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Joan Jonas : une artiste femme tournée vers l’avenir

Elle a travaillé avec les plus grands, elle a sillonné le monde et ses productions ont fait le tour des plus grandes institutions. Il ne fait aucun doute que Joan Jonas figure parmi les artistes phares de l’art vidéo et de la performance.

Ses intérêts marqués envers la représentation et la perception de l’identité féminine, les politiques écologiques de même que sur la mondialisation et l’hybridité culturelle qui en découle, ont influencés des générations d’artistes. Difficile de résumer cette riche production aux élans avant-gardistes, qui s’échelonne sur cinquante ans. C’est pourtant ce qu’a entrepris avec envergure la Fondation pour l’art contemporain DHC/ART en présentant cet été From Away, une exposition déployée sur les 4 étages du bâtiment patrimonial de la rue St-Jean. S’ajoute à la rétrospective l’œuvre They come to us without a word. Originellement présentée au pavillon des États-Unis lors de la 56e Biennale de Venise (2015), l’installation est une première sur le continent nord-américain!

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Le corps féminin en jeu

Formée d’abord en sculpture, l’artiste américaine renonce au début des années soixante à la production d’objets pour se tourner vers l’expérience vécue. Elle explore un terrain encore novateur à l’époque : celui du mélange entre la performance, la capture vidéo et l’image en différé. Malgré tout, sa formation demeure très importante au sein de sa pratique, car Jonas joue des notions d’espace, du geste et de la matérialité, allant même à considérer les moniteurs de télévision au sein de ses performances comme des objets sculpturaux.

Elle participe à l’émergence du body art, un mouvement qui apparaît avec les enjeux féministes de l’époque. Dès ses premières performances, la diffusion de l’image en direct et le miroir deviennent des motifs récurrents, révélant les enjeux du corps féminin et de sa représentation réelle et imaginaire.

Cette relation entre le corps de l’artiste et le public conduit à la création de performances aux chorégraphies audacieuses et presque rituelles, telle que ses séries emblématiques Mirror Pieces et Organic Honey. Présentées au travers d’archives vidéos, d’objets, d’images photographiques et de bandes sonores, ces séries aux multiples versions dévoilent au sein des espaces de DHC/ART, une attitude presque obsessionnelle de l’artiste envers la représentation de son corps.

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Un art qui éclaire des dangers

C’est en se baladant dans les espaces de la galerie que l’on prend conscience de l’interdisciplinarité et de la flexibilité de la pratique de Jonas. Et pourtant, d’une salle à l’autre, il se tisse un fil conducteur d’une grande poésie, qui interpelle le rêveur et le plonge dans la contemplation. La littérature, la culture populaire, l’histoire de l’art, le cinéma et les voyages sont au cœur du travail de l’artiste. Ses œuvres sont des collages, desquels naissent sans cesse de nouveaux sens.

Sa dernière création, They come to us without a word, est probablement la plus significative. S’inspirant des histoires de fantômes, de la tradition orale du Cap-Breton et du livre de John Berger intitulé Why Look at Animals?, l’installation crée un environnement immersif, dans lequel vidéos, dessins et sculptures se juxtaposent. À la manière d’un tableau vivant, l’œuvre se déploie en cinq salles et explore des thèmes et des enjeux environnementaux actuels, notamment la disparition des abeilles, la question de la domesticité des animaux, la force et la fragilité des éléments naturels, et l’avenir, symbolisé par des enfants.

Alors que nous sommes bombardés d’informations à une vitesse effrayantes chaque jour, From Away entraine le spectateur dans un univers ralenti par la poésie, les métaphores et les voyages. Un art de la redéfinition et du nouveau regard, qui fait de Joan Jonas une artiste femme impressionnante au travail artistique toujours actuel.

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Ce que l’on voit lorsqu’on ne voit plus

Entrevue et texte par Isabelle Benoit pour le Centre Phi.

«Être humain ce n’est pas de voir, c’est d’aimer.» — John Hull

Notes on Blindness: Into Darkness est le récit multisensoriel d’un voyage au cœur de la cécité, certes, mais c’est surtout un voyage au coeur de l’émotion. Rencontre avec Arnaud Colinard, l’un des producteurs de l’œuvre.

L’œuvre immersive Notes on Blindness: Into Darkness plonge le visiteur dans la progressive cécité de l’écrivain et universitaire John Hull, une cécité qui atteindra son apogée en 1983. Hull a généré plus de seize heures d’enregistrements documentant ses sensations et perceptions. C’est ce matériel original, échelonné sur trois ans, qui a donné naissance à un long métrage et à l’expérience de réalité virtuelle présentée dans le cadre de l’exposition Sensory Stories. Or, au-delà du tragique du récit de John Hull, c’est une véritable bouffée d’humanité que nous donne à vivre l’œuvre.

«Quand on a développé ce projet, on savait qu’on avait une matière vraiment passionnante, extrêmement riche et précieuse, explique Arnaud Colinard, l’un des producteurs de l’œuvre. L’un des objectifs que l’on s’était donnés était donc d’en faire un projet émouvant. Or, souvent, les interfaces des œuvres numériques font qu’on a du mal à émouvoir notre public. Ce sont des médias qui ne sont pas aussi faciles à approcher que des films ou des livres, par exemple. Mais, ce que permet la réalité virtuelle, c’est qu’une fois le casque placé sur les yeux les choses se font de manière simple et intuitive, et c’est là l’une de ses forces par rapport aux autres formes de création numérique.»

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Symbiose multisensorielle

L’œuvre n’est donc pas une œuvre contemplative, mais bien une œuvre qui se vit, tantôt par le regard (à travers les yeux encore légèrement voyants de Hull), tantôt par l’ouïe, mais toujours dans une symbiose multisensorielle d’une grande intensité. On passe d’une multitude de points bleus suggérant des formes humaines (la famille de Hull en l’occurrence) à une blafarde trace de pas dans la neige, jusqu’à – lorsqu’il a complètement perdu la vue – une faible lumière dans une mer d’encre. Le visiteur ainsi immergé dans le monde de John Hull suit les événements vécus par celui-ci, de la découverte de la maladie, jusqu’à la cécité totale, en passant par les différents stades psychologiques et émotifs inhérents au deuil de sa vue: de la panique, à l’émerveillement auditif. L’ouïe joue, bien entendu, un rôle de premier plan dans l’expérience vécue par le visiteur. Celui-ci peut d’ailleurs être surpris de percevoir certains sons avec autant d’acuité, de manière si claire, si intense, lorsque la vision, sans conteste notre sens le plus «exploité», laisse place aux autres sensations, souvent secondaires. Il apparaît alors une réalité tout autre, belle, riche et intense. D’ailleurs, il n’est pas rare, comme le mentionne Arnaud Colinard, que quelques larmes soient versées.

