sexton en témoignent.

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Akelarre Cyborg aura lieu à l’École des Médias de l’UQAM lors de la soirée du 23 mai. Initiées par les artistes et incluant des participants, les actions de la performance se déroulent en continu : manipulations des corps, de leurs extensions prothétiques et électroniques faites à la main, de matières insolites et de plantes. Le tout se déroule sans mise en scène et se présente comme un rituel d’hybridation des corps où la norme est un concept diffus, voire inexistant. Dans le but d’élaborer plusieurs identités cyborgs, les «sorcières en devenir» effectuent des recherches et des expériences multidisciplinaires collectives au sein du public. La salle devient alors une plateforme habitée d’une ambiance post-humaine et de bruits réactifs incessants. Se définissant eux-mêmes comme laboratoires, Quimera Rosa & Transnoise s’intéressent, avec Akelarre Cyborg, au décloisonnement et à la modification des corps et du genre, des relations entre les êtres humains, technologiques et biologiques, et des constructions sociales et politiques courantes. Dans le contexte du festival, cette performance offre au public de pénétrer l’espace de création des artistes-mutants et de prendre part à une expérience évolutive qui rompt avec la finalité de l’action performative, là où la «représentation laisse place à la présence».

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Dans une approche plus minimaliste, Erin Sexton présente tout au long de SCIENCE FACTION une installation sonore et vidéo issue d’un processus de production de cristaux. Son espace de création ressemble à un laboratoire pseudo-scientifique : manœuvres exécutées avec des béchers, des pipettes, des substances chimiques et des lunettes de protection. Le travail de Sexton réfère donc au sens plutôt traditionnel de laboratoire et reprend plusieurs de ses caractères esthétiques en invitant le spectateur à assister à tout un ensemble de traitements qui seraient inaccessibles sans l’intrusion subtile de micro caméras et de senseurs à l’intérieur même des instruments qu’elle emploie. Sont projetées sur de multiples écrans les images vidéo grand format des structures microscopiques des cristaux, dévoilant ainsi le processus-même créatif – presque rituel – de croissance des éléments. En guise d’extension, les sculptures de cristal produites dans les vidéos seront également installées en galerie. Cette présentation vise donc à inclure l’auditoire dans un espace et une période souvent réservés à la création d’une oeuvre, rendue publique seulement par la suite, lorsqu’elle est transférée dans un lieu de diffusion pour y valider son statut de complétion.

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Akelarre Cyborg et Crystalline Domain s’insèrent totalement dans l’édition 2014 de Sight & Sound : SCIENCE FACTION, car ce sont des projets qui remettent en cause les systèmes imbriqués de l’art, de la science et de la technologie pour en former un tout autre, situé entre laboratoire fusionnel interdisciplinaire et critique technopolitique. Ils explorent des avenues alternatives aux modes de présentation conventionnels et mettent de l’avant des œuvres dont la finalité se dissout à l’intérieur même des veines du projet pour en faire surgir des artères encore plus puissantes.

C’est signé Janick Burn
Stagiaire au Festival Sight and Sound

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