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Une odyssée émotionnelle

La réalité à laquelle accède le visiteur lors de l’expérience est une réalité complexe et difficile à faire vivre autrement que via les technologies immersives: «Au début, c’était un projet uniquement audio, mais très vite, nous avons constaté que les voyants avaient beaucoup de mal à focaliser sur l’expérience lorsqu’il n’y avait pas d’éléments visuels. C’est à ce moment que l’on a cherché à représenter ce monde acoustique dont parle John Hull, et le projet a basculé vers une version en réalité virtuelle qui est devenue le centre de l’expérience.» Cette perte de la vue est donc vécue par procuration, chacun y projetant ses propres insécurités, émotions et perspectives, générant, du même coup, autant de visions de l’expérience que de participants. Les visiteurs découvrent aussi la force de John Hull: une résilience des plus inspirantes.

Notes on Blindness: Into Darkness (par Arnaud Colinart, Amaury La Burthe, Peter Middleton et James Spinney) est présentée au Centre Phi dans le cadre de l’exposition Sensory Stories: donner corps au récit à l’ère numérique jusqu’au 21 août.

 

 

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Galerie photo : Le début de spectacle

Hier soir le 6 juillet, l’artiste Thierry Marceau a pris d’assaut les passerelles du 2-22 avec Le début du spectacle dans le cadre de la 4e phase du projet 1/100 du 2-22,  »J’aime Montréal et Montréal m’aime ».
Grâce à une oeuvre numérique et artistique haute en couleur, l’artiste a su capter l’attention des centaines de spectateurs regroupés devant le 2-22 du côté de la façade Sainte-Catherine. De nombreux curieux se sont aussi joins à la foule afin d’admirer le spectacle de 21h30 et de 22h30.
Dans le cadre de la politique d’intégration des arts à l’architecture et à l’environnement (1%), l’artiste Thierry Marceau a été sélectionné pour concevoir une oeuvre d’art performatif au 2-22 présentée sur cinq ans. Le Début du spectacle était l’avant-dernière phase du projet.

Notre photographe Renaud Vinet-Houle était présent sur les lieux afin de capter les meilleurs moments !

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Quand les automates défient l’art contemporain

Existe-t-il des formes d’intelligences artificielles assez développées pour créer des oeuvres d’art à l’égal de l’homme? Et si oui, quelles sont les conséquences sur l’art et la culture? Voilà les réflexions qui fondent, à travers diverses propositions artistiques locales et internationales, la 3e Biennale d’art numérique. Déjà amorcée depuis le 3 juin, cette dernière se déploie dans plusieurs lieux artistiques de Montréal, dont l’Arsenal art contemporain, qui constitue son point d’ancrage principal.

Cette année sous le thème AUTOMATA : L’art fait par les machines pour les machines, la BIAN vous propose une diversité de créations alliant robotique, installation, réalité virtuelle, réalité augmentée, sculpture, photographie et même vidéo numérique. Si la Suisse est à l’honneur cette année, plusieurs pays sont également de la partie, notamment la Corée du Sud, la Yougoslavie, l’Afrique du Sud, l’Autriche, les États Unis, la France, l’Espagne, et d’autres.

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À l’heure où la technologie façonne notre quotidien d’une manière si usuelle que l’on ne la remarque pratiquement plus, les oeuvres d’AUTOMATA poussent la réflexion sur les potentialités créatives, techniques, cognitives, voire même parfois dangereuses, que recèle le développement de cette dernière sur la culture et la société. C’est ainsi que le robot industriel bios [bible] met en relation deux systèmes culturels constitutifs de la société occidentale —la Foi et le rationalisme scientifique— en retranscrivant de manière manuscrite la bible sur papier; que l’installation What do machines sing of? chante les grands classiques de la chanson pop des années 90, en cherchant à reproduire les sentiments humains; que Nihil ex Nihilo, une sculpture électronique composée d’afficheurs alphanumériques, dialogue à partir d’un algorithme interne avec les machines du réseau, questionnant ici l’éventuelle autonomie des ordinateurs intelligents.

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Nihil ex Nihilo

Bien que certaines soient plus ludiques, on retrouve également au sein de l’exposition des oeuvres à caractère politique. Trackpad, US Drone Strikes, Yemen 2014, de l’artiste français Jean-Benoit Lallemant, reporte les points d’impact des drones américains au Yémen sur une toile de lin. Sans laisser de trace, l’oeuvre porte un véritable commentaire sur la froide mécanisation de la guerre contemporaine, de plus en plus télécommandée. L’oeuvre vidéo de Kim Joon, Calf Red Snakes, s’intéresse quant à elle à la relation du corps et du tatouage, un tabou culturel en Corée du Sud. Tatouées d’attribut animal, les chaires se frottent lascivement de manière à rendre inconfortable celui qui les regarde. Elles révèlent en ce sens la répression sociale ambiante, qui s’appuie sur un ensemble rigide de conventions culturelles.

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Calf Red Snakes

À ceux qui croyaient que les machines ne servaient qu’à reproduire, elles nous prouvent ici le contraire. Et comme le dit le dicton « que tel est pris qui croyait prendre », puisque les automates nous donnent une leçon : celle que l’homme n’est peut-être pas le seul créateur doué de sens artistique.

Jusqu’au 3 juillet, les machines d’AUTOMATA promettent de défier nos appréhensions. Une panoplie d’activités et d’expositions de la BIAN sont également à découvrir tout l’été à travers Montréal! Pour plus d’informations, consultez le site de La Vitrine!

 

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BIAN présente AUTOMATA

La 3ème édition de la BIAN propose sa grande exposition AUTOMATA du 3 juin au 3 juillet à Arsenal art contemporain, ainsi qu’une série de préouvertures dans divers lieux culturels montréalais ayant débuté le 16 avril. Sous le thème AUTOMATA – L’art fait par les machines pour les machines, plus d’une centaine d’artistes locaux et internationaux ont été sélectionnés pour présenter un large éventail de ce qui se fait de mieux et de plus audacieux dans l’art contemporain numérique.

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« La BIAN est une biennale d’art dont les thèmes reflètent l’évolution d’un monde où la technologie numérique occupe une place de plus en plus importante. La première édition en 2012, PHENOMENA, explorait la manière dont le numérique – à un degré presque imperceptible – pouvait cerner nos vies. La seconde édition en 2014, PHYSICAL/ITÉ, questionnait notre relation physique aux machines. En 2016, AUTOMATA se tourne vers le futur, explorant tous les possibles, y compris la manière dont les machines perçoivent l’humanité, ses croyances et son mode de vie. » –Alain Thibault, Directeur artistique du festival ELEKTRA et de la BIAN.

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La BIAN est heureuse d’accueillir la Suisse comme pays à l’honneur de cette troisième édition avec une sélection d’artistes qui témoigne de l’effervescence de la discipline dans le pays. Leurs œuvres seront au cœur de l’exposition AUTOMATA à Arsenal art contemporain.

Vous pouvez vous procurer vos billets juste ici.

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Le collectif Nebulae : En faveur d’un art accessible

Ils partagent un commun amour. C’est comme ça que toute belle histoire commence. Pour ces quatre amis (Simon, Max, Joris et Tom), l’aventure dans la gestion d’événement culturel est née de la somme de leurs personnalités, de leur passion pour l’art et la musique, et sans doute un peu d’une bonne dose d’audace. Le genre qui m’attire l’œil. Le genre qui joue avec les règles. Le genre qui réunit d’autres grands esprits.

La curiosité m’a poussée à contacter le collectif Nebulae, à questionner leur démarche et à entrer dans leur monde le temps d’une soirée. Monde qui s’est bâti d’abord autour de la musique électronique. Pourtant, quelques évènements plus tard, le rêve qu’ils avaient partagé lors de leur escapade à la Nouvelle-Orléans, nourri d’une rencontre avec des artistes américains et un séjour dans une maison dans les arbres,  se dessine à présent dans une vision artistique définie.

« Notre collectif tente de renouveler l’expérience muséale, de redonner envie aux jeunes de notre génération de s’imprégner du patrimoine artistique et de les encourager à découvrir certains grands artistes du passé sous un œil nouveau, dans une atmosphère moins solennelle et révérencieuse que celle des musées traditionnels. »

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C’est une grande et noble idée. Pas une idée nouvelle, mais une qui s’ajuste bien à notre époque turbulente, en perpétuelle recherche de nouveauté. Leur originalité est dans la création même de l’exposition : un artiste est choisi – pour son influence, son statut historique ou sa vision) – et un contenu est adapté au personnage : présentations créatives, installations visuelles et, bien sûr, l’accompagnement musical. On assiste à de multiples découvertes, un enchainement d’inspirations. Tout cela dans un environnement festif et immersif jusqu’aux petites heures du matin pour une foule de noctambules et de paresseux, comme ils le disent si bien. Ils s’approprient et créent un espace culturel unique, éphémère et mobile, participant du même fait à une tendance du milieu.

« Les œuvres ont tendance à quitter les galeries et les musées pour se retrouver dans des endroits inattendus, dans les rues, les soirées et même à domicile (artBangBang et son prêt d’art). Les musées eux mêmes tentent de se renouveler en créant des nocturnes, en intégrant davantage de numérique pour hausser l’interactivité des expositions. »

Leur dernière soirée se tenait vendredi à l’espace culturel La Cenne, où on a pu découvrir Hunter S. Thompson, journaliste et écrivain américain : petite rétrospective en sept phases d’une vie (et époque) marquante. Celui qui a popularisé le jounalisme-gonzo a été dépeint à travers le thème de l’adrénaline, comme Egon Schiele a été vu sous celui du fantasme lors de leur exposition précédente.

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« Hunter est idéal pour diffuser notre concept. Il n’est pas d’une époque trop éloignée, a laissé une trace importante dans la contre-culture au point qu’il en est devenu une icône dans certains milieux. Ce n’est pas un inconnu total. Il a mené une vie de star, drôle, hystérique, dangereuse. »

C’est une expérience à vivre pour réellement saisir l’essence de leur projet. J’étais incapable de l’imaginer avant de me retrouver me promenant dans cet espace habilement construit.

Ils sont bouillants d’idées – que ce soit dans le choix de leurs artistes prochains ou dans le nombre et la circulation de leurs expositions – et surtout, ils sont attachés à cette ville. Amour qu’ils traduisent dans ces mots…

«  […] les québécois sont un peuple affamé de nouveaux concepts, avec un gros appétit culturel. Les artistes qui composent le patrimoine artistique mondial n’appartiennent plus à un pays, ils méritent d’être rendus accessibles à tous et de toutes les manières possibles. Montréal est la ville idéale pour tester notre proposition car elle est à la fois très ancrée dans le passé, mais tournée vers l’avenir ; une identité forte tout en restant complètement ouverte sur le reste du monde. »

Pour plus d’informations sur le collectifs et leurs prochains évènements vous pouvez consulter leur site ici.

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Kashink en vedette au festival MURAL: L’artiste qui défie les codes

La deuxième édition du festival international d’art public MURAL, qui commence ce jeudi et se poursuit jusqu’à dimanche sur le boulevard Saint-Laurent, vous offre la chance d’assister à la création en direct d’œuvres d’envergure sur les murs de la Main. Tête d’affiche du festival et rare présence féminine dans le monde du graffiti, l’artiste Kashink, fraîchement débarquée à Montréal, s’est entretenue avec nous de sa relation avec l’art de rue, des inspirations de son univers artistique et de son amour pour Montréal!

Artiste féminine et féministe engagée pour l’égalité des droits, Kashink a réussi à imposer son style surprenant dans le monde très viril du graffiti. Elle déplace ses talents dans les plus grands festivals du monde. Cette française aux origines slaves et hispaniques a un style explosif qui donne vie à de gros personnages poilus et colorés. Les lignes épaisses et les couleurs vives sont provocantes et amusantes, un peu comme la moustache dessinée au-dessus de sa bouche, qu’elle porte régulièrement.

En pleine préparation d’une exposition à la galerie Station 16 qui commence jeudi,  en parallèle à la création de sa grande murale extérieure, Kashink a accepté de nous partager sa vision :

Pierre-Alain Benoît: Peux-tu nous parler de l’origine de ta relation avec l’art de rue?

Kashink: J’ai eu la chance d’avoir des parents qui m’ont emmenée voir des expositions jeune. Du coup, j’ai pu découvrir des artistes qui m’ont marquée, comme Botero, Frida Kahlo, Francis Bacon. Puis, en grandissant en banlieue de Paris, il y avait pas mal de graffitis. Tout ce qui était art de rue m’est venu en rencontrant des gens qui pratiquaient ça et qui m’ont encouragée, car j’avais un peu peur de me lancer avec les bombes de peinture.

PAB : Ton univers artistique est très particulier et très coloré. De plus, il dégage un engagement social très fort. Parle-nous des inspirations qui t’ont amenée à créer un tel univers?

: Il y a des inspirations esthétiques qui sont liées à l’artisanat d’art. En voyageant, je découvre plusieurs cultures différentes qui se rejoignent dans l’artisanat d’art, reprenant souvent les couleurs vives et les gros traits avec un traitement parfois naïf et facile à comprendre. Ces points communs me plaisent beaucoup.

J’ai choisi de ne pas représenter de personnages féminins. Donc mon univers s’est construit autour de cette idée-là.

Peindre des représentations masculines me permet de casser un peu les codes qu’on a l’habitude de voir. Représenter autre chose qu’une femme et surtout, représenter des hommes dans des contextes décalés par rapport à ce qu’on s’attend, c’est ce qui m’intéresse vraiment. Je mets tous mes personnages dans des situations où ils expriment leurs émotions, dans des positions qui ne sont pas celles qu’on s’attendrait à voir d’un homme plutôt viril.

PAB : Peux-tu mettre en lien l’évolution de ton parcours artistique avec ce que tu viens créer à Montréal?

: Avoir une visibilité intérieure et extérieure m’intéressait beaucoup. C’est quelque chose qu’on a rarement l’occasion d’avoir. La thématique que j’apporte ici est celle de l’ornementation masculine. Je pose la question: Qu’est-ce c’est que d’être coquet pour un homme? Porter des bijoux, porter des chapeaux, des choses qui embellissent l’homme. On a tendance à penser que les accessoires d’embellissement sont réservés aux femmes. Pourtant, il y a une vraie esthétique masculine. C’est ce que je souhaite montrer tout en mélangeant les codes pour que l’image qui s’en dégage reste floue.

Par exemple, pour l’exposition ici à Montréal, je prépare des portraits d’hommes avec des coiffures de fleurs, des chapeaux avec des fruits, etc.  Ça me fait marrer de transposer les codes autrement.

PAB : Comment trouves-tu ton expérience à Montréal jusqu’à présent?

: C’est génial de voir tout ce qui se passe avant le festival, tout ce qui fourmille.  La ville est tellement agréable. J’en avais un bon souvenir, même si la dernière fois que j’y suis venue c’était il y a 10 ans. Le côté convivial de Montréal et le calme qui s’en dégage me plaisent vraiment.

Vernissage de l’exposition de Kashink : jeudi 12 juin à 17h à la galerie Station 16 (3523 St-Laurent) et création de la murale de Kashink (façade sud du mur situé dans le stationnement en face de l’Excentris, boulevard Saint-Laurent)

C’est signé Pierre-Alain Benoît 
Associé – Relations publiques et affaires gouvernementales chez Hansen  

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Un spa stoïcien au Festival TransAmériques

Un petit bain de philo, ça vous dit? C’est ce que propose l’installation Les thermes, aménagée sous un chapiteau à l’esplanade Clark du Quartier des spectacles. C’est dans le cadre du Festival TransAmériques, du 22 au 27 mai, que cette installation dressée au coin des rues Ste-Catherine et Clark enchantera les passants.

Vous rappelez-vous les piscines de balles en plastique dans lesquels on avait l’habitude de plonger allègrement lorsque nous étions petits? Celles qui nous rendaient fous de joie car nous pouvions y nager, s’y lancer des balles et s’y laisser couler? Les thermes vous propose un petit retour en enfance, avec une twist bien adulte; c’est que sur chacune des 25 000 balles noires que contient le bassin de l’installation, une citation de la pensée stoïcienne y est gravée. Oui oui, chacune d’entre elles : « Bientôt, tu auras tout oublié », « Accommode-toi aux choses » ou encore « Cesse cette agitation de pantin ». 10 $ à celui qui retrouve l’une de ces trois balles.

On y va donc pour relaxer comme dans un jacuzzi, lire quelques boules, réfléchir, en lire d’autres, somnoler. Et si l’envie vous prend, vous pouvez tout aussi bien laisser aller vos instincts d’enfants et vous amuser dans le bain!

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C’est que chacun est libre d’interagir comme il l’entend avec l’installation, de manière la plus sérieuse à la plus éclatée. L’austérité des paroles stoïciennes détonne avec le côté ludique de la piscine à balles, ce qui rend l’installation des plus intéressante à regarder et à expérimenter. Le spectateur est maître de son expérience.

Et si vous avez envie de pousser votre réflexion plus loin, un philosophe sera sur place chaque jour à 17h30 (ainsi qu’à 15h les 24 et 25 mai) pour égayer les baigneurs de sages et amusantes pensées.

L’installation fait de plus partie d’une foire déambulatoire imaginée par 5 artistes basés à Lille et Bruxelles, et qui serait le reflet d’une entreprise en dégénérescence où aurait lieu une espèce de grosse fête de départ d’un employé. Dans  France Distraction, on y retrouve des installations du type sculptures de château gonflable, bureaux animés d’installations sonores et visuelles, et même une salle de discours. Les thermes  serait donc un spa stoïcien pour patrons démoralisés. Comique, non?

Insolite intermède à vos promenades ou à vos heures de bureau, vous trouverez sans doute votre compte dans Les thermes. L’installation est ouverte de midi à 20h du 22 au 27 mai 2014, à l’esplanade Clark du Quartier des spectacles.

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Festival Chromatic : 5ème édition et plus de 150 artistes programmés

Pour son 5ème anniversaire, le festival Chromatic déploie son énergie sur la ville de Montréal avec plus de 150 artistes programmés. Expérience à 360° autour de la création, Chromatic est une véritable célébration de l’art actuel, reliant les multiples disciplines artistiques au sein d’un même événement. Du 24 au 30 mai, 7 jours de célébration de la créativité sont annoncés avec ateliers, soirées, résidences et expositions, représentatifs de la scène artistique montréalaise. Chromatic investit pour l’occasion trois lieux majeurs de Montréal : le Chalet du Mont-Royal, l’Arsenal et l’Espace MASSIVart.

Créé par MASSIVart en 2009 autour des arts visuels, Chromatic est un festival artistique multidisciplinaire proposant une vision panoramique du génie créatif montréalais qui fête sa 5ème édition cette année. Pendant 7 jours, du 24 au 30 mai 2014, plus de 150 artistes sont mobilisés sur le thème de l’habitat.

Samedi 24 mai, c’est au Chalet du Mont-Royal que sera lancé le coup d’envoi du festival dès 12h avec le Piknic Chromatic, suivi de la Nuit Chromatic avec son lot de projections captivantes (en collaboration avec le Centre Phi), sa programmation musicale présentée par M Montréal et des installations de Baillat Cardell & Fils, notamment.

Fondée en 2008, Baillat Cardell & fils est une entreprise de design aux formes multiples. Ce goût du design au sens large est incarné par Jean Sébastien Baillat et Guillaume Cardell, les deux cofondateurs de l’entreprise. Ensemble, ils conjuguent leurs désirs pour un design décloisonné, coloré, original et frappant. Leur force consiste à déployer leur créativité sans bornes à travers une multiplicité de médiums développés avec le même élan d’enthousiasme, d’authenticité et d’originalité.

M pour mourir from Baillat Cardell & fils on Vimeo.

Ils seront donc présents lors de cette Nuit Chromatic avec cinq courts-métrages d’animation ayant pour thème la mort, financés par le Fonds TV5, et destinés au web, puis à la télé. La contrainte était de divertir et de toucher l’auditoire. La série de courts-métrages « M pour Mourir » fait partie des projets dont ils sont le plus fier, avaient-ils affirmé en novembre dernier  lors d’une interview sur le site Infopresse à l’occasion d’une rétrospective de leur travail, en collaboration avec MASSIVart.

Leur travail pour Chromatic ne s’arrête pas là : ils seront également présents au Parcours Chromatic à C2MTL. MASSIVart et C2MTL célèbrent la créativité en rassemblant 11 œuvres – mettant en lumière les créateurs montréalais et leur génie. Dans ce parcours, Baillat Cardell & fils cherchent à déjouer le système perceptif afin de produire une expérience singulière entre le spectateur et l’œuvre qu’ils proposent. À l’extrémité d’un tunnel en miroir, un écran diffuse une image dont la réverbération produit l’illusion d’une sphère en trois dimensions. Symbolisant à la fois la collectivité et l’expérience individuelle, chaque spectateur qui se déplace a l’impression que la sphère suit ses mouvements. La sphère agit en tant que miroir d’une expérience symbiotique reliée à la collectivité.

Que ce soit au Chalet du Mont-Royal, à l’espace MASSIVart ou à l’Arsenal, bien d’autres événements sont organisés durant la semaine et chacun sera susceptible d’y trouver son bonheur.

Une programmation éclectique ouverte à tous et majoritairement gratuite. À découvrir du 24 au 30 mai !

Pour vivre pleinement cette 5ème édition de Chromatic, toutes les informations nécessaires sont disponibles sur la plateforme chromatic.ca.

C’est signé Morgane Perroy 
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L’art comme laboratoire

Un laboratoire est un lieu disposé pour faire des recherches, des travaux, des essais; un lieu où quelque chose s’élabore, se prépare. L’édition 2014 du Festival Sight & Sound, SCIENCE FACTION, présente plusieurs oeuvres performatives et installatives où l’espace de recherche et d’expérimentation vient se confondre avec le lieu de diffusion. La performance Akelarre Cyborg des collectifs Transnoise & Quimera Rosa ainsi que l’oeuvre Crystalline Domain d’Erin Sexton en témoignent.

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Akelarre Cyborg aura lieu à l’École des Médias de l’UQAM lors de la soirée du 23 mai. Initiées par les artistes et incluant des participants, les actions de la performance se déroulent en continu : manipulations des corps, de leurs extensions prothétiques et électroniques faites à la main, de matières insolites et de plantes. Le tout se déroule sans mise en scène et se présente comme un rituel d’hybridation des corps où la norme est un concept diffus, voire inexistant. Dans le but d’élaborer plusieurs identités cyborgs, les «sorcières en devenir» effectuent des recherches et des expériences multidisciplinaires collectives au sein du public. La salle devient alors une plateforme habitée d’une ambiance post-humaine et de bruits réactifs incessants. Se définissant eux-mêmes comme laboratoires, Quimera Rosa & Transnoise s’intéressent, avec Akelarre Cyborg, au décloisonnement et à la modification des corps et du genre, des relations entre les êtres humains, technologiques et biologiques, et des constructions sociales et politiques courantes. Dans le contexte du festival, cette performance offre au public de pénétrer l’espace de création des artistes-mutants et de prendre part à une expérience évolutive qui rompt avec la finalité de l’action performative, là où la «représentation laisse place à la présence».

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Dans une approche plus minimaliste, Erin Sexton présente tout au long de SCIENCE FACTION une installation sonore et vidéo issue d’un processus de production de cristaux. Son espace de création ressemble à un laboratoire pseudo-scientifique : manœuvres exécutées avec des béchers, des pipettes, des substances chimiques et des lunettes de protection. Le travail de Sexton réfère donc au sens plutôt traditionnel de laboratoire et reprend plusieurs de ses caractères esthétiques en invitant le spectateur à assister à tout un ensemble de traitements qui seraient inaccessibles sans l’intrusion subtile de micro caméras et de senseurs à l’intérieur même des instruments qu’elle emploie. Sont projetées sur de multiples écrans les images vidéo grand format des structures microscopiques des cristaux, dévoilant ainsi le processus-même créatif – presque rituel – de croissance des éléments. En guise d’extension, les sculptures de cristal produites dans les vidéos seront également installées en galerie. Cette présentation vise donc à inclure l’auditoire dans un espace et une période souvent réservés à la création d’une oeuvre, rendue publique seulement par la suite, lorsqu’elle est transférée dans un lieu de diffusion pour y valider son statut de complétion.

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Akelarre Cyborg et Crystalline Domain s’insèrent totalement dans l’édition 2014 de Sight & Sound : SCIENCE FACTION, car ce sont des projets qui remettent en cause les systèmes imbriqués de l’art, de la science et de la technologie pour en former un tout autre, situé entre laboratoire fusionnel interdisciplinaire et critique technopolitique. Ils explorent des avenues alternatives aux modes de présentation conventionnels et mettent de l’avant des œuvres dont la finalité se dissout à l’intérieur même des veines du projet pour en faire surgir des artères encore plus puissantes.

C’est signé Janick Burn
Stagiaire au Festival Sight and Sound

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L’ONF célèbre les 100 ans de Norman McLaren

Norman McLaren aurait eu 100 ans cette année. Cinéaste et père de ce que l’on appelle aujourd’hui les médias interactifs, l’Office National du Film (ONF) fête l’anniversaire de ce pionnier des arts numériques avec l’événement McLaren Mur à Mur qui prend place du 11 avril au 1er juin sur quelques édifices de la ville de Montréal.

D’origine écossaise, McLaren travaille au sein de l’ONF en tant que fondateur du volet animation dès 1941. Le cinéma en est encore à ses balbutiements et McLaren en expérimente déjà toutes les possibilités par différentes techniques : dessins et gravures sur pellicule, animation par fondus enchaînés, pixillation[1], son synthétique, etc.

Diagonales de Theodore Ushev et Iregular. Image : Quartier des Spectacles

Diagonales de Theodore Ushev et Iregular. Image : Quartier des Spectacles

Pour l’événement des 100 ans de McLaren, l’ONF  a commandé trois œuvres interactives auprès d’artistes montréalais et quatre autres œuvres proviennent d’un concours international. À l’issue de l’appel de projets, l’ONF a reçu 93 œuvres de 16 pays différents! La sélection des œuvres lauréates du concours a été difficile. Finalement, les œuvres qui se sont démarquées sont celles de Christo Guelov (Espagne), Léna Babadjian (France), Delphine Burrus (France) et Mirai Mizue (Japon). Chaque œuvre est inspirée de la structure du bâtiment sur lequel elle est projetée, ainsi que d’un court-métrage de McLaren tels  Rythmetic,  Caprice en couleur, Sphères et Le Merle. Mon coup de cœur, à la fois ludique, magnifique, hypnotisant et joyeux, The baby birds of Norman McLaren de Mirai Mizue est tout simplement génial. Vous pourrez tomber à votre tour sous le charme de l’œuvre japonaise qui sera projetée sur le Centre de design de l’UQÀM!

The baby birds of Norman McLaren de Mirai Mizue. Image : Quartier des Spectacles

The baby birds of Norman McLaren de Mirai Mizue. Image : Quartier des Spectacles

Les trois œuvres commandées sont interactives et exploitent avec intelligence les techniques créatives de McLaren. On retrouve le travail d’artistes montréalais comme Kid Koala et Hololabs pour Phonophotopia (théâtre Maisonneuve), Theodore Ushev et Iregular pour Diagonales (Grande Bibliothèque) ainsi que Daily tous les jours pour McLarena (à proximité du métro Saint-Laurent). Ces trois œuvres sont toutes aussi intéressantes les unes que les autres et invitent les passants à interagir avec l’œuvre de diverses manières. Personnellement, je ne manquerai pas d’essayer la McLarena qui se trouve aux abords du métro Saint-Laurent!

 Dix anagrammes autour de Norman McLaren de Delphine Burrus. Image : Quartier des Spectacles

Dix anagrammes autour de Norman McLaren de Delphine Burrus. Image : Quartier des Spectacles

Vous pouvez en découvrir davantage sur le travail de Norman McLaren grâce au site de l’ONF qui offre beaucoup de contenu gratuit en ligne! Je vous rappelle également que les projections ont lieu un peu partout dans le quartier des spectacles de Montréal jusqu’au 1er juin! Pour les casaniers, vous pouvez aussi télécharger l’application pour iPad nommée L’Atelier McLaren avec laquelle vous pouvez créer de petits films grâce aux techniques du cinéaste en plus d’avoir accès à une banque de films sur les techniques d’animation ainsi que les œuvres elles-mêmes.



[1] Pixillation : technique consistant à photographier image par image des personnages ou des objets dont les déplacements sont entièrement sous le contrôle du cinéaste. Source : Marcel Jean, spécialiste du cinéma d’animation http://www3.onf.ca/animation/objanim/fr/techniques/pixillation.php

Arts Médiatiques
LaVitrine

Le Red Light d’une seule nuit à La Vitrine

Cette année pour la Nuit blanche à Montréal dans le cadre de Montréal en Lumière, nous troquons les jeux vidéo pour un cabaret clandestin. Nous invitons les festivaliers à une nuit éclatée, typique du Red Light montréalais, dans notre espace situé au 2-22 (au coin des rues Sainte-Catherine et Saint-Laurent).

Plein feu sur l’art

Grâce à l’audace et la vivacité du collectif Speakeasy, artistes dj arrimant électro et swing, une ambiance de fête s’installera dans le phare culturel du Quartier des spectacles. Les projecteurs seront mis sur les danseuses de UnionStyles Dance Group, vêtues à la mode des années 30, qui feront une prestation sur les passerelles illuminées de l’édifice 2-22. À contempler de loin comme de près !

collectif Speakeasy

collectif Speakeasy

Artiste en résidence à l’œuvre

L’artiste en résidence du 2-22, Thierry Marceau, présentera la deuxième phase de son projet « 1% » d’une œuvre d’art performative. Ce projet unique au Québec est issu de la Politique d’intégration des arts à l’architecture adopté par le Québec en 1961, qui consiste à allouer 1% du budget de construction d’un bâtiment à la réalisation d’œuvres d’art. Ainsi, Thierry offrira une intervention à grand déploiement sur les passerelles extérieures de l’édifice. On ne vous révèle pas ce qui s’y passera… Soyez-y à 19 h !

Thierry Marceau

Thierry Marceau

Œuvre collective ludique

Les festivaliers pourront s’inspirer des anecdotes racontées par un conteur afin de réécrire l’histoire du Red Light, grâce à un énorme cadavre exquis sur les écrans géants intérieurs. Ce dernier déambulera parmi les noctambules en leur révélant les mythes de l’époque de la prohibition. Place à l’imagination !

UnionStyles Dance Group

UnionStyles Dance Group

Venez-vous réchauffer et profiter de notre lounge ainsi que notre bar burlesque !

La Vitrine demeure le kiosque d’information officiel de Nuit blanche à Montréal pour une 5e année. Nos agents culturels seront présents pour guider les festivaliers à travers la foisonnante programmation de cette 11e édition.

Partagez votre expérience à La Vitrine avec le mot-clic #RedLightMtl !

Pour confirmer votre présence à notre évènement, c’est par ici.

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A Peaceful Evening Sight in Montreal- Crédit photo - vincent poirier (1)

Ils ont vu Montréal!

Pour clôturer sa quatrième édition, le magazine Montréal – Géotourisme a convié son équipe de bénévoles et ses partenaires à un cocktail au Planétarium Rio Tinto Alcan de Montréal qui s’est achevé par la projection du spectacle Continuum. Ce fut aussi l’occasion pour le magazine de couronner les gagnants de son premier concours photos « Une image vaut mille mots ».

Les participants au concours photos ont été invités à révéler leur vision de Montréal du 1er mai au 1er octobre 2013 dans les quatre catégories suivantes : Montréal, Action citoyenne, Événements et Escapade.

Tout en appuyant la Mission Old Brewery qui vient en aide aux plus démunis, le magazine Montréal-Géotoursime, conçu bénévolement par des citoyens de Montréal en suivant les principes du Géotourisme, propose un regard différent, vécu.

Le magazine présente Montréal, une ville porteuse de valeurs et d’histoire, où l’on découvre des initiatives représentatives de l’identité d’une ville cosmopolite, vivante, innovante et résolument tournée vers l’avenir et ce sont tous ces aspects qui transcendaient parmi le millier de photos reçues.

Une cinquième catégorie « Coup de Cœur », couronnant la photographie la plus impressionnante, a été remise par le jury lors de la soirée. Les grands partenaires du magazine et membres du jury, la Ville de Montréal, Espace pour la vie, la STM et Tourisme Laval ont remis chacun un prix aux gagnants enthousiastes.

Catégorie : Montréal

Crédit photo - Roxanne Pilon

Crédit photo – Roxanne Fillion

« Je suis si contente, je savais que mes images étaient jolies et je vous confirme que le fait de gagner est une belle surprise! » –  Roxanne Fillion, gagnante dans la catégorie Montréal.

Catégorie : Action Citoyenne

Crédit photo - Natacha Gysin

Crédit photo – Natacha Gysin

« Recevoir le prix dans la catégorie Action citoyenne me touche énormément, d’autant que la prise de vue représente une activité d’embellissement d’une ruelle avec des enfants. » – Natacha Gysin.

Catégorie : Évènement

Crédit photo - Kristofferson Brice

Crédit photo – Kristofferson Brice

« Le Concours m’a offert une occasion exceptionnelle de partager mon art. Grand partisan du projet, je suis depuis devenu bénévole. » –  Kristofferson Brice, gagnant de la catégorie Évènement.

Catégorie : Escapade

Crédit photo - Stéphan Poulin

Crédit photo – Stéphan Poulin

Catégorie : Coup de coeur

Crédit Photo - Vincent Poirier

Crédit Photo – Vincent Poirier

« Le projet en tant que tel est magnifique et être honoré dans la catégorie Coup de cœur avec cette photo prise juste après mon mariage est exceptionnel, de participant je vais maintenant m’engager comme bénévole. » – Vincent Poirier

Les participants du concours tels qu’Alain Raimbault, commentaient également la soirée : « La cérémonie était très sympathique et j’ai beaucoup aimé l’esprit qui y régnait. Je trouve l’idée du concours photo excellente car c’est un art que j’aime beaucoup, qui est rassembleur et qui montre Montréal dans sa diversité. »

« Ce sont par des initiatives bénévoles et citoyennes telles que le magazine Montréal – Géotourisme que notre ville se révèle dans toute sa diversité et sa culture ici comme à l’international, car ce concept est unique au monde. » soulignent le directeur Richard Turgeon et l’éditrice Chloé Roumagère.

Cette année une vidéo a été produite grâce à une collaboration bénévole et à des partenaires qui ont à cœur ce projet à l’ADN 100% citoyen. Venez découvrir ce qui a réuni ces bénévoles passionnés depuis les quatre dernières années.

Le magazine grandit d’année en année, la créativité fuse et pour sa prochaine édition, le magazine se propose d’aller encore plus loin, d’aller chercher dans chaque quartier des lieux inusités et d’explorer ces modes de vie uniques qui caractérisent Montréal!

Axée sur la créativité, l’innovation et le rassemblement avec les passions, l’expertise et les visions des Montréalais et Montréalaises de tous horizons, la 5e édition du magazine à paraître en mai 2014 s’annonce déjà remplie de surprises en version papier, numérique et mobile!  

C’est signé Montréal – Géotourisme

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Paglen_Reaper Drone_LR

Entrevue avec Paul Wombell

Pour sa 13e édition, Le Mois de la Photo à Montréal a invité le commissaire britannique de renom Paul Wombell à développer une programmation d’exposition sur une thématique brûlante d’actualité – Drone : l’image automatisée. Du 5 septembre au 5 octobre, des artistes locaux, nationaux et internationaux exploreront la relation en pleine mutation entre le corps et la technologie dans 25 expositions présentées à travers la ville.

L’événement Drone : l’image automatisée met l’emphase sur les fonctions et l’intelligence de l’appareil photo, ainsi que sa transformation en un appareil sophistiqué possédant ses propres lois et son propre fonctionnement. Comment en êtes-vous arrivé à ce thème?

On m’avait demandé de produire un livre sur l’histoire de la photographie sportive. Peu à peu, mes recherches dans des archives photographiques m’ont amené à réfléchir sur les changements technologiques dans le domaine de la photographie. Dans les années 1980, les appareils se sont développés au point où il était devenu possible de les envoyer dans des endroits inatteignables par les photographes – par exemple, au sommet des poteaux des buts ou dans l’habitacle des voitures de course. Le livre est donc devenu une historique de la photographie sportive et de l’évolution technologique de la discipline.

C’est ainsi que je me suis intéressé à la manière dont les appareils photo pouvaient être opérés à distance. Il y a également une image qui m’intrigue depuis longtemps. Il s’agit d’un autoportrait de la photographe Nan Goldin, quelque temps après avoir été battue par son petit ami de l’époque. Qui a pris cette photo ? Certainement pas son petit ami. Peut-être était-ce un ami ? Enfin, j’ai remarqué que Juergen Teller, avec qui j’ai travaillé sur une exposition importante en 2009, se place parfois devant l’appareil photo, parfois derrière celui-ci.

Et bien sûr, on a récemment beaucoup parlé de l’utilisation militaire des drones dans les médias.

Alors, le sujet m’habitait depuis plus d’une dizaine d’années. J’y ai donc songé lorsque je cherchais un thème pour cet événement.

Jon Rafman, 3081 Valmont Road, Boulder, Colorado, É.U., 2012, de la série The Nine Eyes of Google Street View (2008). Avec l’aimable autorisation de l’artiste; de la galerie antoine ertaskiran, Montréal; de la Zach Feuer Gallery, New York; et de la Seventeen Gallery, Londres © Jon Rafman

Jon Rafman, 3081 Valmont Road, Boulder, Colorado, É.U., 2012, de la série The Nine Eyes of Google Street View (2008). Avec l’aimable autorisation de l’artiste; de la galerie antoine ertaskiran, Montréal; de la Zach Feuer Gallery, New York; et de la Seventeen Gallery, Londres © Jon Rafman

Pourquoi présenter ce thème à Montréal?

Quand j’ai commencé à réfléchir aux possibilités du thème, celles-ci me ramenaient constamment vers le Canada, par exemple aux œuvres de Michael Snow, et puis plus précisément à Montréal, car le travail de plusieurs jeunes artistes d’ici s’insère très bien dans le thème.

Étant européen, je distingue une sensibilité différente ici, différente des autres villes canadiennes telles que Vancouver. Je pense que je n’aurais jamais pu monter une telle programmation à Londres. Les préoccupations, l’esthétique, le bagage culturel sont complètement différents.

Les drones ont récemment fait l’objet d’une plus grande couverture médiatique en raison de leur rôle dans les conflits politiques et les guerres actuelles. Comment le caractère sombre des drones se manifeste-t-il dans votre thème ?  

C’est un sous-thème des expositions, mais cela ne constitue pas le thème principal. L’événement n’est pas axé sur l’utilisation militaire des drones ou la surveillance. Je cherche plutôt à questionner ce que cela signifie d’être humain. Comment nous redéfinissons-nous à travers notre utilisation de la technologie ? Un autre sous-thème vise à questionner notre rôle central dans l’univers. Nous ne sommes qu’une espèce parmi tant d’autres… Qu’en est-il des autres points de vue, comme celui du chien de Jana Sterbak, ou des autres perceptions du temps, comme dans les œuvres de Michael Wesely ?

Michael Wesely, Potsdamer Platz, Berlin (27.3.1997 – 13.12.1998), 1997-1998. Épreuve à développement chromogène, Diasec, cadre métallique, 80 x 110 cm. Avec l’aimable autorisation de l’artiste © Michael Wesely

Michael Wesely, Potsdamer Platz, Berlin (27.3.1997 – 13.12.1998), 1997-1998. Épreuve à développement chromogène, Diasec, cadre métallique, 80 x 110 cm. Avec l’aimable autorisation de l’artiste © Michael Wesely

On voit donc un renversement total de la perception humanocentrique de l’être humain à la Renaissance.

Oui, les inquiétudes à propos des changements climatiques en sont un exemple. Nous commençons à comprendre que nous avons non seulement perdu le contrôle, mais que nous ne l’avions peut-être jamais eu.

Racontez-nous un peu comment vous préparez une exposition avec un artiste.

La première chose à faire est de discuter avec l’artiste. J’aime rencontrer les artistes de façon plutôt informelle, dans un bar, un studio, un café, et juste bavarder. Il est important de leur faire comprendre ce que je veux communiquer, pour qu’ils puissent décider si le lien entre la thématique et leur travail a du sens pour eux. C’est le meilleur moyen de procéder, que l’artiste soit bien établi ou non. Puis on parle de comment l’œuvre pourrait être présentée. Ensuite, il s’agit de gérer les détails pratiques. C’est un processus de plus d’un an.

Un des grands plaisirs de mon travail consiste à aller dans les musées et les galeries chaque semaine pour voir les œuvres, comment les pensées qu’elles inspirent évoluent avec le temps.

Qu’espérez-vous que les visiteurs emporteront avec eux à la sortie de l’événement ?

Ce que j’espère qu’ils emportent et ce qu’ils emporteront réellement sont des choses souvent très différentes !

Quand je vois une œuvre, ça me donne le goût d’en apprendre davantage sur l’artiste, sur l’idée sous-jacente, et ces pensées mijotent en moi, parfois même pendant des années. Les meilleures expériences que j’ai eues en appréhendant une œuvre (ou quelque chose dans la rue !) ont été quand l’œuvre a déclenché un processus de pensée, en tissant des liens avec d’autres choses que j’ai vues ou lues, et que ces dernières ont par la suite mijoté ensemble. Ces pensées m’aident à comprendre le monde. C’est ce que je souhaite aux visiteurs des expositions du Mois de la Photo à Montréal.

Entrevue réalisée par le Mois de la Photo.

Image à la une : Trevor Paglen, Reaper Drone: Indian Springs, NV; Distance – 2 miles, 2010. Épreuve à développement chromogène, 76,2 x 91,44 cm. Avec l’aimable autorisation de l’artiste; de Metro Pictures, New York; Altman Siegel, San Francisco; et de la Galerie Thomas Zander, Cologne © Trevor Paglen

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Photo_presse_Pixelsfest2012

Grand dévoilement chez GROSJOUEURS!

À la veille de notre deuxième Pixelsfest 2-22, l’excitation est à son comble parmi les GROSJOUEURS! Après avoir gardé une aura de mystère autour des nombreux postes de jeux qui se retrouveront à la disposition de tous à la Nuit blanche (le 2 mars), nous n’en pouvons plus de tenir le secret! Voici donc en primeur une description plus détaillée de quelques uns d’entre eux. Un peu comme des bons parents qui acceptent que tu déballes quelques cadeaux avant minuit le 23 décembre…

La manette géante. Pixelsfest 2012

La manette géante. Pixelsfest 2012

Super Mario Bros. Crossover 2 GÉANT:
Si on demande à quiconque ayant assisté au Pixelsfest 2012, ce qu’il a retenu de son expérience, la réponse a de forte chance d’être : la manette géante! Et avec cause, disons que notre contrôleur de NES sur-dimensionné avait de quoi faire tourner les têtes… Il allait de soit que celle-ci fasse un comeback cette année, mais avec encore la possibilité de surprendre. Nous avons donc couplé notre engin a une création du développeur indie Exploding Rabbit qui permet de revisiter le classique Super Mario Bros. avec une pléthore de personnages issus d’autres franchise de Nintendo. Que vous choisissiez Link, Megaman ou Bill Rizer de Contra, nous vous invitons a vous pratiquer directement sur le site de Exploding Rabbit pour affiner votre talent et relever ensuite le défi ultime de le transposer à la manette géante…

Le bArcade BARABARIBALL
BARABARIBALL est une création indépendante qui pourrait bien, en un sens, être l’ultime jeu de compétitions multi-joueur. À la fois ridiculement simple à comprendre et extrêmement difficile à maîtriser, cet hybride entre le jeu de sport et le brawler à la Super Smash Bros. charme instantanément avec son look résolument rétro et sa prise en main facile. Voyez par vous même ici, ou venez demain l’expérimenter comme jamais à l’aide d’un comptoir-cabaret multi-joueurs conçu spécialement par GROSJOUEURS.

QRTH-PHYL
Variation envoûtante sur le thème de Snake, ce jeu indie de Hermit Games vous permet d’avoir un point de vue complètement nouveau sur la sempiternelle application de cell. Vous aurez la preuve que les mécaniques de jeu classique peuvent reprendre tout leur intérêt lorsque repoussés à l’extrême. Vous pouvez vérifier ici même si vous serez capable de (ne pas) vous laisser hypnotiser.

Encore cette année, vous pourrez entendre la très dynamique et l’unique Dj Valérie Blindée. De plus, question de célébrer en grand tout au long de la nuit, un service de bar vous est offert, avec bières et boissons chaudes.

 

PIXELSFEST 2.22 II

2 mars 2013, à La Vitrine

ON VOUS ATTEND!

Organisé en collaboration avec MAtv

De 18 h à 3 h

Visuel_pixelfest

À propos de GROSJOUEURS

GROSJOUEURS est une entreprise québécoise ayant à coeur la réappropriation du jeu vidéo par le grand public et l’intégration de ceux-ci dans des contextes inusités. Que ce soit par le biais de nos soirées maison ou en collaboration avec des partenaires, il s’agit de ramener l’aspect social du jeu et de (ré)susciter l’émerveillement enfantin avec des installations uniques qui vous feront vivre des expériences vidéo-ludiques inédites. En plus d’organiser des évènements et de développer nos propre technologies, nous sommes en mesure d’offrir nos services d’animations et de location à quiconque serait intéressé à ajouter une touche de vidéo-ludisme dans une soirée, un évènement ou un spectacle. Que vous soyez une organisation privée ou publique, communautaire ou corporative, artistique ou technologique, n’hésitez pas a nous contacter. Vous serez surpris de voir comment nous pouvons intégrer les jeux vidéo et l’interactivité à n’importe quel contexte!

Notre site web : www.grosjoueurs.com

Page Facebook : www.facebook.com/GrosJoueurs

-Billet rédigé par l’équipe de GROSJOUEURS

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